Macro 2ème Partie

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    Chapitre 3 PIB, PNB, revenu national

    Le titre de chapitre nonce trois notions relativement similaires. Elles sont souvent employes lune pour lautre mais il y a des diffrences conceptuelles, quil convient de prciser. Cest ce quoi nous allons consacrer ce chapitre.

    Comme nous lavons vu au chapitre 2, lvaluation de la production est llment central dans le calcul du PIB. Encore faut-il sentendre sur ce quon entend par production .

    Un des principes de base de la comptabilit nationale est celui de linvariance. Il nonce que Le niveau relatif dun agrgat ne peut tre influenc par des diffrences de nature institutionnelle, conomique, financire ou par des mthodes dvaluation . Ainsi, le fait quun bien soit produit par lEtat dans un pays et par le secteur marchand dans un autre ne devrait pas influencer lvaluation de la production. De mme, le fait quun mnage soit propritaire et bnficie dun service de logement quil se rend lui-mme, plutt que de se procurer ce service auprs dun tiers, ne devrait pas influencer lvaluation de la production.

    Dans la premire section de ce chapitre, nous allons voir comment ce principe sapplique dans lvaluation de la production.

    Pour toute cette seconde partie, nous nous basons sur la mthodologie de comptabilit nationale applique en Europe (et donc en Belgique), communment appele SEC95 (SEC pour Systme europen des comptes conomiques intgrs ).

    1. Lvaluation de la production

    1.1 Dans le secteur marchand

    Lvaluation de la production marchande ne pose pas de problme majeur : on calcule la valeur ajoute de chaque secteur en dduisant les consommations intermdiaires de ses ventes.

    1.2 Services non marchands et administration publique

    Un problme particulier se pose pour les services non-marchands et ladministration publique. En vertu du principe dinvariance , la production correspondante doit tre comprise dans le PIB. Il est cependant impossible de la chiffrer selon la mme mthode : les services publics et plus globalement les services non-marchands ne sont pas vendus comme le sont les biens et services marchands. Pour certains services publics, le fait quils ne soient pas vendus provient du fait que

    leur consommation nest pas individualisable. Ce sont les dpenses collectives : la dfense, nationale, la justice, la police etc.. Il ny a ni consommation individuelle, ni prix.

    Dans dautres cas (lducation, par exemple), les consommations individuelles peuvent tre identifies mais il ny a pas de prix, vu que le service est offert et nest pas vendu.

    Dans un cas ou dans lautre, le service a tout de mme t produit et il faut donc comptabiliser cela. A dfaut de comptabiliser sur base des ventes et des consommations intermdiaires, la

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    comptabilit nationale mesure la production sur base des dpenses faites pour le producteur pour fournir ces services.

    Les dpenses que lEtat effectue pour produire un service public sont

    (a) les rmunrations de son personnel (b) la consommation intermdiaire (c) des investissements publics : il peut construire des routes, des btiments pour son

    administration etc

    Si nous voulons valuer la valeur ajoute du secteur public et des activits non marchandes, il ne faut pas prendre en compte la rubrique (b), en vertu du mme principe que dans lvaluation de la production marchande.

    Tout comme pour la production marchande, la rubrique (c) est prise en compte par lamortissement et non pas par les dpenses dinvestissement.

    La valeur ajoute brute de lEtat et des services non-marchands se mesure donc par la somme des rmunrations et des amortissements.

    1.3 Quid de la production pour compte propre ?

    Nous avons jusquici suppos que tout producteur produisait pour vendre sa production un autre. Or, il existe de la production pour compte propre : un mnage propritaire se loge lui-mme, un agriculteur peut consommer le produit de sa rcolte, un vendeur de produits alimentaires peut se fournir dans ses rayons Ici galement, il faut appliquer le principe dinvariance et cela aboutit la comptabilisation dun certain nombre de flux, dont certains sont fictifs. La mesure de la production inclut la production pour compte propre. Les mnages propritaires sont censs se produire un service de logement qui est

    comptabilis en leur imputant le loyer quils se paieraient eux-mmes, cest--dire quils auraient effectivement verss sils taient locataires.

    Un mnage qui embauche du personnel domestique est producteur et sa production est mesure par le cot salarial des personnes embauches. Comme pour les services non-marchands, on value par les cots , hors consommation intermdiaire et il ny a pas ici dinvestissement amortir.

    Se pose alors la question du travail domestique. On peut dduire du principe dinvariance que, ds lors quune heure de garde denfants est comptabilise comme production lorsquelle est faite par un service marchand ou non-marchand, elle devrait ltre aussi quand une personne la produit pour elle-mme. Ce raisonnement peut stendre tout le travail domestique mais la comptabilit nationale ne le fait pas ! Do la phrase clbre selon laquelle le PDG qui pouse sa femme douvrage fait baisser le PIB . Plus fondamentalement, une partie de la croissance relle du PIB sur le moyen long terme est simplement le reflet du glissement de certaines activits de la sphre domestique vers la sphre marchande.

