Le portugais dans sa variété

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Maria Antonia Mota

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  • Maria Antnia MotaMaria Fernanda Bacelar doNascimento

    Le portugais dans ses varitsIn: Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 79 fasc. 3, 2001. Langues et littratures modernes - Moderne taal-en letterkunde. pp. 931-952.

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    Mota Maria Antnia, Bacelar do Nascimento Maria Fernanda. Le portugais dans ses varits. In: Revue belge de philologie etd'histoire. Tome 79 fasc. 3, 2001. Langues et littratures modernes - Moderne taal- en letterkunde. pp. 931-952.

    doi : 10.3406/rbph.2001.4554

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_2001_num_79_3_4554

  • Le portugais dans ses varits

    Maria Antnia Mota et Maria Fernanda Bacelar do Nascimento

    1. Introduction Le portugais est la troisime langue europenne la plus parle dans le monde

    et la langue officielle de huit pays ('). Malgr la place prestigieuse qu'il occupe, le portugais est considr, dans une perspective eurocentriste, comme langue minoritaire. C'est un fait que la population portugaise ne dpasse pas les 10 millions d'habitants, sans compter les emigrants. Toutefois, si nous sortons des strictes limites de la gographie de l'Europe, le nombre total d'individus qui parlent le portugais comme langue maternelle ou comme langue seconde atteint les 200 millions. L'anciennet des contacts entre le portugais et d'autres langues et, dans certains cas, son implantation massive dans des espaces non-europens a conduit une rpartition gographique discontinue du portugais qui explique, d'une part, le rle de lingua franca que le portugais a jou dans diffrentes rgions du monde et la formation de pidgins et de croles base portugaise et, d'autre part, le dveloppement de plusieurs varits nationales de cette langue. Cette extraordinaire fcondit linguistique que le portugais a connu depuis le XVe sicle ne cesse de nous passionner, en tant que linguistes. Nous esprons, travers ce texte, contribuer une meilleure connaissance du portugais et des produits linguistiques dont il a t la base par des lecteurs non familiariss avec l'histoire de cette langue.

    2. Les origines du portugais Les historiens contemporains de la langue portugaise ont pendant longtemps

    considr les manuscrits Noticia de Tor to (1214(16)) et Testamente de D. Afonso II (1214) comme les premiers documents crits dans cette langue, tout en reconnaissant l'existence d'autres textes primitifs, mais dont la datation n'tait pas sre. L'anne dernire, la dcouverte, dans les Archives Nationales, d'un manuscrit dat de 1175, Noticia de Fiadores de Pelgio Romeu, fait remonter les origines du portugais la deuxime moiti du XIIe sicle (2).

    (1) Le Portugal, le Brsil, l'Angola, le Mozambique, le Cap-Vert, la Guine-Bissau, SaoTom et Principe et le Timor-Est, futur Timor Loro Sae. Le portugais est la langue maternelle des Portugais et des Brsiliens. Dans les autres pays, il y a un nombre variable, mais toujours trs limit d'individus ayant le portugais comme langue maternelle.

    (2) Ce texte, ainsi que d'autres, non dats, mais remontant vraisemblablement la mme poque, a t dcouvert par Ana Maria Martins. Voir (Martins : 2000).

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    Les habitants du comt (1095-96) et, plus tard, du royaume du Portugal (1143), partageaient le galego-portugus, langue de communication et langue potique (3), avec les galliciens. La sparation politique des deux royaumes, l'expansion portugaise vers le Sud, occup par les maures, et l'incorporation du royaume de Gallice la couronne de Leon et, plus tard, celle de Castille s'accompagnent d'une invitable autonomisation linguistique. Cependant, le gallicien et le portugais (4) contemporains possdent un important lexique commun et ont des grammaires trs proches, ce qui rend intercomprhension trs facile (5).

    Du contact prolong avec les maures (la reconqute se termine vers 1250), beaucoup de vocables d'origine arabe sont rests en portugais, surtout dans les domaines des activits agricoles et des objets domestiques : armazm (dpt, magasin), alfndega (douane), azeite (huile), tmara (datte), algodo (cotton), nora (noria), almofada (oreiller), alguidar (bassin), algema (menottes), parmi beaucoup d'autres.

    3. Les contacts entre le portugais et d'autres langues

    3.1. Les contacts frontaliers Malgr l'occupation politique et militaire du Portugal par la couronne de

    Castille pendant soixante ans (1580-1640), le portugais est rest la langue de l'identit du peuple : si bilinguisme il y a eu, il n'a pas survcu l'occupation (6). Cependant, des contacts continus entre les populations des deux cts des frontires politiques ont donn origine des dialectes frontaliers, le Barranquenho (portugais en contact avec Yextremeno et l'andalous), dans le Sud-Est, le Mirands (7), le Sendins et le Guadramils (dialectes de l'ancien austuro-lonnais en contact avec le portugais), dans le Nord-Est. Le Mirands vient d'tre reconnu par le Parlement portugais comme langue nationale minoritaire, aprs une longue trajectoire d'efforts mene par des linguistes du Centre de Linguistique de l'Universit de Lisbonne (CLUL) et de l'Universit de Coimbra, en collaboration troite avec des personnalits de la rgion mirandaise. Il a t tabli un systme orthographique normalis pour cette langue, son enseignement fait actuellement partie du curriculum primaire et la documentation officielle est publie en version bilingue, dans la rgion. Exception faite pour ces enclaves, o une petite partie de la

    (3) L'cole lyrique gallicienne-portugaise a t florissante au XIIIe et XIVe sicles. (4) Surtout dans sa varit septentrionale. Pour l'histoire du gallicien-portugais, voir (Maia :

    1986). (5) Pour un exemple, voir les Annexes du prsent article. (6) Pour l'analyse de la situation linguistique pendant cette priode, voir Vsquez-Cuesta (P.),

    A lingua e a cultuta portuguesas no tempo dos Filipes (Lisboa : Europa- America, 1988). (7) Pour un exemple, voir les Annexes du prsent article.

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    population est bilingue, le Portugal est un espace linguistique beaucoup plus homogne que les espaces europens voisins. Ceci n'empche que le portugais europen (PE), comme n'importe quelle langue, soit caractris par une variation interne considrable. Nous y reviendrons la section 4.

    3.2. Les contacts avec des langues non-europennes Le type de contacts linguistiques tablis entre les Portugais (nobles,

    commerants, marins, soldats, aventuriers, missionnaires et gens du peuple) et les peuples des rgions o leurs navires se sont arrts, partir du XVe sicle, et o, dans certains cas, des colonies se sont implantes partir du XVIe sicle, ont eu des consquences varies. Il conviendra de distinguer les situations de sjour limit dans le temps et les situations d'installation permanente dans les territoires rcemment dcouverts. Nous en reparlerons.

    En ce qui concerne le portugais parl au Portugal, les contacts brefs, quoique souvent rpts, des premires expditions ne pouvaient pas avoir comme consquence des emprunts grammaticaux aux langues locales et encore moins provoquer des changements dans sa grammaire (8). La communaut portugaise europenne, dans son ensemble, n'a jamais t en contact direct avec une masse importante d'individus parlant des langues exotiques . Les contacts se limitaient aux esclaves et aux serviteurs venus d'Afrique et d'autres rgions rcemment dcouvertes qui, de par leur statut, ne pouvaient pas influencer la langue des matres. Au contraire, c'taient les premiers qui apprenaient le portugais, comme nous le montrent les comdies sociales du XVIe sicle, notamment celles de Gil Vicente, o des personnages qui reprsentent des esclaves africains parlent lingua depreto, petit ngre C).

