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    Revue des Rgions Arides n 38(3/2015)

    Le village berbre de Chenini (Sud-est tunisien) : richesse dun patrimoine fragilis

    Hatem KHATALLI1, Mongi SGHAIER2, Frdric SANDRON2

    1 Chercheur lInstitut des Rgions Arides de Mdenine 4119 Tunisie. Laboratoire dconomie et Socits Rurales. Mail : hatem.khat[email protected]

    2 Directeur de Recherche et chef de laboratoire dconomie et socits rurales lInstitut des Rgions Arides Mdenine- 4119 Tunisie. Mail : [email protected]

    3 Directeur de Recherche lIRD, membre du CEPED.2 rue Joseph Wetzell Parc technologique universitaire 97495 Sainte Clotilde Cedex. Mail : [email protected]

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    RSUM

    En dpit de son potentiel patrimonial riche et diversifi, le village berbre de Chenini se trouve aujourdhui face des menaces inquitantes qui risquent dendommager la valeur culturelle et le dveloppement local durable.

    Le prsent travail a pour objectif dtudier limportance du patrimoine local existant dans la rgion et didentifier les diffrentes menaces qui risquent dendommager sa valeur culturelle. Lapproche mthodologique repose sur lanalyse de jeux dacteurs et la performance du tissu institutionnel local.

    Ltude a pu montrer que la divergence des objectifs des diffrents acteurs intervenants dans le village de Chenini a influenc le processus de patrimonialisation et la valorisation des ressources locales.

    Mots clefs : Patrimoine local, acteurs publics, acteurs privs, menaces, jeux dacteurs.

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    SUMMARY

    Despite of the rich and diversified heritage of the berber village of Chenini (south east of Tunisia), this latter knows today great problems which may damage the cultural value and the local sustainable development.

    The present work studies the importance of the local heritage and identifies the different threats that may damage its cultural value. The methodological approach is based on the analysis of sets of actors, and the performance of the local institutions.

    The study has been able to show that the divergence of objectives of the different actors in the village of Chenini has influenced the process of patrimonialisation and the exploitation of local resources.

    Key words: local heritage, public actors, private actors, threats, actor games.

    1-INTRODUCTION

    Depuis son indpendance, la Tunisie a mis en uvre plusieurs stratgies de dveloppement dans les zones arides qui ont contribu faire face diverses contraintes climatiques et socio-conomiques (dsertification, migration, chmage, etc.). Ces stratgies visaient donner une impulsion aux activits conomiques et en mme temps grer durablement les ressources naturelles. Elles ont tent de rpondre aux besoins socio-conomiques de la population locale pour valoriser dune manire approprie les potentialits existantes.

    La problmatique gnrale dans le village de Chenini est marque par la faiblesse du tissu conomique qui est domin par lactivit agricole. Ce secteur na pas abouti ltablissement dune dynamique conomique lchelle locale. Le march de lemploi reste caractris par un dsquilibre permanent entre loffre et la demande. Par ailleurs les emplois offerts dans la rgion sont gnralement des emplois

    occasionnels et saisonniers, do lexode et lmigration, notamment des jeunes.

    Dans une telle zone qui souffre de plusieurs contraintes, la population locale est force dvelopper une dynamique pour innover et mobiliser les ressources locales valorisables. Elles sont mme mieux places que les zones favorables pour inventer et mobiliser. Nous faisons, pour notre part, lhypothse que les zones difficiles sont plus mme de pratiquer le dveloppement territorial car elles sont dans lobligation de se mobiliser et donc de valoriser le capital social et la gouvernance territoriale. (Campagne et Pecqueur, 2009).

    Conscients de limportance des ressources locales dans la rgion de Chenini, plusieurs acteurs publics et privs ont ragis pour la conservation de ces ressources, le rle des acteurs au niveau des diffrentes tapes du processus de patrimonialisation est indispensable pour mener une politique

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    cohrente et efficace, selon (Di Mo, 2007 : 12) il nexiste pas de processus de patrimonialisation sans acteurs collectifs (actants) ou individuels. Inversement, ceux-ci ne peuvent rien, ou presque, sans un minimum didologie ambiante, favorable lintervention patrimoniale. Au total, le processus patrimonial rsulte de linteraction dynamique et dialectique dacteurs et decontextes .