    2. Prix du march versus cot des facteurs Dans le chapitre prcdent, lorsque nous avons expliqu le concept de PIB, nous sommes partis dun exemple simplifi. Une des simplifications faites dans cet exemple tait quil ny avait pas dimpt ni de subsides. Nous arrivions alors au mme chiffre du PIB quil soit exprim comme une somme de valeurs ajoutes, comme une somme de revenus ou comme une somme de dpenses.

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    Lorsque nous avons mis des chiffres, repris de la comptabilit nationale, sur ces diffrents concepts, nous avons constat que la somme des valeurs ajoutes au Tableau 1, ne correspondait pas au chiffre du PIB du Tableau 2 (dtail dans loptique des revenus) ou du Tableau 3 (dtail dans loptique des dpenses).

    Ceci provient du fait quon peut valuer le PIB soit aux prix du march , soit au cot des facteurs . Lcart entre ces deux concepts fait intervenir les impts indirects et les subventions. Partons du cot des facteurs de production : ce sont les revenus pays partir de la

    valeur ajoute dans notre Exemple 2. Nous avons somm le revenu de lentreprise, les revenus de la proprit (en ce compris les bnfices non distribus) et les amortissements dans un concept global sur lequel nous reviendrons dans le chapitre suivant : lexcdent brut dexploitation. La production correspondante est vendue soit dautres entreprises il sagit alors de consommation intermdiaire soit aux consommateurs il sagit alors de consommation finale.

    Exemple 5 Prix du march et cot des facteurs

    Boulanger Meunier Fermier Marchand de levure

    Economie

    Cot du travail 50 4 54 Rev de la proprit et excdent dexploitation

    25 6 10 5 46

    PIB cot des facteurs 75 10 10 5 100 Production 100 20 10 5 135 - final 100 - intermdaire 20 10 5 35 Achats 25 10 35 Valeur ajoute 75 10 10 5 100 TVA sur ventes achats 10.0 2 1 0.5 13.5 TVA sur achats 2.5 1 3.5 TVA nette 7.5 1 1 0.5 10.0 Subventions -5 -5 Prix consommateur 105 0 0 0 105 PIB aux prix du march 105

    La TVA est perue, au taux de 10% sur les ventes et dductible sur les achats. Chaque entreprise paie donc la TVA sur la valeur ajoute quelle a cre. Cest la ligne TVA nette .

    Quen est-il des prix du march ? Le boulanger est le seul qui fournit aux consommateurs finaux. Il vend sa production 110.

    LEtat distribue galement des bons alimentaires pour la population vivant en dessous du seuil de pauvret. La valeur de ces bons est de 5. Les consommateurs finaux ont donc pay 105 : cest le chiffrage du PIB aux prix du march.

    Si nous recoupons avec loptique dpenses, la dpense de consommation est donc de 105.

    On peut donc crire

    [3.1] PIBpm = PIBCf + Impts indirects subventions sur les produits

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    Le Tableau 5 fait les mmes oprations pour lconomie belge sur base des comptes nationaux de 2010. En sommant les valeurs ajoutes, nous obtenons le PIB au cot des facteurs. En additionnant ce rsultat les impts indirects et en retirant les subventions, nous obtenons le PIB aux prix du march.

    Tableau 5 PIB au cot des facteurs et aux prix du march

    2010 Approche production Production de biens et services (aux prix de base) 731 579.4 Consommation intermdiaire (aux prix d'acquisition) 415 755.6 Valeur ajoute brute (aux prix de base) = PIB au cot des facteurs 315 823.8 Impts sur les produits 40 730.0 Subventions sur les produits (-) -2 176.3 Produit intrieur brut au prix du march 354 377.5 Millions

    3. PIB versus PNB Le concept intrieur fait appel la notion gographique ou encore celle de territoire. Le PIB est donc la somme des valeurs ajoutes brutes gnres sur le territoire dun pays,

    ou encore la somme des revenus bruts attribus par les producteurs prsents sur le territoire.

    Le concept de national se rfre aux rsidents du territoire, qui sont les nationaux : on parle alors de Produit National Brut (PNB).

    Ainsi, Si un rsident belge travaille pour une firme luxembourgeoise, sa rmunration brute est

    comprise dans le PIB luxembourgeois mais dans le PNB belge. Inversement, si un rsident franais travaille en Belgique, sa rmunration est comprise

    dans le PIB belge mais dans le PNB franais.

    De mme, Les revenus attribus par une banque luxembourgeoise des pargnants belges qui y ont

    dpos leur pargne sont dans le PIB luxembourgeois mais dans le P