la problematique des materiaux de construction au burundi

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LA PROBLEMATIQUE DES MATERIAUX DE CONSTRUCTION AU BURUNDI PAR SIMUZEYE THEODOSE Université du Burundi Département des Sciences de la Terre Tel : 257 79 956 078 Mail: [email protected]

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  • LA PROBLEMATIQUE DES MATERIAUX DE CONSTRUCTION AU BURUNDI

    PAR SIMUZEYE THEODOSE Universit du Burundi

    Dpartement des Sciences de la Terre Tel : 257 79 956 078

    Mail: [email protected]

  • TABLE DES MATIERES I. Principaux Matriaux Locaux de Construction 1.1 Les argiles 1.2 Les graviers et sables 1.3 La chaux, le ciment et les pouzzolanes 1.4 Les Concasss 1.5 Les pierres de construction 2. Les barrires la production 2.1 Le problme des matires premires 2.2. Le savoir-faire technologique 2.3 Les quipements insuffisants et peu performants 2.4. Le problme de lnergie 2.5 Labsence de promoteur 2.6. Le problme du march dans certains cas 3. Les barrires lutilisation 3.1 Les barrires psychologiques 3.2 Les barrires techniques 4. MATERIAUX IMPORTES 5.CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

  • AVANT- PROPOS Le Burundi, petit pays en dveloppement de lAfrique Centrale, prouve des

    difficults pour son dveloppement conomique principalement cause de son enclavement et labsence des matires premires intressantes exploiter, pouvant servir de base pour la cration des activits gnratrices demplois et de valeur ajoute. En plus de cette fragilit conomique du pays, sajoute les prix prohibitifs du transport qui limitent les importations. Cette problmatique, laquelle il faut ajouter la dmographie galopante et laccroissement acclr des centres urbains, font que la demande en matriaux de constructions augmente de manire assez inquitante, qui se traduit par lexploitation anarchique des fonds de valles et des flancs de collines dont ne profitent quune infime partie des populations rurales, vu que ces exploitations ont principalement une finalit commerciale. Pour faire face tous ces dfis, le Burundi devrait engager une politique de dcentralisation des logements ainsi quune politique damlioration de lhabitat rural, urbain, des voiries tout en rduisant les cots de construction qui doivent rester abordables pour le plus grand nombre. Cela devrait tre une des proccupations centrales du Gouvernement. Cette politique mnera, pour les plus dfavoriss, une amlioration de leurs conditions de vie, de sant et par consquent, de la productivit locale. Lamlioration des voieries facilitera les changes dune rgion lautre. Pour mener cette politique damlioration de lhabitat, les pouvoirs Burundais ont initi depuis de nombreuses annes des projets dans le but de diminuer les couts des importations

  • Dans les annes 1990, un des objectifs du Gouvernement Burundais tait lhabitat dcent pour lanne 2000 . Cest dans ce cadre que le Ministre du Dveloppement Rural a opt pour la cration de nombreux projets artisanaux en collaboration avec les partenaires internationaux. Ainsi ont vu le jour le Projet Artisanat Kayanza (PAK) et le Centre de Formation Artisanal (CFA) de Gitega toujours fonctionnels, le Projet Artisanat Buyenzi (PAB), le Projet MUGAMBA ainsi que le Projet Fours- Tunnels qui ont arrt leurs activits faute de financements. Tous ces projets avaient pour objectifs principaux la promotion des Matriaux Locaux de Construction (MLC) en mettant un accent particulier sur la tuile comme matriau local ce couverture . Le projet Fours tunnels a, paralllement limplantation des fours tunnels, procd lidentification et lvaluation des gisements dargiles pour Fours Tunnels surtout dans les rgions ou de nouveaux fours devaient tre installs. Le Centre de Formation de GITEGA ainsi que le Projet Artisanat Kayanza ont entre autre organis des sessions de formation de bons nombres dartisans dans un but de vulgarisation, en collaboration avec la Direction Gnrale de lArtisanat. Pour plus defficacit et dans un souci duniformisation, les diffrentes structures se sont mises daccord pour dterminer les normes des produits finis principalement les tuiles. Aujourdhui encore, dans presque toutes les rgions du pays, des units de fabrication de produits locaux en argile (briques, tuiles, tomettes carres et hexagonales, tasses, vases,..) sont fonctionnelles, mais leurs produits ne sont pas de qualit et partant, non comptitifs (CFA GITEGA, MUTOYI, BUTEZI, ECOLE DART DE GITEGA,..). Cela est principalement d au manque de matrise de la technologie ainsi qu la qualit des argiles employes. En plus de cela, la vulgarisation et le respect des normes nont pas t suivis et cela a conduit la situation actuelle ou aucune norme nest dicte conduisant la mise sur le march des produits souvent de mauvaise qualit.

