Le sauveur : poème sacré en dix chants

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Auteur : J. Castets / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane. Conseil Général de Guyane, Bibliothèque Franconie.

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  • MANIOC .org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

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    Conseil gnral de la Guyane

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  • LE SAUVEUR.

    MANIOC.org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

  • LE SAUVEUR p o m e S a c r e n Dix Ghants,

    SUIVI DE NOTES TABELISSANT LA CONCORDANCE

    ENTRE L'ANCIEN ET LE NOUVEAU-TESTAMENT

    PAR

    J. C A S T E T S , Juge de paix Cayenne, membre de l'Institut Historique de France

    et de l'Acadmie Tibrine de Rome.

    PARIS

    IMPRIMERIE LACOUR ET COMP. Rue Soufflot, 16.

    1 8 5 2

    DEPARTEMENT DE LA GUYANE

    Bibliothque

    a. franconie

  • 13

    " Si la brique est tombe, il faut btir en pierre,

    " Nos figuiers ont pri sous la faulx meurtrire (3) ;

    " En cdres orgueilleux il faut les transformer.

    " L'ternel, queleur bouche ose encor blasphmer,

    " tend sur eux sa main; et dj la Syrie,

    " Pour combattre Isral, aux Philistins s 'allie;

    " L'Eternel, en un jour , travers ce flau,

    " Retranche d'Isral le j onc et le rameau.

    " La terre est obscurcie, et le feu qui s'allume,

    S 'at tache , en ptillant, au peuple qu'il consume;

    " Car la mchancet s'embrase comme un feu (4).

    Des lois de l'Eternel ils se sont fait un jeu !

    " Le Seigneur ne veut pas que tout pcheur prisse.

    " Quel bras de l'Orient fait lever la justice?

    " Qui dit aux nations de respecter ses lois?

    " La justice aujourd'hui va rgner sur les r o i s ;

  • 14 " Son arc a dissip cette paille lgre;

    " Ils ont fui devant elle ainsi que la poussire (5).

    " Qui les a poursuivis? C'est lui, c'est l 'Eternel.

    " Mais toi, mon serviteur, a-t-il dit, Isral,

    " Toi , Jacob, mon lu, ne crains rien, toi qui m'aimes

    " J'ai de tes ennemis entendu les blasphmes;

    " Jusqu' toi vainement ils pensent arriver,

    " Et tu les chercheras sans pouvoir les trouver (6).

    " Je les disperserai comme des grains de sable.

    Je t'ai fortifi : demeure uibranlablc.

    " Vois les fleuves rouler sur la crte des monts.

    " Les fontaines jaillir dans le creux des val lons ;

    Le myrte et l'olivier dans le dsert fleurissent;

    " Du cdre et du sapin les rameaux y grandissent (7).

    " J'apaiserai la soif de tous les affligs, " Et du joug, par mes mains, tes enfants dgags ,

    " Marcheront devant toi, soutenus par ma droite.

    La route des lus pour l'impie est, tro i te ;

  • 15

    " Mais tes fils la suivront sans gne et sans frayeur.

    " Ouvre les yeux, Jacob ! voici mon serviteur,

    " En qui mon me a pris son bon plaisir : Qu'il rgne ;

    " Il veut, dit-il, qu'on l'aime et non pas qu'on le craigne.

    " Il ne brisera pas, sous ses pieds triomphants,

    " Le fragile roseau mutil par les vents ;

    " Sa main n'teindra point le lumignon qui fume (8).

    "Il a gard pour lui la coupe d'amertume ;

    Il protge Isral contre l 'oppression.

    " Sion, rveille-toi !. rveille-toi, Sion !

    " O fille de Sion, depuis longtemps captive !

    " Tes liens sont briss : mon serviteur arrive.

    La poussire obscurcit encor tes vtements,

    " Jrusalem ! fais voir tes plus beaux ornements (9).

    " La voix de mon lu fait bondir tes campagnes :

    " Jrusalem ! ses pieds abaissent les montagnes ;

    " Les pieds du Rdempteur, qui t'apporte la paix,

    " Font clater l'amour dans tes yeux satisfaits.

  • 16

    Ton Dieu rgne, dit-il, Sion qui l'appelle (10),

    Jrusalem, debout ! ville sainte et nouvelle !

    Que des chants do triomphe veillent tes dserts ;

    La voix de l'ternel va remplir l'univers (11).

    Ainsi dit le prophte, et les peuples s'tonnent ;

    Ses frres inspirs, que des rayons couronnent,

    A u x peuples de l 'Asie annoncent le Sauveur.

    Leurs hymnes du Trs-Haut clbrent la faveur :

    On dirait des torrents dont les flots se rpondent,

    Et dans un fleuve immense, en roulant se confondent.

    Les cdres du Liban s'inclinent devant eux.

    Jrusalem a dit : Voici le jour heureux

    O je dois dans mon sein recevoir le Messie.

    La race d'Abraham, de l'ternel bnie,

    Qui, de son arbre saint dployant les rameaux,

    Devait pour Isral porter des fruits nouveaux ;

  • 17

    La race d'Abraham donne un Sauveur aux hommes ;

    Il va natre, en effet, dans le sicle o nous sommes ;

    Il va natre demain, son rgne est arriv.

