Osho Transformation Tarot

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01. Le Non Mental Le Non Mental L'Ultime et l'Inexprimable L'état de non mental est l'état du divin. Dieu n'est pas une pensée, mais l'expérience de non pensée. Il n'y a plus de contenu dans le mental et c'est l'explosion lorsque le mental est sans contenu. Ce n'est pas un objet que vous pouvez voir; c'est véritablement la capacité de voir. Ce n'est pas ce qui est vu, mais celui qui voit. Ce n'est pas comme les nuages qui s'amoncellent dans le ciel, mais le ciel lorsqu'il n'y a aucun nuage. C'est ce ciel vide. Lorsque la conscience ne se focalise pas sur l'objet, lorsqu'il n'y a rien à voir, rien à penser, juste le vide tout autour, alors on se retrouve face à soi. Il n'y a nulle part où aller, l'on se détend dans sa propre source et cette source est Dieu. Votre être intérieur n'est rien d'autre que le ciel intérieur. Le ciel est vide, mais c'est le ciel vide qui contient tout, l'existence entière, le soleil, la lune, les étoiles, la terre, les planètes. C'est le ciel vide qui donne l'espace à tout ce qui est. C'est le ciel vide qui est à l'origine de tout ce qui existe. Les choses vont et viennent et le ciel reste le même. Exactement la même manière, vous avez un ciel intérieur; il est également vide. Des nuages vont et viennent, des planètes naissent et disparaissent, des étoiles surgissent et meurent et le ciel intérieur reste le même, intact, inaltéré, sans peur. Nous appelons ce ciel intérieur sakshin, le témoin et c'est là tout le but de la méditation. Tournez-vous vers l'intérieur, savourez le ciel intérieur. Souvenez-vous, quoi que vous puissiez voir, vous n'êtes pas cela. Vous pouvez voir des pensées, puis vous n'êtes pas les pensées; vous pouvez voir vos sentiments, puis vous n'êtes pas vos sentiments; vous pouvez voir vos rêves, désirs, souvenirs, imaginations, projections, puis vous n'êtes pas cela. Continuez à éliminer tout ce que vous pouvez voir. Alors un jour arrive le moment extraordinaire, le moment le plus important d'une vie, lorsqu'il n'y a plus rien à jeter. Tout ce qui se voit a disparu et seul celui qui voit est là. Celui qui voit est le ciel vide. Connaître, c'est être intrépide et être plein d'amour. Connaître, c'est être Dieu, c'est être immortel. Il n'y a aucune possibilité de contaminer le ciel, de laisser des empreintes sur lui, des marques sur lui. Nous pouvons dessiner des lignes sur l'eau, mais à peine sont-elles tracées, qu'elles disparaissent, cependant si des lignes sont tracées sur la pierre elles demeurent durant des milliers d'années. Des lignes ne peuvent simplement pas être dessinées dans le ciel, ainsi il n'est aucune question de leur disparition. Comprenez s'il vous plaît cette différence, les lignes ne peuvent pas être dessinées dans le ciel. Je peux déplacer mon doigt à travers le ciel, le doigt passe mais la ligne n'est pas dessinée et la question de la disparition de la ligne ne surgit simplement pas. Le jour où une personne passe au-delà du mental, lorsque la conscience transcende le mental, elle éprouve cela comme un ciel et jusqu'ici aucune marques ou lignes n'ont jamais été tracées sur l'âme. Elle est éternellement pure, éternellement en état d'illumination, aucune pollution ne s'y est jamais déposée.

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Transcript of Osho Transformation Tarot

01. Le Non Mental

Le Non Mental

L'Ultime et l'Inexprimable

L'tat de non mental est l'tat du divin. Dieu n'est pas une pense, mais l'exprience de non pense. Il n'y a plus de contenu dans le mental et c'est l'explosion lorsque le mental est sans contenu. Ce n'est pas un objet que vous pouvez voir; c'est vritablement la capacit de voir. Ce n'est pas ce qui est vu, mais celui qui voit. Ce n'est pas comme les nuages qui s'amoncellent dans le ciel, mais le ciel lorsqu'il n'y a aucun nuage. C'est ce ciel vide. Lorsque la conscience ne se focalise pas sur l'objet, lorsqu'il n'y a rien voir, rien penser, juste le vide tout autour, alors on se retrouve face soi. Il n'y a nulle part o aller, l'on se dtend dans sa propre source et cette source est Dieu.

Votre tre intrieur n'est rien d'autre que le ciel intrieur. Le ciel est vide, mais c'est le ciel vide qui contient tout, l'existence entire, le soleil, la lune, les toiles, la terre, les plantes. C'est le ciel vide qui donne l'espace tout ce qui est. C'est le ciel vide qui est l'origine de tout ce qui existe. Les choses vont et viennent et le ciel reste le mme.Exactement la mme manire, vous avez un ciel intrieur; il est galement vide. Des nuages vont et viennent, des plantes naissent et disparaissent, des toiles surgissent et meurent et le ciel intrieur reste le mme, intact, inaltr, sans peur. Nous appelons ce ciel intrieur sakshin, le tmoin et c'est l tout le but de la mditation. Tournez-vous vers l'intrieur, savourez le ciel intrieur. Souvenez-vous, quoi que vous puissiez voir, vous n'tes pas cela. Vous pouvez voir des penses, puis vous n'tes pas les penses; vous pouvez voir vos sentiments, puis vous n'tes pas vos sentiments; vous pouvez voir vos rves, dsirs, souvenirs, imaginations, projections, puis vous n'tes pas cela. Continuez liminer tout ce que vous pouvez voir. Alors un jour arrive le moment extraordinaire, le moment le plus important d'une vie, lorsqu'il n'y a plus rien jeter. Tout ce qui se voit a disparu et seul celui qui voit est l. Celui qui voit est le ciel vide.Connatre, c'est tre intrpide et tre plein d'amour. Connatre, c'est tre Dieu, c'est tre immortel. Il n'y a aucune possibilit de contaminer le ciel, de laisser des empreintes sur lui, des marques sur lui. Nous pouvons dessiner des lignes sur l'eau, mais peine sont-elles traces, qu'elles disparaissent, cependant si des lignes sont traces sur la pierre elles demeurent durant des milliers d'annes. Des lignes ne peuvent simplement pas tre dessines dans le ciel, ainsi il n'est aucune question de leur disparition. Comprenez s'il vous plat cette diffrence, les lignes ne peuvent pas tre dessines dans le ciel. Je peux dplacer mon doigt travers le ciel, le doigt passe mais la ligne n'est pas dessine et la question de la disparition de la ligne ne surgit simplement pas. Le jour o une personne passe au-del du mental, lorsque la conscience transcende le mental, elle prouve cela comme un ciel et jusqu'ici aucune marques ou lignes n'ont jamais t traces sur l'me. Elle est ternellement pure, ternellement en tat d'illumination, aucune pollution ne s'y est jamais dpose.

02. La Communion

La Communion

L'Harmonie intrieure et extrieure

L'homme vit comme une le et c'est de l que vient toute la misre. Tout au long des sicles, l'homme a essay de vivre indpendamment de l'existence; ce qui n'est pas possible dans la vraie nature des choses. L'homme ne peut tre ni indpendant, ni dpendant. L'existence est un tat d'interdpendance; tout dpend de tout. Il n'y a aucune hirarchie, personne n'est infrieur et personne n'est suprieur. L'existence est une communion, une affaire d'amour ternelle. Mais l'ide que l'homme doit tre plus haut, suprieur, spcial, cre le problme. L'homme doit tre rien, l'homme doit se dissoudre dans la totalit de choses. Et lorsque nous laissons tomber toutes les barrires, l'harmonie arrive et cette harmonie est une bndiction. tre un avec le Tout est tout. C'est l'essence mme de l'esprit religieux.

Hraclite dit:"Cela ne serait pas mieux si les choses arrivaient aux hommes comme ils le souhaitent. moins que vous n'attendiez l'inattendu vous ne trouverez jamais la vrit, car elle est difficile dcouvrir et difficile atteindre. La nature aime se cacher. Le dieu dont l'oracle est Delphes ne parle, ni ne se tait; mais donne des signes".L'existence ne parle aucune langue... et si vous dpendez de la langue il ne peut y avoir aucune communication avec l'existence. L'existence est un mystre, vous ne pouvez pas l'interprter. Si vous interprtez, vous manquez la cible. L'existence peut tre vcue, mais pas pense. Elle est plutt comme de la posie, que comme de la philosophie. Elle est un signe, elle est une porte, elle montre, mais ne dit rien. travers le mental, il n'y a aucune possibilit d'approcher l'existence. Si vous y pensez, vous pouvez continuer penser et penser, propos de ceci, de cela, mais vous ne l'atteindrez jamais; parce que penser est prcisment la barrire. La pense est un monde priv, elle vous appartient; alors vous tes enferm, encapsul, emprisonn en vous-mme. Sans pense, vous n'tes plus; vous n'tes plus enferm. Vous vous ouvrez, vous devenez poreux, l'existence coule en vous et vous coulez dans l'existence. Apprenez couter; couter signifie que vous tes ouvert, vulnrable, rceptif, mais qu'en aucune faon vous pensez. La pense est une action positive, l'coute est passivit; vous devenez comme une valle et recevez; vous devenez comme un utrus et vous recevez. Si vous pouvez couter, alors la nature parle, mais ce n'est pas une langue. La nature n'utilise pas de mots. Qu'utilise-t-elle alors ? Hraclite dit qu'elle utilise des signes. Une fleur est l; quel est le signe en elle ? Elle ne dit rien; mais pouvez-vous vraiment dire qu'elle ne dit rien ? Elle dit beaucoup, mais elle n'utilise pas de mots, un message muet. Pour entendre le "sans mot", vous devrez devenir "muet", parce que seul le semblable peut entendre le semblable, seul le semblable peut tablir une relation avec le semblable. Assis prs d'une fleur, ne soyez pas une personne, soyez une fleur. Assis prs de l'arbre, ne soyez pas une personne, soyez l'arbre. Vous baignant dans une rivire, ne soyez pas un homme, soyez la rivire. Alors vous recevrez des millions de signes et ce n'est pas une communication, c'est une communion. Alors la nature parle, parle des milliers de langues, mais pas travers un langage.

03. L'Illumination

L'Illumination

Pourquoi Bouddha attend aux portes du ciel

Quoique vous fassiez, faites le avec une profonde vigilance, alors mme les petites actions deviennent sacres. Faire le mnage ou la cuisine devient sacr, devient adoration. Il n'est pas question de ce que vous faites, la question est comment vous le faites. Vous pouvez nettoyer le sol comme un robot, mcaniquement; vous devez le faire, aussi vous le faites; mais vous passez alors ct de quelque chose de beau. Nettoyer le sol aurait pu tre une grande exprience; vous l'avez manque. Le sol est propre mais quelque chose qui aurait pu se passer en vous ne s'est pas pass. Si vous aviez t conscient et vigilant, non seulement le sol, mais vous mme auriez galement ressenti un profond nettoyage.Nettoyez le sol avec une profonde vigilance, lumineux de vigilance. Travaillez, soyez assis ou marchez, mais une chose doit tre un fil continu; ayez de plus en plus de moments de votre vie lumineux de vigilance. Laissez la bougie de la vigilance brler dans chaque moment, dans chaque acte. L'effet cumulatif est ce que l'illumination est. L'effet cumulatif, tous les moments ensemble, toutes les petites bougies ensemble, deviennent une grande source de lumire.