  • Au Burundi, les matriaux de construction peuvent tre subdiviss en deux groupes savoir : - Les Matriaux Locaux de Construction constitus principalement par des produits en argile et les concasss

    - Les matriaux imports constitus par les matriaux de couverture et ,le matriel de ferronnerie, les pierres de parement, tout ce qui a trait aux sanitaires,

    1. PRINCIPAUX TYPES DE MATERIAUX LOCAUX DE CONSTRUCTION 1.1 LES ARGILES

    Au Burundi, les argiles sont principalement utilises dans la fabrication des briques, tuiles, tomettes.. Nanmoins, il ny a pas encore eu une valuation aussi bien quantitative que qualitative sur toute ltendue du territoire. Seules les provinces de BURURI- GITEGA-MURAMVYA-MWARO ont fait lobjet dune tude dans le cadre du projet FOURS TUNNELS en 1999. Cette tude a port sur la dtermination des caractristiques suivantes : la dtermination des rserves, les limites dAtterberg, le retrait ainsi que la permabilit, la porosit ainsi que la rsistance la compression pour les produits finis. Actuellement une tude en cours mene par le projet SKAT-PROECCO inventorie les units de Production des Matriaux de Construction et des combustibles travers tout le pays mais aucun accent nest mis sur la qualit des matriaux utiliss et des produits finis. Par ailleurs, le gisement de kaolin de Vyerwa Ngozi, dont lvaluation dun primtre a rvl des rserves suffisantes pour limplantation dune usine cramique est en passe dtre perdu vu que la viabilisation de ce site est en cours et que des constructions ont dbut.

  • 1.2. LES GRAVIERS ET SABLES Les gisements de graviers et sables sont principalement les lits des rivires, les plaines alluviales et les terrasses. Lexploitation est anarchique et non contrle. Pour ce secteur aussi, lvaluation systmatique des rserves, de la granulomtrie, la forme et la composition des grains na pas encore t faite alors que ces paramtres sont plus que ncessaires pour la dtermination de laffectation du matriau.

    1.3. LA CHAUX, LE CIMENT ET LES POUZZOLANNES La chaux et le ciment sont produits base de roches carbonates dont on trouve une grande quantit dans la rgion de Bukemba Rutana et dans une moindre mesure Gihungwe et Rukeco (Ngozi) o on trouve des travertins. Actuellement du ciment est produit par lentreprise BUCECO qui utilise en grande partie de la matire premire importe. La chaux est encore produite par des particuliers que ce soit Bukemba ou Bujumbura alors que le four chaux de Rukeco est larrt. Il est aussi signaler que les diffrents gisements nont pas encore t valus aussi bien au niveau des rserves que de la composition de ces calcaires.

    1.4. LES CONCASSES Les roches sont concasses pour de multiples usages parmi lesquels on peut mentionner la fabrication du bton et le revtement des routes. En effet, 75% du volume dun bton sont constitues par des agrgats. On comprend des lors limportance considrable des proprits de ces agrgats sur la qualit du bton. Parmi ces caractristiques dont on devrait tenir compte figurent notamment :

    -la rsistance mcanique : de mauvais agrgats conduisent la dtrioration du bton et un retrait important lors du schage. Il faut alors que les granulats aient une rsistance plus importante que le ciment qui les enrobe.

  • - la forme des granulats : elle est lie la gomtrie et la densit des joints ainsi qu la texture de la roche. Une roche dont les minraux sont orients produira des granulats allongs en tablettes. Or, les granulats anguleux sont difficiles utiliser et donnent un bton faible rsistance mcanique. - la texture la surface du granulat : importance sur ladhrence du ciment

    - la porosit du granulat : influence sur son absorption de leau, son lasticit, sa rsistance mcanique, sa densit et sa stabilit chimique.

    - la raction alcaline : la fabrication du bton provoque des ractions dhydratation et de libration des alcalins qui attaquent les agrgats siliceux pour former un gel alcali-silice. La pression osmotique exerce par ce gel peut conduire la rupture du bton.

