La publication scientifique aujourd'hui : financement, usages ...

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    La publication scientifique aujourdhui : financement, usages numriques

    DIST Etude 4/ juin 2015

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    TITRE I Financer la publication scientifique .. 4 TITRE II Le halo numrique de lIST25

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    TITRE I

    Financer la publication

    scientifique

    Le "Lecteur et/ou lAuteur ? Evolutions, Alternatives

    Observations de la DIST

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    Table des matires

    Prambule .................................................................................................................................................... 6

    Un systme au milieu du gu .............................................................................................. 6

    Rsum ........................................................................................................................................................ 7

    Le Lecteur et / ou lAuteur ? ....................................................................................................................... 7

    Scuriser le financement de publication scientifique .............................................................................. 9

    Un nouvel acteur de la dpense : lauteur .......................................................................... 9

    Lexposition de la recherche aux APC : une valuation en cours .................................................. 9

    Le besoin dune vision stratgique ......................................................................................................... 10

    Le flou : une asymtrie entre abonnements et APC................................................................. 10

    Open Access avec APC : une moiti seulement des journaux OA ............................................. 11

    Paiement des APC : une corrlation mdiocre avec la qualit des journaux ...... Erreur ! Signet non dfini.

    Le difficile consensus entre le lecteur et lauteur : une corrlation ingale des deux marchs dans les grands accords nationaux ................................................................................................. 13

    OCDE : les choix du Royaume Uni et les Pays Bas sont atypiques ............................................. 13

    Une proposition trop rigide: les diffrences dAPC entre disciplines ............................................. 14

    Alternatives: quelles orientations proposer pour le travail avec Couperin ? ....................................... 15

    Internet et lOpen Access : paramtres dvolution de ldition scientifique numrique ..................... 15

    Le CNRS est plac en position dinitiative ............................................................................. 17

    Associer pleinement Couperin aux initiatives ......................................................................... 18

    Propositions finales .................................................................................................................................. 19

    Les solutions proposer .................................................................................................. 19

    Annexe : Une gopolitique des APC ...................................................................................................... 20

    Position des Etats Unis :............................................................ Erreur ! Signet non dfini.

    La situation au Royaume Uni, aux Pays Bas .......................................................................... 21

    Projets en Allemagne et place de Springer ........................................................................... 22

    Green et Gold Open : la comptition.................................................................................... 22

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    Prambule

    Un systme au milieu du gu

    Ldition scientifique internationale est entre dans une phase deffervescence. Les prises de position

    des diteurs et des communauts de chercheurs se multiplient sur les alternatives offertes aux

    tablissements de recherche pour le financement de la publication scientifique: financement "par

    lauteur (APC) pour certains (anglais, nerlandais, amorce de position allemande), pour dautres une

    position conciliant le financement par le lecteur (abonnements) et par lauteur (Etats Unis, Canada,

    OCDE).

    Une clarification globale est construire.

    Sur le fond, la question peut snoncer comme suit. A lheure numrique, le systme de financement

    de la publication est au milieu du gu: on ne peut plus laisser financer le systme par les seuls

    abonnements, par le choix des seuls bibliothcaires (paiement par les lecteurs - puisque le financement

    de la publication dborde largement de ce primtre - mais on ne peut pas davantage sen tenir au

    financement par les auteurs, par les seuls choix de paiement dAPC par les laboratoires, puisque ce

    choix est loin de contenir toute lalternative aux abonnements, tout en tant trs ingalement rparti

    entre disciplines et entre pays.

    Sil peut exister une quivalence comptable globale entre ces deux solutions (ce qui reste encore

    dmontrer au regard du poids des financements externes), celle-ci ne repose ni sur les mmes

    critres, ni sur les mmes circuits de dcision, ni sur les choix dun dcideur unique.

    Admettre par hypothse que lun quivaut lautre sans rflexion pralable sur de nouveaux principes

    combinant les choix venir des bibliothques (financement par les lecteurs) et des communauts de

    chercheurs (financement par les auteurs l o celui-ci se ralise), cest faire le jeu des seuls acteurs

    qui ont intrt au fragile statu quo actuel: les financiers des grands diteurs.

    Prendre de la hauteur et susciter une discussion globale peut se concevoir en sappuyant sur certains

    des principes affirms dans H2020, et partags dans le cadre de Science Europe et de lERC, pour

    apprhender dans sa globalit le service rendu par ldition scientifique (financement de ldition

    scientifique internationale, service dOpen process correspondant aux APC, conditions de la rvision

    par les pairs lheure numrique, text mining, proprit intellectuelle), en runissant tous les acteurs

    (autorits publiques, diteurs, c hercheurs): cest ce que vient de recommander lOCDE, dans le

    sens de points de vue rcents de lERC.

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    Rsum

    Le Lecteur et / ou lAuteur ?

    Comme d'autres ngociations nationales qui viennent de s'achever (Pays Bas, Royaume Uni), la

    ngociation nationale propose par Couperin (ngociation Springer) vise scuriser l'volution de la

    dpense paye aux grands diteurs de sciences, et la stabiliser. Cette dpense menace actuellement

    de s'accroitre rapidement: d'un ct, en effet, les tarifs d'abonnement (paiement par les lecteurs) se sont

    accrus fortement, de l'autre, les diteurs ont mis en place des APC (Article Processing Charges) permettant

    aux chercheurs la libre disposition immdiate de leurs articles (paiement par les "auteurs") sans sexposer

    aux dlais "d'embargo" actuellement imposs par les grands diteurs (de 6 18 mois).

    En ngociant en France une corrlation entre ces deux systmes de dpenses, paiements par les lecteurs

    et paiements par les auteurs, en vue de leur plafonnement global, le risque existe de figer un systme

    ingalement oprant de gestion bibliothcaire, assez diffrent de celui des pays voisins (les systmes

    anglais et nerlandais tant trs particuliers et spcifiques): les attentes des "lecteurs" et les

    contraintes des "auteurs" ne concident en effet qu'ingalement d'une discipline et / ou d'un pays

    l'autre, cependant que l'addition de solutions nationales spares contient le risque dune

    balkanisation de l'IST.

    Pour faire face l'volution du modle technico-conomique de l'dition scientifique, qui est rapide,

    forte, diversifie vers les services d'analyse numrique, comme l'a rcemment montr la DIST1, il est

    essentiel, la fois de maitriser l'volution des APC dans les stratgies engages par les communauts de

    recherche concernes (le CNRS participe aux premires grandes actions internationales dans ce sens,

    comme SCOAP3 en physique des particules), mais galement d viter de lier prmaturment ces

    actions spcifiques une approche globale des relations avec les diteurs, et donc avec Springer.

    Lincertitude subsiste sur la solidit et la justification conomique du modle global : les tudes

    disponibles rcentes (2014 et 2015) montrent par ailleurs la grande fragilit des corrlations entre les

    niveaux actuels dAPC pratiques par les grands diteurs, et la qualit des publications et articles

    qui y correspondent. Plus gnralement, les modles sont le plus souvent opaques. Peter Gruss,

    Prsident de la Socit Max Planck, ne dit rien dautre quand il dclare : Instead of the black box of

    subscription price calculations, we need models based on actual publication costs and characterized by

    transparency and sustainability , en finanant de vritables modles de publication en Open Access.

    (10e anniversaire de la Dclaration de Berlin sur lOpen Access)

    1 DIST Etudes, Avril 2015: "L'Edition de sciences l'heure numrique: dynamiques en cours (2015)" http://www.cnrs.fr/dist/z-outils/documents/Distinfo2/DISTetude2%20%282%29.pdf

    http://www.cnrs.fr/dist/z-outils/documents/Distinfo2/DISTetude2%20%282%29.pdf

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    Une stratgie globale, dont Couperin souligne juste titre qu'elle est indispensable et urgente, doit reposer

    avant tout sur une concertation nationale, europenne et internationale entre diteurs et entits de

    science publique, dans les enceintes o cette concertation est en cours (Science Europe, European

    Research Council (ERC), H2020, mais galement au Global Research Council).

    L'objectif atteindre est celui d'une scurisation globale sur tous les paramtres dvolution vers la

    science ouverte. Faute de cette scurisation globale, la juxtaposition des "ngociations" nationales, dont

    les contenus et les rsultats ne sont aujourdhui pas rvls, place les diteurs en situation d'arbitres de la

    circulation de l'IST numrique. Cette situation contient le risque, comme lobserve lOCDE, du chacun

    pour soi, de la confusion et du morcellement des collaborations scientifiques internationales, sous

    le jeu dintrts ditoriaux trangers au partage des rsultats de la recherche publique.

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    Scuriser le financement de publication scientifique

    Une hypothse stratgique rpandue est que les dpenses des lecteurs et les dpenses des auteurs

    sont substituables et que la transition vers lOpen Access conduira remplacer la dpense du

    lecteur par celle des auteurs, faute de quoi la dpense des auteurs connaitrait une croissance

    incontrle et menacerait gravement laccs des disciplines la publication et / ou, simultanment, les

    capacits des tablissements faire face aux cots des APC.