    Les Portugais qui se sont installs dans les nouvelles colonies ont vcu une tout autre situation linguistique. On sait que les missionnaires apprenaient les langues locales et que certains en ont fait des descriptions minutieuses (10). Il est, en outre, facile de comprendre que certains Portugais, surtout les commerants, aient eu besoin de communiquer trs tt avec les autochtones et que les mariages mixtes aient favoris l'apprentissage, mme rudimentaire, des langues en question. Suivant les cas, le portugais s'est impos comme langue dominante et presque unique (comme au Brsil, ce qui a impliqu la glottophagie partielle ou totale des langues locales) ou comme langue de communication et / ou de prestige, associe au pouvoir conomique, culturel et politique, comme a a t le cas en Afrique. Le fait que

    (8) Par contre, beaucoup de lexique nouveau est entr, dont voici quelques exemples : leque (ventail), bengala (canne), cha (th), de diverses langues orientales; furaco (ouragan), xicara (tasse), amendoim (cacahoute), de plusieurs langues du Nouveau Monde; macaco (singe), cacimba (serein, subst), batuque (tam-tam), moleque (enfant), de langues d'Afrique.

    (9) Pour un exemple, voir les Annexes du prsent article. (10) La premire grammaire de la langue tupi du Brsil, par exemple, a t crite par le pre

    Anchieta, jsuite portugais.

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    toutes les anciennes colonies d'Afrique aient choisi le portugais comme langue officielle n'a pas, en effet, un rapport direct avec le taux d'implantation de cette langue dans les pays concerns. Dans aucun de ces pays il n'y a ni bilinguisme ni monolinguisme en portugais, au niveau national. Par exemple, au Mozambique la grande majorit de la population a comme langue maternelle une langue bantoue ; une partie d'entre elle parle aussi portugais, surtout dans les villes et notamment dans la capitale ; enfin le pourcentage trs limit des descendants de Portugais d'Europe ou venant d'autres colonies (par exemple, des colonies en Inde) gardent le portugais comme langue maternelle. Mais la dcision politique de l'ensemble des gouvernements de ces pays d'Afrique (et ventuellement du Timor-Est) trouve son fondement dans les bnfices tout fait lgitimes que ces pays peuvent en retirer, aprs cinq sicles de colonisation (les anciennes colonies d'Afrique ont obtenu leur indpendance en 1975 ; le Timor-Est a t annex par l'Indonsie en 1975, aprs la sortie des troupes portugaises, et il a dclar son indpendance l't dernier, avec l'aide et l'intervention internationales).

    Sans avoir la prtension de faire ici une bauche de l'histoire de l'expansion portugaise, il nous faudra toutefois suivre la chronologie des voyages maritimes qui ont donn lieu des contacts entre le portugais et des langues non-europennes qui sont pertinents pour le cours de son histoire.

    L'anne 1415 marque le dbut du phnomne politique et conomique que nous appelons expansion , avec la prise de Ceuta. D'autres incursions, pendant des dcennies, on suivit en Afrique du Nord, dont les rsultats ont t catastrophiques pour le pays. Suivant la ligne de la cte ouest-africaine, les navires ont mouill, en 1444, au Cap- Vert (archipel inhabit, plus tard peupl avec des Portugais et des esclaves guinens) et en Guine ; en 1471, les navigateurs touchent plusieurs les atlantiques, dont So Tome et Principe ; suit l'Angola, en 1482, et le Cap de Bonne-Esprance, en 1487. Vasco de Gama, dans son voyage vers les Indes orientales, longe la cte est de l'Afrique et s'arrte temporairement au Mozambique, en 1498 ; en 1502, il tablit le premier comptoir portugais en Inde (Cochim). Le dsir d'assurer une prsence prominente en Orient, motive par l'apptence des pices et de toute sorte de richesses, relles ou rves, explique le nombre extraordinaire d'expditions dans ces rgions, souvent accompagnes d'oprations militaires sanglantes. Si la prsence politique et militaire portugaise n'a dur, en Orient, qu'en Inde (o les territoires de Goa, Damo et Diu sont rests portugais entre la fin de la premire moiti du XVIe sicle et 1961, anne o la Rpublique Indienne les a occups), Timor-Est (o les portugais se sont fixs au cours de la deuxime moiti du XVIe sicle et o ils sont rests jusqu'en 1975) et Macao (o les Portugais sont rests entre 1557 et 1999), sa prsence culturelle et linguistique reste visible dans plusieurs endroits dont, par exemple, Malaca o il subsiste un crole base portugaise (le Papia Kristang), ou le Japon, o la langue actuelle a gard dans son vocabulaire un certain nombre de mots emprunts au portugais. L'arrive des Portugais au Japon (1543) a marqu l'introduction des

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    armes feu, ce qui est, encore de nos jours, considr par les japonais comme le dbut d'une nouvelle re pour l'histoire de leur pays (n).

    En mme temps que les Portugais commenaient s'installer en Orient et parcourir l'Ocanie, Pedro lvares Cabrai dcouvrait le Brsil (il arrive Porto Seguro en 1500; le Brsil dclare son indpendance en 1822) et d'autres navigateurs arrivent aux Carabes, o des influences du portugais subsistent toujours, notamment dans le papiamentu de Curaao.

    Aprs ce rapide survol de la chronologie de l'expansion maritime aux XVe et XVIe sicles, qui s'est limit signaler les territoires qui nous intressent le plus directement du point de vue linguistique, nous pourrons maintenant focaliser notre attention sur la question des produits linguistiques de ces contacts. Faute de pouvoir tout voquer dans ce texte, nous serons amenes nous concentrer sur un nombre rduit de cas qui illustreront, nous l'esprons, quelques situations typiques, dans ce contexte de contacts trs prolongs dans le temps : (a) imposition trs forte du portugais (le cas du Brsil) ; (b) imposition moyenne / faible du portugais (le cas du Mozambique) ; (c) trs faible imposition du portugais (le cas de Macao) ; (d) formation de croles base lexicale portugaise (le cas de la Guine-Bissau) ; (e) emprunt au lexique portugais par d'autres langues : le cas du swahli. Enfin, nous ferons une trs brve comparaison entre quelques questions de grammaire du portugais europen (PE), du portugais du Brsil (PB) et du portugais du Mozambique (PM).

    3.2.1. Le cas du Brsil. Le portugais est la langue maternelle des brsiliens, abstraction faite de

    quelques groupes d'Indiens. La colonisation du Brsil s'est faite de faon systmatique et continue. part l'occupation de toute la cte, des incursions vers l'intrieur ont commenc trs tt et ont dur deux sicles (- sicles) par les mains des fameux bandeir 'antes, surtout de So Paulo, des aventuriers qui partaient la recherche d'esclaves indiens et de mines d'or et de pierres prcieuses, en marge du gouvernement et contre les prches des jsuites. Trs tt, aussi, des familles portugaises entires se sont installes dans les villes ou mme dans des rgions de l'intrieur et, notamment sous le conseil des prtres, des jeunes femmes marier taient envoyes du Portugal, afin d'viter les mariages mixtes entre portugais et indiennes. Objectif qui, heureusement, n'a pas abouti.

    Les Indiens (5 millions, l'arrive des Portugais, d'aprs les estimations) ont t soit assimils par la force, soit rendus esclaves, soit chasss de leurs territoires, soit enfin massacrs, comme il est arriv dans beaucoup d'autres rgions colonises par d'autres pays. La main-d'uvre indienne des premiers temps a t

    (1 1) Tanegashima, le du Sud du Japon o les portugais ont jette l'ancre, le symbole de l'le est un fusil portugais de l'poque. part l'existence d'une association luso-japonaise, on trouve partout des rfrences Ferno Mendes Pinto et sa bien aime japonaise, qui s'est jete du haut d'une falaise en voyant le navire de son amoureux disparatre dans la ligne de l'horizon.

