METTRE FIN AU MARIAGE DES ENFANTS D’ICI 2030 ......y compris le mariage des enfants, le mariage...

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    13-Nov-2020
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  • Comment les gouvernements peuvent mettre fin au mariage des enfants à travers une action coordonnée plus rapide dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la protection et d’autres secteurs.

    METTRE FIN AU MARIAGE DES ENFANTS D’ICI 2030 : CINQ MESSAGES CLÉS À RETENIR Mettre fin au mariage des enfants constitue un défi transversal : la discrimination

    sexiste, associée à l’exposition à la violence et à un accès inégal aux soins de santé, à la nutrition et à l’éducation renforce (mais est aussi renforcée par) les risques qu’encourent les filles d’être mariées trop jeunes.

    À travers le monde, cependant, bien trop nombreux sont les gouvernements qui n’accordent pas une grande priorité au mariage des enfants et ne répondent pas efficacement à ce problème à travers des actions coordonnées dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la nutrition, de la protection, de l’économie et de la justice.

    Si nous n’agissons pas de toute urgence, 134 millions de filles seront mariées entre 2018 et 2030, dont près de 10 millions sur la seule année 2030, la cible concernant l’éradication du mariage des enfants fixée par les Objectifs de développement durable étant très mal partie pour être atteinte.

    Un changement est possible. Selon une nouvelle analyse effectuée par Save the Children, le fait de permettre aux filles du monde entier d’accéder à l’enseignement secondaire permettrait d’éviter 51 millions de mariages d’enfants d’ici 2030.

    Les gouvernements ont la possibilité de changer l’avenir de millions de filles – et de transformer ainsi leurs sociétés. Pour y parvenir, ils doivent s’attacher davantage à élaborer et à mettre en œuvre des plans d’action nationaux holistiques et multisectoriels visant à mettre fin au mariage des enfants, en assurant une coordination entre les ministères et les parties prenantes afin d’adopter des approches conjointes efficaces, s’attaquant aux causes profondes des inégalités entre les sexes.

    DOCUMENT D’ORIENTATION

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    ŒUVRER ENSEMBLE POUR METTRE FIN AU MARIAGE DES ENFANTS

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    Le mariage des enfants constitue une violation extrême des droits de l’enfant et une forme grave de maltraitance d’enfant 1. Il prive les filles de leur libre arbitre, de leur enfance, de leur bien-être et de leur potentiel. Les filles mariées trop jeunes sont contraintes d’avoir des relations physiques et émotionnelles pour lesquelles elles ne sont pas prêtes, qu’elles n’ont pas choisies et sur lesquelles elles n’ont guère de contrôle2. Il s’agit d’un acte de violence sexiste qui isole les filles et les expose à des maltraitances physiques, sexuelles et émotionnelles, ainsi qu’aux risques associés à une grossesse et un accouchement précoces.

    À l’heure actuelle dans le monde, 650 millions de femmes et de filles (soit une sur cinq) ont été mariées alors qu’elles étaient encore enfants3.

    Ce pourcentage est plus élevé dans certaines régions que dans d’autres. En Asie du Sud, 44 % des femmes et des filles ont été mariées avant 18 ans, et dans certains pays d’Afrique subsaharienne, les moyennes nationales excèdent 65 %4. Dans certaines régions, ces chiffres sont encore plus élevés au sein des pays et parmi certains groupes ethniques. Une analyse effectuée récemment par Save the Children révèle que plus d’un tiers (35 %) des mariages d’enfants concernent des filles issues de ménages parmi les 20 % les plus pauvres au monde5.

    En 2015, la communauté internationale s’est engagée à mettre fin au mariage des enfants d’ici 2030.

    L’Objectif de développement durable (ODD) no 5 concernant l’égalité entre les sexes impose d’éradiquer toutes les pratiques préjudiciables, y compris le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé6. Bien que l’on estime que l’accélération des progrès a permis d’éviter 25 millions de mariages d’enfants ces dix dernières années7, aucun pays n’est actuellement en passe d’atteindre cet objectif dans toutes les strates de la société d’ici 20308.

    POURQUOI NOUS DEVONS AGIR DÈS MAINTENANT

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    Si les tendances actuelles se poursuivent, 134 millions de filles supplémentaires seront mariées entre 2018 et 2030, dont près de 10 millions sur la seule année 2030, et deux millions d’entre elles auront moins de 15 ans.

    Ces filles seront très probablement issues de foyers pauvres. Pour atteindre la cible des ODD, l’accélération des progrès doit être multipliée par 13 pour les filles grandissant dans les ménages parmi les 20 % les plus pauvres9.

    Un trop grand nombre de filles est toujours gravement exposé aux grossesses précoces et à la maltraitance physique et psychologique.

    Elles sont privées de leurs droits à l’éducation, à la protection et à l’autonomisation leur permettant d’influencer les décisions qui concernent leur vie. Les enfants mariées sont souvent contraintes d’épouser un homme plus âgé et se retrouvent dans une relation qui ne leur offre ni le statut ni les connaissances nécessaires pour négocier des pratiques sexuelles et contraceptives sans danger. Le mariage des enfants expose les filles à des risques de violence de la part de leur belle-famille, de VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles, ainsi qu’à des grossesses précoces. Les complications des grossesses et des accouchements sont les principales causes de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans10. Les bébés nés de femmes et de filles mariées étant enfants ont davantage de risques de souffrir de malnutrition et de sous-développement, perpétuant souvent le cycle de la pauvreté d’une génération à l’autre11.

    Les inégalités entre les sexes constituent une cause profonde du mariage des enfants.

    Si nous ne nous attaquons pas aux inégalités qui engendrent les risques de mariage des enfants, nous ne parviendrons pas à éradiquer cette pratique, ni à aider réellement les filles mariées à exploiter leur potentiel. Le rôle attribué aux filles, qui les empêche de générer des revenus, ainsi que les traditions telles que le prix de la fiancée et le paiement de la dot, créent un lien étroit entre le mariage et la sécurité financière des filles et de leur famille. Les obstacles empêchant l’accès aux soins de santé essentiels, aux moyens de subsistance économiques, à la nutrition et aux services d’éducation doivent être éliminés ; les normes sociales qui limitent les possibilités pour les filles et les exposent à la violence doivent évoluer ; les filles elles-mêmes doivent être autonomisées pour être capables de forger les décisions qui concernent leur vie.

    L’éradication du mariage des enfants permettrait aux pays les plus touchés d’économiser des milliards de dollars.

    Selon les modélisations effectuées, l’incapacité à éradiquer le mariage des enfants d’ici 2030 coûtera plusieurs trillions de dollars à l’économie mondiale12. En revanche, un succès en la matière aura des effets multiplicateurs13 : les pays affichant les plus forts taux de mariages d’enfants pourraient économiser des milliards de dollars sur les budgets consacrés aux services sociaux et à l’éducation grâce à une hausse des revenus, parallèlement aux avantages humains et économiques d’une réduction de la mortalité infantile, du retard de croissance et des naissances prématurées14.

