L’archive du mois de juin · PDF file 2019. 7. 30. · L’achive du mois...

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  • L’archive du mois de juin 2018 !

    1

    Lumière sur…

    Le marché de Piraillan

    Les Archives municipales de Lège-

    Cap Ferret ont pour vocation de

    conserver les archives publiques,

    mais aussi des documents privés,

    uniques et parfois personnels. Tous

    les mois, découvrez un document

    inédit sur votre commune ! Par son

    intérêt historique, son aspect

    esthétique, ou son originalité, ce

    document témoigne de la mémoire

    locale.

    e nos jours, la Presqu’île de Lège-Cap Ferret compte 4 marchés couverts (Lège, Claouey,

    Piraillan, Cap Ferret). Dans les années 1960, il n’y en a qu’un, celui de Claouey. La

    commune de La Teste, dont dépend la partie sud de la Presqu’île à cette époque, décide

    d’édifier un marché couvert au village de Piraillan en 1966.

    Le marché de Piraillan est reconnaissable entre mille grâce à sa toiture unique en forme de

    vague. Mais savez-vous qu’il a bien failli avoir un tout autre visage ?

    A l’occasion de la prochaine ouverture du marché de Piraillan pour la saison 2018, nous vous

    racontons l’histoire de ses deux projets de construction.

    D

    Avant-projet du marché de Piraillan dressé par Michel Baubault, avril 1966

  • L’archive du mois de juin 2018 ! 2

    Le projet Baubault

    Le 10 février 1966, le Conseil Municipal de la Teste choisit Michel Baubault, domicilié sur la

    commune, comme architecte pour exécuter le projet d’un marché couvert dans la section du

    Canon. Mr Baubault gère un cabinet d’études à Bordeaux. Ses autres bureaux sont situés aux

    56 avenue St François Xavier au Pyla et 3 boulevard Beaumarchais à Paris, 4ème

    arrondissement. En mai 1966, il présente son avant-projet du marché couvert de Piraillan. Le

    bâtiment sera construit sur un terrain appartenant à la commune de La Teste au lotissement

    Bordes, situé en retrait de la route principale, à proximité de la chapelle de Piraillan.

    Emplacement du futur marché de Piraillan, 01/01/1968, argentique IGN (Remonter le temps)

    D’après cet avant-projet, le futur marché sera d’une surface totale couverte de 1 700 m²

    (50m x 34m). La hauteur sous faîtage sera de 6 mètres, la partie la plus basse fera 3m20 de

    haut et la partie haute des auvents mesurera 4m20 de haut. La charpente en bois cloué, en

    sapin du Nord, prendra appui sur 10 poteaux en béton. Michel Baubault s’est renseigné

    auprès de diverses entreprises de construction au sujet de la forme de charpente si

    particulière qu’il envisage : l’entreprise de menuiserie-charpente Charles Frères basée à

    Saint-Martin-de-Bouillac (Aveyron), spécialisée dans le lamellé-collé ; la société Rousseau

  • L’archive du mois de juin 2018 ! 3

    Frères, charpentiers à Tonneins (Lot-et-Garonne)1. Des auvents de 5 mètres sur les façades

    latérales protégeront les étalages ambulants. A l’intérieur, le pourtour du marché sera

    composé de bancs fixes en béton tandis que le centre restera libre pour permettre la mise

    en place de bancs amovibles. Des alvéoles seront aménagées en sanitaires, chambres

    froides, bureau du placier et dépôt de matériel. D’après l’avant-projet, le montant estimatif

    de Mr Baubault, daté du 18 mai 1966, s’élève à 299 000 francs pour la construction seule et

    337 960 francs au total (construction, branchements et divers, honoraires).

    Avant-projet du marché de Piraillan dressé par Michel Baubault, avril 1966

    Lors du Conseil Municipal du 20 juin 1967, plusieurs évènements vont bouleverser le projet

    du marché de Piraillan. Lecture est faite de la lettre du Colonel Legrand, conseiller municipal,

    qui ne peut assister au Conseil, étant retenu à Paris : il s’oppose au projet du marché à

    300 000 francs, « estimant qu’une pareille construction pour une population autochtone

    d’environ mille personnes est exagérée. Une centaine de mille francs devrait à mon sens

    suffire ». Mr Baubault, pour des raisons personnelles, a dû quitter la région et ne pourra plus

    assurer le projet de marché. L’étude et l’élaboration du projet de construction est alors

    confié à Jean-Claude Moreau, architecte à Bordeaux et membre du groupement AGORA.

    1 On retrouve dans les archives des prospectus de ces deux sociétés. 1° Une photographie des halls Charles de Rodez (1966-2007), créés par l’entreprise Charles Frères et nommés en hommage à Édouard Charles, meilleur ouvrier de France en 1927, et inventeur du principe des charpentes en bois lamellé-collé. 2° Prospectus de la société Rousseau Frères présentant divers modèles de chalets construits sur la Presqu’île et leur centre de préfabrication de Tonneins. Les halls Charles de Rodez et le centre de préfabrication de Tonneins sont tous deux à ossature en bois courbe.

