La langue fran§aise, de A   Z

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  • ~Communaut franaise de BelgiqueService de la langue franaise

  • La langue franaise de A ZLes textes de cet abcdaire ont t rdigs par Daniel Blampain,Pierre De Spiegeler, Martine Garsou, Andr Goosse, Tho Hachez,Jean-Marie Klinkenberg, Henty Landroit, Marie-Louise Moreauet Michel Trousson.

    Ils ont t publis dans Le Soir les mardis de mars, avril et mai 1995dans le cadre de la premire di tion La langue franaise en fte.

    Communaut franaise de Belgique

    Direction gnrale de la Cultureet de la Communication

    Service de la langue franaise

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  • Prface

    Le franais de A Z. Vingt-six vignettes. Vingt-six instantans - parfoisamusants, souvent surprenants - sur notre langue. Sur sa physionomie.Sur son pass, son prsent, son avenir. Sur ses richesses, parfois mconnues.Sur le visage particulier qu'elle se donne chez nous. Et aussi, vingt-six pistesde rflexion.

    Mais pourquoi cette plaquette

  • Ces pistes partent dans deux grandes directions.D'une part, il s'agit de rappeler ce qu'est une langue, d'expliquer

    comment la ntre vit et volue, de la dcrire sous ses multiples facettes.Nul doute que ces rappels ne rencontrent les intrts du public curieux.

    D'autre part, il s'agit d'attirer l'attention sur les multiples dfis auxquelsnotre langue est confronte ici et dans le monde. De montrer sans pathosla guerre des langues et des cultures qui fait actuellement rage - une ragediscrte, si on me pardonne cette expression hardie - l'chelle plantaire.De photographier la position actuelle du franais dans les mdias, dans lessciences et les techniques. De mettre en vidence d'importants problmessur lesquels, sous prtexte de technicit, on n'a pas toujours attir l'attentiondu grand public, comme ceux que posent la gestion de la terminologieet l'impulsion aux industries de la langue.

    Toures ces questions font l'objet d'une politique particulire: la politiquede la langue. Et, comme on le devine, il s'agit de bien autre chose quede grer une frontire linguistique. Qu'il soit capital de mener unevigoureuse politique de la langue n'a pas chapp la plupart des grandspays dvelopps et dmocratiques, qui, pour cela, ont mis sur pied desorganes de gestions linguistiques, chargs de conseiller les pouvoirs publics.

    En Communaut franaise de Belgique, ce rle d'orientation est dvoluau Conseil suprieur de la langue franaise qui, pour remplir ses missions,peut compter sur le Service de la langue franaise.

    En marge de la collection Franais & Socit qui propose des synthsesde recherches consacres au franais dans notre vie sociale, est ne unecollection de petits guides, destins tous, dont on publie ici le deuximenumro. Puissent ces instruments pratiques trouver le chemin du publicauquel ils sont destins: enseignants qui veulent aborder la langueautrement que comme structure grammaticale, curieux d'histoire, dcideursconomiques ou politiques, citoyens soucieux de l'avenir des collectivitsauxquels ils appartiennent ...

    Jean-Marie Klinkenberg,Prsident du Conseil suprieur de la langue franaise.

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  • Anthroponymie

    L'anthroponymie est l'tudees noms de personnes, notamment

    de leur origine. Nous portons notre nomde fam "lIe, souvenir de nos anctres,avec fie t, mme si sa forme estaberrante, su tout si elle est aberrante:parmi .a foulilles Lemaire, il est biende s'appeler le Maire.

    L'tymologie est souvent invoqueabusivement pour se donner une originehors du commun, notamment celtique,arabe, espagnole. Mais nous n'avons riengard de l'anthroponymie gauloise(ni mme de la latine), et les Arabes ontt romaniss bien avant que naissent lesnoms de familles. La terminaison - ez -(dans Fivez, etc.), qui fait penser une finale espagnole, est antrieure l'poque o nous dpendionsde l'Espagne et s'explique par l'ancienfranais: fiv est une variante de fieffqui signifiait d'abord pourvud'un fief, et le z servait viter unemauvaise lecture l'poque o lesaccents n'existaient pas.

    Les noms de familles sont d'ancienssurnoms transmis de pre en fils.Les premiers apparaissent ds le XII'sicle, mais il faudra attendre plusieurssicles avant que le systme s'tablisseet que les noms deviennent rigoureu-sement hrditaires et immuables.

    L'origine est souvent terre terre:ancien prnom, nom de profession ou delieu, sobriquet. Pour les trois premirescatgories, le critre du choix est facile dterminer: un anctre portant ce

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    prnom (Denis et ses formes familires:Nizet, Nisard), ayant cette profession(Boulanger), provenant de ce lieu(Dispa = de Spa) ou habitant unendroit ayant cette particularit(Dupont, Duchne). Pour les sobriquets,c'est souvent moins simple. Si Leroux estsans mystre, plusieurs raisons peuventjustifier Leblanc. Quant chacun de ceuxque l'on a surnomm Leloup, en l'absencedes tmoins du baptme, commentsavoir si c'tait pour son physique,son caractre?tait-il chasseur heureux ou vantard?Habitait-il une maison ayant un loupcomme enseigne?