L'histoire raconte que lorsque Gautama le Bouddha mourut, il arriva devant les portes du paradis. Ces portes s'ouvrent rarement, seulement de temps autre au cours des sicles, il n'y a pas tous les jours de visiteur et chaque fois que quelqu'un se prsente devant ces portes tout le paradis clbre l'vnement. Une conscience de plus est parvenue l'illumination et l'existence est beaucoup plus riche qu'elle ne l'tait auparavant. Les portes furent ouvertes et les tres illumins qui taient dj entrs au paradis... parce que dans le Bouddhisme il n'existe pas de Dieu, mais ces tres illumins sont d'essence divine et il y a ainsi autant de dieux que d'tres illumins, taient tous runis la porte avec de la musique, des chansons et des danses. Ils voulaient accueillir Gautama le Bouddha mais leur grande stupeur il tournait le dos la porte. Son visage regardait toujours vers le rivage lointain qu'il avait laiss derrire lui."C'est trange, qui attendez-vous?" lui demandrent-ils. On dit qu'il rpondit: "Mon cur n'est pas si petit, j'attends tous ceux que j'ai laiss derrire moi et qui luttent sur le chemin, ce sont mes compagnons de voyage. Vous pouvez laisser les portes fermes, vous devrez attendre un peu pour clbrer mon entre au paradis car j'ai dcid de ne passer cette porte que le dernier, lorsque tous les autres seront devenus illumins et auront pass la porte, lorsqu'il n'y aura plus personne l'extrieur; alors le moment sera venu pour moi d'entrer".Cette histoire est une lgende, ce ne peut pas tre un fait rel. La dcision ne vous appartient pas; lorsque vous devenez illumin vous devez entrer dans la source universelle de la vie, ce n'est pas de votre choix ou de votre dcision; mais la lgende dit qu'il essaye, mme aprs sa mort. Cette histoire vient de ce qu'il avait dit la veille de sa mort; qu'il vous attendrait tous. Il ne peut pas attendre ici plus longtemps, il a dj attendu plus que son temps. Il aurait dj d tre parti, mais en voyant votre misre et votre souffrance, d'une certaine faon, il s'est maintenu. Mais cela devient de plus en plus difficile, il va devoir vous quitter, contrecoeur, mais il vous attendra sur l'autre rive; il n'entrera pas au paradis, c'est une promesse: "Aussi, n'oubliez pas que pour vous; je resterai l, pendant des sicles, mais htez-vous, ne me faites pas faux bon et ne me laissez pas attendre trop longtemps".

04. La Sincrit

La Sincrit

La Recherche par Bodhidharma d'un Disciple

Souvenez-vous d'une seule chose: soyez sincre, soyez authentique avec vous-mme, proclamez votre vrit quoiqu'il vous en cote. Mme si vous risquez votre vie, prenez le risque, car la vrit a beaucoup plus de valeur que n'importe quoi, car la vrit est la vraie vie.

Cela me rappelle Bodhidharma qui introduisit le Zen en Chine. L'empereur tait venu l'accueillir la frontire et si une autre personne s'tait trouve la place de Bodhidharma, l'empereur lui aurait immdiatement coup la tte pour s'tre comport de manire si grossire. L'empereur avait cr des centaines de temples et fait riger des milliers de statues de Bouddha, mille savants traduisaient continuellement les paroles de Bouddha, du pali en chinois et le trsor imprial entretenait dix mille moines bouddhistes. Il avait beaucoup fait pour crer une Chine bouddhiste et bien sr il pensait que tout cela serait apprci. Aussi, il lui dit: "J'ai fait tout a, qu'en pensez-vous ? Quelle vertu vais-je retirer de tout cela ?""Vertu ? Vous tes idiot" lui rpondit Bodhidharma devant la cour entire; car la cour s'tait dplace avec l'empereur. Il y eut un silence et il ajouta: "Vous irez directement en enfer". L'empereur qui ne pouvais pas comprendre lui dit: "Je ne vois pas pourquoi vous tes si fch". Bodhidharma rpondit: "Vous dtruisez une parole vivante, vous entretenez ces savants qui n'ont rien contribuer l'lvation de la conscience humaine et vous avez malgr tout l'audace de demander si vous gagnerez de la vertu? Vous souffrirez dans le feu de l'enfer" L'empereur se dit: "Comment me sortir du pige de cet homme ? Je suis entr dans le repaire du lion et il m'est maintenant trs difficile d'en sortir" L'empereur s'en retourna et Bodhidharma resta dans les collines juste l'extrieur de la frontire de Chine. Il s'assit dans un temple, face au mur, pendant neuf ans et dclara: "Parler des gens qui ne comprennent pas est comme parler un mur, toutefois, il y a une consolation parler un mur, parce que c'est un mur. Je ne me retournerai que lorsque je verrai venir quelqu'un digne d'couter la parole vivante". C'est long neuf ans, mais finalement un matin l'homme arriva et dit: "coutez, je pense que je suis la personne que vous attendez". Comme preuve il se coupa une main avec son pe et la jeta sur les genoux de Bodhidharma en disant: "Retournez-vous, sinon je me coupe la tte et vous en serez responsable".Bodhidharma se retourna immdiatement. Il dit: "a suffit ! C'est la preuve que tu es aussi fou que je le souhaitais. Assieds- toi, tu n'as pas besoin de te couper la tte, nous allons l'utiliser; tu vas tre mon successeur". Un homme qui coupe sa main juste pour prouver la sincrit de sa recherche et il n'y avait aucun doute dans l'esprit de Bodhidharma que s'il ne s'tait pas retourn, l'autre se serait coup la tte. La responsabilit d'avoir tu inutilement un homme et un si bel homme, si courageux, l'aurait accabl. L'homme tait certainement le successeur de Bodhidharma. Mais que s'est-il pass entre ces deux tres ? Personne ne le sait. Pas un seul mot. Bodhidharma s'est juste tourn vers lui, lui a dit de s'asseoir et l'a regard dans les yeux la neige tombait et il y avait un immense silence tout autour. Pas une seule question ne fut pose et pas une seule rponse donne. Mais quelque chose a du avoir transpir, autrement Bodhidharma ne l'aurait pas choisi comme son disciple.

05. L'Ultime Accident

L'Ultime Accident

Chiyono et son seau d'eau

Ce n'est pas une succession de causes qui amne l'illumination. Votre recherche, votre dsir intense, votre empressement faire ce qu'il faut crent, peut-tre ensemble, une sorte de parfum autour de vous, grce auquel ce grand accident devient possible.

La nonne Chiyono tudiait depuis des annes mais n'arrivait pas trouver l'illumination. Une nuit, elle portait un vieux seau rempli d'eau et tandis qu'elle marchait elle admirait la pleine lune reflte dans le seau. Soudain les liens de bambou qui maintenaient le seau se rompirent et le seau se disloqua. L'eau s'coula, le reflet de la lune disparut et Chiyono fut illumine. Elle crivit ce pome: Par tous les moyens jai essay de maintenir le seau en tat, esprant que les frles bambous ne romprait pas. Soudain le fond tomba. Plus d'eau, plus de lune dans l'eau. Le vide dans ma main". L'illumination est toujours comme un accident car c'est imprvisible, car vous ne pouvez pas le grer ou le provoquer. Mais comprenez-moi bien, lorsque je dis que l'illumination est comme un accident, je ne dis pas de ne rien faire pour l'atteindre. L'accident n'arrive qu' ceux qui ont beaucoup fait pour cela mais cela n'arrive jamais cause de leur action. L'action est juste la cause qui cre la disposition en eux et ils sont alors prdisposs l'accident, c'est tout. C'est la signification de ce bel vnement. Je dois vous dire quelque chose au sujet de Chiyono. C'tait une trs belle femme et lorsqu'elle tait jeune elle avait mme t courtise par l'empereur et les princes. Elle refusa car elle voulait tre seulement amoureuse du divin. Elle allait d'un monastre l'autre pour devenir nonne mais mme les grands matres la refusaient. Il y avait tant de moines et elle tait si belle qu'ils oublieraient tout y compris Dieu, aussi, partout on lui fermait la porte. Alors que fit Chiyono ? Ne trouvant aucun autre moyen elle se brla le visage et fut entirement dfigure. Puis elle se rendit chez un matre. Il ne put mme pas reconnatre si elle tait un homme ou une femme; alors elle fut accepte comme none. Elle tudia et mdita continuellement pendant trente quarante ans. Puis soudain, une nuit elle regardait la lune reflte dans le seau. Soudain le seau tomba, l'eau s'coula rapidement et la lune disparut et ce fut le dclic. Il y a toujours un dclic partir duquel le vieux disparat et le nouveau commence, partir duquel vous renaissez. Cet incident t le dclic. Soudain l'eau s'est coule et il n'y avait plus de lune. Elle a du lever les yeux et la vraie lune tait l. Soudain elle s'est veille au fait que tout tait reflet, illusion, parce qu'observ travers le mental. Lorsque le seau s'est bris, l'intrieur le mental aussi s'est bris. C'tait prt, tout ce qui pouvait tre fait avait t fait. Tout ce qui tait possible elle l'avait fait. Rien n'avait t oubli, elle tait prte et elle l'avait mrit. Cet incident ordinaire avait t le dclic. Soudain le fond est tomb, c'tait un accident. "Plus d'eau, plus de lune dans l'eau, le vide dans ma main". Et c'est cela l'illumination, lorsque le vide est dans votre main, lorsque tout est vide, lorsqu'il n'y a personne, pas mme vous. Vous tes parvenu au vrai visage du Zen.

06. L'Avidit

L'Avidit

Une parabole sur l'ambition et la hte

Chaque fois que les gens deviennent trs avides ils deviennent trs presss et essayent de trouver comment aller plus vite encore. Ils sont continuellement presss car ils pensent que la vie va leur manquer. Ce sont ceux qui disent: "le temps c'est de l'argent". Le temps est de l'argent ? L'argent est trs limit et le temps illimit. Le temps n'est pas de l'argent, le temps est ternit, il a toujours t l et sera toujours l; vous avez toujours t ici et vous serez toujours ici. Aussi, rejetez l'avidit et ne vous souciez pas du rsultat. Il arrive parfois qu' cause de votre impatience vous manquiez beaucoup de choses.

Je vais vous raconter une ancienne parabole hindoue...Un grand saint, Narada, allait au paradis. Il avait l'habitude de voyager entre le paradis et la terre. Il fonctionnait comme un facteur entre ce monde et l'autre, il tait un pont. Il rencontra par hasard un vieux sage, trs vieux, assis sous un arbre et rptant son mantra. Il avait rpt ce mantra pendant de nombreuses annes et de nombreuses de vies. Narada lui demanda: "Voudrais-tu demander quelque chose ? Voudrais-tu adresser un message Dieu ?" Le vieil homme ouvrit ses yeux et dit: "Informes-toi simplement d'une chose; Combien de temps vais-je devoir encore attendre ? Combien de temps ? Dis lui que c'est trop. Je rpte ce mantra depuis de nombreuses vies; pendant combien de temps encore dois-je le rpter ? J'en suis fatigu et je m'ennuie". Juste ct du vieux sage, sous un autre arbre, il y avait un jeune homme qui jouait avec un ektara, un instrument une corde; il en jouait et dansait. En plaisantant Narada lui demanda: "Voudrais-tu toi aussi t'informer du temps qu'il te faudra pour atteindre l'illumination ?" Mais le jeune homme ne se donna mme pas la peine de rpondre et continua danser. Narada, de nouveau, lui demanda: "Je vais voir Dieu, as-tu quelque message ?" Mais le jeune homme rit et continua danser.Lorsque Narada revint aprs quelques jours, il dit au vieil homme: "Dieu a dit que tu devrais attendre au moins trois vies de plus". Le vieil homme devint si furieux qu'il jeta son chapelet; il tait sur le point de frapper Narada ! Il dit: "c'est absurde ! J'ai attendu et attendu, j'ai pratiqu toute sorte d'austrits, de crmonies, de jeunes et toutes les formes de rituels. J'ai accompli tout ce qui tait exig; trois vies; c'est injuste !" Le jeune homme dansait toujours joyeusement sous son arbre. Narada tait inquiet, mais il s'approcha tout de mme et lui dit: "Bien que tu n'aies rien demand, par curiosit, j'ai pos la question. Lorsque Dieu a dit que le vieil homme devrait attendre trois vies, je me suis inform du jeune homme qui, ct, dansait et jouait de son ektara et il a dit: ce jeune homme devra attendre autant de vies qu'il y a de feuilles sur l'arbre sous lequel il danse". Le jeune homme se mit danser encore plus vite et dit: "Juste autant de feuilles que celles de cet arbre ? Alors ce n'est pas trs loin, alors je suis dj arriv ! Imagine le nombre d'arbres qui sont sur toute la terre; en comparaison, c'est trs prs ! Merci monsieur d'avoir demand". Il se remit danser et l'histoire dit que le jeune homme fut illumin l'instant mme.