    Un nouvel acteur de la dpense : lauteur

    Le dbat sur le libre-accs se focalise aujourdhui de faon insistante sur lconomie des APC. Les APC

    sont le fondement du modle conomique dit de Gold OA et sont exiges des diteurs pour publier en

    libre accs, soit dans des revues qui sont en OA natif , soit dans les revues sur abonnement. Ces

    dernires permettent toutes dsormais au chercheur publiant de voir, moyennant le paiement dAPC levs

    et trs diffrencies (de 1000 10 000 euros), son article immdiatement accessible en libre accs sur le

    site de lditeur et / ou une archive ouverte. Ce modle de publication en OA dans des revues sur

    abonnements est dnomm modle OA hybride .

    Lexposition de la recherche aux APC : une valuation en cours

    Le financement gnral par APC est difficilement envisageable pour le CNRS et pour la recherche en

    gnral. A titre dexemple, la gnralisation de lOpen Access Gold aurait pour le CNRS (et plus

    largement pour les organismes de recherche publics franais) des cots peu soutenables.

    Selon les dcomptes actuels de lINIST, les achats de ressources documentaires du CNRS sont aujourdhui

    de lordre de 15 M par an. Par ailleurs, les chercheurs du CNRS publient annuellement en revues un

    nombre darticles de lordre de 43 000 units. Si lon fait lhypothse extrme qu terme tous ces articles

    soient publis en OA sur la base dun montant dAPC de 2200 par article (moyenne constate chez

    Springer) le cot du Gold Access gnralis support par le CNRS serait de 94,6 M, soit 6 fois plus que

    les budgets dabonnements actuels.

    Si on fait lhypothse plus raliste que seuls un tiers des chercheurs co-publiants du CNRS sont les

    auteurs de correspondance et que seuls ceux-ci sont amens sacquitter des APC, le budget du CNRS

    serait appel se situer autour de 31,5 M, soit le double du budget dachat de ressources documentaires

    actuel. Dans le cadre de sa stratgie IST, la DIST mne actuellement des simulations sur les budgets

    prsents et prvisionnels dAPC : ces rsultats dtaills seront communiqus au DGDS avant fin

    juin.

    Ces premiers chiffres ci-dessus permettent dapprocher les volutions de moyen terme sur lesquelles un

    positionnement solide doit tre trouv: premier organisme publiant mondial, le CNRS deviendrait, dans un

    modle de Gold Open Access pur , lun des tout premiers voire le premier contributeurs au

    financement de la publication scientifique, puisque le Gold OA fait peser sur les chercheurs et leurs

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    organismes de rattachement les cots de la mise disposition en libre accs des rsultats de la

    recherche.

    Le besoin dune vision stratgique

    Avec un complment dexpertise rassembl la DIST (direction, INIST, experts extrieurs, instituts), il

    apparat ncessaire de complter lapprciation stratgique fournie par Couperin : cette apprciation

    parat en effet devoir tre affine dans les ngociations en cours comme de toute autre ngociation du

    mme type, en ltat actuel de linformation et de lorganisation de lESR franais. Une troisime partie

    proposera de nouvelles pistes de travail, y compris dans le cadre de Couperin.

    La DIST utilisera ci-aprs les tudes et articles de rfrence dans la littrature analytique spcialise

    internationale rcente (centres de recherche, OCDE, cabinets conseils internationaux).

    Le flou : une asymtrie entre abonnements et APC

    Si leur dveloppement est aujourdhui rapide, les APC sont encore loin de faire jeu gal avec les

    abonnements : ngocier lun et lautre en corrlation, peut difficilement provoquer une relation de

    compensation globale et symtrique.

    Le march de ldition scientifique de recherche dans son ensemble (y compris lOpen Access) est lui

    valu 12,8 Md.$ et enregistre une croissance annuelle de 1 2%. LOpen Access Gold (march des

    APC) ne reprsente donc aujourdhui que 2,3% du march de la publication scientifique. Mme en tenant

    compte des dynamiques dvolution diffrencies de ces deux segments de march, les projections

    montrent qu un horizon de 10 ans (2024) les APC ne reprsenteraient que 26,5 du march de

    ldition de recherche.

    Malgr les stratgies des diteurs dans le dveloppement doffres en Open Access (lire plus loin)

    labonnement restera bien une modalit daccs importante aux publications scientifiques. Et les budgets

    dAPC consentis par les organismes de recherche, dont le CNRS, viendront invitablement sajouter des

    budgets dabonnement levs quil faudra maintenir.

    Le march des APC 2014 a t estim 300 M$ mondialement par le cabinet dtudes spcialis amricain Simba Information2 et afficherait dans les annes venir une croissance de 30% par an.

    En toute hypothse, le modle de labonnement persistera durablement, mme dans un contexte de

    rapide progression de lOA. Dans ce contexte, le double dipping (paiement par les organismes

    de recherche des abonnements et de volumes dAPC), comme lobserve trs justement Couperin, est

    un risque avr et aujourdhui encore difficile maitriser. La DIST travaille sur de nouvelles normes

    budgtaires et comptables pour clarifier la dpense.

    2 http://www.simbainformation.com/redirect.asp?progid=86599&productid=8346683

    http://www.simbainformation.com/redirect.asp?progid=86599&productid=8346683

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    Lide du couplage entre ngociation abonnements et ngociation APC (les crdits des uns se

    reportant sur les crdits des autres) repose sur le postulat selon lequel il y a pour un diteur donn, une

    homothtie entre volume des consommations de ressources documentaires et volume dAPC. Or ce

    raisonnement est fragile: tel tablissement de recherche franais sacquitte, auprs de Springer ou

    dElsevier, de frais dabonnements de plusieurs dizaines de milliers deuros par an alors que ses

    chercheurs nont publi en 2014 quun trs petit nombre darticles dans une revue Springer.

    Open Access avec APC : une moiti seulement des journaux OA

    Considrer les APC comme tant la condition dun Open Access de qualit serait abusif : les APC

    entrent pour moiti seulement dans les dynamiques de la publication en OA, telles quelles ont t

    rcemment mesures par ltude globale de rfrence3, en rpertoriant toutes les publications darticles

    figurant au rpertoire global des journaux scientifiques publis en OA (DOAJ).

    Tableau 1 : Dveloppement de la publication en OA et en OA avec APC

    (7,372 journals listed in the DOAJ on January 1st, 2012)

    Source: M. Laakso and B.-C. Bjrk (2012), Anatomy of open access publishing: a study of longitudinal development and internal

    structure, BMC Medicine 2012, 10:124 - cit par OCDE (2014) Making Open science a reality Final report 2015

    Importante et vigoureuse, la part porte par ldition commerciale prsente un dveloppement jug

    encore alatoire Sil est dsormais clair que lOA devient le modle dominant de la publication, lOCDE

    3 Bjrk, Solomon. Helsinki, 2012 et 2014

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    observe que la part relative de chaque voie est loin davoir acquis sa stabilisation, et en ltat actuel Most

    of the major internal shifts in OA journal publishing have only happened fairly recently during the last few

    years and, judging by the momentum at which things are moving, it is hard to imagine the internal

    dynamics settling down any time soon .4

    Se lier avec un diteur dans un tel contexte prend le risque de crer des asymtries entre opportunits de

    publication pour les chercheurs. Couperin ne sy trompe dailleurs pas en soulignant que toute ngociation

    avec un diteur priv peut saccompagner dun risque, que Couperin carte au moyen dun argument qui

    peut paratre discutable.5

    Paiement des APC : une corrlation mdiocre avec la qualit des journaux Lautre difficult ditoriale majeure laquelle est confront le nouveau march du financement

    par les auteurs, est lingale crdibilit commerciale des APC elles-mmes, au regard des prix

    pratiqus et de la relation des prix la qualit des publications concernes.4

    Une tude exhaustive transversale conduite sur lensemble des journaux en OA (DOAJ) et publie en

    2015, fait ressortir un niveau de corrlation ingal et moyen entre la qualit de la publication scientifique et

    le niveau des APC demandes par les diteurs.6 The price that publishers sell at to different

    universities and countries seems to vary a lot, and there is anecdotal evidence of a pattern following the

    GDP per capita, which more or less sets the budgets universities have for journal acquisitions. Les auteurs

    considrent par ailleurs que la corrlation des APC la qualit (mesure par un indice citationnel

    robuste) est peu dynamique: The correlations between APCs and SNIPS are just slightly lower than what

    we found on the journal level for full OA journals Article processing charges. On observe par ailleurs

    prudemment que: Preliminary evidence seems to suggest that article processing charges do not

    strongly correlate with journal impact, especially in the case of hybrid open access (Bjrk and

    Solomon, 2014). Dautres tudes confirment ce dernier point (Romeu et al., 2014 rapport du CERN).

