Les Quatre Evangiles en un seul

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    05-Jan-2017
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    VANGILEde Notre-Seigneur Jsus-Christ

    (4 vangiles en un seul)

    Chan. A. Weber

    Sommaire

  • 22

    PRFACE DE LVANGILE

    SELON SAINT LUC

    Plusieurs ont dj entrepris de rdiger le rcit des chosesaccomplies au milieu de nous, daprs le tmoignage de ceuxqui les ont vues ds le principe, et qui furent ensuite lesministres de la Parole.

    A mon tour, excellent Thophile, aprs avoirsoigneusement tout examin depuis lorigine, jai cru bon devous en crire, avec ordre, toute la suite, afin que vous soyez

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    convaincu de la vrit des enseignements que vous avez reus.

    LEMMANUEL

    DIEU AVEC NOUS

    (Saint Jean, I, 1-18)Au commencement tait le Verbe, et le Verbe tait en

    Dieu, et le Verbe tait Dieu.

    Au commencement Il tait Dieu.

    Par Lui toutes choses ont t faites; et rien na t fait sans

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    lui.

    Ce qui a t fait tait Vie en Lui; et la Vie tait la Lumiredes hommes. Et la Lumire luit parmi les tnbres, et lestnbres ne Lont point comprise.

    Un homme, ont le nom tait Jean, fut envoy de Dieu. Ilvint pour tre tmoin, pour rendre tmoignage la Lumire,afin que tous crussent par Lui. Il ntait pas la Lumire, mais ildevait rendre tmoignage la Lumire.

    Le Verbe tait la vritable Lumire qui claire tout hommevenant en ce monde. Il tait dans le monde, et le monde a tfait par Lui, et le monde ne la pas connu. Il vint dans Sonpropre domaine, et les siens ne Lont point reu.

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    Mais, tous ceux qui Lont reu, Il a donn le pouvoir dedevenir enfants de Dieu. Ce pouvoir, Il la donn tous ceuxqui croient en Son Nom, qui ne sont pas ns du sang, ni de lavolont de la chaire, ni de la volont dun homme, mais de Dieumme.

    Et le Verbe Sest fait chair, et Il a habit parmi nous.

    Et nous avons vu Sa gloire, Sa gloire comme Fils uniquedu Pre; nous Lavons vu plein de grce et de vrit.

    * * *

    Jean Lui a rendu tmoignage. Il a jet ce cri:

    Cest de Celui-l que je disais: Celui qui doit venir aprsmoi est antrieur moi, parce quIl est au-dessus de moi.

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    * * *

    Et tous, nous avons reu de Sa plnitude: grce sur grce.Car si la Loi nous fut donne par Mose, la grce et la vritnous sont venues par Jsus-Christ.

    * * *

    Nul na jamais vu Dieu. Mais le Fils unique qui est dans lesein du Pre, Lui, nous La fait connatre.

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    PREMIERE PARTIELINCARNATION

    LENFANCE DE JSUS ET SA VIE CACHE

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    JrusalemSeptembre

    CH. I.VISION DE ZACHARIE

    Aux jours dHrode, roi de Jude, vivait un prtre nommZacharie, et appartenant la classe dAbia. Sa femme, appelelisabeth, tait comme lui de la descendance dAaron. Tousdeux taient justes devant Dieu, et si fidles marcher danstous les commandements et observances du Seigneur, quil nyavait rien reprendre dans leur vie. Ils navaient point de fils,car lisabeth tait strile; et tous deux taient avancs en ge.

    Or, tandis que Zacharie, appel par le tour de sa classe,remplissait devant Dieu les fonctions du sacerdoce, il futdsign par le sort, selon la coutume observe entre les prtres,

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    pour entrer dans le Temple du Seigneur et y offrir lencens. Alheure de lencens, toute la multitude du peuple se tenait audehors et priait.

    Et voici quun Ange du Seigneur apparut Zacharie,debout droite de lautel o fumait lencens. A cette vue,Zacharie fut boulevers et saisi dpouvante.

    Ne crains point, Zacharie, lui dit lAnge, car ta prire at exauce. Ta femme lisabeth te donnera un fils que tuappelleras du nom de Jean. Il sera ta joie et ton allgresse, et sanativit sera pour beaucoup un sujet de rjouissance; car il seragrand devant Dieu. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante.Rempli de lEsprit-Saint, ds le sein de sa mre, il convertira ungrand nombre denfants dIsral au Seigneur, leur Dieu. Il

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    prcdera le Seigneur dans lesprit et la vertu dlie, afin defaire revivre dans les enfants les sentiments des aeux, deramener les incrdules la sagesse des justes et de prparer auSeigneur un peuple parfait.

    - Comment connatrai-je la vrit de ce que vousmannoncez, rpondit Zacharie, car je suis un vieillard, et mafemme elle-mme est avance en ge?

    LAnge reprit:

    - Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu. Jai t envoypour te parler et tannoncer cette heureuse nouvelle. Mais,parce que tu nas point eu foi en mes paroles, quisaccompliront en leur temps, voici que tu seras muet et ne

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    pourras parler, jusquau jour o ces choses arriveront.

    Cependant le peuple attendait Zacharie, et il stonnaitquil sattardt si longtemps dans le Temple. Il sortit enfin.Mais il ne pouvait parler. Le peuple comprit quil avait eu unevision dans le Temple: lui-mme le donnait entendre parsignes. Et il resta muet.

    Quand les jours de son ministre furent accomplis, ilretourna en sa demeure; et, dans les jours qui suivirent, safemme lisabeth conut. Durant cinq mois, elle se tint cache tous les regards, se disant en elle-mme: Telle est donc lafaveur que le Seigneur ma faite, aux jours o il a daign leverlopprobre qui pesait sur moi aux yeux des hommes!

  • 1212

    Nazareth - 25 mars

    CH. IIANNONCIATION

    Six mois aprs, Dieu envoya lAnge Gabriel dans une villede Galile, appele Nazareth, vers une Vierge, fiance unhomme de la maison de David, qui sappelait Joseph. Le nomde la Vierge tait Marie.

    LAnge, tant entr dans Sa demeure, Lui dit:

    Je Vous salue, pleine de grce, le Seigneur est avec Vous,Vous tes bnie entre les femmes.

    Marie, ces paroles, fut trouble; Elle Se demandait,pensive, ce que pouvait tre une telle salutation.

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    Ne craignez pas, Marie, reprit lAnge, car Vous aveztrouv grce devant Dieu. Voici que Vous concevrez dansVotre sein, et Vous enfanterez un Fils, et Vous Lui donnerez lenom de JSUS. Il sera grand, on Lappellera le Fils duTrs-Haut; le Seigneur Dieu Lui donnera le trne de David, Sonpre; Il rgnera ternellement sur la maison de Jacob. Et Sonrgne sera sans fin.

    - Mais, dit Marie, puisque Jai rsolu de rester Vierge,comment cela saccomplira-t-il?

    - LEsprit-Saint surviendra en Vous; la Vertu du Trs-HautVous couvrira de Son ombre! Cest pourquoi ltre saint quinatra de Vous, sera appel le Fils de Dieu. Et voil que Votreparente lisabeth, elle aussi, a conu un fils dans sa vieillesse:

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    et celle quon appelait strile en est son sixime mois. Riennest impossible Dieu.

    Alors Marie rpondit:

    - Voici la servante du Seigneur; quil Me soit fait selonvotre parole!

    Et lAnge sloigna.

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    Juttah? - Avril, mai, juin

    CH. III.VISITATION

    En ces mmes jours, Marie Se mit en chemin, et Sen allaen toute hte au pays des montagnes, vers une ville de Juda.

    En entrant dans la maison de Zacharie, Elle salualisabeth. Ds qulisabeth eut entendu la salutation de Marie,lenfant quelle portait tressaillit; elle-mme fut remplie delEsprit-Saint et, poussant une vive exclamation, elle scria:

    Vous tes bnie entre les femmes, et le Fruit de Vosentrailles est bni!... Et do me vient que la Mre de monSeigneur daigne venir jusqu moi? Sitt que la voix de Votre

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    salutation est arrive mon oreille, lenfant a tressailli de joiedans mon sein. Ah! Vous tes bienheureuse, Vous qui avez cru,car tout ce que le Seigneur Vous a dit saccomplira!

    Marie dit alors:

    Mon me glorifie le Seigneur.

    Et mon esprit tressaille de joie en Dieu Mon Sauveur,

    Parce quIl a regard lhumilit de Sa servante.

    Et voici que dsormais toutes les gnrations meproclameront bienheureuse:

    Car Celui qui est Puissant a fait en moi de grandeschoses:

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    Et Son Nom est saint:

    Et Sa Misricorde stend, dge en ge, sur tous ceuxqui Le craignent.

    Il a dploy la puissance de Son bras.

    Il a dispers les superbes qui sexaltaient dans lorgueilde leurs penses.

    Il a renvers les puissants de leur trne, et relev leshumbles.

    Il a combl de biens les affams; et les riches, il Les arenvoys, les mains vides.

    Il a relev Isral, Son serviteur,

  • 1818

    Se souvenant aux sicles des sicles, comme il lavaitpromis nos pres, de sa Misricorde envers Abraham et sapostrit.

    Or Marie demeura environ trois mois avec lisabeth.

  • 1919

    Juttah? - 24 juin

    CH. IV.NATIVIT DU PRCURSEUR

    Le temps tait venu pour lisabeth denfanter; elle mit aumonde un fils. Ses voisins et ses parents, ayant appris que Dieuavait dploy Ses misricordes envers elle, len flicitaient.

    Au huitime jour, ils se runirent pour la circoncision delenfant, et ils le nommaient Zacharie, du nom de son pre.Alors la mre prenant la parole:

    Non pas, dit-elle, il sappellera Jean.

    - Mais, lui fit-on observer, personne, dans votre famille, nesappelle ainsi.

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    Et lon sadressa au pre, par signes, pour savoir commentil voulait le nommer. Il se fit apporter des tablettes:

    Jean est son nom, crivit-il.

    Tout le monde en fut dans ltonnement.

    linstant mme les lvres de Zacharie souvrirent, salangue se dlia, et il parlait, bnissant Dieu.

    La crainte se rpandit par tout le voisinage. Dans lesmontagnes de Jude, il ne fut bruit que de ces prodiges, et ceuxqui en entendaient le rcit, le recueillaient dans leur coeur etdisaient:

    Que pensez-vous que sera cet enfant? car la main duSeigneur est sur lui.

  • 2121

    Quant Zacharie, son pre, il fut rempli de lEsprit-Saint,et il prophtisa, disant:

    Bni soit le Seigneur, Dieu dIsral, parce quIl a visitSon peuple et opr sa rdemption.

    Il nous a suscit un Sauveur puissant, dans la maison deDavid, Son serviteur, selon quIl lavait annonc par la bouchede Ses saints Prophtes, aux sicles couls.

    Il nous sauvera de nos ennemis et des mains de tous ceuxqui nous hassent,

    Pour accomplir Sa misricorde envers nos pres, pourmontrer quIl Se souvient de Son alliance sainte, du sermentquIl a jur Abraham notre pre, de nous accorder cette

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    faveur:

    Que, dlivrs des mains de nos ennemis, nous Le servionssans crainte, marchant devant Lui dans la saintet et la justice,tous les jours de notre vie.

    Et toi, enfant, tu seras appel le Prophte du Trs-Haut;car tu iras devant la face du Seigneur, pour Lui prparer lesvoies, pour apprendre Son peuple la science du salut, dans larmission des ses pchs, par les entrailles de la misricorde denotre Dieu.

    Par elles, un Astre se levant den Haut, nous a visits:

    Afin dilluminer ceux qui sont assis dans les tnbres etles ombres de la mort, et de diriger nos pas dans la voie de la

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    paix.

    Or, lenfant croissait et se fortifiait en esprit; et il demeuradans les dserts, jusquau jour de sa manifestation devant Isral.

