Max Stirner - · PDF file2 Max Stirner De son vrai nom Johann Caspar Schmidt (1806 - 1856),...

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    Le faux principede notre ducation

    Max Stirner

    ~ 1842 ~

    Un savoir qui ne se purifie ni ne se concentre jusqu' s'ar-racher vers le vouloir, ou, en d'autres termes, un savoir qui m'alourdirait, rduit tre mon avoir et ma possession au lieu de s'tre si intimement uni ce que je suis que le Moi, se mouvant librement, en rien entrav par un fardeau qu'il aurait tirer, parcourerait le monde en prservant la fracheur de ses sens, un savoir qui n'est pas devenu personnel ne permet qu'une pauvre prparation la vie. [...]Si le besoin de notre temps, aprs la conqute de la libert de pense, est de poursuivre celle-ci jusqu' l'achvement qui la transformerait en libert de la volont et la raliser comme le principe d'une nouvelle poque, alors le savoir ne peut plus tre le but ultime de l'ducation ; mais ce rle appartient au vouloir n du savoir, et l'expression parlante de ce quoi l'ducation doit tendre s'nonce : l'homme personnel ou libre. L'essence de la vrit est de se rvler elle-mme ; cette rvlation passe par la dcouverte de soi, la libration de tout lment tranger, l'abstraction extrme ou liquidation de toute autorit, la navet reconquise. De tels tres absolument vrais, l'cole n'en livre point.

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    Max Stirner

    De son vrai nom Johann Caspar Schmidt (1806 - 1856), Max Stirner est considr comme l'un des prcurseurs de l'anarchisme individualiste, bien qu'il ait lui-mme toujours refus le qualificatif d'anarchiste. Aprs des tudes en philologie, philosophie et thologie, il commence frquenter les "hommes libres", un groupe de jeunes hgeliens, la fin de l'anne 1841. Il y cotoie ente autre Arnold Ruge, Bruno Bauer et Friedrich Engels, tant lui mme un membre assez effac. Le groupe, quant lui, cesse d'tre actif vers la fin des annes 1840.Stirner a peu crit, outre une srie d'articles en 1842 (la trompette du jugement dernier contre Hegel, l'athe et l'antchrist, le faux principe de notre ducation, art et religion) et une tude sur les Mystres de Paris d'Eugne Sue, son oeuvre la plus important est L'Unique et sa proprit, paru en 1844. Epargn par la censure car considr comme trop absurde pour tre dangereux , le livre est un rquisitoire contre toutes les puissances suprieures auxquelles on aline son Moi , l'au-teur y exhorte chacun s'approprier ce qui est en son pouvoir, contre les diverses forces d'oppression extrieures au Moi.Aprs une rponse aux critiques de L'Unique paru en 1845 (les critiques de Stirner) il n'crit plus. Prsent Berlin lors de la rvolution de mars 1848 il n'y prend pas part. Max Stirner fini dans la misre, aprs deux sjours en prison pour dettes il meurt en juin 1856.Tomb dans l'oubli avec son auteur, l'oeuvre de Stirner est redcouverte un demi sicle plus tard par John-Henry Mackay qui lui consacre en 1897 une biographie (Max Stirner, sa vie son oeuvre).

    A lire galement sur Stirner :Albert Levy, Stirner et Nietzsche, 1904

    A ne pas lire :Victor Roudine, Daniel Gurin, Rudy Rocher,

    Max Stirner, ditions libertaires, 2004.

    Apache-ditions mars 2010, 2nd dition aot 2012.

    BROCHURES DISPONIBLES CHEZ APACHE-EDITIONS

    Albert Levy, Stirner et NietzscheArmand, Petit manuel anarchiste individualiste // Se sentir vivreAsymtrie, Le tempsB. Traven, Chane de montageBakounine, Dieu et l'tat // Le patriotismeDjacque, De l'tre-humain mle et femelle Lettre P.J. Proudhon // A bas les chefs !Diavolo in corpo, Qu'est-ce que le terrorisme ?Dran, Campagnes vendreHan Ryner, La rvolte des machinesHenein, Prestige de la terreurJacob, Souvenirs d'un rvoltKaczynski, La socit industrielle et son avenirLibertad, La joie de vivre // La lgende de nol...London, La force des fortsMorris, L'ge de l'ersatzNon Fides, Contre le travail et ses aptres // Gentrifica-tion, urbanisme et mixit socialePret, Je ne mange pas de ce pain-lRelev provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse l'occasion de l'extension des lignes du TGVRivet, Libert, libert chrieZo d'Axa, Vous n'tes que des poires !

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    montre que ce n'est pas ce que j'ai en tte, et que je veuille savoir la force d'opposition veille, la volont propre transfigur, et non brise, devrait suffire expliquer la diffrence. Du reste, pour diffrencier l'exigence ici pose mme des meilleurs efforts ralistes (que l'on se rapporte par exem-ple l'exigence exprime, p.36, dans le programme rcemment paru de Diesterweg et qui s'nonce ainsi : La faiblesse de notre cole, comme celle de notre ducation en gnral, gt dans le manque de formation du caractre. Nous ne dveloppons aucune intention morale ), je prfre dire que nous avons besoin dsormais d'une ducation personnelle (et non d'une imprgnation de l'intention morale). Si l'on veux donner un nom en ...iste ceux qui suivent ce principe, je veux bien qu'on les appelle personnalistes.