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    progressivement remplace par celle africaine. En effet, les indiens servaient mal pour le travail dans les plantations, ce qui a eu comme consquence l'emploi progressif d'esclaves noirs, surtout partir de 1570. Les noirs taient conomiquement plus rentables car ils domainaient les techniques de l'agriculture et remplissaient les poches des ngriers. Qu'ils soient indiens ou noirs, l'esclavage est devenu le fait central du systme colonial du Brsil. [La main-d'uvre libre] n'tait plus qu'un complment du systme de travail esclave, qui dominait tout le reste (Bethencourt et Chaudhun 1998, p. 145 [traduit par nous]).

    Les 350 000 Indiens, appartenant plusieurs tribus, qui restent actuellement au Brsil ont gard leurs langues, mais parlent aussi, pour la plupart, le portugais. Cependant, il subsiste encore quelques groupes totalement isols. Du nombre trs lev de langues locales qui existait l'poque de l'arrive des europens, environ un tiers est aujourd'hui disparu (12). Aujourd'hui, 500 ans aprs l'arrive des Portugais, on assiste des manifestations d'Indiens revendiquant la prservation de la fort, lment primordial de leur culture, et la dmarcation de leurs territoires, ce qui en dit long sur le sort des Indiens dans le cadre de la socit brsilienne moderne.

    L'envoi systmatique d'esclaves noirs, surtout de la cte occidentale africaine, vers les plantations de canne sucre du Brsil a cr des situations linguistiques complexes, o des indiens et des individus parlant des langues africaines trs diffrentes devaient vivre ensemble. Ce type de situations, dans d'autres colonies, a t la base de la cration de pidgins et de croles, comme c'est le cas des Carabes, par exemple. Le fait qu'il n'existe qu'un crole au Brsil (13) est rvlateur de la force dominatrice du portugais, en partie explique par le fait que, face une telle multiplicit de langues, sud-amricaines et africaines, il fallait bien une langue de communication gnrale qui, tant donn les circonstances politiques, conomiques et culturelles, ne pouvait tre que le portugais. cela, il faudra ajouter le flux constant d'immigration portugaise depuis le XVIe sicle et le rle fondamental jou par les jsuites au niveau de l'enseignement gnralis du portugais. D'autre part, la prsence trs prolonge de la cour portugaise de D. Joo VI Rio de Janeiro, partir de 1807-08 et la suite de la premire invasion napolonienne du Portugal, a motiv un nouvel essor de la prsence portugaise et la consolidation de l'usage gnralis du portugais.

    Depuis la fin du XIXe sicle, et surtout aprs l'abolition de l'esclavage, le Brsil a eu besoin de main-d'uvre trangre pour assurer sa production agricole et son dveloppement industriel. Des vagues d'immigrants du Portugal et d'autres pays europens, notamment de l'Italie, de l'Espagne et de l'Allemagne, ainsi que de beaucoup d'autres origines (japonaise, libanaise, etc.) ont rgulirement cherch le Brsil, pour des raisons conomiques ou autres, participant ainsi au bouillon de

    (12) Voir(Lyovin: 1997). (13) Dans un seul village brsilien, Helvcia. Voir (Baxter : 1992).

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    races et de cultures qui lui donne son actuel profil de mixit. titre de curiosit, nous reproduisons quelques chiffres relatifs aux pics migratoires portugais vers le Brsil, toujours associs des phnomnes conomiques et/ ou politiques caractre local, europen ou mme mondial : la fin du XVIIIe sicle, on comptait entre 8 000 et 10 000 dparts par an (poque de l'exploitation de l'or) ; en 1854- 56, le chiffre montait 10 000-1 1 000 ; de 1872 1895, le nombre d'immigrants est pass de 17 000 45 000 ; en 1912, on comptait 88 000 dparts annuels et en 1920, autour de 65 000 (ce qui correspond environ 27 % des trangers rsidant au Brsil) (Bethencourt et Chaudhui : 1998), Vol.4). Le repli du Portugal sur lui-mme partir des annes 20 et pendant plus de cinquante ans et les consquences conomiques qui en ont dcoul ont provoqu de nouvelles vagues migratoires vers le Brsil.

    Cet ensemble de facteurs devra tre pris en considration pour que l'on comprenne les changements survenus dans le portugais parl au Brsil. En effet, de par la rencontre d'un grand nombre de langues sur le territoire brsilien, la dimension gographique du pays et des clivages sociaux importants, il existe aujourd'hui un haut degr de variation linguistique, dans l'espace et dans la socit brsiliens. C'est--dire des grammaires parallles. La distance gographique entre le Portugal et le Brsil et l'histoire sociale trs diffrente des deux pays a forcment influenc le type de variation existant dans les deux varits et le cours de leur volution interne. titre d'exemple, une diffrence immdiatement vidente l'oreille et qui provoque des problmes de comprhension pour les Brsiliens qui ont peu de contacts avec des Portugais est celle du comportement des voyelles en position atone : diffremment du PB, le PE standard et la plupart de ses varits internes sont caractriss par l'lvation et la centralisation des voyelles en position atone (PE cavalo (cheval) [ksvlu], cavalinho [kBVjjlijiu], (petit cheval), avec voyelle moyenne centrale en position atone vs PB [kavlu], [kavalijiu], avec voyelle basse dans la mme position). Cette caractristique du PE a comme consquence l'amuissement voire la chute des voyelles atones (PE levantar (lever) [laVBti]), ce qui n'a pas lieu en PB : [levttai].

    3.2.2. Le cas du Mozambique. Le Mozambique a connu un tout autre type de colonisation, presque

    exclusivement concentre sur la cte (il suffit de regarder sa forme longiligne) et sur l'le du Mozambique, o des entrepts commerciaux servaient de locaux d'change de marchandises venues surtout de l'Inde contre l'or et l'ivoire africains. La recherche de l'or a motiv l'implantation de Portugais un peu plus vers l'intrieur, surtout le long des fleuves Cuama et Sena. La population portugaise tait peu nombreuse et il y avait une prsence militaire trs faible. partir du XVIIe sicle, l'aire gographique d'occupation se rtrcit et les Portugais se concentrent nouveau sur la cte et plutt vers le Sud. Deux sicles plus tard, il y a eu des tentatives de rorganisation administrative et politique pour renforcer l'autorit

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    portugaise sur ces parages, qui attiraient toute sorte de marchands (dont les Indiens, qui se sont progressivement installs) ainsi que des ngriers. La population portugaise tait toujours trs peu nombreuse et il devenait de plus en plus difficile de garder le monopole du commerce et des terres. ce propos, citons (Bethencourt et Chaudhuri : 1998), p. 76 [que nous traduisons] : Pour contrarier la situation de quasi total abandon o se trouvait la capitainerie du Mozambique, il fallait dployer des efforts d'occupation, qui devrait tre non seulement militaire, mais aussi commerciale. Et l'on recommande la recette habituelle, encore en 1806 : la fondation d'une compagnie de commerce [...] qui n'aboutira pas, encore une fois. La prsence portugaise sur la cte orientale d'Afrique tait encore trs loin d'tre consolide. Et c'tait vident qu'il y avait beaucoup de candidats cette position. La situation a lgrement chang vers la fin du XIXe sicle et au cours du XXe sicle, avec l'arrive de vagues successives de Portugais, suite des changements conomiques et politiques nationaux et internationaux.