    Quiconque espre en lui peut se croire sauv :

    Le froment de sa loi nourrira son glise ;

    Les prodiges nagure accomplis par Mose,

    Tout ce que les Hbreux ont conquis sur les rois,

    Leur culte, leurs travaux, et leurs murs et leurs lois,

    Tout se trouve li, comme par une chane,

    A u divin Rdempteur que notre sicle amne.

    C'est le salut de Dieu qui luit aux yeux mortels,

    Et son esprit descend des parvis ternels.

    2

  • CHANT DEUXIME.

  • II

    Naissance du Christ.

    Terre miraculeuse, o d'un ciel d'esprance

    Avec tant de splendeur clate la puissance !

    O l'air a des secrets qui font rver le cur ;

    O les champs parfums des soupirs du bonheur

    A l'il toujours avide et riche de penses

    talent tant de fleurs qu'un souffle a nuances !

  • 22

    Terre qui retentis de sons mystrieux ,

    Qui de peuples sans nombre entendis les adieux !

    Qui de ton sein puissant fis sortir les prophtes,

    Des volonts de Dieu solennels interprtes !

    O toi qui de stupeur frappais les nations,

    Lorsque dans le torrent des inspirations

    Daniel, zchiel, Jrmie, Isae,

    Prdisaient hautement le rgne du Messie !

    Salut, trois fois salut, climat divinis!

    Belle et fconde Asie , o d'amour embras,

    Vient de natre l'enfant qui doit sauver le monde !

    Grand Dieu ! dont la sagesse en merveilles abonde,

    Combien de tes dcrets l'abme est tnbreux !

    Il est impntrable nos profanes yeux.

    Notre raison s'gare et te demande grce

    Dans ce ddale immense o notre esprit se lasse ;

    De notre sphre en vain nous esprons sortir,

    E t l 'excs de l'orgueil nous mne au repentir.

  • 23

    Adorons ; c'est la voix de toute la nature ;

    Adorons! l'homme seul inventa l'imposture ;

    Dieu ne trompe jamais. O mystre divin !

    OEuvre d'un Dieu puissant qui n'a rien fait en vain !

    Par un excs d'amour et de munificence,

    Qui des faibles humains confond l'intelligence,

    Dieu permet aujourd'hui que son Fils bien-aim

    Descende sur la terre, en homme transform,

    Pour laver les pchs dont l'impur assemblage

    Du ciel depuis longtemps nous ravit l 'hritage.

    Une Vierge en son sein reoit le don du ciel ;

    Le Saint-Esprit anime un corps matriel ;

    Le Dieu qui nous apporte une ternelle vie,

    Ce Dieu, c'est un enfant qui sourit Marie.

    E t dj son toile a lui sur l 'Orient,

    Et trois mages, guids par l'astre flamboyant,

    Qu' la voix de Dieu mme ils ont d reconnatre,

    Devant le roi divin que la terre a vu natre,

  • 24

    Humbles et prosterns, font monter vers les cieux

    Un nuage odorant de parfums prcieux (1) ;

    0 profonde leon de la toute-puissance !

    Ce roi, dont leur amour clbre la naissance,

    Est-il environn du pompeux appareil

    Qui des rois de la terre encense le rveil ?

    L e lit o de ses traits la splendeur se dploie

    Fait-il briller aux yeux l'or, la pourpre et la soie ?

    Non , point de faste ici ; non, c'est la pauvret,

    Sans honte et sans orgueil, montrant sa nudit.

    L'enfant nomm Jsus, dans une crche immonde,

    A rduit au nant les vanits du monde.

    Ainsi l'humilit devient une vertu ,

    De l'ostentation le trne est abattu.

    Tous les dieux dont l 'Asie adorait les images,

    E t les oracles faux de ses prtendus sages ;

    Les prjugs grossiers des gnrations,

    Qui devaient diriger la foi des nations,

  • 25

    Cet immense chaos d'orgueil et de misres,

    De systmes obscurs invents par nos pres,

    Tout s'croule, en un jour , devant l'troit berceau

    O le Christ apparat comme un astre nouveau,

    Dont les rayons naissants couvrent la Galile.

    D'Isral aujourd'hui l'esprance est comble.

    L'aspect de cet enfant qu'on prsente au Seigneur,

    Du sage Simon fait tressaillir le cur.

    Il devait voir le Christ avant sa dernire heure (2) ?

    L'Esprit-Saint l'avait dit ; et la sainte demeure

    O Jsus doit paratre au rang des circoncis,

    Apprend Simon, par un cleste avis,

    Que Jsus est le Christ : alors cet homme juste

    L'lve dans ses bras, sous la coupole auguste,

    En s'criant Seigneur, sois bni ; dsormais,

    Ta bont laisse aller ton serviteur en paix (3) ;

    Car j 'ai vu ton salut qui, sur la terre entire,

    " Comme sur Isral, rpandra sa lumire (4).

  • 26

    Mais quel progrs subit de force et de beaut

    Hte, pour toi, le temps de la virilit,

    Divin enfant ! . . . Dj ta suprme science

    Des docteurs de la loi confond l'exprience (5).

    C'est Dieu qui par ta bouche instruit le genre humain ;

    Sa gloire est dans ton cur, son salut dans ta main.

    Jrusalem a dit : Quelle est cette merveille?

    Sans reconnatre encor le Saint-Esprit qui veille,

    Jrusalem s'endort.... Comme le temps a fu