    En consquence, pour rappeler encore une fois Heinsius, le vif souhait que la nation a de voir l'cole se rapprocher de la vie , ne pourra tre accompli que lorsqu'on reconnatra la vie authentique dans la personnalit acheve, dans l'autonomie et la libert, puisque celui qui tend ce but n'abandonne rien de ce qui tait bon chez les humanistes ou les ralistes, il l'lve au contraire infiniment plus haut et l'ennoblit. Le point de vue na-tional que prend Heinsius ne peut pas non plus tre prn comme juste : seul, en effet, le point de vue de la personne est juste. Seul l'homme libre et personnel est un bon citoyen (les ralistes), et, mme en dpit du man-que d'une culture spciale (de savant, d'artiste, etc...), un juge au got raffin (les humanistes).

    Ds lors si l'on nous demandait en conclusion d'exprimer brivement quel but notre poque doit atteindre, nous formulerions le dclin ncessaire de la science dnue de volont et l'ascension du vouloir conscient de soi qui s'achve dans le resplendissement de la personne libre, peu prs de la faon suivante : le savoir doit mourir pour ressusciter comme volont et, comme personne libre, se crer chaque jour nouveau.

    Max Stirner

    Le faux principe de notre ducation

    Comme notre poque est en qute du mot qui exprime l'esprit qui l'habi-te, nombreux sont les noms qui envahissent le devant de la scne et tous prtendent tre le bon. De toutes parts se manifeste le plus divers grouil-lement de partis et, autour de l'hritage pourrissant du pass, se rassem-blent les aigles de l'instant. Les cadavres politiques, sociaux, religieux, scientifiques, artistiques, moraux et autres, abondent en tous lieux et tant qu'ils ne seront pas tous consums l'air ne deviendra pas pur, le souffle des vivants en restera oppress.

    Sans apport de notre part, notre poque ne trouvera pas le mot juste ; nous devons tous y travailler. Mais, si c'est bien l notre tche ; nous pouvons raisonnablement demander ce qu'on a fait et ce que l'on compte faire de nous ; nous nous enqurons de l'ducation qui doit nous rendre capable d'tre les crateurs de ce mot. Notre Disposition devenir des crateurs, la dveloppe-t-on consciencieusement, ou ne nous traite-t-on que comme des cratures dont la nature n'admet qu'un dressage ? La question est aussi importante que peut l'tre l'une, quelconque, de nos questions sociales ; elle est en ralit la plus importante, parce que celles-ci reposent sur cette base ultime. Soyez accomplis, ainsi effectuerez-vous quelque chose d'accompli ; sois en toi-mme ton propre achvement , ainsi votre communaut et votre vie sociale seront-elles acheves. Voil pourquoi nous nous proccupons avant tout de ce que l'on fait de nous au temps de notre mallabilit l'ducation ; la question de l'ducation est une question vitale. Cela saute aujourd'hui suffisamment aux yeux, et depuis quelques annes le combat est men dans ce domaine avec une fivre et une libert qui, de loin, dpassent celles qui rgnent dans le do-maine politique, parce qu'elles ne se heurtent pas aux obstacles d'un pou-voir fort de son indpendance. Un vnrable ancien, le professeur Theo-dor Heinsius, qui, autant que feu le professeur Krug, a su prserver en lui force et zle jusqu' un ge avanc, a dernirement cherch rveil-ler, par un petit crit, l'intrt que l'on porte cette affaire. Il l'intitule Concordat entre l'cole et la vie ou accommodement de l'humanisme et du ralisme, considr d'un point de vue national (Berlin 1842). Deux partis combattent pour la victoire et veulent chacun recommander

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    et la vie , mais que l'cole soit vie et, l comme ailleurs, qu'on donne pour tche la personne de se rvler elle-mme. Que l'ducation universel-le de l'cole soit ducation la libert, et non la soumission. tre libre, telle est la vraie vie. La considration que l'humanisme tait sans vie aurait d amener les ralistes cette reconnaissance. Cependant on apercevait dans l'ducation humaniste que son incapacit rendre apte la prtendue vie pratique (bourgeoise et non personnelle), et l'on recherchait, par opposition cette ducation purement formelle, une ducation matrielle, avec l'ide qu'en procurant des instruments utilisables dans les changes sociaux on ne ferait pas que surmonter le formalisme mais que l'on apaiserait aussi le be-soin le plus haut. Seulement l'ducation pratique reste trs en arrire d'une ducation personnelle et libre : si celle-l confre l'habilet ncessaire pour faire son chemin dans la vie, celle-ci procure la facult de faire jaillir de son propre fonds l'tincelle de vie ; si celle-l prpare l'individu se trou-ver chez lui dans le monde donn, celle-ci lui enseigne l'tre en lui-mme. Nous ne sommes pas tout aussi longtemps que nous agissons en membres utiles la socit ; nous ne pouvons le devenir parfaitement que lorsque nous sommes des tres libres, des personnes qui puisons dans notre propre fonds, qui nous crons nous-mmes.

    Si donc l'ide et le besoin des temps nouveaux est la libert de la volont, la pdagogie doit se pro