    On rougit parfois de son nom, cause des moqueries qu'il suscite,mme quand elles ne sont pas justifiespar l'tymologie: Salpteur dsigneun ouvrier exploitant le salptre:dans Grandvaux, on a une forme de valcomme dans Clairvaux; dans Montcucq,cucq est synomyme rgional de mont.

    Ce dernier nom a t remplacpar Cumont. Il est en effet possiblede faire changer officiellement les nomsjugs dplaisants. Mais tout le monden'est pas aussi susceptible: Auxerre,un kiosque porte son frontonKiosque Cochon; il a t offert la ville par un M. Cochon, pour fairela leon son fils qui souhaitaitremplacer son patronyme.

  • Belgicismes

    C'est n 1811 qu'apparat le motbeLgicisme., dans un recueil anonymeintitul FLandricismes, waLLonismes etexpressions impropres dans La Languefranaise. La pluparr des rpertoiresqui onr inventori nos particularitsse sonr en effet arrachs aux fautes,relles ou prtendues, que commettenrfrquemmenr les Belges. Pourranr,on enrendait partout en France partir Paris, un petit peu, etc.

    Les dictionnaires franais ignorenrgnralemenr le vocabulaireadministratif, politique ou juridiquepropre nos rgions. Or, au Moyen ge,nos principauts sonr organises defaon originale; elles onr ensuitedpendu de l'Espagne, de l'Autriche,de la Hollande: la Belgique mancipea pris comme modle la dmocratieanglaise. Tout cela a laiss des rracesencore visibles dans notre langue, desmots inusits en France: des latinismescomme minervaL rtribution scolaire,quaLitate qua s qualits; desanglicismes comme poLLo C'est simplifierabusivemenr que de rduire le franaisde Belgique des transpositionsmaladroites des parois de Wallonieou du flamand de Bruxelles.

    Aujourd'hui, les faits rgionauxsonr l'objet d'tudes objectivessur leur expansion dans l'espace,leur tymologie, leur anciennet,ce qui tait de peu d'inrrt quandon les traitait de fautes ou barbarismes.On s'efforce de prendre en compte

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    l'usage rgional en France mme,souvenr mal reprsenr dans lesdictionnaires franais. Ainsi souperpour le repas du soir, attribu par eux la francophonie extrieure, Belgique,Canada, Suisse, est encore en usagedans bien des provinces franaises.Si l'on rservait le nom de belgicisme des emplois rigoureusemenr enfermsdans nos fronrires, les listes tradition-nelles se rduiraienr fortemenr.

    D'une manire gnrale, l'attitude achang; la chasse aux belgicismes vieillircomme la chasse courre. Cela veut-ildire qu' l'imitation de certainsQubcois, nous revendiquions de parlerle belge et non le franais? Le nombreet la nature de nos particularismesne justifienr gure pareille prtenrion,ni l'inquitude de certains.

    Celui qui veut sortir de son villagedoit apprendre parler aussi autremenrque dans son village et crireautremenr qu'il ne parle. Si vousmerrez un chque en Bretagne encrivanr septante, vous risquez de le voirrefus; cela ne prouve ni l'infriorit nila supriorit de septante ou de soixante-dix, mais l'inadquation de l'un et del'autre dans certaines circonstances.

    Il n'est pas question de mpriserou de chercher dtruire, mais d'ajouterdes comptences supplmenraires.En fin de compte, c'est de promotiondes individus qu'il s'agir.

  • Crise de la langue

    On entend souvent dire que lalangue est en crise: Ils ne connaissentplus le franais! Ce constat semblevident. Pourrant, rien ne vient leconfirmer. 1 a deux sicles dj que, chaque dcennie, des oracles pessimistessignaie t une dgradation vertigineusede la langue. Or, les quelques enqutesdont on dispose ne montrent rien desemblable. Elles prouvent au contraireque le niveau de comptence orthogra-phique des coliers franais sortantde primaire est rest remarquablementstable depuis que l'enseignement estobligatoire. Voil qui contredit le mythedes grands-mres qui crivaient sansfaute en n'ayant jamais r l'cole.

    Ainsi donc, loin de baisser, le niveaumonte, puisqu'il y a bien plusd'tudiants de haut niveau qu'autrefois.Mais ce qui est vrai, c'est que l'arriveen masse de couches nouvelles de lapopulation ces niveaux d'tudes y poseplus de problmes qu'au temps o ilstaient rservs une minorit bienslectionne.

    L'impression de crise est encoresuscite par les mutations que connat lalangue. Nous assistons ainsi un intenserenouvellement du stock des motsde notre langue: des mots affectifs, uss,font place d'autres plus neufs;les activits scientifiques et techniquesen volution amnent avec elles leut lotde termes nouveaux. La syntaxe etla phontique - qui sont l'mede la langue - ont beau rester stables, ce

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    renouvellement nous donne l'impressionque la langue volue rapidement.L'impression de mutation est encorerenforce par le fait que l'crit changede fonction: ainsi, le tlphone aremplac la lenre dans de nombreux cas,mais l'crit, avec l'ordinateur, se gagnede nouveaux domaines.

    La sensation de crise est encorerenforce par les bouleversements quenotre monde connat, et qui ont tuen nous toute certitude. Dans un mondeinquiet, il est normal