[Martin Jugie] Nestorius Et La Controverse Nestori(BookZZ.org)

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  • CUII PERMISSU SUPERIORUX

    Ni"" obstat : Parlsiis, 2 Augusti 1911.

    O. ROl-AND-GOSSELIN, CH. H.

    IXPRIJoIATUR :

    Prislis, die 2 August! 1911.

    G. LEFEBVRE, VIC. GEN.

    Tous droit. de traduction, d'adaptation et de reproducti on rservs pour tous ptl1"

    Copyright 6r Gabriel BeaaclwM et Cie, 1912.

  • 178290 OCT 20 1913

    DFN J93

    SANCTISSIKAE VIRGINI THEOTOCO

    OKNIUK HAERESEON DELETRICI

    CUJUS DlVINAM KATERNITATEM NESTORIUS NEGABAT

    DOKINAE FAJlULUS KATRI FILIUS

    HUKILITER AC PERAKANTER

    HOC OPUS DEDICO

  • i j

  • ERRATA

    Pages: 8, note i, 5" ligne : a perptuelle quivoque, pour: hl perptuelle

    quivoque. 6.9, note l, avant-dernire ligne: le 16 ou le 13, pour: le n ou le 1:\. 57, 13e ligne: Maximilien, pour: Maximien. 87, i e ligne: race insignifiance, pour: rare insignifiance. 89, 6" ligne en remontant: les avant Jsuite, pour: le savant Jsuite.

    133, 7e ligne en remontant: Nanzianze, pour: Nazianze. 136, 5e ligne en remontant : 1tPQaW1tIX, pour: 1tp6aw1tIX. 150, 9' ligne: una naturavel tres personae, pour: una natura et tl'l"

    personae. 176, 7" ligne: V1tOaTlXa,., pour: .v1t6a~lXa,_ !OI, note :l, ~. ligne: uature, pour: nature. tU, dernire ligne : ls Christ, pour: le Christ. 115, I!' ligne: spciaua:, pour: spcieux. !56, note 3, dernire ligne ; la'm v6w1tov, pour : crT'V v6pw1tov. !7~, ligne 6-7 : s'iden, tifiant, pour; s'iden-lifiant. !80, note l, 5" ligne : crils, pour : crits. 311, notei: M. Nau nous fait remarquer qu'il ne croit pas et n'a jamlli"

    cru l'orthodoxie de Nestorius. Il faut donc interprter (\u modifier en ce sens les mots de cette note qui pourraient laisser entendre le contraire.

  • , \

  • INTRODUCTION

    Depuis qu'elle s'est manifeste au monde, la personne de Jsus-Christ a toujours t un objet de contradiction, et aucune prophtie ne s'est mieux ralise que celle du saint vieillard du Temple: Celui-ci est destin tre un signe qui pro-voquera la contradiction 1. )) Durant sa vie publique, Jsus-Christ entendit ses contemporains mettre sur son compte les opinions les plus diverses. Les uns virent en lui le Messie promis Isral et reconnurent, comme Pierre Csare de Philippe, sa filiation divine. D'autres n'aperurent que le fils de Marie et de Joseph; quelques-uns crurent un nouveau prophte. Quant Jsus lui-mme, il donna raison aux premiers et scella de son rang le tmoignage qu'il rendit devant le Sanhdrin ~a propre divinit.

