LA COMPARAISON GENETIQUE

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1 LA COMPARAISON GENETIQUE De la comparaison en linguistique à la linguistique comparée. [1] Un peu d'histoire [2] I. Principes et conditions de possibilité de la comparaison. [3] Arbitraire et contingence du signe linguistique. [3] La comparaison, entre hasard et pertinence. [4] Les emprunts. [5] L'hypothèse génétique et le changement phonétique. [6] EXCURSUS: Les causes du changement phonétique [7] EXCURSUS: La linguistique des aires. [8] II. Méthodes et procédures de la comparaison. [9] Des correspondances à la restitution. [9] TABLEAU [9bis] EXCURSUS : L'indo-européen [10] La reconstruction interne. [11] Un exemple de la méthode comparative. [12] L'étape de la reconstruction. [12] III. Les découvertes de la comparaison indo-européenne. [13 ] La loi de Grimm. [14] L'approche néo-grammairienne: les "lois phonétiques". [15] L'approche structurale: les laryngales. [16] EXCURSUS: Typologie et Universaux. [17] IV. Le groupe des langues indo-européennes: le triomphe de la grammaire comparée. [18 ] Dialectes et isoglosses de l'indo-européen. [19] EXCURSUS: La théorie des ondes. [20] Le proto-indo-européen. [21] Les "Indo-européens". [22] EXCURSUS : Une fable en indo-européen [23] EXCURSUS : La paléontologie linguistique [24] V. Les autres familles de langues: difficultés et limites de la comparaison. [25] Le chamito-sémitique ou afro-asiatique. [26] EXCURSUS : La typologie morphologique [27] EXCURSUS : La racine en sémitique [28] Le sino-tibétain. [29] L'ouralo-altaïque ? [30] De l'Asie à l'Amérique. [31] EXCURSUS : La glottochronologie [32] EXCURSUS : La comparaison de masse selon Joseph H. Greenberg [33 ] EXCURSUS : Catalogue des familles de langues du monde d'apres J. H. Greenberg. [34] Indo-européen, nostratique et eurasiatique. [35] EXCURSUS : Le nostratique [36] EXCURSUS : Une étymologie globale ? [37] =========================================================================
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    LA COMPARAISON GENETIQUE

    De la comparaison en linguistique la linguistique compare. [1]Un peu d'histoire [2]

    I. Principes et conditions de possibilit de la comparaison. [3]Arbitraire et contingence du signe linguistique. [3]La comparaison, entre hasard et pertinence. [4]Les emprunts. [5]L'hypothse gntique et le changement phontique. [6]

    EXCURSUS: Les causes du changement phontique [7]EXCURSUS: La linguistique des aires. [8]

    II. Mthodes et procdures de la comparaison. [9]Des correspondances la restitution. [9]

    TABLEAU [9bis]EXCURSUS : L'indo-europen [10]

    La reconstruction interne. [11]Un exemple de la mthode comparative. [12]L'tape de la reconstruction. [12]

    III. Les dcouvertes de la comparaison indo-europenne. [13 ]La loi de Grimm. [14]L'approche no-grammairienne: les "lois phontiques". [15]L'approche structurale: les laryngales. [16]

    EXCURSUS: Typologie et Universaux. [17]

    IV. Le groupe des langues indo-europennes: le triomphe de la grammaire compare. [18 ]Dialectes et isoglosses de l'indo-europen. [19]

    EXCURSUS: La thorie des ondes. [20]Le proto-indo-europen. [21]Les "Indo-europens". [22]

    EXCURSUS : Une fable en indo-europen [23]EXCURSUS : La palontologie linguistique [24]

    V. Les autres familles de langues: difficults et limites de la comparaison. [25]Le chamito-smitique ou afro-asiatique. [26]

    EXCURSUS : La typologie morphologique [27]EXCURSUS : La racine en smitique [28]

    Le sino-tibtain. [29]L'ouralo-altaque ? [30]De l'Asie l'Amrique. [31]

    EXCURSUS : La glottochronologie [32]EXCURSUS : La comparaison de masse selon Joseph H. Greenberg [33 ]EXCURSUS : Catalogue des familles de langues du monde d'apres J. H.Greenberg. [34]

    Indo-europen, nostratique et eurasiatique. [35]EXCURSUS : Le nostratique [36]EXCURSUS : Une tymologie globale ? [37]

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    De la comparaison en linguistique la linguistique compare. [COMPARAISON 1]

    Une remarque liminaire s'impose. Toute analyse du langage, toute tude d'une langue est d'essence comparative. Ausens o elle implique l'exercice d'une facult intellectuelle complexe qui se traduit par une srie de dcisions du type: Xest identique Y; A est diffrent de B; "xxx" est "yyy" comme "vvv" est "zzz", etc. Autant d'assertions quiconsistent toujours trancher du mme et de l'autre, selon les divers points de vue sous lesquels les objets examinssont considrs.

