Larry Gambone Saint Che : La vérité derrière la légende de ...· Jean Paul Sartre Une paysanne

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  • Saint Che : La vrit derrire la lgende de lhroique gurillero,

    Ernesto Che Guevara

    Larry Gambone

  • Nous ne pensons pas que le travail ddition soit une activit linaire dans laquelle il faudrait se reposer sur une certaine facilit. Nous ne publions pas de textes parfaits, puisque la perfection nexiste pas, nous essayons seulement de nourrir une projectualit, et cela peut passer par des che-mins de traverse. Ce texte a t traduit en janvier 2013 par un membre du Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation de Caen (et dailleurs), si il contient de nom-breux dfauts, notamment ses 5 ou 6 derniers paragraphes (dont nous avons arbitrairement supprim les notes 6 et 7, que nous trouvions fortement empreintes didologie bour-geoise), il a le mrite de mettre au clair la vritable nature, profondment autoritaire du Che et de ses amis. Participant donc une partie de notre projet: en finir avec la gauche et briser ses mythes. Bonne lecture, donc.

    Mai 2015,Ravage Editions.

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    Le Che tait ltre humain le plus complet de notre poque Jean Paul Sartre

    Une paysanne allume un cierge pour le saint et prie pour que son jeune fils aille bien et que la rcolte de patate soit bonne cette anne. Ses prires, et celles des autres paysanNEs, ont t entendues auparavant disent les villageoisES. Il res-semblait vraiment Notre Seigneur gisant mort, l dans lcole racontait-elle au journaliste de la tlvision. Le nom de ce saint qui fait des miracles ? Ernesto Che Guevara !

    Ne rions pas de ces paysanNEs. Ne les regardons pas den haut depuis notre arrogance du monde dvelopp . Il ny a pas de doute que le Che intervient dans leurs vies frappes par la pauvret comme le font tous/tes les saintEs. Et qui sommes nous pour prtendre avoir une connaissance absolue du monde et de lesprit humain et de toutes ses uvres ?

    Comment le Che se sentirait-il propos de lencens et des chandelles bruls en son nom ? En tant que militant communiste et ath, il aurait congdi cela comme tant de la superstition primitive venant dun pass ractionnaire. Quelle ironie pour une telle personne de devenir un saint. Mais il ny a pas que les pay-sanNEs bolivienNEs qui ont de la vnration pour le gurillero mort. Trente ans aprs sa mort, son image est colle sur les murs de la moiti des chambres universitaires du monde. Son regard svre et asctique vous fait baisser les yeux depuis des tee-shirts et des badges innombrables. La mystique du Che Guevara est trs largement rpandue.

    Cela naide pas de demander sil mrite cette idoltrie. Au premier coup dil on peut facilement donner sans rserve une rponse affirmative. Il tait quelquun qui avait la position N2 Cuba, qui descendit pour combattre dans la jungle pour ce quil croyait tre la libration. Atteint dasthme et avec une bande minus-cule de partisans, il fut pourchass et assassin par larme bolivienne. Guevara tait galement le parfait personnage romantique beau, charismatique et sin-crement aim par les femmes. Pas un clone intellectuel et sans vie de Staline, ni un pervers secret comme Mao ou un mgalomane comme son vieil ami Fidel, mais un homme vrai. Il aurait pu sortir dun roman.

    Saint Che : La vrit derrire la lgende de lhroique gurillero,

    Ernesto Che Guevara

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    Et il ressemble au Christ gisant mort dans cette clbre photo.

    Oui, il est possible de comprendre la fascination que de nombreuses personnes, particulirement les jeunes, ont pour cet homme. Mais comprendre un phno-mne est une chose et croire quil donne une vraie image de la ralit en est une autre. Pour cela, il faut regarder au del de la mystique.

    Le jeune Che, ou Dont cry for me, Argentina

    Durant les annes de formation du Che Guevara, lArgentine tait domine par le Mouvement Proniste. Le pronisme, en grande partie une invention de la brillante femme de Pern, Eva, tait la chose la plus proche dun fascisme parfait qui ait jamais exist.

    Oubliez toute la propagande et les sottises qui se sont incrustes autour du mot fasciste . Oubliez le nazi-fascisme et le fascisme clrical de Franco et Salazar. Par fascisme jentend la vritable essence de ce qui fut un mouvement rvolu-tionnaire le fascisme de gauche.

    Le vritable et pur fascisme, comme envisag par Mussolini, surgit de laile gauche militante du socialisme italien. Il tait une tentative dimposer le pro-gramme social-dmocrate travers la dictature et la force arme. Le mouvement se passait du positivisme et de lvolutionnisme strile du marxisme orthodoxe, leur substituant une motivit romantique, un nationalisme extrme, un culte de la volont et de lhomme daction . Lobjectif tait de nationaliser lindustrie et de subordonner toutes les classes aux besoins de ltat. La classe ouvrire de-vait bnficier de cette rvolution _ mais seulement pour autant quelle demeu-rait soumise ltat fasciste. Le problme de Mussolini tait quil neut jamais le soutien de la classe ouvrire et ainsi il dut se tourner vers les classes moyennes traditionnelles. Et de fait sa rvolution demeura pour lessentiel sur le papier.