    On voit mal, si cette premire grande tude tait confirme par des travaux ultrieurs, comment figer et

    entriner par la ngociation un niveau dAPC donn aujourdhui, sans avoir dfini et stabilis au niveau

    international la nomenclature standard exigible (nomenclature qui pourrait tre qualifie dOpen

    Process ) en contrepartie de ces paiementsDes propositions seront formules en ce sens en troisime

    partie de ce rapport.

    4 Mikael Laakso and Bo-Christer Bjrk : Anatomy of open access publishing: a study of longitudinal development and internal

    structure Hanken School of Economics, Helsinki, Finland, BMC Medicine 2012, http://doi.org/10.1186/1741-7015-10-124 5 Note Couperin du 27/04: Le risque de favoriser un diteur au dtriment des autres, en adoptant une politique qui lui donnerait un avantage aux yeux des chercheurs a t voqu. Nous pensons que la dmarche de publication des chercheurs est guide quasi-uniquement par la qualit et la notorit de la revue, et que le fait qu'une revue permette de publier en open access sans surcot n'est pas un motif dterminant dans le choix de publier au sein d'une revue. La politique globale de ngociation ne devrait donc pas affecter les logiques de publication des chercheurs. 6 Bo-Christer Bjrk, David Solomon: Research on Open Access Publishing, Article processing charges in OA journals relationship

    between price and quality Published online in Scientometrics, March 2015, http://doi.org/10.1007/s11192-015-1556-z

    http://doi.org/10.1186/1741-7015-10-124http://doi.org/10.1007/s11192-015-1556-z

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    Le difficile consensus entre le lecteur et lauteur : une corrlation ingale des deux marchs dans les grands accords nationaux

    Une annexe au prsent rapport contient un rsum des principales ngociations et / ou positions

    internationales sur le financement de la publication scientifique. On pourra y constater, la fois, combien

    les modles nationaux diffrent lheure actuelle et combien, en dfinitive, les ngociations aujourdhui

    abouties manquent toutes de vision partage globale des dterminants et des conditions de la publication

    scientifique : tout est faire pour asseoir les modles technico-conomiques de la publication

    scientifique venir.

    Substituer couts dabonnements et APC a pour condition, dans lhypothse dun plafonnement

    global, que ces financements soient corrls et que toute modification de lun soit proportionnelle

    celle de lautre. Tel nest pas le cas dans les grands accords internationaux, comme le montrent les

    donnes extraites de ltude de rfrence prcite. On y voit clairement apparaitre, dans le diagramme ci-

    dessous, ltendue des diffrences entre les situations rgionales en OA (unit : nombre darticles dans

    revues OA par rgion dorigine des diteurs ; on fait lhypothse que le OA Gold est ici proportionnel lOA,

    ce qui est vrai par ailleurs).

    Tableau 3 : Rpartition rgionale des pays dorigine des accords pratiquants les publications en

    OA

    Laakso and Bjrk BMC Medicine 2012 10:124 doi:10.1186/1741-7015-10-124

    Download authors' original image

    OCDE : les choix du Royaume Uni et les Pays Bas sont atypiques

    Ces diffrences, en particulier, sont nuisibles la cohrence globale des choix nationaux dont la

    publication scientifique a besoin : une accumulation de barrires la circulation des rsultats scientifiques

    serait videmment paradoxale et incomprhensible par les chercheurs de lre numrique.

    http://www.biomedcentral.com/content/download/figures/1741-7015-10-124-3.pdf

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    Dans ce contexte, loin dapparaitre comme la voie davenir vers laquelle se dirigent en priorit les

    choix les plus clairs, les accords rcemment signs au Royaume Uni et aux Pays Bas portent la

    marque des situations nationales trs particulires quils traduisent, notamment avec la prsence sur

    leur sol dditeurs influents de taille globale. LOCDE, quon peut difficilement souponner de complaisance

    en la matire, met clairement cet avis dans le rapport de 2015 prcit :

    In a number of OECD countries, major funding agencies have mandated public access to the results of

    the research they fund. In most countries, the requirement is limited to mandate gratis public or open access

    to publicly funded research results and let researchers free to choose the way they prefer to disclose

    research papers, that is whether to follow a gold route (via open access journals) or to self- archive the

    paper by means of online repositories (the green route).

    Exceptions are the UK and the Netherlands open access policy. In the UK, following the

    recommendations of the Finch report, the gold route has been preferred to the green one as a way

    to more effectively mandate and obtain open access to research results. In the Netherlands, the

    national strategy for open access has a preference for gold open access publishing, although it

    accepts green.

    Une proposition trop rigide: les diffrences dAPC entre disciplines

    Ci-dessous, issu du rapport prcit de lOCDE de 2015, figurent les carts des pratiques dAPC :

    Tableau 4 : Rpartition des APC par disciplines (articles publis dans les journaux OA - DOAJ)

    Physics and astronomy 3 20.5

    Engineering 4.8 13.6

    Chemistry and Chemical engineering 5.5 7.4

    Social sciences 5.6 17.9

    Earth sciences

    Mathematics

    7

    8.1

    17.5

    25.9 OA journals (gold OA)

    OA repositories (green OA)

    Other areas related to medicine 10.6 4.6

    Biochemistry, genetics, molecular biology 13.7 6.2

    Medicine 13.9 7.8

    Source : OCDE 2015, rapport prcit

    0 5 10 15 20 25 30 35

    % of articles that are Open Access

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    On peut constater quoutre les carts considrables des pratiques, au premier niveau de lecture, il ny a

    pas de corrlation apparente entre le recours lOA et la pratique des APC, si lon en juge aux carts

    respectifs de la physique, de la mdecine, des sciences de la terre. On ne saurait faire le tour des constats disponibles, sans examiner les forts carts de pratiques dans les financements par le lecteur et par lauteur, qui prvalent entre les disciplines scientifiques. Cette dernire objection contient et rsume toutes les autres, puisquelle conduit critiquer une approche

    qui, en solidarisant les moyens globaux dus un diteur, nglige fondamentalement danalyser les

    consquences, immdiates et terme, sur les dynamiques scientifiques sous-jacentes, dans

    lesquelles une ngociation globale doit pourtant dabord puiser sa raison dtre... Or, les diffrences de pratiques des APC de disciplines tournes vers un mme diteur sont

    spectaculaires, et amnent ainsi mesurer les risques pour la crdibilit dune gouvernance scientifique

    qui seraient associs la dfinition unilatrale-lonine, pourrait-on dire, des droits de tirage des

    disciplines associs la fixation dun plafond global dAPC, prsent pour excution aux

    communauts scientifiques...

    Aux limites, en effet, un tel accord ne pourrait prendre que deux formes galement inacceptables : lune

    qui serait le nivellement des APC, distribues comme des fournitures, lautre qui serait le statu quo,

    inacceptable de la mme faon par les collgues exprimant de nouveaux besoins et brocardant une

    logique dabonnement dvoye et exacerbe

    Des rserves de ce type ont t dores et dj mises par les professionnels des organismes. Dans une

    note en date du 10 avril soumise lAssemble gnrale de Couperin, 11 membres sur 12 de

    lassociation EPRIST (regroupant des responsables IST de la plupart des organismes publics de

    recherche) ont exprim leur scepticisme sur lventualit, lintrt et la faisabilit dun

    couplage apriori entre les financements par le lecteur et par lauteur. Cette option, en ltat actuel

    de lESR franais, soulve leurs yeux de nombreuses questions concernant les bases factuelles

    exactes sur lesquelles engager la ngociation ou encore sur les implications ngatives dun tel couplage

    sur le libre jeu des relations entre chercheurs et diteurs dans le contexte national et international.

    La rpartition des APC doit reposer sur une mise plat du systme, sur des choix dicts par une analyse commune et par une comprhension globale.

    Alternatives: quelles orientations proposer pour le travail avec Couperin ?

    Bien quavec dautres rponses, les questions poses par Couperin sont en phase avec le programme de

    travail du CNRS : cest loccasion de proposer, alternativement, des actions nouvelles avec Couperin,

    dans le cadre international o le CNRS est dj positionn par sa stratgie IST.

    Internet et lOpen Access : paramtres dvolution de ldition scientifique numrique

    Deux paramtres gouvernent le dveloppement international du partage des connaissances : Internet et

    lOpen Access.

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    LOCDE vient de publier une premire image, impressionnante, du dveloppement de lexploration

    automatique des corpus de littrature scientifique toutes les fins de valorisation et / ou de

    dveloppement de la recherche.

    Ces donnes sont retraces par le diagramme ci-dessous :

    Tableau 5 : Les articles accessibles par Text and Data Mining (TDM)

    Unit : 000 articles

    Source: OECD (2014), Measuring the Digital Economy, A New Perspective, OECD publishing

    Sources : J. Clark (2013), Text Mining and Scholarly Publishing, Publishing Research Consortium, 2013; European

    Commission (2014), Standardisation in the area of innovation and technological development, notably in the Field of Text

    and Data Mining, Report from the Expert Group; Sergey Filippov (2014), Mapping Tech and Data Mining in Academic and

    Research Communities in Europe, the Lisbon Council, Issue 16/2014; OECD (2015) Inquiries into Intellectual Propertys

    Economic Impact, OECD Paris forthcoming;;

    Lincertitude demeure sur les voies et moyens dun accord, par ailleurs essentiel, entre toutes les parties

    prenantes. La voie vers lOA, direction rendue irrversible largement sous leffet dInternet, peut tre

    parcourue de multiples faons, comme lobserve lOCDE, dans son rapport prcit de 2015 :

    As in many other markets where the Internet has thoroughly rewritten the rules of the game, an

    interesting question is if new entrants, like Public Library of Science and BioMed Central, will take over

    the market or if the old established actors, commercial and society publishers with subscription-based

    revenue models, will be able to adapt their business models and regain the ground they have so far lost.