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    CH. V.GNALOGIE DE NOTRE-SEIGNEUR

    selon saint MatthieuTable gnalogique de Jsus-Christ,Fils de David, fils

    dAbraham

    Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacobengendra Juda et ses frres; Juda engendra, de Thamar, Pharset Zara; Phars engendra Esron; Esron engendra Aram; Aramengendra Aminadab, Aminadab engendra Naasson; Naassonengendra Salmon; Salmon, de Rahab, engendra Booz; Booz, de

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    Ruth, engendra Obed; Obed engendra Jess; Jess engendra leroi David.

    Le roi David engendra Salomon, de celle qui fut la femmedUrie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abias;Abias engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphatengendra Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendraJoathan; Joathan engendra Achaz; Achaz engendra zchias;zchias engendra Manass; Manass engendra Amon; Amonengendra Josias; Josias engendra Jchonias et ses frres, autemps de la transmigration de Babylone.

    Aprs la transmigration de Babylone, Jchonias engendraSalathiel; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendraAbiud; Abiud engendra liacim; liacim engendra Azor; Azor

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    engendra Sadoc; Sadoc engendra Achim; Achim engendraliud; liud engendra lazar; lazar engendra Mathan;Mathan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, lpoux deMarie, de Laquelle est n Jsus quon appelle le Christ.

    Il y a donc en tout:

    Depuis Abraham jusqu David, quatorze gnrations.

    Depuis David jusqu la transmigration de Babylone,quatorze gnrations.

    Depuis la transmigration de Babylone jusquau Christ,quatorze gnrations.

  • 2727

    NazarethJuillet

    CH. VI.PREUVE ET CONSOLATION

    Or, telle fut la gnration du Christ:

    Aprs la circoncision du Prcurseur, Marie tait revenue Nazareth.

    Prcdemment fiance Joseph, il fut sensible, avant leurunion, quelle portait dans Son sein le fruit du Saint-Esprit.

    Joseph, lpoux de Marie, tait juste. Ne voulant point Ladnoncer, il rsolut de La renvoyer en secret.

    Ces penses sagitaient en son coeur, lorsque lAnge du

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    Seigneur lui apparut en songe et lui dit:Joseph, fils de David, ne crains pas de recevoir Marie

    pour ton pouse, car ce qui est ne en Elle vient du Saint-Esprit.Elle enfantera un Fils, et tu Lui donneras le nom de JSUS.Cest Lui, en effet, qui sauvera Son peuple de ses pchs.

    Tout ceci ntait que la ralisation de ce que le Seigneuravait dit par Son Prophte: Voici que la Vierge concevra dansSon sein et enfantera un Fils; et Il sera appel EMMANUEL,cest--dire: Dieu avec nous.

    Joseph, stant lev, accomplit les ordres de lAnge etreut Marie pour pouse; mais il respecta Sa virginit. Etquand Marie enfanta Son Fils premier-n, il Lui imposa le nomde Jsus.

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    Bethlem - 25 dcembre

    CH. VII.NOEL. LA CIRCONCISION

    En ces jours-l, parut un dit de Csar-Auguste, ordonnantle dnombrement universel des peuples. Ce premierdnombrement fut excut, en Palestine, par Cyrinus,gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire inscrire, chacundans son lieu dorigine.

    Joseph, qui tait de la maison et de la famille de David,partit donc de Nazareth, ville de la Galile, et monta vers lepays de Jude, dans la cit de David, appele Bethlem, afin desy faire inscrire avec Marie, son pouse, qui allait tre mre.

    Or, pendant quils taient l, arriva le terme auquel Marie

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    devait enfanter. Et Elle mit au monde Son Fils premier-n.

    Elle Lenveloppa de langes et Le coucha dans une crche,parce que, pour eux, il ny avait pas de place dans lhtellerie.

    Aux environs, des bergers passaient la nuit dans leschamps, veillant tour tour la garde de leur troupeau.Soudain un Ange du Seigneur sarrta prs deux; la gloire deDieu les environna de Sa lumire, et ils furent saisis dunegrande frayeur.

    Ne craignez point, leur dit lAnge, car voici que je vousannonce la bonne Nouvelle dune grand joie, pour vous et pourtout le peuple. Aujourdhui, dans la cit de David, vous est nun Sauveur: cest le Christ, le Seigneur! Et voici le signe que

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    je vous donne pour Le reconnatre: Vous trouverez un Enfant,envelopp de langes et couch dans une crche.

    Au mme instant, se joignit lAnge une troupe de lamilice cleste. Ils louaient Dieu et disaient:

    Gloire Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, Paixaux hommes de bonne volont!

    Et lorsque les Anges, remontant au ciel, les eurent quitts,les bergers se disaient lun lautre:

    Allons jusqu Bethlem, et voyons ce prodige qui vientdarriver, et que le Seigneur nous a fait connatre.

    Ils partirent en toute hte et trouvrent Marie et Joseph, etlEnfant. Et tous ceux qui lapprirent en furent merveills,

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    ainsi que des rcits que faisaient les bergers.

    Quant Marie, Elle recueillait toutes ces choses et lesrepassait dans Son coeur.

    Les bergers sen retournrent, glorifiant et louant Dieu detout ce quils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait tannonc.

    Huit jours aprs, lorsque lEnfant dut tre circoncis, onLappela JSUS, nom que lAnge Lui avait donn, avant mmequIl ft conu dans le sein de Sa Mre.

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    Jrusalem. - 2 Fvrier

    CH. VIII.PRSENTATION DE JSUS AU TEMPLEPURIFICATION DE MARIE

    Quand fut rvolu le nombre des jours prescrits par la Loide Mose, pour la Purification de Marie, on porta lEnfant Jrusalem, pour Le prsenter au Seigneur. Il fallait accomplirce prcepte de la Loi divine: Tout enfant mle, premier-n desa mre, sera consacr au Seigneur. En excution de mmeprcepte, on devait offrir en sacrifice un couple de tourterellesou deux jeunes colombes.

    Or, il y avait Jrusalem un homme juste et craignantDieu, nomm Simon, qui vivait dans lattente de la consolation

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    dIsral. Lesprit-Saint tait en lui, et il lui avait rvl quil nemourrait point sans avoir vu le Christ du Seigneur.

    Conduit par lEsprit, il monta au Temple, et, lorsquelEnfant Jsus y fut apport par Ses Parents, afin daccomplirpour Lui ce quordonnait la Loi, il Le prit entre ses bras et bnitDieu en disant:

    Maintenant, Seigneur, Vous laissez, selon Votre parole,Votre serviteur sen aller en paix!

    Puisque mes yeux ont vu le Sauveur qui vient de vous:

    Ce Sauveur que Vous avez prpar pour tre, la facede tous les peuples,

    La Lumire qui clairera les nations, et la gloire dIsral

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    Votre peuple.

    Le Pre et la Mre de lEnfant taient dans ladmirationdes choses quon disait de Lui. Simon les bnit; puis il dit Marie, Sa Mre:

    Cet Enfant est n pour la ruine et la rsurrection dungrand nombre en Isral. Il sera un signe auquel sattachera lacontradiction.

    Pour Vous, un glaive transpercera Votre me. Ainsiseront dvoiles les penses que beaucoup dissimulent au fondde leurs coeurs.

    Il y avait l galement une prophtesse, Anne, fille dePhanuel, de la tribu dAzer. Elle tait fort avance en ge.

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    Engage dans le mariage ds sa jeunesse, elle y avait vcu septans; puis elle tait reste veuve jusqu lge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait point le Temple, servant Dieu, nuit etjour, dans les jenes et les oraisons.

    Survenant en cette mme heure, elle aussi bnissait Dieu,et parlait de cet Enfant tous ceux qui attendaient laRdemption dIsral.

    Aprs avoir satisfit aux prescriptions de la Loi duSeigneur, ils taient retourns en Galile, dans leur ville deNazareth. Mais ils ne tardrent pas revenir Bethlem.

  • 3737

    Bethlem.

    CH. IX.LES MAGES

    Aprs la naissance de Jsus Bethlem de Juda, sous lergne dHrode, voici que des Mages, venus de lOrient,arrivrent Jrusalem.

    O donc se trouve, demandaient-ils, ce Roi des Juifs quivient de natre? Nous avons vu Son toile en Orient, et noussommes venus pour Ladorer.

    A cette question, le roi Hrode fut boulevers, et, avec lui,toute la ville de Jrusalem. Il fit assembler tous les Princes desprtres et les Scribes du peuple, et il les pressa de lui dire en

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    quel lieu devait natre le Christ.

    Cest, rpondirent-ils, Bethlem de Juda. Voici, eneffet, ce qui a t crit par le Prophte: Et toi Bethlem, terrede Juda, tu nest pas assurment la moindre, parmi lesprincipales cits de Juda, car cest de toi que sortira le Chef quidoit rgir Isral, Mon peuple.

    Hrode fit venir alors les Mages en secret, senquit deux,avec soin, de lpoque o ltoile leur tait apparue et lesenvoya Bethlem:

    Allez, leur dit-il, informez-vous exactement de lEnfant,et, quand vous Laurez trouv, revenez me rendre compte, afinque moi aussi jaille ladorer.

  • 3939

    Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voici que ltoile,quils avaient vue en Orient, allait devant eux, jusqu cequtant arrive au-dessus du lieu o tait lEnfant, elle syarrta. En revoyant ltoile, ils furent transports dune joieextrme.

    Ils entrent dans la maison, ils y trouvent lEnfant avecMarie, Sa Mre, et, aussitt, ils se prosternent et ladorent.Ouvrant ensuite leurs trsors, ils Lui offrent en prsents: delor, de lencens et de la myrrhe.

    Puis, ayant t avertis en songe de ne point revenir versHrode, ils retournrent dans leur pays par un autre chemin.

  • 4040

    Bethlem.gypte.Nazareth.

    CH. X.FUITE EN GYPTEMASSACRE DES SAINTS INNOCENTS.

    RETOUR A NAZARETH.

    Lorsque les Mages furent partis, lAnge du Seigneurapparut Joseph, durant son sommeil:

    Lve-toi, lui dit-il, prends lEnfant et Sa Mre, et fuis engypte. Tu y resteras jusqu ce que je tavertisse, car Hrodeva chercher lEnfant pour Le faire prir.

    Joseph se leva, prit lEnfant et Sa Mre, et, cette nuitmme, alla chercher un refuge en gypte. Il y resta jusqu la

  • 4141

    mort dHrode. Ainsi fut accomplie la parole que le Seigneuravait dite par la bouche du Prophte: Jai rappel Mon Filsde lgypte.

    Hrode entra en fureur, quand il se vit djou par lesMages. Se rappelant les indications de temps quil en avaitrecueillies, il ordonna dgorger tous les enfants de Bethlem etdes environs, qui navaient pas plus de deux ans. En ce jour futralise cette parole du prophte Jrmie: Une voix sest faitentendre dans Rama; partout ce ntait que larmes et sanglots:Rachel pleure ses enfants et ne veut point tre console, parcequils ne sont plus.

    Aprs la mort dHrode, lAnge du Seigneur apparut ensonge Joseph, en gypte:

  • 4242

    Lve-toi, lui dit-il, prends lEnfant et Sa Mre, etretourne dans la terre dIsral, car ils sont morts, ceux qui envoulaient la vie de lEnfant.

    Joseph stant lev, prit lEnfant et Sa Mre et revint aupays dIsral. L, il apprit quArchlas rgnait en Jude, laplace dHrode, son pre. Il nosa y aller, et, averti en songe, ilse retira dans le pays de Galile. Ils se fixrent dans leur villede Nazareth, afin que ft accomplie cette parole des Prophtes: On Lappellera le Nazaren.

  • 4343

    Jrusalem.La Fte de la Pque.

    CH. XI.JSUS PERDU ET RETROUV

    Cependant lEnfant croissait et Se fortifiait. Il tait pleinde sagesse et la grce de Dieu tait en Lui.

    Ses Parents allaient chaque anne Jrusalem, pour lessolennits de la Pque. Toute la famille sy rendit, selon lacoutume de cette fte, lorsque Jsus eut atteint Sa douzimeanne.

    Les jours saints tant passs, ils prirent le chemin duretour.

    Or lEnfant Jsus tait rest Jrusalem, sans que ses

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    parents sen fussent aperus. Supposant quIl tait dans luneou lautre compagnie, ils firent une journe de voyage. Alors ilsLe cherchrent anxieusement parmi ceux de leur parent etparmi leurs connaissances. Ne Layant point trouv, ilsretournrent Jrusalem, Le cherchant toujours.