    1.1-Localisation gographique et aperu historique de la rgion de Chenini

    La rgion de Chenini, est une rgion montagneuse, situe dans le sud-est de la Tunisie 18 Km de la ville de Tataouine. Administrativement, elle fait partie de la dlgation de Tataouine Sud, elle est divise en deux Imadas1 (ancien et nouveau village). La rgion couvre une superficie de 46 606 ha, comportant 12 quartiers toponymiques comme le montre la figure 1.

    1 Limada est la plus petite division de dcoupage administratif du territoire Tunisien, elle est assimile un secteur. Limada est dirige par un responsable appel Omda.

    Figure 1. Localisation gographique de la rgion de Chenini

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    La population qui rside dans le village de Chenini, est berbre Zntes 2 (Louis, 1975 : 3). Les berbres qui forment la population autochtone de la rgion, taient prsents dans cette rgion avant larrive des Arabes la fin du VIIeme sicle. Les berbres sont considrs comme tant les premiers habitants de la Tunisie et de lAfrique du Nord en gnral. Ils se dsignaient sous le nom Amazigh (hommes libres) (Zaied, 1992 : 57).

    Dans le but de se protger de lattaque perptre par les tribus environnantes travers les ges, la population locale de la rgion de Chenini sest installe dans les montagnes pour organiser et construire un nouveau genre dhabitation spcifique et symbolique pour assurer leur scurit face aux envahisseurs appel citadelle Kala : grenier fortifi , ce type dhabitation tant reconnu au Maroc sous le nom d Agadir . Andrs louis, 1975 dans son livre intitul Tunisie du Sud. Ksars et villages de crtes , a montr que les invasions de la tribu de Banu Hilal3 en 1051 tait la cause principale qui a pouss la population locale pour

    2 Les Zntes (en amazigh : Lzenaten) galement appels Zenata, ils forment lune des trois grands groupes amazighs. Les Zntes sont les fondateurs de plusieurs tats amazighs, en Afrique du Nord (http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9n%C3%A8tes).3 Cest une tribu arabe qui migra vers lAfrique du Nord au XI sicle. Le Khalife des Fatimides Al-Mustansir Billah autorise ces tribus envahir lAfrique septentrionale pour la fois sen dbarrasser et pour quelles ravagent des lieux quils ne peuvent plus contrler suite linsurrection des Zirides.

    abandonner leurs terres situes dans la plaine de Djeffara4 et sinstaller au sommet de la montagne. Il sagit dune priode dinscurit au Moyen Age qui a caractris non seulement le Sud-est tunisien mais tout le territoire nord africain. Dautres recherches ont nuanc cette ide pour avancer que le besoin conomique tait le motif principal pour que cette population trouve sa scurit alimentaire en sinstallant au sommet de la montagne face un climat aride trs contraignant (Laroussi, 2010 : 34).

    2. OUTILS MTHODOLOGIQUES

    Notre objectif dans cette recherche est dune part de montrer limportance du patrimoine matriel bti dans le village de Chenini, aussi les risques et les menaces qui risquent dendommager cette richesse et dautre part dapprhender le lien entre valorisation et processus de patrimonialisation-territorialisation . Le village de Chenini qui dispose dune richesse trs intressante en ressources locales mais peu valorises, na pas russi activer le processus de patrimonialisation-territorialisation. Daprs (Gravari-Barbas, 2003 : 54) Patrimonialiser un lment permet denraciner celui-ci un espace, et par cet intermdiaire de sapproprier lespace dans lequel il se trouve, doprer une territorialisation. Le patrimoine est ainsi produit de manire servir de bouclier: il constitue une valeur sre sur laquelle peuvent

    4 Zone de transition entre le dsert et la steppe ctire, elle est encadre louest par le Djebel Dahar et les dunes du Grand Erg Oriental et au sud par le Djebel Nafusah et le plateau dsertique dEl Hamadah Al Hamra.

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    se construire dautres revendications, y compris territoriales .