    Future studies on the internal structure of OA publishing are likely to witness the anatomy transforming

    yet again. Most of the major internal shifts in OA journal publishing have only happened fairly

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    17

    recently during the last few years and, judging by the momentum at which things are moving, it

    is hard to imagine the internal dynamics settling down any time soon.

    Le CNRS est plac en position dinitiative

    Les dbats en cours permettent aux organismes dassocier Couperin aux actions dvelopper.

    Sur les thmes de la proposition rcente de Couperin, le CNRS soutient des positions, conformes

    lanalyse ci-dessus, dabord dans le cadre de Science Europe. Deux des principes noncs dans le Position Statement on Open Access (2013), qui engage chacun

    des membres, sont reproduits ci-aprs:

    () funding of Open Access publication fees is part of a transparent cost structure, incorporating a

    clear picture of publishers service costs;

    () stress that the hybrid model, as currently defined and implemented by publishers, is not a

    working and viable pathway to Open Access.

    Cette position est dautant plus ncessaire que, sur la voie de lOpen Access, se situent des intervenants

    nombreux, divers, tous importants, indpendamment des diteurs commerciaux :

    Tableau 6 : Volume total des articles produits en OA par type dditeurs Source: Bjrk and Solomon, op.cit. 2014

    Les solutions venir devront donc rassembler tous les acteurs, sur des positions qui soient crdibles et

    acceptables par tous. Ce consensus est dautant plus ncessaire que, comme lobserve galement

    lOCDE, la concurrence des voies daccs lOA doit tre rgule et ne pas faire problme pour les

    chercheurs.7

    7 Lewis (2012) suggest that gold OA (i.e. when the authors publishes on scientific journals openly available online, commonly

    referred to as open access journals) could account for 50% of the scholarly journal articles sometime between 2012 and 2017 and 90% of all articles between 2020 and 2025. However, Miguel et al. (2011) show that the percentage of green road journals widely surpasses the percentage of gold road publications. In addition, green open access (i.e. when the author self-archive the article on an online repository) was recently argued to be the most effective and affordable means for funders, institutions and other stakeholders (Houghton and Swan 2013).

    http://www.scienceeurope.org/uploads/PublicDocumentsAndSpeeches/SE_OA_Pos_Statement.pdf

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    18

    Associer pleinement Couperin aux initiatives

    Une stratgie globale, dont Couperin souligne juste titre qu'elle est indispensable et urgente, doit

    reposer avant tout sur une concertation nationale, europenne et internationale entre diteurs et

    entits de science publique, dans les enceintes o cette concertation est en cours (Science Europe,

    European Research Council (ERC), H2020, mais galement au Global Research Council).

    L'objectif atteindre est celui d'une scurisation globale sur tous les paramtres dvolution

    vers la science ouverte. Faute de cette scurisation globale, la juxtaposition des "ngociations" nationales, dont les contenus et

    les rsultats ne sont aujourdhui pas rvls, place les diteurs en situation d'arbitres de la circulation

    de l'IST numrique.

    Cette situation contient le risque, comme lobserve lOCDE, du chacun pour soi, de la confusion

    et du morcellement des collaborations scientifiques internationales, sous le jeu dintrts

    ditoriaux trangers au partage des rsultats de la recherche publique.

    Ci-aprs figurent les conditions que pose le rapport prcit de lOCDE, publi en version provisoire :

    Programme de travail de lOCDE pour lOpen science (2015)

    Open science is a means and not an end. Open science strategies and policies are a means to

    support better quality science, increased collaboration and engagement between research and society

    that lead to higher social and economic impacts of public research.

    Open science is more than open access to publications or data; it includes many aspects and

    stages of research processes. Although this report focuses primarily on open access to publications

    and research data, it is important to remember that open science is a broader concept that also includes

    the inter-operability of scientific infrastructure, open and shared research methodologies (such as open

    applications and informatics code), and machine-friendly tools allowing, for example, text and data

    mining.

    Clear legal frameworks vis--vis the sharing of publications and the re-use of datasets are

    needed at the national and international level. A lack of clarity on the interpretation of national and

    international legal frameworks may prevent the sharing or re-use of research results. In addition, clear

    guidelines around text and data mining are needed as this tool will become increasingly used by

    researchers in the future. Some OECD countries are currently discussing or have recently modified

    national legal frameworks to make them increasingly open-science friendly.

    International collaboration in the area of open science is necessary to address global challenges.

    International collaboration is becoming more important than ever, as publications and data in electronic

    form travel across national frontiers. Shared and inter-operable infrastructure is necessary to

    disseminate research results and promote scientific collaboration. It can avoid the duplication of

    efforts and help share the risks or the associated investments.

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    19

    Propositions finales

    La question de lconomie des APC va, dans les mois et les annes qui viennent, tre le nud du

    dbat sur lOpen Access. Parce que le CNRS est le premier organisme de recherche mondial par le

    nombre de publications que signent ses chercheurs, limpact financier dun dveloppement voulu par

    les diteurs du modle hybride dOpen Access pourrait tre problmatique, alors mme que cette

    option renforcerait significativement les positions concurrentielles des trs grands diteurs for profit

    et le modle hybride, au dtriment des pure players de ldition scientifique en Gold OA qui pourtant

    ont introduit une comptition nouvelle en proposant des niveaux dAPC raisonnables .

    Les solutions proposer

    Un position paper destination des Units de recherche cadrant les lments de ce dbat

    et rappelant :

    que la voie verte (et en particulier le dpt dans HAL) est la voie privilgier

    pour partager au mieux et au moindre cot les connaissances,

    que loption Open choice permettant un chercheur de publier en OA dans une revue

    sur abonnement (modle hybride) ne doit pas tre privilgie : si un article est accept

    dans une revue sur abonnement (tout particulirement dans les revues dexcellence) cest

    le mcanisme de labonnement, qui a vocation perdurer de nombreuses annes, qui

    assurera, au frais de lditeur, les cots de la publication. La publication du chercheur

    CNRS aura de toute faon vocation basculer dans le libre accs par dpt dans une

    archive ouverte au terme dun embargo de 12 mois,

    que les units pourront prochainement intgrer dans leurs outils de gestion financire les

    nouveaux postes de nomenclature qui permettront davoir une vision partage et

    consolide des volumes dAPC .

    Un projet de guide pour les chercheurs est prpar dans ce sens.

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    20

    Annexe : Une gopolitique des APC

    Position des Etats Unis :

    En fvrier 2013, lOSTP amricain (Office of Science & Technology Policy, un organisme charg de

    conseiller lexcutif sur ses choix de politique scientifique) a dict une directive8 ayant force de

    rglementation qui imposait toutes les agences fdrales disposant dun budget de R&D suprieur

    100 M$ par an de dfinir dans un dlai de six mois des politiques mme dassurer un accs public et

    une conservation prenne, dans des archives ouvertes, des outputs de la recherche publique.

    Ce mandat de dpt concernait aussi bien la publication scientifique elle-mme que les jeux de donnes

    issus de recherches sur fonds publics. Ce dpt en archive ouverte institutionnelle devait se faire le

    plus rapidement possible et au plus tard lissue dun embargo de 12 mois sil existait de ce point de

    vue des contraintes imposes par les diteurs ayant publi larticle considr en revue.

    Lobjectif implicite de lOSTP tait de disposer, sur le modle de larchive PubMed Central gre par les

    NIH, dune archive unique et centralise permettant de consulter ( Public access ), mais sans

    forcment que ces matriaux soient en libre accs sous des licences Creative Commons, lensemble

    des connaissances scientifiques produites sur budget fdral.

    Les rivalits entre grandes agences ont eu raison de cette perspective d archive universelle . Chaque

    agence a dvelopp jusquen ce dbut 2015 sa propre politique darchive ouverte.

    Pour satisfaire aux obligations de dpts fixes par lOSTP, deux initiatives ont vu le jour :

    - larchive CHORUS (Clearinghouse for the Open Research of the United States)9 a t cre

    dans une logique consortiale par lensemble des grands diteurs scientifiques : ceux-ci

    proposent de verser directement dans cette archive les articles scientifiques quils ont publi

    dans leurs revues, et ce lissue dune ventuelle priode dembargo,

    - larchive SHARE (SHared Access Research Ecosystem)10 a t lance avec le mme but

    par un consortium de grandes universits amricaines.

