L'Ecole valaisanne, mars 1963

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  • ----Collge Ste Marle Martigny

    INTERNAT et EXTERNAT CLASSES PRIMAIRES

    CLASSES SECONDAIRES COURS PREPARATOIRE A L'ECOLE NORMALE ECOLE DE COMMERCE

    (Diplme cantonal)

    LA

    LOTERIE ROJIANDE FAIT DES HEUREUX ...

    Lon IMHOFF LIBRAIRIE - PAPETERIE - RELIURE

    ENCADREMENTS MATERIEL SCOLAIRE

    S ION

    Tlphone 21 O?O

    Pour la volaille:

    P902-6S

    Fourrages SEG FEDERATION VALAISANNE DES PRODUCTEURS DE LAIT SION

    (j) C c ra if) .--

    -rd ra > (j) o o (])

    mars 1963 - septime anne 7

  • C'est clair votre conomie est la Source )}

    Il.JlRr~[MJ~J_ t1~ Seul.ment Fr. 265.- ln1\6W V~,

    Mme E. OLiVIERELSIG et MICHEL RUDAZ, SION

    FERS - QUINCAILLERIE

    ARTICLES DE MENAGE

    ARTICLES DE SPORT

    FOURNEAUX

    Avenue du Midi Tlphone (027) 21021 CAL 0 R 1

    Ah! quel beau ~hoix aux

    MONTHEY - MARTIGNY SAXON - SION SIERRE - VIEGE

    L'ECOLE VALAISANNE Bulletin mensuel du Personnel Enseignant du Valais Romand

    No 7, mars 1963

    CroCUS Fr Pralong C. E. Hallsam.mann Carmen Mablard

    SOMMAIRE

    Partie gnrale Alceste l'cole . Une presse enfantine chrtienne Quelques considrations sur le dessin Exercices sensoriels pour les petits . La Postropodie .

    Partie officielle et corporative Le 72e Cours normal suisse Zoug Journes d'tudes sur les professions de l'avenir Appel de la Socit suisse des Matres de Dessin . Cours de photographie . Plerinage d't Notre-Dame de Lourdes Association des Matres de gymnastique du Valais romand.

    P. Perret - M. Oberli

    J'. Joris

    Bibliographie et Divers Pdagogie gnrale La Vie de Notre-Seigneur en diapositives Rpertoire des sources musicales Exercices de calcul mental Instruire ou interdi? . Treize Etoiles

    Partie pratique

    Leon de chose: la pomme de terre Etude du texte: une plante merveilleuse La pomme de terre contient-elle du fer? Chanson des pommes de terre _

    RE N SE 1 G N E M ENTS L'ECOLE VALAISANNE parat Sion, le 15 de chaque mois, juillet et aot excepts.

    Publicit : Publicitas, Avenue du Midi, Sion - Tlphone 24422.

    Rdaction: Eug. Claret, Office de l'En-seignem.ent, Sion.

    Dlai de rdaction: le 1er de chaque mois.

    Edition, administration et expdition: Office de l'Enseignement, Sion.

    Impression: Fiorina & Bm'gener, Sion.

    Abonnement annuel: Fr. 10.-, C.c.P. II c 12, Etat du Valais, Sion (POUl' le per-sonnel enseignant, l'abonnement est retenu sur le traitement du mois d'avril).

    Pages 3 et 4 de la couverture (10 insertions) lit Fr. 700.-

    Y:! Fr. 380.-74 Fr. 200.-

    Pages ordinaires, 1 insertion: lit Fr. 60.-Y:! Fr. 33.-74 Fr. 18.-l/S Fr. 10.-

    5 insertions: rabais de 5 % 10 insertions: rabais de 10 %

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    37 38 39 41 42 42

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    Alceste Chacun sait que la justice n'est pas de ce monde, que les vrais

    valeurs sont mconnues, que les puissants du jour l'emportent tou-jours sur les peinards, que tout est permis aux malins, que les nafs paient rgulirement pour les autres ... Ce sont l propos dsabuss que l'on se rpte complaisamment quand rien ne va plus, quitte crier: la vie est belle ! quand la roue de la Fortune a tourn du bon ct.

    Il serait facile au redresseur de torts qu'est Alceste, de montrer ce qui se cache d'injustice, de combinaisons louches, de passe-droits, de lchet dans la politique, dans les affaires, dans l'arme, dans l'information, dans l'exercice mme de la justice. A la sacristie comme l' hpital, que de mesquineries, de jalousies, de rivalits, de coups d'pingles qui ne donnent pas la mort, mais y conduisent srement!

    Il n'y a qu'un domaine o la justice fleurit dans un ternel printemps: c'est l'cole. Elle est le refuge du loyalisme, de la dli-catesse de conscience, de la fidlit scrupuleuse au devoir d'tat. L'cole est au.dessus de tout soupon.

    Si le matre hier soir a prolong sa partie de cartes au-del de minuit et qu'il n'a pu prparer sa classe ce matin cause d'une flemmingite aigu au rveil, il n'y a pas de mal cela. Il donnera pour la premire heure un travail de co pie toute la classe, un tra-vail insipide, canulant, stupide, o l'lve fera trois fautes d'ennui par ligne. Et si d'aventure, il passe dans les bancs et s'aperoit de quelque bourde, il aura soin d'enguirlander co pieusement l'cervel pour sauvegarder la justice. Et la justice, en effet, sera sauve!

    Rien dire si l'on courte la classe d'une demi-heure pour voler une assemble du Syndicat bovin, pour expdier . la gare des abri-cots qui ne peuvent absolument plus attendre , pour rencontrer au car de 10 h. 30 le Monsieur dispos louer votre mayen aux pro-chaines grandes vacances... On a bien le droit de s'occuper de ses intrts, non?