07. Au-del de l'Avidit

Au-del de l'Avidit

Une parabole sur l'ambition et la hte (2)

Chaque fois que les gens deviennent trs avides ils deviennent trs presss et essayent de trouver comment aller plus vite encore. Ils sont continuellement presss car ils pensent que la vie va leur manquer. Ce sont ceux qui disent: "le temps c'est de l'argent". Le temps est de l'argent ? L'argent est trs limit et le temps illimit. Le temps n'est pas de l'argent, le temps est ternit, il a toujours t l et sera toujours l; vous avez toujours t ici et vous serez toujours ici. Aussi, rejetez l'avidit et ne vous souciez pas du rsultat. Il arrive parfois qu' cause de votre impatience vous manquiez beaucoup de choses.

L'homme est combl s'il est en accord avec l'univers. S'il n'est pas en accord avec l'univers alors il est vide, tout fait vide et de ce vide dcoule l'avidit. L'avidit doit le remplir, avec de l'argent, des maisons, des meubles, avec des amis, avec des amants, avec n'importe quoi, car on ne peut pas vivre vide. C'est horrible, c'est une vie de fantme. Si vous tes vide sans rien l'intrieur de vous il est impossible de vivre. Il y a seulement deux faons de se sentir rempli; ou bien vous vous mettez en accord avec l'univers alors vous tes alors rempli du tout, de toutes les fleurs, de toutes les toiles. Elles sont en vous comme elles sont l'extrieur de vous. C'est le vritable accomplissement. Mais si vous ne faites pas cela; des millions de gens ne le font pas, alors le moyen le plus simple est de vous remplir de n'importe quel bric--brac. L'avidit signifie simplement que vous ressentez un vide profond et que vous voulez le remplir de quoique ce soit, peu importe ce que c'est. Et une fois que vous avez compris cela, vous n'avez plus rien faire avec l'avidit. Ce avec quoi vous avez faire c'est d'tre en communion avec le tout de sorte que le vide intrieur disparaisse et avec lui toute avidit disparat. Mais le monde est plein de fous qui amassent des choses pour remplir leur vide. L'un amasse de l'argent mme s'il ne le dpense jamais. D'autres mangent, sans avoir faim mais continuent malgr tout avaler. Ils savent qu'ils vont se crer de la souffrance, qu'ils seront malades, mais ils ne peuvent pas s'en empcher. Cette faon de manger est aussi un processus de remplissage. Il y a ainsi beaucoup de faons de remplir le vide, bien qu'il ne soit jamais rempli, il reste vide et vous restez malheureux car ce n'est jamais assez. Il en faut plus et toujours plus et le dsir de plus est sans fin. Vous devez comprendre le vide que vous essayez de combler et vous poser la question: "Pourquoi suis-je vide ? L'existence entire est si pleine, pourquoi suis-je vide ? Peut tre me suis-je gar ? Je ne vais plus dans la mme direction, je ne suis plus existentiel, voil la cause de mon vide". Soyez alors existentiel. Avancez au plus prs de l'existence dans le silence et la paix, dans la mditation. Et un jour vous raliserez que vous tes plein, trop plein, dbordant de joie, de flicit, de bndictions. Vous en avez tant que vous pouvez en donner au monde entier sans jamais l'puiser. Ce jour l, pour la premire fois, vous ne ressentirez plus d'avidit pour de l'argent, pour de la nourriture, pour des objets, pour quoi que ce soit. Vous vivrez naturellement et tout ce qui est ncessaire vous le trouverez.

08. L'Art d'tre disciple

L'Art d'tre disciple

Les nombreux matres de Junnaid

Il n'existe aucune situation qui ne renferme une leon, vraiment aucune. Toutes les situations en reclent une mais vous devez la dcouvrir; elle peut ne pas tre apparente. Vous devez tre vigilants et examiner tous les aspects de la situation.

Au moment de sa mort on interrogea Junnaid, le grand Matre soufi son principal disciple s'approcha de lui et lui dit: "Matre vous nous quittez, une question nous toujours tracasse mais nous n'avons jamais eu assez de courage pour vous la poser: Qui tait votre Matre ? Cela a toujours t une grande curiosit parmi vos disciples car nous ne vous avons jamais entendu parler de votre Matre". Junnaid ouvrit les yeux et dit: "Il me sera trs difficile de rpondre car j'ai appris de presque tout le monde. L'existence entire a t mon Matre. J'ai appris de chaque vnement de ma vie et je suis reconnaissant tout ce qui est arriv car c'est grce tout ce que j'ai appris que j'en suis arriv l; il ajouta: juste pour satisfaire votre curiosit je vous citerai trois exemples.Le premier; j'avais trs soif et j'allais vers la rivire avec mon bol de mendiant, le seul bien que je possdais; lorsque je l'atteignis, un chien se prcipita, sauta dans la rivire et se mit boire. Je l'observai un instant et je jetai mon bol, car il tait inutile. Un chien peut s'en passer. J'ai moi aussi saut dans la rivire et bu autant d'eau que je voulais. Tout mon corps tait frais parce que j'avais saut dans la rivire. Je me suis assis dans l'eau quelques instants, j'ai remerci le chien, lui ai touch les pattes avec une profonde rvrence car il m'avait appris une leon.J'avais tout lch, tout ce que je possdais, mais j'avais un certain attachement mon bol de mendiant. C'tait un beau bol trs joliment grav et j'tais toujours conscient que quelqu'un pouvait le voler. Mme pendant la nuit j'avais l'habitude de le mettre sous ma tte, comme un oreiller pour que personne ne puisse le drober. C'tait ma dernire attache; le chien m'a aid. C'tait si clair; si un chien peut se dbrouiller sans bol je suis un homme, pourquoi ne pourrais-je pas me dbrouiller ? Ce chien a t l'un de mes Matres.Ensuite dit-il, je m'tais perdu dans une fort et il tait minuit lorsque j'atteignis le village le plus proche. Chacun dormait poings ferms. J'ai err partout dans la ville, essayant de trouver quelqu'un rveill qui m'abriterait pour la nuit, jusqu' ce que finalement je rencontre un homme. Je lui ai demand: il me semble qu'il y a seulement deux personnes rveilles dans cette ville, vous et moi. Pourriez-vous m'abriter pour la nuit ?"L'homme rpondit: "Je peux voir votre robe que vous tes un moine soufi..."Le mot soufi vient de suf et suf signifie laine, un vtement de laine. Les soufis ont utilis le vtement de laine pendant des sicles. On les appelle soufis cause de leurs vtements. "Je peux voir que vous tes un soufi dit l'homme et je me sens un peu gn de vous accueillir dans ma maison. Je le souhaite vraiment mais je dois vous dire qui je suis; je suis un voleur. Voulez-vous tre l'invit d'un voleur ?" Pendant un instant Junnaid hsita et le voleur lui dit: "J'ai bien fait de vous le dire car vous semblez hsitant. Le voleur le souhaite mais le mystique semble hsiter entrer dans la maison d'un voleur, comme si le mystique tait plus faible que le voleur. En fait je devrais avoir peur de vous; vous pourriez me changer, vous pourriez transformer toute ma vie. Vous inviter signifie danger, mais je n'ai pas peur. Vous tes le bienvenu, entrez dans ma maison, mangez, buvez, dormez et restez y autant que vous le voudrez, car je vis seul et je gagne suffisamment pour me dbrouiller pour deux personnes et ce sera merveilleux de discuter avec vous de choses importantes. Mais vous semblez hsiter".Et Junnaid prit conscience que c'tait vrai; il lui demanda pardon. Il toucha les pieds du voleur et dit: "Oui, mon enracinement dans mon propre tre est encore bien faible. Vous tes vraiment un homme fort et j'aimerais bien venir chez vous et j'aimerais rester un peu plus longtemps, pas seulement cette nuit. Je voudrais moi-mme tre plus fort". "Venez" lui dit le voleur. Il lui donna manger, boire, l'aida prparer son lit et lui dit: Je vais partir maintenant, je dois faire mon travail. Je reviendrai tt le matin". Tt le matin le voleur revint et Junnaid lui demanda: "Avez-vous russi ?" "Non, pas aujourd'hui, rpondit le voleur, mais je verrai demain". Cela se rpta continuellement pendant trente jours, chaque nuit le voleur sortait et chaque matin il revenait les mains vides. Mais il n'tait jamais triste, jamais du, aucun signe d'chec sur son visage, toujours heureux et il disait: "Peu importe. J'ai fait de mon mieux. Une fois encore je n'ai rien trouv aujourd'hui mais j'essayerai demain et s'il plat Dieu, cela arrivera demain si ce n'est pas arriv aujourd'hui".Junnaid partit au bout d'un mois; pendant des annes il essaya d'atteindre la ralisation et c'tait toujours un chec. Mais chaque fois qu'il dcidait d'abandonner il se rappelait le voleur, son visage souriant et ses paroles: "S'il plat Dieu, ce qui n'est pas arriv aujourd'hui peut arriver demain". "Je me souviens de ce voleur comme un de mes plus grands Matres dit Junnaid, sans lui je ne serais pas ce que je suis.Et troisimement, dit-il, j'entrai dans un petit village, un petit garon portait une bougie allume, allant certainement au temple de la ville y mettre la bougie pour la nuit.Peux-tu me dire d'o vient la lumire lui demanda Junnaid, tu as toi-mme allum la bougie, tu dois donc l'avoir vu. Quelle est la source de la lumire ?" Le garon se mit rire et rpondit: "Attend !" il souffla la bougie devant Junnaid et lui dit: "Tu as vu partir la lumire, peux-tu me dire o elle est partie ? Si tu peux me dire o elle est partie je te dirai d'o elle est venue car elle s'en est alle au mme endroit, elle est retourne sa source"."J'avais rencontr de grands philosophes dit Junnaid mais aucun n'avait jamais nonc une aussi belle formulation; "elle est retourne sa source". Finalement tout retourne sa source. De plus l'enfant m'a fait prendre conscience de ma propre ignorance; j'essayais de plaisanter avec lui, mais la plaisanterie s'est retourne contre moi. Il m'a montr que poser des questions idiotes - d'o la lumire est-elle venue ? - n'est pas intelligent. Elle vient de nulle part, du nant et elle ne retourne nulle part, au nant.J'ai touch les pieds de l'enfant dit Junnaid et l'enfant, perplexe, m'a dit: "Pourquoi touches-tu mes pieds ?"; je lui ai rpondu: tu es mon Matre, tu m'as montr quelque chose. Tu m'as donn une grande leon, une grande comprhension.Depuis ce jour dit Junnaid, j'ai mdit sur le nant et lentement, lentement je suis entr dans le nant. Et maintenant est venu le dernier instant o la bougie s'en ira, o la lumire s'en ira. Et je sais o je vais, la mme source.Je me rappelle cet enfant avec reconnaissance. Je le vois encore, debout devant moi, teignant la bougie".

09. Le plus Grand Miracle

Le plus Grand Miracle

Sur les tentations des pouvoirs spirituels

Faire un miracle est grand, mais pas assez grand. Faire un miracle c'est toujours tre dans le monde de l'ego. La vraie grandeur est si ordinaire qu'elle ne revendique rien; elle est si ordinaire qu'elle n'essaye jamais de prouver quoique ce soit.