    Aucune description de quelque composante d'une langue que ce soit - phontique, morphologique, syntaxique,smantique - nave ou consciente, platement empirique ou lourdement thorise, ne saurait faire l'conomie de laprocdure comparative. Quel que soit le modle thorique de rfrence, si, sur des noncs, nous ne pouvions effectuerdes sries de commutations, substitutions, permutations et transformations, portant sur des lments de nature variable ;sans pratiquer, en un mot, la comparaison, nous serions incapables de produire la liste des phonmes d'une langue,d'inventorier les combinaisons possibles des morphmes, de poser des rgles de syntaxe, de lister des smes, etc.

    Identifier des units et les relations qui les unissent, sparer leurs niveaux de fonctionnement, poser des classes dephnomnes et dfinir des catgories, tout travail de rflexion linguistique se fonde, en fin de compte, sur notre aptitudecognitive comparer des objets.

    On voit que le propre de cette activit comparante est de pouvoir tre conduite sans jamais franchir les bornes de lalangue qui est ainsi tudie. Mme s'il est vrai que, pour accder au statut de linguistique gnrale et voir assisedfinitivement leur validit, les conclusions acquises par l'examen du fonctionnement d'un systme donn doivent tregnralisables, et, pour prendre place dans un cadre unifi, tre aussi confrontes celles qu'autorise l'examen dans lesmmes termes d'autres langues. Aussi, pour y parvenir, devra-t-on pratiquer, comme au second degr, une comparaisondes rsultats des premires comparaisons portant sur les langues individuelles.

    Pourtant, malgr cette omniprsence dans la recherche linguistique d'une heuristique fonde sur la comparaison, ce n'estpas la dmarche oblige qu'on vient d'esquisser qui est en gnral dsigne quand on fait de nos jours de la "linguistiquecompare", ou de "la linguistique comparative", voire quand on voque, sans plus de prcisions, "la comparaison".

    Pour expliquer cet emploi restreint, et le fait que, dans son acception la plus communment reue, on ne parleaujourd'hui de "comparaison" que si un linguiste prend pour objet d'tude deux langues au moins, avec l'objectif bienprcis d'clairer leur histoire, il convient de repartir des conditions dans lesquelles la linguistique a accd au statut devritable science, c'est--dire prcisment de l'poque des Lumires, quand s'est dveloppe une approche systmatiqueet historique des langues du monde.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des sites :

    Quelques exemples de la mthode comparative inhrente aux diffrentes tches de la linguistique :

    - "Les diffrentes conceptions et les diffrents programmes de recherche en phonologie" :http://kapeskreol.online.fr/lison2.htm

    - Morphological Processeshttp://www.cl.uni-heidelberg.de/kurs/ws00/ecl/downloaded/S41_morph1/morphology.htmlhttp://www.cl.uni-heidelberg.de/kurs/ws00/ecl/downloaded/S41_morph1/process.html#outlinetophttp://www.cl.uni-heidelberg.de/kurs/ws00/ecl/downloaded/S41_morph1/paradox.html

    - un peu de smantique lexicale :http://sentiers-nte.univ-lyon2.fr/~poitou/Morpho_Lexico/6_sem-lex.html

    - ce qu'est l'analyse smique :http://www.linguistes.com/mots/lexique.html]

    Des prsentations de la linguistique gnrale :

    - Fields of Linguisticshttp://www.lsadc.org/web2/fldfr.htm

    - Linguistics 001: Introduction to Linguistics, at the University of Pennsylvania

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    http://www.ling.upenn.edu/courses/ling001/schedule.html

    - The sci.lang FAQ Frequently asked questions about linguistics http://www.uv.es/~selva/Languages/sci_lang/ling.htmhttp://www.zompist.com/langfaq.html

    - Lexique linguistique (en anglais)http://users.info.unicaen.fr/~tlebarbe/

    - des notes d'un cours de linguistique gnralehttp://perso.wanadoo.fr/cefamille/TCchiss.htm