    L’éradication du mariage des enfants impose que les différents secteurs collaborent, au profit de tous.

    À mesure que les taux de mariages d’enfants diminueront, les économies et la croissance réalisées par le pays permettront de consacrer davantage de ressources nationales au développement humain et économique et permettront aux gouvernements de faire un pas de plus dans la réalisation de divers objectifs de développement nationaux, régionaux et mondiaux. Une collaboration entre les différents secteurs doit être mise en place de toute urgence pour mettre fin au mariage des enfants et offrir aux filles mariées la possibilité d’exploiter leur potentiel.

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    Une école primaire à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria

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    Les chantiers mis en œuvre à ce jour pour mettre fin au mariage des enfants ont été cloisonnés et relégués à des ministères en retrait, qui manquent de ressources. La nécessité d’unir les efforts des différents secteurs pour bâtir des interventions qui s’attaquent aux différentes causes et conséquences du mariage des enfants devient de plus en plus évidente. Ces interventions ne sont cependant pas mises en œuvre à l’échelle adéquate. Pour pouvoir apporter des réponses multisectorielles, les gouvernements doivent faire preuve de leadership, coordonner le travail des différents services et organismes et agir plus vite pour respecter les délais nationaux, régionaux et internationaux visant l’éradication du mariage des enfants.

    À QUOI RESSEMBLE UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE DU MARIAGE DES ENFANTS ?

    Une approche multisectorielle visant à mettre fin au mariage des enfants rassemble des ministères gouvernementaux, des prestataires de services et des groupes communautaires pour étudier les différentes causes et conséquences du mariage des enfants et prendre des décisions sur la façon de s’y attaquer. L’élaboration d’un plan d’action national constitue un premier pas décisif permettant aux gouvernements de coordonner les chantiers des différents secteurs et de s’assurer que chacun d’entre eux dispose des fonds nécessaires pour intervenir efficacement.

    Une réponse multisectorielle au problème du mariage des enfants doit être définie en fonction du contexte national et communautaire. Elle doit impliquer des acteurs des secteurs suivants :• santé• justice• éducation• protection des enfants• démocratie, droits et gouvernance• croissance économique, moyens de subsistance

    et développement de la main-d’œuvre• crises et conflits humanitaires• sécurité alimentaire et nutrition• agriculture et environnement

    • violence sexiste• participation des jeunes et autonomisation

    des filles.

    POURQUOI ET COMMENT LES DIFFÉRENTS SECTEURS DOIVENT-ILS UNIR LEURS FORCES ?

    Un trop grand nombre d’interventions visant à mettre fin au mariage des enfants ont été mises sur pied sans aucune coordination entre les différents secteurs et ministères gouvernementaux. Les causes et les conséquences du mariage des enfants s’entrecroisent sur les différents secteurs, lesquels doivent donc travailler ensemble. L’implication des communautés, l’évolution des normes sociales et la protection (y compris la protection sociale), par exemple, sont indispensables pour soutenir des interventions au niveau de la réforme juridique, de l’éducation et de la santé. Les deux tiers des mariages d’enfants (soit environ 7,5 millions de mariages ou 20 000 enfants chaque année) ont lieu en deçà de l’âge minimum autorisé par la loi15. Des lois peu appliquées, une déconnexion due aux traditions et aux croyances, ainsi que la perception de la protection financière et de la protection contre la violence d’étrangers associées au mariage des enfants affaiblissent les lois nationales visant à lutter contre cette pratique.

    UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE : QUOI ? POURQUOI ? COMMENT ?

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    Un solide leadership centralisé est indispensable pour réunir les divers secteurs. La responsabilité des interventions de lutte contre le mariage des enfants a jusqu’ici été généralement confiée à des ministères peu en vue, comme ceux en charge des femmes et des enfants. Ces ministères ne possèdent souvent pas le pouvoir de mobilisation, le budget et le mandat nécessaires pour coordonner des réponses intergouvernementales. La gestion de réponses multisectorielles requiert l’implication de ministères plus puissants, notamment celui des Finances, pour garantir que tous les secteurs concernés sont dotés de fonds équitables et adéquats pour concevoir, influencer et apporter leurs réponses dans le cadre d’une réponse coordonnée.

    Le mariage des enfants doit être au cœur des plans et des politiques de développement nationaux. Des plans d’action nationaux visant à mettre fin au mariage des enfants et à répondre aux besoins des filles mariées sont indispensables pour permettre de mener différentes interventions dirigées par différents secteurs qui s’entraident. En supervisant la distribution des fonds et les ressources humaines et en offrant des plateformes de partage d’informations, les plans d’action nationaux permettent de mener des interventions

    efficaces. Ces dernières s’accompagnent d’une plus grande redevabilité, avec une hiérarchie des responsabilités, des indicateurs et des processus de suivi et de transmission de rapports clairement définis.

    La campagne de l’Union africaine (UA) pour mettre fin au mariage des enfants a permis d’accomplir d’importants progrès, mais il reste encore beaucoup à faire, y compris dans d’autres régions16. Dans le cadre de cette campagne et de la Position commune adoptée en 2015, les membres de l’UA se sont engagés à mettre en œuvre des plans d’action nationaux visant à coordonner des réponses multisectorielles pour mettre fin au mariage des enfants17. Les pays qui ont élaboré des plans d’action doivent impérativement accélérer leur mise en œuvre et les autres pays doivent s’efforcer de rattraper leur retard, en élaborant et en finançant leurs propres plans d’action. Cette campagne de l’UA a créé un nouvel élan et a montré la voie à suivre aux pays africains (voir encadré 1). L’approche multisectorielle coordonnée qu’elle prône, incluant un solide leadership central par le biais de plans d’action nationaux, devrait être adaptée par d’autres régions et pays.

    Encadré 1 : Un modèle continentalLa Campagne de l’UA pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique appelle à une coordination multisectorielle par le biais :• de plans d’action nationaux• d’une réforme législative visant à consacrer

    les droits de l’homme contre le mariage des enfants dans les lois et les politiques nationales

    • de programmes• d’investissements destinés à faciliter l’accès

    aux services essentiels, notamment à la santé sexuelle et génésique et à l’éducation18.

    En 2017, le Comité technique spécialisé de l’UA sur le développement social, le travail et l’emploi a appelé les membres à redoubler

    d’efforts pour mettre en œuvre un mécanisme de surveillance et de suivi de haut niveau de l’UA permettant d’évaluer les progrès19. En 2018, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a tenu une séance publique sur le thème de l’éradication du mariage des enfants en Afrique et a souligné le besoin pour les États membres de développer des approches exhaustives, multipartites et coordonnées et d’impliquer les chefs communautaires et traditionnels, le gouvernement, les forces de l’ordre, les enseignants, les travailleurs sociaux, la société civile, les médias et le secteur privé20.