  • L’archive du mois de juin 2018 ! 4

    Le projet AGORA

    L’AGORA (Ateliers Groupés pour l’Ordonnancement de la Recherche Artistique) est un

    groupement d’intérêt économique, créé au début des années 1960, composé des architectes

    Jean-Claude Moreau, Patrick Maxwell, Francis Duclos, Jacques Heim, André Morier, Bernard

    Pagès, Jean-Pierre Faugeron, des maîtres d’œuvre en bâtiment Jacques et Pierre Debaig, le

    métreur vérificateur Pierre Bereau. Cette agence a réalisé de nombreux bâtiments en

    Gironde, notamment dans la région bordelaise (consulat du Portugal à Bordeaux) et sur le

    Bassin d’Arcachon (maison de vacances au Pyla). Elle est également à l’origine de diverses

    villas aux villages du Canon et de L’Herbe construites dans les années 1960.

    En mai 1967, Jean-Claude Moreau présente un avant-projet semblable au précédent,

    comme il l’explique à M. Techoueyres, adjoint spécial du Canon, dans une lettre du 20 mai

    1967 : « comme vous pourrez le constater, nous avons conservé, dans ses grandes lignes,

    l’avant-projet établi par Monsieur Baubault. Cependant, l’étude technique chiffrée nous a

    conduit à une autre forme de charpente. ». La toiture, toujours à ossature de bois, est

    désormais courbe grâce à la technique du lamellé-collé. Les dimensions du marché ont

    également changé : 48m10 de long sur 35m22 de large, 6m50 en hauteur totale et 2m80

    pour la partie haute des auvents. Le projet, moins onéreux, est estimé à 276 312 francs pour

    la construction seule.

    Avant-projet du marché de Piraillan dressé par Jean-Claude Moreau, 1967

  • L’archive du mois de juin 2018 ! 5

    L’adjudication des travaux est lancée le 28 décembre 1967. Trois entreprises concourent

    pour la réalisation du marché : l’entreprise Courcellas de Bègles, l’entreprise Solis du Canon

    et l’entreprise Sté Etienne Martin et fils du Cap Ferret. Le 9 janvier 1968, les édiles testerins

    suivent le conseil de l’architecte qui a choisi « la proposition la plus intéressante », celle de

    l’entreprise Solis (estimation à 357.710 francs au total). Les travaux débutent dès le début de

    l’année 1968. Lors d’une visite de chantier le 8 mars 1968 à laquelle assistent MM. Moreau,

    Maxwell, Reyraud2 et Techoueyres, une partie des semelles de fondations est coulée. M.

    Téchoueyres souhaite la livraison du bâtiment pour le 15 juin 1968.

    Le marché de Piraillan en 1968

    Le marché couvert de Piraillan ouvre donc pour la saison estivale 1968. Nous avons pu lister

    les tout premiers commerçants d’après des contrats de concession de bancs :

    Castagnède Jeannine, poissonnerie et coquillages, bancs n° 1 et 2

    Barrau Roger, vente de fleurs, banc n°1 A

    Gaston Quintin, vente de fruits et primeurs, banc n° 2 A

    Techoueyres Robert, vente d’huîtres, banc n°3

    Rivière Albert, vente de poissons et de crustacés, banc n°4

    Desjardins René, vente de fleurs, banc n°4 A

    Paris Robert, vente de fruits et légumes, bancs n°5 et 7

    Laborde Jean, vente de fleurs, banc n°5 A

    Lussan André, vente de poissons, bancs n°6 et 11

    Operie Bernard, vente de fruits et légumes, bancs n°8 et 12

    Paris André, vente de fruits et légumes, bancs n°9 et 10

    Deshais, Michel, vente de fruits et légumes et vins fins, bancs n°13 et 14 + 1 réserve

    Godet Raymond, vente de fruits et légumes, bancs n°15 et 16

    Vannest Michel, vente de triperie et de volaille, banc n°18

    Fournier Robert, boucherie, banc n°19 + ½ réserve

    Lagueyte Denise, charcuterie, banc n°20 + ½ réserve

    Labadie François, boucherie et charcuterie, bancs n°21 et 22 + réserve

    Paul Jean, boucherie et charcuterie, bancs n°23 et 24

    Rivet Jean, rôtisserie, plats cuisinés, volailles, banc n°25 + réserve

    Douet Jeannine, alimentation générale, banc n°26

    Foret Jean, biscuiterie, gâteaux secs et crémerie, bancs n°28 et 29

    Société Fantobo, pâtisserie, confiserie, glacier, banc n°30

    Société Fantobo, pâtisserie, confiserie, glacier, banc n°31

    Maumy Jean-Pierre, alimentation général