L'Oise et la Grande Guerre - .L’Oise et la Grande Guerre dans les collections photographiques et

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  • LOise et la Grande Guerre

    dans les collections photographiques et

    cinmatographiques de lECPAD (1915-1919)

    Les archives de la SPCA sur lOise

    Nombre de reportages : 270

    Nombre de photographies : environ 6 000

    Dont 44 autochromes (couleur)

    Nombre de films : 173

    Les photographies

    LECPAD dtient au total prs de six mille photographies prises dans lOise

    par des oprateurs de la Section photographique de larme (SPA). Ce nombre inclus

    galement des images prises par des soldats dont les photographies ont t reverses

    lECPAD via une procdure de don1.

    De 1915 1919, plusieurs milliers de documents photographiques sont ainsi raliss dans le

    dpartement de lOise. Anne aprs anne, les oprateurs de la SPA suivent les innombrables

    destructions engendres par la guerre, notamment lors de la retraite des forces allemandes en

    mars 1917, qui ont profondment marqu le sol et lhistoire du dpartement. De nos jours

    encore, les traces visibles du conflit sont nombreuses.

    La Section photographique de larme ayant t cre en avril 1915, il nexiste pas dimages

    des dbuts de la guerre dans lOise, telles que lavance des troupes allemandes jusqu

    Senlis, la contre-offensive partir de Nanteuil-le-Haudouin ou la fixation du front sur la

    Marne.

    Les premiers clichs datent de juillet 1915, juste aprs la bataille du plateau de Quennevires,

    alors que le front est stabilis sur une ligne Lassigny-Tracy-le-Val et le restera jusquen

    mars 1917.

    Pendant toute la dure de la guerre de position, le dpartement de lOise nest pas le centre de

    grandes oprations stratgiques. Une petite partie du dpartement, la pointe nord-est, est

    occupe par lennemi. Dans les collections de lECPAD, les tmoignages photographiques

    font videmment dfaut sur la vie sous domination allemande2.

    1 En effet, lECPAD dispose dun bureau des fonds privs, charg de collecter les archives de particuliers qui

    possdent des archives familiales ou des collections relatives la vie des armes en temps de guerre ou de paix. 2 Des clichs pris en zone occupe seront peut-tre retrouvs dans la srie des contretypes (CT), aprs

    indexation.

  • Rfrence : SPA 36 M 729

    Le coq du clocher de l'glise de Canny, dans l'Oise.

    28 septembre 1915. Photographie : Albert Moreau/ ECPAD

    En 1915 (trois cent cinquante-trois photographies), juste aprs les combats de Quennevires,

    les premiers reportages dcrivent ltat des lieux larrire des lignes, la construction et la

    consolidation des positions, lentretien des rseaux et linstallation des troupes dans les

    nombreuses carrires de la rgion (notamment celle du Chauffour). Les photographes

    effectuent de nombreuses visites dans les tats-majors et les postes de commandement : ceux

    des gnraux Nivelle Offmont, Xardel Gury, Flineau Bitry, Ebener Saint-Clair etc.

    Le roi Georges V passe en visite dans le dpartement, ainsi quune mission sudoise.

    En 1916 (environ mille deux cents photographies), les oprateurs poursuivent leurs reportages

    gnraux sur ltat du front de lOise et continuent la visite des tats-majors : Grand Quartier

    Gnral Compigne (rf. SPA 64 M) o est organise une exposition de peinture militaire,

    quartier gnral de la 3e arme Verberie (rf. SPA 30 D). Ils photographient les troupes

    larrire des lignes : vie quotidienne dans les cantonnements, ravitaillement, parcs btail,

    loisirs (thtre aux armes, cinma), vie dans les carrires (Confrcourt, Chauffour). Plusieurs

    reportages sont consacrs aux troupes coloniales (spahis, sngalais, division marocaine) et

    la Lgion trangre. Des prisonniers allemands sont au travail Coivrel et logent dans un

    camp de toile (rf. SPA 38 R). Sur les terrains daviation de Breteuil, Creil et dEsquennoy,

    les escadrilles sont lentranement. Amarre sur une rive de lAisne, Attichy, une

    canonnire est arme dun canon de 140mm (rf. SPA 30 D). Des personnalits parcourent le

    front : le gnral russe Lokhvitsky, des dlgus des colonies britanniques La gare

    rgulatrice de Creil (rf. SPA 5 P) assure la rpartition des mouvements ferroviaires.

    Paralllement lobservation de la vie militaire, les reporters commencent leur travail

    dinventaire en image des destructions opres par lennemi : chteaux de Tilloloy, Boulogne-

    la-Grasse, Plessis-de-Roye et diverses glises endommages.

  • Rfrence : SPA 30 D 2194

    Morienval, Oise. L'glise. Juillet 1916.