    - un cours de linguistique gnrale http://www.fsj.ualberta.ca/lingq200.htm

    - Linguistics Theory, Foundations, and Modern DevelopmentAn Overview of Linguistics and Linguistic Applicationsvoir la copie cache propose par Google de la pagehttp://www.geocities.com/Athens/Acropolis/1470/ linguistics.html

    - LINGUISTICS AND LANGUAGE An Overviewhttp://community.middlebury.edu/~harris/linguistics.html

    - Working with Language An introduction to language and linguisticshttp://people.biola.edu/faculty/petes/linguistics/wwl.htm

    - HOW LANGUAGE WORKS par MICHAEL GASSER Indiana universityhttp://www.indiana.edu/~hlw/index.html

    - Einfhrung in die allgemeine Linguistikhttp://www.kontrastivlinguistik.de/Linguistik/linguistik.html

    =========================================================================Un peu d'histoire [COMPARAISON 2]

    Aux alentours de la seconde moiti du dix-huitime sicle, il s'est produit en Europe occidentale une rvolutionmentale, un changement de paradigme comme on dirait aujourd'hui, dont on commence tout juste mesurer l'exacteporte.

    Jusqu'alors les langues taient essentiellement abordes soit dans une perspective normative et pdagogique, guide parun purisme souvent dpendant d'une idologie de la Nation, soit universaliste et philosophique, qui les traitait commeautant de reflets du fonctionnement immuable de la pense. En simplifiant l'extrme, tudier les langues revenait pencher soit vers Vaugelas, soit vers la Logique de Port-Royal. Mais, pour des raisons qui tiennent au dveloppementdes conqutes coloniales, ainsi qu'au souci d'apporter aux peuples rencontrs les secours de la religion, un grand nombrede langues furent, aprs l're des Grandes Dcouvertes, l'objet de descriptions plus ou moins acheves. Des grammairesfurent crites, des lexiques rassembls, des textes traduits, l'initiative presque toujours des missionnaires qui,catholiques, souhaitaient confesser, et, protestants, fournir aux indignes un accs direct la parole divine.

    Longtemps ces donnes, quand elles parvenaient en Europe, restrent d'une tranget irrductible, faisant seulementfigure de curiosit: elles subissaient un sort analogue celui que les objets de provenance ethnologique connurentjusqu'au milieu du dix-neuvime sicle, qui voisinaient dans des cabinets de curiosits avec divers monstres ou desmerveilles de la nature. Il n'y avait, la lettre, pas de place pour ces langues, dans la mesure o la profondeurtemporelle alloue l'espce humaine en fonction d'une cration du monde de frache date (-4004 av. JC selon certainscalculs) [NOTE [C'est le cas de James Ussher (1581-1656), archevque dArmagh, en Irlande, qui, en 1650, dans saChronologie sacre, affirmait que la Cration eut lieu, le 23 octobre de cette anne, 9 heures du soir!]] et l'obligationde postuler, d'aprs la Bible, une monogense, avec l'hbreu comme langue-mre, s'appliquaient dj fort mal auxlangues d'Europe, sinon au prix d'tymologies forces.

    Pourtant, l'accumulation croissante des descriptions linguistiques en provenance du monde entier rendait d'une partintenable, vu leur diversit, de traiter toutes ces langues "exotiques" comme ayant une identit originelle, et, d'autrepart, indispensable d'introduire un ordre dans cette profusion chaotique. Certes on pouvait toujours se contenter d'unesimple numration, et rpartir les langues selon des critres gographiques, en les illustrant de la traduction du NotrePre, car cette approche fut encore, au seuil du dix-neuvime sicle, celle d'un recueil de prs de 500 langues, paru en

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    Allemagne et intitul Mithridate [NOTE [Du nom du clbre roi du Pont, Mithridate VI Eupator (132-63 av. J.-C.) dontle royaume incluait de nombreuses communauts linguistiques et qui pouvait, dit-on, s'adresser chacun de ses sujets etrendre la justice en vingt-deux langues.]].

    Mais, par ailleurs, ceux qui s'intressaient aux langues subissaient la forte pression qu'exerait le modle thoriqueillustr par les sciences naturelles. Dans ce domaine, zoologues et botanistes, en particulier le sudois Carl Linn - sansdoute le savant le plus clbr du sicle aprs Newton - avaient russi produire une classification exhaustive desplantes et des animaux selon une procdure rationnelle usant de critres simples. C'est d'abord ce modle scientifiqueque les professionnels des langues cherchrent, plus ou moins consciemment, rejoindre. Tant par les circonstances deson apparition que par les questions qu'elle se propose de rsoudre, la comparaison linguistique a toujours relev de lapense classificatoire, a t une entreprise d'essence taxinomique, son horizon de recherche tant initialement de rpartirselon des principes de classement opratoires les centaines de langues alors accessibles.