    La patrimonialisation qui est dfinie comme une action qui vise la conservation et la mise en valeur des ressources locales, va mobiliser un ensemble dacteurs lchelle nationale, rgionale et locale voir internationale. Ces acteurs qui seront le principal animateur de ce processus de patrimonialisation, vont influencer dune faon directe ou indirecte le succs ou lchec de laction de mise en valeur de ce patrimoine, notamment leurs convergences ou divergences tout au long du processus. (Vernires, 2011 : 13) a expliqu le rle des acteurs dans le processus de patrimonialisation comme suit : Ds lors, pour quun processus de patrimonialisation soit favorable au dveloppement, il est fondamental que laction de tous les groupes se coordonnent et que des arbitrages soient rendus entre leurs intrts divergents. Cest l, essentiellement, le rle des pouvoirs publics. De ce fait, le contexte politique et administratif joue un rle dcisif dans les processus de patrimonialisation .

    Notre investigation de terrain tait conue moyennant deux types denqutes : une enqute destine aux acteurs publics et privs intervenant sur le patrimoine local et une enqute destine la population locale.

    Les deux questionnaires ont t labors en relation avec les objectifs de la recherche et les caractristiques de la zone. Le premier questionnaire, destin aux acteurs publics et privs, a analys la nature dintervention

    des acteurs, leurs moyens dactions et leurs finalits au niveau des enjeux stratgiques. Il sagit donc de dceler les convergences et les divergences des acteurs vis--vis des objectifs associs laction de patrimonialisation des ressources locales identifies. Une rflexion sur la notion de patrimoine et sa perception par la population est centrale dans ce travail. Un deuxime questionnaire denqute destin la population a servi pour lidentification de la nature de ce patrimoine, son tat (menaces et contraintes), son ampleur symbolique en tant quidentit socioculturelle, suggestions et recommandations pour la prservation de ce site patrimonial.

    Ce travail sest galement appuy sur la mthode MACTOR pour analyser les jeux dacteurs quant aux menaces touchant le patrimoine local et au processus de conservation.

    3. RSULTATS ET DISCUSSIONS

    3.1. Identification du patrimoine matriel bti dans le village de Chenini

    La spcificit du territoire, ainsi que les conditions conomiques, sociales et politiques ont conditionn le dveloppement dun savoir-faire tout au long de lhistoire par la population pour sadapter un environnement contraignant et fragile. Ceci a permis de tirer profit malgr la faiblesse des ressources du milieu et faire usage de matriaux et de techniques de construction parfaitement matrises et adaptes. Selon (Landel et al, 2009), Lanalyse des objets patrimoniaux fait ressortir des lments majeurs pouvant favoriser une contribution la

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    construction dune identit autour de produits, de savoir-faire, de paysages et dlments btis .

    Le patrimoine identifi dans la rgion montre bien la volont de lhomme au niveau de lamnagement dun territoire pour rpondre ces impratifs de subsistance, de scurit et de mobilit et dexistence.

    Le patrimoine matriel bti identifi dans la rgion, reprsente llment essentiel de lidentit propre de ce territoire. En effet, la prsence de diffrents sites dans cette rgion, symbolisent lhistoire de cette population et donnent un sens et une authenticit cet espace. Pour (Compagne et Pecqueur, 2014 : 173) Le territoire apparat comme une entit active qui puise son potentiel de dveloppement dans ses ressources locales, entendues au sens large, cest--dire avec ses activits, ses acteurs, ses rseaux .

    3.1.1. Le ksar de la rgion de Chenini

    Les ksour dans la rgion du Sud-est tunisien existaient depuis plusieurs sicles, comme par exemple au Maroc, en Algrie et en Libye. Leur localisation gographique est spcifique aux franges semi-arides du Sahara maghrbin (Popp et al, 2010 : 20).

    Les ksour (pluriel du ksar), dans cette rgion taient des lments spcifiques surtout pendant lpoque nomade ou le systme de production agricole tait alatoire face une aridit climatique trs contraignante. Le ksar comme un moyen de stockage devient une ncessit pour assurer la scurit alimentaire de la population, cest un lieu densilage par excellence.

    Larchitecture dveloppe par la population pour la construction du ksar, ncessite peu de matriaux. Les pierres, le gypse, largile et le bois de palmier sont les principaux matriaux qui ont t utiliss pour la construction de cet difice original et typique, lusage des matriaux de construction dorigine locale reprsente une rponse parfaite aux conditions gologiques (Popp et al, 2010 : 35). A cause dun manque de moyens de transport, le ksar tait bti partir des matriaux trouvs dans la rgion, profitant ainsi de la prpondrance de la pierre dans la montagne, le gypse extrait des gisements trs nombreux qui sera port ensuite dans des fours chaux creuss dans le sol pour transformation.