    Aprs trois jours, ils Le dcouvrirent dans le Temple. Iltait assis au milieu des Docteurs, les coutant et lesinterrogeant. Tous ceux qui Lentendaient taient stupfaits deSa sagesse et de Ses rponses.

    En Le voyant ainsi, Ses Parents furent eux-mmes trssurpris.

    Mon Fils, Lui dit Sa Mre, pourquoi donc avez-Vous agi

  • 4545

    de la sorte notre gard? Voil que Votre Pre et Moi, nousVous cherchions dans la plus douloureuse angoisse.

    - Pourquoi Me cherchiez-vous? rpondit-Il. Ne saviez-vous pas quil faut que Je sois aux affaires de Mon Pre?

    Mais ils ne comprirent pas cette parole quIl leur disait.Descendant avec eux, Il retourna Nazareth; et Il leur taitsoumis.

    Pour Sa Mre, Elle conservait toutes ces choses dans SonCoeur.

    Et Jsus avanait en sagesse, en ge et en grce devantDieu et devant les hommes.

  • 4646

    DEUXIME PARTIEDE LA PRDICATION DE JEAN

    LA DEUXIEME PQUE

    PREMIRE ANNEDU MINISTRE PUBLIC DE NOTRE-SEIGNEUR

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    Bthabara.Juillet

    CH. I.PRDICATION DE JEAN-BAPTISTE

    Lan quinzime de lempire de Tibre-Csar: - Ponce-Pilate tant Gouverneur de la Jude; - Hrode, Ttrarque de laGalile; - Philippe, son frre, Ttrarque de lIture et du pays deTrachonite; - Lysanias, Ttrarque de lAbilne; - sous leSouverain Pontificat dAnne et de Caphe, la voix de Dieu se fitentendre Jean, fils de Zacharie, dans le dsert.

    Et Jean sen alla dans le dsert de Jude et dans toute largion du Jourdain, prchant un baptme de pnitence pour larmission des pchs. Il disait:

  • 4848

    Faites pnitence! car le Royaume des cieux approche.

    Cest lui dont le Prophte Isae avait crit:

    Voici que jenvoie mon Ange devant ta face pour teprparer le chemin. Sa voix criera dans le dsert: Prparez lechemin du Seigneur, redressez devant Lui les sentiers. Quetoute valle soit comble; que toute montagne et que toutecolline soient abaisses. Que les voies tortueuses deviennentdroites, que les raboteuses soient aplanies: Alors tout hommeverra le salut qui vient de Dieu.

    Or Jean avait un vtement en poils de chameau, et, autourdes reins, une ceinture de cuir. Des sauterelles, du miel desbois, taient sa nourriture.

  • 4949

    Tout le pays de Jude, tous les habitants de Jrusalem ettoutes les contres voisines du Jourdain venaient lui,confessant leurs pchs; et il les baptisait dans le fleuve.

    Ayant remarqu parmi ceux qui rclamaient son baptme,un grand nombre de Pharisiens et de Saducens:

    Engeance de vipres, scria-t-il, qui vous a faitcomprendre que vous aviez fuir devant la colre qui vient?...Faites donc de dignes fruits de pnitence!... Et ne vous rassurezpas en vous-mmes, disant: Nous avons Abraham pourpre. Je vous le dclare: de ces pierres mmes, Dieu peutsusciter des enfants Abraham... Dj la cogne est la racinedes arbres: Tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupet jet au feu.

  • 5050

    Il prchait de mme aux multitudes qui venaient de toutesparts solliciter son baptme. Et les multitudes lui demandaient:

    Que faut-il que nous fassions?

    Il rpondait:

    Que celui qui possde deux tuniques en donne une celui qui nen a point; et que celui qui est pourvu dalimentsfasse de mme.

    Des Publicains se prsentrent son baptme, etlinterrogrent, eux aussi:

    Matre, quavons-nous faire?

    - Nexigez rien de plus que ce qui vous est prescrit par

  • 5151

    les ordonnances.

    Des soldats lui posrent la mme question:

    Et nous, que ferons-nous?

    - Abstenez-vous de toute violence et de toute fraude;contentez-vous de votre solde.

    Or, le peuple flottait en ses penses, au sujet de Jean, ettous se demandaient sil ne serait pas le Christ. Rpondant ces doutes, Jean dit la multitude:

    Je ne vous donne, moi, que le baptme deau pour lapnitence. Mais Celui qui doit venir aprs moi est plus puissantque moi. Je ne suis pas digne de porter ses sandales, ni mme,me prosternant Ses pieds, den dlie la courroie. Celui-l,

  • 5252

    cest dans lEsprit-Saint et dans le feu, quIl vous baptisera. Ila le van dans la main et Il nettoiera Son aire. Il rassemblera lefroment dans Son grenier, et brlera la paille dans le feu qui nesteint jamais.

    Cest par ces discours et par beaucoup dautressemblables quil exhortait le peuple et lui annonait la BonneNouvelle.

  • 5353

    Bthabara. - 6 Janvier.

    CH. II.BAPTME DE JSUS

    Sa Gnalogie daprs Saint LucAlors Jsus, quittant la ville de Nazareth en Galile, vint

    au Jourdain, vers Jean, pour recevoir Son baptme.

    Jean sy refusait en disant:

    Mais, cest moi qui ai besoin dtre baptis par Vous;...et cest Vous qui venez moi!

    - Souffre-le, pour lheure prsente, lui rpondit Jsus,cest ainsi quil convient que nous accomplissions toute

  • 5454

    justice.

    Sur cette parole, Jean nhsita plus; et Jsus fut baptispar lui dans le Jourdain.

    Ds quIl fut baptis, Jsus sortit du fleuve. Tandis que lafoule se faisait baptiser et que Jsus priait sur la rive, soudainles cieux souvrirent et lEsprit-Saint descendit visiblement,sous la forme dune colombe, et Se reposa sur Lui. En mmetemps, une voix du ciel fit entendre ces paroles:

    Celui-ci est Mon Fils bien-aim; en Lui Jai mis toutesMes complaisances.

    Jsus avait environ trente ans quand Il commena Sonministre. Il passait pour le Fils de Joseph.

  • 5555

    Or, Joseph tait fils dHli, qui le fut de Mathat, qui le futde Lvi, qui le fut de Melchi, qui le fut de Jann, qui le fut deJoseph, qui le fut de Mathathias, qui le fut dAmos, qui le futde Nahum, qui le fut de Hesli, qui le fut de Nagg, qui le fut deMahath, qui le fut de Mathathias, qui le fut de Sm, qui le futde Joseph, qui le fut de Juda, qui le fut de Joanna, qui le fut deRsa, qui le fut de Zorobabel, qui le fut de Salathiel, qui le futde Nri, qui le fut de Melchi, qui le fut dAddi, qui le fut deCosan, qui le fut dElmadan, qui le fut de Her, qui le fut deJsus, qui le fut dElizer, qui le fut de Jorim, qui le fut deMathat, qui le fut de Lvi, qui le fut de Simon, qui le fut deJuda, qui le fut de Joseph, qui le fut de Jona, qui le futdEliakim, qui le fut de Mla, qui le fut de Menna, qui le fut deMathatha, qui le fut de Nathan, qui le fut de David.

  • 5656

    David le fut de Jess, qui le fut dObed, qui le fut deBooz, qui le fut de Salmon, qui le fut de Naasson, qui le futdAminadab, qui le fut dAram, qui le fut dEsron, qui le fut dePhars, qui le fut de Juda, qui le fut de Jacob, qui le fut dIsaac,qui le fut dAbraham, qui le fut de Thar, qui le fut de Nachor,qui le fut de Sarug, qui le fut de Ragua, qui le fut de Phaleg,qui le fut dHber, qui le fut de Sal, qui le fut de Canan, qui lefut dArphaxad, qui le fut de Sem, qui le fut de No.

    No le fut de Lamech, qui le fut de Mathusal, qui le futdHenoch, qui le fut de Jared, qui le fut de Malalel, qui le futde Canan, qui le fut dEnos, qui le fut de Seth, qui le futdAdam, qui le fut de DIEU.

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    Dsert de Jricho.Du 6 Janvier au 16 Fvrier.

    CH. III.JEUNE ET TENTATION DE JSUS

    Jsus, plein de lEsprit de Dieu, quitta le Jourdain et futconduit par limpulsion du mme Esprit dans un dsert, pour ytre tent par Satan. Durant quarante jours et quarante nuits, IlSabstint de toute nourriture et demeura parmi les animaux dudsert. Aprs ce temps coul, Il eut faim.

    Le tentateur sapprocha et Lui dit:

    Si Tu es le Fils de Dieu, commande ces pierres de sechanger en pain.

    Jsus lui rpondit:

  • 5858

    Il est crit: Lhomme ne vit pas seulement de pain,mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

    Alors le dmon Le transporta dans la cit sainte deJrusalem, et Le plaa sur le fate du Temple.

    Si Tu es le Fils de Dieu, reprit-il, jette-Toi en bas; car ilest crit: Dieu a ordonn Ses anges de Te prendre en leursmains, afin que Ton pied ne heurte pas contre la pierre.

    - Il est crit galement, dit Jsus: Tu ne tenteras pointle Seigneur ton Dieu.

    De nouveau le dmon Lenleva et Le transporta sur unetrs haute montagne. De l, il Lui fit envisager en un instanttous les royaumes du monde avec leur splendeur.

  • 5959

    Cette gloire, cette puissance sont moi! lui assura-t-il;elles mont t livres, et je les donne qui je veux. Eh bien!tout cela Tappartiendra; je Te le donnerai, si, tombant mesgenoux, Tu madores!

    - Arrire, Satan! car il est crit: Tu adoreras leSeigneur ton Dieu, et tu le serviras Lui seul.

    Ayant puis tous ses moyens de tentation, le dmon quittaJsus, pour un temps. Et voil que les anges sapprochrent, etils Le servaient.

  • 6060

    Bthabara. - 15 Fvrier.

    CH. IV.TMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTEAUX ENVIRONS DE JRUSALEM

    Voici quel fut le tmoignage de Jean, quand les Juifs deJrusalem lui envoyrent des prtres et des lvites pour luiposer cette question:

    Qui tes-vous?

    Il sexpliqua sans dtour, et il dclara ouvertement:

    Je ne suis point le Christ.

    - Qui donc tes-vous? reprirent-ils, tes-vous lie?

  • 6161

    - Je ne le suis point.

    - Etes-vous le Prophte?

    - Non!

    - Mais enfin, qui tes-vous? - Il faut que nous portionsune rponse ceux qui nous ont envoys. Que dites-vous devous-mme?

    - Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le dsert: Rendez droit le chemin du Seigneur , comme la dit leProphte Isae.

    Or, ceux qui avaient t envoys appartenaient la sectedes Pharisiens. Ils poursuivirent leurs questions:

  • 6262

    Pourquoi donc baptisez-vous, si vous ntes ni le Christ,ni lie, ni le Prophte?

    Jean rpondit:

    Moi, je baptise dans leau. Mais, au milieu de vous, il enest un que vous ne connaissez point. Cest Lui qui doit veniraprs moi, bien quIl existe avant moi; et je ne suis pas digne dedlier la courroie de Sa chaussure.

    Ceci se passait Bthanie, de lautre ct du Jourdain, oJean baptisait.

  • 6363

    Bthabara. - 16 Fvrier.

    CH. V.L'AGNEAU DE DIEULES PREMIERS DISCIPLES DE JSUS

    Le lendemain, Jean aperut Jsus qui venait vers lui:

    Voici lAgneau de Dieu! scria-t-il, voici Celui quiefface le pch du monde! Cest de Lui que jai dit: Aprsmoi vient un Homme qui a t mis au-dessus de moi, parcequIl tait avant que je sois. Je ne Le connaissais point; maiscest pour quIl soit manifest en Isral que je suis venu baptiserdans leau.

