L'Âge d'or des corsaires, 1643-1815, Morlaix - Paimpol - Bréhat - Binic

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Jean-François Jacq s’attache à rechercher l’influence possible de Saint-Malo et de Morlaix sur la naissance de la tradition corsaire à Paimpol. Il montre combien les débuts furent modestes et les résultats peu brillants. Puis le rôle de Bréhat apparaît décisif. En effet, ses capitaines qui naviguent au cabotage ou embarquent pour la pêche à la morue à Terre-Neuve, connaissent parfaitement la région... et peuvent aisément se cacher ou échapper à leurs ennemis. À la lecture de cet ouvrage très documenté (l'auteur a puisé dans de multiples archives), on comprend que si l’image du corsaire débarquant sur le quai les poches remplies de pièces d’or continue de s’imposer, la réalité était tout autre.

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  • Lge dor des corsaires

    1643-1815 / Morlaix - Paimpol - Brhat - Binic

    Jean-Franois JacqPrface de Patrick Villiers

    ditions Apoge

    La clbrit de Saint-Malo, cit corsaire, a

    longtemps clips le rle des autres ports de

    la cte nord de la Bretagne, dans la guerre de

    course. Pourtant, une telle activit y existe ds

    le xve sicle, avec lle de Brhat pour point

    dancrage. la fin du xviiie sicle, les liens les

    plus entreprenants essaiment sur le continent,

    Paimpol, Binic, Saint-Malo, Morlaix et mme

    Bordeaux, o ils deviennent armateurs succs

    et notables.

    Les bateaux, les armements, les gains (et les

    pertes!), le droulement dune course et le sort

    des prisonniers, Avec rigueur et passion, lau-

    teur rend justice ces oublis de la grande

    histoire maritime.

    Aprs une riche vie de chef dentreprise, Jean-Franois Jacq est reve-nu sa passion : la mer. Ancien officier de marine, il a parcouru le

    monde en bateau et vit aujourdhui entre Paris et Paimpol. Polytech-nicien, diplm dune matrise dhistoire, il a puis dans lhistoire de ses aeux (des capitaines au long cours et un corsaire de Napolon) et dans des archives indites, pour rassembler dans ce premier ouvrage de nombreuses annes de recherche.

    ditions Apoge - 20 TTCISBN 978-2-84398-398-6

    www.editions-apogee.com

    L

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  • Jean-Franois Jacq

    Lge dor des corsaires1643-1815

    Morlaix Paimpol Brhat Binic

    Prface de Patrick VilliersProfesseur des Universits

    ditions Apoge

  • Rose

  • 7Sommaire

    Prface de Patrick Villiers. Paimpol cit corsaire ? 11Avant-propos. la recherche de Joseph Hamon,capitaine corsaire de Paimpol 17

    Chapitre i. La naiSSanCe dune tradition maritime 23

    1. Au cur de la Manche 232. Naissance dune tradition maritime 29

    2.1. Au temps des moines 292.2. La guerre de Cent Ans bretonne 312.3. Les dbuts de la pche Terre-Neuve 312.4. La guerre de la Ligue 322.5. Lge dor breton 33

    Chapitre ii. La vie maritime danS Le GoLo SouS LouiS Xiv 35

    1. La Bretagne vers 1650 352. Le Golo au xviie sicle 37

    2.1. Une population riche et dynamique 372.2. Lactivit maritime 39

    2.2.1. Paimpol, une ville de marchands 2.2.2. Brhat, une tradition de pche 2.2.3. La modestie de Saint-Quay-Portrieux 2.2.4. Binic et la pche

    2.3. Les atouts de Brhat 47

    Chapitre iii. La CourSe en BretaGne 53

    1. La course et les corsaires 531.1. Les origines : du droit de reprsailles la course 531.2. La mise en place progressive dun statut 54

