Le Riou Mort, affluent du Lot, pollué par métaux lourds ...· amont de la confluence avec le Riou

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  • Annls Limnol. 19 (1) 1983 : 29-43.

    Le Riou Mort, affluent du Lot, pollu par mtaux lourds. I I I . Etude faunistique gnrale.

    Le Riou Mort, ruisseau fortement dgrad par des effluents domestiques et industriels, se caractrise par une forte pollution organique, une grande turbidit, la prsence de mtaux lourds et de brusques variations du pH et de la teneur en O 2 en fonction des rejets ponctuels. Cette pollution est envisage ici d'un point de vue faunistique selon deux appro-ches : l'tude globale de la faune et l'tude de paramtres rsumant les donnes faunistiques (densit, nombre de taxas, indice de Boumaud et Keck).

    Ces deux mthodes donnent des rsultats quivalents et permettent de suivre l'volution des conditions de milieu. La seconde est la plus simple et la plus rapide et les tudes faunistiques gnrales apparaissent superflues dans de tels cas de forte pollution. De mme il suffit de considrer les Oligochtes globalement, l'information apporte par leur dtermi-nation spcifique s'avrant trs faible.

    The Riou Mort, a tributary of the Lot polluted by heavy metals. I l l General faunlstic study.

    The Riou Mort, a river strongly degraded by domestic and industrial effluents, is characterised by a marked organic pollution, a high turbidity, the presence of heavy metals and sudden variations of pH and O2 content in relation to regu-lar discharges. This pollut ion is examined here f rom the faunistic approach by t w o methods ; the total study of the fauna and the study of parameters that summarise the faunistic data (density, number of taxa, index of Bournaud and Keck) .

    The t w o methods g ive s imilar results and can be used to descr ibe the changes in the environment. The second method is the simplest and quickest, and a general faunistic study appears superfluous in such cases of gross pollution. L ikewise , it is sufficient to consider the total ol igochaetes only because very l i t t le addi t io-nal information is obtained f rom their specific identification.

    N . Giani 1

    Le Riou M o r t draine le bassin houil ler de Decaze-

    vi l le dans le dpar tement de l 'Aveyron . Il prend sa

    source 520 m d'alti tude et, aprs un cours de

    23 km, il se je t te dans le L o t 185 m d'altitude.

    1 . Milieu et mthodes. 261 m ; lit de 1,5 m de largeur constitu de seuils et de mouilles ; vitesse du courant : 0,4 0,8 m/s ; sec

    en aot 1976 o il ne subsistait que quelques flaques

    d'eau.

    1.1. Les stations d'tude (jig. 1)

    Station 2 : l 'entre de Firmi ; distance l 'em-

    bouchure : 13 km ; altitude : 241 m ; largeur du lit :

    2,5 m ; vitesse du courant : 0,6 0,9 m/s ; po l lue

    organiquement par les eaux d'gots de la v i l le de

    F i rmi ; en t les eaux ont une couleur b leue et il

    y a un fort dveloppement de Sphaerotilus natans.

    Station 1 : situe dans un secteur bois, pau-

    vrement agricole , sur un sol de grs rouges argileux

    du Permien, elle a t choisie comme station de rf-

    rence. Distance l 'embouchure : 18 km ; alt i tude

    Station 3 : l 'entre de Decazeville, en amont

    des acir ies . Distance l 'embouchure : 8 km ; alti-

    tude : 215 m ; largeur : 3 m ; vitesse du courant : 0,6

    0,8 m/s ; for te pollution organique par les eaux

    uses de Firmi et les premires cits de Decazev i l l e

    (17 000 habitants).

    1. Laboratoire d'Hydrobiologie, ERA 702 du C.N.R.S., Univer-sit Paul Sabatier, 118, route de Narbonne, 31062 Toulouse Cedex.

    Station 4 : la sortie de Decazeville, en amont

    de V i v i e z . Distance l 'embouchure : 5,5 km ; alti-

    Article available at http://www.limnology-journal.org or http://dx.doi.org/10.1051/limn/1983003

    http://www.limnology-journal.orghttp://dx.doi.org/10.1051/limn/1983003

  • 30 N. GIAN1 (2)

    Fig. 1, Rseau hydrographique, localisation des stations d'tude et des principales sources de pollution. Les cercles indiquent la densit de peuplement et l'impor-tance des Oligochtes aux diverses stations.

    tude : 205 m ; largeur : 3,5 m ; vitesse du courant :

    0,3 0,5 m/s ; for te pollution organique laquel le

    s'ajoutent les eaux uses des aciries qui confrent

    au R i o u M o r t une couleur brun-chocolat.

    Stat ion 5 : dans Viv iez (3 000 habitants), en

    amont de la confluence avec le Riou Vieux qui est

    l 'affluent principal du R iou Mor t . Distance l 'em-

    bouchure : 4 k m ; al t i tude : 197 m ; largeur : 3,5 m ;

    vi tesse du courant : 0,3 0,6 m/s ; caractris t iques

    ident iques la prcdente.

    Stat ion 6 : en aval du Riou Vieux . Distance

    l ' embouchure : 600 m ; altitude : 190 m ; largeur :

    5 m ; vitesse du courant : 0,5 0,6 m/s ; le Riou Vieux

    reoit , avant de se j e t e r dans le R iou Mor t , les

    eff luents d'une fonder ie de zinc et surtout le ruis-

    seau de Lenne pollu par les gots des cits de

    Cransac et Aubin, par diverses usines mtallurgi-

    ques et par une fabrique de peinture.