    Les contestations qui s'taient produites autour de la personne du Christ pendant sa vie terrestre, devinrent encore plus vives aprs sa disparition de la scne de ce monde. Pendant que l'J;!glise naissante, hritire de la foi de Pierre, adorait en lui le Dieu fait homme sans se proccuper d'approfondir la mystrieuse union en sa personne du divin et de l'humain, les premiers hrtiques ou nirent sa divinit el ne virent en lui qu'un homme ayant joui d'une particulire intimit avec Dieu, ou s'attaqurent son humanit, ou combattirent les deux la fois en faisant de lui un tre fantastique, un de ces ons enfants par l'imagination fconde des rveurs du gnosticisme. Au dbut du IV sicle, l'Alexandrin Arius syncrtisa d'une manire assez originale la tendance adoptianiste ou rationaliste et la tendance gnostique. Il fit de Jsus-Christ, selon l'expression de Nesto-

    1. Lvc, n,". lII. IUGD:. - n:SToalUI

  • 32 NESTORIUS ET LA CONTROVBRSE KESTORIElfNE

    la que courageux, l'avocat Eusbe, qui devint plus tard vque de Doryle, osa l'interrompre, au moment o il disait que Dieu le Verbe n'tait pas n deux fois, et affirma la double gnration du Fils de Dieu, aux applaudissements de la majorit des assistants t. Nestorius s'chappa en invec-lives contre l'interrupteur, qui, quelques jours aprs, fit placarder sur les murs de l'glise une affiche o la doc-lrine de Nestorius tait mise en paraUle avec ceUe de Paul de Samosate 1.

    De nombreux clercs se sparrent de la communion de l'vque et tinrent des assembles spares. Ils demandrent a Proclus, vque nomm de Cyzique, de prendre la dfense e la maternit divine de Marie; ce qu'il fit dans un beau di scours qui nous a t conserv et que Nestorius entreprit vainement de rfuter 3. Ce dernier se mit bientt svir avec violence contre ses contradicteurs. Plusieurs clercs furent excommunis et dposs de leurs fonctions '. Des manifestants, qui avaient essay de protester contre ces mesures arbitraires et n'avaient pas craint de crier: Nous avons un empereur; nous n'avons pas d'vque Il, furent molests par la police, conduits au tribunal et flagells 5.

    Les moines ne furent pas les moins zls prendre la dfense de la maternit divine de la Vierge. L'un d'eux eut la simplicit de vouloir arrter Nestorius, au moment o celui-ci se rendait l'autel pour clbrer le saint sacrifice. Il reut quelques souffiets de la main piscopale, et fut \i\'r aux magistrats, qui le condamnrent l'exil, aprs lu i avoir fait subir une crueUe flageUation 6. L'archiman-drite Basile se prsenta avec quelques-uns de ses moines au palais piscopal pour demander Nestorius des explica-

    ' . \{,uuus MEacuoR, Impii Nestorii .ermo m, P. L., t. XLvm, col. ,69"770. ' . Voir cette pice dans M

  • lCESTORIUS ET LA CONTROVERSE NESTORIENSE

    nous avons cru potIVG1' faire ahsk8ction de ce problme li ttraire, qui n'atteint pas directement le fGnd. doctrinal du Lit're d'Ilraclide, fond que nous croyons tre de Nestorius.

    Si l'ouvrage, dduction faite de quelques interpolations, appaltient intgralement l'hrsiarque, celui-ci n'a pu le composer que pendant son exil en gypte et ne l'a termin qu'aprs Je brigandage d'phse, dont les Actes sont utiliss. La traduction syriaque fut faite sous le patriarche nestorien Paul, qui sigea de 539 540 t. Peu a prs celte date, le moine nestorien Ba r

  • .. --_ ...

    LES LETTRES . 81

    dit plus haut en queUes circonstances Curent crites ces deux dernires lettres.

    Loofs donne comme d'une authencit douteuse un fragment syriaqu!" d'une lellre Thodoret dont l'importance thologique est nulle f.