    Jean rendit encore ce tmoignage:

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    Jai vu lEsprit descendre du ciel sous la forme dunecolombe et se reposer sur Lui. Je ne Le connaissais point.Mais Celui qui ma envoy pour baptiser dans leau mavait dit: LHomme sur lequel tu verras lEsprit descendre et Sereposer, cest Celui-l qui baptise dans lEsprit-Saint. Or jeLai vu, et je tmoigne quIl est le Fils de Dieu.

    Bords du Jourdain. - 17 Fvrier.Le jour suivant, Jean tait encore l, avec deux de ses

    Disciples. Voyant passer Jsus, il dit:

    Voici LAgneau de Dieu!

    Les deux Disciples, lentendaient parler ainsi, se mirent suivre Jsus.

  • 6565

    Alors Jsus Stant retourn, et les voyant Sa suite:

    Que cherchez-vous? leur demanda-t-Il.

    - Rabbi, (ce mot veut dire Matre) o demeurez-vous?

    - Venez et voyez, rpondit Jsus.

    Ils allrent donc et virent o Il demeurait. Et ils restrentavec Lui ce jour-l. Or, Il tait environ la dixime heure.

    Andr, frre de Simon-Pierre, tait lun des deux qui, surle tmoignage de Jean, staient mis suivre Jsus. Le premierquil rencontra fut son frre Simon. Il lui dit:

    Nous avons trouv le Messie! cest--dire le Christ.

    Et il lamena Jsus. Ayant fix sur lui Son regard:

  • 6666

    Tu es Simon, fils de Jona, lui dit Jsus. Dsormais tutappelleras Cphas, cest--dire Pierre.

    Route de la Galile. - 18 Fvrier.Le lendemain, Jsus, qui avait rsolu de retourner en

    Galile, rencontra Philippe et lui dit:

    Suis-Moi!

    Philippe tait de Bethsade, de la mme ville quAndr etPierre.

    Philippe rencontra Nathanal:

    Nous Lavons trouv, lui dit-il, Celui dont parle Mosedans la Loi et quannoncent les Prophtes: Cest Jsus, le fils

  • 6767

    de Joseph, de Nazareth!

    - De Nazareth! rpondit Nathanal, que peut-il en sortirde bon?

    - Viens, et vois! reprit Philippe.

    Regardant Nathanal qui arrivait, Jsus dit de lui:

    Voici vraiment un Isralite, il ny a en lui aucuneduplicit.

    - Avant que Philippe tappelt, rpondit Jsus, lorsque tutais sous le figuier, Je tai vu.

    - Rabbi, scria Nathanal, Vous tes le Fils de Dieu!Vous tes le Roi dIsral!

  • 6868

    Jsus reprit:

    Parce que Je tai dit que Je tavais vu sous le figuier, tucrois. Tu verras de plus grandes choses encore.

    Puis Il ajouta.

    En vrit, en vrit, Je vous le dis: Vous verrez le cielouvert et les Anges de Dieu montant et descendant au-dessus duFils de lHomme.

  • 6969

    Cana. - 21 Fvrier.

    CH. VI.LES NOCES DE CANA.

    Trois jours aprs quils eurent quitt les rives du Jourdain,on clbrait des noces Cana en Galile. La Mre de Jsus ytait; Jsus y fut galement convi avec Ses Disciples.

    Le vin tant venu manquer, la Mre de Jsus Lui dit:

    Ils nont plus de vin.

    - O Femme, Lui rpondit-Il, que voulez-vous de Moi?Mon heure nest pas encore venue.

    Sa Mre dit ceux qui servaient:

  • 7070

    Faites tout ce quIl vous dira.

    Or il y avait l six urnes de pierre, disposes pour lespurifications en usage parmi les Juifs, et contenant chacunedeux ou trois mtrtes.

    Emplissez deau ces urnes , dit Jsus.

    Ils les remplirent jusquau bord.

    Puisez maintenant, reprit Jsus, et portez lordonnateurdu festin.

    Ils le firent.

    A peine eut-il got leau change en vin que, ne sachantdo venait ce vin (ce que savaient bien les serviteurs qui

  • 7171

    avaient puis leau), lordonnateur du festin appela lpoux.

    Tout le monde, lui dit-il, sert dabord le bon vin, et,quand les convives sont dj en brit, on fait passer la qualitinfrieure. Vous, au contraire, vous avez gard le bon vinjusqu ce moment.

    Ce fut l le premier des miracles de Jsus. Il lopra Cana en Galile. Par l Il manifesta Sa gloire, et Ses Disciplescrurent en Lui.

  • 7272

    Capharnam.Derniers jours de Fvrier, Mars.

    Jrusalem.Fte de Pque.

    CH. VII.PREMIER VOYAGE A CAPHARNAMPREMIERE PQUE

    LES VENDEURS EXPULSS DU TEMPLE

    Jsus descendit ensuite Capharnam avec Sa Mre, Sesproches et Ses Disciples; mais ils ny restrent que peu dejours.

    La Pque des Juifs, en effet, ntant pas loigne, Jsusmonta vers Jrusalem.

    Il trouva dans le Temple des vendeurs de boeufs, de brebis

  • 7373

    et de colombes et des changeurs assis leurs tables.

    Se faisant aussitt avec des cordes une sorte de fouet, Illes chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les boeufs,rpandit terre largent des changeurs et renversa leurs tables.Puis Il dit ceux qui vendaient des colombes:

    Enlevez tout cela dici, et ne faites pas de la Maison deMon Pre une maison de trafic.

    Les disciples se ressouvinrent alors quil est crit:

    Le zle de Votre Maison me dvore.

    Les Juifs intervinrent bientt:

    Quel signe as-Tu nous montrer, Lui dirent-ils, pour agir

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    de la sorte?

    - Dtruisez ce Temple, rpliqua Jsus, et, en trois jours,Je le relverai.

    - On a mis quarante-six ans le btir, et Toi, Tu lerelveras en trois jours? dirent les Juifs.

    Mais Jsus parlait du Temple de Son propre corps. Plustard, lorsquIl fut ressuscit dentre les morts, les Disciples serappelrent ce quIl avait dit, et ils crurent lcriture et laparole que Jsus venait de faire entendre.

    Or, pendant que Jsus tait Jrusalem pour les ftes dela Pque, un grand nombre, la vue des miracles quIl oprait,eurent foi en Son nom. Mais Jsus ne Se fiait pas eux, parce

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    quIl les connaissait tous. Il navait pas besoin que personnevnt Le renseigner sur qui que ce soit, Il savait par Lui-mme cequil y a dans lhomme.

  • 7676

    Jrusalem.Avril.

    CH. VIII.ENTRETIEN SECRET DE JSUSET DE NICODEME

    Parmi les Pharisiens, il y avait un homme du nom deNicodme, lun des premiers dentre les Juifs. Il vint Jsusdurant la nuit:

    Rabbi, Lui dit-il, nous savons que Vous tes venu deDieu pour nous instruire comme un Matre, car nul ne pourraitfaire les prodiges que Vous oprez, si Dieu ntait avec lui.

    Jsus lui rpondit:

    En vrit, en vrit Je te le dclare: personne ne peut

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    voir le Royaume de Dieu, moins dtre n de nouveau.

    - Comment donc un homme peut-il natre, lorsquil estvieux? demanda Nicodme. Peut-il retourner dans le sein de samre et natre une seconde fois?

    - En vrit, en vrit, Je te le dis, reprit Jsus: moinsde renatre de leau et de lEsprit-Saint, personne ne peut entrerdans le Royaume de Dieu. Ce qui est n de la chair est chair, etce qui est n de lEsprit est esprit. Ne sois donc point surprisque Je taie dit: il faut que vous naissiez de nouveau. Le ventsouffle o il veut. Tu entends sa voix, mais tu ne sais do ilvient ni o il va. Ainsi en est-il de tout homme qui est n delEsprit.

  • 7878

    - Comment cela peut-il se faire? dit Nicodme.

    - Tu es Matre en Isral, rpondit Jsus, et tu ignores ceschoses?... En vrit, en vrit, Je te le dclare: ce que Nousattestons, Nous lavons vu. Mais vous ne recevez point Notretmoignage.

    Si, quand Je vous parle des choses de la terre, vous necroyez point, comment croirez-vous, lorsque Je vous parleraides choses du ciel. Or, nul na t au ciel, sinon Celui qui en estdescendu, le Fils de lHomme, qui est en mme temps au ciel.

    Et de mme que Mose leva dans le dsert le serpentdairain, ainsi faut-il que soit lev le Fils de lHomme, afin quetous ceux qui croient en Lui ne prissent point, mais obtiennent

  • 7979

    la vie ternelle.

    Oui, Dieu a tellement aim le monde quIl lui a donn SonFils unique, pour que tous ceux qui croient en Lui ne prissentpoint, mais obtiennent la vie ternelle. Car ce nest pas pourcondamner le monde que Dieu a envoy Son Fils dans lemonde, mais pour que le monde soit sauv par Lui.

    Celui qui croit en Lui nest point condamn; mais celui quiny croit pas est dj condamn, parce quil ne croit pas auNom du Fils unique de Dieu.

    Et voici le motif de cette condamnation: Cest que laLumire est venue dans le monde, et que les hommes ont mieuxaim les tnbres que la Lumire parce que leurs oeuvres

  • 8080

    taient mauvaises.

    En effet, quiconque fait le mal hait la lumire et fuit lalumire, de crainte que ses oeuvres ne soient fltries. Maiscelui qui fait le bien vient la lumire, afin que ses oeuvressoient connues, parce que cest en Dieu quelles sont faites.

  • 8181

    Jude.DAvril en Dcembre

    CH. IX.MISSION DE NOTRE-SEIGNEUR ENJUDE

    SUPREME TMOIGNAGE DU PRCURSEURSON EMPRISONNEMENT

    Aprs cela, Jsus Se rendit avec Ses Disciples dans laterre de Jude. Il y demeurait avec eux et baptisait.

    Or, Jean, de son ct, baptisait Ennon, prs de Salim: ily avait l beaucoup deau et on y allait recevoir le baptme.

    Une discussion sleva entre les disciples de Jean et leshabitants de la Jude au sujet du baptme. Les premiers vinrent

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    Jean et lui dirent:

    Matre, Celui qui tait avec vous au del du Jourdain, et qui vous avez rendu tmoignage, voil quIl baptise, et tousvont Lui.

    - Nul ne peut rien sattribuer quil ne lait reu du ciel,rpondit Jean. Vous me rendez vous-mme tmoignage que jaidit: Je ne suis point le Christ, mais jai t envoy devantLui.

    Lpoux, cest celui qui appartient lpouse; mais lamide lpoux se tient l debout et lcoute, et il est ravi de joiequand il entend la voix de lpoux. Cette joie est la mienne, etje la gote dans sa plnitude. A Lui maintenant de crotre;

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    moi de diminuer.

    Celui qui vient dEn-Haut est au-dessus de tous. Celui quivient de la terre est terrestre, et ses paroles aussi. Celui quivient du ciel est au-dessus de tous.

    Ce quIl affirme, Il la vu et Il la entendu; et nul ne reoitSon tmoignage.

    Celui qui reoit Son tmoignage, reconnat que Dieu estvrai; car Celui que Dieu a envoy parle le langage de Dieu.Cest sans mesure que Dieu Lui a donn Son Esprit. Le Preaime le Fils et Il a tout remis entre Ses mains.

    Celui qui croit au Fils a la vie ternelle; celui qui ne croitpoint au Fils ne verra point la vie; mais sur lui demeure la colre

  • 8484

    de Dieu.

    Machronte.Fin de Dcembre.Jean g de 31 ans et 6 mois.

    Cependant Hrode, le Ttrarque, se fatiguait desreproches que Jean lui adressait au sujet de tous ses crimes, etparticulirement pour avoir pous Hrodiade, la femme dePhilippe son frre.

    Il ne test pas permis, lui disait Jean, de garder la femmede ton frre.

    Le Ttrarque combla la mesure de ses forfaits enordonnant de saisir le Prophte, de le charger de liens et de le

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    jeter en prison.

  • 8686

    Sichar.Premiers jours de Janvier.