    Ce ntait pas situation laquelle les Pern faisaient face. Plus de 15 ans avant quil et elle ne prennent le pouvoir, les gnraux crasrent les puissants syndi-cats anarcho-syndicalistes et seulEs quelques vestiges en demeuraient. Les tra-vailleurs/euses taient pauvres, inorganisEs et sans voix. Eva Duarte- Pern fut capable de construire un mouvement ouvrier en remplissant un vide organisa-tionnel (et quand ctait ncessaire en crasant ses opposantEs affaibliEs). Ainsi le pronisme (le fascisme argentin) avait une base solide parmi les travailleurs/euses. Avec les encouragements de la toujours nergique Evita, le mouvement nationalisa les banques, les compagnies dassurances, les mines et les chemins

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    de fer. De ce fait, lArgentine avait probablement le plus grand secteur capitaliste dtat en dehors du rgime stalinien. Les salaires furent augments par dcrets et une foule davantages sociaux introduits pour les Descamisados (littralement les sans chemises , la classe ouvrire partisane des Pern). Mme lglise fut attaque. Le jeu anti-imprialiste fut jou lexcs, alternant entre un an-ti-amricanisme et un sentiment anti-britannique violents. Ltranger tait le bouc missaire pour tous les problmes de lArgentine.

    Che Guevara avait de la sympathie pour le pronisme et stait imprgn de la plupart de ses ides. De beaucoup de manires, il devait demeurer sous le charme de lidologie proniste toute sa vie. En 1955, aprs quil ait opt pour Staline, il pouvait galement affirmer que nous devons donner Pern tout le soutien possible (p. 127)1. Quand Pern tomba (il fut renvers par un coup dtat militaire dinspiration national-catholique en 1955), il dclara : Je confesse en toute sincrit que la chute de Pern me rendit profondment amer LArgen-tine tait le paladin de tous ceux qui pense que lennemi est au Nord (p. 182). Durant la rvolution cubaine, le Che appelait ses nouvelles recrues dans la gu-rilla Les descamisados (p. 231), le nom que Pern donnait ses partisans.

    Cette affection pour le pronisme ne cessa jamais. Le Che raconta Angel Borlen-ghi (lancien ministre de lintrieur de Pern) en 1961 que Pern tait lincarnation la plus avance de la rforme politique et conomique en Amrique Latine2. En 1962, le Che dclara que les pronistes devaient tre inclusES au sein du front rvolutionnaire argentin. Fidel demanda Pern de visiter Cuba. John Cooke, le reprsentant personnel de Pern visita Cuba et loua la rvolution (p. 539).

    Les racines fascistes de la conception du monde du Che

    On peut voir linfluence proniste (et gnralement fasciste) dans de nombreux aspects de la vie du Che. Concernant ce qui tait ncessaire pour faire une r-volution, le Che croyait que Ce qui tait requis pour faire des progrs poli-tiques tait une direction forte et dtermine utiliser la force (p. 50). Le Che ne fut jamais proccup par les manires dictatoriales et autocratiques de

    1 Les chiffres entre parenthses se rfrent aux pages de Che A Revolutionary Life de John Lee Anderson, Grove Press NY, 1997. Cest la biographie dfinitive de Guevara, qui contient une documentation jusquici inaccessible. Le travail dAnderson a t atta-qu par des critiques comme une hagiographie . Il a de la sympathie pour le Che et une partie de lidologie qui la motiv. Mais cela sert rendre les citations encore plus dvastatrices pour limage mythique.

    2 The Cuban Revolution A Critical Perspective, Sam Dolgoff, Black Rose Books, Montral, p. 27

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    Fidel. Il croyait que la vritable rvolution pouvait seulement tre mene bien par un homme fort (p. 319).

    Il avait galement lobsession fasciste pour la volont le pouvoir de la volont triomphera de tout La destine peut tre accomplie par la volont Mourir, oui, mais cribl de balles un souvenir plus durable que mon nom est de com-battre pour mourir en combattant . Ainsi crivait Ernesto Guevara 18 ans en 1947 (p. 44). Ce ntait pas seulement juste un mlodrame dadolescent. lge de 25 ans, alors quil tait au Guatemala, le Che eut une rvlation sur laquelle il crivit : Et je vois comment je meurs comme un sacrifice la vritable rvolution standardisante des volonts maintenant mon corps se tort, prt au combat, et je prpare mon tre comme sil tait une place sacre afin que le hur-lement bestial du proltariat puisse rsonner (p. 124).

    Lidologie fasciste carte la modration et le compromis rationnel avec m-pris, voyant cela comme de la faiblesse et de la dcadence. Pour le Che, la mo-dration tait quelque chose qui devait tre vite tout prix et tait lune des plus excrables qualits. Non seulement je ne suis pas un modr, jessayerai de ne jamais ltre et quand je reconnais que la flamme sacre en moi a t rduite une timide lumire votive, le moins que je puisse faire cest de vomir sur ma propre merde crivit-il en 1956 (p. 1 99). Des annes aprs, il exprima lo