    Dans une leUre aux moines de Senoun, le monophysite Philoxne, vque de Mabboug de 485 523, cite des extraits d'une lettre de Nestorius aux habitants de Constantin~ple, crite aprs le brigandage d'phse. Avant la publication du Livre d'Hraclide, les critiques pouvaient avoir de bonnes raisons de suspecter l'authenticit de cette pice, o se lit celte tonnante dclaration :

    J'ai appris les choses qui ont t faites auparavant par Flavien, le pieux vque de Constantinople, contre Eutychs ... Quant ce qui a t fait maintenant par le fidle Lon, chef des prtres, qui a combattu pour la pit et s'est oppos ce qu'on a appel concile, j'en ai lou Dieu avec grande allgresse, ct je passe tous les jours dans l'action de grces. Sachez donc, YOUS aussi qui tes instruits p'ar Dieu, que mon enseignement - celui mme de la pit - est celui qui a t dfini pal' les hommes vnrables donlje viens de parler, pal' Flavien et par Lon 2, )

    Cites par un monophysite qui s'elTorce de montrer que le concile de Chalcdoine a canonis la doctrine nestorienne, ces paroles pouvaient paraltre inventes de toute pice; mais cette impression disparat, quand on a lu le Livre d'Hraclide, o l'on trouve exactement les mme.a affirma-tions. Nestorius a cru que saint Flavien et saint Lon enseignaient la mme doctrine que lui. Aux fragments fournis par Philoxne, M. Nau a joint un long extrait tir du manuscrit Add. 12 154 de Londres, de sorte que nous possdons la Lettre aux habitants de Constantinople presque en enlier. Nous n'y avons rien trouv qui ne puisse avoir t crit par l'auteur du Livre d'Ilraclide. Celui-l cependant se tromperait grandement qui se baserait uniquement sur celte leUre pour juger de la doctrine christologique de Nestorius.

    1. P. 201-202. '. Traduction Nau, Appendice 111 au Livre d'Ilraclide, p. 373-374.

    JUGIE. - NESTORIUS 8

  • NESTORIUS ET LM CONT-ROVERSE NESTORIENNE

    ar eUe est pleine de sous-eoteDdi18, qu'on devill8 sans peine, qua nd on a lu les autres ouvrages de iJ'hrsiarque. Voici par exemple un passage o: Nestorius rejette ceI'taines ma-_ nires de pa.rler de q;uelqu.es -tHlS de ses disciples:

    Il Ils disent: Nous reconnaissons que le Verbe en essence est Fils, de Dieu et Seignear, mais quant au corps fUi a t pris , nous tmoignons qu'Uest Jsus de Nazareth. Et encore: (( Dans celu~ qlli. est un peu moins que les anges, nous ooyt)lts JStts (Hebr .. If, 9), c'est--dire: Jsus est un homme con-substantiel tous les hommes~ qui ne l'emporte en rien sur le hommes de mme nature que lui, si ce n'est par ce que la gt"ce lui a donn; la grce qui lui fut donne ne change pa la nature. Il

    Mais DOUS, nous leur disons que ces paroles ne causent de honoo et de tort qu' ceux. dont on a parl plus haut, ear leur enseignernent eUe ntre n'est pas le mme. A moi 8assi jadis cet gyptien (Cyrille), pour me confondreet:pour cacher ses mauvais desseins, m'a. attribu cet enseignement abo-mina ble, pour fortifier ropinion de ceux dont il est le chef, de ceux qui attribuent res'souffrances Dien t. Il

    Il est bien vrai que Nestorius n'a jamais ni brutalement la divi nit du Fils de Marie, comme il. sera dit plus loin, mais la manire dont il explique que Jsus est Dien, n'est pas OI'LhOBome. C'est ce qu'il ne fallt pas perdi"e de vue en Hsant 10 Letlre aux habitants de Constantinople. On. n~ Pflut croire lion plus Nestodus saI' parole, quand il se dclare d'accord avec saiol.Lo!l, car il est victime d'une illusion.

    VI. - Les homlies.

    ous avons dj eu occasion, en racontant la vie de Nesto-rius, de parler de ses cahiers d'homlies. Celles-ci furent fort nombreuses. C'est d'elles, et d'elles uniquement, qu'il s'agit dans ce pnssage de Gennade de Marseille:

    {( Nestor haeresiarches, cUln in Antiochena ecclesia