    CH. X.RETOUR DE JSUS EN GALILE.LA SAMARITAINE

    A la nouvelle de lemprisonnement du Prcurseur, sachantdailleurs que les Pharisiens sinquitaient de voir quil faisaitplus de Disciples et quil baptisait plus que Jean, (bien quIl neconfrt pas le baptme de Ses propres mains, mais par cellesde Ses Disciples), Jsus quitta la Jude, et, sous limpulsion delEsprit, Il retourna en Galile.

    Or, Il lui fallait traverser la Samarie.

    Il arriva dans une ville de ce pays, nomme Sichar, prs de

  • 8787

    lhritage que donna Jacob son fils Joseph.

    L se trouvait le Puits de Jacob. Jsus, fatigu du voyage,Stait assis simplement sur le bord du Puits. Il tait environ lasixime heure.

    Survint une femme de la Samarie pour puiser de leau.

    Donne-Moi boire! lui dit Jsus.

    (Alors Ses Disciples taient alls jusqu la ville pouracheter des provisions.)

    La Samaritaine rpondit:

    Comment, Vous qui tes Juif, me demandez-vous boire, moi qui suis une femme de la Samarie? Les Juifs nont

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    aucun rapport avec les Samaritains.

    - Si tu savais le Don de Dieu! reprit Jsus, si tu savaisqui est Celui qui te dit: Donne-Moi boire! tu Lui auraispeut-tre adress la mme demande, et Il taurait donn duneeau vive.

    - Mais Seigneur, dit la femme, Vous navez rien pour enpuiser, et le Puits est profond. Do pouvez-Vous donc avoirde leau vive? Etes-Vous plus grand que notre Pre Jacob quinous a donn ce Puits, et qui en a bu lui-mme, aussi bien queses enfants et ses troupeaux?

    Jsus lui rpondit:

    Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui

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    qui boira de leau que Je lui donnerai naura jamais soif. Car,leau que Je lui donnerai, deviendra en lui une source jaillissantepour la vie ternelle.

    - Seigneur, repartit la femme, donnez-moi de cette eau,afin que je naie plus soif, et que je ne vienne plus ici pourpuiser.

    - Va, lui dit Jsus, appelle ton mari, et reviens ici.

    - Je nai pas de mari , rpondit-elle.

    - Tu as raison de dire: Je nai pas de mari. Tu en aeu cinq, et celui avec lequel tu vis maintenant nest pas ton mari.En cela tu as dit vrai.

    - Seigneur, scria le femme, je vois que Vous tes un

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    Prophte. Nos pres ont ador sur cette montagne, et Vous,Vous dites que cest Jrusalem quil faut adorer.

    - Femme, crois-Moi! Lheure est proche o ce ne sera nisur cette montagne, ni Jrusalem que vous adorerez le Pre.Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez point; nous, nousadorons ce que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs.Mais lheure arrive, et dj elle est venue, o les vraisadorateurs adoreront le Pre en esprit et en vrit; et ce sont detels adorateurs que veut le Pre. Dieu est esprit, et ceux quiLadorent, doivent Ladorer en esprit et en vrit.

    - Je sais, repartit la femme, que le Messie, quon appelleChrist, doit venir. LorsquIl sera venu, Il nous instruira detoutes choses.

  • 9191

    - Le Messie, cest Moi! Moi qui te parle.

    En ce moment Ses Disciples arrivrent. Et ils stonnaientde ce que Jsus Sentretnt avec une femme. Nanmoins, aucunne Lui dit: Que lui demandez-Vous? ou: Pourquoiparlez-Vous avec elle?

    Quant la femme, laissant l son urne, elle courut laville, et, tous ceux quelle rencontrait:

    Venez, disait-elle, venez voir un homme qui ma dit toutce que jai fait. Ne serait-Il point le Christ?

    Ils sortirent donc de la ville et vinrent Jsus.

    Cependant les Disciples Le pressaient:

  • 9292

    Matre, disaient-ils, mangez donc!

    Il leur rpondit:

    Jai Me nourrir dun aliment que vous ne connaissezpas.

    Et les Disciples se demandaient lun lautre:

    Quelquun Lui aurait-il apport manger?

    - Ma nourriture, reprit Jsus, cest de faire la volont deCelui qui Ma envoy, et daccomplir Son oeuvre. Ne dites-vous pas: Encore quatre mois, et la moisson viendra? Moi,Je vous dis: Levez les yeux, et voyez les campagnes: ellesblanchissent dj pour la moisson.

  • 9393

    Celui qui moissonne reoit sa rcompense et recueille lefruit pour la vie ternelle. Mais celui qui sme a autant deraison de se rjouir que celui qui moissonne. Ainsi se justifieladage: Autre est le semeur et autre le moissonneur. Jevous ai envoys moissonner o vous naviez point travaill.Dautres ont travaill, et vous, vous tes entrs dans leurstravaux.

    Or, beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Lui,sur le tmoignage de cette femme qui leur avait dit: Il maracont tout ce que jai fait. Ils vinrent donc Le prier dedemeurer chez eux. Il Sy arrta deux jours. Et il y en eut unbien plus grand nombre pour croire en Lui, aprs avoir entenduSa parole.

  • 9494

    Ce nest plus seulement sur ton rcit que nous croyons,disaient-ils la femme. Nous aussi nous Lavons entendu, etnous savons quIl est vraiment le Sauveur du monde.

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    Galile.Cana.Janvier.

    CH. XI. - ARRIVE EN GALILEGURISON A DISTANCE

    DU FILS D'UN OFFICIER ROYALDeux jours aprs, Jsus continua Sa route vers la Galile.

    Mais Il vita Nazareth: Car, disait-Il, dans sa patrie unProphte est sans gloire.

    Jsus tant arriv en Galile, les habitants Lui firent bonaccueil, car ils taient alls Jrusalem pour la Pque et avaientt tmoins de toutes les choses quIl avait faites.

    Il commena ds lors prcher lvangile du Royaume de

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    Dieu; Il disait:

    Les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu arrive!Faites pnitence et croyez lvangile.

    Il enseignait dans les synagogues, et tous clbraient Seslouanges. Sa renomme stendait dans tout le pays.

    Ainsi saccomplissait loracle du Prophte Isae:

    La terre de Zabulon et de Nephtali, la voie de la mer audel du Jourdain, la Galile des gentils, le peuple qui tait assisdans les tnbres, a vu une grande lumire; le jour sest lev surceux qui habitaient lombre de la mort.

    Il vint pour la seconde fois Cana, en Galile, o Il avaitchang leau en vin.

  • 9797

    Or, il y avait un Officier royal, dont le fils tait malade Capharnam. Cet homme ayant appris que Jsus, venant deJude, tait rentr en Galile, alla Le trouver et Le supplia dedescendre jusqu la ville de Capharnam, pour gurir son filsqui se mourait.

    Si vous ne voyez des signes et des prodiges, dit Jsus,vous ne croyez pas!

    - Seigneur, insista lOfficier, descendez avant que monpauvre enfant ne meure!

    - Va, reprit Jsus, la vie en rendue ton fils.

    Cet homme crut la parole de Jsus, et il sen alla.Comme il tait encore en chemin, ses serviteurs, venant sa

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    rencontre, lui annoncrent que son fils tait plein de vie. Il leurdemanda quelle heure il stait trouv mieux.

    Hier, rpondirent-ils, la septime heure, la fivre laquitt.

    Et le pre reconnut que ctait cette heure mme queJsus lui avait dit: La vie est rendue ton fils. Il crut, lui ettoute sa maison. Jsus fit ce second miracle, lors de Son retourde Jude en Galile.

  • 9999

    Bethsade.Le Lac.Fin de Janvier.

    CH. XII.PREMIRE PCHE MIRACULEUSEVOCATION DFINITIVE DE PIERRE ET D'ANDR,

    DE JACQUES ET DE JEAN

    Un jour, la foule se pressait autour de Jsus pour entendrela parole de Dieu; Il longeait les bords du Lac, aux environs deBethsade. Il aperut alors Simon, surnomm Pierre, et Andrson frre qui jetaient leurs filets dans les flots, car ils taientpcheurs. Ceux-ci nayant pas tard damarrer, deux barquesstationnaient sur la rive. Les pcheurs en taient descendus etlavaient leurs filets. Or Jsus, press par la foule, monta dansune des barques, qui tait celle de Simon et pria celui-ci de

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    sloigner un peu du rivage. Puis Il Sassit, et de l Il enseignaitle peuple.

    Quand Il eut cess de parler, Il dit Simon:

    Avance en pleine eau, et jetez les filets pour pcher.

    - Matre, rpondit Simon, nous avons travaill toute lanuit sans rien prendre. Mais, sur Votre parole, je jetterai lefilet.

    Ils le jetrent, et ils prirent une si grande quantit depoissons que le filet se rompait. Alors ils firent signe leurscompagnons qui taient dans lautre barque de venir les aider.Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, au pointquelles taient prs de couler. A cette vue, Simon-Pierre

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    tomba aux genoux de Jsus, en scriant:

    Seigneur! loignez-Vous de moi, car je suis un hommepcheur!

    Une telle pche lavait jet dans la stupeur, lui et sescompagnons de lautre barque, Jacques et Jean, fils deZbde.

    Mais Jsus dit Simon:

    Ne crains point! dsormais tu seras pcheurdhommes.

    Ils ramenrent leurs barques au rivage. En arrivant, Simonet Andr staient mis laver leurs filets.

  • 102102

    Suivez-Moi, leur dit Jsus, Je vous ferai devenirpcheurs dhommes.

    Aussitt, laissant leurs filets et tout ce quils avaient, ils Lesuivirent.

    Savanant un peu plus loin, Jsus vit les deux autresfrres, Jacques et Jean, qui rparaient leurs filets dans leurbarque. Il les appela. Abandonnant sans retard leurs filets, dansla barque, et Zbde, leur pre, avec les mercenaires, ils Lesuivirent.

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    Capharnam.Fvrier.

    CH. XIIIPRDICATIONS. DLIVRANCE D'UN POSSD

    GURISONS NOMBREUSES

    Jsus alla demeurer Capharnam, sur les bords du Lac,aux confins de Nephtali et de Zabulon. Les jours de sabbat Ilentrait dans les synagogues et ne ngligeait aucune occasiondinstruire le peuple. Tous taient muets dadmiration devantSon enseignement, car Il parlait comme ayant autorit, et noncomme les Scribes.

    Or, il se trouva, dans la synagogue de Capharnam, unhomme possd dun esprit immonde. Tout coup il scria

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    dune voix forte:

    Que nous veux-Tu donc, Jsus de Nazareth? Laisse-nous! Viens-Tu nous perdre? Je sais qui Tu es: le Saint deDieu!

    Jsus lui dit dun ton menaant:

    Tais-toi, et sors de cet homme!

    Alors lesprit immonde agita le possd avec violence, lejeta brusquement terre au milieu de lassemble, et sortit enpoussant un grand cri, mais sans lui avoir fait aucun mal.

    La stupeur fut universelle: tous se demandaient:

    Quest-ce que ceci? Quelle est cette Doctrine nouvelle?

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    Il commande avec autorit et puissance, mme aux espritsimmondes, et ils Lui obissent et sloignent.

    Le bruit de ce prodige se rpandit dans tout le pays deGalile.

    Jsus sortit de la synagogue et vint dans la maison dePierre et dAndr, avec Jacques et Jean.

    La belle-mre de Simon-Pierre tait au lit, malade duneforte fivre. Les Disciples intercdrent pour elle prs deJsus. Il Sapprocha, et, debout prs delle, Il commanda lafivre, puis, la prenant par la main, Il la souleva. Sur-le-champla fivre disparut; alors elle se leva et se mit aussitt les servir.

    Le soir venu, aprs le coucher du soleil, tous ceux qui

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    avaient des malades ou des possds les Lui amenrent. Laville entire tait assemble devant la porte. Jsus chassa lesdmons dun seul mot. Ceux-ci criaient:

    Tu es le Fils de Dieu!

    Mais Il leur dfendit avec menace de parler; car ilssavaient bien quIl tait le Christ.

    Quant aux malades, Il imposa les mains sur chacun deuxet gurit ainsi une foule de personnes atteintes de diffrentesinfirmits.