    2. La course Saint-Malo 572.1. La guerre de course sous Louis XIV 57

  • 82.2. La guerre de course sous Louis XV 612.2.1. La guerre de Succession dAutriche (1740-1748) 2.2.2. La guerre de Sept Ans (1756-1763) 2.2.3. La guerre dIndpendance (1778-1783)

    3. La course Morlaix 663.1. Le dveloppement du port 673.2. Lactivit corsaire Morlaix 69

    4. Les premiers armements du Golo 714.1. Les armements corsaires sous Louis XV et Louis XVI 734.2. Le Serpent 76

    Chapitre iv. de La rpuBLique Lempire,LapoGe de La CourSe en GoLo, 1795-1815 81

    1. Limportance de la course et son impact dans le Golo 811.1. Les atouts de la situation 821.2. Le rle du tribunal de commerce 871.3. Le Golo arme la course (1795-1815) 90

    2. Le droulement dune course 952.1. Le choix du thtre des oprations 952.2. Trafics et cargaisons 962.3. Les prises 982.4. Gains et pertes 1022.5. Le devenir des prisonniers 1052.6. Des bilans contrasts ? 105

    Chapitre v. un SuCCS CorSaire : BiniC 107

    1. Les courses du Requin 1082. Les courses de Llonore 1113. Les courses de LEspadon 131

    Chapitre vi. LeS dynaStieS darmateurS 137

    1. Les Le Pommelec 1392. Les Cornic 1423. Les armateurs de Paimpol 148

    3.1. Les Lambert 1483.2. Les Corouge 149

  • 83.3. Les armements Lambert et Corouge au xviiie sicle 1503.4. La maison des corsaires 1523.5. Laccs aux honneurs 1553.6. Dautres familles darmateurs 156

    Chapitre vii. CapitaineS et quipaGeS 159

    1. Le systme des classes 1591.1. Les officiers mariniers 1611.2. Les quipages 1611.3. Principes du systme des classes 1621.4. Mise en place du systme des classes 163

    2. Le systme des classes dans le Golo 1652.1. Des capitaines 168

    2.1.1. Nicolas Le Gonidec 2.1.2. Les Scolan

    3. La capture des corsaires et la vie des prisonniers 1733.1. La situation des officiers prisonniers 1743.2. La vie sur les pontons 1763.3. Les vtements 1763.4. Lactivit des dtenus 177

    ConCLuSion. La CourSe tait-eLLe rentaBLe ? 181

    Annexes 187 Table des illustrations 237Index des noms gographiques 239Index des noms de famille 241Index des noms de bateaux corsaires 243Glossaire 245Bibliographie 251Remerciements 253

  • 11

    prfaCe

    de Patrick Villiers

    Paimpol cit corsaire ?

    Cette appellation est le plus souvent attribue avec raison Dunkerque et Saint-Malo. Les archives nous permettent daffir-mer, par exemple, que pendant la guerre de Succession dEspagne, les Franais font 6 587 prises ou ranons dont 726 prises et 2 400 ranons pour la cit de Jean Bart et 683 prises et 203 ranons pour la cit de Duguay-Trouin 1. Les deux villes, elles seules, font plus de 60 % des captures cependant, on trouve des corsaires* 2 arms dans les ports de Mditerrane comme de lAtlantique, des Antilles comme du Canada. La plupart des ports franais ont arm en course* du xvie sicle 1815 toutefois, la hirarchie des ports corsaires varie fortement dun sicle lautre. On peut dailleurs dire la mme chose des ports corsaires des Provinces-Unies, dEs-pagne ou de Grande-Bretagne.

    Comme Jean-Franois Jacq nous le montre, Paimpol nentre vritablement dans lpope corsaire quau xviiie sicle et plus prci-sment dans la seconde moiti du sicle. cette poque, la course apparat comme un phnomne essentiellement europen et stricte-ment encadr sur le plan juridique. Tel na pas toujours t le cas.

