Les 12 lecons du magicien .pdf

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  • Les douze leons du magicien

    Abou Kooki

    leditionde.ngaoundaba.com

  • Abou Kooki

    Les douze leons du magicien

    leditionde.ngaoundaba.com

  • Tous droits rservs, leditionde.ngaoundaba.com, Beyrouth 2009

  • Les 12 leons du magicien

    Partie I : la nature du magicien

    Avertissement pour les adultesMadame, monsieur, ce livre nest pas destin aux enfants. Il a t crit lusage exclusif de tous les adultes qui ont oubli quils avaient t un jour des enfants. Oui, il sagit de vous ! Il est donc conu pour vous, pour que vous lisiez ce livre vos enfants qui pourront alors vous expliquer les subtilits de la vie.

    Avertissement pour les enfantsPetit garon ou petite fille, si tu tiens ce livre entre tes mains, va vite le confier un adulte que tu aimes bien. Il est trs important quil te le lise avec les diffrentes leons afin que tu puisses lui expliquer la vraie vie et laider ainsi rflchir et ouvrir les yeux sur le monde qui lentoure.

    Avertissement pour AnalleMa belle, ne crois pas ce quil y a crit ci-dessus, ce livre test surtout destin. Il test destin toi qui es encore enfant, toi qui es dj adulte et il est aussi destin toi mre et grand-mre, pour tes enfants, les enfants de tes enfants et encore sept fois leurs enfants Joyeux Nol 2007 pour toi et joyeux Nols venir pour tous

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  • Les 12 leons du magicien

    Leon 1 : le livre est ton amiLhistoire que je vais te raconter est une trange histoire. Bien sr il ne faut pas trop la prendre au srieux car jai d, pour des raisons de confidentialit, changer quelques noms de lieux et de personnes. Mais il faut quand mme considrer que cette histoire est en partie vraie et que le petit garon quelle concerne pourrait bien tre chacun des petits garons du coin de chacune des rues de la ville o tu habites.Peut tre mme (mais chutt ne le rpte pas !) que cette histoire est la mienne et que cest moi ce petit voisin un peu magicien.Quoiquil en soit, si jai choisi de te raconter cette histoire, cest parce que cest avant tout une trs belle histoire damour et de bonheur, une histoire pour combattre la grisaille du soir qui tombe et pour rendre un peu le sourire aux petits enfants qui, comme moi parfois, comme ton petit voisin aussi, se croient beaucoup plus malheureux quils ne le seront jamais.Voici donc lhistoire quelque peu merveilleuse dAlos.Alos tait un garon sage. Nul doute l-dessus. Ctait aussi un joli petit enfant, tout brun, avec des beaux yeux bleus, un peu grands et aussi parfois un peu tristes. Mais sur les causes de sa tristesse, je reviendrai tout lheure.Ctait surtout un petit garon trs ordinaire. La seule chose qui pouvait le distinguer des autres garons de son ge, cest quil ntait pas bien grand, plutt trs petit mme. Il tait si petit pour son ge que sa mre, sen tant inquite, lui avait fait consulter plusieurs grands et trs srieux mdecins. Les mdecins avaient hauss les paules, staient gratt la gorge et avaient tous fini par conclure quil fallait lui donner un peu plus de vitamines, un peu dhuile de foie de morue (beurk !) et surtout le laisser samuser tranquillement.Une fois rassure, sa mre lavait laiss dfinitivement en paix.Comme on le voit ses parents soccupaient trs bien dAlos. Ils le

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    nourrissaient, le soignaient et lhabillaient tout fait correctement et mme plutt trs convenablement. Mais part a, ils ne soccupaient pas du tout de lui. Et ctait l quil y avait un problme.Avant tout, il faut que tu saches quAlos ntait pas trs vieux. Voyons voir. Oui cest a, il avait peu prs ton ge, c'est--dire, au moment ou commence cette histoire un peu plus de douze ans.Sa courte vie, aussi loin quil sen souvenait stait toujours droule de la mme manire un peu triste.Il ne voyait jamais ou presque son pre. Celui-ci devait tre un homme daffaires trs occup, un esprit brillant demand par toute la plante. Il devait trs certainement tre indispensable la bonne marche du monde car il ne sjournait que trs rarement la maison. De temps en temps, pas plus dune fois par mois, Alos le croisait dans les couloirs de la grande maison. Et ctait peine si son pre le voyait. Le plus souvent il baissait les yeux vers lui, prenait lair surpris, puis confus, comme sil ne se rappelait pas de son nom. Ensuite il agitait rapidement la main et il continuait son chemin. Parfois, lors de grandes ftes, comme pour Nol ou pour des enterrements, il se retrouvait dans la mme pice que son pre. Il pouvait alors lobserver rire, plaisanter ou au contraire discourir longtemps avec un air trs grave.Parfois mme, il le surprenait en train de prendre sa femme, la mre dAlos par la taille, et manifester un amour dont le petit garon se sentait exclu et qui lui faisait toujours mal au cur. Mais le plus souvent lors de ces vnements, il tait renvoy bien vite dans sa chambre avec une assiette de gteaux et linjonction de ne surtout pas dranger les grands .Bien sr, il voyait beaucoup plus souvent sa mre. Ctait une grande dame svre qui dirigeait la maison sans grande passion. Elle le rveillait le matin en toquant sa porte. Ctait le seul signe quil recevait delle en dbut de journe. Il navait alors qu shabiller seul, puis descendre djeuner toujours tout seul. Une fois, bien des annes auparavant, sa mre lui avait montr comment se prparer le chocolat chaud et comment beurrer quelques tartines.

