MESURE DE LA PERFORMANCE GLOBALE DES .schématiquement passé d’une représentation financière

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    MESURE DE LA PERFORMANCE GLOBALE DES ENTREPRISES

    Rsum : Lengagement des entreprises dans le dveloppement durable consiste conjuguer performance et responsabilit. La performance financire ne suffit plus apprcier la performance dune entreprise. Ds lors, les entreprises doivent mesurer leurs progrs partir dune performance plus globale incluant, en dehors de la dimension conomique, des dimensions sociale et environnementale. A prsent, comment mesurer cette performance globale ? Existe-il des outils de mesure globale de la performance ? Sinon comment approcher cette mesure ?

    Abstract : The firms engagement in sustainable development consists in combining performance and responsibility. The financial performance is not enough to appreciate the performance of a company. Therefore, the firms must measure their progess from a more global performance including, outside economic dimension, the social and environmental dimensions. Now, how to measure this global performance ? Are there global instruments of performances measure? If not how to approach this measure?

    Mots cls : performance globale, responsabilit socitale des entreprises, parties prenantes, indicateurs intgrs, convention.

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    1. INTRODUCTION

    Depuis quelques annes, de nombreux concours sont organiss au niveau national pour rcompenser les entreprises qui se sont lances dans une dmarche de responsabilit socitale. Pour citer un exemple, le Conseil Suprieur de lOrdre des Experts-Comptables a entrepris depuis 2000 lorganisation dun trophe national qui rcompense la qualit de linformation environnementale et sociale publie dans les rapports des entreprises franaises. Ce genre dinitiative est dcline au niveau rgional (avec les Trophes de la responsabilit socitale de la rgion Provence-Alpes-Cte dAzur) et galement au niveau dpartemental (avec le lancement par le Centre des Jeunes Dirigeants dEntreprises des Trophes de la performance globale auprs des entreprises de la Vienne). Toutes ces initiatives volontaires auraient pour objectifs dinciter les entreprises changer de comportement et sengager dans une politique de dveloppement durable. Ce concept apparat officiellement dans les annes 80, suite la cration dune commission sur lenvironnement et le dveloppement dirige par Gro Harlem Brundtland ( lpoque Premier ministre en Norvge) et pour le compte de lONU. En 1987, cette commission (dite Commission Brundtland, du nom de sa prsidente) dfinit le dveloppement durable comme un dveloppement qui rpond aux besoins du prsent sans compromettre la capacit des gnrations futures rpondre aux leurs . Bien que cette dfinition soit la plus frquemment utilise, elle prsente un caractre trop gnral qui laisse place plusieurs interprtations. De plus, elle fait rfrence une dimension macroconomique relevant du dbat politique et qui est difficilement applicable aux entreprises. Alors, comment ces dernires peuvent-elles contribuer au dveloppement durable ? Selon la Commission europenne1, la dclinaison des principes du dveloppement durable lchelle des entreprises doit se faire par le biais de la responsabilit socitale. Elle dfinit la responsabilit socitale des entreprises (RSE) comme lintgration volontaire, par les entreprises, de proccupations sociales et environnementales leurs activits commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes (Livre vert, juillet 2001, p.8). Cette responsabilit signifie essentiellement que les entreprises, de leur propre initiative, contribuent amliorer la socit et protger lenvironnement, en liaison avec leurs parties prenantes. Ces parties prenantes ou stakeholders , dfinit par Freeman (1984) comme tout groupe ou individu pouvant influencer ou tre influenc par lactivit de lentreprise, attendent des entreprises quelles rendent compte de la manire dont elles conduisent leurs activits et assument leurs impacts sur les employs, les actionnaires, les riverains, lenvironnement, etc. Cest dans ce contexte que le concept de performance globale est mobilis dans la littrature managriale pour valuer la mise en uvre des stratgies de dveloppement durable par les entreprises (Capron & Quairel, 2005) et rendre compte de leurs responsabilits socitales aux diverses parties prenantes2. 1 Source : http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=3925 2 On distingue classiquement deux groupes de parties prenantes : les parties prenantes contractuelles qui concernent les acteurs en relation directe et dtermine contractuellement avec lentreprise (par exemple, les clients, les fournisseurs, les salaris, les actionnaires) et les parties prenantes diffuses qui sont les acteurs situs autour de lentreprise envers lesquels laction de cette entreprise se trouve impacter mais sans pour autant se trouver en lien contractuel (par exemple, les collectivits locales, les organismes publics, les ONG, etc.) Pesqueux (2002).

