Les nanoparticules dans l'alimentation : dangereuses ... · PDF file Ce groupe promeut le...

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  • Les nanoparticules dans l'alimentation : dangereuses, inutiles et incontrôlées

    Un moratoire s'impose !

    Dossier de presse – 15 juin 2016

    Contacts presse Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes – Tel. 01 40 31 34 48

    Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement – Tél. 06 06 88 52 66

    Agir pour l'Environnement - 2 rue du Nord - 75018 Paris - Tél. : 01 40 31 02 37 - Site internet : www.agirpourlenvironnement.org – [email protected] -

    facebook.com/association.agirpourlenvironnement - Twitter : @APEnvironnement

  • I Une première en France : des analyses font état de la présence de nanoparticules dans des produits alimentaires non étiquetés [nano]

    A. Notre démarche

    La réglementation européenne impose l’étiquetage des nanoparticules dans l’alimentation, depuis décembre 2014. Nous avons donc cherché des produits avec la mention [nano] dans la liste des ingrédients, mais en vain. Nous aurions dû être rassurés jusqu'à ce que nous découvrions les résultats des tests commandités par les Amis de la Terre Australie au aboratoire de l’Université d’Etat d’Arizona aux Etats-Unis sur 14 produits alimentaires, dont certains sont présents sur le marché français.1

    - les M&M’s, - les chewing gum Mentos Pure Fresh, - les bonbons Skittles, - les chewing gum à la menthe Eclipse, - le Taco Mix Old El Paso, - les menthes fraîches d’Allen, - la vinaigrette Caesar de Praise, - le sel au poulet Nice N’ Tasty, - la crème au café et au maté Nestlé, - le glaçage Duncan Hines, - le Cappuccino Moccona, - le Jus de viande rôtie Maggi, - les Sour straps WoolWorth Homebrand - la sauce blanche WoolWorth Homebrand.

    Ce rapport nous a appris deux choses : d'une part, des laboratoires sont désormais en mesure de procéder à des analyses de ce type et d'autre part, des produits alimentaires présents en France sont susceptibles de contenir des nanoparticules.

    Nous avons alors décidé de nous mettre à la recherche d'un laboratoire européen, si possible français, pour analyser des produits alimentaires.

    Recommandé par l'association Avicenn, le laboratoire LNE (Laboratoire National de Métrologie et d’Essais), basé en France, a répondu favorablement à notre demande. Il s’agit d’un laboratoire reconnu d’utilité publique, rattaché au ministère de l’Industrie et considéré comme une référence en matière de tests industriels.

    B. Les produits analysés

    Le rapport complet d’essai “ Extraction de nanoparticules de produits alimentaires et mesures de leurs propriétés dimensionnelles” (dossier P156452 – Document DMSI/1) est disponible surwww.agirpourlenvironnement.org . 1 Rapport des Amis de la Terre Australie, 16 Septembre 2015

    http://emergingtech.foe.org.au/wp-content/uploads/2015/09/FoE-food-testing-briefing- Sep-2015.pdf

    En avril 2016, nous avons fait parvenir au laboratoire LNE les quatre produits suivants :

    1) Biscuits LU “ Napolitain signature chocolat”, contenant du E171 (dioxyde de titane – TiO2) dans la liste des ingrédients

    2) Chewing-gums Malabar goût tutti frutti, contenant du E171 (dioxyde de titane – TiO2) dans la liste des ingrédients

    3) Mélange d’épices pour Guacamole taste mexico, de la marque Carrefour, contenant dans la liste des ingrédients du dioxyde de silicium (E551- SiO2)

    4) Conserve de blanquette de veau, de la marque William Saurin, contenant du E171 (dioxyde de titane – TiO2) dans la liste des ingrédients.

    Le dioxyde de titane (TiO2) et le dioxyde silice (SiO2) sont des particules, d’origine minérale et sont utilisées comme :

     Anti-agglomérant : Les particules de SiO2 permettent de fixer l’humidité et empêcher l’agglomération du sel, du sucre, des épices, du cacao et d’autres aliments sous forme de poudre.

     Pigments blancs : Les particules de TiO2 sont mélangées aux aliments pour améliorer leur blancheur ou leur brillance ou modifier les nuances de couleurs de colorants alimentaires.