    La situation du portugais au Mozambique, de nos jours, n'est vraisemblablement pas trangre l'histoire de la capitainerie, plus tard colonie. Le portugais tait dissmin sur tout le territoire, fonctionnant comme langue de communication, mme au-del des frontires, comme une espce de lingua franca. Cependant, et diffremment de ce qui s'est pass au Brsil, les Mozambicains ont continu parler leurs langues maternelles, dans leur grande majorit de la famille bantoue. La situation prsente est le reflet de l'Histoire : actuellement, ds 15 millions d'habitants, 10 millions environ ont une des quinze principales langues bantoues comme langue maternelle ; 1,2 % a le portugais comme langue maternelle et environ 25 %, comme langue seconde (Hyltenstam et Stroud : 1997, pp. 22-23). D'aprs (Gonalves : 1998, p. 1) [que nous traduisons], le portugais se trouve en situation de contact avec des langues du groupe bantou [et il] reste une langue seconde (L2) pour la plupart des locuteursf, ce qui] contribue fortement l'existence soit de phnomnes de fluctuation entre diverses options grammaticales soit de cas de changement linguistique . Le petit groupe de linguistes de l'Universit Eduardo Mondlane, de l'Instituto Nacional do Desenvolvimento da Educao (INDE) et de l'Universidade Pedaggica de Maputo dveloppe, depuis quelques annes, un travail remarquable de recherche sur le portugais parl au Mozambique et sur l'enseignement du portugais comme L2. ce propos, reprenons (Hyltenstam et Stroud : 1997) qui avancent des raisons pour l'adoption du portugais comme langue officielle et d'enseignement et qui peuvent se rsumer ainsi : le portugais a toujours t la langue de communication, internement et avec l'extrieur, et les populations l'associent l'ducation et au prestige ; le portugais est disponible pour des pratiques administratives, scientifiques, ducationnelles et officielles ; l'adoption du portugais vite le problme du choix d'une seule langue, parmi les langues bantoues, pour devenir langue officielle ; aucune de ces langues n'a, d'autre part, une base dmographique et gographique suffisamment importante pour jouer ce rle-l.

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    3.2.3. Le cas de Macao Macao est l'exemple d'un troisime type de situation linguistique. Entre

    1552 et 1557, les Portugais se sont fixs Macao, dans le Sud de la Chine. Il existait des rapports antrieurs entre Portugais et Chinois lesquels, d'aprs les chroniqueurs, les ont bien reus, surtout parce que les navires portugais ont aid les flotilles chinoises chasser les pirates. En 1630, il y avait environ 1 000 Portugais rsidant Macao et, deux cents ans plus tard, 15 000. Mais ce n'est qu'en 1888 que la Chine reconnat le droit d'occupation perptuelle de Macao par les Portugais, dont le nombre s'levait dj, cette poque, 125 000. Macao a jou un rle trs important dans toute la rgion, comme centre d'un rseau commercial dont, par exemple, les Japonais se sont servis, faute de pouvoir ngocier directement avec la Chine, un moment donn de leur Histoire.

    La fin de la souverainet portugaise sur ce territoire a commenc en 1985, lors de la visite du Prsident portugais en Chine qui, un an aprs la Dclaration Sino- Britannique fixant le retour de Hong-Kong la Chine, voulait une solution identique pour Macao dans le cadre du concept nouveau un pays, deux systmes . En 1987, la Chine et le Portugal ont sign la Dclaration Conjointe Luso-Chinoise qui fixait dcembre 1 999 comme date de transmission du territoire.

    Malgr la prsence portugaise pendant plus de 400 ans, Macao tait, la date du changement de souverainet, un territoire majoritairement chinois du point de vue de l'origine de la population aussi bien que du point de vue linguistique. En effet, et malgr l'arrive massive sur ce territoire de 21 km2, au cours des vingt dernires annes, de cadres portugais attirs par les opportunits conomiques qui se prsentaient, le nombre des Portugais n'atteignait pas, dans les annes 90, les 2 % d'un total d'environ 450 000 habitants. Le reste de la population tait compos d'un nombre rduit de Macaenses, descendants de mariages mixtes luso- chinois, de citoyens portugais d'ethnie chinoise, d'immigrants des Philipines et de la Thalande et d'une majorit crasante de Chinois immigrs (autour de 68 %).

    En 1999, la langue majoritaire tait, donc, le cantonais, l'anglais tant la langue de communication courante entre les Portugais, les Chinois qui y avaient accs et les immigrs philippins et thalandais. Parmi les bilingues cantonais-portugais (autour de 1 ,8 %), il fallait compter les fonctionnaires des PTT, de la police et, en gnral, des services administratifs, macaenses ou chinois de nationalit portugaise.

    Macao s'est implant trs tt un crole base lexicale portugaise import de Malaca, le makaista, et qui a t rpandu, par des croles venant de Macao, Hong-Kong, o il semble subsister toujours, alors qu' Macao il se perd progressivement, aprs une phase de lente dcrolisation (14).

    (M) Pour plus de dtails, voir Charpentier (J.-M.), La survivance du crole portugais "Makaista" en Extrme-Orient , in Andrade (E.) e Khim (.), Orgs. Adas do Coloquio sobre Crtoulos de Base Lexical Portuguesa (Lisboa : Colibri, 1994), pp. 81-95.

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    Le fait que le portugais n'ait pas pu ou su s'implanter comme langue majoritaire relve d'un ensemble de facteurs qu'il serait impossible de commenter extensivement dans ces pages, mais qui passent sans doute, d'aprs nous, par le type d'objectifs de l'occupation Macao a toujours t un entrept commercial , par la trs frappante absence de communication sociale entre Portugais et Chinois, par l'abandon progressif du portugais par la communaut macaense, par le manque d'une politique linguistique adquate et par l'importance, en termes numriques, des Chinois immigrs Macao. La distance gographique du Portugal, souvent voque, ne peut pas expliquer cette situation ; il suffira de penser au Brsil l'loignement du Portugal n'a pas empch l'implantation du portugais.

    Ces dernires annes, le gouvernement du territoire a entrepris beaucoup d'initiatives dans le but de garantir la continuit de la prsence de la langue portugaise Macao, notamment avec l'ouverture d'universits et de cours de portugais comme langue trangre. Sur le plan politique, il est souligner que le Trait Luso-Chinois intgre l'acceptation du portugais comme langue officielle, ct du mandarin, pour les cinquante ans venir. Une nouvelle ralit linguistique se profile, donc : au cantonais, parl dans le territoire, vient s'ajouter le mandarin, que les Chinois de langue cantonaise devront apprendre comme langue seconde. Quant au portugais, et malgr son statut, nous n'augurons pas d'un avenir brillant.

    3.2.4. Le cas de la Guine-Bissau La formation de croles correspond un tout autre type de contacts entre

    langues. Nous ne sommes pas dupes de prtendre que le fait que la langue du colonisateur ne s'est pas impose comme langue unique soit un symptme d'une convivialit toujours pacifique entre Portugais et Africains. L'histoire de la formation des pidgins et des croles est largement connue et l'on sait que, dans beaucoup de situations (nous nous rfrons, par exemple, aux croles ns dans les plantations de canne--sucre), c'est justement le rgime d'esclavage qui a cr des conditions pour leur apparition. Cependant, leur existence mme reprsente un cas de non-imposition totale de la langue des matres, sans doute, dans un premier temps, par l'isolement des esclaves et, postrieurement, par le manque d'opportunits d'accs au monde des colonisateurs ou encore pour une question de prservation d'une identit propre dont la conscience aura t entretemps acquise.