    Or, paralllement, sous l'impulsion notamment de Leibniz, dont on oublie toujours qu'il fut, de profession, historien, ona commenc traiter les langues les plus diverses comme des outils de la connaissance historique. Au cours du dix-huitime sicle l'ide s'impose peu peu que les problmes poss par l'origine et les migrations des peuples connusdepuis l'Antiquit peuvent, en l'absence de renseignements comme ceux que Csar a donns sur les Gaulois ou Tacitesur les Germains, tre partiellement rsolus par l'observation de leurs noms propres, une fois confronts destmoignages linguistiques modernes. Dans le cas de peuples plus rcemment dcouverts et sur lesquels des matriauxdeviennent disponibles, Leibniz pensait qu'en comparant des listes de mots dsignant des notions lmentaires, desactions simples, il tait possible de reprer entre deux ou plusieurs langues des analogies prouvant, de la part despeuples qui les parlent, une origine commune.

    Selon cette perspective, plus immdiatement dcisive que la prcdente, la comparaison des langues s'est doncdveloppe, en particulier dans les milieux universitaires allemands, Gttingen ou Halle, comme une scienceauxiliaire de l'histoire. Et sa fonction classificatoire n'est presque qu'un effet secondaire, l'une des retombes annexesdes succs remports, des mthodes labores pour rpondre des questions qui touchaient d'abord l'histoire deslangues. La mthode comparative est ainsi le produit d'une interrogation sur le pass, sur les rapports entretenus par leslangues du point de vue de leur origine, ayant progressivement dbouch sur une construction thorique assez solidepour que soit du mme coup satisfaite une vise taxinomique.

    La possibilit ainsi offerte de rsoudre des questions touchant l'histoire des peuples par une mthode rigoureuseexplique que cette direction de travail ait rapidement acquis un statut social minent, au premier chef en Allemagne,puis en Grande-Bretagne, et finalement en France, au long du dix-neuvime sicle. La constitution de la linguistiquecompare en une discipline institutionnelle dans le champ universitaire, la mobilisation de crdits, la cration denombreuses chaires n'ont t possibles que parce que le corps social tout entier se trouvait impliqu dans les questionssouleves avec l'espoir de trouver des rponses une qute dsespre de l'origine. Alors mme que la Nationallemande tait encore purement idale, attendant encore son unit politique, elle pouvait tre au moins fonde, du pointde vue de la langue, dans un pass mythique, dans une figure glorieuse de ses origines. Fut ainsi dfini autour de lacomparaison, et pour un sicle environ, un programme de recherches cohrent qui a fonctionn comme un paradigmeremarquablement opratoire et productif quant ses dcouvertes. Limit aussi dans son projet, car, jusqu' la premireguerre mondiale, la science de la langue s'est peu prs borne faire l'histoire des langues au moyen de leurcomparaison.

    Ds les tous dbuts du travail comparatif, un certain nombre de principes ont t poss, implicitement ou non, quirendaient valide l'entreprise. Moyennant quelques amnagements, ils continuent jusqu' aujourd'hui fonder lesrecherches.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des livres :

    AUROUX, S. (d.), Histoire des ides linguistiques, t. 2 : Le dveloppement de la grammaire occidentale, Lige, 1992.

    ROBINS, R.H., A short history of Linguistics, Londres, 1987.

    MALMBERG, B., Histoire de la Linguistique de Sumer Saussure, Paris, 1991.

    ECO, U., La recherche de la langue parfaite dans la culture europenne, Paris, 1994.

    Des sites :

    Sur l'histoire de la linguistique :

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    - une prsentation lmentaire : http://www.exco.ucl.ac.be/ld/histoire-linguistique/fltr2221.html- "History of linguistics", un panorama plus complet tir de l'excellente Encyclopaedia Britannica : voir la copie cache propose par Google de la pagehttp://www.uni-koeln.de/~ami14/history.htm

    Sur Vaugelas :http://www.ifrance.com/salon01/Vaugelas/Vaugelas.html

    Sur Port-Royal :http://logique.uqam.8m.com/histoire5.htm

    Sur la datation du monde -4004 avant notre re :http://radio-canada.ca/tv/decouverte/revolutions/dossiers/geologie/1a.htmlhttp://www.vivre.ch/journal/archives/199810ens14sdu.htmhttp://www.encyclopedia.com/articles/13285.html