    - la proportion des fines : Eviter les roches qui donnent beaucoup dlments fins qui absorbent beaucoup deau et causent une dilatation dans le bton. La proportion des fines ne doit pas excder 3 %. On vitera aussi les minraux sulfurs qui soxydent, shydratent et conduisent un accroissement volumique ainsi que la matire organique qui retarde lhydratation, diminuant ainsi la rsistance du bton.

    - le type de roche et son mode dexploitation : on prfrera les roches trs fractures, lexploitation en carrire ouverte et les explosifs trs brisants si ncessaire. Au Burundi, les normes ne sont pas dictes pour les diffrentes roches susceptibles de donner des agrgats et mme si elles existaient, il ny a aucune structure suffisamment outille pour les faire respecter.

  • 1.5. LES PIERRES DE CONSTRUCTION Les pierres peuvent tre utilises pour les fondations et llvation des murs, le

    pavement, le placage aux faades et la toiture (ardoises). Elles peuvent aussi tre polies pour en faire du marbre ou alors tre utilises comme telles.

    Les principales caractristiques qui devraient guider la recherche de ces matriaux sont : Le volume extraire : dure de vie minimale de 20 ans pour une carrire et les

    rserves sont values en tenant compte de laccroissement de la demande - les conditions dextraction : Elles tiennent compte : - de la nature des roches (massives, magmatiques ou stratifies, sdimentaires), - lpaisseur du manteau daltration (facteur limitant en zone tropicale),

    - les joints dterminant pour lexploitabilit : joints serres pour le concassage, joints espaces pour pierres de taille et marbres et roches feuilletes pour les ardoises. -la stabilit du massif : tenir compte des conditions hydrogologiques pour viter par exemple la pollution des nappes -lhabitant et lenvironnement - lusage des explosifs conditionn par les joints, la stabilit et lutilisation de la roche - les proprits mcaniques : critres de duret, densit, porosit, permabilit, rsistance la compression, la fragmentation et la traction. Proprits recherches variant avec lusage (marbre, ardoise) - la workabilit : facilit avec laquelle la roche est taille et/ ou polie. Elle dpend de la texture et la porosit. Les roches texture fine sont tailles plus facilement que les roches grenues.

  • - laltrabilit : facteur essentiel pour les roches exposes aux intempries. Elle dpend de la composition minralogique, de la texture, de la permabilit du degr de fissuration et du climat. - la prsence des sels : Une roche contenant des sels sera intrieurement faible. La cristallisation des sels dans les pores y entraine des pressions pouvant dpasser 1.000 bars, suffisantes pour provoquer la rupture de la roche. Au Burundi, lusage de la pierre dans la construction est limit aux fondations, llvation des murs dans certains cas, le pavement et le placage aux faades. Ici encore, il ny a pas de normes exiges pour chaque usage et chacun le fait comme il lentend Malgr la prsence des ardoises dans la rgion de Rutana (Wivyuma), leur utilisation dans les toitures na pas encore t initie. De mme, la taille et le polissage des pierres comme marbres est inconnue au Burundi. Tous les produits sont importes alors que le Burundi dispose dun potentiel certain vu labondance presque partout dans le pays de roches granitiques, des gabbros et dolrites, des synites, des roches calcaires Une tude sur la possibilit de fabrication du marbre partir des granites de Matana, de Makebuko, de Rutegama et des Synites de Matongo vient dtre commence dans le cadre dun travail de fin dtudes universitaires sous notre encadrement. On le voit donc, le secteur des Matriaux Locaux de Construction est confront plusieurs barrires dont la constance depuis plusieurs dcennies constitue un srieux obstacle dont la suppression est un pralable pour toute promotion de ces matriaux.

    Ces barrires peuvent tre spares en deux groupes savoir : - Les barrires la production : matires premires, savoir- faire technologique, quipements insuffisants et peu performants, absence de promoteurs, problmes de march (apprendre construire Burundais) - Les barrires lutilisation : psychologiques, techniques

  • 2. BARRIERES A LA PRODUCTION

    2.1. Problme des matires premires La plupart des units de production sont confrontes au problme dacquisition des gisements dargiles surtout pour les briques et tuiles. Le prix des terrains est lev et cela sajoute la taxe communale et plus rcemment la taxe de loffice Burundais des Recettes (OBR) En plus de cela la surexploitation dans certaines zones fait que les artisans sattaquent actuellement aux flancs de collines et utilisent les sols rouges faiblement argileux. Cette pratique nuit lenvironnement et rien ne certifie que les produits finis sont de meilleure qualit.