    A ce jour, et en raison de la lenteur des agences finanant des activits de R&D, ces archives nont pas

    vraiment dcoll. Mais lexemple de PubMed Central (qui affiche dsormais un taux de 80% de dpts

    des articles rsultant de recherches finances par les NIH) montre que la monte en puissance des

    grandes archives ouvertes demande plusieurs annes.

    Dans ce contexte la question des APC est remarquablement absente du dbat amricain sur le

    libre accs. Il ne fait pas de doute que beaucoup de chercheurs publiant en Open Access payent des

    APC (mais probablement peu dans le cadre du modle hybride). Pourtant laccent mis par le

    gouvernement amricain sur un dveloppement dun Green Open Access institutionnel a strilis le

    dbat sur les APC.

    8 https://www.whitehouse.gov/sites/default/files/microsites/ostp/ostp_public_access_memo_2013.pdf 9 http://www.chorusaccess.org/ 10 http://www.share-research.org/

    http://www.whitehouse.gov/sites/default/files/microsites/ostp/ostp_public_access_memo_2013.pdf

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    21

    La situation au Royaume Uni, aux Pays Bas

    Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, les pouvoirs publics ont clairement choisi la voie du Gold

    Open Access. Cette option rpond des choix de politiques de soutien une dition scientifique

    nationale qui ne peut tre imite sans prcautions par la France

    Le gouvernement britannique a en avril 2013 arrt une politique publique trs claire prconisant le

    Gold Open Access comme axe principal de dveloppement du libre accs aux publications

    scientifiques. Cette politique publique ayant force de loi stait largement inspire du Rapport Finch

    paru en juin 2012. Ce rapport soulignait entre autres que ldition scientifique britannique tait une

    industrie forte, cratrice demploi et gnrant dimportants surplus commerciaux. Le Gold Open Access,

    port par les diteurs scientifiques eux-mmes, apparaissait comme le seul modle conomique

    permettant une transition vers le libre accs la publication scientifique sans fragiliser cette industrie.

    Cette politique publique claire11 favorable aux diteurs dfavorisait pourtant clairement la communaut

    de lenseignement suprieur et de la recherche (ESR) britannique.

    En effet si les chercheurs britanniques reprsentent 4% des effectifs mondiaux de chercheurs

    dans la recherche publique, ils publient 6% des articles au plan mondial et 16% des articles les

    plus cits. Cette surreprsentation des chercheurs britanniques dans la publication

    scientifique globale se traduit mcaniquement, dans le modle conomique du Gold Open

    Access reposant sur les APC, par un surcot . Cest pour cette raison que le gouvernement

    britannique a cr et dot de nouvelles lignes de crdit pour les agences britanniques de financement

    de la recherche spcifiquement destines au paiement des APC.

    Quatre des cinq plus importants diteurs scientifiques mondiaux (Elsevier, Springer, Wolters

    Kluwer, Macmillan / Nature Publishing Group, Taylor & Francis) sont anglo-nerlandais ou

    allemands. Le 5me

    , lamricain Wiley na pris son rang ( la troisime place) dans ce classement mondial

    quen rachetant il y a quelques annes lditeur britannique Blackwell. Au-del de ces trs grands

    acteurs, tant la Grande-Bretagne que lAllemagne dispose dun tissu trs serr dditeurs scientifiques

    de taille moyenne mais daudience internationale. Selon les chiffres fournis par lassociation STM

    (www.stm-assoc.org), lassociation internationale des diteurs scientifiques, ldition de recherche

    reprsente 110 000 emplois directs, dont 40% sont localiss en Europe (essentiellement dans les 3

    pays cits) alors que le march europen ne reprsente que 28% du march mondial (en valeur) de

    ldition scientifique. En consquence dans ces trois pays europens les positions des pouvoirs publics

    relatives aux problmatiques dOpen Access ne sont pas dictes par les seules questions de partage

    des connaissances au sein de la communaut de la recherche, mais aussi par des considrations

    (lgitimes) de soutien leur dition scientifique nationale. Cest explicite dans le rapport Finch mais

    cette cl danalyse vaut aussi pour les Pays-Bas. Ldition scientifique franaise par contraste est dun

    poids limit et risque de se faire laminer si lessentiel des ressources sorientent vers les grands

    diteurs globaux dont fait partie Springer.

    11 La Grande-Bretagne reste lun des rares pays avoir arrt une stratgie globale en matire de libre accs

    http://www.stm-assoc.org/

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    22

    Projets en Allemagne et place de Springer

    LAllemagne na pas dfini de politique officiel en matire dOpen Access. Cependant les

    responsables de la Max Planck Digital Library (MPDL) viennent de publier un position paper 12,

    accessible ladresse http://doi.org/10.17617/1.3,(on ne sait pas si elle a reu limprimatur de la

    Max-Planck Gesellschaft en tant que telle) dont les prsupposs sont trs simples voire simplistes : les

    auteurs constatent que les budgets publics ddis aux abonnements dans toutes les conomies

    dveloppes permettraient in-abstracto de payer tous les APC de la production scientifique mondiale.

    Il suffirait en consquence, pour atteindre un objectif de libre accs gnralis, de programmer avec les

    diteurs, dans le cadre des ngociations consortiales, un transfert progressif des budgets des

    bibliothques vers des budgets APC, les bibliothques de recherche devenant la plaque tournante de

    cette logique de couplage et de transfert prprogramm. Le couplage des ngociations entre budgets

    dabonnements deviendraient dans ce schma la raison dtre des consortiums ngociant

    conjointement ces deux postes budgtaires.

    Le poids important de ldition scientifique et technique allemande daudience internationale (le

    N2 mondial Springer nest que le plus importants de ces diteurs allemands derrire lequel figure

    une cohorte dditeurs moyens) pourrait faire pencher les pouvoirs publics allemands vers des positions

    similaires celles du Royaume-Uni ou des Pays-Bas. Cest en ce sens que, mme isole, linitiative de

    la MPDL est un signal de veille important.

    Green et Gold Open : la comptition

    Le recul dont on dispose sur lexprience anglaise montre que le Gold Open Access est la

    stratgie la plus coteuse pour atteindre lobjectif du libre accs.

    Oprationnelle depuis 2013, la politique publique britannique centre sur le Gold Open Access vient de

    faire lobjet dun premier rapport dvaluation (www.rcuk.ac.uk/research/openaccess/2014review/) qui

    souligne la complexit administrative qua gnr pour les units de recherche britanniques laccs aux

    crdits APC et celle leur faisant obligation de documenter la conformit de leur politiques de publications

    aux exigences formules par les pouvoirs publics. De son ct le RCUK et le Wellcome Trust, qui

    fdrent elles deux la grande majorit des crdits de recherche publique outre-Manche ont

    commandit un rapport13 analysant les forces et les faiblesses des diffrents scnarios.

    Ce rapport dnonce sans ambages les effets ngatifs dun Gold Open Access Hybrid qui serait la

    rgle. Citons-le in-extenso sur ce point :

    12

    Schimmer, R., Geschuhn, K. K. & Vogler, A. (2015) Disrupting the subscription journals business model for the necessary large-scale

    transformation to open access, http://doi.org/10.17617/1.3 13

    Ltude Developing an Effective Market for Open Access Article Processing Charges, Bo-Christer Bjrk and David Solomon, mars 2014, rapport remis au Wellcome Trust et au RCUK qui sont les principales agences de financement de la recherche, http://www.wellcome.ac.uk/stellent/groups/corporatesite/@policy_communications/documents/web_document/wtp055910.pdf

    http://doi.org/10.17617/1.3http://www.rcuk.ac.uk/research/openaccess/2014review/)http://doi.org/10.17617/1.3http://www.wellcome.ac.uk/stellent/groups/corporatesite/@policy_communications/documents/web_document/wtp055910.pdf

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    23

    La synthse de la littrature scientifique et les donnes empiriques collectes pour la prsente tude

    ont mis en vidence que le problme de lconomie des APC est trs diffrent suivant que lon considre

    les revues qui sont en Open Access intgral ( full Open Acess ) o les revues en Open Access

    hybride, cest--dire en pratique toutes les revues sur abonnement puisque les diteurs proposent

    toujours pour celles-ci une option Open Choice .

    Le march des APC pour publication en Full Open OA permet un recul dune dizaine danne et

    peut tre considr comme un march fonctionnant normalement puisque les diteurs sy livrent une

    concurrence pour capter leurs clients (les chercheurs publiant) en jouant sur diffrents facteurs :

    qualit de la revue, services rendus aux auteurs, et niveau de prix des APC. Bien que certains

    chercheurs voient leurs APC entirement payes et pourraient ne pas prendre en compte le niveau de

    ces APC pour choisir la revue dans laquelle ils publieront, diverses sources indiquent que le niveau des

    APC est un rel critre de choix pour les chercheurs et quen consquence il y a l un facteur qui joue

    en faveur dune limitation du prix des APC. La question stratgique essentielle pour les organismes qui

    financent la recherche est de sassurer que le march des APC reste comptitif et innovant. Les

    diteurs traditionnels entrent aujourdhui sur ce march, accroissant la possibilit que les APC soient

    lis aux budgets dabonnement, rduisant de facto la transparence et lintensit de la comptition sur ce

    march. Si les financeurs fournissent des crdits pr-flchs pour rgler les APC dans les revues

    hybrides cela conduira immanquablement une rosion de la pression concurrentielle sur les prix des

    APC. Un second risque induit est que le march des APC serait structur comme celui des

    abonnements, un nombre limit de trs grands diteurs sadjugeant un avantage comptitif massif aux

    travers de contrats de Big Deals qui incluraient des enveloppes prpayes dAPC.

