Les Canadiens-FranÇais Origine des Familles

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Origen de las familias que emigraron a Canadá desde la fundación de Quebec. // Origine de la famille qui a émigré au Canada en provenance de la fondation de Québec.

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LES CANADIENS-FRANAIS

ORIGINE

DES FAMILLESMIGRES DE FRANCE, d'eSPAGNE, DE SUISSE, ETC, POUR VENIR SE FIXER AU CANADA, DEPUIS LA FONDATION DE QUEBEC JUSQU' CES DERNIERS TEMPS

ET SIGNIFICATION DE LEURS NOMSPAR

N.-E.

DIONNE,

LL. D., M. D.

Professeur d'Archolog-ie L'Universit Laval

1'

Qubec

:

1

Montral

:

LIBRAIRIE

GARNEAUi

LIBRAIRIE

GRANGER

Rue Buade

Rue Notre-Dame

Laflamme

&

Proulx, Imp. Qubec

1914

ORIGINE DES FAMILLES

CANADIENNES-FRANAISES

LES CANADIENS-FRANAIS

ORIGINE

DES FAMILLESEMIGREES DE FRANCE, D ESPAGNE, DE SUISSE, ETC, POUR VENIR SE FIXER AU CANADA, DEPUIS LA FONDATION DE QUEBEC JUSQU' CES DERNIERS TEMPS

ET SIGNIFICATION DE LEURS NOMSPAR

N.-E.

DIONNE,

LL. D., M. D.

Professeur d'Archolog-ie L'Universit Laval

Qubec

:

Montral

:

LIBRAIRIE

GARNEAU

LIBRAIRIE

GRANGER

Rue Buade

Rue Notre-Dame

Laflamme

&

Proulx, Imp. Qubec

1914

HIST. REF.

XAQ^^^OO/

.lo

L-

PREFACEcet ouvrage est de faire connatre l'origine des famille canadiens-franais et partant des familles elles-mmes, et, en second lieu, d'apporter chacun des noms

Le but de

noms dele

sens qui lui est propre ou qui s'en rapproche. Plusieurs se sont bien souvent demand de quelle partie de la France ilstirent leur origine,l'ouest, sans

du nord, du midi, du

centre, de l'estla rponse.

ou de

pouvoir toujours trouver auraient aim de connatre la signification de leurs noms, de comprhension souvent difficile, sinon impossible. Que veu-

D'autres

lent dire Bolduc, Garipy,tre, n'est-ce pas,

Plamondon

etles

Massicotte? Mys-

mystre

mme pour

personnes

les

plus

intresses le pntrer. L'auteur de cet humble ouvrage a voulu soulever un coin du voile qui plane sur ce double sujet, et il doit avouer qu'il

a mis cette uvre toutle

le travail et

toute la bonne volont

en droit d'attendre de ses efforts. Il a puis que les noms de familles dans le Dictionnaire Gnalogique de Mgr Tanguay; il a ajout ceux-l, un bon nombre d'autrespublic est

Franais migrs au Canada depuis 1730 jusqu' ces dernires annes. C'est ainsi qu'il a pu en recueillir prs de neuf mille. Il aurait pu ajouter sa liste les noms des quelques

centaines de personnes d'importation rcente, mais il les a mis de ct, d'abord parceque ceux-l sont moins connus, etaussi parce qu'il est difficile de prvoir quel sera le sort de cette colonisation tardive, qui pourrait n'apporter la pro-

vince de Qubec qu'un appoint passager.

[

viii

]

I

HISTORIQUE DES NOMS EN GENERAL

Le nom remonte

la cration

du monde.

A

mesure que la

population s'est accrue, que les familles se sont multiplies, il a fallu, pour se reconnatre, avoir recours des combinaisons varies, d'o sont sortis le surnom, le prnom et souvent le sobriquet. De tout temps, ces noms furent significatifs,

puisqu'on a da-t-il

les puiser dans la langue parle. Comment arriver que plusieurs d'entre eux dfient toute explication, toute tymologie et mme la vritable racine?

pu

C'est l

un des

secrets de notre langue, lors de sa formation.le

Si nous ne

pouvons parvenir

pntrer, nos anctres ne

doivent pas en tre tenus responsables, car on ne peut supposer qu'ils aient cd la fantaisie ou au caprice, quand ils

ont cr cette srie de noms de communes, de

villes,

de fa-

milles, qui sont devenus lgion. L'historique des noms de famille varie quelque peu, si onl'tudi chez les diffrents peuples de l'Univers. Chez les

Hbreux, les noms taient personnels, et ne se transmettaient que de pre en fils. A leur naissance, les enfants recevaient un nom qui n'tait en gnral que l'expression d'une qualit du corps ou de l'esprit, ou d'un vu. Ainsi Can veut direEsaii, actif;

possd; Cham, chaleureux; Isaac, blanc; No, librateur; Salomon, ami de la paix. Pour distinguer les. familles l'on y faisait suivre le nom du pre de celui du fils,et l'on disait Isaac,fils d'Abraham, David, fils d'Isae. Aprs la dispersion des tribus, l'on abandonna la vieille coutume de donner aux enfants le nom de leur pre. Voil pourquoi l'on ne doit pas tre surpris de constater dans l'Evangile que Zacharie, ayant voulu donner son nom l'enfant qui venait de lui arriver, on s'y opposa et cet enfant fut nomm Jean. Souvent les Juifs multiplirent jusqu' trois,

le

nombre de

leurs noms.