    Les marques derrière les produits analysés

    Malabar2, marque française fondée en 1958, Malabar appartient depuis 2012 au groupe américain Mondelez International (issu d’une scission de Kraft Foods). Mondelez International est le deuxième acteur mondial du secteur agroalimentaire, et détient plusieurs dizaines de familles de marques d’envergure internationale, dont 9 génèrent plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel, parmi lesquelles Cadbury, qui commercialise Malabar. Concernant sa politique d'entreprise en matière de nanotechnologies, Mondelez international informe sur son site internet qu’ils n’utilisent actuellement pas de2 http://www.mr-malabar.fr

    http://emergingtech.foe.org.au/wp-content/uploads/2015/09/FoE-food-testing-briefing-Sep-2015.pdf http://emergingtech.foe.org.au/wp-content/uploads/2015/09/FoE-food-testing-briefing-Sep-2015.pdf http://www.mr-malabar.fr/ http://www.agirpourlenvironnement.org/

  • nanotechnologies3 : « Currently we’re not using nanotechnology »

    Les biscuits LU4, ancienne entreprise française existant depuis 1846 est également détenue par Mondelez International. Ce groupe promeut le « snacking intelligent », entreprend soit disant une démarche de transparence sur ses étiquettes pour fournir « toute l’information nécessaire sur les emballages »5.

    Carrefour6 est le plus grand distributeur européen et le deuxième mondial. 12,5 millions de clients parcourent chaque jour les rayons des 11 900 magasins du groupe. Un des engagements de Carrefour concerne l’utilisation de « moins d’additifs pour plus de naturel »7

    William Saurin8 est une entreprise fondée en 1898, spécialisée dans les plats cuisinés « typiquement français ». La société appartient aujourd’hui au groupe Financière Turenne Lafayette (FTL), holding qui réalise chaque année plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. La société William Saurin entreprend une démarche qualité dans ses produits, et s’engage même à “supprimer les additifs inutiles de toutes (leurs) recettes” 9.

    C. Les résultats rapport d'analyse

    Les résultats

    Le rapport complet d’essai “ Extraction de nanoparticules de produits alimentaires et mesures de leurs propriétés dimensionnelles” (dossier P156452 – Document DMSI/1) est disponible sur www.agirpourlenvironnement.org .

    Les résultats sont sans appel : les 4 échantillons analysés contiennent des nanoparticules.

    1) LU “ Napolitain signature chocolat” La présence de particule de TiO2 est confirmée, avec une taille moyenne de 148,9 nm.

    2) Malabar La présence de particule de TiO2 est confirmée, avec une taille moyenne de 183,6 nm.

    3) Mélange d’épices pour guacamole marque Carrefour

    3 http://www .mondelezinternational.com/well-being/safety-of-our-people-and- products/ensuring-safe-food 4 https://www.lulechampdespossibles.fr 5 http://www.mondelezinternational.com/well-being/mindful-snacking/empower-through- information 6 http://www.carrefour.com/fr 7 http://www.lesproduitscarrefour.fr/nos-engagements/ingredient-selectionne/moins- dadditifs-pour-plus-de-naturel-0 8 http://www.william-saurin.fr 9 http://www.william-saurin.fr/la-societe/

    La présence de particule de SiO2 est confirmée, avec une taille moyenne de 20,0nm.

    4) Blanquette de veau William Saurin. La présence de particule de TiO2 est confirmée, avec une taille moyenne de 131,6nm.

    D- Des analyses révélatrices d'une situation plus générale : les nanoparticules entrent silencieusement dans nos assiettes

    En plus de les retrouver dans les emballages alimentaires et dans des pesticides, l’introduction des nanoparticules dans l’alimentation se fait via les additifs des produits alimentaires. Leur intérêt ? Loin d’être essentiel ! ll s’agit essentiellement de rendre plus “attractif” un produit (modifier la couleur, la brillance, le goût, la fluidité, la texture...) ou allonger sa durée de conservation. Les deux additifs les plus courants, susceptibles de contenir des nanos sont repérables sous les dénominations suivantes :

    - le E171 (dioxyde de titane ou TiO2 - colorant) présent dans les bonbons, chewing-gums, sauces, plats cuisinés, biscuits, crèmes, sucre glace..

    - le E551 (dioxyde de silice ou SiO2- anti- agglomérant) présent dans les produits sous forme de poudre (mélanges d’épices, chocolat en poudre, sucre…)

    Aujourd'hui, le peu d'information sur la présence de nanoparticules dans des produits alimentaires provient des associations. Aux quatre produits testés par Agir pour l’Environnement, s'ajoutent 3 produits dans lesquels des nanoparticules ont été retrouvées en 2015 : les MM’s, les Mentos et les Skittles10. Cette analyse a été réalisée par l'association les Amis de la Terre Australie qui vient également de révéler la présence de nanoparticules dans du lait maternisé aux Etats-Unis11.

    II. Quelle information pour le consommateur ?

    A- Ces produits auraient dû etre étiquetés [nano] !

    Tous les produits analysés contiennent des nanoparticules dont la taille moyenne est en dessous de 200 nanomètres.

    La mention [nano] aurait donc d