Monographie choisy

Click here to load reader

  • date post

    12-Mar-2016
  • Category

    Documents

  • view

    222
  • download

    2

Embed Size (px)

description

monographie, creteil, mapie

Transcript of Monographie choisy

  • Comment prendre en charge diffremment des lves pour les aider se

    remobiliser dans leurs tudes ?

    Monographie rdige par deux professeurs du collge Henri Matisse de Choisy-Le-Roi, (94) Marion Qufelec

    professeure dhistoire-gographie et Bruno Fazio, professeurs de franais, avec la participation de Nadge Hamard

    professeure dhistoire-gographie.

    SOMMAIRE

    I Gense et objectif gnral du projet russite

    II Construction et mise en uvre du projet : sept tapes pour russir !

    1- Du reprage des lves ou polymorphie de lapprenant

    2- De lentretien individuel ou comment impliquer llve en amont de la squence

    3- Contractualiser ou comment impliquer les parents dans le projet

    4- De lesprit de la squence ou privilgier lintrt de llve

    a) Une ligne directrice souple

    b) Lcole nest pas un long chemin continu, ou de lintrt du retour en arrire

    5- Des paroles aux actes ou se souvenir des belles choses

    a) De quelques merveilles

    b) Faire face limprvu ou du bon usage de la technologie

    6- De limportance de la sortie scolaire

    a) Aller du connu vers linconnu avec nos lves

    b) Donner du sens son travail : de labstrait vers le concret

    7- Un projet ouvert ou une histoire sans fin

    III Bilan / Perspectives : un projet enrichissant ?

    1- Finesse et densit des squences au fil du temps

    2- Travailler par objectifs : quels bnfices pour nos lves ?

    3- Du ct du binme denseignants : une russite ?

    4- Un projet durable ?

  • COMMENT PRENDRE EN CHARGE DIFFEREMMENT

    DES ELEVES POUR LES AIDER A SE REMOBILISER DANS LEURS ETUDES ?

    Erwin, 12 ans, seconde session du projet

    Dans lducation, la notion dobstacle pdagogique est mconnue. Jai souvent t frapp du fait que

    les professeurs de sciences, plus encore que les autres, si cest possible, ne comprennent pas quon ne

    comprenne pas (). Les professeurs imaginent que lesprit commence comme une leon, quon peut

    toujours refaire une culture nonchalante en redoublant une classe, quon peut comprendre une

    dmonstration en la rptant point par point .

    Gaston Bachelard, La Formation de lesprit scientifique, Paris. 1971.

    I Gense et objectif gnral du projet russite

    Lors de lanne scolaire 2008-2009, la refonte du projet dtablissement a t loccasion dune rflexion

    gnrale sur les dispositifs existant dans notre collge. Etablissement class ZEP APV, le collge Henri Matisse

  • bnficie dheures de soutien, en particulier en mathmatiques et en franais, heures qui savrent indispensables

    pour venir en aide aux lves en difficult. De tels dispositifs doivent donc perdurer.

    Mais que faire des lves qui semblent perdus au quotidien ? De ceux qui, quel que soit le cours,

    pratiquement, se replient, sont dans le refus, sagitent parfois, ou se rfugient dans labsentisme ?

    Un groupe de professeurs enseignant dans diffrentes disciplines (lEPS, le franais, les mathmatiques, entre

    autres) sest propos de rflchir lors de diffrentes runions la question souleve par ces lves : la grande

    difficult .

    On se rendit compte assez vite quil ntait pas vident de sentendre sur cette notion : que recouvre-t-elle

    exactement ? Plusieurs rponses taient acceptables il sagite presque constamment, il ne dit mot en cours, il

    est souvent absent, ses rsultats sont particulirement faibles - do notre conclusion : ces lves cumulent des

    difficults. Or, que faire pour endiguer cette spirale ngative et viter un ventuel dcrochage scolaire ? Comme

    les cours strictement disciplinaires, mme effectifs rduits, semblent problmatiques pour eux, nous avons mis

    lhypothse que la rponse devait tre transversale : il sagira de travailler autrement en les veillant davantage la

    culture et en les aidant dans la matrise de la langue.

    Lors de nos runions, dautres constats furent dresss. Nous savons que ces lves sont fragiles. Pourtant,

    comme tous, ils sont capables de russir quelque chose qui se tient ; simplement, ils nont peut-tre pas

    toujours t mis dans les conditions de russir ce quelque chose . De l a jailli lide de construire un projet

    adapt ces lves. Il sagissait donc de crer quelque chose de neuf dans notre tablissement, une structure dont

    le but serait de prendre en charge diffremment des lves pour les remobiliser dans leurs tudes et leur

    redonner confiance en eux-mmes. Fallait-il pour cela les sortir de leur classe et constituer une sorte de classe-

    relais au sein du collge ? Non, car ce serait aller lencontre de ce que nous visons : ces lves doivent certes

    bnficier dun dispositif adapt, mais ce dernier doit justement favoriser leur russite lorsquils sont dans leur

    propre classe, quils doivent donc continuer de frquenter. Pour cette raison, nous avons pris cette dcision : btir

    un projet o lon sortira de leur classe deux heures par semaine des lves en grande difficult, pour quils suivent

    le projet russite, sans alourdir pour autant leur emploi du temps (cela serait risquer le trop-plein, sils ont peu

    dapptence pour la chose scolaire !).