    2. 2. Le savoir-faire technologique

    La technologie de production de la plupart des produits, mis part le marbre nest pas sophistique en soi mais il existe des normes quil importe de respecter pour arriver obtenir une qualit acceptable. Malheureusement ces normes sont peu connues et la plupart des personnes qui se lancent dans la production de ces matriaux sont des non-initis. Ainsi, il ne suffit pas dencourager la production de ces matriaux sans indiquer lartisan quelles sont les caractristiques par exemple dune bonne argile ou dune bonne brique ou tuile, les norme des pierres pour fondations, un bon concass,.. Si lmentaire soit-elle, la technologie ne peut sacqurir sans passer par une formation adquate ou une information approprie. Il existe dans le pays trs peu dcoles dispensant une formation artisanale qui sortent des artisans au compte gouttes. Mme le Centre de Formation Artisanale de Gitega (CFAG) longtemps soutenu par la Coopration italienne nest plus que lombre de lui-mme. Le Centre de Recherche sur les Technologies et les Matriaux de Construction du Gnie Civil CRTM Gnie Civil pourrait mettre la disposition des artisans des brochures aide-mmoires illustrant les rgles lmentaires de production et dutilisation des matriaux de construction

  • 2.3. Equipements insuffisants et peu performants La plupart des units de production travers le pays utilisent un quipement rudimentaire consistant, pour les briques, tuiles et tommettes en un simple moule en bois qui se dform facilement et qui est difficile dentretien. De plus. Il manque le plus souvent des hangars ou abris de schage, de surfaces appropries de stockage et de table de travail. Ceci est l origine de la mauvaise qualit des produits finis En outre, les fours utiliss ne sont pas toujours suffisamment performants et le rendement par fourne est trs peu satisfaisant cause de la propagation non uniforme de la chaleur qui entraine un pourcentage lev de produits mal cuits. Il convient alors de proposer une assistance technique aux units de production et de leur assurer un encadrement approprie. Le cadre le mieux approprie pour mener cette activit est notre avis ce Centre de Recherche sur les Technologies et les Matriaux de Construction du Gnie Civil- CRTM Gnie Civil

    2.4. Problme dnergie Aujourdhui, la production des briques et tuiles et tous les autres produits en argiles utilise essentiellement le bois comme seul combustible. Les restrictions du Ministre ayant lenvironnement dans ses attributions entrainent des problmes dapprovisionnement en bois qui devraient les inciter chercher des combustibles de substitution comme la parche de caf et les balles de riz. Le Centre de Recherche pourrait aider les artisans dans la recherche sur les fours plus performants comme les fours a chambre utilisant des copeaux de bois ou les fours Hoffman ou de type VSBK.

  • FOUR A CHAMBRES UTILISANT LA SCIURE DE BOIS (RWANDA)

    FOUR A CHAMBRES UTILISANT LA SCIURE DE BOIS (RWANDA)

  • 2.5. Absence de promoteurs Jusquaujourdhui, le secteur des Matriaux Locaux de Construction nattire pas beaucoup de promoteur prives. Il est considr comme haut risque parce quil ncessite des frais levs pour linstallation, le dmarrage et un fond de roulement consistant. De plus mis part la brique, tuile et le bois, les autres matriaux sont mal connus du public. Cest ainsi que de nombreux fours chaux comme celui de RUHANGA CIBITOKE, de RUKECO et de VYERWA NGOZI sont larrt depuis plusieurs annes alors que celui du Moso fonctionne par intermittence. La presque totalit des units de production sont de trs petite taille et appartiennent de petites associations paysannes et des particuliers.

    2.6 Problme de march dans certains cas Lors de lenqute en cours pour le compte de SKAT nous avons pu nous rendre compte que dans de nombreux cas, la production nest pas continue, faute de client. Les artisans travaillent sur commande. Pour les briques et tuiles par exemple, elles sont fabriques durant lt, priode durant laquelle les artisans profitent des tudiants et lves en vacances et durant le reste de lanne, ils attendent un ventuel client des fois hypothtique. Pour nombre de producteurs, les aires de stockage sont limites et la constitution des stocks serait une immobilisation de beaucoup dargent. Lautre problme qui se pose avec acuit est le contact entre les promoteurs immobiliers institutionnels, les entreprises et les producteurs. Les entrepreneurs et les promoteurs immobiliers doutent de la disponibilit de ces matriaux au moment voulu et leur prfrent des produits importes. De cette manire, ils ne contribuent pas laugmentation de la production. Il serait bon de signaler aussi que mme les services de ltat doutent de la qualit de ces matriaux locaux et le constat est que trs peu dimmeubles publics ont une toiture en tuiles.