    Mais des croles surgissent aussi dans d'autres situations que le cas de l'actuelle Guine-Bissau pourra illustrer. Les Portugais se sont installs sur le litoral, o ils attendaient que les lanados (intermdiaires dans le trafic d'esclaves, qui s'aventuraient vers l'intrieur du pays) viennent leur apporter les indignes capturs, qu'ils envoyaient en Amrique comme esclaves. Le commerce ngrier a, en effet, caractris la prsence portugaise en Guine, pendant des sicles : ce type d'activit et le contexte socio-conomique qui l'entourait ont fait de la Guine une source d'esclaves, mais non pas un territoire o l'esclavage local, proprement parler, existait comme systme institu. Plus tard, il y a eu un type diffrent

  • LE PORTUGAIS DANS SES VARITS 94 1

    d'installation de colons, la culture des cacahoutes et du riz s'est dvelopp, et les relations entre les Portugais et les Guinens sont devenues plus typiquement coloniales. Si les caractristiques de la colonisation, dans ces territoires, n'ont pas permis aux langues autochtones de survivre ct du portugais sans en tre affectes, elles ne les ont pas non plus totalement annules, car, comme on le sait, l'apport des langues europennes aux croles se trouve surtout au niveau lexical, leur structure grammaticale restant trs proche de celle des langues autochtones. Le taux de scolarisation en portugais ayant toujours t trs faible, le crole a pu tenir bon et continuer d'tre parl dans toute l'actuelle Guine-Bissau comme langue maternelle de la plupart de la population et comme langue de communication courante. Il va de soi que ce crole connat des variantes internes.

    La gographie des croles portugais est trs vaste et discontinue. On compte 28 croles base lexicale portugaise : 6 en Afrique (croles de la Haute-Guine et du Golfe de Guine), 12 en Asie (croles malayo-portugais et sino-portugais), 12 en Inde (croles indo-portugais) et 1 au Brsil (Helvetia). Aux Antilles, le Papiamentu et, au Surinam, le Saramaccan prsentent une forte influence lexicale du portugais. De ces croles anciens, une partie a subi une relexification, la suite de la prsence postrieure d'autres europens dans les rgions concernes, et une autre partie est aujourd'hui disparue, notamment en Orient. Les croles parls au Cap- Vert et So Tome et Principe continuent d'tre trs vivants et constituent la langue de communication courante dans ces pays, l'image de ce qui se passe en Guine-Bissau. Le taux de bilinguisme varie selon les pays et selon les rgions de chaque pays ; le Cap- Vert est le pays o il existe le plus grand nombre d'individus parlant le portugais, vu le niveau traditionnellement lev d'instruction de la population. Le portugais est la langue officielle et celle de l'enseignement, dans les trois Rpubliques.

    3.2.5. Le cas du swahli Les voyages des Portugais, de l'Europe vers l'Orient, en passant par

    l'Amrique Centrale et du Sud et par l'Afrique, ont laiss des traces linguistiques dans beaucoup de langues du monde.

    titre d'exemple, arrtons-nous un peu sur le cas des emprunts portugais en swahli. la fin du XVe sicle, les armes portugaises ont mouill devant la cte orientale d'Afrique et ont tabli les premiers contacts avec les populations autochtones. Le sicle suivant, les Portugais se sont installs, chassant les arabes, et ont fond des comptoirs qui servaient d'appui aux navires qui se dirigeaient vers l'Inde (parmi d'autres, citons les comptoirs de Mombassa, Quiloa, Sofala et Zanzibar). D'aprs les spcialistes, le portugais servait de lingua franca sur la cte Est de l'Afrique, ce qui a favoris l'introduction de beaucoup de lexique des domaines de la vie domestique et sociale, de l'agriculture, de la navigation, de la vie militaire, etc. dans la langue swahlie.

  • 942 MARIA ANTNIAMOTA ET MARIA FERNANDA BACELAR DO NASCIMENTO

    Un nombre important de mots d'origine portugaise (autour de 170) reste encore aujourd'hui dans le vocabulaire courant du swahli (K), avec adaptation morphologique et phonologique la langue d'accueil. L'entre des substantifs, qui constituent la majeure partie des emprunts, s'est faite travers l'attribution d'une classe nominale swahlie chacun d'entre eux. C'est ainsi que nous trouvons des substantifs d'origine portugaise (P) dans diffrentes classes du swahli (S), comme, par exemple (16) : i) pau (bton) S upao, avec ajout du prfixe de classe u- ; quintal (potager) S kitalu, avec perte de la premire syllabe de et ajout du prfixe ki- ; vinho (vin) - S mvinyo, avec ajout du prfixe de classe m-.

    Avec cette rapide bauche de cinq situations trs diffrencies o le portugais s'est vu impliqu, au cours de l'Histoire, nous avons voulu apporter quelques lments de rflexion sur les rapports entre le portugais et d'autres langues parles par des populations qui ont entretenu des relations, elles aussi diffrencies entre elles, avec les Portugais. la limite, tout pourrait se rsumer la relation langue et pouvoir politique, conomique, culturel ou autre.

    4. Les varits du portugais, en Europe et ailleurs

    4.1. Les varits du PE Les variantes lexicales et phontiques du PE ont, les premires, attir

    l'attention d'une poigne de philologues minants, dont Gonalves Viana, Leite de Vasconcelos, Paiva Bolo et Lindley Cintra (17). Ce dernier proposa, en 1971, une carte des isoglosses sparant les grandes aires phontiques du PE, ce qui constitua un pas fondamental pour la suite des tudes dialectales, aujourd'hui assures notamment par le Groupe de Dialectologie du CLUL, qui s'est donn la tche de participer l'laboration des atlas europens ALE et ALiR et de faire les atlas linguistiques du Portugal (18). Les heures d'enregistrements faits cette fin dpassent les 3 500 et constituent le fonds le plus important de portugais parl, au niveau national.

    Les isoglosses dessines par (Cintra : 1971), dans le cadre de recherche de la gographie linguistique, distinguent deux grandes aires dialectales du PE, septentrionale et mridionale (celle-ci incluant le PE standard). Faute de pouvoir dcrire en dtail, dans ces pages, les caractristiques des deux grandes aires du PE,

    (15) Le swahli est encore parl dans le Nord du Mozambique. (16) Exemples emprunts la thse de doctorat de M. Mbengale (Lisbonne : indit). (17) Voir Rfrences bibliographiques. (18) V Atlas do Litoral Portugus a constitu la thse de doctorat de Gabriela Vitorino et est

    disponible sous forme de polycopi. U Atlas Linguistico e Etnogrqfco dos Aores est sur le point de paratre (publi par le Gouvernement Rgional de l'archipel). Le Groupe prpare, par ailleurs, la publication de Atlas Linguistico e Etnogrfico de Portugal e da Galiza, lanc par Lindley Cintra.

