l'art - Furet

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rite ne peuvent aucunement abroger les faits. Or c'est l'observation qu'il faut encore consulter pour bien ap- précier l'art chirurgical. Je donne ici une traduction française, dépouillée de tout accessoire, dont les imper- fections et l'insuffisance ne peuvent rejaillir que sur moi seul. Ce serait déjà, il est vrai, avoir prouvé com- bien il est difficile de bien remplir cette tâche. Ce service n'a jamais passé pour fiction chez aucun peuple civilisé. Les ouvrages d'Hippocrate ont enrichi toutes les bibliothèques, et le texte grec, en regard d'une tra- duction fidèle, ne peut qu'ajouter un nouveau prix à cette monnaie cou- rante , fruit légitime de trésors bien acquis. On ne saurait nier que la lan- gue française ne puisse rajeunir des ouvrages déjà anciens, qui ne doi- vent pas tomber en désuétude, à cause

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rite ne peuvent aucunement abrogerles faits. Or c'est l'observation qu'ilfaut encore consulter pour bien ap-précier l'art chirurgical. Je donne ici

une traduction française, dépouilléede tout accessoire, dont les imper-fections et l'insuffisance ne peuventrejaillir que sur moi seul. Ce seraitdéjà, il est vrai, avoir prouvé com-bien il est difficile de bien remplircette tâche. Ce service n'a jamaispassé pour fiction chez aucun peuplecivilisé. Les ouvrages d'Hippocrateont enrichi toutes les bibliothèques,et le texte grec, en regard d'une tra-duction fidèle, ne peut qu'ajouter unnouveau prix à cette monnaie cou-rante ,

fruit légitime de trésors bienacquis. On ne saurait nier que la lan-gue française ne puisse rajeunir des

ouvrages déjà anciens, qui ne doi-vent pas tomber en désuétude, à cause

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des mêmes faits dont nous sommestémoins

5 ceux - ci se renouvelant

pour ainsi dire tous les jours à la facedu soleil et des hommes. Vouloirnier ces vérités, il y aurait presqueabnégation de la raison. La difficultéde reconnaître la légitimité des trai-tés d'Hippocrate n'est le plus sou-vent qu'une dispute de mots , parcequ'il y a même embarras pour les

textes d'Homère et de la Bible-, on n'a

jamais mis en doute l'existence de cesécrits, qui seraient enfin totalementabandonnés, si les beautés et les véri-tés qu'ils renferment n'en étaient lesmeilleurs garans. C'est ce que jecrois avoir prouvé dans les précé-dens volumes. La médecineest commela philosophie : elle enseigne les

moyens de se préserver des erreurset du mensonge. Le père de la chi-rurgie devait donc attaquer de front

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toutes les mauvaises méthodes de laroutine, et détruire la forfanterie ducharlatanisme. Il lui eût été absolu-

ment impossiblede parvenir à ce dou-ble but danssesprincipauxouvrages,etsurtoutdansses trai tés sur les maladiesdes os, s'il n'eût étudié exactementl'organisation de l'homme. On abeauprétendre juger contradictoirement,

en accusantpubliquement, excathe-drd, Hippocrate d'ignorance gros-sière en anatomie ; ce sophisme, ré-duit à sa juste valeur, ne ferait jamaisprendre le mauvais parti à des hom-

mes vraiment savans et érudits, d'oser

se déclarer, ni de cœur, ni d'inten-tion

,les contempteurs du plus beau

génie des Grecs, soit comme philoso-phe

,soit comme médecin. Il est vrai

qu'à travers les obscurités des tempsqui voilent de grandes vérités, on ydécouvre quelques lueurs plus rap"

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prochées de la nature que des systèmesfaits à priori d'après le raisonnement.Je ne veux sans doute pas soutenir quela chirurgie ne soit pas mieux éclairéeaujourd'hui que du temps d'Hippo-crate ; mais il y a une foule d'excel-lentes vues et de bons préceptes quiont ouvert la carrière à nos prédéces-seurs, et ce sont les mêmes principes,empruntés à notre célèbre auteur,que nous suivons encore dans l'inven-tion ou la perfection des bonnes mé-thodes et des procédés opératoiresactuels. La chirurgie se lie tellementà la médecine, que l'on ne peut entrouver facilement le terme 5

Hippo-crate en a fait le premier l'observa-tion dans le Traité des luxations.On n'aurait pas renouvelé des dis-sertations