    Afin de pallier tous ces problmes, il est plus que ncessaire de crer un circuit de commercialisation de ces produits qui mettrait en contact loffre et la demande. Le Centre servirait alors de relai dans ltablissement des contacts entre les concepteurs, les producteurs et les entrepreneurs.

  • 3. LES BARRIERES A LUTILISATION 3.1 Les barrires psychologiques Elles se manifestent par la rticence des gens utiliser ces matriaux en les considrant comme peu adapts lhabitat moderne. Ceci est la consquence des habitudes acquises de recourir systmatiquement aux produits importes jugs, parfois tort, de meilleure qualit. La multiplication des exemples qui font recours ces matriaux, surtout au niveau des btiments publics pourrait dissiper ce complexe. 3.2. Les barrires techniques Les solutions architecturales utilisant les Matriaux Locaux de Construction ne sont toujours pas bien maitrises par les concepteurs et les constructeurs habitus travailler avec des matriaux imports. En plus il subsiste des problmes dans lexcution des travaux avec certains matriaux de construction comme les toitures en tuiles. Les entreprises sont rticentes les utiliser cause des problmes dapprovisionnement, des dlais dexcution et de garantie dcennale. Certains exemples mal russis dans lutilisation de ces matriaux contribuent renforcer ces rticences alors que ces exemples ont le mrite dexister et devraient tre mises contribution dans la recherche des solutions appropries. Le Centre pourrait alors servir dans la recherche et la vulgarisation des techniques appropries pour chaque matriau.

  • 4. LES MATERIAUX IMPORTES Comme le montrent les donnes de lOffice Burundais des Recettes (OBR) pour lanne 2013, le Burundi exporte peu mais importe presque tous les matriaux autres que ceux qui servent pour llvation des murs.

    Ces produits proviennent de plusieurs pays aussi bien de la sous rgions que des pays trs loigns comme la chine et les iles Cocos. Cette diversification des sources dapprovisionnement ainsi que le manque dune structure suffisamment outille pour le contrle font que des fois la qualit et / ou la conformit de ces matriaux aux normes restent dsirer.

    Les dfis auxquels sont confronts les intervenants dans limportation et /ou la transformation des ces matriaux et que nous prsentons ici sont le rsultat dun atelier de rflexion organis le 7 novembre 2014 par Trademark East Africa et durant lequel il tait question de discuter de lopportunit de cration dune acirie dans un des pays de lEAC dans lequel les rserves en fer sont assez importantes pour justifier cette implantation. Or comme le montre le tableau ci-aprs, les trois seuls gisements de Musongati, Waga et Nyabikere totalisent plus de 220 millions de tonnes de fer.

    La cration dune acirie au Burundi se trouve alors justifie et cela permettrait non seulement de diminuer de faon drastique les importations avec tout ce que cela implique comme impact sur lconomie du pays mais aussi de fabriquer des produits dont la qualit est contrle