    Il ralisait cet oracle dIsae: Il a pris sur Lui nosinfirmits, Il Sest charg Lui-mme de nos souffrances.

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    Galile.Fvrier

    CH. XIV.PREMIRE MISSION EN GALILELe lendemain, se levant ds laurore, Il sortit de

    Capharnam et Se retira dans un lieu dsert. L, Il Se mit prier.

    Simon et ceux de Sa compagnie Lavaient suivi. Dsquils Leurent rejoint:

    Tout le monde Vous cherche! Lui dirent-ils.

    - Allons dans les bourgades et les villes voisines, repritJsus, afin que Je prche l aussi, car cest pour cela que Je suisvenu.

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    La foule survint alors et Lentoura pour Lempcher deSloigner.

    Il faut, dit Jsus, que Jaille aussi dans les autres villesannoncer lvangile du Royaume de Dieu; car cest pour celaque Je suis envoy.

    Et Il parcourut toute la Galile, enseignant dans lessynagogues, prchant lvangile du Royaume, chassant lesdmons et gurissant toute langueur et toute infirmit. Sarenomme alla jusquen Syrie. On Lui amenait des infirmes detout genre: des possds, des pileptiques, des paralytiques, etIl les gurissait. Les foules accouraient Lui de la Galile, dela Dcapole, de Jrusalem, de la Jude et des pays au del duJourdain.

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    Matre, Lui dit un Scribe, en savanant vers Lui, je Voussuivrai partout o Vous irez.

    - Les renards ont leurs tanires, lui repartit Jsus, et lesoiseaux du ciel ont leurs nids. Quant au Fils de lHomme, Il napas o reposer Sa tte.

    Il dit un autre qui tait de Ses disciples:

    Suis-Moi!

    - Seigneur, rpondit le disciple, permettez-moi dallerdabord ensevelir mon pre.

    - Laisse les morts ensevelir leurs morts, dit Jsus. Pourtoi, va annoncer le Royaume de Dieu.

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    - Matre, je Vous suivrai, dit un troisime; mais donnez-moi le temps de rgler les affaires de ma maison.

    - Quiconque, lui rpondit Jsus, regarde en arrire, enposant la main sur la charrue, nest pas apte au Royaume deDieu.

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    Le Lac.Grasa.Mars

    CH. XV.TEMPTE APAISE.LES POSSDS DE GRASA

    Ce jour-l, Jsus Se voyant assailli de foulesinnombrables, ordonna que lon se rendt de lautre ct du Lac.Le soir venu, Ses disciples Le rejoignirent, et, aprs avoircongdi la foule, ils montrent avec Lui dans une barque.

    Dautres bateaux Le suivirent.

    Tandis quils ramaient, un terrible coup de vent sabattitsur le Lac et souleva une violente tempte. Le vent poussait lesvagues dans la barque et elle semplissait. Le danger tait

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    grand. Cependant Jsus, couch la poupe, la tte sur uncoussin, Stait endormi.

    Les Disciples Lveillrent en criant:

    Matre, nous prissons! Nen avez-Vous point de souci?Sauvez-nous!

    - Que craignez-vous? dit Jsus, o donc est votre foi?

    Puis Il Se lve, gourmande le vent et commande la mer:

    Cesse de gronder, tais-toi!

    Aussitt le vent sarrta, et il se fit un grand calme.

    Pourquoi vous pouvanter, dit-Il alors Ses Disciples.Navez-vous pas encore la foi?

  • 113113

    Et tous, saisis dadmiration et deffroi, se disaient lun lautre:

    Quel est Celui-ci? Il commande aux vents et la mer, etils obissent!

    Ils abordrent au pays des Grasniens, qui est en face dela Galile. En descendant terre, Jsus vit accourir vers Luideux hommes, possds depuis longtemps de lesprit immonde.Incapables de se tenir dans une maison, ils habitaient lesspulcres; souvent lis de chanes et les fers aux pieds, ilsavaient bris les fers et les chanes. Ils ne pouvaient mmesouffrir aucun vtement. Personne ntait parvenu lesdompter. Sans cesse agits le jour et la nuit, ils erraient dans lamontagne dserte, criant, se meurtrissant le corps avec des

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    pierres, objets de si grande pouvante que nul nosait pluspasser par l.

    Du plus loin que les possds avaient vu Jsus venir, ilstaient accourus Lui, et, tombant Ses pieds, ils poussaient degrands cris et disaient:

    Que veux-Tu rclamer de nous, Jsus, Fils du DieuTrs-Haut. Nous Tadjurons par Dieu, ne nous tourmente pasavant le temps!

    Quel est ton nom? lui demanda-t-Il.

    - Lgion est mon nom, car nous sommes nombreux.

    Et la multitude des dmons suppliaient Jsus de ne pas leschasser hors du pays, ni de les prcipiter dans labme.

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    Or il y avait, non loin de l, sur la montagne, un grandtroupeau de porcs qui paissaient:

    Si Tu nous chasses, dirent les dmons, envoie-nous dansces pourceaux.

    - Allez! commanda Jsus.

    Sur-le-champ, ils sortirent des possds et entrrent dansles pourceaux; et le troupeau, denviron deux mille, prenant unecourse imptueuse, se prcipita dans la mer et sy noya.

    A cette vue, les gardiens du troupeau senfuirent etracontrent, dans la ville, dans les mtairies et dans lacampagne, ce qui venait darriver.

    Alors toute la ville, et de nombreux habitants de la

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    campagne vinrent Jsus, et trouvrent les possds assis Sespieds. Au comble de lpouvante, toute la multitude desGrasniens supplia le Seigneur de Sloigner.

    Comme Jsus remontait dans la barque, lun des possdsqui avaient t guris Le supplia de ladmettre avec Lui. JsusSy refusa et le renvoya en disant:

    Retourne en ta maison, et raconte aux tiens ce que Dieua fait, et comme Il ta pris en piti.

    Cet homme sen alla, et publia dans la Dcapole le grandprodige que Dieu avait fait pour lui. Et tous taient saisisdadmiration.

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    Capharnam.Mars.

    CH. XVI.GURISON DUN PARALYTIQUE

    Sur la rive oppose, une foule immense attendait Jsus.Ds quIl fut de retour, elle Lentoura et continua de Le suivrele long du Lac.

    Quelques jours aprs, Il revint en Sa ville de Capharnam.Ds quon lapprit, la multitude accourut, si nombreuse, que nila maison, ni lespace qui se trouvait devant la porte nepouvaient la contenir.

    Jsus tait assis et enseignait. Des Pharisiens et desDocteurs de la Loi occupaient des siges prs de Lui; ils taient

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    venus de Jrusalem et de toutes les bourgades de la Galile etde la Jude.

    La vertu du Seigneur tait l pour gurir.

    Voil que, sur ces entrefaites, arrivent quatre hommesportant un paralytique couch sur un grabat.

    Ils cherchent dabord entrer, pour le dposer devantJsus; mais ne pouvant point y russir cause de la foule, ilsmontent sur le toit, le dcouvrent, au-dessus de lendroit o Il setrouvait, et, par louverture quils avaient faite, ils descendent leparalytique couch sur son grabat et le dposent aux pieds deJsus.

    Voyant leur foi, Jsus dit au paralytique:

  • 119119

    Aie confiance, Mon fils! tes pchs te sont remis.

    Or les Scribes et les Pharisiens pensaient en eux-mmes:

    Quel est Celui-ci?... que dit-Il?... Il blasphme!... quidonc peut remettre les pchs, sinon Dieu seul?

    Jsus pntra leurs penses:

    Pourquoi, leur dit-Il, pensez-vous ainsi le mal au fond devotre coeur! Lequel est plus facile de dire un paralytique: Tes pchs te sont remis , ou de lui dire: Lve-toi, prendston grabat et marche? Eh bien! pour que vous sachiez que leFils de lHomme a le pouvoir ici-bas de remettre les pchs

    Sadressant alors au paralytique:

  • 120120

    Je te lordonne, lve-toi, prends ton grabat et retourne enta maison!

    Aussitt, le malade se leva, prit le grabat o il taitcouch, et, sous les yeux de tous, il sen alla chez lui, glorifiantDieu.

    Saisie de crainte et dadmiration, la multitude louait Dieudavoir donn aux hommes une telle puissance; et chacunrptait avec tonnement:

    Aujourdhui, nous avons t tmoins de merveilles.Jamais on na rien vu de semblable!

  • 121121

    Capharnam.Mars

    CH. XVII.VOCATION DE MATTHIEURPONSE DE JSUS

    AUX PHARISIENS ET AUX DISCIPLES DE JEAN

    Jsus sortit et Sen alla de nouveau sur le bord du Lac.Tout le peuple accourait Lui, et Il lenseignait.

    En passant, Il vit, assis son bureau de page, unpublicain, nomm Matthieu ou Lvi, fils dAlphe. Il lui dit:

    Suis-Moi!

    Matthieu, abandonnant tout, se leva et Le suivit.

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    Quelques jours aprs, il donna au Seigneur et SesDisciples un grand repas dans sa maison. Jsus, accompagnde Ses Disciples, Se trouva entour dun nombre considrablede convives, parmi lesquels beaucoup de publicains et depcheurs. Dj plusieurs dentre eux staient attachs Lui.

    Voyant cela, les Scribes et les Pharisiens murmurrent et,aprs le repas, ils dirent aux Disciples qui se trouvaient avecJsus au bord du Lac:

    Pourquoi votre Matre et vous-mmes mangez-vous etbuvez-vous avec les publicains et les pcheurs?

    Jsus entendit ce reproche et rpondit:

    Le mdecin nest point pour les bien portants, mais pour

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    les malades. Allez, et apprenez ce que signifie cette parole: Je veux la misricorde, et non le sacrifie. Je ne suis pasvenu appeler les justes la conversion, mais les pcheurs.

    Il y avait l aussi des Disciples de Jean, adonns au jene.A leur tour ils sapprochrent:

    Nous et les Pharisiens, dirent-ils, nous jenons souvent etmultiplions les prires. Pourquoi Vos Disciples ne jenent-ilspoint, mais mangent et boivent?

    - Les fils et les amis de lpoux, rpondit Jsus,peuvent-ils jener au banquet nuptial, et pleurer quand lpouxest avec eux? Non! Tant que lpoux est avec eux, ils ne lepeuvent pas. Viendront des jours o lpoux leur sera enlev:

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    Alors ce sera pour eux le moment de jener.

    Il recourut encore cette comparaison:

    Nul ne va prendre une pice un vtement neuf, pour lacoudre un vtement vieux. Ce serait la fois dchirer levtement neuf et faire une plus grande dchirure au vtementvieux, qui serait emport par le drap neuf. - On ne met pas nonplus le vin nouveau dans de vieilles outres, sinon le vin les faitclater, il se rpand, et les outres sont perdues. Mais on met levin nouveau dans des outres neuves et tous deux se conservent.

    Personne, venant de boire du vin vieux, nen veut aussittdu nouveau; mais il dit: Le vieux est meilleur.

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    Capharnam.Mars.

    CH. XVIII.L'HMORROSSE. LA FILLE DE JARE

    PLUSIEURS GURISONS

    Jsus parlait encore, lorsquun chef de la synagogue,nomm Jare, vint se jeter Ses pieds et Ladorant, il Luiadressa la plus instante prire:

    Ma fille se meurt, disait-il, peut-tre mme est-elle djmorte; mais venez, tendez Votre main sur elle, et elle seragurie, ou mme si elle est morte, elle vivra!

    Jsus Se leva et le suivit, accompagn de Ses Disciples.

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    Une foule immense se pressait sur Ses pas, Le serrant de touscts.

    Or, dans cette foule se trouvait une femme, afflige depuisdouze annes dun flux de sang. Elle avait beaucoup souffertdes traitements dun grand nombre de mdecins et avait ainsidpens toute sa fortune, sans obtenir ni gurison, nisoulagement. Sa maladie, au contraire, navait fait quempirer.Ayant appris que Jsus passait, elle stait mle la foule etmarchait derrire Lui. Elle se disait:

    Si je puis seulement toucher Son vtement, je seraisauve.

    Elle toucha la frange de Son vtement, et aussitt le sang

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    sarrta, la source en fut dessche et elle sentit en elle-mmequelle tait gurie de son infirmit.