Un homme vint voir Lin Chi et lui dit: "Mon matre est un grand mdium. Que pouvez vous dire de votre matre ? Que sait-il faire, quelles sortes de miracles ?""Quels miracles votre matre a t'il fait ?" demanda Lin Chi."Un jour lui dit le disciple, il m'a dit d'aller de l'autre ct de la rivire et je suis rest l, debout, une feuille dans la main. La rivire tait trs large, plus d'un kilomtre. Il tait debout sur l'autre rive et l il a commenc crire avec un stylo et ce qu'il crivait est venu s'inscrire sur mon papier. Je l'ai vu moi-mme, je suis tmoin ! Que peut faire votre matre ?".Lin Chi lui rpondit: "Lorsqu'il a faim il mange, lorsqu'il a sommeil il dort".L'homme lui dit: "Que racontez-vous l, vous appelez a des miracles ? Tout le monde fait cela !"."Personne ne le fait lui dit Lin Chi, lorsque vous dormez vous faites mille et une choses, lorsque vous mangez vous pensez mille et une choses. Lorsque mon matre dort, il dort simplement, sans remuer, sans se retourner, sans mme rver. A ce moment rien d'autre n'existe que le sommeil et lorsqu'il a faim il mange. Il est toujours l o il est. A quoi cela sert-il d'crire d'un bord de rivire l'autre ? C'est tout bonnement idiot. Seuls les gens idiots sont intresss par a. Quel est l'intrt ?"Quelqu'un vint voir Ramakrishna et lui dit: "Mon matre est un grand homme, il peut marcher sur l'eau." "C'est idiot rpondit Ramakrishna; je vais simplement chez le passeur et pour seulement deux centimes il me fait traverser de l'autre ct. Votre matre est un imbcile. Allez et faites lui prendre conscience qu'il ne devrait pas gaspiller sa vie. On peut le faire si facilement."Mais le mental a toujours une envie de quelque chose. Le mental ne fait rien d'autre que dsirer, dsirer que quelque chose se passe. Parfois il pense l'argent, avoir plus d'argent, avoir des maisons plus grandes, avoir plus de respectabilit, avoir plus de pouvoir politique. Et vous vous tournez vers la spiritualit mais le mental reste le mme. Maintenant vous voulez avoir plus de pouvoirs psychiques, de tlpathie, de voyance et toutes sortes de btises. Le mental ne change pas; vous voulez plus. Le mme jeu continue. l'heure actuelle, c'est la tlpathie, la voyance ou les pouvoirs psychiques; "si vous pouvez faire ceci, je peux faire mieux que a. Je peux lire les penses des gens des milliers de kilomtres de distance".La vie est en soi un miracle, mais l'ego n'est pas prt l'accepter. Il veut toujours faire quelque chose de spcial, quelque chose que personne d'autre ne fait, quelque chose d'extraordinaire.

10. La Valeur

La Valeur

Sur les vertus du fait d'tre inutile

Ne cherchez pas trop tre utile. Rappelez-vous plutt constamment que vous n'tes pas ici dans la vie pour devenir un produit, vous n'tes pas ici pour devenir une utilit, ce qui serait indigne. Vous n'tes pas seulement ici pour devenir de plus en plus efficaces; vous tes ici pour devenir de plus en plus vivants, vous tes ici pour devenir de plus en plus intelligents, pour devenir de plus en plus heureux, heureux jusqu' l'extase.

Lao Tzu voyageait avec ses disciples et ils arrivrent dans une fort o des centaines de bcherons coupaient les arbres car on construisait un grand palais. Presque toute la fort avait t coupe mais un arbre tait debout, un grand arbre avec des milliers de branches, si grand que dix mille personnes auraient pu s'asseoir sous son ombre. Lao Tzu demanda a ses disciples d'aller s'informer pourquoi cet arbre n'avait pas encore t coup, alors que la fort entire avait t coupe et rduite l'tat de dsert.Les disciples allrent demander aux bcherons: "Pourquoi n'avez-vous pas coup cet arbre ?" "Cet arbre est absolument inutile dirent les bcherons. On ne peut rien en faire car chaque branche est pleine de noeuds, rien n'est droit. On ne peut pas en faire de piliers, on ne peut pas en faire des meubles et on ne peut pas l'utiliser comme combustible car sa fume est si dangereuse pour les yeux que vous pourriez presque devenir aveugles. Cet arbre est absolument inutile, voil pourquoi." Lorsqu'ils revinrent, Lao Tzu se mit rire et leur dit: "Soyez comme cet arbre, si vous voulez survivre dans ce monde, soyez comme cet arbre, absolument inutile; ainsi personne ne vous nuira. Si vous tes droits vous serez coups, vous deviendrez des meubles dans la maison de quelqu'un. Si vous tes beaux vous serez vendus au march, vous deviendrez un produit. Soyez comme cet arbre absolument inutile; alors personne ne pourra vous nuire et vous deviendrez immenses et des milliers de gens s'abriteront sous votre ombre.Lao Tzu une logique entirement diffrente de celle de votre mental. Il dit: "soyez le dernier, vivez dans le monde comme si vous n'existiez pas. Demeurez inconnu, n'essayez pas d'tre le premier, ne soyez pas en comptition, n'essayez pas de prouver votre valeur, ce n'est pas la peine. Soyez inutiles et rjouissez-vous".Bien sur ce n'est pas commode mais si vous le comprenez vous constaterez qu'au fond, au plus profond, c'est plus facile; parce que la vie est faite pour clbrer et se rjouir, la vie ne doit pas devenir une utilit. La vie est plus comme de la posie que comme un produit sur le march; elle devrait ressembler de la posie, un chant, une danse.Lao Tzu dit: "Si vous essayez d'tre trs intelligents, si vous essayez d'tre trs utiles, vous serez utiliss. Si vous essayez d'tre trs efficaces, d'une manire ou d'une autre vous serez exploits par le monde parce que le monde ne peut pas laisser tranquille un homme efficace. Laissez tomber toutes ces ides. Si vous voulez tre un pome, une extase, oubliez alors l'utilit. Restez vrais vous-mme".

11. La Reconnaissance

La Reconnaissance

Le matre, le jardinier et l'invit

Le dsir du mental est d'tre extraordinaire. L'ego a soif et dsire ardemment la reconnaissance d'tre quelqu'un. Certains ralisent ce rve par la richesse, d'autres par le pouvoir, la politique; d'autres le ralisent par des miracles, des tours de passe-passe mais le rve demeure le mme: "je ne peux pas accepter de n'tre personne". Le miracle est l lorsque vous acceptez le fait de n'tre personne, lorsque vous tes aussi ordinaire que les autres, lorsque vous ne recherchez pas la reconnaissance, lorsque vous pouvez exister comme si vous n'existiez pas. tre absent est le miracle.

Cette histoire est belle; une des plus belles anecdotes zen. Bankei est un des plus beaux matres; pourtant Bankei tait un homme ordinaire.Un jour que Bankei travaillait dans son jardin, arriva un chercheur en qute d'un matre. "Jardinier, o est le matre ?" lui demanda t'il.Bankei se mit rire: "Attendez; entrez par cette porte et l'intrieur vous trouverez le matre". L'homme fit le tour, entra et vit Bankei assis sur un trne; le mme homme qui jardinait l'extrieur. "Vous vous moquez" dit le visiteur "quittez ce trne, c'est un sacrilge, vous ne respectez pas votre matre". Bankei descendit, s'assit par terre et lui dit: "C'est difficile, maintenant tu ne trouveras pas de matre ici... car je suis le matre". Il tait difficile pour cet homme d'accepter qu'un grand matre puisse travailler dans le jardin et tre aussi ordinaire. Il s'en alla; il ne pouvait croire que cet homme tait le matre et ainsi, manqua l'occasion. Chacun a peur de n'tre personne. Seules de rares personnes, des personnes exceptionnelles n'ont pas peur de n'tre personne; un Gautama le Bouddha, un Bankei. N'tre personne n'est pas un phnomne ordinaire, c'est une des expriences les plus importantes dans la vie, d'tre et en mme temps de ne pas tre. tre seulement pure existence, sans nom, sans adresse, sans frontires ni pcheur, ni saint, ni infrieur, ni suprieur, uniquement un silence. Les gens ont peur parce que toute leur personnalit disparatra; leur nom, leur rputation, leur respectabilit, tout va disparatre, d'o la peur. Mais de toute faon la mort va tout emporter. Ceux qui sont sages laissent disparatre ces choses par elles mmes, rien n'est laiss que la mort puisse vous prendre. Alors toute peur disparat car la mort ne peut pas venir; vous n'avez rien gard pour la mort. La mort ne peut pas tuer une personne inexistante. Ds que vous ralisez que vous n'tes personne vous devenez immortel. L'exprience de n'tre personne est exactement la signification de nirvana, de nant, de silence, de calme absolu, sans ego, sans personnalit, sans hypocrisie; simplement ce silence et ces insectes qui chantent dans la nuit. Dans un sens vous tes ici mais en mme temps vous n'tes pas l.Vous tes ici cause de la vieille association avec le corps, mais regardez l'intrieur; vous n'tes pas et vous comprenez que l o rgne le pur silence rside votre ralit, que la mort ne peut dtruire. C'est votre ternit, c'est votre immortalit. Il n'y a rien craindre, il n'y a rien perdre et si vous pensez que quoi que ce soit est perdu; votre nom, votre respectabilit, votre gloire, ils sont sans valeur, ce sont des jouets pour les enfants, pas pour des gens mrs. Le temps est venu pour vous d'tre mature, d'tre mr, Le temps est venu pour vous de simplement tre.Le fait d'tre quelqu'un reprsente si peu. Plus vous tes quelqu'un, plus vous tes petit; plus vous n'tes personne, plus vous tes grand. Ne soyez absolument personne et vous tes un avec l'existence elle-mme.

12. L'Interrogation

L'Interrogation

Le professeur et sa soif de rponses

Celui qui s'attache aux questions se perd dans la jungle de la philosophie. Laissez les questions aller et venir. Regardez la foule des questions comme vous regardez les gens se dplacer dans la rue, rien donner, rien prendre, avec dtachement et recul...Plus il y a de distance entre vous et vos questions, mieux c'est, car c'est dans cet espace que surgira la rponse.

Un professeur de philosophie se rendit chez le matre zen, Nan-in, pour l'interroger sur Dieu, le nirvana, la mditation et beaucoup d'autres choses. Le matre couta silencieusement les questions, les questions et les questions puis il lui dit: "Vous semblez fatigu, vous avez gravi cette haute montagne et vous venez de loin, laissez-moi d'abord vous servir un th". Le matre zen prpara le th, le professeur attendit, bouillant de questions et pendant que le matre prparait le th, que le samovar chantait et que l'arme du th se rpandait, le matre dit au professeur: "Attendez, ne soyez pas si press, qui sait, la rponse vos questions peut venir en buvant le th... ou mme avant". Le professeur tait dsorient, il commenait penser: "Tout ce voyage a t inutile, cet homme semble fou. Comment ma question sur Dieu peut-elle trouver rponse en buvant du th ? Quel rapport y a t'il ? Mieux vaut partir d'ici au plus tt". Toutefois, il se sentait fatigu et boire une tasse de th avant de redescendre la montagne serait une bonne chose. Le matre apporta la thire, versa du th dans la tasse, puis continua verser. La tasse tait pleine et commenait dborder dans la soucoupe mais il continuait verser; son tour la soucoupe fut pleine. Juste une goutte de plus et le th commencerait se rpandre sur le sol. Le professeur s'exclama: "Arrtez, que faites-vous ? tes-vous fou ou quoi ? Ne voyez-vous pas que la tasse et la soucoupe sont pleines ?" Le matre zen rpondit: "Vous tes exactement dans cet tat, votre esprit est si plein de question que mme si j'y rponds vous n'aurez aucune place pour recevoir ma rponse. Toutefois, vous semblez tre un homme intelligent et vous pouvez comprendre que la tasse et la soucoupe ne pouvaient pas contenir une seule goutte de th de plus sans qu'il ne commence dborder et verser sur le sol. Depuis que vous tes entr dans cette maison vos questions dbordent de partout; elle est petite mais pleine de vos questions ! Rentrez chez vous; videz votre tasse et revenez. Crez d'abord un peu d'espace en vous".

13. Renoncer au Savoir

Renoncer au Savoir

La vision obsdante de Naropa

La vrit c'est votre propre exprience, votre vision personnelle. Mme si j'ai vu la vrit et vous la dis, ds l'instant o je vous l'noncerai, elle deviendra pour vous un mensonge, non une vrit. Pour moi c'tait la vrit, elle me sautait aux yeux, c'tait ma vision. Pour vous ce ne sera pas votre propre vision, ce sera une chose emprunte, ce sera une croyance, ce sera un savoir, non une connaissance et si vous commencez y croire, vous croirez en un mensonge. Souvenez-vous de cela, mme une vrit peut devenir mensonge si elle entre en vous par la mauvaise porte. La vrit doit entrer par la porte d'entre, par les yeux. La vrit est une vision, elle doit tre vue.