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    Figure 2. Photo de Ksar dans le village de Chenini (Nos photos, 2014)

    3.1.2. Habitat troglodyte

    La rgion du Sud-est tunisien est un territoire trs riche dhabitations troglodytes. Ce type de construction constitue une adaptation parfaite la nature de cette rgion aussi bien aux formes de relief quau climat.

    Les populations de ces rgions ont un mode de vie trs spcifique impos par un climat aride trs difficile. Ils ont trouv dans ce genre dhabitation la scurit, pour se mettre labri des envahisseurs et de la chaleur excessive en t et du froid en hiver.

    Dans le village de Chenini, lhabitation troglodyte est spcifique lencontre des autres constructions, elle est organise horizontalement sous forme de trois tages. Devant chaque tage il y a une ruelle troite (piste circulaire) qui permet la population de descendre au piedmont de la montagne, ou pour monter jusqu atteindre le monument du ksar situ au piton. Tout dplacement

    au niveau de ces ruelles, se fait pied ou dos dnes.

    Pour la construction de ce type dhabitation, la population locale a profit de lalternance des couches tendres et des couches durs dans la montagne. La couche dures en haut sera utilise comme un plafond et lautre formera la surface de la grotte, le village se dveloppe peu peu en amphithtre sur les deux reliefs (Louis, 1979 : 46). La construction de ce type dhabitation ncessite une main duvre spcialise appele Elhaffar 5. Actuellement, face au dveloppement des nouvelles habitations modernes avec des nouveaux matriaux de construction qui sont moins couteux, ce mtier traditionnel risque de disparaitre de la rgion.

    Devant chaque grotte il y a une clture. Cette clture est construite, en profitant des roches qui ont t creuses au moment damnagement de cette habitation. Le plafond de cette cour est amnag par le bois de palmier, ensuite 5 Cest un artisan spcialis pour la construction dhabitation troglodyte

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    subdivis en plusieurs pices : cuisine, toilette, etc.

    Figure 3. Photo des habitations troglodytes dans le village de Chenini (Nos photos, 2014)

    huilerie, toute la population se runi pour participer ce travail et chacun de ces habitants prvoit la valeur de son apport. Lhuilerie constitue aussi un lieu de rencontre de la population durant la saison de rcolte pour discuter des proccupations conomiques, sociales et mmes politiques. La construction des huileries traditionnelles dans le village de Chenini, ncessite peu des matriaux qui sont trs simples et produits lchelle locale. Le bois (tronc de palmier) qui sert comme un bras de presse, des pierres creuses de la montagne qui seront ensuite tailles par un spcialiste et les utiliser comme une meule et un cuve de broyage, tout le travail se fait au niveau local.

    Actuellement, trois huileries traditionnelles sont fonctionnelles et deux autres sont abandonnes dans le village.

    3.1.3. Huileries souterraines traditionnelles

    Lexistence des huileries traditionnelles tmoigne lancrage de cette culture dans lhistoire et nous donne une aperue sur les compostions de la vie au niveau de la rgion. Lhuilerie traditionnelle dans ce village part son rle conomique, elle joue un rle social trs important. Ces huileries sont construites pour rpondre aux impratifs dexistence. Actuellement, malgr le dveloppement des huileries modernes et plus performantes, la majorit des habitants prfrent dposer leurs rcoltes ces huileries traditionnelles. Ces huileries refltent lattache identitaire solide de la population son territoire et son savoir faire local dvelopp durant toute lhistoire. Cest un lieu qui reflte la cohsion sociale par excellence. En effet, pour la construction dune

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    Figure 4. Photo dune huilerie traditionnelle traction animale (Nos photos, 2014)

    La divergence des objectifs de diffrents acteurs intervenants dans le village de Chenini a influenc ce processus. La diversit des acteurs rgionaux et locaux qui sont installs diffrents chelons a influenc sensiblement la russite du processus de patrimonialisation (tableau 1).

    La construction des huileries tradition-nelles dans le village de Chenini, n-cessite peu des matriaux qui sont trs simples et produits lchelle locale.