    Au mme instant, Jsus connaissant quune vertu taitsortie de Lui, Se retourna vers la foule:

    Qui a touch Mes vtements? dit-Il. Qui Ma touch?

    Comme tous sen dfendaient, Pierre et ses compagnonsLui dirent:

    Matre, Vous le voyez bien, la foule Vous presse et Vousaccable; et Vous dites: Qui Ma touch?

    Et Il regardait tout autour de Lui, puis fixait les yeux surcette femme.

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    Ne pouvant plus se drober, et toute saisie de ce qui venaitde se produire en elle, elle se jette confuse et tremblante auxpieds de Jsus, et, sans nul dtour, elle dclare devant tout lemonde pourquoi elle La touch, et comment, linstant mme,elle a t gurie.

    Aie confiance! Ma fille, lui dit Jsus, ta foi ta sauve.Va en paix, et sois gurie jamais de ton infirmit.

    Il venait de prononcer ces paroles, quand on vint dire auchef de la synagogue:

    Votre fille est morte! pourquoi importuner encore leMatre?

    Jsus, ayant entendu cette parole, dit au pre:

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    Ne crains pas! crois seulement, et elle sera sauve.

    Arriv la maison, Il ne permit personne de Le suivresinon Pierre, Jacques et Jean, frre de Jacques. Or il yavait l une troupe bruyante et confuse de joueurs dinstrumentset de gens qui pleuraient et poussaient de grands cris.

    Pourquoi tout ce trouble et ces pleurs? dit-Il. Ne vousaffligez plus et retirez-vous. Cette jeune fille nest pas morte,mais elle dort.

    Mais Jsus fit sortir tout le monde et garda seulement aveclui le pre et la mre de lenfant, ainsi que Ses trois Disciples;puis Il entra dans la chambre o la jeune fille tait gisante.

    La prenant par la main, Il dit dune voix forte:

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    Talitha cumi!

    Ce qui signifie:

    Jeune fille! Je te lordonne, lve-toi!

    Et soudain la vie revint en elle, elle se leva et marcha, etJsus voulut quon lui servt manger.

    Le pre et la mre de la jeune fille taient au comble de lajoie et de ltonnement. Ctait leur fille unique; elle navaitque douze ans.

    Il leur dfendit expressment de raconter personne ce quistait pass. Mais le bruit sen rpandit dans toute la contre.

    Jsus tant sorti, deux aveugles sattachrent Ses pas en

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    criant:

    Fils de David, ayez piti de nous!

    Jsus poursuivit Son chemin jusqu Sa demeure:

    Coyez-vous que Je puisse le faire?

    - Oui, Seigneur! scrirent-ils.

    Il toucha leurs yeux, disant:

    Quil vous soit fait selon votre foi!

    Et leurs yeux souvrirent.

    Prenez garde que personne ne le sache, leur dit-Il avecmenace.

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    Mais ds quils furent sortis, ils publirent partout ce quivenait de leur arriver.

    A peine staient-ils loigns, quon Lui prsenta unhomme muet, possd du dmon. Il chassa le dmon, et lemuet parla. Le peuple scriait enthousiasm:

    Jamais rien de semblable ne sest vu dans Isral?

    Mais les Pharisiens disaient:

    Cest par le prince des dmons, quIl chasse lesdmons.

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    TROISIME PARTIEDE LA DEUXIME LA TROISIME PQUE

    DEUXIME ANNEDU MINISTRE PUBLIC DE NOTRE-SEIGNEUR

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    JrusalemDeuxime Pque

    CH. I.LE PARALYTIQUE DE LA PISCINEPROBATIQUE

    La fte des Juifs tait proche. Jsus monta Jrusalem.

    Dans cette ville se trouvait la Piscine probatique, appeleen hbreu: Bethsada. Elle tait entoure de cinq portiques,sous lesquels gisait une foule presse dinfirmes, daveugles, deboiteux, de paralytiques, attendant tous le mouvement de leau.

    A certains moments, lAnge du Seigneur descendait dansla piscine et leau sagitait. Celui qui le premier y entrait, aprsle mouvement de leau, tait guri de son infirmit, quelle

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    quelle ft.

    Or, il y avait l un homme qui tait infirme depuis trente-huit ans. Layant aperu gisant sur son lit, et sachant quilsouffrait depuis si longtemps, Jsus lui demanda:

    Veux-tu tre guri?

    - Seigneur, lui rpondit le malade, quand leau sagite, jenai point dhomme qui me jette dans la Piscine. Tandis que jyvais, un autre y descend avant moi.

    - Lve-toi, lui dit Jsus, prends ton lit, et marche!

    A linstant cet homme fut guri; il prit son lit et se mit marcher. Mais, comme ctait un jour de sabbat, les Juifs luidirent:

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    Cest le sabbat; il ne test point permis demporter tonlit.

    Il rpondit:

    Celui qui ma guri ma dit: Emporte ton lit, etmarche!

    - Quel homme a pu te dire: Emporte ton lit, etmarche? lui demandrent-ils.

    Mais le malade qui venait dtre guri ne le savait pas, carJsus stait retir de la foule assemble en ce lieu.

    Peu aprs, Jsus le rencontra dans le Temple et lui dit:

    Voil que tu es guri. Dsormais ne pche plus, de peur

  • 137137

    quil ne tarrive quelque chose de pire.

    Cet homme sortit, et annona aux Juifs que ctait Jsusqui lavait guri.

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    Jrusalem.Avril

    CH. II.JSUS AFFIRME LA DIVINITDE SA MISSION

    Les Juifs entreprirent de perscuter Jsus, parce quIlavait agi de la sorte le jour du sabbat. Il leur dit:

    Mon Pre ne cesse dagir, Jagis de mme!

    L-dessus, ils nen cherchrent que davantage Le fairemourir, non seulement parce quIl violait le sabbat, mais surtoutparce quIl affirmait que Dieu tait Son Pre, Se faisant ainsilgal de Dieu.

    Cest pourquoi Jsus poursuivit:

  • 139139

    En vrit, en vrit, Je vous le dis: le Fils, de Lui-mme,ne peut rien faire quIl ne lait vu faire par le Pre. Tout ce quele Pre fait, le Fils le fait pareillement. Car le Pre aime le Filset Lui montre tout ce quIl fait. Et Il Lui montrera des oeuvresencore plus grandes, en sorte que vous serez dans ladmiration.

    Ainsi que le Pre ressuscite les morts et leur donne la vie;de mme le Fils donne la vie qui Il veut.

    Pourtant le Pre ne juge personne; mais Il a remis toutjugement au Fils, afin que tous honorent le Fils, comme ilshonorent le Pre. Et celui qui nhonore point le Fils, nhonorepoint le Pre, qui La envoy.

    En vrit, en vrit, Je vous le dis, qui coute Ma parole et

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    croit en Celui qui Ma envoy, possde la vie ternelle. Pourlui, il ny a point de jugement: il est dj pass de la mort lavie.

    En vrit, en vrit, Je vous le dis, lheure arrive, et djmme elle est venue, o les morts entendront la voix du Fils deDieu, et ceux qui lauront entendue, vivront.

    Comme le Pre a la vie en Lui-mme, ainsi Il a donn auFils davoir la vie en Lui-mme. Et Il Lui a donn la puissancede juger, parce quIl est le Fils de lHomme.

    Ne vous en tonnez pas, car lheure vient o tous ceux quisont dans les spulcres, entendront la voix du Fils de Dieu. Etceux qui auront fait le bien, en sortiront pour ressusciter la vie;

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    ceux, au contraire, qui auront fait le mal, ressusciteront pour ladamnation.

    Toutefois, de Moi-mme, Je ne puis rien faire. Selon queJentends, Je juge: et Mon jugement est juste, parce que Je necherche point Ma volont, mais la volont de Celui qui Maenvoy.

    Sil ny avait que Moi pour rendre tmoignage de Moi-mme, Mon tmoignage ne serait pas irrcusable. Mais il en estun autre qui rend tmoignage de Moi, et Je sais que Sontmoignage est vrai. Vous avez envoy vers Jean, et il a rendutmoignage la vrit.

    Pour Moi, Je nai pas besoin du tmoignage dun homme.

  • 142142

    Si Je vous en ai parl, cest afin de vous sauver.

    Jean tait une lampe ardente et brillante, et un moment,vous avez voulu tressaillir sa clart.

    Quant Moi, Jai un tmoignage suprieur celui de Jean.Ce sont les uvres que le Pre Ma donn daccomplir. Cesuvres, que Je fais, tmoignent que le Pre Ma envoy.

    Le Pre Lui-mme, qui Ma envoy, rend tmoignage deMoi. Vous navez jamais entendu Sa voix, ni contempl Sagloire. Sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous necroyez pas Celui quIl a envoy.

    Scrutez les critures, o vous pensez trouver la vieternelle. Elles aussi rendent tmoignage de Moi.

  • 143143

    Et vous ne voulez pas venir Moi, pour avoir la vie! Cenest point des hommes, que Je reois Ma gloire. Mais Je vousconnais, et Je sais que vous navez point lamour de Dieu envous. Je suis venu au Nom de Mon Pre, et vous Me rejetez!Quun autre vienne en son propre nom, vous le recevrez.

    Comment pourriez-vous croire, vous qui tirez votre gloireles uns des autres et ne cherchez point la gloire qui vient deDieu seul?

    Ne pensez pas que ce soit Moi qui vous accuserai auprsdu Pre. Votre accusateur sera Mose lui-mme, en qui vousesprez. Si vous croyiez Mose, peut-tre aussi croiriez-vousen Moi, car il a crit de Moi. Mais si vous ne croyez point sescrits, comment croirez-vous Mes paroles.

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    Route de Galile.Bords du Lac.Avril.

    CH. III.LES PIS FROISSS.LA MAIN DESSCHE

    NOMBREUX MIRACLES

    Le jour du sabbat, qui suivit la Pque, Jsus traversait deschamps de bl. Presss par la faim, Ses Disciples entrrentdans les moissons, cueillirent des pis, les froissrent dans leursmains et en mangrent.

    Des Pharisiens layant remarqu:

    Pourquoi, leur dirent-ils, faites-vous ce quil nest pointpermis de faire les jours de sabbat?

  • 146146

    Et sadressant Jsus:

    Voil que Vos Disciples violent le sabbat?

    Il leur rpondit:

    Navez-vous jamais lu ce que fit David, lorsquil taitdans le besoin et quil avait faim, lui et ceux quilaccompagnaient? Il entra dans la Maison de Dieu, sous leGrand-Prtre Abiathar, et prit les pains de proposition que lesprtres seuls ont le droit de manger. Il en mangea et en donna ceux de sa suite. Navez-vous pas lu encore, dans la Loi, queles jours de sabbat, les prtres enfreignent le repos sacr dans leTemple, et ne pchent point?

    Or, Je vous le dclare, il y a, ici, quelquun de plus grand

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    que le Temple.

    Si vous compreniez seulement ces paroles: Je veux lamisricorde et non le sacrifice , vous nauriez jamaiscondamn des innocents.

    Il ajouta:

    Le sabbat a t fait pour lhomme, et non lhomme pourle sabbat. Et dailleurs, le Fils de lHomme est le Matre, mmedu sabbat.

    Il quitta ce lieu et, lun des sabbats suivants, Il entra dansune synagogue, pour y enseigner. L, se trouvait un homme,dont la main droite tait dessche. Des Scribes et desPharisiens, avides de trouver un prtexte pour accuser Jsus,

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    taient en observation pour voir sIl gurirait cet homme.

    Jsus, pntrant leurs penses, dit linfirme:

    Lve-toi, et tiens-toi l, debout.

    Il se leva et se tint debout au milieu de lassemble.

    Les Pharisiens se rcrirent:

    Est-ce quil est permis de gurir un jour de sabbat?

    - Et Moi, rpliqua Jsus, Je vous demande sil estpermis, au jour du sabbat, de faire le bien ou le mal? de sauverla vie ou de la perdre?

    Il poursuivit:

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    Qui dentre vous, ayant une brebis tombe dans un foss,le jour du sabbat, nira la prendre pour la retirer? Combienpourtant un homme lemporte sur une brebis! Donc il estpermis de faire du bien le jour du sabbat.