, au moins inconvenan-tes sur ce sujet, si on avait lu atten-tivement le philosophe de Cos. Le

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traité que je viens de citer est un desplus complets et des plus longs parmi

tous ceux que l'on n'a jamais cesséd'attribuer à Hippocrate. Les con-naissances auatomiques y sont semées

avec un discernement exquis, et unesupériorité de vues ,

qui témoignentde la perspicacité du grand praticien.On peut affirmer, avec vérité, que lesélèves en chirurgie

,qui auraient ces

connaissances bien présentes, ne se-raient aucunement sujets à se trom-per dans le traitement des plaies etblessures; mais ils doivent nécessai-

rement recourir aux leçons des maî-tres modernes pour apprendre à ré-duire les fractures et les luxations,d'après les procédés et découvertesdéjà faites dans l'art de guérir. Tou-tefois, il naît une foule de réflexionscurieuses et profitables de la seuleconnaissance des faits. Quiconque

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aura la bonne foi de comparer letexte grec à la traduction française, yreconnaîtra cette fidélité qui, sansnuire à l'élégance, sait réunir la con-cision à la clarté du style. C'est làsurtout que consiste le principal mé-rite des ouvrages scientifiques en gé-néral

,où les incorrections et les né-

gligences sont bien plus pardonnablesqu'en tout autre sujet d'érudition oude littérature. Je n'ai point été arrêté;par les difficultésdu sujet. Une indul-gente critique, et non une censureamère, excusera les fautes échappéesà la plume courante, en se rattachantau fond des choses. Une introductiony était absolument nécessaire, commepour les traités précédens. Je regrettebeaucoup de n'avoir pu entrer dansde plus longs détails sur les pfoeé-dés mis en usage pour la réductionde chaque article en particulier ;

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mais les livres sur les maladies des

os, de MM. Boyer et RIcherand

sont entre les mains de tous les étu-dians; la Nosographie chirurgicale

et les opérations de chirurgie de

MM.Larrey, Roux etMarjolin, pré-sentent, ainsi que les dictionnaires,toutes les questions scientifiques ré-duites à leur plus simple expression.Les cours de clinique chirurgicale deMM. Dupuytren, Dubois, Lisfranc,Sanson et Cloquet sont suivis avec unzèle très-louable et méritent toute

x

l'attentiondes étudians. En ne faisant

que continuer les travaux que j'ai en-trepris sous les auspices des maîtresles plus célèbres, ma persévérance se-rait de nature à m'attirer des égards,

et mon dévouement devrait me méri-ter une juste récompense.

Je ne puis passer sous silence lapeine que j'ai prise de corriger le

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texte sur les manuscrits de la Biblio-thèque Royale. C'est surtout dans leTraité des luxations que l'on recon-naîtra son perfectionnement

,bien

supérieur à l'édition de Vanderlin-den, que les meilleurs critiques re-gardent

, en général, comme assezexact. Outre les ionismes nombreux

^ rétablis presque à chaque page, ily a une foule d'autres améliorations

,plus importantes sous les rapportsde la langue grecque, considéréessuivant la syntaxe. Enfin les hellé-nistes apercevront facilement que matâche ne s'est pas bornée à celled éditeur ; et les praticiens éclairésverront avec plaisir de quel prix sontpour moi les vrais principes de l'artchirurgical. J'ai rempli ma tâche au-tant que je l'ai pu dans mes précé-dentes traductions, relativement à lascience du médecin : les hommes

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éclairés me sauront gré de mes efforts

et de mon dévouement.Voici ce que les législateurs an-

noncèrent en rétablissant les bases del'instruction publique :

« Le talent et l'étude, le travail et» les premiers succès de l'enfance et» de la jeunesse conduiront à un état

» assuré, autant qu'honorable, ceux» qu'une bonne éducation aura déjà

» placés dans la vraie route du savoir.

» L'émulation et l'espérance renaî-

» trontpartout.Lesparens soigneront

» dans leurs enfans l'instruction pre-» mière, qui les conduira désormais

» à des places assurées et à une for-

» tune légitime. Il n'y aura donc réel-

» lement point de suppression, et

» tout annonce, au contraire, qu'il

» existera un véritable accroissement

» dans l'instruction publique*

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»On reconnaîtra surtout le carac-

» tère d'augmentation et de perfec-» tionnement dans le titrev, consacré» aux écoles spéciales. On est con-» venu de désigner par ce nom, celles

» des écoles publiquessupérieures,où» l'on enseigne en particulier et dans» toute leur profondeur les sciences

» utiles, la jurisprudence, la méde-» cine, l'histoire naturelle.