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    Nous avons effectué une nouvelle analyse des liens entre le mariage des enfants et l’éducation. Nos résultats indiquent qu’il est capital d’aider les filles à accéder à une éducation de qualité et à rester scolarisées : l’accès universel à l’enseignement secondaire pour les filles permettrait d’empêcher 51 millions de mariages d’enfants d’ici 2030.

    LES CONSTATATIONS TIRÉES DE NOS RECHERCHES

    Si nous n’agissons pas plus vite pour atteindre une éducation universelle et mettre fin au mariage des enfants :

    • 6,7 millions de filles ne termineront pas leurs études primaires en 2030, et encore moins leurs études secondaires.

    • 134 millions de filles seront mariées entre 2018 et la date butoir des ODD.

    • 10 millions de filles seront mariées sur la seule année 2030 et deux millions d’entre elles auront moins de 15 ans.

    • À peine 4 % des filles mariées âgées de 15 à 18 ans sont scolarisées. Et 87 % de l’ensemble des filles mariées dans cette tranche d’âge sont déscolarisées. Ces deux chiffres montrent que l’éducation constitue un point d’entrée important pour les interventions visant à mettre fin au mariage des enfants et à améliorer la situation des filles déjà mariées.

    • 51 millions de mariages d’enfants pourraient être empêchés d’ici 2030 grâce à l’accès universel à l’enseignement secondaire.

    • Les interventions d’éducation et d’autonomisation sont parmi les meilleurs moyens de réduire le nombre de mariages d’enfants (voir page 8).

    ÉDUCATION ET MARIAGE DES ENFANTS : QUELS SONT LES LIENS ?

    MÉTHODE DE RECHERCHE

    Nous avons analysé des données issues des enquêtes démographiques et de santé (EDS) et des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (EGIM) concernant 67 pays, afin de déterminer les probabilités qu’une fille soit à la fois mariée et scolarisée21.

    Nos constatations mettent en avant une forte corrélation entre la déscolarisation et le mariage, ainsi qu’entre la scolarisation et l’absence de mariage (voir ci-dessus). Elles ne montrent pas de lien de cause à effet, mais indiquent que l’éducation constitue un point d’entrée important pour les interventions.

    En nous basant sur les progrès escomptés pour atteindre la cible liée au mariage des enfants dans le cadre de l’ODD 5 tirées de notre base de données sur les groupes et les inégalités (GRID)22, nous avons pu projeter la réduction du nombre de mariages d’enfants qui pourrait être atteinte grâce à un enseignement secondaire universel, en supposant que les probabilités d’être mariée et de rester scolarisée restent constantes, à 4 %23. La figure 1 repose sur des données mondiales ; les figures 2 et 3 présentent des moyennes pour les deux régions les plus touchées par le mariage des enfants, à savoir l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud.

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    FIGURE 1 L’ACCÈS UNIVERSEL À L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE POUR LES FILLES PERMETTRAIT D’ÉVITER 51 MILLIONS DE MARIAGES D’ENFANTS D’ICI 2030.

    FIGURE 2 L’ACCÈS UNIVERSEL À L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE POUR LES FILLES PERMETTRAIT D’ÉVITER 21,9 MILLIONS DE MARIAGES D’ENFANTS D’ICI 2030 EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE.

    FIGURE 3 L’ACCÈS UNIVERSEL À L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE POUR LES FILLES PERMETTRAIT D’ÉVITER 15,4 MILLIONS DE MARIAGES D’ENFANTS D’ICI 2030 EN ASIE DU SUD.

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    Source : calculs effectués par Save the Children.

    Source : calculs effectués par Save the Children. Sur la base de 36 des 48 pays d’Afrique subsaharienne.

    Source : calculs effectués par Save the Children. Sur la base de six des huit pays d’Asie du Sud.

    Tendance et projection des mariages d’enfants si l’on poursuit sur la lancée actuelle

    Projection en cas de concrétisation d’un enseignement secondaire universel d’ici 2030

    Nombre de mariages d’enfants évités entre 2018 et 2030

    Tendance et projection des mariages d’enfants si l’on poursuit sur la lancée actuelle

    Projection en cas de concrétisation d’un enseignement secondaire universel d’ici 2030

    Nombre de mariages d’enfants évités entre 2018 et 2030

    Tendance et projection des mariages d’enfants si l’on poursuit sur la lancée actuelle

    Projection en cas de concrétisation d’un enseignement secondaire universel d’ici 2030

    Nombre de mariages d’enfants évités entre 2018 et 2030

    ÉDUCATION ET MARIAGE DES ENFANTS : L’HORIZON 2030

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    Le mariage des enfants et l’éducation des filles : un lien à double sens

    La déscolarisation accroît les risques de mariage pour les filles et la pression exercée sur ces dernières pour les pousser à se marier pour des raisons culturelles et économiques augmente également les taux d’abandon des études24. Les filles déscolarisées auront davantage tendance à se marier. Un lien peut être établi entre le temps passé hors de l’école et l’augmentation de l’exposition à la violence et à des taux plus élevés de grossesses précoces25. Les parents de filles déscolarisées considèrent parfois le mariage comme un moyen de protéger leur fille contre la violence des étrangers, d’améliorer leur sécurité financière ou de réduire les risques qu’elle tombe enceinte en dehors du mariage, avec la stigmatisation que cela engendre26.

    De nombreuses raisons poussent les filles à abandonner leurs études secondaires.

    Ces raisons incluent le mariage des enfants, les grossesses précoces (entraînant souvent une expulsion), le coût de l’enseignement, des livres et des uniformes, les risques de violence sur le chemin de l’école, un enseignement de piètre qualité, le manque d’accès à des installations sanitaires appropriées, de mauvais résultats scolaires, la faible pertinence de l’enseignement par rapport aux opportunités de subsistance disponibles, un manque d’intérêt pour les études, et un intérêt à se marier27. Ces facteurs peuvent se chevaucher (voir encadré 2) et certains seront plus persuasifs que d’autres, selon le contexte. Les filles déplacées ou vivant dans des contextes humanitaires encourent des risques supplémentaires de mariage d’enfants, à cause notamment d’un accès restreint à un enseignement scolaire sécurisé (voir encadré 3).

    Bon nombre des raisons qui poussent les filles à abandonner leurs études sont liées aux inégalités entre les sexes.

    Les normes sociales et les rôles restrictifs attribués aux femmes et aux filles, qui limitent l’accès de ces dernières aux services et aux opportunités, alimentent la réflexion sur l’importance des filles, de leur éducation et de la nécessité de retarder le mariage. Le système éducatif renforce trop souvent ces normes, au lieu d’enseigner l’égalité des sexes et d’autonomiser les filles. L’abandon prématuré des études qui s’ensuit contribue à un cycle de

    dépendance économique perpétuelle, qui diminue encore davantage l’importance d’éduquer les filles et renforce les avantages du mariage des enfants.