Naropa tait un grand rudit, un grand pandit qui avait dix mille disciples. Un jour o il tait assis, entour de milliers de textes sacrs anciens, trs anciens et rares, la fatigue le prit; il s'endormit soudain et eut une vision. Il vit une trs vieille femme, horrible et laide, une sorcire. Sa laideur tait telle qu'il commena trembler dans son sommeil. C'tait si coeurant qu'il voulut fuir, mais fuir pour aller o ? Il tait fig, comme hypnotis par la vieille sorcire dont les yeux taient comme des aimants. "Qu'tudiez-vous ?" demanda la vieille femme. "La philosophie, la religion, l'pistmologie, la langue, la grammaire, la logique" rpondit-il.De nouveau, la vieille femme demanda: "les comprenez-vous ?" Naropa rpondit: "oui bien sur je les comprends".La vieille femme demanda nouveau; "comprenez-vous le mot ou le sens ?"On avait pos des milliers de questions Naropa dans sa vie, des milliers d'tudiants qui se renseignaient, demandaient, mais personne ne lui avait jamais demand cela; s'il comprenait le mot ou le sens. Les yeux de la femme taient si perants, ces yeux plongeaient au plus profond de son tre et il lui tait impossible de mentir. A un autre il aurait dit: "bien sr que je comprends le sens" mais cette femme, cette femme horrible, il devait dire la vrit. "Je comprends les mots" dit-il. La femme fut trs heureuse, elle commena danser et rire et sa laideur se transforma; son tre se mit rayonner d'une subtile beaut et Naropa se dit: "Je l'ai rendue si heureuse, pourquoi ne pas la rendre encore plus heureuse ?" aussi il ajouta: "Oui et j'en comprends aussi le sens".La femme cessa de rire et de danser et elle se mit pleurer, gmir et toute sa laideur revint, mille fois pire. Naropa demanda: "Pourquoi pleurez-vous, gmissez-vous et pourquoi riiez-vous et dansiez-vous auparavant ?""J'tais heureuse qu'un grand rudit comme toi n'ait pas menti" rpondit la femme, "mais maintenant je pleure et gmit parce que tu m'as menti; je sais et tu sais, que tu n'en comprends pas le sens".La vision disparut et Naropa fut transform. Il s'chappa de l'universit et plus jamais de sa vie il ne toucha un texte sacr. Il devint compltement ignorant. Il avait compris, la femme n'existait pas, c'tait seulement une projection. C'tait l'tre de Naropa lui-mme qui cause de son savoir tait devenu laid. Juste cette simple comprhension que: "je n'en comprends pas le sens" et la laideur s'tait transforme en un merveilleux phnomne.Cette vision de Naropa est trs significative. A moins que vous ne ressentiez que le savoir est inutile vous ne serez jamais la recherche de la sagesse et vous prendrez la fausse monnaie pour un vrai trsor. Vous devez prendre conscience que le savoir n'est que de la fausse monnaie; ce n'est pas une connaissance, ce n'est pas une comprhension, tout au plus est-il intellectuel. Le mot a t compris mais le sens est perdu.

14. L'Authenticit

L'Authenticit

Milarepa et le faux matre

L'important n'est pas le chemin, l'important c'est l'authenticit du chercheur. Laissez moi vous l'expliquer.Vous pouvez suivre n'importe quel chemin, si vous tes sincre et authentique vous atteindrez le but. Certains chemins peuvent tre ardus, d'autres peuvent tre plus faciles; certains peuvent tre entours de verdure, d'autres peuvent traverser des dserts et d'autres encore de beaux paysages et certains autres peuvent ne pas avoir de paysage autour d'eux, c'est encore autre chose. Mais si vous tes sincre, honnte, authentique et vrai, alors chaque chemin mne au but.Cela peut donc tre rduit une chose; l'authenticit est le chemin. Peu importe quel chemin vous suivez, si vous tes authentique, chaque chemin mne au but et l'oppos est galement vrai; peu importe le chemin que vous suivez, si vous n'tes pas authentique vous n'arriverez nulle part. Votre authenticit vous amne au but et rien d'autre. Tous les chemins sont secondaires, le principe de base est d'tre authentique, d'tre vrai.

L'on raconte que lorsque le grand mystique Milarepa arriva chez son matre au Tibet il tait si humble, si pur, si authentique que les autres disciples se mirent le jalouser. Il allait certainement devenir le successeur du matre et bien sr, il y avait des embrouilles; aussi, ils essayrent de le tuer.Un jour ils lui dirent: "si tu crois rellement en notre matre, peux tu sauter de cette falaise ? Si tu crois vraiment, si tu as confiance rien de mal ne peut t'arriver". Et Milarepa sauta sans hsiter un seul instant. Ils se prcipitrent en bas c'tait une falaise de prs de 1500 mtres. Ils descendirent, pensant trouver ses os parpills, mais il tait l, dans la position du lotus, trs heureux, merveilleusement heureux. Il ouvrit les yeux et dit: "vous avez raison, la confiance protge".Ils pensrent que c'tait peut-tre un hasard, aussi lorsqu'un jour une maison prit feu ils lui dirent: "si tu aimes le matre et si tu as confiance en lui tu peux entrer dans le feu". Il se prcipita pour sauver la femme et l'enfant qui taient rests l'intrieur; les autres disciples espraient bien qu'il mourrait, mais lorsqu'il ressortit avec la femme et l'enfant il n'tait pas brl du tout et la confiance le rendit encore plus rayonnant.Un jour qu'ils se rendaient quelque part ils durent traverser une rivire et ils lui dirent: "tu n'as pas besoin de monter dans le bateau, ta confiance est si grande que tu peux marcher sur l'eau". Et il marcha. C'tait la premire fois que le matre le voyait, il ne savait pas qu'on avait dit Milarepa de sauter dans le prcipice ou d'entrer dans la maison en feu, mais cette fois-ci il tait l, sur la rive et il vit Milarepa marcher sur l'eau. "Que fais-tu ? C'est impossible !" s'exclama t'il.Milarepa rpondit: "ce n'est pas impossible du tout ! Je le fais par ton pouvoir, matre". Alors le matre pensa: "si mon nom et mon pouvoir peuvent faire cela pour cet homme ignorant et stupide et dire que je n'ai jamais essay moi-mme" alors il essaya, il se noya et on n'entendit plus jamais parler de lui.

15. La Vigilance

La Vigilance

La mort soudaine du disciple d'Ekido

Soyez vigilant. Chaque moment doit tre vcu comme si c'tait le dernier, il est fort possible que ce soit le dernier ! Aussi, vivez-le totalement, retirez-en la quintessence. C'est dans cette totalit que vous serez vigilant.

Le matre japonais Ekido tait un matre svre et ses lves le craignaient.Un jour qu'un lve frappait l'heure sur le gong du temple, il manqua un coup car il observait une belle fille qui franchissait la porte du temple. Le disciple ignorait qu'Ekido tait debout derrire lui et Ekido le frappa avec son bton. Le choc arrta le cur du disciple et il mourut.Vous pourriez penser, en considrant cette histoire, que le matre a tu son disciple mais ce ne fut pas le cas. De toute faon le disciple allait mourir, c'tait son heure et le matre le savait; il a seulement utilis l'instant de sa mort pour lui permettre l'illumination.L'histoire ne le dit pas mais c'est ce qui arriva, sinon pourquoi le matre se serait-il tenu derrire lui ? N'avait-il rien de plus important faire ? Mais ce moment l, rien n'tait plus important car ce disciple allait mourir et cette mort devait tre utilise. L'histoire est belle et trs significative. Le disciple a vu passer une belle fille et il a oubli toute conscience de lui-mme, tout son tre devint dsir, il voulait suivre cette fille, possder cette fille. Un instant auparavant il tait dans la conscience, maintenant il n'tait plus vigilant.Il tait totalement vigilant lorsqu'il frappait le gong - cela fait partie de la mditation dans un monastre zen; quoi que vous fassiez, faites le avec conscience ! Quoi que vous fassiez, soyez dedans comme une lumire et tout vous sera rvl. Ce disciple au moment de sa mort aurait d tre vigilant et conscient mais le mental fit une dernire chose, sa dernire tentative, une belle fille apparut. A ce moment l, alors que le disciple n'tait plus vigilant, le matre le frappa durement sur la tte.Le matre voit la mort invisible approcher et il le frappe juste pour le rendre conscient. Le matre attendait derrire lui. Les matres attendent toujours derrire les disciples, physiquement ou pas et c'est le plus grand moment lorsqu'une personne va mourir. Le matre le frappa durement, son corps tomba mais l'intrieur il est devenu conscient; le dsir disparu. Tout est parti avec le corps; bris, il est devenu conscient. Il est mort dans la vigilance et si vous pouvez joindre vigilance et mort vous tes illumin.

16. L'Imitation

L'Imitation

Le doigt de Gutei point vers l'Un

Soyez vrai avec vous-mme car votre propre vrit peut vous mener la vrit ultime. Votre vrit n'est la vrit de personne d'autre.Vous avez une semence en vous mais ce n'est que si cette semence germe et devient un arbre que vous fleurirez, alors vous serez bni et atteindrez l'extase. Mais si vous suivez les autres cette graine restera morte. Vous pouvez accumuler tous les rves du monde et tout russir, mais vous vous sentirez vides car rien d'autre que votre graine ne peut vous remplir, seule votre graine, lorsqu'elle devient un arbre vous remplira. Vous ne sentirez l'accomplissement que lorsque votre vrit fleurira, jamais avant.

Le matre zen Gutei avait coutume de lever le doigt chaque fois qu'il expliquait une question relative au zen. Un trs jeune disciple commena l'imiter et chaque fois que quelqu'un lui demandait de quoi son matre avait parl, le garon levait son doigt.Gutei l'apprit et lorsqu'un jour il surprit le garon en train de le faire, il le saisit, sortit brusquement son couteau, lui coupa le doigt et le jeta. Comme le garon s'enfuyait en hurlant, Gutei s'cria: "Arrte !" Le garon s'arrta, se retourna et regarda son matre travers ses larmes. Gutei tenait son propre doigt en l'air. Le garon tenta de lever le sien et lorsqu'il ralisa qu'il n'tait plus l il s'inclina. A cet instant il fut illumin.C'est une histoire trs trange et il est fort possible que vous la compreniez mal, car la chose la plus difficile comprendre dans la vie est le comportement d'un tre illumin.Les matres ne font jamais rien d'inutile, ne serait-ce que de lever un doigt Gutei ne levait pas tout le temps le doigt, seulement lorsqu'il expliquait une question concernant le zen. Pourquoi ? Tous vos problmes se crent parce que vous tes fragment, divis, parce que vous tes un chaos et non pas une harmonie. Et qu'est ce que la mditation ? C'est parvenir l'unit.Les explications de Gutei taient secondaires, seul le doigt lev tait important, il disait: "Soyez un ! Et tous vos problmes seront rsolus". Le garon commena l'imiter...L'imitation ne mne nulle part, elle signifie que l'idal vient de l'extrieur, ce n'est pas quelque chose qui vient de vous. Vous avez une semence en vous, si vous imitez les autres cette semence restera morte.Gutei devait tre trs compatissant, l'on ne peut tre aussi dur qu'en ayant de la compassion parce que l'imitation doit tre radicalement supprime. Le doigt n'est qu'un symbole. Le garon devait subir un choc radical et la souffrance devait atteindre la racine mme de son tre. Un moment trs intense de prise de conscience, un moyen trs puissant... Gutei cria: "Arrte !" Dans cet instant d'arrt, la douleur disparut. Par habitude, lorsque le matre lve son doigt le garon lve le sien - qui n'est plus l et pour la premire fois il ralise qu'il n'est pas son corps, qu'il est conscience, connaissance, qu'il est une me dont le corps est juste l'enveloppe.Vous tes la lumire intrieure, non pas la lampe mais la flamme.

17. Une Tasse de Th

Une Tasse de Th

Les paupires de Bodhidharma et les origines du th

La conscience passe par la sensibilit. Vous devez tre plus sensible de faon ce que vous fassiez, mme une chose aussi insignifiante que le th Pouvez-vous trouver une chose plus insignifiante que le th ? Pouvez-vous trouver une chose plus ordinaire que le th ? Non, vous ne le pouvez pas. Les moines et les matres zen ont fait de cette chose ordinaire une chose extraordinaire, ils ont reli "ceci" et "cela" comme si le th et Dieu taient devenus un. moins que le th ne devienne divin, vous ne deviendrez pas divin car le plus modeste doit tre lev au plus haut niveau, l'ordinaire doit tre chang en extraordinaire, la terre doit devenir le ciel. Ils doivent tre relis; sans laisser aucun vide.