    3.2. Jeux dacteurs et impacts sur le processus de patrimonialisation

    3.2.1. Identification des diffrents acteurs et leurs objectifs

    Le processus de patrimonialisation dans le village de Chenini a mobilis un ensemble dacteurs privs ou publics.

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    Tableau 1. Liste des acteurs et leurs objectifsActeur Abrviation Objectif

    1 Institut national du patrimoine (Bureau rgional dans le gouvernorat de Tataouine (responsable : inspecteur rgional) INPConservation du patrimoine local

    2 Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle AMVPPCConservation du patrimoine local

    2 Commissariat Rgional de la Culture CRC Promouvoir le patrimoine local

    Dlgation Rgional de lArtisanat DRAPromotion du patrimoine immatriel

    3 Office de Dveloppement du Sud (Direction Rgionale de Dveloppement) ODS/DRDlaboration des plans rgionaux de dveloppement

    4 Banque Tunisienne de Solidarit Agence Tataouine BTS

    Encourager les initiatives locales pour investir aux activits lies au patrimoine

    5 Conseil Rgional du Gouvernorat de Tataouine CRGlaboration des plans damnagement du territoire

    6 Direction Rgionale de lEquipement et de lHabitat DREH Dveloppement infrastructure

    7 Commissariat Rgional de Tourisme Tataouine CRTT

    Exploitation et valorisation de patrimoine pour le dveloppement du tourisme culturel

    8 Commissariat Rgional de Dveloppement Agricole Tataouine CRDAConservation et valorisation du patrimoine naturel

    9 Institut des Rgions Arides Tataouine IRAActions de recherche pour la valorisation de tout le patrimoine

    10 Agence des Promotions des Investissements Agricoles Tataouine APIAPromotion des investissements portant sur le patrimoine naturel

    11 Socit Nationale dExploitation et de Distribution des Eaux District Tataouine SONEDEDveloppement infrastructure

    12 Socit Tunisienne dElectricit et de Gaz District Tataouine STEG Dveloppement infrastructure

    13 Agence Tunisie Tlcom Tataouine ATT Dveloppement infrastructure

    14

    Associations de Sauvegarde du Patrimoine Association de dveloppement et solidarit Chenini

    Tataouine

    Association de dveloppement conomique et promotion touristique au Sud Tunisien

    ADSCTADEPTST

    Sensibiliser la population locale limportance du patrimoinePromouvoir la restauration et la rhabilitation des sites patrimoniaux

    15 Fdration Rgionale des Agences de Voyage FRAV Exploitation du patrimoine

    16 Fdration Tunisienne de Lhtellerie FTH Exploitation du patrimoine

    Source : Nos enqutes, 2014

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    lutilisation de matriaux non conformes la nature de ces sites archologiques.

    Lorganisation du cadre institutionnel relve aussi de dfaillances trs importantes surtout au niveau de centralisation du pouvoir. Ce dcoupage administratif constitue une contrainte majeure pour la conservation du patrimoine.

    3.2.2. Rles des acteurs et menaces du patrimoine local

    Ltude a montr que laction de conservation et de valorisation des ressources locales a t entrave par des facteurs internes et externes au niveau de la rgion, donc la russite dun processus du patrimonialisation variera fortement en fonction de ces facteurs, selon (Vernires, 2011 : 12), la reconnaissance dun patrimoine est le rsultat dun compromis entre acteurs tout autant que le produit dune politique qui peut tre impose par le haut .

    Les faiblesses dordre interne au niveau du village de Chenini ont relev surtout une implication modeste de la population locale, aussi des migrs pour laction de conservation et de mise en valeur du patrimoine local. Linsuffisance des actions de sensibilisation et de communication entre les acteurs publics et privs a abouti un manque de conscience de lintrt de ce patrimoine qui risque de saggraver avec le temps.

    La structure foncire des diffrents sites identifis dans le village de Chenini a entrav aussi, la mise en place dune politique cohrente et efficace pour la conservation et la gestion du patrimoine local. Un nombre important des propritaires des sites, ne sont pas rsidents dans le village, aussi ils ne sont pas impliqus dans les actions de restauration et la mise en valeur de leurs difices. Les projets des investissements touristiques dans le village de Chenini, nont pas respect dans leur construction et restauration larchitecture originelle. Ces actes sont alls jusqu la dnaturation totale de ces monuments et

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    Figure 5. Positionnement des acteurs (menaces) Source : Propre laboration

    La cartographie dacteurs du territoire de Chenini, dcrite par la figure 5, a permis didentifier limplication des acteurs publics et privs aux menaces qui comportent un risque sur la valeur

    culturelle et lintgrit physique du patrimoine local (tableau 2).