    ÉDUQUER LES FILLES ET METTRE FIN AU MARIAGE DES ENFANTS : CE QUI FONCTIONNE, D’APRÈS NOTRE EXPÉRIENCE

    Les interventions d’éducation et d’autonomisation ont été évaluées comme étant les meilleurs moyens de réduire le nombre de mariages d’enfants28.

    Les interventions d’autonomisation incluent des programmes destinés à faire évoluer les normes sociales. Par exemple, le programme Choices, Voices, and Promises (Des choix, des voix et des promesses) de Save the Children œuvre auprès de tous les adolescents, filles et garçons, pour :• les aider à démêler les normes sociales

    discriminatoires qui sont à l’origine des pratiques préjudiciables telles que le mariage des enfants ;

    • bâtir des alliances pour l’éducation des filles ;• retarder le mariage des enfants en plaidant

    leur cause auprès des parents et en prônant le partage des tâches ménagères (qui laissent moins de temps aux filles pour étudier et peuvent aboutir à leur déscolarisation)29 ;

    Les interventions incitatives et de transfert de biens visant à permettre aux familles de laisser leurs filles terminer leurs études secondaires, ou les incitant à agir dans ce sens, ont également contribué efficacement à la réduction du mariage des enfants. Selon les recherches, les transferts sous conditions visant à inciter la scolarisation sont plus efficaces chez les jeunes adolescentes, tandis que les incitations à retarder le mariage (en offrant par exemple de l’huile de cuisine pour chaque année durant laquelle une fille n’est pas mariée) fonctionnent mieux avec les adolescentes plus âgées30.

    Des recherches menées par Save the Children recommandent d’orienter les réponses humanitaires de façon à permettre aux filles de retourner à l’école le plus vite possible après une crise aiguë31. Pour ce faire, les programmes devraient prévoir des incitations à la scolarisation et réduire les obstacles tels que la langue, le transport et les problèmes de sécurité, notamment dans les contextes de déplacement, afin que davantage de filles puissent accéder à l’éducation32.

    Il est nécessaire d’effectuer d’autres recherches et d’améliorer la collecte et le partage des données

  • Encadré 2 : L’histoire de Maria : une conjugaison de facteurs à l’origine d’une exclusion et d’un mariage d’enfantLe récit qui suit est extrait d’un entretien effectué en vue d’un prochain rapport sur un projet de cartographie de l’exclusion mené par Save the Children en Tanzanie. Les expériences de Maria illustrent les conséquences d’un ensemble de privations sur les risques de mariage d’enfant et sur les effets de ce dernier, y compris les impacts imparfaits des lois et l’évolution des normes sociales autour du mariage dans le contexte des inégalités entre les sexes et d’options de vie limitées.

    Maria a quitté l’école primaire car elle avait des problèmes de vue et ses parents, alcooliques, n’avaient pas les moyens de lui acheter des lunettes. À l’âge de 15 ans, avec le consentement de ses parents, elle a épousé un homme de 45 ans, en espérant qu’il subviendrait à ses besoins.

    Peu de temps après avoir emménagé chez son mari, Maria est tombée enceinte et son mari a

    commencé à la maltraiter, et notamment à la frapper. Quelque temps plus tard, il l’a mise à la porte. Il a tout d’abord nié être le père de l’enfant qu’elle portait, mais après que les parents de Maria ont menacé de le dénoncer à la police, il a accepté ses responsabilités. Il a toutefois continué à frapper Maria chaque fois qu’elle lui demandait de l’aide.

    Maria a donné naissance à une petite fille. Aujourd’hui âgée de 17 ans, elle vit chez ses parents avec sa fille, qui a des problèmes de santé.

    Maria ne sait ni lire ni écrire ; elle est stigmatisée par l’ensemble de sa communauté à cause de son albinisme et parce qu’elle s’est mariée jeune.

    « J’aimerais retourner à l’école si j’en ai l’occasion », confie-t-elle. « J’ai honte de ne pas savoir lire ni écrire. Je veux aider mon enfant à avoir une vie meilleure, mais je ne trouve pas de travail à cause de ma situation. »

    Encadré 3 : Faire évoluer les normes sociales pour les enfants qui fuient les conflits : l’expérience de SarahNos programmes destinés aux familles qui demandent l’asile en Jordanie apportent un soutien psychosocial aux enfants qui ont vécu des expériences traumatisantes. Nous menons également des activités visant à autonomiser les filles et les mères, et à les aider à remettre en question certaines normes sociales, afin d’encourager et d’aider les filles à reprendre leurs études et à repousser le mariage.

    Après avoir fui la guerre en Syrie avec sa famille, Sarah, 17 ans, a été déscolarisée pendant deux ans, après les expériences traumatisantes qu’elle a vécues. Elle s’est fiancée et espérait que ce

    mariage l’aiderait à atténuer sa souffrance psychologique et à réduire les difficultés financières de sa famille.

    Sa mère l’a emmenée auprès des équipes de Save the Children, qui lui ont prodigué des soins psychosociaux et lui ont offert une aide financière pour reprendre ses études. Sarah et sa mère ont également assisté à des séances de sensibilisation sur les droits de l’enfant et l’égalité des sexes. Sarah a décidé de rompre ses fiançailles. Elle a également choisi de reprendre ses études afin d’assurer son propre avenir financier.

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    pour mieux comprendre le mariage des enfants dans les contextes humanitaires. Les recherches effectuées à ce jour recommandent d’identifier, lors des évaluations initiales des crises aiguës, les

    facteurs préexistants du mariage des enfants ainsi que les nouveaux facteurs de risques et d’intégrer les interventions de façon à lutter contre le mariage des enfants dans le cadre des réponses humanitaires.

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    UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE DE L’ÉDUCATION DES FILLES ET DE L’ÉRADICATION DU MARIAGE DES ENFANTS : DE QUOI A-T-ON BESOIN ET POURQUOI ?

    La suppression des obstacles à l’éducation et des causes de déscolarisation requiert des interventions qui s’attaquent à bon nombre de ces mêmes inégalités qui encouragent le mariage des enfants.

    Ces inégalités incluent les normes sociales qui renforcent (et sont renforcées par) les inégalités entre les sexes, la pauvreté, les risques de violence, ainsi que des services de santé, de nutrition, d’eau et d’assainissement inadéquats. La réduction du mariage des enfants permettra également aux pays de faire un pas de plus vers la concrétisation d’un enseignement secondaire universel.

    Pour mener à bien leurs études, les filles doivent posséder les bonnes bases pour apprendre.

    Elles doivent être en sécurité, bien nourries et en bonne santé pour pouvoir apprendre. Les interventions d’éducation devraient aller de pair avec des services de santé et de nutrition afin que les filles soient suffisamment en bonne santé pour aller à l’école et participer activement en classe. Il faut également s’attaquer aux obstacles structurels tels que la pauvreté, ainsi qu’aux lois, aux normes

    sociales et aux risques qui limitent la liberté de mouvement des filles ; il est indispensable d’impliquer les programmes de sécurité publique et le secteur de la justice pour s’assurer que les filles sont en sécurité sur le chemin de l’école.

