LES REPRأ‰SENTATIONS SOCIALES DE ... et l’abandon des aspirations professionnelles de...

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  • KATHLEEN BOUCHER

    LES REPRÉSENTATIONS SOCIALES DE L’ÉDUCATION

    SEXUELLE À L’ADOLESCENCE AU QUÉBEC

    AU TOURNANT DU XXI e SIÈCLE :

    discours au féminin pluriel et singulier

    Thèse présentée

    à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université Laval

    dans le cadre du programme de doctorat sur mesure en psychologie et éducation

    pour l’obtention du grade de Philosophiae doctor (Ph.D)

    FACULTÉ DES ÉTUDES SUPÉRIEURES ET POSTDOCTORALES

    UNIVERSITÉ LAVAL

    QUÉBEC

    2012

    © Kathleen Boucher, 2012

  • RÉSUMÉ

    Divers constats ressortent des recherches menées en éducation sexuelle (ÉS) au tournant

    du XXI e siècle, au Québec et ailleurs en Occident, notamment l’attention accordée à la

    prévention de problèmes sociaux liés à la sexualité de populations dites « à risque ». Les

    femmes et les jeunes filles sont au cœur des préoccupations. D’une part, les

    interventions d’ÉS tendent à responsabiliser davantage les jeunes filles dans la « gestion

    » de leur sexualité et d’autre part, le rôle central joué par les femmes (mères,

    intervenantes) est démontré. Que pensent des femmes de l’ÉS et quelles sont leurs

    expériences de transmission et d’appropriation des savoirs en la matière? Cette thèse

    interdisciplinaire, de nature essentiellement qualitative et fondée sur une épistémologie

    constructiviste et féministe (standpoint theory), s’intéresse aux représentations sociales

    (RS) de l’ÉS à l’adolescence au Québec au tournant du XXI e siècle, dans le contexte de

    la réforme scolaire ayant entraîné la disparition du programme d’ÉS québécois. Trente

    femmes membres de six groupes d’intérêts intéressés à des questions relatives à la

    sexualité (M = 39,9 ans) ainsi que 10 mères (M = 49,2 ans) et 10 filles (M = 19,4 ans),

    pour un échantillon total de 50 participantes, ont respectivement participé à des focus

    groups et à des entretiens individuels semi-dirigés. L’ensemble des participantes s’est

    également prêté à une tâche d’association de mots. Une analyse de contenu qualitative

    et quantitative montre que les RS de l’ÉS s’organisent autour de huit acteurs (école,

    famille, autres intervenant-es, jeunes, pairs, médias, Église, État) et de six dimensions

    (didactique, reproductive/sociosanitaire, sexuelle, affective/relationnelle,

    axiologique/éthique, sociale/psychosociologique). Certaines convergences et

    divergences entre les groupes d’intérêts ainsi qu’entre les mères et les filles sont

    observées. Les résultats de l’analyse qualitative, appuyés par une analyse factorielle des

    correspondances, mettent en relief deux principes organisateurs des prises de position

    des participantes à l’égard du contenu des RS : un axe de liberté versus de contrôle

    sexuels et un axe qui implique une vision sociale/politique versus individuelle/privée de

    la sexualité. Six variables d’ancrage des prises de position de type sociologique et six de

    type psychologique/psychosociologique ressortent. Des recommandations pour la

    recherche et l’intervention sont formulées.

  • ABSTRACT

    Sexual education (SE) research conducted at the turn of the 21st century in Quebec and

    elsewhere in the West, shows that a particular attention has been devoted to the

    prevention of sexually-related social problems of “at risk” populations. Women and

    girls are at the heart of the concerns. On the one hand, SE interventions tend to give

    greater responsibility to girls in the “management” of their sexuality, and on the other,

    the central role played by women (mothers, practitioners) in SE is largely demonstrated.

