La Pression numéro n°8

download La Pression numéro n°8

of 18

  • date post

    06-Jun-2015
  • Category

    Documents

  • view

    684
  • download

    6

Embed Size (px)

Transcript of La Pression numéro n°8

Lens : avant le Louvre, lart de la divisionpage 9Photo JD

de mars

L e Q uo t i d i e n d es Mu n i c i p al es 2 0 0 8 r a l i s p a r l e s t ud i a n t s d e l c o l e s u p r i e ur e d e jo u r n al i s m e d e L i l l e

N um r o 8 S a me d i 1 5 m ar s 2 0 0 8Photo ESJ

A pay !Les candidats rglent leurs comptes : locaux, tracts, afches... Une campagne lectorale a un cot. Entre prts, dons et systme D, relev des milles et unes manires dexister aux yeux des lecteurs.Photo KL

Motivs Roubaix, les militants PS collent les dernires afches sous la pluie.page 4

Contre-courant Delannoy lu facilement Tourcoing ne cde pas aux sirnes de la communication.page 15

DITO Fauchs !Fa u t e d e g r i v e s , o n m a n g e de s me rl es. Ou p lut t, f aute de mo ye ns , o n i mpr o v i s e . L a r g e n t d e m e u r e l e ner f de la guer re en pri ode l e cto rale . E n p ol i tique, le fri c ne f ait pas le b o n h e u r, m a i s i l y c o n t r i bue gra ndem ent s ans po ur a uta nt g ara nti r la vi cto ire dans l e s ur ne s. Autref o is l un de s p ar ti s f ranais le s p l u s r i c h e s , l e Fr o n t N a t i o nal prend aujourdhui l e au. tel p o int qu il a t o bli g de ve n dre so n si g e h i s t o r i q u e , l e Pa q u e b o t , p our tro uv er de s f onds. Dans de nomb reuse s c ommune s, l e FN a d re nonc er p r sente r des candi d a t s , c e q u i n a p a s e mp c h Ste ev e B ri oi s e t M a r i n e L e Pe n d e s o f f r i r un clip d e campagne 10 0 00 eur os po ur co nqu ri r l a m ai rie dH nin-Be a umont. Quentin Snchal, c andi da t Ch tea u-l A bba ye , v il l age de 80 0 ha bi t a n t s p r s d e S a in t -A m a n d l es-Eaux , a i nve sti : a f ch e s A 3 en p ap ie r gl ac e t c ou le urs. Mais rse au o bli ge , il a r us si li mite r ses frai s de c ampagne 3 9 6 e u r o s . E t , i l n y a p a s q ue dans l e s pe ti ts vi ll age s q ue l o n s ar range co mme o n p e ut. Dans l e VI e ar rond i s s e m e n t d e Pa r i s , J e a n Marc R esto ux est de ve nu c l b re grc e tro is bo uts d e ce l le s . C e c on c ie rg e de tr otto ir c omme il ai me s e f a i r e n o m m e r, e s t u n SDF q ui sur vi t av ec 38 0 euro s d e RMI p ar mois ! Une bon ne tte, un v erb e e uri e t d es rev e ndic ati ons da ns l es po ch e s p euv e nt e nco re suf re aujourdhui pour convai ncre. Lo i n de la po li tiq ue s pe c tac le e t des pa i ll ette s n ati o nal es, l es l e cti ons munic ip al e s s on t l o cc a si o n p our be auco up de f aire ente ndre le urs vo ix . Mm e si l n a p a s d p a s s l e s 4 % , Je a n-Mar c Re sto ux a ru ss i son c oup m di atiq ue

L

La course aux voix touche sa n. Si pour les imprimeurs ou les traiteurs cest un moteur conomique qui sarrte, les candidats, surtout les petits, doivent payer laddition.Par Hlne Bekmezian, Mlanie Carnot, Jean Dcotte et Benoist Pasteau

Le bl deL V N E M E N Tplus , explique-t-il. Il dplore cependant quinternet fasse perdre de son importance au papier. Pouvoir dachat. Un tract, cest efficace, mais il le dit lui-mme : Rien ne vaut le contact humain . Ce qui profite la restauration puisque, surtout pour les municipales, les candidats vont de runions publiques en petits djeuners, de bars en restaurants. Mais les traiteurs comme le lillois Lecocq prfrent les plus grosses lections. Les municipales naugmenent que lgrement notre activit, a na pas normment dincidence sur notre chiffre daffaires , explique Jrme Platteau, du service commercial. Pour la prsidentielle, nous avions beaucoup plus travaill, il y avait plus de rceptions et plus de moyens . Quant aux grands traiteurs parisiens, ils refusent de communiquer sur le sujet. All. La communication, justement, est la cl dune campagne russie et, pendant les lections, les ondes des tlphones portables fusent. Sur ce sujet, les oprateurs de tlphonie mobile sont catgoriquement muets et ne communiquent des noms que sur commission rogatoire . Mais chez Bouygues Tlcom on reconnat que le trafic rseau du week-end dernier a t un peu plus important que dhabitude . Conte de campagne. Autre moyen de communication efficace : le livre. Aprs une prsidentielle dj riche en publications, plus de vingt ouvrages sur les municipales sont parus entre janvier et fvrier 2008. Ils traitent des villes (La bataille de Paris (LArchipel), des candidats (Jean-Claude Gaudin : Une vie pour Marseille (Rocher) ou sont crits par les prtendants eux-mmes (Fminin singulier : journal par Marielle de Sarnez (Plon). Les diteurs refusent souvent de donner les chiffres de vente de ces livres toujours sur le march mais pour lections municipales 2008 : mode demploi, Sara Korenbajzer, des ditions Nathan, concde qu il y a eu un gros pic des ventes deux semaines avant le premier tour jusqu maintenant .