  • CODE PAYS Exporta/ons Importa/ons Grand Total

    AE United Arab Emirates 656 097 656 097

    BE Belgium 350 226 350 226

    CA Canada 336 336

    CC Cocos Irelands 202 202

    CD R.D.C 2 115 830 577 900 2 693 730

    CH Suisse 6 318 6 318

    CN China 7 675 787 7 675 787

    DE Allemagne 33 044 33 044

    EG Egypte 53 103 53 103

    ES Espagne 35 551 35 551

    FR France 235 938 235 938

    GB Great Britain 652 652

    GR Germany 2 000 2 000

    HK Hong Kong 19 350 1 019 20 369

    IE Ireland 322 322

    IN India 1 107 549 1 107 549

    IT Italy 187 606 187 606

    KE Kenya 334 252 13 890 171 14 224 423

    LB Liban 86 86

    ML Mali 42 42

    MU MauriOus 981 432 981 432

    MY Malaisie 100 100

    NG Nigeria 67 67

    NL Pays-bas 6 411 6 411

    PA Panama 55 400 55 400

    PK Pakistan 8 483 8 483

    RW Rwanda 3 331 116 862 404 4 193 520

    SA Saudi Arabia 212 074 212 074

    SG Singapour 334 413 334 413

    TC Iles caiques et Turques 28 000 28 000

    TN Tunisie 7 368 7 368

    TR Turkey 3 974 796 3 974 796

    TZ Tanzania 517 240 1 473 571 1 990 811

    UA Ukraine 20 225 20 225

    UG Uganda 576 606 11 088 465 11 665 071

    US United States of America 871 444 871 444

    ZA Afrique du Sud 1 005 489 1 005 489

    ZM Zambia 4 170 243 4 170 243

    Grand Total 6 894 394 49 914 334 56 808 728

  • QUANTITES DE MINERAUX ASSOCIES AU NICKEL DE MUSONGATI ET WAGA-NYABIKERE

    MUSONGATI

    MUSONGATI WAGA-NYABIKERE

    Minraux M i l l i o n s d e tonnes

    Minraux

    M i l l i o n s d e tonnes

    Nickel 4,89998811 Nickel 3,07539382

    Cobalt 0,32512784 Cobalt 0,10003904

    Cuivre 0,74467832 Cuivre 0,5227847

    Fer 143,893447 Fer 77,7722887

    EGP 0,13675824

    Total 150 81

  • Les principaux dfis relever dans ce secteur sont entre autre lies la technicit, la consommation de lnergie, la certification de la qualit des matriaux, .. Les contraintes relevs lors de latelier sont entre autre lies au fait que : - Les artisans locaux fabriquent des produits rudimentaires pour usage domestique ou agricole mais ces produits, mme bon march, sont de mauvaise qualit et souvent non concurrentiels lorsque le march est ouvert. - Souvent, nos pays ne peuvent pas satisfaire les exigences pour accder de gros investissements et ne peuvent pas tre comptitifs en face des produits de lAsie en dpit du cot du transport. - Les produits sont souvent de grandes dimensions et le cout du transport devient lev. Les produits fabriques localement sont alors souvent comptitifs sur le march intrieur mais pas pour lexportation mme dans les pays limitrophes. - Comme dans beaucoup de pays africains, le dveloppement de ce secteur est handicap par la faible fourniture en lectricit, le faible pouvoir dachat et labsence des structures de contrle. - Les machines et quipements sophistiques exigent un savoir-faire, une exprience et une rputation qui font que ce secteur est rserv aux pays industrialiss. - Le secteur informel et les entrepreneurs du secteur ont une part de responsabilit dans cette situation. En effet, ils profitent du fait que : a. Le produit est facile a fabriquer avec peu dquipements

    b. Le client nest pas exigeant en ce qui concerne la qualit c. Il ny a aucun contrle par des organismes officiels

  • - Pour les industriels, les erreurs sont les suivantes : a. Le mauvais calcul ou non de la rsistance des matriaux b. Les matriaux trs minces et de qualit inconnue c. Le soudage non fiable d. La mauvaise protection antirouille

    - Pour le secteur formel, les dfis sont les suivants : a. Trop peu de grands projets de march b. La concurrence avec le secteur non structure c. La mauvaise qualit et linadquation de la formation dans les Ecoles Techniques d. Labsence dorganismes de contrle dans le secteur de la construction e. Le manque de certification pour les soudeurs et dun organisme de contrle pour le soudage f. Le manque de certification des produits aussi bien imports que fabriqus localement. Des inquitudes ont t souleves par les personnes uvrant dans le secteur quant lincapacit du bureau Burundais de normalisation et du LACA de contrler la qualit des produits imports et fabriques sur place. Cela laisse le champ libre aux tricheries et abus qui peuvent mettre en danger la vie des populations.

  • 5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS On constate que, aussi bien pour les Matriaux Locaux de Construction que pour les produits dimportations, labsence des normes et des structures officielles pour les faire respecter est un dfi majeur auquel il faut imprativement trouver une solution. Le Centre de Recherche sur les Technologies et les Matriaux de Construction du Gnie Civil CRTM Gnie Civil dont lopportunit de cration fait lobjet de cet atelier est sans doute le cadre le mieux indique pour excuter diffrentes actions. Il sagit notamment de : 1. Lvaluation quantitative et qualitative des gisements a travers le pays pour une connaissance du potentiel national 2. La recherche sur lamlioration de la qualit des produits ainsi que les technologies appropries 3. Diffuser des brochures aide-mmoires illustrant les rgles lmentaires de production et dutilisation des Matriaux de Construction

    4. La recherche des nergies alternatives utiliser dans le domaine des Matriaux Locaux de Construction 5. Mettre en place des mcanismes dassistance en quipements appropris aux units de production 6.Assurer la formation des encadreurs par lorganisation de sminaires 7. Mettre sur pied un cadre de collaboration avec le BBN et le LACA en vue de la certification des matriaux aussi bien imports que produits sur place.

  • MERCI POUR VOTRE ATTENTION