  • LE PORTUGAIS DANS SES VARITS 943

    nous nous limiterons en rfrer quelques traits phonologiques-phontiques diffrenciateurs, titre d'exemple : (a) maintien, en PE septentrional, de diphtongues descendantes anciennes dans les noms et les verbes, alors qu'en PE mridional (qui inclut Lisbonne) elle se rduit : vou (je vais) [vow] (ou [ow]) vs [vo] ; (b) variation, en PE mridional, dans le maintien d'autres diphtongues descendantes : prservation de la diphtongue en PE standard vs sa rduction au Sud du Tage : manteiga (beurre) et bem (bien) sont prononcs [mtjge], [bij] en PE standard et [mtg], [b], avec rduction, au Sud du Tage; (c) insertion (non systmatique, mais frquente, entre dterminant et nom) de [j] dans le contexte V#V , dans l'aire septentrionale : (d)a agua ((de) l'eau) [(d)ajagwB] vs [(d)agwB], dans l'aire mridionale ; (d) lvation de |o| atone, dans l'aire septentrionale : moldar (mouler) est prononc [muidr] vs [moidr], dans l'aire mridionale ; (e) indiffrenciation entre la lre personne du sing, du Prtrit des verbes voyelle thmatique |a| et la mme personne du Prsent, dans l'aire septentrionale : Prs, lavamos (nous lavons) et Prtrit lavamos (nous lavmes) [lBvmuf] vs dans l'aire mridionale, Prs. [lBVBtnuf] et Prt, [levmuf].

    L'tude des aspects morphologiques et syntaxiques des varits du PE n'a pas connu le mme dveloppement que les aspects prcdents et que le lexique, questions centrales pour l'laboration d'atlas linguistiques, quoique des remarques disperses apparaissent dans de nombreuses monographies publies par des dialectologues portugais. L'intrt pour ces autres domaines de recherche, du point de vue de la variation, est en effet plus rcent (19), mais il a des chances de donner ses fruits court terme, vu le nombre progressivement plus important de chercheurs qui s'intressent aux corpus linguistiques. En effet, la constitution de corpus oraux et crits des varits du portugais contribue de faon dcisive au dveloppement de ce domaine d'tudes. Les approches thorico-mthodologiques qui prennent des corpus comme base de travail permettent l'identification rigoureuse des caractristiques des langues et, entre autres, la frquence d'occurrence d'items lexicaux et de constructions syntaxiques, les patrons grammaticaux, combinatoires et discursifs, en passant par l'identification d'aspects stylistiques qui nous permettent d'tablir des distinctions entre registres et usages divers et mme d'approcher les changements linguistiques survenus au cours des annes. Il est, cependant, vident que l'efficacit de l'utilisation de corpus des fins de comparaison de varits d'une langue suppose la plus grande rigueur dans leur conception, constitution, dimension et codification. L'extraction d'chantillons comparables entre eux partir de corpus de grandes dimensions et intgrant des donnes trs varies est, en effet, la condition sine qua non pour la validation des rsultats postrieurement obtenus. La comparaison systmatique des varits du

    (l9) Au CLUL, deux nouveaux projets du Groupe de Variation ont comme objet d'tude la variation en syntaxe (projet dirig par Ana Maria Martins) et la variation morphophonologique et morphosyntaxique du verbe (projet dirig par Maria Antnia Mota). Ils se servent tous les deux du corpus de portugais parl reccueilli par les dialectologues du Centre.

  • 944 MARIA ANTNIA MOTA ET MARIA FERNANDA BACELAR DO NASCIMENTO

    portugais n'aboutira des rsultats fiables que si les chercheurs ont leur disposition des corpus harmoniss et donc comparables.

    Aujourd'hui, nous disposons, au Portugal, de deux grands corpus : celui de portugais parl recueilli par le Groupe de Dialectologie du CLUL, dj cit, et le Corpus de Referenda do Portugus Contemporneo (CRPC), organis par M. F. Bacelar do Nascimento, galement du CLUL. Ce corpus contient actuellement 1 00 millions de mots et il intgre des chantillons trs varis de langue parle et crite du PE, du PB, des cinq pays africains de langue officielle portugaise et de Macao ainsi qu'un petit chantillon du portugais parl Timor-Est. Les textes qui constituent ce corpus vont de la deuxime moiti du XIXe sicle jusqu' nos jours, la tranche la plus importante tant celle des textes postrieurs 1970. Le poids des chantillons n'est pas pour le moment quilibr, vu des problmes d'ordre divers qui ont, par exemple, rendu impossible l'enrichissement des chantillons de portugais d'Angola, de So Tome et Principe et de Timor-Est. Cependant, son utilit est indniable pour des projets comparatifs concernant les varits du portugais qui y sont le mieux reprsentes. Rcemment, le CLUL et l'Universit Fdrale de Rio de Janeiro ont lanc un projet intitul Analyse contrastive de Varits du Portugais qui prendra comme base ce corpus ainsi que des corpus de PB parl et crit recueillis par les partenaires brsiliens, dont le plus important est le Corpus do Portugus Contemporneo do Brasil, constitu d'environ 3 1 millions de mots de portugais parl et crit (Universidade Estadual de So Paulo, Campus de Araraquara) (20).

    Dans le cadre de projets de recherche universitaire, nous avons connaissance de la constitution de deux autres corpus (21), au Portugal : le Corpus Informatizado do Portugus Medieval (CIPM), mis au point Universidade Nova de Lisboa, sous la direction de Maria Francisca Xavier et qui vise l'informatisation de textes mdivaux, le dveloppement d'outils de recherche automatique de donnes ainsi que l'laboration d'un dictionnaire mdival, et le corpus de parole Corpus de Dialogo Etiquetado (CORAL), de la responsabilit d'un ensemble de chercheurs appartenant diffrentes institutions (CLUL, Instituto Nacional de Engenharia de Sistemas e Computadores, Faculdade de Letras de Lisboa et Universidade Nova de Lisboa) et qui a comme objectif la construction d'un corpus de dialogue produit par des individus varis, avec un vocabulaire limit et avec des annotations orthograpiques, phontiques, prosodiques, syntactiques et smantiques.

    4.2. Les varits europenne (PE), brsilienne (PB) et mozambicaine (PM) Malheureusement, la situation de guerre permanente en Angola nous empche

    de disposer d'tudes suffisantes concernant le portugais parl dans ce vaste pays. Nous avons, cependant, des informations personnelles concernant un phnomne

    (20) Voir (Castilho et al. : 1996). (21) Voir (Xavier et al. : 1998) ainsi que (Viana et al. : 1998).

  • LE PORTUGAIS DANS SES VARITS 945

    en voie de dveloppement, savoir une espce de lingua franca utilise par les enfants et les adolescents orphelins qui sont venus de toutes les rgions du pays chercher un peu de paix Luanda. Ils vivent en bandes, dans des bidonvilles o ils survivent tant bien que mal. Parlant des langues maternelles diffrentes et n'tant pas scolariss en portugais, ils ont cr un portugais eux, trs diffrent, d'aprs nos sources, du portugais courant de Luanda. Nous esprons en savoir plus, bientt.

    La comparaison exaustive des trois varits du portugais les mieux dcrites, PE, PB et PM, reste faire, quoiqu'un nombre croissant de linguistes s'y intresse (22). Nous ne prtendons pas la faire en quelques lignes, mais nous essayerons d'apporter quelques lments de comparaison, en nous appuyant sur les rsultats des recherches disponibles. Avant de le faire, il convient de souligner que les rapports scientifiques et acadmiques entre le Portugal, le Brsil et le Mozambique sont de plus en plus profonds et visibles au niveau des changes de matriaux, des projets de recherche communs, des missions d'enseignement universitaire ou de la co-orientation de thses de DEA et de Doctorat.

    Pour illustrer un petit nombre de diffrences et de ressemblances entre les grammaires du PE, du PB et du PM, commenons par une comparaison entre le PE et le PB et par un rseau de questions qui relvent, en termes gnraux, de la morphologie verbale, du remplissage de la position de sujet et de l'accord sujet- verbe.