    Revenons sur la dfinition du corsaire, si souvent confondu, hier comme aujourdhui, avec le pirate. la fin du Moyen ge, lEurope de la mer sentend sur un certain nombre de lois et de pratiques maritimes que lon regroupe raison sous le nom de code dOlron. Ds 1400, le mot corsaire et une premire dfinition juridique apparaissent dans des textes de lois. Simultanment le mot pirate est reprcis. Les pirates et les forbans sont des gens sans foi ni loi et par extension, est pirate quiconque ne porte pas de pavillon. Ainsi

    1. Patrick Villiers, Les Corsaires, Paris, Gisserot, 2008.2. Les mots en italique, suivis dun astrisque, renvoient au glossaire situ en fin douvrage.

  • 12

    apparat une notion essentielle : tout navire en Europe doit avoir un pavillon de nationalit et prouver do il vient et o il va. En dcoule trs rapidement le passeport avec ses corollaires financiers : taxes portuaires dentre et de sortie, droit dancrage, etc., qui font le bonheur des seigneurs bordiers.

    Plus le trafic maritime se dveloppe, plus les autorits de tutelle des ports senrichissent sans pour autant participer la police des mers. Car on ne le dira jamais assez, tout navire, mme de quelques tonneaux*, cote cher. tre capable de faire rgner la paix sur mer et de protger ses citoyens implique une flotte de guerre que pratique-ment personne ne possde. Nat donc le droit de reprsailles*. Le suzerain ne pouvant rendre la justice lui-mme dlgue son vassal le droit de faire justice par la lettre de marque*. Par extension, partir du xvie sicle, le droit dtre corsaire est prouv par la posses-sion dune lettre de marque.

    Ainsi ds sa naissance, le corsaire est une rponse du faible au fort. Le suzerain incapable davoir une puissance maritime suffi-sante dlgue, en temps de guerre, le droit rgalien un particulier de faire la guerre.

    La dfinition du corsaire est ainsi trs simple et sans confusion possible. Le corsaire armateur, navire, capitaine, quipage est un particulier autoris faire la guerre dans un cadre strictement rglement : seule lattaque dun ennemi est autorise, il est interdit de sen prendre un neutre. La vente de la prise ou le paiement de la ranon ddommage larmateur qui partage le bnfice ventuel entre les actionnaires (deux tiers), et lquipage (un tiers). En dpit de ce que lon trouve trs souvent crit, ceci ne remonte pas Colbert et son ordonnance de 1681. Tout est codifi dans le droit europen ds le dbut du xvie sicle. Les guerres de religions en Europe et en France notamment avec les corsaires protestants de La Rochelle puis la guerre de 80 ans entre lEspagne et les Provinces-Unies amnent dfinir le rebelle qui passe de terroriste, de pirate ou gueux de mer au statut de rsistant, puis celui dinterlocuteur signant un trait partir des annes 1580-1600.

    La rapidit extraordinaire avec laquelle les gueux de mer hollandais deviennent les matres de la mer du Nord, puis de la Baltique puis de locan Indien en crant la Compagnie des Indes hollandaises, la clbre VOC, amne lEspagne encoura-ger Dunkerque des corsaires suppltifs dune marine de guerre

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    espagnole courageuse mais incapable de gagner la guerre sur mer. Il revient encore aux Espagnols dinventer la stratgie corsaire, cest--dire pour une marine de guerre, capturer les navires ennemis et les revendre au profit du souverain au lieu de les dtruire. Ce sont ces mmes Espagnols qui, avec lamiral Colaert, ex-capitaine corsaire anobli par le roi dEspagne, proposent en 1638 de dtruire la flotte de pche hollandaise pour affamer les Provinces-Unies. Cette stratgie sera largement reprise par la marine de guerre franaise sous Louis XIV, de Colbert aux Pontchartrain. Elle nest en aucun cas applique par les corsaires particuliers dont le seul profit