    Toutes les filles doivent avoir accès à un enseignement primaire et secondaire de qualité.

    Cela requiert de mettre fin aux suspensions et aux expulsions des filles enceintes et de proposer des solutions pour favoriser la poursuite des études, le rattrapage du retard et le retour à l’école pour les filles qui ont eu un bébé. Les interventions d’éducation devraient promouvoir des cibles pour les adolescentes dans le cadre de l’ODD 4, notamment dispenser des cours couvrant de manière exhaustive l’éducation sexuelle, les inégalités entre les sexes et les droits de l’homme.

    Les écoles devraient être un lieu d’autonomisation des filles.

    Les écoles doivent offrir aux filles de meilleures opportunités à court et à long terme qu’un abandon précoce. Elles doivent être soutenues pour pouvoir dispenser un enseignement de qualité qui améliore l’indépendance économique des filles en alimentant les opportunités de subsistance et en leur donnant les moyens de participer au sein de leur communauté. Cela doit s’accompagner d’une évolution des normes sociales. Les normes de genre doivent changer, pour accorder de l’importance aux filles et à leur éducation, et pour empêcher toute déscolarisation précoce due à un mariage d’enfant ou à la responsabilité de prise en charge du foyer qui incombe souvent aux filles en raison de l’absence de services de protection sociale et de soutien.

    La réussite dans tous ces domaines passe par une réponse multisectorielle.

    Les secteurs de la justice, de l’éducation, de la santé, des finances et de la protection sociale, ainsi que les chefs communautaires et religieux, les responsables politiques, la société civile, les acteurs internationaux et les défenseurs de l’enfant, doivent tous être impliqués. Coordonner une action efficace avec un si grand nombre d’acteurs demande un solide leadership, soutenu par un financement adéquat ; les ministères des Finances et de solides plans d’action nationaux jouent un rôle capital.

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    Alyne dans une école de fortune, dans la région du Kasaï frappée par les conflits, en République démocratique du Congo

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    La gestion de réponses multisectorielles présente de nouveaux défis en termes de coordination, d’allocation de ressources, de suivi et de transmission de rapports, ainsi que pour s’assurer d’avoir toute l’expertise nécessaire. Un solide leadership politique est indispensable pour rassembler les divers secteurs.

    Les réponses multisectorielles au mariage des enfants peuvent être facilitées et soutenues par des plans d’action nationaux qui permettent une coordination et une mise en œuvre efficaces. Ces plans doivent être soutenus par :• des partenariats diversifiés pour impliquer

    les principaux acteurs dans les divers secteurs,

    y compris les chefs communautaires, religieux et traditionnels, et des organisations de défense des droits des femmes bien implantées33.

    • des financements équitables et adéquats pour accomplir les progrès ambitieux imposés par les ODD et par l’engagement de l’UA à mettre fin au mariage des enfants34. Les problèmes

    GESTION DES RÉPONSES MULTISECTORIELLES : CE QUI FONCTIONNE

    Encadré 4 : Impliquer divers partenaires pour élaborer des solutions spécifiques au contexte visant à mettre fin au mariage des enfantsDans les pays d’Amérique latine, le mariage des enfants est souvent une réponse aux grossesses précoces. De ce fait, l’autonomisation à travers une amélioration de l’accès aux services de santé sexuelle et génésique et une éducation sexuelle exhaustive constitue une intervention importante pour réduire le mariage des enfants et les unions de fait qui exposent les filles à des risques similaires, y compris la violence conjugale. À travers leurs réponses à cette violence, Save the Children et d’autres défenseurs des filles ont été amenés à impliquer le secteur de la justice et des organisations de défense des droits des femmes ayant de l’expérience en matière de plaidoyer dans la lutte contre la violence sexuelle et sexiste.

    La solidité des lois interdisant le mariage des enfants en vertu de la Convention

    américaine relative aux droits de l’homme permet de combattre les menaces qui pèsent sur ces protections en entamant des procès. Save the Children Mexico a contesté les exceptions prévues par les lois sur le mariage des enfants sous la forme d’une requête amicus curiae (qui signifie littéralement « amis de la cour ») auprès de la Cour suprême (https://www.savethechildren.mx/sci-mx/media/documentos/10-11-17_Amicus_Curiae_final.pdf). La violence des gangs qui gangrène certains pays d’Amérique latine et alimente la violence à l’encontre des filles a également généré des réponses qui se sont appuyées sur les enseignements tirés par les défenseurs des filles intervenant dans des contextes humanitaires, notamment à travers un engagement auprès de la Fondation Malala.

    https://www.savethechildren.mx/sci-mx/media/documentos/10-11-17_Amicus_Curiae_final.pdfhttps://www.savethechildren.mx/sci-mx/media/documentos/10-11-17_Amicus_Curiae_final.pdf

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    Encadré 5 : Impliquer les communautés, quand les lois ne suffisent pasAu Népal, le mariage des enfants est illégal depuis 1963 mais est toujours pratiqué, en particulier au sein des communautés pauvres et rurales. En 2015, Save the Children Nepal a élaboré une réponse associant des interventions politiques, de plaidoyer et de programmes à composantes multiples, en coopérant étroitement avec les structures gouvernementales locales dans les secteurs de la justice, de l’éducation et de la protection des enfants.

    Une évaluation de ce programme dans neuf districts a permis de constater une baisse de 11 % du taux de mariages d’enfants, qui est passé de 37 % à 26 % entre 2015 et 2017. Le projet a mobilisé des prestataires de services,

    des policiers, des chefs religieux, des filles, les médias et les communautés. Parmi les initiatives de sensibilisation des communautés, on a pu voir des pièces de théâtre de rue écrites et jouées par des enfants et des auditions publiques dirigées par une équipe communautaire de journalistes indépendants, un réseau de clubs d’enfants et des comités de protection des enfants des villages. Une ligne d’assistance téléphonique et une page Facebook permettant de porter plainte auprès de la police et de la Commission de protection sociale des enfants du district avaient permis d’éviter 115 mariages au moment de l’évaluation. Les prêtres ont été mobilisés pour identifier et refuser les mariages d’enfants proposés.

    touchant les filles et le mariage des enfants sont trop souvent sous-financés, de trop courte durée pour pouvoir en démontrer l’impact et souvent relégués à des ministères peu prioritaires. Selon les recherches, les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par les baisses des revenus gouvernementaux et des investissements publics35. Les ministres des Finances doivent défendre la cause des filles et de l’éradication du mariage des enfants. L’APD et les accords de prêts doivent autoriser des financements et des rapports qui permettent d’exécuter des programmes à long terme avec de multiples composantes dirigées par les partenaires dans les différents secteurs.