    Il faudra, tout d'abord, noter que le PB standard, surtout crit, ne s'loigne pas trop du PE, part quelques aspects syntaxiques et un nombre important de vocables non-partags par les deux varits. C'est en PB parl courant et en portugais populaire du Brsil (dnomination utilise par les Brsiliens et qui correspond au PB parl par les couches peu ou nullement scolarises) que l'on trouve les grandes diffrences, mme si l'on prend comme point de repre le PE parl par des sujets de niveau sociologique comparable.

    La morphologie verbale du PB populaire parl a subi une rduction remarquable, en termes de flexion en personne. Comparons le Prsent de ficar (rester), en portugais standard, indpendemment de la varit nationale en question : eu fic-o, tu fica-s, ele fica0, nos fica-mos, eles fica-m (23) et en PB populaire : eu fic-o, tu / ele / nos / eles fic-a. Cet affaiblissement des marques morphologiques est souvent associ la tendance un remplissage plus systmatique de la position de sujet (24) dans des contextes o le PB standard aurait un sujet nul. Par exemple, dans la grammaire des sujets parlants qui ont

    (22) Voir (Duarte et al. : 1999) et (Biderman e Bacelar do Nascimento : 1999), par exemple. (23) La 2e personne du pluriel est tombe en dsutude, en portugais. En PE standard, elle

    subsiste dialectalement. (24) Tendance explique comme un processus de suppltivisme syntaxique vis--vis de

    l'appauvrissement de la flexion. Cette question mriterait un dveloppement qu'il nous est impossible de faire ici.

  • 946 MARIA ANTNIA MOTA ET MARIA FERNANDA BACELAR DO NASCIMENTO

    tendance remplir la position du sujet, nous pourrions avoir une phrase comme Este jornal tem um diretor que ELE sabe o que ELE publica (ce journal a un directeur qu'IL sait ce qu'IL publie) vs en portugais standard : Este jornal tem um director que 0 sabe o que 0 publica.

    Cette rduction des paradigmes flexionnels entrane une autre consquence syntaxique dans la grammaire des sujets parlants qui pratiquent la rduction en question, savoir l'affaiblissement de l'accord sujet verbe. En effet, si en portugais standard en gnral l'accord est de rgle, dans ces grammaires non- standard du PB, on atteste des cas comme les suivants : Tu (2e sing.) fica0 em casa ? (Tu restes la maison ?) vs en PB standard Tuficas em casa ? ou Nos (lre plw.) fica0 na praia (Nous restons la plage) vs en PB standard Nos ficamos na praia.

    Dans certaines varits du PE, la flexion verbale connat des finales non- standard mais qui ne correspondent pas des absences de marques, plutt des marques diffrentes, ventuellement rduites par rapport aux marques du standard, mais qui garantissent l'identification de la personne verbale en cause. Par exemple, dans certaines varits du Nord du Portugal, la finale de la 3e personne du pluriel -[W] est prononce -[] ou [u], avec rduction de la diphtongue et ventuelle perte du trait de nasalit, comme dans fizeram (firent) [fizr] ou [fizru] vs PE standard [?] ; dans la mme rgion, la lre personne du pluriel peut perdre le dernier segment du morphme de personne, -mos : fazemo0 vs PE standard fazemos.

    La tendance la presque absence de redondance de marques de nombre loigne fortement le PB parl populaire du PB parl standard et du PE parl (25) : des phrases telles que Dois (dual) meninos sairgm correndo (Deux enfants sortirent en courant) ou Os meninos ficam em casa (Les enfants restent la maison) auraient comme correspondants en PB populaire Dois (dual) menino0 saiu (3e sing.) correndo et Os meninoO fwa0 em casa. Les marques morphologiques de nombre des noms peuvent ainsi subir un processus de rduction totale quand, dans la phrase, il y a un lment qui assure l'information de pluriel, comme c'est le cas de Dois ou de Os dans les exemples ci-dessus. Cette tendance entrane le non-accord entre dterminants et noms et, comme dans les cas cits auparavant, entre sujet (lexical, cette fois-ci) et verbe.

    Le PE parl, notre connaissance, ne connat pas de rduction des marques morphologiques de pluriel. Quant l'accord entre sujet et verbe, il y a des cas de variation de plus en plus sensibles en PE parl et mme crit, mais qui se limitent, en gnral, faire l'accord avec les mots les plus proches du verbe dans des phrases incluant un premier membre du sujet collectif (sing.) et un deuxime membre pluriel

    (25) En PB standard et en PE, il y a plusieurs patrons flexionnels pour les noms, dont le plus frquent est le suivant : sing, en voyelle plur. en voyelle + [] : pato (canard) [ptu] patos [ptuf ], valable aussi pour les dterminants articles, possessifs et dmonstratifs.

  • LE PORTUGAIS DANS SES VARITS 947

    (du type O grupo (sing.) de estudantes lisboetas flnalistas (plur.) deram (3e plur.) um concerto (Le groupe d'tudiants lisboettes finalistes a donn un concert)) ou ne pas faire l'accord quand le sujet est postpos un verbe passif ou valeur passive {Conhece-se (3e sing.) muitos casos de intoxicaao (plur.) (De nombreux cas d'intoxication sont connus)).

    largissant maintenant la comparaison au portugais parl au Mozambique, on observe des phnomnes de rduction de la flexion et des cas de non-accord en partie semblables ceux signals plus haut pour le PB populaire : prdominance de la 3e personne du singulier des verbes, qui devient forme non-marque, remplaant la lre du singulier et la lre ou la 3e du pluriel. Par exemple, PM Eu (lre pers.) pode (3e sing.) dizer (26) (Je peux dire) ; PM Se os preos dos transportes publicos (phiT.) fosse (3e sing.) mais baixo (Si les prix des transports publiques taient plus bas) ; PM Na escola nos (lre plur.) entrava (3e sing.) as dezassete ( l'cole nous entrions 17 heures). Le non-accord en nombre est aussi assez frquent : PM Ha muitas dificuldadeO (II y a beaucoup de difficults), quoique le manque d'accord en genre le remporte.

    Quoique le PM partage avec le PB populaire une tendance l'limination des redondances de marques, comme nous venons de montrer, il existe un phnomne de redondance en PM qu'il importe de souligner et qui le rapproche du PE, quoique ce phnomne n'y soit pas attest, en termes du non-vitement de la redondance. Il s'agit du recours l'Infinitif flexionn comme complment du verbe ou comme membre de priphrases verbales, contextes o en PE on aurait un Infinitif non- flexionn : PM Querem ganharem naquela hora vs PE Querem ganhar... ([Ils, Elles] veulent gagner immdiatement) ; PM Deviam as moas fazerem o planeamento vs PE Deviam as moas fazer o planeamento (Les filles devraient faire le planning). En synthse, il semblerait que le PM opre avec des forces opposes, dans le domaine des marques morphologiques de personne, ce qui est en accord avec l'ide d'instabilit qui le caractriserait.

    Ce trs bref aperu nous aura permis, nous l'esprons, de montrer comment des tudes comparatives plus pousses s'imposent. Une analyse plus vaste nous permettrait de dterminer les domaines de la langue portugaise les plus sensibles la variation et au changement, sans oublier le fait que, contrairement au PE et au PB, le PM parl est, aujourd'hui et comme nous l'avons signal auparavant, une L2 pour la grande majorit des Mozambicains, restant ainsi sous l'influence de leurs langues maternelles, de la famille bantoue. Il convient, donc, de tenir ce fait en ligne de compte, car les changements subis par le portugais du Mozambique, diffremment de ceux subis par le portugais du Portugal et du Brsil, doivent tre analyss dans le cadre des langues en contact. D'autre part, la comparaison entre varits nationales devra aboutir des conclusions quant la gnralit des phnomnes observs et quant leur signifiance pour la caractrisation de la

    (26) Cet exemple, ainsi que les suivants, sont prsents par (Gonalves : 1998), pp. 61-64.