» Je dois répéter, » dit le rappor-teur du projet de loi soumis au conseildes cinq cents , « que le gouverne-» ment, frappé des malheurs dont a» été suivie la destruction presque» totale des dotations anciennes des

» établissemens d'instruction, et de» la nécessité de rappeler la bienfai-» sance et l'amour des lettres à l'une» de ses pins douces et de ses plus* utiles conceptions

, est bien déter-» miné à entourer du respect le plus

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»profond et le plus inaltérable ces

i) dotations, comme les fruits les plus

» précieux de la philanthropie, et à

» consacrer par des monumens du-

»rables la reconnaissance nationale

» pour les bienfaiteurs de l'huma-

» nité, qui feront ce grand et noble

» usage de leur fortune, v Bulletindes lois, n° 186, loi du 11 floréal an x,avec les considérans présentés parMM. Thouret et Fourcroy,

Ainsi à cette époque, feu orvisartexpliquait le texte latin de.* aphoris-

mes de Boërhaave et de Stool au col-lège Royal de France, tandis queBosquillon expliquait aussi, le textegrec à la main, les Aphorismes etPronostics d'Hippocrate

5enfin, feu

Thouret, directeur de l'Ecole desanté de Paris (organisée en vertu dela loi du 14 frimaire an m), se faisait

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inscrire publiquement avec Je titrede professeur de la doctrine d'Hippo-crate et d'histoire des cas rares , surles colonnes de l'Ecole de santé :de plus

, on remarquait dans les pro-grammes du Collége de France, l'en-seignement public des sentences ouaphorismes du père de la médecine.Or je demande comment on a puimaginer qu'il se serait agi unique-ment, dans mes réclamations, delacréation de deux nouvelles chaires,parce que j'aurais traduit et publiéle texte des œuvres d'Hippocrate? Onvoit ainsi l'incroyable assertion dequelques docteurs, qui se sont mépris,au nom même d'une société de mé-decine

, et qui ont oublié de lire lesconsidérans de la loi du 11 floréal

an x, sur l'instruction publique ; carle Collége de France n'a jamais cesséd'être l'établissement consacré aux

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sciences et aux lettres grecques,.

comme la faculté de médecine n'ajamais cessé d'être créée pour ensei-

gner la doctrine d'Hippocrate.Voici un discours qui prouve-

rait aussi les heureuses améliorationsprescrites par les lois, pour la régé-nération des langues savantes et leurutile application aux sciences et auxlettres.

Dans la capitale, en 1832.

« Jeunes élèves,

» C'est avec un plaisir vivementsenti que je viens présider la fête quitermine et récompense vos travauxannuels. Heureux, en vous décernant

ces couronnes, de saisir dans vos pre-miers succès l'augure de ceux quel'avenir vous réserve, de pouvoirm'associer aux émotions, aux'plus

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chères espérances de vos familles, àla satisfaction de vos maîtres

, auxsuffrages même de vos rivaux.

» L instruction dont vous recevezle bienfait est le besoin d'un peuplelibre; elle lui donne l'intelligenceet l'amour de ses institutions, ellelui apprend à les défendre, elle créedes habitudes morales qui les com-plètent, et deviennent sa meilleuregarantie dés l'aurore de la régénéra-tion. -La France, pénétrée de cettevérité, désirait assurer à tous ses en-fans le degré d'enseignement qu'illeur serait possible d'atteindre. Cevoeu f,

long- temps perdu dans: nostempêtes politiques, recueilli par legénie puissant qui les calma, ce vœuse réalise enfin. L'enseignementa étérétabli dans la vérité de son principe.Une liberté compatible avec nos loislui a été rendue

j. elle recevra toute

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l'extension que peut permettre l'in-térêt social : les injustices des der-niers temps ont été réparées.