    Tableau 2. Implication des acteurs aux menaces touchant le patrimoine local

    Dsignationacteur

    Patrimoine Matriel btiNature de menace Cause Effets/Impacts

    A c t e u r spublics

    Dmolition de certains sitesarchologiques ;

    Amnagement de territoiremal organis.

    Insuffisance du budget allou pour le financement de lentretien et la restauration du patrimoine ;

    Insuffisance des actions de contrle au niveau des investissements raliss par diffrents acteurs ;

    Dfaillance du cadre juridique pour la protection de diffrents sites.

    Risque de perdre certains sites intressants ;

    Mise en cause laction de conservation et depatrimonialisation.

    A c t e u r sprivs

    Investissements mal organiss ;

    Dfiguration des sites patrimoniaux dans la rgion ;

    Abondance des diffrents sites par la population (exode rurale, migration).

    Manque dune conscience de limportance du patrimoine local par la population ;

    Absence des actions de contrle au niveau des investissements ;

    Problmes fonciers au niveau du patrimoine bti.

    Risque de perdre certains sites intressants ;

    Mise en cause de laction de conservation et de mise en valeur depatrimoine local.

    Source : Nos enqutes 2014

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    Par exemple pour les acteurs publics, les investissements raliss dans le territoire ntaient pas bien tudis, en tenant compte de la spcificit du village et la nature de patrimoine existant qui est sensible toute intervention mal organise. Lhabitat troglodyte dans le village de Chenini, organis horizontalement sous forme de trois tages, risque dtre menac au cours des prochaines annes. La mise en place dun rseau pour la distribution deau potable cette population, sans installation dun systme spcifique pour lvacuation des eaux uses, constitue un risque majeur pour la conservation de ce type dhabitation.

    Le dveloppement aussi dun rseau dlectricit et de tlcommunication dans le village a dfigur le charme architectural du patrimoine matriel bti. Certes, le dveloppement de linfrastructure au niveau de ce territoire

    a amlior les conditions de vie de la population par la disponibilit de diffrents services, mais aussi elle a remis en cause le processus de patrimonialisation-territorialisation .

    Les investisseurs privs et la population locale sont impliqus aussi dans les menaces touchant le patrimoine local. Lintroduction de nouveaux matriaux de construction non conformes la nature de ces sites patrimoniaux, a eu des impacts ngatifs sur la conservation du patrimoine dans le village de Chenini (figure 6). Lun des lments critiques de ltude consiste permettre la restauration dun btiment traditionnel avec une intervention judicieuse sur son architecture, sa typologie et ses matriaux de construction, tout en en faisant une habitation confortable, rpondant aux besoins modernes de ses habitants.

    Figure 6. Photo dune nouvelle maison construite (Nos photos, 2014)

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    Le marketing territorial dans le village de Chenini, constitue aussi une contrainte. Par exemple le positionnement de lacteur Mdia , pour la diffusion et la valorisation du potentiel patrimonial reste trs faible. Le marketing territorial, comme outil du dveloppement local, peut apporter dans lavenir ce territoire une possibilit de diffuser son potentiel

    patrimonial et son intgration dans la vie contemporaine.

    La diffusion plus large des ressources patrimoniales rend possible un dveloppement plus quilibr dans le village et permet ce territoire de sidentifier dans le mouvement de concurrence qui loppose pour attirer et retenir des activits.

    Figure 6. Structure des institutions se rattachant au patrimoine lchelle nationale, rgional et local

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    Lorganigramme, qui dcrit lorganisation du cadre institutionnel lchelle nationale, rgionale et locale du patrimoine en Tunisie, illustr par la figure 6, rvle la hirarchisation des diffrentes institutions qui soccupent du patrimoine aux chelles nationale, rgionale et locale. Le pouvoir central reprsent au niveau de ces institutions est dlgu aux administrations rgionales en termes dactions et excutions pour la conservation et la mise en valeur du patrimoine.