    La voie Green reste la voie la moins coteuse

    Dans un document rcent14, David Price, vice-prsident dUniversity College London (UCL) souligne

    limportance des cots cachs de la voie Gold : Il existe des donnes avres qui suggrent que le

    Gold Open Access reste trs coteux. Une modlisation conomique de large ampleur propose par un

    rapport15 financ par Jisc Collections et publi par lOpen Access Implementation Group, suggre que

    cest la voie verte, et non la voie dore, qui est pour les universits de recherche la voie la moins

    onreuse. Selon ce rapport le meilleur chemin pour passer dun modle conomique de labonnement

    au libre accs est la voie verte, non la voie dore. La plus importante archive institutionnelle britannique

    est celle de lUCL, UCL Discovery, qui a gnr plus de six millions de tlchargements depuis ses

    dbuts. Un autre rapport montre que la voie dore ncessite de la part des universits deux fois plus

    de temps et de cots que la voie verte sans parler du paiement des APC. Pour la priode 2013/2014 les

    pouvoirs publics ont flch 16,9 M. vers les APC mais ces cots directs ont engendr pour

    14 David Price se rfre dans son intervention deux rapports : A. Swan and J. Houghton, Going for Gold?: The costs and

    benefits of Gold Open Access for UK research institutions: further economic modelling, Report to the UK Open Access

    Implementation Group, June 2012, et le rapport de Research Consulting, Counting the Costs of Open Access: The estimated

    cost to UK research organizations of achieving compliance with open access mandates in 2013/14, November 2014

    15

    http://www.hepi.ac.uk/2015/03/30/open-access-national-licence-answer/

    http://www.hepi.ac.uk/2015/03/30/open-access-national-licence-answer/

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    lesuniversits des cots indirects de 9,2 M. (). Jisc Collections, au travers de ngociations visant

    coupler APC et cots des abonnements, tente avec succs de contenir la progression globale de ces

    deux postes de cots, mais dune part tous les diteurs ne se sont pas engags dans cette voie, et

    dautre part les effets de ce couplage sur les budgets dachats de ressources documentaires ne se sont

    pas encore fait sentir, ceux-ci nenregistrant aucune diminution.

    (NDLR : Les universits britanniques dpensent collectivement 195 M., lquivalent de 271 M, en

    achat de ressources documentaires)

    Lectures supplmentaires :

    - Commmission europenne: State-of-art analysis of OA strategies to scientific data - Commmission europenne: State-of-art analysis of OA strategies to peer-review

    publications

    - Commission europenne: Comparative analysis of the strengths and weaknesses of existing open access strategies

    Rapports tablis par Science-Metrix dans le cadre du contrat RTD-B6-PP-2011-2: Study to develop a set of indicators to measure open access

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    25

    TITRE II

    Mconduites, Lost science, Pertes en ligne

    Le "HALO NUMERIQUE" de l''IST Evolutions en cours

    Note de travail de la DIST

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    26

    Table des matires

    Rsum : objectifs dtude, rsultats ...................................................................................................... 27

    Les mconduites: des formes diverses, un niveau global faible et stable .......................................... 28

    Un niveau global faible et stable ................................................................................ 28

    Partager l'information: vers une rgulation des mconduites. ............................... 28

    La "Lost science" : l'vitement du modle dominant ............................................................................ 29

    Evolution de l'offre de publication : un dvoiement vit ........................................... 29

    La "Lost science" et la raction numrique au H factor ............................................. 30

    Halo numrique et Lost science : des solutions mergentes............................... 31

    Une mtrique plus riche : un enjeu global danalyse interdisciplinaire ....................... 32

    La perte en ligne d'IST : un halo numrique en surplomb ..................................................................... 33

    Production des donnes et production d'articles: un cart croissant ? ...................... 33

    Le halo numrique des donnes et l'Edition scientifique: la difficile recherche de solutions .................................................................................................................... 34

    file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317213file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317215file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317216file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317217file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317218file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317219file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317220file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317221file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317222file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317224file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317225file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317226file://cnrs-dir.fr/DFSROOT/DIST/Commun/DIST%20Veille/DIST%20etude/DIST%20tude%204/versions%20finales/FINANCER%20et%20halo%20%20en%20cours.docx%23_Toc422317226

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    27

    Rsum : objectifs dtude, rsultats

    A l'heure, numrique, l'IST vit des volutions mal connues, profondes et ambiges: d'un

    ct, l'IST est fortement bnficiaire des possibilits de diffusion d'Internet, de l'autre,

    l'IST est confronte aux alas qui affectent toutes les autres informations partages.

    Un "halo numrique," pourrait-on dire, est ainsi en voie de formation autour de l'IST:

    mieux en saisir les traits et l'ampleur, permet d'viter l'alarmisme mais surtout

    d'anticiper les volutions en cours du partage des connaissances, et de mieux

    s'assurer de l'intgrit de l'IST: c'est un enjeu global.

    Trois directions identifies par la DIST entreraient ainsi dans la formation du "halo

    numrique de l'IST, avec dans chaque cas des formes de rponses spcifiques:

    1. les mconduites

    Sous diverses formes, elles apparaissent peu "dynamiques". Avec un effet de loupe,

    les mconduites tant mieux enregistres aujourd'hui, apparaissent davantage

    2. la "lost science"

    Ce nologisme est depuis peu utilis pour dsigner les formes et conditions de

    production d'articles, contournant les pratiques dominantes de la publication

    numrique: ces pratiques sont donc fatalement voues de lourdes dperditions

    Vertueuses ou non, les pratiques de "lost science" remettent directement en question

    l'apprciation de l'article par le biais de la seule frquence de citation. Ces pratiques de

    lost science ont leurs effets pervers. Pourtant, en rutilisant mieux ces rsultats, une

    mesure plus systmatique permettrait de mieux prciser le dveloppement de

    l'interdisciplinarit et la qualit des collaborations locales. Une homognisation des

    normes internationale, prne par l'ONU comme par l'ICSU, constituerait par ailleurs

    un premier progrs.

    3. la perte en ligne d'IST

    La stratgie IST observait un foss entre d'une part, les volumes de production des

    donnes et, d'autre part, les volumes de publication d'articles d'IST. Selon les rares

    inventaires disponibles, les donnes inutilises s'accumulent toujours plus, dans

    chacun des domaines correspondant de publication Un "goulet d'tranglement"

    menacerait ainsi la publication; cet obstacle irait croissant avec la multiplication des

    capteurs de donnes.

    En collaboration avec la DIST, des rponses mergent, a. pour rpertorier et publier les

    donnes, b. pour orienter leur passage la publication, et c. pour ouvrir de nouvelles

    formes de publication.

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    28

    Les mconduites: des formes diverses, un niveau global faible et stable

    Un niveau global faible et stable

    Les sources sont solides, hors SHS, avec le dernier rapport de lAssociation STM 16 :

    sur les 28 100 journaux acadmiques publis en langue anglaise en 2014, pour une

    production totale globale avoisinant les 2,5 millions d'articles, la croissance, 3% l'an

    actuellement, est en ligne avec celle du nombre des chercheurs. 95% de ces journaux

    assure la publication de rsultats originaux de premire main. La croissance de la

    publication, entre 2003 et 2013, a t de l'ordre de 5% l'an sur les bases WOS et

    SCOPUS, de 6 7% sur Pub Med Central (NSF 2014).

    La mconduite ("misconduct" est le vocable en usage) se mesure divers niveaux : la

    rtractation, selon un article de Nature en 2014 (eLife 2014) a concern au cours des 2

    dernires annes 110 publications d'articles relevant de 6 comits de revue par les

    pairs, et ceci pour des motifs faisant ingalement relation la fraude affiche. Certes,

    le nombre total des rtractations s'est significativement accru, mais, mme au regard

    de cette croissance sur dix ans, la taille totale des mconduites avres reste situe

    autour de 0,02% (voir sur le dtail le rapport cit en note1), dans un contexte o

    l'unification des systmes d'information permet de fournir une information toujours plus

    prcise et actuelle.

    Partager l'information: vers une rgulation des mconduites.

    La croissance observe de la rtractation, s'accompagne d'un partage systmatique de

    l'information, auquel on peut prter une vertu rgulatrice. Cr en 2010, le blog collectif

    Retraction Watch (www.retractionwatch.com) centralise et rend dsormais publics,

    lensemble des faits de rtractation signals par les diteurs scientifiques.