    Et, comme ils se taisaient, Jsus promena sur eux unregard indign; il avait lme navre dun tel aveuglement decoeur. Puis Sadressant linfirme:

    tends la main! lui dit-Il.

    Il ltendit, et sa main redevint aussi saine que lautre.

    Outrs de dpit, les Pharisiens se demandaient les uns auxautres, comment ils en finiraient avec Jsus. Sortis de l, ilsallrent se concerter avec les Hrodiens sur les moyens de Le

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    perdre.

    Mais Jsus, connaissant leurs desseins, Sloigna de cettecontre et Se retira sur les bords du Lac avec Ses Disciples.

    Il gurissait tous les malades; tous ceux qui souffraient dequelque infirmit se prcipitaient sur Lui pour Le toucher. Dsquils Le voyaient, les esprits immondes tombaient Ses pieds,jetant de grands cris et disant:

    Vous tes le Fils de Dieu!

    Et Il leur dfendait avec grandes menaces de Le dcouvrir,de mme quIl imposait le silence tous les malades quIl avaitguris.

    Il tait entour dune grande multitude de peuple, venue de

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    Galile et de Jude, de Jrusalem, de lIdume, des pays audel du Jourdain. Des troupes nombreuses taient mmeaccourues des provinces de Tyr et de Sidon, au bruit desmerveilles quIl oprait. Aussi demanda-t-Il Ses disciples demettre une barque Sa disposition, pour ne pas tre cras parla foule.

    Ainsi saccomplissait loracle du Prophte Isae:

    Voici Mon Enfant, Celui que Jai choisi, Mon Bien-aim,en qui Mon me Sest complue. Sur Lui, Je mettrai MonEsprit, et Il annoncera la justice aux nations. Il ne disputerapoint, ne criera point, et personne nentendra Sa voix sur lesplaces publiques. Il nachvera point de rompre le roseau demi bris, et nteindra point la mche encore fumante,

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    jusqu ce quIl ait fait triompher la justice. Et les peuplesespreront en Son Nom.

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    Kourn-Hattin ou Montagne des Batitudes.Mai

    CH. IV.LECTION DES APTRES

    Se drobant la foule, Jsus Se retira sur une montagnepour prier. Il passa toute la nuit Sentretenir avec Dieu.

    Quand il fut jour, Il appela Ses Disciples, et choisit parmieux ceux que Lui-mme voulut, et ils vinrent Lui. Il en pritdouze pour les garder prs de Lui et pour les envoyer prcher.Il les nomma Aptres et leur donna le pouvoir de gurir lesmalades et de chasser les dmons.

    Voici les noms des Douze:

    Le premier, Simon, que Jsus appela Pierre, et Andr son

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    frre;

    Jacques et Jean, fils de Zbde, quIl surnommaBoarnergs, cest--dire les fils du tonnerre.

    Philippe et Barthlemy;

    Matthieu et Thomas;

    Les fils dAlphe, Jacques et Jude, appel aussi Thadde;Simon de Cana, quon nomme le Zl;

    Et Judas Iscariote, celui qui Le trahit.

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    Montagne des Batitudes.Vers le 15 Mai

    CH. V.SERMON SUR LA MONTAGNE

    (Saint Luc, VI, 17-20; Saint Matthieu, V, 1-2.)Jsus descendit avec Ses Aptres du sommet de la

    montagne, et Sarrta sur un plateau infrieur et champtre; Iltait entour de Ses Disciples et de multitudes innombrables,avides de Lentendre et de trouver auprs de Lui la gurison deleurs infirmits. Ces foules immenses taient accourues detoute la Jude, de Jrusalem, des bords de la mer et mme deTyr et de Sidon. Et tous cherchaient Le toucher, parce quunevertu sortait de Lui. Il les gurissait tous; ceux qui taienttourments desprits immondes taient dlivrs.

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    Remontant ensuite vers le haut de la montagne, Il Sassit,ayant autour de Lui Ses Disciples, et, levant les yeux sur eux, Ilouvrit la bouche pour les instruire et parla ainsi:

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    I. LES BATITUDES

    (Saint Matthieu, V, 3-12; Saint Luc, VI, 20-23, 40.)Bienheureux ceux qui ont lesprit de pauvret parce que

    le Royaume des cieux est eux!

    Bienheureux ceux qui sont doux, car ils possderont laterre!

    Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consols!

    Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la Justice, parcequils seront rassasis!

    Oui, vous qui pleurez maintenant, vous tes bienheureux,car vous serez dans la joie; et vous qui maintenant tes affams,

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    vous tes bienheureux, car vous serez rassasis.

    Bienheureux les misricordieux, car ils obtiendrontmisricorde!

    Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu!

    Bienheureux les pacifiques, car ils seront appels enfantsde Dieu!

    Bienheureux ceux qui souffrent perscution pour laJustice, parce que le Royaume des cieux est eux!

    Vous serez heureux lorsque les hommes vous haront,vous maudiront et vous perscuteront, lorsquils vousspareront de leur socit, et quils vous chargerontdopprobres, lorsquils proscriront votre nom comme funeste

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    cause du Fils de lHomme, et quils diront mensongrementtoute sorte de mal contre vous cause de Moi.

    Rjouissez-vous, en ce jour, et tressaillez de joie! carvotre rcompense sera grande dans les cieux. Cest ainsi queleurs pres ont perscut les Prophtes qui furent avant vous.

    Le Disciple nest pas au-dessus du Matre. Quiconqueressemblera au Matre sera parfait.

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    II. LES MALDICTIONS

    (Saint Luc, VI, 24-26.)Malheur vous, riches, parce que vous avez ds

    maintenant votre consolation!

    Malheur vous, qui tes rassasis, car vous aurez faim!

    Malheur vous, qui riez maintenant, parce que vousgmirez et vous pleurerez un jour!

    Malheur vous, quand les hommes vous loueront, carautrefois leurs pres traitaient ainsi les faux prophtes!

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    III. LES APTRES, SEL DE LA TERRE,LUMIRE DU MONDE

    (Saint Matthieu, V, 13-16; Saint Marc, IV, 21;Saint Luc, VI, 39; VIII, 16; XI, 33.)

    Vous tes le Sel de la terre. Si le sel saffadit, avec quoilui rendra-t-on sa saveur? Il nest plus bon rien, sinon trejet dehors, et foul aux pieds des passants.

    Vous tes la Lumire du monde. La ville btie sur lesommet dune montagne ne peut tre cache. Et lon nallumepoint la lampe pour la mettre sous un boisseau, ou sous un lit,ou dans un endroit cach, mais on la met sur le chandelier, afinquelle claire tous ceux qui sont dans la maison et quelle soitaperue de ceux qui entrent.

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    Cest ainsi que votre lumire doit briller devant leshommes, afin quils voient vos bonnes oeuvres, et quilsglorifient votre Pre qui est dans les cieux.

    Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle! Netomberont-ils pas lun et lautre dans le foss?

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    IV. COMMENT IL FAUT ACCOMPLIR LA LOI

    (Saint Matthieu, V, 17-19; VII 6; Saint Luc XVI, 17)Ne pensez pas que Je sois venu abolir la Loi ou les

    Prophtes. Je ne suis point venu abolir, mais complter.

    Oui! Je vous le dclare en vrit: Jusqu ce que passentle ciel et la terre, toute la Loi sera accomplie, sans en omettreun seul iota ni un seul point.

    Celui donc qui transgressera lun de ces moindrescommandements et enseignera aux hommes faire comme lui,sera le dernier dans le Royaume des cieux. Celui, au contraire,qui accomplira la Loi et lenseignera sera grand dans leRoyaume des cieux.

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    Gardez-vous pourtant de donner aux chiens ce qui estsaint, et de jeter vos perles devant les pourceaux, de peur quilsne les foulent aux pieds, et que, se tournant contre vous, ils nevous dchirent.

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    V. QUIL FAUT VITER LA COLRE ET LA RANCUNEET PRATIQUER LA CHARIT

    DANS SON COEUR, DANS SES PAROLES,DANS SES ACTES

    ET DANS SES JUGEMENTS

    (Saint Matthieu, V, 20-26; Saint Luc, XII, 58-59.)Je vous le dis en vrit: Si votre justice ne lemporte sur

    celle des Scribes et des Pharisiens, vous nentrerez pas dans leRoyaume des cieux.

    Vous avez appris quil a t dit aux anciens: Tu netueras point; celui qui tuera sera traduit devant le tribunal duJugement. - Et Moi Je vous dis: Quiconque sirrite contre sonfrre, sera dfr au Tribunal du Jugement; quiconque traitera

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    son frre de RACA, comparatra devant le Conseil; et celui quilappellera FOU, mritera la Ghenne du feu.

    Si donc vous prsentez votre offrande lautel, et que l,vous vous souveniez que votre frre a quelque grief contrevous, laissez votre offrande devant lautel, et allez dabord vousrconcilier avec votre frre. Alors seulement vous pourrezvenir prsenter votre offrande.

    Ne tardez nullement vous accorder avec votreadversaire, tandis que vous cheminez avec lui, de peur quevotre adversaire ne vous livre au juge, que le juge ne vous livre lexcuteur et que vous ne soyez jet en prison. Je vous ledclare en vrit, vous nen sortirez point que vous nayez payjusqu la dernire obole.

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    (Saint Matthieu, V, 38-48; VII, 12; Saint Luc, VI, 29-36.)Vous avez appris quil a t dit: Oeil pour oeil et dent

    pour dent. - Et Moi Je vous dis: Ne rsistez pas au mchant.Si quelquun vous frappe sur la joue droite, prsentez-lui encorela gauche. Si quelquun prtend vous citer en justice pour vousenlever votre tunique, abandonnez-lui encore votre manteau. Siquelquun veut vous contraindre faire avec lui mille pas,faites-en deux autre mille.

    Donnez quiconque vous demande, et ne vous dtournezpas de celui qui veut vous emprunter. Ce quon vous ravit ne lerclamez point.

    Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous,faites-le pour eux pareillement.

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    Vous avez appris quil a t dit: Vous aimerez votreprochain, et vous harez votre ennemi. - Et Moi Je vous dis:Aimez vos ennemis, faites du bien ceux qui vous hassent,bnissez ceux qui vous accablent de maldictions, et priez pourceux qui vous perscutent et vous calomnient.

    Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel est votremrite, et quelle peut tre votre rcompense? Est-ce que lesPublicains et les pcheurs naiment pas aussi ceux qui lesaiment?

    Et si vous ne faites du bien qu ceux qui vous en font,que vous doit-on pour cela? Est-ce que les pcheurs nen fontpas autant?

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    Et si vous ne saluez que vos frres, que faites-vous deplus que les autres? Est-ce que les paens ne le font pas?

    Et si vous ne prtez qu ceux de qui vous esprezrecevoir, quel mrite avez-vous? Les pcheurs aussi prtent,afin quon leur prte galement.

    Ainsi donc, aimez vos ennemis, faites du bien et prtezsans en rien esprer, et votre rcompense sera grande, et vousserez les fils du Trs-Haut qui est bon, mme pour les ingrats etles mchants, qui fait lever Son soleil et descendre la pluie surtous, sur les bons et sur les mchants, sur les justes et sur lesinjustes.

    Soyez donc misricordieux, comme votre Pre est

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    misricordieux!

    Soyez donc parfaits, comme votre Pre est parfait!

    (Saint Matthieu, VII, 1-5, 12; Saint Luc, VI, 37-38, 41-42.)Ne jugez point, et vous ne serez point jugs. Ne

    condamnez point, et vous ne serez point condamns. Pardonnezet il vous sera pardonn. Vous serez jugs comme vous aurezjug. On se servira pour vous de la mesure dont vous vousserez servis pour les autres.

    Pourquoi voyez-vous une paille dans loeil de votre frre,et ne voyez-vous pas la poutre qui est dans votre oeil?Pourquoi dites-vous votre frre: Laisse-moi enlever la paillequi est dans ton oeil, tandis que vous avez une poutre dans le

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    vtre? Hypocrite! enlve dabord la poutre de ton oeil, etensuite tu