    Cet organigramme, relve de dfaillances trs importantes surtout au niveau de centralisation du pouvoir. Le village de Chenini qui dispose dun potentiel patrimonial diversifi et important, est un exemple phare en termes des faiblesses du cadre institutionnel. Labsence des acteurs publics au niveau local (figure 7) chargs des actions de suivi et de conservation, absence de coordination et la non effectivit de lapproche participative avec les acteurs non institutionnels, constituent des problmes majeurs au niveau de processus du patrimonialisation.

    La dfaillance du cadre institutionnel en Tunisie, tait une cause principale de la rvolution Tunisienne en 14/01/2011. La centralisation du pouvoir au niveau national, ne permet pas la prise en compte des spcificits de chaque rgion et ne facilite pas le rapprochement des administrs ladministration. Par ailleurs, elle implique une bureaucratie excessive qui rduit lefficacit de ladministration. La dcentralisation est reste un simple discours du pouvoir politique. Les citoyens taient

    conscients du caractre simplement nominal et formel du discours sur la dcentralisation. Cest ainsi quils ont dirig leur colre les premiers jours de la rvolution contre les reprsentants de ltat au niveau rgional et local. Les manifestants ont inaugur plusieurs slogans attachs cette problmatique, par exemple dmocratie, disparit rgionale, dcentralisation du pouvoir, etc.).

    Face ce problme majeur, la nouvelle constitution tunisienne, adopte le 26 janvier 2014 et entre en vigueur le 10 fvrier 2014, consacre de manire claire le principe de dcentralisation du pouvoir au niveau de larticle 14 LEtat sengage renforcer la dcentralisation et lappliquer sur lensemble du territoire national, dans le respect de lunit de lEtat . Aussi au niveau du chapitre VII intitul Le pouvoir local . Ce chapitre comprend 12 articles du 131 au 142. Ces articles ont trait expressment des notions telles que : pouvoir local, dcentralisation, intrts locaux, libre administration, lection des conseils, comptences autonomes, par exemple larticle 132 prvoit que Les collectivits locales jouissent de la personnalit juridique et de lautonomie financire et administrative. Elles grent les affaires locales conformment au principe de la libre administration6 .

    La mise en place effective de la nouvelle constitution en Tunisie devrait engendrer une vritable rvolution politique, juridique, culturelle et administrative.

    6 Article 132 de la constitution tunisienne 2014

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    3.2.3. Implication des acteurs au processus de conservation du patrimoine

    Plusieurs acteurs sont impliqus dans laction de conservation du patrimoine local, mais avec un niveau dinfluence

    qui diffre dun acteur un autre. Le pouvoir financier, juridique et la proprit foncire des diffrents sites constituent des lments importants au niveau du positionnement de chaque acteur.

    Source : Propre laboration

    Figure 7. Positionnement des acteurs (conservation)

    3.2.3.1. Acteurs publics

    LInstitut National du Patrimoine (INP), le seul acteur public qui a une intervention directe, en menant des interventions financires et des actions de sensibilisation pour la rhabilitation et la conservation du patrimoine local, mais certes, un acteur tout seul ne peut pas tout faire.

    Au cours de lexercice 2011 les menaces se sont multiplies peu de temps aprs la Rvolution de janvier 2011. Ces atteintes ont touch surtout le patrimoine matriel bti cause de labsence de ladministration et les actions de

    contrle. Pendant cette priode, de nouvelles constructions anarchiques ont t installes, aussi lintroduction des nouveaux matriaux de construction qui ont port atteinte larchitecture traditionnelle dans ce village. LInstitut National du Patrimoine a pris connaissance avec inquitude ces destructions et atteintes du patrimoine local et a lanc un projet pilote dalerte pour la restauration de diffrents sites dans le village de Chenini et amliorer les actions de contrle et de sensibilisation. A part limportance de ce projet pour la conservation du patrimoine matriel

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    bti, ce projet a peu offrir de nouvelles opportunits du travail pour la population locale. Un entretien direct men avec Monsieur Ammar Othman, responsable de ce projet rvle limportance de ce projet nest pas seulement de faire des interventions financires directes sur les sites patrimoniaux, mais surtout de sensibiliser les gens sur limportance de ce patrimoine et de lintgrer au processus de conservation, donc sans mobilisation dynamique de la socit civile ce projet ne peut pas russir .