    La rtractation darticles scientifiques reflte en ralit un ventait ouvert de formes de

    mconduites: manipulation des donnes prsentes en appui dune communication

    scientifique, plagiat, manipulation du process du peer-reviewing.

    Les affaires les plus rcentes, affectant tous les grands diteurs17 sont lies la

    production frauduleuse de rapports de peer-reviewingi, avalisant une publication en

    revue. Ces pratiques ont exploit une double faille associe une inscurit

    numrique: la possibilit offerte aux chercheurs publiant par de nombreuses revues de

    suggrer des noms de reviewers dune part, dautre part une gestion insuffisamment

    scurise des mots de passe dans les logiciels de support des tches de peer-

    reviewing. Depuis ces affaires, tous les diteurs ont scuris leurs procdures pour

    viter ce type de fraude, dont lincidence est appele dcliner rapidement.

    16 The STM Report An overview of scientific and scholarly journal publishing, Fourth Edition, March 2015, mis en ligne en avril 2015 (http://www.stm-assoc.org/2015_02_20_STM_Report_2015.pdf). 17 http://www.nature.com/news/publishing-the-peer-review-scam-1.16400

    http://www.retractionwatch.com/http://www.stm-assoc.org/2015_02_20_STM_Report_2015.pdf

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    29

    Source de fraude souvent voque dans le pass, le plagiat est largement dissuad.

    La conversion numrique des flux ditoriaux permet dsormais des outils logiciels

    ddis de reprer les plagiats sur la base de vastes corpus de textes. Le consortium

    Crossref (www.crossref.org) qui fdre la plupart des diteurs scientifiques au plan

    mondial18 propose le service Crosscheck de dtection de plagiat base sur la

    technologie iThenticate.

    Springer a annonc en avril dernier lintgration son workflow ditorial de loutil de

    dtection de faux scientifiques SciDetect dvelopp au Laboratoire dInformatique de

    Grenoble19. Plus facilement dcelable le plagiat donne donc lieu plus de

    signalements, mais la puissance des outils de signalement est de plus en plus

    dissuasive.

    La "Lost science" : l'vitement du modle dominant

    La "lost science": ce nologisme est parfois utilis pour dsigner les formes et

    conditions de production d'articles, contournant les pratiques dominantes de la

    publication numrique et fatalement voues de lourdes dperditions

    Vertueuses ou non, les pratiques de "lost science" remettent directement en question

    l'apprciation de l'article sous l'clairage de la frquence de citation. Ces pratiques de

    riposte ne vont pas elles-mmes sans effets pervers : au cur du halo

    numrique de l'IST, ces usages gagneraient tre mieux cerns.

    Evolution de l'offre de publication : un dvoiement vit

    La mconduite ne menace pas que les publiants : elle a pu galement tenter de faire cole chez les diteurs. Grce la publication numrique, les barrires lentre dans le champ de ldition scientifique en Open Access ont t considrablement abaisses. Ce qui a t mis profit par de nombreux nouveaux entrants, dont certains (PLoS, Biomed Central, Hindawi) ont acquis une forte notorit. Parmi ces nouveaux entrants, on a pu relever la prsence d diteurs moins scrupuleux proposant de nouvelles revues dont la finalit est avant tout de capter des APC (Article Processing Charges), en fixant celles-ci des niveaux trs faibles (quelques centaines de dollars), dans une sorte de dmarche de dumping ditorial... Lmergence de ces Predatory Journals (revues prdatrices) a t pointe par diffrents auteurs20. Dans son STM Report (cf. note 1), lassociation internationale de publication en STM, relativise trs fortement lide quil y aurait un dveloppement dune dition scientifique de moindre qualit. Ce rapport note que la profession des pure players de ldition scientifique en OA sest fdre au sein de lOpen Access Publishers Association (www.oasp.org) qui a dfini des codes de bonnes pratiques exigeants.

    18 La tche premire de Crossref est dattribuer aux articles scientifiques un DOI) 19 www.cnrs.fr/dist/z-outils/documents/Distlefil/distlefil12.pdf 20 Beall, J. (2012). Predatory publishers are corrupting open access. Nature News, 489

    http://www.crossref.org/http://www.oasp.org/

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    30

    Par ailleurs le STM Report souligne que lors de la soumission de leur projet darticle un diteur, les chercheurs publiant sont trs attentifs la notorit et limage de la revue laquelle ils sadressent. L'inquitude sur l'mergence des Predatory Journals sest donc rapidement dsamorce. Paralllement, les formes de la revue par les pairs se renouvellent, sous l'effet de technologies numriques. 21 Il ne fait cependant pas de doute que la multiplication y compris chez les plus grands diteurs de mga-revues moins slectives, la multiplication des nouvelles revues en Gold Open Access , en largissant notablement les dbouchs de la publication, a contribu dans les 4 dernires annes rendre la publication scientifique plus large dans ses critres. Ce phnomne doit tre analys la lumire de la dmarche ditoriale qui constitue le cur de la Lost Science, et non dune perte de repres et de qualit de la publication scientifique.

    La "Lost science" et la raction numrique au H factor

    PLoS One a t l'vnement majeur de ce changement numrique, en affirmant de faon prometteuse : " PLoS ONE features reports of primary research from all disciplines within science and medicine. By not excluding papers on the basis of subject area, PLoS ONE facilitates the discovery of the connections between papers whether within or between disciplines." Malgr le lancement dans les 12 derniers mois par tous les grands diteurs scientifiques de mga-revues destines concurrencer la revue PLoS One, le systme existant de la communication scientifique repose encore sur une logique slective qui aboutit lacceptation dune minorit darticles pour publication, mais limine bon nombre de publications (chaque revue applique un taux de rejet qui peut aller jusqu 90% pour une revue comme Nature, Elsevier ne publie quun tiers du million darticles qui lui sont soumis annuellement). Ces rejets ne se font pas en raison dun non-intrt scientifique intrinsque des articles rejets, mais refltent des apprciations ingalement profitables la qualit de la science. Ces apprciations de rejet peuvent tre mises, soit parce que ces articles ne sont pas susceptibles dtre ultrieurement trs cits, (et donc nuisent au facteur dimpact de la revue), soit parce quils refltent des rsultats ngatifs, soit parce que lintrt des rsultats prsents na pas t peru par les reviewers. La croissance de la production d'IST ne sest pas accompagne ni dune croissance parallle du nombre de revues susceptibles daccueillir cette production, ni dune augmentation suffisante du nombre darticles publis par revue. Un mcanisme apriori restrictif, voire dans certains cas dlibrment malthusien, mettait en mouvement le systme de publication peer-reviewed, et organisait une raret des dbouchs (les

    21 STM Report cite Note 1: "There is a significant amount of innovation in peer review, with the more evolutionary approaches gaining more support than the more radical. For example, some variants of open peer review (e.g. disclosure of reviewer names either before or after publication; publication of reviewer reports alongside the article) are becoming more common. Cascade review (transferring articles between journals with reviewer reports) and even journal-independent (portable) peer review are establishing a small foothold. The most notable change in peer review practice, however, has been the spread of the soundness not significance peer review criterion adopted by open access megajournals like PLOS ONE and its imitators. Post-publication review has little support as a replacement for conventional peer review but there is some interest in its use as a complement to it (for example, the launch of PubMed Commons is notable in lending the credibility of PubMed to post-publication review). There is similar interest in altmetrics as a potentially useful complement to review and in other measures of impact."

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    31

    revues facteur dimpact), survalorisant les rsultats publis et les revues concernes. Le paradoxe est que cette raret artificielle de la volumtrie des dbouchs en revue refltait plutt lconomie du support imprim (o la limitation du nombre darticles est lie aux limites du medium physique et de la typographie) alors que la publication lectronique permet aujourdhui de dpasser ces limites du support papier imprim, cout variable nul. La masse de connaissances scientifiques mises en forme (au travers de la rdaction par des chercheurs dun article pour soumission une revue) mais qui finalement ne trouvent pas de dbouch en raison de la forte slectivit des revues facteur dimpact a t conceptualise, et constitue ce que des auteurs anglo-saxons22 ont pu dsigner sous le vocable de Lost Science (que lon pourrait traduire par la notion de connaissance oublie). On a donc pu soutenir systmatiquement qu'une mtrique reposant sur un nombre darticles publis, comme celle propose par les principaux indicateurs bibliomtriques, ne reflte donc que partiellement la qualit et l'tendue de lensemble de la production scientifique23. Divers outils servent de rfrence et constituent des approximations frquemment utilises24. On notera quavec lmergence du thme de la Lost Science est pour la premire fois pose sur des bases empiriques solides la question de lefficience globale du systme de la communication scientifique actuel. Et ce non pas du point de vue des mrites compars des modles Toll Access et Open Access, mais dun point de vue pistmologique qui met en parallle dune part le systme de publication dans les revues facteur dimpact, dautre part la dynamique mme de la production de connaissances, en faisant apparatre clairement les effets pervers du systme actuel de la publication scientifique.