» Vos maîtres ont pu s'appliquerà leur honorable mission avec la cer-titude que leurs efforts pour la bienremplir seraientjustement appréciés,qu'ils en trouveraient le prix dans

cette conviction même, dans la régu-larité de leur avancement, dans lesprévisions qui promettraientle reposet l'indépendanceà leurs vieux jours.Tandis que les études classiques re-prennent cette: supériorité nécessaire

et dont le discours que vous venezd'entendre vous offre une éloquentè

preuve, de nouvelles sources de con-naissances -vous sont ouvertes : lenombre des chaires s'accroît dansles jacultés ; les sciences exactes etnaturelles, l'histoire, la géogra-phie, les langues' vivantes, vous ap-

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pellent à une instruction appropriéeà l'esprit de votre époque et aux car-rières diverses que vous aurez àchoisir.

» Toutefois, ne l'oubliez pas, jeu-nes élèves, à quelque perfection quele système de l'enseignement publicpuisse être amené, ce n'est que par-un entier dévouement à vos devoirs

que vous recueillerez ses fruits. L'ac-complissement des devoirs est l'obli-gation de toute la vie. Des l'âge leplus tendre

,dans la position la plus

humble comme dans la plus relevée,faire ce qu'on doit sans se laisser arrê-ter par les difficultés ou les sacrifi-ces, est le seul moyen d'obtenir lecontentement de soi-même, commel'estime des autres; et la justice de laProvidence le veut. Nous vous deman-dons une application sérieuse et sou-tenue, l'observation des règles d'une

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discipline dont l'apparente sévérité

n'est que la condition indispensable

de l'ordre-,

de l'ordre sans lequel vosefforts seraient vains, vos progrès im-possibles. Nous réclamons de vous ,

pour vos parens, cette bonne con-duite, récompense de leurs tendressoins

5 pour vos maîtres et l'autoritéqui les dirige, une confiance qui seratoujoursjustifiée; pour vos camarades,

cette sincère bienveillance qui vousvaudra des amitiés durables. Tels sont

vos devoirs; vous les remplirez.

»Un jour, s'ouvrirontpour vos lé-

gitimes ambitions, des carrières déga-

gées d'entraves ,accessibles à tous,

mais où, par cela même, il vous seraplus difficile de vous distinguer. Si

quelques-uns de vous se reposaient

sur les avantages de la fortune, sur la

haute position de leurs prochesy

sur le souvenir d'honorables aïeux,.

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qu'ils se désabusent:

le mérite,dépourvu de ces appuis, le mé-rité isolé, s'avançant par sa pro-pre force, les dépasserait bientôt:nos institutions lui assurent le rangqui lui appartient. Hâtez-vous doncde mettre à profit le temps que vouspasserez encore dans nos écoles

5il

s'écoule rapidement5

gardez-vous dele dissiper en préoccupations stériles,en illusions qui pourraient trompervos généreux sentimens, mais dont'J.'expérience viendrait trop tard voussignaler le danger. C'est par de soli-des études, par le développement ré-gulier de vos facultés morales et in-tellectuelles

, que vous préparerez àla patrie des citoyens vertueux et ca-pables de la servir dignement. Lestravaux glorieux de vos pères l'au-ront faite libre et florissante; c'estde vous qu'elle attendra le maintien

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et l'accroissement de ses prospérités j

vous ne trahirez pas son espoir. »

(Discoursprononcépour la distribution des

prix de l'université, d$vant les quatrefacultés, en 1832.)

Dans un discours latin, M. Lor~

rain,

professeur de rhétorique aucollége Louis-Ie..Gl'and, a prononcéle discours d'usage. L'orateur avaitchoisi pour texte le besoin que l'onressent aujourd'hui de revenir auxétudes anciennes. Malheureusement,dit le sthénographe, l'esprit de con-venancea empêché M. Lorrain de s'é-lever contre ce mélange des sciencesphysiques, contre ces nouvelles étu-des de la.chimie

,de l'histoire natu-

relle, qu'une manie ridicule d'inno-vation a jetéesà traversl'étudesérieuse

et véritable dee langues grecque, la*

tine et française.