    Lanalyse de la figure 7 nous a montr aussi, que limplication des autres acteurs publics pour la conservation du patrimoine local est moyenne ou faible, comme par exemple le Commissariat Rgional de la Culture (CRC), le Commissariat Rgional du Tourisme (CRT), la Dlgation Rgionale de lArtisanat (DRA) et les Institutions de Recherche. La centralisation du pouvoir tait une contrainte majeure pour ces acteurs. Les acteurs rgionaux et locaux intervenants directement dans le village ne disposent daucune autonomie, le pouvoir tant totalement centralis.

    Limplication des instituts de recherche dans le village de Chenini, mrite dtre renforce surtout au niveau des programmes de recherche sur les outils danalyses des performances physiques du patrimoine bti, sur la valeur conomique du patrimoine, les opportunits et les risques des investissements dans la protection du patrimoine.

    3.2.3.2. Socit civile et patrimoine local

    Les deux associations qui sont installes

    Chenini sont : lAssociation de Dveloppement et Solidarit Chenini Tataouine (ADSCT) et lAssociation de Dveloppement conomique et Promotion Touristique au Sud Tunisien (ADEPTST). Ces associations ont t cres aprs la rvolution de Janvier 2011. En effet, avant la Rvolution, cette socit civile tunisienne tait confronte un contexte dautoritarisme et un ensemble de blocages administratifs et juridiques rendant la cration dassociations difficile. La Rvolution a permis lmergence dune socit civile organise, en particulier grce au nouveau Dcret-loi 2011-88 portant sur le droit dassociation et publi le 24 septembre 2011. Cette floraison associative a t active dans le champ de conservation et valorisation du patrimoine.

    En effet, ces associations civiles qui sont installes dans la rgion ont montr une mobilisation intressante au processus de conservation. Elles cherchent interpeller les pouvoirs publics sur la ncessit de prter une attention particulire au patrimoine local, en y faisant les restaurations, rnovations ncessaires et en mettant fin aux constructions anarchiques ; il sagit galement de prendre en compte des problmes quotidiens des habitants.

    Mais, malgr cette motivation importante de la socit civile lchelle locale pour conserver cette richesse, la dfaillance du cadre institutionnel, linsuffisance des moyens et labsence dune coordination entre les diffrents acteurs, ont influenc ngativement lapport des associations dans la sensibilisation de la population aux valeurs du patrimoine,

  • Le village berbre de Chenini (Sud-est tunisien) : richesse dun patrimoine fragilis

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    aussi lintrt identitaire, social et conomique, pour sa protection et sa mise en valeur.

    4-CONCLUSION

    La divergence des objectifs des diffrents acteurs intervenants dans le village de Chenini a influenc ngativement le processus de patrimonialisation et la valorisation des ressources locales. La diversit des acteurs locaux qui sont installs diffrents chelons a des comportements et des intrts diffrents, donc la russite du processus de patrimonialisation variera en fonction de ces intrts.

    La rvolution du 14 janvier 2011 a offert une opportunit pour remettre plat lensemble de la politique de dveloppement et de faire des rgions dfavorises des ples de croissance sur la base dun nouveau modle de dveloppement.

    Le dveloppement territorial et la valorisation des ressources patrimoniales

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    ncessitent une gouvernance locale qui permet un arbitrage entre les diffrents acteurs et qui permet la conciliation entre des intrts parfois divergents. Il sagit de mettre en place une forme de gouvernance qui assure la gestion des ressources collectives de manire dmocratique et inclusive. Cette forme de gestion doit tre en mesure de permettre le dpassement des conflits entre les diffrents acteurs et de les faire tendre vers des objectifs qui constituent un dnominateur commun. Pour cela, il est ncessaire que les conditions de lenvironnement conomique, social et surtout politique soient favorables lorganisation de la population concerne. Il sagit donc de mettre en place un cadre de concertation entre ces acteurs. Concrtement, cela se traduit par la mise en place dinstitutions nouvelles ou la ractivation de formes traditionnelles dorganisation de la population.

  • Hatem KHATALLI, Mongi SGHAIER, Frdric SANDRON

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