Le th a t dcouvert par Bodhidharma le fondateur du zen. L'histoire est belle; il mdita pendant neuf ans face un mur. Neuf ans ! Simplement face un mur, continuellement; il tait parfois naturel qu'il puisse commencer tomber de sommeil. Il lutta et lutta contre le sommeil. Souvenez-vous, le sommeil mtaphysique, l'inconscience... Il voulait rester conscient, mme endormi, il voulait tre dans la conscience continuellement, la lumire devait brler jour et nuit, durant vingt-quatre heures. C'est ce qu'est dhyana; ce qu'est la mditation; une conscience.Une nuit il sentit qu'il lui tait impossible de rester veill; il tombait de sommeil. Il se coupa les paupires et les jeta ! Maintenant il ne pourrait plus fermer les yeux. L'histoire est belle. Pour arriver aux yeux intrieurs, les yeux extrieurs doivent tre jets; c'est le prix payer. Et qu'arriva t'il ? Quelques jours plus tard il s'aperut que ces paupires qu'il avait jetes sur le sol commenaient prendre racine et cette pousse devint le th. C'est pourquoi lorsque vous buvez du th, quelque chose de Bodhidharma pntre en vous et vous ne pouvez pas vous endormir. Bodhidharma mditait sur la montagne appele T'a, c'est pourquoi on l'appelle th. Il vient de cette montagne o Bodhidharma a mdit pendant neuf ans; c'est une parabole. Lorsque le matre zen dit: "Prenez une tasse de th" il dit: "Gotez un peu de Bodhidharma. Ne vous tracassez pas avec ces questions; Dieu existe t'il ou pas, qui a cr le monde, o est le ciel et o est l'enfer et quelle est la thorie du Karma ou de la rincarnation". Lorsque le matre zen dit: "Oubliez tout et prenez une tasse de th", il veut dire: "Soyez plus conscient, ne vous intressez pas toutes ces btises, cela ne vous aidera pas du tout".

18. La Mditation

La Mditation

De quel ct de votre parapluie avez-vous laiss vos chaussures ?

Faites les petits actes de la vie dans une vigilance dtendue. Lorsque vous mangez, mangez totalement, mchez totalement, gotez totalement, sentez totalement. Touchez votre pain, sentez-en la texture; sentez le pain, sentez-en la saveur, mchez le, laissez le se dissoudre en vous et restez conscient. Alors vous mditez, alors la mditation n'est pas spare de la vie. Chaque fois que la mditation est spare de la vie, quelque chose est faux; cela devient le contraire de la vie. Alors l'on pense aller dans un monastre ou dans une grotte de l'Himalaya; l'on voudrait s'chapper de la vie, parce que la vie parat nous distraire de la mditation.La vie n'est pas une distraction, elle est une occasion pour la mditation.

Un disciple qui avait pratiqu la mditation pendant un certain temps vint voir Ikkyu, son matre. Comme il pleuvait, il laissa ses chaussures et son parapluie l'extrieur et entra. Lorsqu'il eut prsent ses respects, le matre lui demanda de quel ct de ses chaussures il avait laiss son parapluie. Eh bien ! En voil une question...? Vous ne vous attendez pas ce que les matres posent de telles questions idiotes; vous vous attendez ce qu'ils vous questionnent sur Dieu, sur la monte de la kundalini, l'ouverture des chakras ou sur les lumires dans votre tte. L'on pose des questions sur des choses importantes, occultes, sotriques ! Mais Ikkyu a pos une question trs ordinaire. Aucun saint chrtien ne l'aurait pose, aucun moine jan ne l'aurait pose, aucun swami hindou ne l'aurait pose. Elle ne peut tre pose que par celui qui est vraiment avec Bouddha, en Bouddha; qui est vritablement lui-mme un Bouddha. Le matre lui demanda de quel ct de ses chaussures il avait laiss son parapluie. Quel rapport ont les chaussures et les parapluies avec la spiritualit ? Si l'on vous avait pos la mme question vous vous seriez senti gn. Quel genre de question est-ce l ? Mais il y a dans cette question, quelque chose d'une immense valeur. S'il avait interrog sur Dieu, sur votre kundalini ou sur les chakras, cela aurait t une btise sans aucune signification. Le disciple ne pouvait pas se souvenir. Qui se donne la peine de se souvenir o il a mis ses chaussures et de quel ct de ses chaussures se trouve son parapluie; droite ou gauche ? Qui s'en donne la peine ? Qui porte tant d'attention aux parapluies ? Qui pense aux chaussures ? Qui est si attentif ? Mais cela a suffit; le disciple fut refus. Ikkyu lui dit: "Va et mdite encore pendant sept ans". "Sept ans !" s'exclama le disciple, "rien que pour cette petite faute ?" "Ce n'est pas une petite faute" dit Ikkyu; "les fautes ne sont ni petites ni grandes, simplement tu ne vis pas encore dans un esprit mditatif, c'est tout. Retournes et mdites pendant encore sept ans puis reviens". Voil le message essentiel; soyez attentif, vigilant tout et ne faites pas de distinction entre les choses; que ceci est futile, que ceci est spirituel. Cela dpend de vous. Soyez alerte, soyez attentif et tout deviendra spirituel. Ne soyez pas alerte, ne soyez pas attentif et tout devient non spirituel. C'est vous qui transmettez la spiritualit; c'est votre cadeau au monde.Lorsqu'un matre comme Ikkyu touche son parapluie, le parapluie est tout aussi divin que n'importe quoi peut l'tre. L'nergie mditative est alchimique, elle transforme le mtal vil en or pur; elle transforme sans cesse le vil en noble. Au point ultime, tout est divin. Ce monde ci est le paradis et ce ci est le bouddha.

19. Rester Centr

Rester Centr

Le moine et la prostitue

O que vous soyez, devenez plus centr, devenez plus alerte, vivez plus consciemment. Il n'y a nulle part o aller; tout ce qui doit arriver doit arriver en vous-mme et c'est dj entre vos mains. Vous n'tes pas une marionnette et vos ficelles ne sont dans les mains de personne. Vous tes un individu compltement libre. Si vous dcidez de rester dans l'illusion, vous pouvez y rester durant de nombreuses et de nombreuses vies. Si vous dcidez d'en sortir, une dcision dans l'instant suffit. Vous pouvez vous librer de toutes les illusions cet instant mme.

Bouddha sjournait Vasali o vivait Amrapali; Amrapali tait une prostitue. Au temps de Bouddha, en Inde, il tait convenu que la plus belle femme d'une ville ne pouvait pouser personne car cela risquait de crer une jalousie inutile, un conflit ou mme un combat. Aussi, la plus belle femme devait devenir nagarvadhu; la femme de toute la ville. Ce n'tait pas dshonorant du tout, au contraire, elles taient trs respectes. Ce n'taient pas des prostitues ordinaires. Elles recevaient uniquement la visite des trs riches ou des rois, des princes, des gnraux; les couches les plus hautes de la socit. Amrapali tait trs belle. Un jour qu'elle tait debout sur sa terrasse elle vit un jeune moine bouddhiste. Elle n'tait jamais tombe amoureuse de personne mais elle tomba soudainement amoureuse; un homme jeune mais avec une extraordinaire prsence, une vigilance, de la grce la faon dont il marchait Elle se rua en bas et lui dit: "Dans trois jours la saison des pluies va commencer..." Les moines bouddhistes ne se dplacent pas pendant les quatre mois de la saison des pluies. "Je vous invite passer les quatre mois dans ma maison". Le jeune moine rpondit: "Je dois demander mon matre, s'il me le permet je viendrai".Le jeune moine alla vers Bouddha, lui toucha les pieds et lui raconta toute l'histoire. "Elle m'a demand de rester quatre mois dans sa maison. Je lui ai dit que je demanderai mon matre, aussi je suis l. Je ferai ce que vous voudrez". Bouddha le regarda dans les yeux et dit: "Tu peux rester".Ce fut un choc. Dix mille moines Il y eut un grand silence mais aussi une grande colre et une grande jalousie. Aprs que le jeune homme fut parti pour habiter chez Amrapali, chaque jour les moines, commencrent rapporter des commrages; "Toute la ville est en moi, il n'y a qu'un sujet de conversation; un moine bouddhiste habite avec Amrapali".Mais Bouddha leur dit: "Vous devriez vous taire, j'ai confiance en mon moine. J'ai regard dans ses yeux, il n'y avait aucun dsir. Si j'avais dit non il n'aurait rien ressenti. J'ai dit oui et il est simplement all. J'ai confiance dans sa vigilance et dans sa mditation. Pourquoi tes-vous si agits et inquiets ?" Au bout de quatre mois le jeune homme revint et toucha les pieds de Bouddha. Derrire lui il y avait Amrapali, vtue comme une nonne bouddhiste. Elle toucha les pieds de Bouddha et dit: "J'ai tout essay pour sduire votre moine, mais c'est lui qui m'a sduite. Il m'a convaincu par sa prsence et sa vigilance que la vie relle est vos pieds".Bouddha dit alors l'assemble: "tes-vous maintenant satisfaits ou pas ?" Si la mditation est profonde, si la conscience est claire rien ne peut la troubler. Et Amrapali devint l'une des femmes illumines parmi les disciples de Bouddha.

20. L'Ego

L'Ego

La femme et le passage de la rivire

L'ego est un phnomne social; c'est la socit, ce n'est pas vous. Mais il vous donne une fonction dans la socit, une place dans la hirarchie de la socit et si vous restez satisfait avec cela, vous manquerez l'occasion de trouver votre tre rel.Avez-vous jamais remarqu que toutes les formes d'adversit nous viennent de l'ego ? Il ne peut pas vous rendre heureux; il peut seulement vous rendre malheureux. L'ego est l'enfer. Chaque fois que vous souffrez, essayez simplement d'observer, d'analyser et vous vous apercevrez que quelque part l'ego en est la cause.

Deux moines bouddhistes reviennent leur monastre; ils arrivent un gu. Le courant est trs fort, c'est un endroit encaiss. Une jeune et belle fille attend l, elle attend que quelqu'un l'aide traverser; elle a peur d'entrer seule dans l'eau. Un moine, le plus g bien sr... parce que le plus g doit marcher devant... cela fait partie des jeux de l'ego; si vous tes plus vieux vous devez marcher devant, les moines plus jeunes doivent marcher un peu en arrire. Le moine plus g arrive le premier. La jeune fille lui demande: "Voudriez-vous m'aider, simplement me tenir la main ? J'ai peur, le courant est si fort et c'est peut tre profond". Le vieil homme ferme les yeux, c'est ce que Bouddha avait dit aux moines; si vous voyez une femme et en particulier si elle est belle, fermez les yeux. Mais je suis surpris; vous devez d'abord l'avoir vue avant de fermer les yeux, autrement comment pourriez-vous dterminer si c'est une femme et si elle est belle ? Vous tes dj mu et ensuite vous fermez vos yeux ! Donc il ferme les yeux et entre dans le gu sans rpondre la femme. Alors arrive le deuxime moine, plus jeune. La fille a peur, mais il n'y a rien d'autre faire; le soleil dcline et il fera bientt nuit alors elle demande au jeune moine: "Voudriez-vous s'il vous plat me tenir la main ? Le gu semble profond, le courant est fort et j'ai peur"."C'est profond, je le sais" dit le moine "et simplement vous tenir la main ne suffira pas. Vous allez monter sur mes paules et je vous porterai de l'autre ct".Lorsqu'ils atteignirent le monastre le vieux moine dit au plus jeune: "Mon ami vous avez commis un pch et je vais rapporter que non seulement vous avez touch une femme, non seulement vous avez parl avec elle, mais vous l'avez porte sur vos paules ! Vous devriez tre expuls de la communaut; vous n'tes pas digne d'tre moine". Le jeune homme se mit simplement rire et lui dit: "Bien que j'ai dpos cette fille il y a trois kilomtres, il semble que vous la portez toujours sur vos paules. Trois kilomtres ont pass et a vous tracasse toujours".Qu'arrive t-il arriv ce vieux moine ? La fille tait belle; il a laiss passer une chance. Il est fch, il est jaloux' il est plein de dsir sexuel, il est rellement dans une problmatique. Le plus jeune est parfaitement clair. Il a fait traverser la fille et l'a laisse sur l'autre rive et c'est tout; c'est fini. Ne vous battez jamais contre l'avidit, l'ego, la colre, la jalousie, la haine; vous ne pouvez pas les tuer, vous ne pouvez pas les craser, vous ne pouvez pas vous battre avec eux. Tout ce que vous pouvez faire est simplement d'tre conscient de leur existence et ds l'instant o vous tes conscient, ils disparaissent. Dans la lumire, l'obscurit disparat, simplement.