    • une redevabilité pour s’assurer que les programmes dispensés sont de qualité et que le renforcement des lois et des politiques se traduit par une amélioration des résultats pour les femmes et les filles. Mettre les dirigeants, les donateurs et les institutions face à leurs responsabilités nécessite d’instaurer des mécanismes de redevabilité inclusifs et participatifs, ainsi qu’un suivi et des rapports transparents sur les progrès accomplis. Les programmes d’éducation et d’autonomisation sont indispensables pour s’assurer que les femmes et les filles savent quels sont leurs droits

    et parviennent à accéder aux mécanismes de redevabilité.

    • Des environnements juridiques et politiques propices, associés à l’implication de multiples parties prenantes. Les initiatives devraient viser une harmonisation des lois nationales et infranationales, en fixant l’âge minimum légal du mariage à 18 ans. Elles devraient également inciter les communautés et les chefs religieux et traditionnels à prôner les changements sociaux et comportementaux nécessaires à la bonne application de ces lois. Des changements réglementaires, obligeant par exemple à déclarer les naissances et supprimant les obstacles dans ce domaine, peuvent permettre de détecter et d’empêcher les mariages d’enfants envisagés.

    • Des réponses humanitaires qui s’attaquent au mariage des enfants. La prévention du mariage des enfants et les réponses en ce sens devraient faire partie de toutes les réponses humanitaires, afin que les évaluations initiales s’attachent à détecter les facteurs de risques et que des interventions appropriées soient menées durant les différentes phases de redressement. Répondre aux besoins des filles dans les contextes humanitaires nécessite de solides partenariats pour rétablir les services de justice,

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    Coup de projecteur : empêcher et intervenir contre les mariages d’enfants dans les contextes humanitairesLes filles vivant dans des contextes humanitaires et fragiles sont exposées à davantage de facteurs de risques de mariages d’enfants. Les contextes humanitaires font partie des quelques domaines dans lesquels le nombre de mariages d’enfants augmente, au lieu de baisser. Un faisceau de preuves grandissant indique que les taux de mariages d’enfants augmentent durant les crises humanitaires et dans les zones touchées par des conflits, mais il existe peu de données pouvant étayer cette affirmation37. Il est difficile de recueillir des données dans les contextes humanitaires et on constate actuellement un manque cruel de données sur le mariage des enfants.

    Il existe des facteurs de risques associés à des taux plus élevés de mariages d’enfants, qui sont souvent renforcés dans les contextes humanitaires : la pauvreté, l’insécurité et l’absence de services essentiels de qualité sont tous des facteurs qui contribuent au mariage des enfants38. Les faibles ressources, les opportunités d’emploi limitées pour les parents, les soignants et les jeunes en âge de travailler, ainsi que l’absence de mécanismes de protection poussent souvent les familles à arranger un mariage pour leurs filles afin de soulager le fardeau qui pèse sur le ménage et d’obtenir le paiement d’une dot39. Durant les crises humanitaires, les filles sont également très exposées à la violence, y compris aux agressions sexuelles et aux viols40.

    Cette vulnérabilité accrue peut pousser les familles à considérer le mariage comme un moyen de protéger leur fille, y compris contre la stigmatisation parfois associée aux victimes de violence sexuelle et aux relations sexuelles en dehors du mariage41. Lorsque les systèmes juridiques et répressifs sont inadéquats, se sont effondrés ou sont surchargés, les familles considèrent le mariage comme le meilleur moyen de protéger les filles, créant ainsi un faux choix entre la violence des étrangers et le mariage42.

    En 2017, le Conseil des droits de l’homme a adopté une résolution sur les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés dans les situations de crise humanitaire, appelant notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à créer un « portail Web permettant de rassembler et de compiler les informations concernant les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, notamment dans les situations de crise humanitaire »43. Ce portail est désormais opérationnel (https://www.ohchr.org/en/issues/ women/wrgs/pages/childmarriage.aspx), mais d’autres recherches sur les situations humanitaires doivent être effectuées pour bâtir un faisceau de preuves, parallèlement à un recueil et une publication plus systématiques des données sur les taux de mariages d’enfants. Le soutien et l’investissement des gouvernements, des donateurs et des institutions sont indispensables.

    d’éducation, de santé et de protection sociale essentiels, y compris un soutien psychosocial. Dans les environnements humanitaires, les parents marient parfois leurs filles pour les protéger contre la violence des étrangers ; veiller à ce que les filles ne soient pas exposées à une violence sexiste en dehors de chez elles constitue donc un pas essentiel dans l’éradication

    du mariage des enfants. Une aide économique devrait être apportée pour réduire les obstacles qui empêchent l’utilisation des services et les communautés devraient être mobilisées pour s’élever contre le mariage des enfants, notamment à travers des programmes d’autonomisation destinés aux enfants36.

    https://www.ohchr.org/en/issues/women/wrgs/pages/childmarriage.aspxhttps://www.ohchr.org/en/issues/women/wrgs/pages/childmarriage.aspx

  • Il est capital d’institutionnaliser le leadership et la coordination au plus haut niveau pour apporter des réponses multisectorielles visant à mettre fin au mariage des enfants et à répondre aux besoins des filles mariées.

    Les États doivent redoubler d’efforts pour élaborer et mettre en œuvre aussi vite que possible des plans d’action multisectoriels nationaux visant à mettre fin au mariage des enfants.

    Ces plans doivent :

    • être financés intégralement et de manière équitable.

    • être soutenus par des mécanismes de redevabilité, y compris des procédures de suivi et de transmission de rapports, et des environnements juridiques et politiques favorables.

    • intégrer un solide volet sur l’éducation, parallèlement à des interventions nutritionnelles, sanitaires et de protection essentielles. Les interventions sur l’éducation doivent :– promouvoir des cibles pour les filles

    en matière d’éducation conformément à l’ODD 4, y compris un accès universel à un enseignement secondaire gratuit, l’obligation de dispenser une éducation sexuelle exhaustive et un programme scolaire qui couvre l’égalité entre les sexes et les droits de l’homme.

    – faire évoluer les normes sociales pour accroître l’importance accordée aux filles et à leur éducation.

    – aller de pair avec des interventions sanitaires et nutritionnelles afin que les filles soient suffisamment en bonne santé pour aller à l’école et apprendre, ainsi que des interventions de sécurité publique pour permettre aux filles d’aller à l’école en toute sécurité.

    – s’assurer que les écoles offrent aux filles une meilleure alternative au mariage en leur donnant les moyens de mettre les dirigeants face à leurs responsabilités et d’accéder à des opportunités de subsistance qui renforcent leur indépendance économique et leur capacité à influencer les décisions qui les concernent.

    – œuvrer activement au sein des communautés, en impliquant les femmes et les filles, mais aussi en incluant les hommes et les garçons pour lutter contre le mariage des enfants et ses conséquences.

    PRINCIPALES RECOMMANDATIONS

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    Le frère, la tante et deux cousins de Sali ont été tués lorsque leur maison a été détruite par une bombe. Dévastée par ce qui s’est passé, Sali a abandonné l’école. Après avoir reçu un soutien psychosocial, elle a pu reprendre ses études.