[

ix

]

Chezchezle

lesfils.

Grecs anciens,

Tous

les

le nom du pre ne se retrouve point noms y sont significatifs, et souvent ils trois.

sont au

nombre de

Ils

se transmettaient

de l'aeul

paternel au petit-fils an et de l'oncle au neveu. Pour ne pas confondre les individus, on leur attribuait souvent des sobriquets ou faux noms. Des exemples frappants se retracent parmi les successeurs d'Alexandre le Grand. Les Antiochus, les Ptolme, les Dmtrius sont des noms bien connus dans l'histoire. Nous les connatrions moins bien s'ils ne portaient les surnoms qui leur sont rests. Dmtrius Soter (sauveur), Dmtrius Nicator (vainqueur), Ptolme Philadelphe (ami de ses frres), Ptolme Philopator (ami de son pre), Antio-

chus Epiphanes

(illustre).

Chez les Romains, on avait des noms, des prnoms et des surnoms. Cependant l'origine ils ne portaient qu'un seul nom: Romulus, Remus. Puis ils en prirent deux: Numa Pompilius, Servius Tullius. Ce ne fut qu'aprs la chute de la royaut, que l'on adopta Rome l'usage de trois noms. Le premier tait ordinairement marqu en abrg par desinitiales

En

A. pour Aulus, C. pour Caius, Sex. pour Sextus. second lieu venait le nom proprement dit, qui finissait en lus Cornlius, Fabius, Tullius. Le surnom se plaait en: :

troisime lieu et indiquait la famille dont on faisait partie: Cicero, Csar. Quelquefois un second surnom servait rappeler

un

fait

remarquable, un vnement heureux, ou une

Un exemple bien frappant sous ce rapde Scipion l'Africain qui s'appelait Publius port Cornlius Scipio Africanus. Cornlius est le nom de la race,marque del'esprit.

est celui

Scipion est le nom de la famille, et Africanus est le surnom destin perptuer le souvenir de la ruine de Carthage. Des Romains illustres ont pris jusqu' cinq noms: Scipion lui-

mme

aurait ajout ceux dj cits, celui d'^milianus, parcequ'il devait le jour ^milius Paulus. Comme chez les Hbreux et chez les Grecs, les noms et sur-

noms des Romainsexemplestirs

taient

significatifs.

Encore quelquessignifiait cour-

de l'histoire romaine: Galba

[

X

]

taud; Flavius, blondin; Publius, orphelin; Strabo, louche; Varus, jambes torses Ovidius, possesseur de troupeaux de moutons; Hortensius, amateur de jardins; Brutus, inculte;;

tite

Nepos, prodigue; Cicero, pois chiche (Cicron avait une peverrue sur le nez) Scipio, bton de vieillesse.;

premiers Francs ne portaient qu'un seul nom, qui partageait du caractre tudesque et du Scandinave, comme les suivants Berther, Dagberth, Berthbramm, Waldwin, Baldwin, dont on a fait Berthier, Dagobert, Bertrand,France,les:

En

Gavivin et Baudin. Ce n'est qu' partir du Xe sicle que les seigneurs commencrent crire leur nom de famille, en le faisant suivre du nom de leur terre ou fief. On remarque

qu'au Xle sicle les surnoms deviennent plus frquents, et qu'on ajoute le nom du pre celui du fils Herv, fils de Josselin. C'est la mme poque que les cadets de famille commencent suivre l'exemple des seigneurs, en ajoutant leur nom celui de leur terre. Ce fut ensuite le tour de la petite:

noblesse et des propritaires, qui eurent recours un procd similaire. C'est alors que l'on voit tous ces gens emprunter des noms aux lments, aux rgnes de la nature, aux loca-

aux professions et mtiers, aux habits, aux meubles, aux bonnes et aux mauvaises actions. Dj, cette poque du onzime sicle, l'on retrace les noms des Petit, des Ttu,lits,

des Leblanc, des Beaufils, des Desnoyers, des Delorme, des Delamarre, des Crvecur.

Le nom de baptme ne tarda gure suivre. Cependant il y en et beaucoup avant le douzime sicle. D'aprs Mezeray, les noms ne devinrentserait tmraire d'affirmer qu'ille

hrditaires que sous le rgne de Philippe-Auguste. Citons" Les noms hrditaires furent encore longtemps incon:

les campagnes, et les registres de l'tat civil, vritables archives de nos familles, ne furent ouverts que dansle

nus dans

XVe

sicle.

En

1406,

un synode

prescrivit

aux curs

la

tenue des registres de baptme, et plus tard, vers 1464, on leur enjoignit de constater les mariages et les dcs dater

du mois d'aot

1539, poque laquelle la tenue des registres

[

xi

]

de l'tattrets.

civil fut prescrite

Alors, mais alors seulement, les naissances, les:

par l'ordonnance de Villers-Cotma-

riages, et les dcs devaient tre enregistrs

chacun en

nais-

sant reut

le

nom de

tombe.

"

son pre, et porta ce

nom

trac sur sa

Pour viter toute confusion, les Etats gnraux