    Sur le changement de paradigme au XVIIIe sicle: - "Les conceptions du changement et de la parent des langues europennes aux XVIIe et XVIII sicles" par DanielDroixhe :http://www.ulb.ac.be/philo/spf/linguis/dr_hsk.htm- "The Breaking Down of the Theological View" http://www.santafe.edu/~shalizi/White/philology/breakdown.html

    Sur J.-C. Adelung :http://www.tu-chemnitz.de/phil/germanistik/sprachwissenschaft/projekte/lehrlern/intern/Vitali/adelung/adelung-vita.htmlhttp://www.tu-chemnitz.de/phil/germanistik/sprachwissenschaft/projekte/lehrlern/intern/Vitali/adelung/adelung-zitate.html

    Sur Carl Linn :http://www.ucmp.berkeley.edu/history/linnaeus.htmlhttp://www.systbot.uu.se/dept/history/linneaus.htmlhttp://www.nrm.se/fbo/hist/linnaeus/linnaeus.html.enhttp://www.fundp.ac.be/bioscope/1735_linne/linne.html

    Sur Leibniz linguiste et historien: "Leibniz and the great mission : Russia", par Markku Roinila http://www.helsinki.fi/~mroinila/russia.htm

    Sur le dveloppement du comparatisme europen :un article de Sylvain Auroux (et al.) [sur l'apport de Rask / la comparaison morphologique / les lois phontiques / le rledes langues germaniques / l'arbre des langues / le rle du sanskrit.]http://www.ai.univ-paris8.fr/CSAR/Travaux/Comparatisme.pdf

    Destin et usages des Indos-Europens par Jean-Paul Demoule in : Mauvais temps n 5, juillet 1999 http://www.anti-rev.org/textes/Demoule99a/index.htmlwww.anti-rev.org/textes/Demoule99a/body.html - 33k

    =========================================================================I. Principes et conditions de possibilit de la comparaison. [COMPARAISON 3]

    Si l'examen compar de deux ou plusieurs langues permet de rsoudre des questions portant sur leur pass et leurorigine, c'est parce qu'une langue est un fait social d'une nature assez singulire pour permettre une telle investigation.

    En premier lieu, il importe de souligner qu'un signe linguistique quelconque n'a de valeur qu'en vertu d'une tradition enacte dans un groupe social donn, dans une communaut particulire. Si les groupes phoniques transcrits graphiquementpar Hund, cane, perro, sobaka, et kalb dsignent, pour les locuteurs respectivement de langue allemande, italienne,espagnole, russe, arabe, etc. l'animal que les franais nomment chien, ce n'est videmment pas parce que chacune de cesmissions vocales aurait, en elle-mme, de par sa nature phonique, un rapport quelconque avec le concept de "chien",mais uniquement en vertu du fait que tel est l'usage de tous ceux qui appartiennent chacun des groupes concerns,usage auquel se conformeront les enfants qui apprendront d'eux la langue qui y est parle et qui sera ainsi perptue partransmission orale continue.

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    Arbitraire et contingence du signe linguistique.

    La connexion, le lien entre son et sens est, en principe, parfaitement arbitraire, dans la mesure o, pour toute langue,n'importe quelle signification pourra tre reprsente par n'importe quelle combinaison de sons, et, corollairement, lesmilliers de formes signifiantes disponibles en chaque idiome sont globalement indpendantes les unes des autres:appeler chien tel quadrupde n'implique en rien la ncessit de dsigner tel autre par chat. Ce premier point estfondamental, car si le lien tait naturel et ncessaire, si le signe, de par sa valeur sonore, tait apte voquer d'unemanire ou d'une autre une notion, un concept, aucune comparaison ne serait possible, ou plutt elle s'exercerait d'uneautre manire, nous clairant par exemple sur le fonctionnement de l'esprit humain en gnral, puisque de telsphnomnes passeraient pour la traduction immdiate de son unit.