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    1 Le mariage des enfants et le mariage forcé enfreignent l’article 24(3) de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989, l’article 16(2) de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, l’article 16(2) de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 23(3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 10(1) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

    2 Save the Children (2018) Still Left Behind: Tracking children’s progress against the pledge to Leave No One Behind (Toujours laissés pour compte : suivi des progrès des enfants par rapport à la promesse de n’oublier personne), https://resourcecentre.savethechildren.net/node/13589/pdf/still_left_behind_low_res.pdf

    3 UNICEF (2018) Child Marriage: Latest trends and future prospects (Le mariage des enfants : dernières tendances et perspectives d’avenir), https://data.unicef.org/resources/child-marriage-latest-trends-and-future-prospects/

    4 UNICEF (2018).

    5 Save the Children (2018).

    6 Cible 5.3 des Objectifs de développement durable : UN (2018) « Sustainable Development Goal 5 » (Objectif de développement durable 5), Sustainable Development Knowledge Platform, https://sustainabledevelopment.un.org/sdg5 ; l’Union africaine s’est également engagée à mettre fin au mariage des enfants, voir : Union africaine (2014) Campagne pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique : un appel à l’action, https://au.int/sites/default/files/pages/32905-file-campaign_to_end_child_marriage_in_africa_call_for_action-_english.pdf

    7 UNICEF (2018).

    8 Save the Children (2018).

    9 Save the Children (2018).

    10 OMS (2016) « Causes of death among adolescents » (Causes de décès chez les adolescents), Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. Disponible sur : http://www.who.int/ maternal_child_adolescent/data/causes-death-adolescents/en/. Consulté le 26 septembre 2018.

    11 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018) Toward an End to Child Marriage – Lessons from Research and Practice in Development and Humanitarian Sectors (Vers une éradication du mariage des enfants – Enseignements tirés des recherches et des pratiques dans les secteurs humanitaire et du développement), https://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdf

    12 Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017) Economic Impacts of Child Marriage: Global Synthesis Report (Les conséquences économiques du mariage des enfants : rapport de synthèse mondial), https://www.icrw.org/publications/economic-impacts-child-marriage/

    13 Save the Children (2016) Every Last Girl: Free to live, free to learn, free from harm (Libre de vivre, d’apprendre et d’être protégée : pour chaque fille, sans exception), https://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/advocacy/every-last-girl.pdf

    14 Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017).

    15 Save the Children et Banque mondiale (2017) Spotlight series: Strengthening the harmonisation of laws (Série Coup de projecteur : renforcer l’harmonisation des lois).

    16 Union africaine (2014).

    17 Union africaine (2015) Position africaine commune sur la Campagne de l’UA pour mettre fin au mariage des enfants en Afrique, https://au.int/sites/default/files/documents/31010-doc-cap_on_ending_child_marriage_-english_0.pdf

    18 Union africaine (2014).

    19 Décision du Comité technique spécialisé de l’UA sur le développement social, le travail et l’emploi (STC-SDLE-2).

    20 Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (2018) Communiqué de la 789ème réunion du CPS sur le thème : « Mettre fin au mariage des enfants en Afrique », http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-789eme-reunion-du-cps-sur-le-theme-mettre-fin-au-mariage-des-enfants-en-afrique

    21 Cette approche s’appuie sur des recherches effectuées par la Banque mondiale sur les liens entre l’éducation et le mariage des enfants : Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017). Voir la note technique pour de plus amples informations.

    22 La base de données sur les groupes et les inégalités (GRID) de Save the Children propose une projection des indicateurs du développement de l’enfant à l’avenir à partir des tendances actuelles, en estimant quelles sont les améliorations qui doivent être apportées pour atteindre les cibles de ODD d’ici 2030. https://campaigns.savethechildren.net/grid

    23 Cette analyse est faite à titre d’illustration et comporte un certain nombre d’hypothèses et de limites. Par exemple, les calculs sont basés sur l’impact de l’éducation sur le mariage des enfants et ne rendent pas compte du phénomène inverse. Ce point est détaillé plus amplement dans la note technique annexe.

    24 Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017).

    25 Save the Children, UNICEF, Plan et World Vision (2015) Children’s Ebola Recovery Assessment: Sierra Leone (Évaluation de la guérison des enfants atteints du virus Ebola : Sierra Leone), https://www.savethechildren.org/content/dam/global/reports/emergency-humanitarian-response/ebola-rec-sierraleone.pdf

    26 Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017).

    27 Perlman, D., F. Adamu et Q. Wodon (2018) « Pourquoi les adolescentes abandonnent-elles l’école au Niger ? Une analyse quantitative et qualitative », Marchés et Organisations 32(2): 179–94 ; Perlman, D., F. Adamu et Q. Wodon (2018). Understanding and Ending Child Marriage: Insights from Hausa Communities. Girls’ Education and Child Marriage in West and Central Africa Notes Series (Comprendre le mariage des enfants et y mettre fin : informations tirées des communautés Haoussas. Série de notes sur l’éducation des filles et le mariage des enfants en Afrique centrale et de l’Ouest).

    28 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018) ; Banque mondiale et International Centre for Research on Women (2017)

    NOTES

    https://resourcecentre.savethechildren.net/node/13589/pdf/still_left_behind_low_res.pdfhttps://resourcecentre.savethechildren.net/node/13589/pdf/still_left_behind_low_res.pdfhttps://data.unicef.org/resources/child-marriage-latest-trends-and-future-prospects/https://data.unicef.org/resources/child-marriage-latest-trends-and-future-prospects/https://sustainabledevelopment.un.org/sdg5https://au.int/sites/default/files/pages/32905-file-campaign_to_end_child_marriage_in_africa_call_for_action-_english.pdfhttps://au.int/sites/default/files/pages/32905-file-campaign_to_end_child_marriage_in_africa_call_for_action-_english.pdfhttps://au.int/sites/default/files/pages/32905-file-campaign_to_end_child_marriage_in_africa_call_for_action-_english.pdfhttp://www.who.int/maternal_child_adolescent/data/causes-death-adolescents/en/http://www.who.int/maternal_child_adolescent/data/causes-death-adolescents/en/https://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdfhttps://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdfhttps://www.icrw.org/publications/economic-impacts-child-marriage/https://www.icrw.org/publications/economic-impacts-child-marriage/https://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/advocacy/every-last-girl.pdfhttps://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/advocacy/every-last-girl.pdfhttps://au.int/sites/default/files/documents/31010-doc-cap_on_ending_child_marriage_-english_0.pdfhttps://au.int/sites/default/files/documents/31010-doc-cap_on_ending_child_marriage_-english_0.pdfhttps://au.int/sites/default/files/documents/31010-doc-cap_on_ending_child_marriage_-english_0.pdfhttp://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-789eme-reunion-du-cps-sur-le-theme-mettre-fin-au-mariage-des-enfants-en-afriquehttp://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-789eme-reunion-du-cps-sur-le-theme-mettre-fin-au-mariage-des-enfants-en-afriquehttp://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-789eme-reunion-du-cps-sur-le-theme-mettre-fin-au-mariage-des-enfants-en-afriquehttps://campaigns.savethechildren.net/gridhttps://campaigns.savethechildren.net/gridhttps://www.savethechildren.org/content/dam/global/reports/emergency-humanitarian-response/ebola-rec-sierraleone.pdfhttps://www.savethechildren.org/content/dam/global/reports/emergency-humanitarian-response/ebola-rec-sierraleone.pdf