Clmence Lambard

LA PRESSION de marsQuotidien ralis par les tudiants de lESJ, de 2e anne (presse crite et agence) et de PHR. Refermentation et maturation - Directeur de la publication : Pierre Savary Fermentation - Directeurs adjoints de la publication : Sylvie Larrire, Cyril Petit, Yves Scher, Jacky Durand Houblonnage - Rdacteurs en chef : Marc-Antoine Barreau, Flore Thomasset Nicolas Kienast, Clmence Lambard Embouteillage - Rdacteurs en chef techniques : Caroline Bozec, Florian Hervieux, Sverine Rouby, Guillaume Willecoq Sur le blog des municipales de lESJ, lire, couter et regarder les reportages des deuximes annes : http://chroniquesdemars.blogspot.com cole suprieure de journalisme de Lille, 50 rue Gauthier-de-Chtillon, 59046 Lille Cedex. Tel : 03.20.30.44.00. www.esj-lille.fr

uc Doublet gagne toujours un scrutin. Une lection, cest un business , dit-il. Cette anne, son entreprise a fourni 3000 communes franaises en panneaux, isoloirs, urnes ou charpes de maires, la combinaison municipales - cantonales faisant de lanne 2008 un trs bon cr. Si cette entreprise du Nord qui a perdu le march de Lille ne communique pas sur les chiffres, un petit calcul permet de se faire une ide de largent gnr rien quavec les isoloirs (entre 220 et 600 euros lunit pour un isoloirs adapt aux handicaps) et les urnes (environ 250 euros). En gnral, les mairies renouvellent un peu moins de la moiti du matriel par lection. En sachant que le nombre moyen dlecteurs dune commune est de 1 300, quil faut environ un isoloir pour 1 000 personnes et quune urne peut contenir jusqu 2 000 bulletins, le chiffre daffaire de Doublet pour ces deux produits devrait se situer entre 700 000 et un million deuros pour les 3 000 communes. Sans compter les panneaux publicitaires (100 euros), tables (70 euros) et bustes de Marianne (740 euros mais 850 euros pour un buste Deneuve ou Bardot). Il est clair que Doublet aimerait pouvoir voter plus souvent. Dautant plus que les maires ont lorgueilleuse mais fructueuse habitude de quitter lhtel de ville avec leur charpe ! Pression. Entre les isoloirs et les urnes, le march est pour les imprimeurs. Henri Rou, la tte dune imprimerie de 16 salaris Jeumont (Nord), produit les bulletins mais aussi les professions de foi et les dpliants dune cinquantaine de candidats de sa rgion. Il dope ainsi son chiffre daffaire de 30 % sur la priode. Cest pratiquement les seules fois o lon travaille rellement plein temps. Pendant les lections, cest le travailler plus pour gagner

Laddition sil vous plat

120 %. Au final, la plus belle histoire damour des lections reste la presse. En 2007, anne dj dope par la Prsidentielle, le tirage moyen du quotidien national Libration a t dun peu plus de 140 000 exemplaires par jour. Le lendemain du premier tour des lections municipales, ce sont 308 492 exemplaires qui se sont vus diffuss, soit une augmentation de prs de 120 % des ventes. Idem pour Aujourdhui en France, avec 82 % de bonus. Le quotidien rgional La Voix du Nord, qui devrait logiquement profiter davantage de ces lections locales, a galement augment son tirage, quoique dans des proportions moindres, avec un petit bond de 34 %. Qui a dit que ces lections ne se jouaient pas lchelle nationale ?H.B.

La Pression de mars

2

Samedi 15 mars 2008

la campagneL V N E M E N Taire campagne sans un sou ? Pas si insens : SDF pendant trente ans, Jean-Marc Restoux briguait dimanche dernier la mairie du VIe arrondissement de Paris. Aucune fortune personnelle, relog depuis un an grce Emmas, ce barbu dbonnaire est parvenu sans gros moyens tutoyer 4 % des suffrages. Quand tu fais campagne, tu es forc de payer les affiches, les bulletins, les professions de foi, dtaille-t-il. a cote 1 800 euros en tout. Une colistire ma avanc largent, et je vais lui rembourser petit petit. Cest un prt norme pour moi ! , lance le quinquagnaire, voquant ses 380 euros de RMI. Ni QG, ni meeting : la tte de sa liste Un autre son de cloche, JeanMarc a fait campagne avec sa gouaille, le soutien de bnvoles et de clbrits comme Frdric Beigbeder, et un joli sens de la provocation. En proposant David Martinon, dbout de Neuilly, de rejoindre sa liste, lex-SDF a fait mouche. France 2, LCI, M6 Son histoire sduit les journalistes. Un bel espace mdiatique pour pas un rond. Certains petits candidats rivalisent dingniosit pour exister face larmada des partis nationaux. Tel Hamza El Kostiti, candidat de Gnration cologique Halluin, qui a parcouru pied 117 km entre sa ville frontalire et Bruxelles trois jours du premier tour. Rsultat : 7,27 % et fusion avec la liste du maire sortant Jean-Luc Deroo (PS). Djemi Drici, lui, a enregistr 3,57 % des taurateur qui lui a fait don de repas entre colistiers aprs les runions. Un plafond de 50 % (par rapport au budget global) est prvu pour ce type de dpenses. Pour Les Gens dHellemmes, la note est sale. Mme si elle a obtenu plus de 24 % au premier tour, la liste pourrait ne pas se faire rembourser les 6 000 euros de frais personnels. Raison : une association na pas la reconnaissance politique dans u