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Or on a vu, dans le premier volumede cette traduction, que les corps en-seignans avaient dû conserver intac-tes les institutionslégalement fondées,et protéger par leurs suffrages les do-tations généreuses des princes et descitoyens illustres, qui avaient créé desinstitutionsutiles en faveur des scien-

ces et des lettres. Or c'est bien ici

que la fondation d'une chaire de mé.decine grecque au Collége royal deFrance, pour l'explication des textesd'Hippocrate et des pères de la mé-decine, remonte à François Ier. J'aiprouvé comment, après avoir fait defortes études, j'ai été arbitrairementprivé du fruit de mes veilles et deleur utile application à la sciencemédicale; tandis que toutes les pro-messes des législateurs, tous les dis-cours prononcés chaque année pourla distribution solennelle des prix

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dans les collèges royaux, maintien-draient philosophiquement l'ensei-

gnement des auteurs classiques, or-dinairement expliqués en grec et enlatin dans nos écoles, comme dans les

universités européennes. Les prix derhétorique de l'université de Franceétaient autrefois accordés publique-

ment aux jeunes lauréats qui avaientfait preuve des connaissances les plussolides dans l'étude du grec et du la-tin. J'ai encore entre les mains les

œuvres d'Hippocrate, en grec et en-latin, données en prix par le recteurde l'université de Paris à un jeuneélève des muses, qui, plus tard, a

parcouru avec honneur la carrière dela médecine. Veut-on faire rejailliraujourd'hui sur moi seul

, tout lediscrédit des études classiques? Quel'on s'explique nettement ; mais onne le pourrait sans calomnie, après

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avoir travaillé pendant vingt ans,commeje l'ai fait, pour la régénéra-tion de la langue grecque, parmi lesjeunes médecins; mais je dirai avecun poëte célèbre :

« Que le mensonge un instant vous outrage,» Tout est en feu soudain pour l'appuyer;» La vérité perce enfin le nuage :

» Tout est de glace à vous justifier.»

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DES LUXATIONS.

DANS l'homme, l'appareil locomoteur secoïnpose de trois sortes de parties : 10 lesnerfs, qui, dés centres nerveux , portentaux muscles les ordres de la volonté ; 20 lesystème musculaire

, assemblage de mus-cles nombreux placés çà et là dans l'éco-nomie partout où il y avait des mouvemensà produire ; 3 ' enfin le système osseux,assemblage de pièces dures, solides, quiforment la charpente du corps et sont muespar les muscles. A ces deux dernières par-ties se rattachent beaucoup d'organes di-vers; savoir : les tendons qui terminentles muscles et sont les cordons par lesquelsils s'attachent aux os ; les aponévroses, quisont de grandes toiles résistantes qui em-brassent les muscles, les soutiennent et

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préviennent leur déplacement au momentde leur contraction ; les cartilages qui re-vêtent les extrémités par lesquelles les oss articulent et se meuvent les uns sur lesautres ; les ligamens, qui sont des cordonsfibreux

,fort résistans, enveloppant les ar-

ticulations,

et tout à la fois prévenant lesdéplacemens des os par leur résistance

, etpermettant leurs mouvemens par leur sou-plesse ; les fibro-carlilages, qui, placésdans quelques articulations

, entre les deuxos qu'elles unissent, mais sans être con-tinus à aucun des deux, paraissent servirà augmenter 1 "étendue de leurs mouve-mens ; les ligamens inter-osseux, ainsinommés à cause de leur position intermé-diaire entre deux os longs, et qui serventà multiplier les surfaces pour l'attachedes muscles extenseurs et fléchisseurs desdoigts, tant ceux des mains que ceux despieds

,et à empêcher aussi le déplacement

des os bijugés ; enfin les membranes syno-viales qui fournissent dans les articula-

- tions ce fluide onctueux qui lubréfie lesJ

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extrémités articulaires des os, les rendplus glissantes

, et qu'on appelle synovie.Mais ce n'est pas immédiatement que le

• cerveau imprime aux muscles les détermi-nations de la volonté

; il en est trop éloigne :

c'est au moyen des nerfs,

qui proviennentles uns de la moelle allongée

,les autres

de la moelle spinale, et qui communiquentavec eux par l'intermédiaire de ces deuxcentres. De là

,la nécessité qu'à l'action

encéphalique s'ajoutent une action de lamoelle spinale et une des nerfs

,qui. d'elle

se rendent aux muscles. Ceci se fait enun clin d'oeil et presque aussi vile que lalumière, pour la transmission des actesde la volition ; de sorte que l'on pensegénéralement que le fluide nerveux n'estqu'une modification de l'électricité. Lesanimaux électro-moteurs sont pourvusd'appareils parfaitement distincts pourl'exercice de cette fonction, par laquelleils attaquent et engourdissent leurs enne-mis

, comme le pourrait faire une déchargedu fluide électrique ou d'une pile galva—