    Station 7 : aprs la centrale thermique qui

    dverse dans le Riou Mort ses eaux uses pompes

    depuis le Lot. Distance l 'embouchure : 50 m ; alti-

    tude : 186 m ; largeur : 5 m ; vitesse du courant :

    0,5 m/s.

    1.2. Paramtres physico-chimiques

    La physico-chimie du Riou Mort a fait l 'objet de

    plusieurs tudes (Say, 1978 ; Say et Giani, 1981).

    Nous soulignerons ici les principales caractristi-

    ques du milieu, rsumes de ces travaux et compl-

    tes par des donnes ul tr ieures 1 .

    1.2.1. Temprature

    Les amplitudes thermiques annuelles sont de l'or-

    dre de 14 C la station 1 et atteignent 18 C la

    station 7 (fig. 2 et 3 A ) . La temprature crot progres-

    sivement de la station 1 la station 3 puis brutale-

    ment en 4 avec l 'arr ive des rejets des aciries (ce

    rchauffement est plus marqu en t : 7 8 C) ;

    el le se stabilise ou dcrot lgrement aprs la con-

    fluence avec le Riou Vieux et remonte faiblement

    aprs la centrale thermique (st. 7).

    0 stations

    1 2 3 4 5 6 7

    Fig, 2. Evolution spatio-temporelle de la temprature de l'eau.

    1. Nous remercions l'Agence Financire du Bassin Adour-Garotuie qui a mis notre disposition certains de ses rsultats.

  • (3) LE RIOU MORT P O L L U PAR M T A U X LOURDS 31

    mg/l

    _ 1976

    ..1977

    J F M A M J A S O N D

    nrY*

    . 1977

    . 1976

    Fig. 3. Evolution annuelle de la temprature de l'eau (A) et du dbit (B) la station 7.

    - 10/76

    _ 12/76

    .. 02/ 77

    Fig. 4. Teneur en matire en suspension dans l'eau aux diverses stations (3 exemples mettant en vi-dence la relation particulire avec le dbit).

    que, malgr la forte rosion et du fait de la dilution,

    les teneurs sont les plus faibles. En priode de bas-

    ses eaux (02/77) les teneurs sont maximales mais la

    sdimentation est plus rapide qu'en priode normale

    (10/76) o les teneurs sont moindres.

    1.2.3. Dbit

    I l a t mesur la station 7 : moins d*l m 3 / s en

    t, moins de 2 m3!s en hiver (fig. 3 B). Cependant,

    lors des crues les dbits peuvent atteindre 23 m'/s

    (novembre 1976). A la station 1 le lit peut s'asscher

    en t ; aux autres stations, le dbit d'tiage est cons-

    titu 90% par des rejets d'eaux uses industriel-

    les et domestiques (Sodeteg, 1976).

    1.2.2. Matires en suspension

    Elles ont t values par pese du rsidu sec

    aprs filtration. A la station 1, la quantit de mati-

    res en suspension est toujours trs faible ( <

    25 mg/1) et l'eau est l impide ; lors de fortes prcipi-

    tations, l 'rosion des grs rouges confre l'eau une

    teinte rouge brique. Aprs l 'arrive des effluents des

    aciries (st. 4) l'eau prend une couleur brun-chocolat

    due aux matires en suspension (jusqu' 500 mg/1).

    En aval il y a une sdimentation progress ive et

    l 'embouchure la teneur en mat ire en suspension

    n'est plus que de 30 100 mg/1.

    Les teneurs en mat ire en suspension sont forte-

    ment corrles avec le dbit c o m m e l ' i l lustre la

    f igure 4. C'est en pr iode de crue (dcembre 1976)

    1.2.4. Le pH

    Lgrement basique (7,5 8,2) aux trois p remi-

    res stations, le p H dcro t faiblement la station 4

    (7 7,8) et aprs la confluence avec le R iou Vieux

    (6.5 7,3). Dans la zone aval il est soumis d'am-

    ples et brutales variat ions dues aux dversements

    intermittents des usines. Soit il augmente de plu-

    sieurs units instantanment (de 6,5 9,4 selon Say,

    1978), soit il diminue tout aussi brutalement : de 6,8

    3,8 le 01/06/76 10 heures.

    1.2.5. Oxygne dissout

    Les teneurs sont toujours voisines de la satura-

    tion aux 4 premires stations, mais on note un dfi-

  • 32 N . GIANI

    cit marqu au cours des mois les plus chauds aux

    stations 2, 3, et 4. Les stations 5, 6 et 7 se caractri-

    sent par des variat ions brutales de la teneur en O2

    gnra lement concomitantes des variat ions de p H

    et rsultant des rejets polluants. Ainsi les taux de

    saturation sont gnralement compris entre 70 et

    120% la station 7 (fig. 5 A ) , mais ils peuvent chu-

    ter 32% c o m m e le 01/06/76 10 h la suite du rejet

    p rc i t .

    A

    M o h m s / c m / c m 3

    2SOO-

    oscillent entre 250 et 2 350 ^ohms/cm/cm 2 avec une

    moyenne de 907 ^ohms/cm/cm 2 .

    Tableau I. Conductivits 20 C (en ^ohms/cm/cm1) rele-ves aux diverses stations deux priodes de l'anne 1976.

    Stations 1 2 3 4 5 6 7

    Avril Juin

    393 414.7

    448,7 477,3

    403,8 372,6

    7