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    grammaire du portugais tout court et du portugais des varits en question. C'est-- dire qu'il faudra dterminer le caractre systmatique vs variable vs instable des options grammaticales attestes ; autrement dit, il faudra isoler les cas de changement effectif de paramtres dans une(des) varit(s) donne(s) vs les cas de variation et les ventuelles tendances de changement que l'on peut en dduire vs les cas d'hsitation quant aux choix possibles, comme il arrive en portugais du Mozambique, vu son statut de L2 et le contact permanent avec d'autres langues. Au total, nous sommes persuades qu'une tude compare systmatique et s' appuyant fortement sur des corpus pourra apporter des lments de rflexion dfinitifs pour la caractrisation du portugais dans ses varits.

    5. Une histoire sans fin Le parcours du portugais, au fil des sicles, pourrait se rsumer ainsi : d'un

    noyau initial, au Sud de la Gallice, il s'est rpandu le long de la cte ouest ibrique jusqu'en Algarve c'est le domaine de l'actuel portugais europen ; avec les navigateurs, il part en Amrique, en Afrique, en Asie et en Ocanie o il reste pour de bon comme langue maternelle au Brsil ou comme langue officielle dans les anciennes colonies africaines et, pour le moment, Macao. De toutes les langues qu'il a ctoyes, le portugais a reu sa quote-part de lexique nouveau et il a laiss des traces derrire lui, participant notamment la formation de pidgins et de croles (27) et enrichissant le lexique de beaucoup de langues du monde. Nous attendons, avec curiosit, de connatre la suite de son histoire.

    Nous esprons que ce rapide survol de l'histoire du portugais, ou du portugais dans ses varits, puisse aiguiser la curiosit de nos lecteurs pour que, comme nous, ils veuillent en savoir plus.

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    VlANA (A. R. Gonalves). Essai de phontique et de phonologie de la langue portugaise, d'aprs le dialecte de Lisbonne (Paris : s.ed., 1883).

    VlANA (M.C.), TRANCOSO (I.), MASCARENHAS (I.), DUARTE (I.), MATOS (G.), Oliveira (L.C.), Costa Campos (H.) e Correia (C), Apresentaao do Projecto CORAL Corpus de Dialogo Etiquetado , in MARRAFA (P.) e MOTA (M.A.); Orgs. Linguistica Computacional. Jnvestigao Fundamental e Aplicaoes (Lisboa : APL / Colibri, 1998), pp. 337-345.

    Xavier (M.F.), Crispim (M.L.), Vicente (M.G.), Castro (.), Fiis (.), SILVA (M.C.) e Sousa LOBO (M.) Utilizaces Informtias de Corpora Textuais Medievais , in MARRAFA (P.) e MOTA (M.A.), Orgs. Linguistica Computacional. Investigaao Fundamental e Aplicaoes (Lisboa : APL / Colibri, 1998), pp. 347- 358.

    7. Annexes

    7.1. Gallicien

    texte en gallicien

    Pola tarde, na praia de Corrubedo, un grupo de mozos e mozas facendo surf. Mirounos con envexa. Non por el, senn polo fillo. Gustarialle que ele estivera asi, con aqueles traxes cinguidos e de cores vivas. Alegres, sans, seguramente ricos, a loitar coa mar brava, deslizndose con suavidade sobre a curota das ondas. Bo, pensou, el non ten mal corazn. E disque toca ben, a sua maneira. Sair adiante. Tamn sain eu.

    traduction en portugais

    Pela tarde, na praia de Corrubedo, um grupo de moos e moas fazendo surf. Olhou-os com inveja. No por ele, mas pelo seu filho. Agradar-lhe-ia que ele estivesse assim, com aqueles fatos cingidos e de cores vivas. Alegres, sos, seguramente ricos, a lutar com o mar bravo, deslizando com suavidade sobre a crista das ondas. Bom, pensou, ele no tem mau coraco. E diz que toca bem, sua maneira. Andar para a frente. Tambm eu andei.

    Fxtrait de iQue me queres, amor ?, recueil de contes de Manuel Rivas (Vigo : Galaxia, 1995).

  • LE PORTUGAIS DANS SES VARITS 951

    7.2. Barranquenho Flexion verbale et lexique portugais (en majuscules) :

    Y el Chaqueta nos dice pa hacerMOS asiento en haciendo la farda se pasa el tiempo.

    Phnomnes phontiques propres aux varits mridionales de l'espagnol : chute des consonnes finales, aspiration de -|s| final, chute de -|d|- intervocalique (sosegas, rematas) :

    (Barrancoe, muchacha) (bonitao, sosegae) (me/1, Ictjea) (loquitah, remat1)

    Barrancos tiene muchachas bonitas y sosegas ay, MAS tambin las tiene feas y loquitas rematas.

    D'aprs Snchez-lez (M. V.), Canciones cantadas por los quintos de Barrancos. Un caso de contacte de lenguas , in Variaao linguistica no tempo, no espao e na

    sociedade (Lisboa : APL/ Colibri, 1994), pp. 147-182.

    7.3. Mirands

    texte en mirands

    Quando stamos longe de la tierra onde nacimos, bemos culs uolhos de l'aima e de l'coraon, retratados na memria, esses sitios, essas casas e essas personas, pur donde andubrun morando an nos cuntinamente, cumo quando pequeinhos, e isso mos fai bibir sufrindo longe, e longe amando cada be mas la nuossa tierra.

    traduction en portugais

    Quando estamos longe da terra onde nascemos, vemos com os olhos da alma e do corao, retratados na memria, esses sitios, essas casas e essas pessoas, por onde andaram morando em ns continuamente, como quando pequenos, e isso nos faz viver sofrendo longe, e longe amando cada vez mais a nossa tierra.

    Extrait de Meirinhos (Julio), Introduction Bersos Mirandeses de Manuel Preto (Miranda :Edi. Salesianas, 1993)

    7.4. Lingua de preto

    texte en lingua de preto

    Ja mo minha branco estae, e aqui perna branco he. Mas a mi fal Guinee.

    traduction en portugais

    Minha mo j esta branca, e aqui minha perna esta branca. Mas eu falo Guin.

  • 952 MARIA ANTNIA MOTA ET MARIA FERNANDA BACELAR DO NASCIMENTO

    Se a mi negro falae, a mim branco para que ? Se fal meu he negregado e nam fal portugaas, para que mi martelado ?

    Se eu falo negro, de que me serve ser branco ? Se o meu falar negregado e no falo portugus, para que fui martelado ?

    Extrait de Teyssier (P.), La langue de Gil Vicente (Paris : Klincksieck, 1959)

    InformationsAutres contributions des auteursMaria Antnia MotaMaria Fernanda Bacelar do Nascimento

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    Plan1. Introduction2. Les origines du portugais3. Les contacts entre le portugais et d'autres langues3.1. Les contacts frontaliers3.2. Les contacts avec des langues non-europennes

    4. Les varits du portugais, en Europe et ailleurs4.1. Les varits du PE4.2. Les varits europenne (PE), brsilienne (PB) et mozambicaine (PM)

    5. Une histoire sans fin6. Rfrences bibliographiques7. Annexes7.1. Gallicien7.2. Barranquenho7.3. Mirands7.4. Lingua de preto