    Photographie : douard Brissy/ ECPAD

    En 1917 (environ mille sept cents photographies), aprs un hiver calme dans lOise o se

    succdent les visites de personnalits franaises et trangres (le prsident Poincar, le prince

    de Galles, les missions suisse et russe), les reporters militaires poursuivent leur observation de

    la vie quotidienne des troupes et de la reconstruction de btiments. En mars 1917, un Zeppelin

    est abattu au-dessus de Compigne. Cet vnement fait lobjet de deux reportages (rf. SPA

    46 D et SPA 10 BO).

    Intervient alors le retrait allemand vers la ligne Hindenburg3. partir du 16 mars, les

    oprateurs de la SPA suivent pas pas la premire libration de lOise. Les hommes de la

    3e arme du gnral Humbert rcuprent en quelques jours des territoires jusqualors sous

    lemprise de larme allemande. Les oprateurs sattachent dcrire ltat des villages et des

    campagnes saccags par lennemi dans sa retraite4 : ponts dynamits, gares et voies ferres

    dmolies, glises et clochers dtruits, buffets dorgues vids de leurs tuyaux (rf. SPA 93 B),

    tombes profanes, arbres scis. Albert DAVMIER, secrtaire dtat aux Beaux-Arts, vient en

    personne constater les dgts (rf. SPA 181 M). Le prsident de la Rpublique, Raymond

    POINCARR, se rend en visite Noyon rcemment libre (rf. SPA 11 BO et SPA 92 B).

    3 En mars 1917, le haut-commandement allemand dcide de rduire le front de lOuest en se repliant sur une

    nouvelle ligne de dfense baptise par les allis ligne Hindenburg . Avant de quitter les zones quelle occupait

    depuis 1914, larme allemande opre des destructions systmatiques, entravant lavance des forces allies et

    les privant de tout confort ainsi que de facilits de ravitaillement sur le terrain. 4 Voir notamment les reportages SPA 11 BO, 92 B et 93 B, 47 D, 48 D, 49 D, 184 M.

  • SPA 41 X 1585 - La mise en place d'un caisson de pice de marine.

    Fvrier 1917, Jacques Agi/ ECPAD.

    La dcouverte daffiches allemandes subsistant dans les villes et villages librs donne une

    ide des conditions de vie de la population sous loccupation : impt de guerre, circulation de

    la monnaie, rquisitions, restrictions du courrier, rglementations et interdictions diverses,

    couvre-feu, etc.

    Pendant la deuxime partie de lanne, les personnalits continuent la visite de ce front

    relativement calme : le prsident du Portugal, le roi dItalie, des dlgations espagnole,

    italienne, amricaine et belge, ainsi que plusieurs gnraux. Les reporters se rendent dans

    divers centres dinstruction, notamment celui des troupes dassaut Mouy, celui de la

    3e arme Ribcourt et celui des chars Champlieu. Quesmy, des soldats canadiens font

    fonctionner une scierie.

    Ds 1917, la hirarchie militaire et le ministre de lInstruction publique et des Beaux-Arts se

    proccupent de garder trace, pour les gnrations futures, des combats meurtriers 5 qui se sont

    drouls dans la Somme. Une commission charge de reconnatre des vestiges ou portions du

    front qui pourraient tre prservs en ltat envoie des reprsentants sur le front en zone

    britannique, accompagns dun oprateur de larme dont on ne connat pas, en ltat actuel

    des recherches, le nom. Il pourrait toutefois sagir de Paul Queste, galement possible auteur

    de nombreuses photographies en couleur prises sur le sujet (voir liste des autochromes).

    En effet, Andr Ventre, architecte en chef des Monuments historiques et membre de la

    commission, a produit une srie de dessins de sites picards endommags pendant le conflit.

    Or, ces dessins correspondent exactement des clichs de Paul Queste dats de la priode

    laquelle la commission a dbut ses travaux. Larchitecte a visiblement excut ses dessins

    daprs les photographies de Queste. LECPAD conserve certaines reproductions

    photographiques des uvres dAndr Ventre (SPA 175 Z). Bien que le projet de prservation

    des sites porte initialement sur la Somme, les dessins dAndr Ventre conservs lECPAD

    concernent essentiellement lOise.

    5 Gwladys Longeard, La lettre du 4septembre1917 relative au classement des vestiges de guerre dans la

    Somme , Revue historique des armes, 242 | 2006, [En ligne], mis en ligne le 5 novembre 2008. URL :

    http://rha.revues.org/index4272.html. Consulte le 29 janvier 2013.

    http://rha.revues.org/index379.html
  • Photo de droite : SPA 175 Z 5980 - glise de Lassigny (Oise), dessin dAndr Ventre, reproduction photographique

    par Lemare. Janvier 1918.

    Photo de gauche : SPA 93 B 5157 glise de Lassigny (Oise), avril 1917. Photographe : Paul Queste/ ECPAD

    En 1918 (mille six cent quarante-neuf photographies), la situation dans lOise reste calme

    jusquau 21 mars, moment o les forces allemandes dclenchent loffensive Michael

    marquant la reprise de la guerre de mouvement. Prserv pendant quelques jours, le

    dpartement connat ensuite la perte de Noyon, reprise par lennemi le 25 mars. En arrire des