21. La Conscience

La Conscience

Marie Madeleine et le parfum sans prix

La socit ne cesse de vous dire que la conscience c'est de savoir; que "ceci est juste ou que ceci est faux". Cela finit par s'enraciner, par s'implanter en vous. Vous continuez le rpter. Cela ne sert rien, car ce n'est pas la ralit. La ralit c'est votre propre conscience. Elle ne donne aucune rponse toute faite au sujet de ce qui est juste ou de ce qui est faux, non; mais aussitt qu'une situation surgit, n'importe quelle situation, cette conscience vous claire et vous savez immdiatement ce qu'il convient de faire.

Jsus alla visiter la maison de Marie Madeleine. Marie tait profondment amoureuse; elle versa du parfum trs prcieux sur ses pieds, le flacon entier. C'tait un parfum rare; on aurait pu le vendre et Judas fit immdiatement remarquer: "Vous devriez interdire aux gens de faire de telles btises. C'est du gaspillage et il y a de pauvres gens qui n'ont rien manger. Nous aurions pu distribuer cet argent aux pauvres !" Que rpondit Jsus ? Il dit: "Ne t'inquites pas de cela. Les pauvres et les affams seront toujours l, moi je ne serai plus l. Tu pourras toujours les servir, rien ne presse, mais moi je ne serai plus l. Regardes l'amour et non pas le parfum prcieux. Regardes l'amour de Marie, son cur".Avec qui allez-vous tre d'accord ? Jsus semble tre trs bourgeois et Judas bon conome. Judas parle des pauvres et Jsus rpond simplement: "Je ne serai bientt plus l, laisse donc son cur faire ce qu'elle veut et n'y introduit pas ta philosophie". En principe, votre mental sera d'accord avec Judas. C'tait un homme trs cultiv, sophistiqu, un penseur; pourtant il a trahi, il a vendu Jsus pour trente pices d'argent. Mais lorsque Jsus fut crucifi il commena se sentir coupable, sa conscience le tourmentait et il se suicida. C'tait un homme bon, il avait une conscience mais il n'avait aucune conscience de lui-mme.Il faut pouvoir ressentir profondment cette distinction. La conscience est emprunte, enseigne par la socit; la conscience de soi est votre accomplissement. La socit vous apprend ce qui est juste et ce qui ne l'est pas; faites ceci, ne faites pas cela. Elle vous enseigne la moralit, le code, les rgles du jeu; c'est cela votre conscience. A l'extrieur le gendarme, l'intrieur la conscience; c'est comme cela que la socit vous contrle.Judas avait une conscience, alors que Jsus tait dans la conscience de lui-mme. Jsus tait plus concern par l'amour de la femme, de Marie Madeleine. C'tait une chose si profonde que l'empcher aurait bless son amour. Elle se serait renferme en elle-mme. Verser le parfum sur les pieds de Jsus n'tait qu'un geste. Derrire cela elle disait: "C'est tout ce que j'ai, c'est la chose la plus prcieuse que j'ai. Verser de l'eau serait trop peu, c'est trop bon march. Je voudrais verser mon cur, je voudrais verser tout mon tre..."Mais Judas tait un homme de conscience, il regarda le parfum et dit: "C'est coteux". Il est compltement aveugle cette femme et son cur. Le parfum est matriel, l'amour est immatriel. Mais Judas ne pouvait pas voir l'immatriel. Pour cela vous avez besoin des yeux de la conscience de soi.

22. Le Coeur Fou

Le Coeur Fou

La folle sagesse de Saint Franois d'Assise

Le cur a ses raisons que la raison ne peut pas comprendre. Le cur a sa propre dimension d'tre qui est compltement obscure pour le mental; il est plus lev et plus profond que le mental, au-del de sa porte. Cela semble fou, l'amour semble toujours fou parce que l'amour n'est pas fonctionnel. Le mental est fonctionnel. Il utilise tout pour autre chose, ce qui est la signification mme d'tre fonctionnel. Le mental est rsolu, dirig vers son but, il transforme tout en moyens et l'amour ne peut pas se transformer en moyen, voil le problme. L'amour est le but en soi.

Les fous ont toujours une sagesse subtile et les sages agissent toujours comme des fous. Dans les temps anciens tous les grands empereurs avaient toujours un fou la cour. Ils avaient de nombreux sages, conseillers, ministres et premiers ministres, mais toujours un fou. Pourquoi ? Parce qu'il y a des choses que les prtendus sages ne sont pas mme de comprendre; que seul un fou peut comprendre. Car les soi-disant sages sont si idiots que leur ruse et leur intelligence leur obscurcit l'esprit. Un fou est simple et tait ncessaire, car souvent les prtendus sages ne disaient rien par peur de l'empereur. Un fou n'a peur de personne, il parle quelles qu'en soient les consquences. C'est ainsi qu'agit le fou, simplement, sans penser au rsultat. Un homme intelligent pense toujours d'abord au rsultat et agit ensuite. D'abord vient la pense, puis l'action. Un fou agit; la pense ne vient jamais en premier.Chaque fois qu'un tre ralise l'ultime, il n'est pas comme vos sages, il ne peut pas l'tre; il peut ressembler vos fous mais il ne peut ressembler vos sages.Lorsque saint Franois fut illumin il prit coutume de se nommer "le fou de Dieu". Le Pape tait un homme sage et lorsque saint Franois alla le voir, mme le Pape pensa que cet homme tait devenu fou. Il tait intelligent, calculateur, habile; autrement comment aurait-il pu tre Pape ? Pour devenir Pape l'on doit passer par la politique. Devenir Pape ncessite de la diplomatie, de la comptition agressive afin d'carter les autres, les utiliser comme des marches et les jeter ensuite. C'est de la politique parce qu'un Pape est un chef politique. La religion est secondaire ou mme inexistante. Comment un homme religieux pourrait-il se battre et tre agressif pour un poste ? Ce sont seulement des politiciens.Saint Franois vint voir le Pape et le Pape pensa que cet homme tait un fou. Mais les arbres, les oiseaux et les poissons pensaient diffremment. Lorsque saint Franois allait la rivire les poissons sautaient pour clbrer sa venue. Des milliers de gens ont t tmoin de ce phnomne; des millions de poissons sautaient ensemble, toute la rivire disparaissait sous les sauts des poissons. Saint Franois venait et les poissons taient heureux. Et partout o il allait les oiseaux le suivaient, venaient se poser sur sa jambe, sur son corps, sur son genou. Ils comprenaient ce fou mieux que le Pape. Mme les arbres devenus secs et qui allaient mourir reverdissaient et fleurissaient nouveau si saint Franois s'en approchait. Ces arbres avaient compris que ce fou n'tait pas un fou ordinaire. C'tait le fou de Dieu.

23. La Prire

La Prire

L'amour et la loi de Mose

Laissez vos gestes tre vivants, spontans. Laissez votre propre conscience dcider de votre faon de vivre, de votre mode de vie. Ne permettez personne d'en dcider. C'est un pch que de permettre un autre d'en dcider. Pourquoi est ce un pch ? Parce que a ne viendra pas de vous, cela restera superficiel, ce sera de l'hypocrisie. Ne demandez personne comment prier. Laissez l'instant dcider, laissez l'instant tre dcisif et la vrit de cet instant sera votre prire. Et une fois que vous aurez permis la vrit du moment de vous possder, vous commencerez grandir et vous connatrez les splendides beauts de la prire. Vous tes entr sur le chemin.

Une clbre histoire sur Mose.Il traversait une fort et il vit un homme prier. L'homme disait de telles absurdits que Mose du s'arrter. Ce que disait l'homme tait profanation, sacrilge. Il disait: " Dieu, vous devez parfois vous sentir trs seul; je peux venir et demeurer avec vous comme une ombre. Pourquoi souffrir de la solitude alors que je suis l ? Et je ne suis pas inefficace, je vous donnerai un bon bain et j'enlverai les poux de votre corps et de vos cheveux..."Des poux ? Mose ne pouvait pas en croire ses oreilles; de quoi cet homme parle t-il ? "Et je vous ferai la cuisine, tout le monde aime ce que je prpare. Je ferai votre lit et je laverai vos vtements. Lorsque vous serez malade je m'occuperai de vous, je serai une mre pour vous, une pouse pour vous, un domestique, un esclave; je peux tre tout a la fois. Envoyez-moi simplement un signe et je viens..."Mose l'arrta et lui dit: "Que fais-tu ? A qui parles-tu ? Des poux dans les cheveux de Dieu ? Il a besoin d'un bain ? Arrte ces btises ! Ce n'est pas a la prire. Dieu sera offens par tes propos".L'homme regarda Mose, tomba ses pieds et dit: "Je suis dsol, je suis un homme illettr, ignorant. Je ne sais pas comment prier. S'il vous plat apprenez-moi !" Alors Mose lui apprit la bonne faon de prier et il tait trs heureux d'avoir mis un homme sur la bonne voie. Heureux, son ego enfl, Mose partit; lorsqu'il fut seul dans la fort, une voix tonnante venue du ciel lui dit: "Mose je t'ai envoy sur la terre pour conduire les gens vers moi, pour les rapprocher de moi, pas pour faire fuir mes adorateurs et c'est exactement ce que tu as fait. Cet homme est l'un de mes plus proches. Retournes, fais-lui des excuses et retire-lui ta prire ! Tu as dtruit toute la beaut de ses paroles. Il est sincre, il aime, son amour est vrai. Quoi qu'il disait, il le disait travers son cur, ce n'tait pas seulement un rituel ! Ce que tu lui as appris n'est qu'un rituel, il le rptera, mais cela sera seulement sur ses lvres, cela ne viendra pas de son tre.

24. L'Abus de Pouvoir

L'Abus de Pouvoir

Comment Vivekananda perdu sa clef

Le seul antidote contre le mauvais usage des pouvoirs psychiques est l'amour, sinon tout pouvoir corrompt. Cela peut tre la richesse, cela peut tre le prestige, cela peut tre la politique ou cela peut tre psychique; cela ne fait aucune diffrence. Chaque fois que vous vous sentez puissant, si vous n'avez pas l'amour comme antidote, votre pouvoir va devenir une calamit pour les autres, une maldiction; car le pouvoir rend aveugle.L'amour ouvre les yeux, l'amour nettoie les yeux... votre perception devient claire.