    Par ailleurs, de la richesse de nos changes entre enseignants de diffrentes disciplines durant nos runions,

    de la complmentarit de nos observations pour construire ce projet, un des premiers leviers permettant la

    russite de nos lves a vu le jour : continuer de croiser nos regards in situ , savoir face aux lves durant les

    cours. Nous enseignerons donc en binme. Ce duo sera interdisciplinaire et accueillera un petit groupe dlves,

    au maximum huit. En pratique, deux enseignants en franais et en EPS auront la responsabilit du groupe 6e 5

    e,

    deux enseignants en mathmatiques et en histoire-gographie travailleront avec un groupe de 4e 3

    e.

    Dans le projet russite, la priorit est de redonner confiance ces lves, nous lavons dit, en sadaptant

    davantage leur rythme afin quils puissent raliser des travaux aboutis. In fine, nous avons fait le pari que prendre

    conscience pour un lve quil est capable de russir doit le conduire simpliquer plus que de coutume lorsquil

    retourne dans sa classe.

  • Nous nous proposons ici de rendre compte de la mise en uvre de ce projet, du chemin parcouru et des

    avances qui ont t ralises par chacun, lve ou enseignant.

    II Construction et mise en uvre du projet : sept tapes pour russir !

    Ce projet a lieu pour la troisime anne dans notre collge. Sur une anne scolaire, deux sessions sont

    organises : lune doctobre fin janvier, lautre de fvrier dbut juin. Chaque lve, lors dune session, suit onze

    sances de deux heures. Evidemment, ce projet a connu des ajustements, notamment suite quelques cueils

    rencontrs lors de sa cration.

    Ainsi, durant la premire anne, nos collgues du groupe 4e-3

    e ont tenu partir de la volont des lves :

    chacun pouvait dcider de ce sur quoi il voulait travailler. Seul le support de travail, rdiger un journal, fut dcid

    par les enseignants. Les garons se sont ports sur des biographies de sportifs (footballeurs, basketteurs), les filles

    sur la mode. Ce choix de partir des thmes qui intressaient les lves ne savra pas des plus judicieux : le travail

    effectu avec eux a t laborieux pour deux raisons notables :

    - ne pas avoir un thme commun a desservi la cohsion de groupe ; chaque lve devait tre gr individuellement

    et il tait impossible de former un groupe de travail uni ;

    - les lves connaissaient dj presque tout concernant leur thme ; les enseignants se sentaient destitus de leur

    fonction.

    Pour toutes les sessions suivantes, nos collgues de 4e-3

    e ont donc prdtermin des thmes prcis (lunivers,

    la couleur, locan), de sorte que le propos qui suit reflte un chemin commun emprunt par les enseignants des

    deux groupes : chaque session droule une squence sur un thme de travail lintitul assez large, qui

    favorise plusieurs entres possibles.

    1) Du reprage des lves ou polymorphie de lapprenant

    Nous avons signal plus haut quil y eut des changes contradictoires lorsquil sest agi de dfinir la grande

    difficult . Or, pour constituer nos groupes, il fallait trouver une koin, un langage commun qui puisse aider

    reprer les lves suivre de plus prs. Nous avons donc construit un outil, que lon espre simple dans son

    utilisation : une grille diagnostique. Celle-ci comprend une quinzaine ditems rpartis en quatre grandes entres qui

    passent en revue cet aspect que nous avons dj signal : llve en question cumule, au-del de rsultats faibles,

    les difficults.

    Items Prof

    principal : Prof 1 : Prof 2 :

    I ECRIT

    1. Lisibilit : llve ne sait pas crire lisiblement un

  • court texte.

    2. Syntaxe : llve ne sait pas formuler correctement

    une phrase simple.

    3. Llve ne comprend pas une phrase courte.

    II ORAL

    1. Llve ne sait pas lire correctement un texte

    simple et court.

    2. Prise de parole : llve ne sait pas se faire

    comprendre.

    3. Llve ne comprend pas les consignes simples.

    4. Prise de parole (bis) : llve ne sait pas adapter

    son langage la situation.

    5. Llve ne sexprime pas en classe.

    III LELEVE DURANT LE COURS

    1. Llve napporte presque jamais ses affaires.

    2. Llve ncrit pas le cours.

    3. Llve ne fait pas les exercices en classe.

    4. Llve est trop souvent absent.