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  • Etienne-Barthlmy Garnier Paris, 1759 Paris 1849 Laffliction de la famille de Priam Rome, 1792 Gouache vernie sur toile 74 x 59 cm Acquis en 1971

    Sommaire Le texte 1 Les lieux : la Grce, lAsie mineure, Troie 2 LIliade . Homre 3 Le peintre . Le noclassicisme 4 La vie artistique lpoque de la Rvolution 5 Histoire du tableau : les tapes de la cration 6 Les personnages 7 Gros plan sur les personnages 8 et 9 Analyse plastique 10 Le thtre classique 11 Les uvres rapprocher au muse des Ursulines Dautres uvres du peintre. O les trouver ? 12 Les questions que lon se pose Muse mode demploi 13

  • Le texte

    Il dit, et pour le divin Hector imagina un traitement affreux : des deux pieds, par derrire, il lui pera les tendons, du talon la cheville, y attacha des courroies, son char les lia, et laissa traner la tte ; puis, sur son char montant, aprs avoir pris les armes glorieuses, il fouetta pour pousser les chevaux, qui tous deux volrent de bon cur. Le cadavre tran soulevait la poussire ; alentour, ses cheveux sombres se rpandaient, et sa tte entire, dans la poussire, gisait, elle avant si gracieuse ! Mais, alors, Zeus aux ennemis dHector accorda de l'outrager, sur la terre mme de sa patrie. Ainsi la poussire couvrait sa tte entire. Sa mre s'arrachait les cheveux. Elle jeta son voile brillant loin d'elle, et poussa un grand cri, en voyant son enfant. Son pre gmit pitoyablement ; et, alentour, le peuple s'abandonnait aux cris et aux gmissements, par la ville. C'tait absolument comme si, tout entire, Ilion au front sourcilleux et brl, depuis le sommet. Le peuple avait peine retenir le vieillard, qui se fchait, impatient de franchir les portes dardaniennes. Tous, il les suppliait, en se roulant dans l'ordure, en nommant par son nom chaque homme : Cessez, amis, et laissez-moi, seul, malgr vos inquitudes, sortir de la ville et aller aux vaisseaux achens. Je veux supplier cet homme fou d'orgueil, ce violent, pour voir s'il respectera mon ge et aura piti de ma vieillesse. Il a aussi un pre tel que moi, Ple, qui l'a engendr et nourri pour qu'il devnt le flau des Troyens. Mais c'est moi, plus que tous, qu'il a fait souffrir, tant il m'a tu d'enfants florissants ! Sur eux tous, cependant, je ne pleure pas tant, malgr mon affliction, que sur un seul, dont le regret aigu me prcipitera chez Hads, sur Hector. Que n'est-il mort entre mes bras ! Alors nous nous serions rassasis de pleurs et de sanglots, la mre qui l'a enfant, l'infortune ! et moi-mme. Il parlait ainsi en pleurant, et, en rponse, gmissaient les citoyens. Pour les Troyennes, Hcube mena la srie des lamentations : Mon enfant, malheureuse que je suis, pourquoi vivrais-je, aprs ces maux terribles, quand tu es mort, toi qui pour moi, nuit et jour, tais mon orgueil dans la ville, et pour tous le salut, pour les Troyens et les Troyennes de la cit, qui, comme vers un dieu, tendaient vers toi les mains ? C'est que pour eux aussi tu tais une grande gloire, quand tu vivais ; mais maintenant, la mort et le sort t'ont atteint. Elle dit, en pleurant. Or la femme d'Hector ne savait encore rien. Nul messager vridique n'tait venu lui annoncer que son mari restait hors des portes. Elle tissait une toile (au fond de sa haute demeure) double, pourpre, et y rpandait des fleurs varies. Elle cria ses femmes aux belles boucles, dans la maison, de mettre sur le feu un grand trpied, afin qu'il y et pour Hector un bain chaud son retour du combat. L'insense ! Elle ignorait que, loin de tout bain, sous la main d'Achille, l'avait dompt Athn aux yeux de chouette. Elle entendit des cris, des gmissements venant du rempart. Son corps fut pris de vertige, sa navette tomba terre. Elle dit ses servantes aux belles boucles : Venez, que deux de vous me suivent, pour que je voie ce qu'on a fait. De ma vnrable belle-mre j'ai entendu la voix, et en moi, dans ma poitrine, mon cur bondit vers ma bouche, et, en dessous, mes genoux se raidissent : il arrive un malheur aux enfants de Priam. Qu'ils restent loin de mon oreille, ces mots ! Mais je crains terriblement, pour mon Hector hardi, que le divin Achille, l'ayant coup, seul, de la ville, ne le poursuive vers la plaine, et ne mette fin cette vaillance funeste qui le possdait. Car jamais il ne restait dans la masse des guerriers, mais courait bien en avant, par l'ardeur ne le cdant personne. Ayant dit, elle s'lana travers l'appartement, telle une mnade, le cur bondissant : ses suivantes l'accompagnaient. Or, quand elle arriva au rempart et la foule, elle s'arrta, regardant partout, debout sur le mur. Et elle l'aperut, tran devant la ville ; les chevaux rapides le tranaient sans piti vers les vaisseaux creux des Achens. Sur ses yeux descendit une nuit sombre, qui les voila ; elle tomba la renverse, et rendit l'me. De sa tte, elle laissa rouler sa coiffure brillante, diadme, rsille, bandeau tress, et le voile que lui avait donn Aphrodite d'or, le jour o Hector au casque scintillant l'emmena de la maison d'tion, combl par lui de mille prsents. Autour d'elle se tenaient, en groupe, les surs et les belles-surs de son mari, qui parmi elles la soutenaient, perdue en mourir. Quand le souffle lui revint, que la vie se fut concentre nouveau dans son me, soupirant et gmissant, elle dit au milieu des Troyennes : Hector, que je suis malheureuse ! Nous sommes donc ns sous un mme destin, tous deux, toi Troie, dans la maison de Priam, moi Thbes, au pied du Placos bois, dans la maison d'tion qui me nourrit pendant mon enfance, linfortun, pour une terrible fortune ! Comme il et d ne pas m'engendrer ! Et maintenant, toi, chez Hads, dans les profondeurs caches de la terre, tu t'en vas, et moi, tu me laisses en un dsespoir affreux, veuve dans ce palais ! Et cet enfant, petit comme il est, que nous avons eu, toi et moi, infortuns ! Ni toi pour lui, tu ne seras, Hector, un appui, tant mort, ni lui pour toi. Car mme s'il chappe la guerre lamentable des Achens, toujours il aura de la peine et des chagrins, par la suite. D'autres lui enlveront, ses terres. Le jour qui rend un enfant orphelin l'isole de tous ceux de son ge ; toujours il baisse la tte, des larmes sur les joues. Dans son dnuement, il va vers les amis de son pre, tirant l'un par son manteau, l'autre par sa tunique. Ils s'apitoient ; l'un d'eux lui prsente une petite coupe : il mouille ses lvres, il ne mouille pas son palais ! C'est lui, aussi, que l'enfant fort de ses deux parents chasse du festin, le frappant de ses mains et l'attaquant de ses injures : Va-t'en ainsi la malheure ! Ton pre ne mange pas avec nous ! Pleurant, l'enfant revient vers sa mre veuve, Astyanax, qui avant, sur les genoux de son pre, ne mangeait que la moelle et la chair grasse des moutons ! Et quand le sommeil le prenait, qu'il cessait de jouer, il dormait dans son lit entre les bras de sa nourrice, sur une couche molle, le cur plein de nourriture excellente. Maintenant, il souffrira beaucoup, priv de son pre, cet Astyanax, comme le surnomment les Troyens, car toi seul dfendais leurs portes et leurs longues murailles.