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    TS 29 Ce programme a été dispensé dans au moins dix pays. Voir

    par exemple K4Health et Save the Children (2009) Choices, Voices, Promises Nepal (Des choix, des voix, des promesses – Népal), https://www.k4health.org/toolkits/very-young-adolescent-sexual- and-reproductive-health-clearinghouse/choices-voices-promises

    30 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018)

    31 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018)

    32 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018)

    33 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018)

    34 Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018) Toward an End to Child Marriage – Lessons from Research and Practice in Development and Humanitarian Sectors (Vers une éradication du mariage des enfants – Enseignements tirés des recherches et des pratiques dans les secteurs humanitaire et du développement), https://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdf

    35 Eurodad (2016) Survival of the Richest (La survie des plus riches), https://eurodad.org/files/pdf/1546667-survival-of-the-richest-europe-s-role-in-supporting-an-unjust-global-tax-system-2016-1481106817.pdf ; Save the Children et Human Rights Centre UC Berkeley School of Law (2018).

    36 Care (2015) To protect her honour: Child marriage in emergencies – the fatal confusion between protecting girls and sexual violence (Protéger son honneur : le mariage des enfants dans les situations d’urgence – la confusion fatale entre la protection des filles et la violence sexuelle), https://insights.careinternational.org.uk/media/k2/attachments/CARE_Child-marriage-in-emergencies_2015.pdf ; document remis par Save the Children au HCR.

    37 Girls not Brides (2016) Child Marriage in Humanitarian Crises (Le mariage des enfants dans les situations de crise humanitaire), https://www.girlsnotbrides.org/wp-content/uploads/2016/05/Child-marriage-and-humanitarian-crises-June-2016.pdf ; Save the Children (2016)

    38 Save the Children (2016)

    39 Marcus, R (2014) Poverty and violations of children’s right to protection in low- and middle-income countries: A review of the evidence (Pauvreté et violations du droit des enfants à la protection dans les pays à revenu faible et intermédiaire : étude des données probantes), https://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/odi-assets/publications-opinion-files/9309.pdf

    40 Women’s Refugee Commission (2016), A Girl no more: The changing norms of child marriage in conflict (Ce n’est qu’une enfant : l’évolution des normes relatives au mariage des enfants dans les situations de conflit), https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Changing-Norms-of-Child-Marriage-in-Conflict.pdf

    41 World Vision UK (2013) Untying the Knot: Exploring early marriage in fragile states (Rompre les liens du mariage : étude du mariage précoce dans les États fragiles), https://www.worldvision.org.uk/files/7613/7164/5845/UNTYING_THE_KNOT_-_March_2013.pdf ; Save the Children (2015) Too Young to Wed: The growing problem of child marriage amongst Syrians In Jordan (Trop jeunes pour se marier : le problème croissant du mariage des enfants parmi les Syriens réfugiés en Jordanie), https://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/education-and-child-protection/too-young-to-wed.pdf

    42 Save the Children (2016)

    43 Résolution A/HRC/35/L.26 du Conseil des droits de l’homme : Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés dans les situations de crise humanitaire, http://ap.ohchr.org/documents/F/HRC/d_res_dec/A_HRC_35_L.26.pdf

    savethechildren.org.uk

    Tous les enfants ont droit à un avenir. Save the Children intervient au Royaume-Uni et à travers le monde pour offrir aux enfants un bon départ dans la vie et la possibilité d’apprendre, tout en étant protégés. Au quotidien comme en temps de crise, nous mettons tout en œuvre pour subvenir aux besoins des enfants.

    Publié parSave the Children1 St John’s LaneLondon EC1M 4ARRoyaume-Uni+44 (0)20 7012 6400

    Première parution 2018

    © The Save the Children Fund 2018

    Le Save the Children Fund est une œuvre caritative enregistrée en Angleterre et au pays de Galles (213890) ainsi qu’en Écosse (SC039570). Société immatriculée sous le numéro 178159.

    Les noms de certaines personnes ont été modifiés afin de protéger leur identité.

    https://www.k4health.org/toolkits/very-young-adolescent-sexual-and-reproductive-health-clearinghouse/choices-voices-promiseshttps://www.k4health.org/toolkits/very-young-adolescent-sexual-and-reproductive-health-clearinghouse/choices-voices-promiseshttps://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdfhttps://resourcecentre.savethechildren.net/node/13485/pdf/child_marriage_report_june2018.pdfhttps://eurodad.org/files/pdf/1546667-survival-of-the-richest-europe-s-role-in-supporting-an-unjust-global-tax-system-2016-1481106817.pdfhttps://eurodad.org/files/pdf/1546667-survival-of-the-richest-europe-s-role-in-supporting-an-unjust-global-tax-system-2016-1481106817.pdfhttps://insights.careinternational.org.uk/media/k2/attachments/CARE_Child-marriage-in-emergencies_2015.pdfhttps://insights.careinternational.org.uk/media/k2/attachments/CARE_Child-marriage-in-emergencies_2015.pdfhttps://www.girlsnotbrides.org/wp-content/uploads/2016/05/Child-marriage-and-humanitarian-crises-June-2016.pdfhttps://www.girlsnotbrides.org/wp-content/uploads/2016/05/Child-marriage-and-humanitarian-crises-June-2016.pdfhttps://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/odi-assets/publications-opinion-files/9309.pdfhttps://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/odi-assets/publications-opinion-files/9309.pdfhttps://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Changing-Norms-of-Child-Marriage-in-Conflict.pdfhttps://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Changing-Norms-of-Child-Marriage-in-Conflict.pdfhttps://www.worldvision.org.uk/files/7613/7164/5845/UNTYING_THE_KNOT_-_March_2013.pdfhttps://www.worldvision.org.uk/files/7613/7164/5845/UNTYING_THE_KNOT_-_March_2013.pdfhttps://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/education-and-child-protection/too-young-to-wed.pdfhttps://www.savethechildren.org.uk/content/dam/global/reports/education-and-child-protection/too-young-to-wed.pdfhttp://ap.ohchr.org/documents/F/HRC/d_res_dec/A_HRC_35_L.26.pdfhttp://ap.ohchr.org/documents/F/HRC/d_res_dec/A_HRC_35_L.26.pdfhttp://www.savethechildren.org.uk