    Et si ces Messieurs de la Comptabilit se trompent d'un franc trente-cinq dans le calcul de votre paie mensuelle, ils vont en enten-dre, au tlphone, au nom de la Justice!

    Il y a des lves prdestins qui passent leur anne scolaire faire les commissions du matre ou de la 11wtresse. Ils seraient bien

    btes de protester, les veinards! Porter une lettre la poste en allon-geant le chemin le plus possible est autrement intressant que de rabcher les participes passs.

    Evidemment, il ne manque pas de gens pour trouver que notre cole va mal et pour juger svrement notre profession.

    Alceste, par exemple. Il m'a pris part l'autre jour, dans un coin de la cour. Tu connais, m'a-t-il dit, le grand Bidon V qui ensei-gnait La Faluche ... Figure-toi que ce gaillard tait rgulirement malade, entre le 26 et le 28 de chaque mois. Une si touchante rgu-larit finit par intriguer les collgues; ils dcouvrirent alors que le prtendu malade faisait les bordereaux de paiement pour une entre-prise de la place .

    Il m'en a dit encore d'autres, Alceste. Je vous les transcris par souci d'objectivit, 11wis, moi, je n'en crois rien.

    Il parat qu'au collge de Bataclan, les profs ont supprim tous les cahiers et exigent les devoirs sur feuilles. Vous comprenez, on peut plus facilement les mettre la corbeille papier, sans les cor-riger. Personnellement, j'avoue que des feuilles sont plus faciles emporter dans sa serviette que des piles de cahiers, voil tout.

    Il y a d'ailleurs des profs qui font toutes les rcitations par crit et qui n'en rendent jamais compte; l'lve apprendra sa note par le bulletin trimestriel. Ce systme, d'aprs moi, a un immense avantage: l'lve est quitte de se tracasser, il a la paix durant trois mois, sa sant est florissante et tout, et tout. Je ne vois vraiment pas pour-quoi Alceste s'alarme.

    Aprs tout, les devoirs crits ne sont qu'une sorte de contrle; les lves intelligents savent dj, en remettant leurs feuilles, s'ils ont fait juste ou faux. Pourquoi le matre se donnerait-il la peine de corriger ces travaux un par un ? Il y a autre chose de plus utile faire, que diable !

    C'est comme les leons particulires ... Alceste m'a cont son indi-gnation parce qu'un prof de maths, au chef-lieu de notre louable Rpublique, fait payer 20 francs l' heure de leon particulire ... Et aprs? lui ai-je rpondu; c'est un tarif tout fait modeste. Le mo-niteur d'auto-cole se fait payer 18 francs pour tre assis une heure ct d'une charmante lve. Et il n'a pas fait l'Universit, lui. Je sais bien qu'il y a nombre de pauvres bougres qui ne gagnent que 4 francs l'heure et doivent entretenir une nombreuse famille. Les nafs! ils n'avaient qu' faire des tudes de maths ou se choisir un mtier plus reluisant!

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  • Au pensionnat Saint-Pacme, m'a dit encore Alceste, une grande lve s'est fait renvoyer pour s'tre masque Carnaval, l'intrieur de l'tablissement! A la Colombine, une autre, parat-il, aurait reu un averto pour avoir rallum une lampe qu'un profes-seur venait d'teindre. Ici svit l'arbitraire l le chouchoutisme endmique. Les parents pourraient en racon~er s'ils ne craignaient de compromettre l'avenir de leur fils ou de leur fille ...

    Alors l, vraiment, j'ai coup la parole mon grincheux inter-locuteur. (J'ai parfois ce courage, dans les cas extrmes.) Alceste, lui dis-je vertement, je ne te permettrai pas de dflorer l'image idale que je me suis faite de nos institutions scolaires. Avec le manque de nuances qui te caractrise, tu me cites des faits bruts, dgags de tout leur contexte de circonstances attnuantes ou aggra-vantes, qu'on ne saurait juger en toute honntet. Ton moralisme tourne l'aigreur. Va raconter tes histoires Arsino la prude. Moi je ne t'coute plus. Tu n'es qu'un plaisantin dangereux, tout ce qu'il y a de plus gauche. Notre cole est pure, saine, intgre, impartiale, dmocratique et rpublicaine. La justice y rgne en souveraine abso-lue. V ive notre cole !

    Crocus

    Au reste le mtier d'tudiant (car c'est un mtier) doit lui aussi menter qu'on l'aime comme un art, qu'on s'y consacre comme ct une profession, qu'on y trouve une spiritualit. Dans les temps antiques, quand l'homme n'tait pas encore arriv la pleine conscience de sa valeur d'homme, il pouvait pratiquer son mtier comme une tche, s'y astreindre comme une corve, se bornant dresser en soi l'automate. Il n'en est plus de mme dans nos cit! modernes o l'homme doit puiser dans son travail avec la nourriture de son corps celle de SOli esprit. Et, pour ma part, j'ai souvent plus appris en considrant des artisans, en causant avec les travailleurs des mains et en recueillant leur exprience que dans les livres, dans les cour! et dans les bibliothques. Et ne serait il pas navrant que les travailleurs, comme l'on dit, puis. sent tirer de leur humble pratique une sagesse, alors que les intellectuels, comme l'on dil encore, passent distraitement au milieu de leurs richesses innombrables et font uvrer l'illtel ligence sans en acqurir le respect? Eux aussi n'ontils pas leurs