    Halo numrique et Lost science : des solutions mergentes

    La ralit de cette situation n'a pas chapp aux principaux centres d'analyse et de production d'IST aux Etats Unis, dont le Data Science Center de NYU, ce Centre, avec lequel la DIST prpare un sminaire IST pour l'automne 2015, vient prcisment de signer avec la DARPA un important contrat de recherches (360 millions de dollars) sur l'extraction de la Lost Science dans le Deep Web partir d'algorithmes de tri dfinis par Juliana Freire, notre interlocuteur. http://www.baselinemag.com/careers/slideshows/11-tips-for-giving-a-great-speech.html

    22 Neal S. Young, John P. A. Ioannidis, Omar Al-Ubaydii, Why Current Publication Practices May Distort Science, PLoS Medicine, 7 octobre 2009. Larticle paru dans PLoS Medicine est la synthse dun article plus dvelopp galement accessible sur le site www.plosjournals.org. Les auteurs centrent leur propos sur la publication scientifique dans le domaine de la recherche biomdicale (qui reprsente on la vu 30% de la production scientifique mondiale mesure au nombre darticles publis), domaine o les enjeux conomiques sont considrables et la comptition entre quipes de recherche trs marque. 23 La seule exception ce constat est lie au domaine de la physique des hautes nergies pour laquelle la plate-forme ArXiv collecte systmatiquement les articles dans leur version prprint (400 000 articles prprint sont disponibles dans cette base). 24

    http://googlescholar.blogspot.co.uk/2014/06/2014-scholar-metrics-released.html

    http://www.baselinemag.com/careers/slideshows/11-tips-for-giving-a-great-speech.htmlhttp://www.plosjournals.org/http://googlescholar.blogspot.co.uk/2014/06/2014-scholar-metrics-released.html

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    32

    Par ailleurs, les diteurs de science sont les premiers conscients du phnomne de Lost science puisquils sont au cur du mcanisme trs slectif qui le fonde. Dans les douze derniers mois des rponses partielles ont t donnes, au travers du lancement de nouvelles revues, pour contrer linitiative des diteurs le phnomne de Lost Science. Tous les grands diteurs sans exception ont cr dans les douze derniers mois des mga-revues multidisciplinaires, dont le taux de rejet nest que de lordre de 30% et dont le modle est PLoS One, premire revue en OA cre en 2006. Ces nouvelles revues publient des matriaux qui jusquici chappait ldition scientifique : articles rendant compte de rsultats ngatifs, articles fournissant des donnes mthodologiques dtailles garantissant la reproductibilit des rsultats de la recherche, articles de curation de jeux de donnes issus dune recherche. Le dpassement probable du phnomne de Lost Science est aussi li la maturit des technologies dexploitation des gisements de connaissances. Dans un contexte jusqu aujourdhui domin par les technologies de search, fournissant en rponse une requte des listes de rsultats pertinents, la limitation des corpus darticles scientifiques exploitables rpondait aussi la ncessit de ne pas dgrader (par la gnration de bruit cest--dire de rfrences non pertinentes) la performance de ces outils. Demain les technologies du Text et du Data Mining (TDM), capables de traiter des corpus beaucoup plus volumineux permettront de dpasser le problme de la Lost Science : dans le contexte dune exploitation en TDM, un rsultat ngatif, une notice mthodologique, la description dun jeu de donnes reprendront leur place de connaissances scientifiques exploitables. La DIST est au cur de ces logiques avec des projets comme ISTEX, IA dot de 60 Millions d'euros (chef de projet : R. Fabre). La DIST donne priorit ces dveloppements, travers les services d'analyse smantique proposs par ISTEX (7 quipes universitaires coordonnes par JM Pierel, PU, UL, Chef de projet Services). C'est une dimension essentielle de services pour les Instituts25 au cours des annes venir: la stratgie IST prvoit une offre de services en 2016 en la matire.

    Une mtrique plus riche : un enjeu global danalyse interdisciplinaire

    Une mesure plus systmatique apparait mme indispensable dans les nombreux domaines o la mtrique n'offre pas aujourd'hui les solutions d'analyse qu'appelle le dveloppement rapide de l'interdisciplinarit. Une tude longitudinale STM et SHS sur 2800 journaux appartenant 13 maisons d'Edition de science de premier rang.26 s'est donn pour tche de reprer, pour toutes

    25

    Voir Rapport STM cite Note 1: "Semantic technologies have become mainstream within STM journals, at least for the larger publishers and platform vendors. Semantic enrichment of content (typically using software tools for automatic extraction of metadata and identification and linking of entities) is now widely used to improve search and discovery; to enhance the user experience; to enable new products and services; and for internal productivity improvements. The full-blown semantic web remains some way off, but publishers are starting to make use of linked data, a semantic web standard for making content more discoverable and re-usable "

    26 By Philip M. Davis, Ph.D. Phil Davis Consulting, 432 Mitchell St., Ithaca NY 14850. [email protected] | 607 272--5461 http://phil--davis.org

    mailto:[email protected]

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    ces revues facteur d'impact lev, le temps de "demi-vie" (temps ncessaire l'obtention de la moiti des rsultats entrant dans leur score respectifs de citation). Cette tude originale montre assez clairement ce qu'on savait dj, savoir que, qualit gale des journaux, la frquence de citation diffre nettement d'un champ disciplinaire l'autre. Cette diffrence a pour consquence de requrir, pour tous les cas o la publication emprunte ses bases deux champs de connaissances loigns dans la demi-vie de citations, la construction d'indices synthtiques d'analyse permettant de faire clairement ressortir les critres d'interdisciplinarit. Ce n'est pas ncessairement compliqu, et la DIST est prte travailler l-dessus : encore faut-il le proposer et le faire. Tableau: Demi-vie moyennes des taux de citation globale par dure en mois, et rpartition des dures moyennes pour un ventail des principaux journaux de rfrence des groupes de disciplines values

    Source: By Philip M. Davis, Ph.D. Phil Davis Consulting, 432 Mitchell St., Ithaca NY 14850. [email protected] | 607 272--5461 http://phil--davis.org

    Une homognisation des normes internationales, prne par l'ONU comme par l'ICSU, constituerait par ailleurs un premier progrs.

    La perte en ligne d'IST : un halo numrique en surplomb

    Production des donnes et production d'articles: un cart croissant ?

    La stratgie IST du CNRS observait que le foss se creuse entre d'une part, les cycles

    de production des donnes et, d'autre part, les cycles de publication des rsultats

    scientifiques. Or, selon les rares grands inventaires disponibles ce sujet, les donnes

    inutilises s'accumulent toujours plus, dans les domaines correspondant de la

    publication

    mailto:[email protected]

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    Un "goulet d'tranglement" menacerait ainsi l'efficience de l'observation et cet obstacle

    irait croissant avec la multiplication des capteurs de donnes. Cette analyse,

    quantifier et vrifier, appelle des rponses globales pour prvenir des pertes en ligne

    croissantes d'IST. En collaboration avec la DIST, des rponses construites mergent,

    a. pour rpertorier et publier les donnes, b. pour orienter leur passage la publication,

    et c. pour ouvrir de nouvelles formes de la publication.

    Le halo numrique des donnes et l'Edition scientifique: la difficile recherche de solutions

    Il y a peu d'images globales des difficults actuelles associes cet cart, pourtant situ au cur des futures logiques de publication de bon nombre de disciplines. Le Schma suivant, assez loquent, est systmatiquement utilis par le Disruptive Technologies Department d'Elsevier en 2014 et en 2015 : on peut donc lui prter au moins de chercher convaincre. Si cette prsentation globale tait clairement confirme, la dperdition des donnes (stockage sur les disques durs des laboratoires.) atteindrait 90% des donnes produites, chiffre qui doit videmment tre affin et analys Tableau: Production de donnes et production de publication: les pertes en ligne d'IST

    Source : Elsevier, Disruptive Technologies Department 2014

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    La question pose l'Edition scientifique est claire, quel que soit l'ordre de grandeur prcis, et c'est une question ditoriale majeure, qui conduira prciser le contour du halo numrique actuel de l'IST. Le STM Report prcise pour 2015 observe ce qui suit sur le sujet :

    The explosion of data-intensive research is challenging publishers to create new solutions to link publications to research data (and vice versa), to facilitate data mining and to manage the dataset as a potential unit of publication. Change continues to be rapid, with new leadership and coordination from the Research Data Alliance (launched 2013): most research funders have introduced or tightened policies requiring deposit and sharing of data; data repositories have grown in number and type (including repositories for orphan data); and DataCite was launched to help make research data cited, visible and accessible. Meanwhile publishers have responded by working closely with many of the community-led projects; by developing data deposit and sharing policies for journals, and introducing data citation policies; by linking or incorporating data; by launching some pioneering data journals and services; by the development of data discovery services such as Thomson Reuters Data Citation Index. Text and data mining are starting to emerge from niche use in the life sciences industry, with the potential to transform the way scientists use the literature. It is expected to grow in importance, driven by greater availability of digital corpuses, increasing computer capabilities and easier-to-use software, and