    Daprs Homre, lIliade ; introduction, traduction et notes par E. Lasserre, Garnier Flammarion, texte intgral. Pages 372-375. 1

  • Les lieux : la Grce, lAsie mineure, Troie

    La Troie homrique Au XIXme, un archologue allemand, Heinrich Schliemann, a identifi en Asie Mineure (sur la butte de Hissarlik, dans la plaine qui borde les Dardanelles, sur la cte Nord Ouest de la Turquie), les ruines de la ville de Troie. Les fouilles ont attest neuf couches de fondations correspondant neuf villes successives, de 3000 avant J.C. l'poque romaine (dsignes par des numros indicatifs : Troie I, Troie II, etc.). Troie VII serait, si jamais telle ville exista, la capitale de Priam. Cette ville, la plus grande des neuf, fut habite par un peuple indo-europen, qui avait migr en Grce au dbut du IIme millnaire avant J.C. et qui cra la civilisation genne. Cette cit a t dtruite par un violent incendie. Des restes humains attestent qu'il y eut des combats : il est ds lors probable que nous avons affaire la Troie homrique.

    2

  • LIliade . Homre L'Iliade Pome pique en vingt-quatre chants, qui fait le rcit d'un pisode de la fin de la guerre de Troie. Depuis neuf ans, l'arme des Grecs (les Achens) assige la ville de Troie gouverne par le roi Priam. Son fils Pris a enlev Hlne, la femme de Mnlas, roi de Sparte. Les Grecs ont organis une expdition pour la reprendre. A la suite d'une dispute avec Agamemnon qui lui prit de force sa captive favorite, le chef des Grecs, Achille, le plus fort des hros grecs, refuse de combattre : il se retire sous sa tente. Alors que les Troyens sont sur le point d'incendier la flotte grecque, Achille prte ses armes Patrocle, qui est tu par Hector, (frre de Pris, fils de Priam), le meilleur des Troyens. Achille se rconcilie avec Agamemnon, se fait forger de nouvelles armes par Hphastos, et dcide de reprendre le combat. Il le fait avec une violence dmesure et attire sur lui les reproches du dieu-fleuve Dieux et desses interviennent constamment pour aider les Grecs et les Troyens . Finalement, Achille tue Hector en combat singulier, puis trane son cadavre sous les remparts de Troie. Il prit plus tard, frapp au talon d'une flche lance par Pris. Les deux derniers chants de lIliade sont consacrs aux grandioses funrailles de Patrocle et celles dHector. Le corps du hros troyen avait t repris par Priam auprs dAchille en change dune ranon. Au terme du sige de dix ans, les Grecs semparent de Troie, grce au stratagme du gigantesque cheval cachant des guerriers grecs, qui, introduits dans l enceinte de la ville, ouvrirent les portes leurs compagnons darmes. La guerre se termina par lincendie de la ville, le massacre des hommes et la rduction des femmes lesclavage (dbut de lOdysse).

    Homre Pote pique grec, qui on attribue l'Iliade et l'Odysse. Il serait n en Ionie d'Asie Mineure