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    Depuis il rptait les mmes gestes sans se poser de question. Les jours dcole, lorsque le coucou chantait huit fois, il prenait son cartable au dos et sen allait vers les tudes. Toujours il mangeait la cantine. Le soir il rentrait bien vite, mais le plus souvent la maison tait vide. Il faisait tout de suite ses devoirs puis partait jouer. En gnral il ne voyait sa mre que pour le repas du soir. Elle linterrogeait un peu sur sa journe, sur les notes quil avait eues, puis laissait le silence envahir la salle manger. Ensuite, elle lenvoyait dans sa chambre o il pouvait se coucher quand il le voulait. Il ne la voyait pas plus le samedi ou le dimanche. Ces jours l, en effet, il tait libre de sa journe. De son ct, sa mre sortait et bien souvent il ne trouvait de trace delle que par un mot griffonn sur la table de la cuisine qui lui disait de se servir manger dans le frigidaire. Cela le rendait un peu triste, mme sil nen avait pas du tout conscience. Il ne connaissait ni les joies partages, ni les chamailleries constantes des grandes familles. Les frres et surs quil navait pas ne lui manquaient pas non plus. Cependant, le vide de lamour tait prsent et la place tait libre qui voudrait la remplir. Ctait peut-tre a la raison pour laquelle il restait petit, trop petit. En ne grandissant pas, peut-tre essayait-il de dire tous et surtout ses parents quil tait l, encore petit et quil fallait que lon soccupe de lui. Mais comme nous lavons vu, cette demande ntait pas satisfaite. Sa mre stait dcharge du problme sur les mdecins qui, pas vraiment concerns, navaient, comme de bien entendu, rien compris.Dun autre ct, ctait aussi un enfant trs actif et intelligent. Il obtenait dailleurs de bons rsultats lcole sans faire pour cela beaucoup defforts. Du fait de son caractre parfois un peu farouche, cela ne le rendait pas trop populaire et bien souvent il se retrouvait tout seul. Ainsi il navait pas de copains ni de copines et cela, en apparence, ne semblait pas lui manquer.Comme nous lavons dj dit, au moment o cette histoire se droule, Alos venait davoir douze ans. Ctait donc la fois un

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    petit garon, mais ctait aussi un adulte en devenir. Et cette histoire, finalement, est celle du basculement dune poque de sa vie dans une autre. On y verra ainsi lensemble des choix, conscients ou non, qui lui firent quitter lenfance pour se diriger vers lge adulte. Cest une histoire qui mest arrive et qui tarrivera aussi un jour, alors je crois que le mieux est que tu sois bien attentif.Mais quoiquil en soit, je vais essayer de ne pas trop anticiper.Chaque jour donc, aprs lcole et les devoirs rapidement expdis, il passait son temps tout seul dans la grande maison. Parfois il sy ennuyait. Mais le plus souvent il jouait. A cette poque, la tlvision ntait pas systmatiquement rpandue et les jeux vido ne se trouvaient pas tous les coins de rue, mais dans limmense demeure toute vide il y avait beaucoup de possibilits de jeu et Alos avait suffisamment dimagination pour en explorer une bonne partie. Par exemple, dans les nombreuses chambres pour des invits toujours absents, il jouait lexplorateur. Il se dplaait alors en glissant par terre comme un aventurier dans son kayak. Il visitait ainsi des jungles touffues, des montagnes dcharnes, des icebergs hants par de froces ours blancs. Ou sinon, dans la vieille buanderie dsaffecte, aid par une batterie de petits soldats, il luttait contre de terribles incendies grand renfort de seaux deau. Il laissait alors de grandes tranes humides et joyeuses sur les murs pendant que les hroques soldats parpills aux quatre coins de la pice rendaient lme avec les honneurs. Mais son terrain de jeu prfr tait sans conteste la vaste cave. Ctait une trs grande cave aux lourdes votes de pierres grises moiti taille dans la roche et qui stendait sous toute la maison. Elle tait vide et trs sombre et Alos ntait pas compltement sr davoir bien le droit de sy rendre. Cependant comme on ne le lui avait jamais explicitement dfen