    http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=3925

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    La performance globale, dfinit comme lagrgation des performances conomiques, sociales et environnementales (Baret, 2006), est un concept multidimensionnel difficile mesurer techniquement. En effet, les dispositifs dvaluation actuellement utiliss par les entreprises pour mesurer les progrs raliss grce leurs dmarches RSE napportent pas de rponses satisfaisantes. Ne pas tre capable dvaluer les progrs raliss empche les entreprises de savoir o porter leurs efforts damlioration. Aujourdhui, la difficult pour les entreprises est de mesurer les interactions entre les diffrentes dimensions de la performance : conomique, sociale et environnementale. Cet article pose la question de lexistence dune mesure de la performance globale. Pour tenter de rpondre cette question, nous analyserons les outils actuels dvaluation de la performance utiliss par les entreprises proactives dans le domaine de la responsabilit socitale en mettant en vidence les obstacles qui empchent la mesure globale de la performance. Puis, nous exposerons de quelle manire approcher cette mesure en utilisant la thorie des conventions. Mais avant de sintresser la question de la mesure, il est important de comprendre la notion de performance globale.

    2. COMMENT DEFINIR LA PERFORMANCE GLOBALE ?

    La performance a longtemps t rduite sa dimension financire. Cette performance consistait raliser la rentabilit souhaite par les actionnaires avec le chiffre daffaires et la part de march qui prservaient la prennit de lentreprise. Mais depuis quelques annes, on est schmatiquement pass dune reprsentation financire de la performance des approches plus globales incluant des dimensions sociale et environnementale. Dautres acteurs (appels parties prenantes) ont fait leur apparition et la notion de performance a connu un regain dusage. A prsent, la prennit des entreprises ne dpend plus uniquement de laspect financier de leurs activits, mais galement de la manire dont elles se conduisent. Ds lors, la responsabilit des entreprises slargit, elle ne se limite plus aux seuls actionnaires, mais intgre dautres parties prenantes (associations, ONG, syndicats, clients, fournisseurs, ). Ces nouveaux acteurs exigent dtre entendus et cette coute devient une cible vitale pour la performance et la prennit des entreprises. Cest dans ce contexte quapparat le concept de performance globale.

    2.1 LAPPROCHE FINANCIERE DE LA PERFORMANCE

    La performance dentreprise est une notion centrale en sciences de gestion. Depuis les annes 80, de nombreux chercheurs se sont attachs la dfinir (Bouquin, 1986 ; Bescos et al.1993 ; Bourguignon, 1995 ; Lebas, 1995 ; Bessire, 1999 ) et plus rcemment cette notion est mobilise dans la littrature managriale pour valuer la mise en uvre par lentreprise des stratgies annonces de dveloppement durable (Capron et Quairel, 2005). Lorigine du mot performance remonte au milieu du 19me sicle dans la langue franaise. A cette poque, il dsignait la fois les rsultats obtenus par un cheval de course et le succs remport dans une course. Puis, il dsigna les rsultats et lexploit sportif dun athlte. Son sens volua au cours du 20me sicle. Il indiquait de manire chiffre les possibilits dune machine

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    et dsignait par extension un rendement exceptionnel. Ainsi, la performance dans sa dfinition franaise est le rsultat dune action, voir le succs ou lexploit. Contrairement son sens franais, la performance en anglais contient la fois laction, son rsultat et ventuellement son exceptionnel succs (Bourguignon, 1995, p.62)3.

    Dans le domaine de la gestion, la performance a toujours t une notion ambigu, rarement dfinie explicitement. Elle nest utilise en contrle de gestion que par transposition de son sens en anglais. Elle dsigne alors laction, son rsultat et son succs4. Pour expliquer la performance, nous retiendrons la dfinition de Bourguignon (2000) car elle regroupe les trois sens recenss ci-dessus et lui reconnat explicitement son caractre polysmique. Ainsi la performance peut se dfinir comme la ralisation des objectifs organisationnels, quelles que soient la nature et la varit de ces objectifs. Cette ralisation peut se comprendre au sens strict (rsultat, aboutissement) ou au sens large du processus qui mne au rsultat (action). (p.934). Pour Lebas (1995), la performance nexiste que si on peut la mesurer et cette mesure ne peut en aucun cas se limiter la connaissance dun rsultat. Alors, on value les rsultats atteints en les comparant aux rsultats souhaits ou des rsultats talons (Bouquin, 2004). Dans ce contexte, lvaluation de la performance peut tre assimile au benchmarking 5. La dfinition de Bourguignon (2000, p.934) sapplique autant lorganisation qu lindividu : est performant celui ou celle qui atteint ses objectifs (1995, p.65). La performance tant dfinie, il convient prsent d