Dans l'ashram de Ramakrishna Dakshineshwar, prs de Calcutta, il y avait de nombreux disciples et Vivekananda tait un des plus intellectuel. Il y avait galement un homme trs simple qui tait aussi un disciple; son nom tait Kalu, un pauvre homme. Il tait si fidle, si religieux, si motif, qu'il avait dans sa chambre des centaines de statues de dieux diffrents. Tt le matin il prenait son bain dans le Gange et ensuite l'adoration de ces dieux commenait; bien sr chaque dieu devait tre ador de manire identique autrement l'un d'entre eux aurait pu se sentir offens. Kalu y perdait sa journe et tout le monde se moquait de lui: "Que fais-tu ? Un seul Dieu suffit !" Vivekananda tait le plus empress ridiculiser Kalu et il lui disait: "Tu es tout simplement stupide, ce sont juste des pierres et tu gaspilles ta vie".Un jour Ramakrishna donna pratiquer Vivekananda une mthode d'veil de la conscience; "Entre dans ta cellule, ferme la porte et pratique cela". Lorsque Vivekananda parvint un certain niveau, il se sentit si plein de pouvoir qu'une ide lui traversa l'esprit; si par transmission de pense je dis maintenant Kalu, prends tous tes dieux et jette-les dans le Gange, il le fera. Et c'est ce qu'il fit; dans sa cellule, juste en lui-mme, il dit: "Kalu, prends tous tes dieux et jette-les tous dans le Gange".Kalu mit tous ses dieux dans un grand sac et tranant le sac, il descendit vers le Gange.Ramakrishna vit cela, courut vers lui et lui demanda: "Que fais-tu ?"Kalu dit: "J'ai soudain entendu une voix, elle venait de Dieu lui-mme car il n'y avait personne dans la chambre et elle disait: "Kalu rassemble tous tes dieux et jette-les dans le Gange. C'tait si fort que je ne pouvais pas rsister".Ramakrishna lui dit: "Viens ! Ramne tes dieux et je vais te montrer d'o venait la voix". Il frappa la porte de Vivekananda, Vivekananda sortit; Ramakrishna tait trs en colre et lui dit: "Vivekananda c'est la dernire chose laquelle je m'attendais de ta part ! Je t'avais dit d'tre vigilent, non de dtruire la vie d'un pauvre homme. Il est si candide, si plein d'amour, un si bel homme; comment as-tu pu faire cela ? Dsormais tu n'atteindras plus jamais ce mme niveau de pouvoir".Et l'on dit que Vivekananda mourut sans atteindre l'illumination. Bien qu'il devint le successeur de Ramakrishna; car il tait grand orateur, dou de charisme et ayant une grande influence sur les gens, il mourut comme un homme ordinaire, sans atteindre la connaissance. La raison cela fut qu'il avait troubl un homme candide; parce qu'il avait obtenu juste un peu de pouvoir et l'avait immdiatement utilis, non pour le bien de quelqu'un mais pour lui nuire.

25. La Lumire sur le Chemin

La Lumire sur le Chemin

Le philosophe, le mystique et l'orage

Un clair n'illumine pas votre chemin, il ne remplacera pas une lampe dans votre main; il vous donne seulement un flash, une vision fugitive de la route devant vous. Mais cet unique aperu est trs prcieux; maintenant vos pas sont assurs, votre volont est forte, maintenant votre rsolution d'atteindre votre destination est renforce. Vous avez vu la route, vous savez qu'elle est l et vous n'errez pas sans but.Un clair et vous avez un aperu de la route sur laquelle vous devez voyager ainsi que du temple, la destination de votre voyage.

J'ai entendu parler de deux hommes qui s'taient perdus dans une fort par une nuit noire. Un des hommes tait un philosophe et l'autre tait un mystique. C'tait une fort trs dangereuse, trs dense, obscure et pleine d'animaux sauvages. Un orage clata soudain, les nuages s'ventrrent, il y eut un gigantesque clair.Le philosophe regarda le ciel, le mystique regarda le chemin. Au moment de l'clair le chemin s'illumina devant eux. Le philosophe regarda l'clair et se demanda: "Qu'arrive t-il ?" et il manqua le chemin.Vous tes perdu dans une fort plus dense que celle de l'histoire. La nuit est plus sombre, parfois un clair luit, regardez le chemin. Un Tchuang Tzu est l'clair, Bouddha est l'clair, je suis l'clair. Ne me regardez pas, regardez le chemin; si vous me regardez vous avez dj perdu, parce que l'clair ne continuera pas. Il ne dure qu'un instant et l'instant est rare o l'ternit pntre le temps; c'est comme un clair.Si vous regardez l'clair, si vous regardez un bouddha et un bouddha est superbe, son visage fascine, ses yeux sont magntiques; si vous regardez un bouddha, vous avez manqu le chemin. Regardez le chemin, oubliez le bouddha.Regardez le chemin et faites quelque chose, suivez le chemin, agissez. La pense ne vous guidera pas, seulement l'action, car la pense se passe dans la tte. Cela ne peut jamais tre total; ce n'est total que lorsque vous agissez. Intressez-vous la vie ! La vie est la seule chose relle. Ne continuez pas vous informer sur ce qu'est la mditation. Mditez ! Ne continuez pas vous informer sur ce qu'est la danse; il y a des encyclopdies sur la danse, mais tout cela ne veut rien dire si vous ne dansez pas. Jetez toutes ces encyclopdies ! Dsencombrez-vous du savoir et commencez vivre et lorsque vous commencez vivre, alors les choses les plus ordinaires se transforment en beauts extraordinaires. Juste de petites choses, la vie consiste en petites choses; mais lorsque vous y apportez la qualit d'un amour intense et passionn, elles sont transformes, elles deviennent lumineuses.

26. tre Unique

tre Unique

Au-del de la supriorit et de l'infriorit

Chaque tre humain est unique; personne n'est suprieur, personne n'est infrieur. Oui, les gens sont diffrents.Laissez-moi vous expliquer quelque chose, autrement vous me comprendrez mal. Je ne dis pas que les gens sont gaux; personne n'est suprieur, personne n'est infrieur, mais les gens ne sont pas gaux non plus. Les gens sont simplement uniques, incomparables. Vous tes vous, je suis moi, je dois apporter ma contribution la vie et vous devez apporter la votre. Je dois dcouvrir mon tre profond et vous devez dcouvrir votre tre profond.

Lorsque l'infriorit disparat, tout sentiment de supriorit disparat lui aussi. Ils vivent ensemble, ils ne peuvent pas tre spars. L'homme qui se sent suprieur se sent infrieur quelque part et l'homme qui se sent infrieur veut se sentir suprieur quelque part. Ils forment une paire; ils sont toujours l ensemble, ils ne peuvent pas tre spars.C'est arriv...Un homme trs fier, un guerrier, un samoura vint voir un matre zen. Le samoura tait trs clbre et trs connu dans tout le pays, mais en regardant le matre, en regardant sa beaut et la grce du moment, il se sentit soudain infrieur. Peut-tre tait-il venu avec le dsir inconscient de prouver sa supriorit.Il dit au matre: "Pourquoi est-ce que je me sens infrieur ? Il y a un instant tout allait bien, mais en entrant dans votre cour, soudain, je me suis senti infrieur. Jamais je ne me suis senti ainsi auparavant. Mes mains tremblent. Je suis un guerrier, j'ai affront la mort de nombreuses fois, je n'ai jamais ressenti aucune peur. Pourquoi ai-je peur maintenant ?"Le matre dit: "Attends, lorsque tout le monde sera parti, je te rpondrai". Les gens dfilrent toute la journe pour voir le matre et l'homme se lassait de plus en plus d'attendre. Le soir lorsque la chambre fut vide et qu'il n'y eut plus personne, le samoura demanda: "Peux-tu me rpondre maintenant ?""Viens dehors" dit le matre.C'tait une nuit de pleine lune, l'astre se levait tout juste l'horizon... "Regarde ces arbres" lui dit-il "celui-ci qui s'lance haut dans le ciel et ce petit arbre ct. Tous les deux ont grandi devant ma fentre pendant des annes et il n'y a jamais eu aucun problme. Le petit arbre n'a jamais dit au grand: "Pourquoi est-ce que je me sens infrieur ct de toi ? Comment est-ce possible ?"Cet arbre est petit et cet arbre est grand et je n'ai jamais entendu aucun chuchotement"."Parce qu'ils ne peuvent pas se comparer" expliqua le samoura."Alors tu n'as pas besoin de me questionner, tu connais la rponse" lui repondit le matre.La comparaison apporte l'infriorit et la supriorit. Lorsque vous ne comparez pas, toute infriorit, toute supriorit disparaissent. Alors vous tes; vous tes simplement l. Un petit buisson ou un grand arbre lanc peu importe; vous tes vous-mme. Vous tes ncessaire. Un brin d'herbe est aussi ncessaire que la plus grande des toiles. Sans le brin d'herbe Dieu serait moins grand qu'il ne l'est. Le chant du coucou est aussi ncessaire que n'importe quel bouddha; le monde serait moindre, le monde serait moins riche si le coucou disparaissait.Regardez autour de vous; tout est ncessaire et toutes choses vont ensemble. C'est une unit organique; personne n'est plus haut et personne n'est plus bas, personne n'est suprieur et personne n'est infrieur. Chacun est incomparable, unique.

27. Une Bndiction Dguise

Une Bndiction Dguise

Les fortunes et les malheurs d'un villageois

Le seul problme avec la tristesse, la dsesprance, la colre, le dsespoir, l'inquitude, l'angoisse, la misre, c'est que vous voulez vous dbarrasser d'eux. L est l'erreur; vous allez devoir vivre avec eux. Vous ne pouvez pas simplement vous chapper, ils reprsentent la situation exacte dans laquelle la vie doit s'intgrer et crotre. Ce sont les dfis de la vie. Acceptez-les; ce sont des bndictions dguises.

Un homme avait un trs beau cheval et ce cheval tait si rare que mme les empereurs avaient demand l'homme de le leur vendre - quel qu'en soit le prix - mais il avait refus. Un matin il s'aperut que le cheval avait t vol. Le village entier se rassembla pour lui manifester sa sympathie: "Quel malheur !" disaient-ils. "Vous pourriez avoir une fortune, on vous en offrait un tel prix ! Vous tiez ttu et stupide et maintenant le cheval a t vol".Le vieil homme rit et leur dit: "Ne dites pas de btises ! Dites seulement que le cheval n'est plus dans l'curie. Laissez passer le temps et alors nous verrons".Il arriva qu'aprs quinze jours le cheval revint et il n'tait pas seul; il ramenait de la fort une douzaine de chevaux sauvages. Le village entier se runit et ils dirent: "Le vieil homme avait raison ! Son cheval est de retour et il a ramen douze beaux chevaux avec lui. Maintenant il peut gagner autant d'argent qu'il le veut". Ils allrent vers l'homme et lui dirent: "Pardon ! Nous ne pouvions pas imaginer l'avenir ni les voies de Dieu, mais vous tes un grand homme ! Vous saviez et vous aviez la vision de l'avenir"."Sottises !" leur dit-il. "Tout ce que je sais, c'est que maintenant le cheval est revenu avec douze chevaux; ce qui arrivera demain, personne ne le sait".Et le jour suivant il arriva que le fils unique du vieil homme qui essayait de dresser un nouveau cheval tomba et se brisa les jambes. A nouveau tout le village se runit et ils dirent: "L'on ne peut jamais savoir; vous aviez raison cela s'est avr tre une maldiction. Il aurait mieux valu que le cheval ne revienne pas. Maintenant votre fils restera estropi pour la vie"."N'allez pas si vite" dit le vieil homme, "attendez juste de voir ce qui va arriver. Dites seulement que mon fils s'est cass les jambes, c'est tout !"Or il arriva que quinze jours plus tard tous les jeunes hommes du village furent enrls de force dans l'arme car le pays entrait en guerre. Seul le fils du vieil homme ne fut pas pris car il tait infirme. Tous se runirent et lui dirent: "Nos fils sont partis ! Au moins vous avez votre fils. Peut-tre est-il estropi mais il est ici ! Nos fils sont partis et l'ennemi est beaucoup plus fort; ils vont tous prir. Dans notre vieillesse nous n'aurons personne pour s'occuper de nous, vous avez votre fils et peut-tre sera-t-il guri".Le vieil homme leur dit: "Dites seulement que vos fils ont t enrls, mon fils n'a pas t pris, mais n'en tirez aucune conclusion".Exposez seulement les faits; n'imaginez pas qu'il s'agit d'un malheur ou d'une bndiction. N'interprtez pas et soudain vous verrez que tout est beau.

28. L'Acceptation de Soi

L'Acceptation de Soi

La primevre sauvage dans le jardin du roi

Vous ne pouvez pas vous amliorer. Je ne dis pas qu'il ne peut pas y avoir d'amlioration, souvenez-vous; mais vous ne pouvez pas vous amliorer. Lorsque vous cessez de vous amliorer, la vie vous amliore. Dans cette relaxation, dans cette acceptation, la vie commence vous caresser, la vie commence couler travers vous. Personne d'autre ne vous a jamais ressembl et personne d'autre ne vous ressemblera jamais; vous tes tout simplement unique, incomparable. Acceptez cela, aimez-le, clbrez-le et dans cette vraie clbration vous commencerez voir le caractre unique des autres et leur beaut incomparable. L'amour n'est possible que lorsqu'il y a une acceptation profonde