    What do women think of SE and what are their experiences of transmission and

    appropriation of sexual knowledge? This interdisciplinary thesis, essentially qualitative

    and grounded on a constructivist and feminist (standpoint theory) epistemology, is

    about the social representations (SR) of teenage SE in Quebec at the turn of the 21st

    century, in the context of the school reform which led to the withdrawal of the official

    SE school program. Thirty women members of six interest groups concerned by issues

    related to sexuality (M = 39.9 y.o.), as well as 10 mothers (M = 49.2 y.o.) and 10

    daughters (M = 19.4 y.o.), for a total sample of 50 participants, respectively participated

    in focus groups and individual semi-directed interviews. All the participants also

    responded to a word association task. A qualitative and quantitative analysis of content

    showed that the RS of SE organized themselves around eight agents (school, family,

    other practitioners, youth, peers, media, Church, State), and six dimensions (didactical,

    reproductive/sociosanitary, sexual, affective/relational, axiological/ethical,

    social/psychosociological). Some convergences and divergences between the interest

    groups and the mothers and the daughters were observed. Results from the qualitative

    analysis, supported by a factorial correspondence analysis, highlighted two principles

    which organized the participants’ positions towards the content of the SR: one axis of

    sexual freedom versus of sexual control, and one axis which implied a social/political

    vision of sexuality versus an individual/private vision of sexuality. Twelve anchoring

    variables of the participants’ positions were found; six of sociological type, six of

    psychological/psychosociological type. Recommendations for research and intervention

    are presented.

  • AVANT-PROPOS

    Au terme de cette aventure intellectuelle, il y a des personnes, sans lesquelles la

    réalisation de cette thèse n’aurait pu être possible, que je tiens à remercier.

    D’abord, toute ma reconnaissance aux participantes de cette étude. Elles ont été les

    muses dont les mots inspirants m’ont habitée pendant longtemps. Leur générosité et leur

    disponibilité ont été remarquables.

    Cette thèse aurait difficilement pu être réalisée sans le soutien financier du Conseil de

    recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada et de la Chaire Claire-Bonenfant –

    femmes, savoirs et sociétés de l’Université Laval.

    Je tiens également à souligner la contribution de Laurence Fortin-Pellerin, Marie-

    Hélène Provost, Myrielle Tessier et Annie Truchon à la transcription des focus groups et

    des entretiens. Merci aussi à Laurence pour nos conversations féministes animées! Un

    grand merci également à Fanny Bourgeois pour son aide dans le traitement des données

    sociodémographiques et liées à l’association de mots. Toute ma reconnaissance va aussi

    à Élias Rizkallah, pour son précieux soutien dans les analyses statistiques de données

    textuelles. Sa générosité est admirable et sa passion pour la recherche et la

    méthodologie, contagieuse! Un merci tout spécial également à Luc Poulin, pour son

    aide informatique et pour nos échanges inspirants.

    Les membres de mon comité de thèse ont toute ma gratitude et mon admiration. Leur

    soutien indéfectible, la richesse et l’originalité de leurs réflexions ainsi que leurs

    commentaires positifs et constructifs, ont su m’encourager à persévérer, dans les beaux

    jours comme dans les moments de tempête. Je leur en suis extrêmement reconnaissante.

    Plus précisément, merci à Madame Pierrette Bouchard, professeure retraitée en

    éducation, pour l’élégance de ses recherches et pour son féminisme pragmatique, près

    du vécu des femmes. Un énorme merci aussi à Madame Johanne Daigle, professeure en

  • v

    histoire des femmes, qui m’accueillit dans son bureau un jour où j’étais en proie au

    doute existentiel et qui me proposa le doctorat sur mesure. Son enthousiasme pour la

    recherche, sa confiance en mes capacités et ses commentaires « historiques » éclairants

    m’ont été d’un précieux conseil tout au long de ma démarche. Je remercie également

    Madame Marguerite Lavallée, professeure en psychologie et codirectrice de thèse, pour

    sa vivacité d’esprit, sa curiosité intellectuelle, son œil de lynx si habile à débusquer les

    coquilles et les incohérences et son immense générosité. Et à ma directrice de thèse,

    Madame Francine Dufort, professeure de psychologie communautaire, maintenant

    retraitée, la plus grande des reconnaissances. Francine, en travaillant avec toi toutes ces

    années, j’ai eu la chance d’apprendre mon « métier » de chercheuse comme le faisait

    jadis l’apprentie avec son maître. Tes qualités professionnelles tout autant qu’humaines

    sont une source d’inspiration. Francine, qui sait si bien allier originalité des recherches,

    rigueur intellectuelle, esprit critique, sens de la justice, intégrité, confiance en nos

    capacités, disponibilité, générosité, humour et solidarité. C’est en te côtoyant que j’ai

    forgé l’essentiel de ma pensée et de ma démarche intellectuelle. Je connais ma chance et