    Ainsi, il est possible que diverses religions parses dans le monde entier conoivent le ciel comme "paternel" et la terrecomme "maternelle", dans la mesure o la fertilisation des fruits et des plantes qu'apporte la pluie est analogue unesemence reue par un rceptacle fcond. Mais, parce qu'elle peut rsulter d'une vision de la nature universelle, une telleconception ne saurait dboucher sur une conclusion historique qui y verrait un hritage commun [NOTE [L'exemple estdonn par Paul Thieme, "The Comparative Method for Reconstruction in Linguistics" in : D. Hymes (ed.) Language inCulture and Society. A Reader in Linguistics and Anthropology, New York ,1964, 585-598, p. 586.]]. De mme, lathmatique d'une boisson d'immortalit [NOTE [A. Meillet, La Mthode comparative en linguistique historique, Oslo,1925, p. 1-2.]], si elle se restreint ce seul motif, est parfaitement insuffisante pour trancher d'une origine commune descultures o on la rencontre, mais, prise dans un ensemble de motifs concomitants (une cuve gigantesque, une faussefiance, une lutte entre dieux et tres dmoniaques, etc.) cette srie pourra tre dclare non fortuite, mme si on latrouve dans des aires gographiques trs loignes et constituer alors un argument fort en faveur de l'hritage d'une telleconception religieuse.

    La langue s'carte ainsi fondamentalement des autres artefacts sociaux en ce que des formes culturelles comme lareligion, les institutions, les coutumes, etc. sont toujours susceptibles de recevoir une justification naturaliste, tandis queles traits linguistiques relevant du mme type d'explication rationnelle sont en trs petit nombre. Il peut alors s'agir decertaines catgories, comme l'existence d'une distinction de genre qui s'enracine videmment dans la division sexuelle,mais s'applique aussi des objets dont le genre grammatical n'obit plus aucune motivation. Ou encore de lastructuration du lexique, comme l'illustrent le recours des noms de parties du corps pour dsigner des mesures, lecomput digital etc.

    L'expression de certains concepts au moyen de formes stylises d'impressions acoustiques est galement un phnomnegnral en toute langue, susceptible de dboucher sur des convergences. On songe ici non seulement aux onomatopeset aux divers mots dsignant des phnomnes sonores [NOTE [Sans qu'il faille exagrer la porte de telles dsignationsexpressives. Meillet rappelle que beaucoup d'entre elles ne sont pas prvisibles a priori, le franais siffler diffrantnettement de l'allemand pfeifen ou du russe svistet' (Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes,[reprint] Alabama, 1964, p. 15).]], mais aussi aux mots qui, non-onomatopiques, prsentent, dans la plupart deslangues du monde, une analogie dans la relation son / sens: ainsi mama, "mre" et papa (ou tata, dada), "pre", ouencore, quoique moins nette, au recours frquent la voyelle d'avant [i] pour "ici", "ceci", et aux voyelles d'arrire [a],[u] pour "l", "cela".

    De tels exemples d'iconicit phontique restent marginaux et, pour l'essentiel, tant arbitraire, la relation qui s'tablitdans les signes linguistiques entre le plan de l'expression et le plan du contenu est une relation d'ordre factuel,particulier. Elle n'a d'existence que dans l'histoire de chacun des groupes humains que runit l'usage d'une languedonne. L'ensemble des rapports entre forme et signification qui caractrise en propre une langue apparat, se maintientet s'efface l'intrieur des limites de communauts prcises, dans la mesure o une langue n'existe qu'en fonction d'uneconvention sociale. D'o cette consquence : les faits de langue sont toujours par essence des faits singuliers; et,envisags du point de vue de l'histoire de l'humanit, ils ne viennent l'existence qu'une seule fois et ils ne sauraientrenatre aprs leur disparition.

    Il s'ensuit de cette double caractristique de l'arbitraire et de la contingence des formes linguistiques que lesressemblances qu'elles manifestent d'une langue une autre ne peuvent trouver d'autre explication qu'historique.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des livres :

    MEILLET, A., La Mthode comparative en Linguistique historique, Oslo, 1925 [reprint : Paris, 1970].

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    MEILLET, A., Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes, Paris, 1937 [reprint : Alabama,1964]. p. 13-50.

    MEILLET, A., Linguistique historique et Linguistique gnrale, Paris, 1938.

    MEILLET, A., "Sur la Mthode de la grammaire compare", in :A. MEILLET (1938), p. 19-43.

    MEILLET, A., "Le problme de la parent des langues", in :A. MEILLET (1938), p. 76-109.

    MANESSY-GUITTON, J., "La Parent gnalogique", in :A. MARTINET (d.), Le Langage, Paris, 1968. p. 814-864.

    HOCK, H.H., Principles of Historical Linguistics, Berlin/New York/ Amsterdam, 1986. p. 34-51.

    BYNON, T., Historical Linguistics, Cambridge, 1977. p. 17-75.

    LEHMANN, W.P., Historical Linguistics : an Introduction, Londres, 1992. p. 1-22.

    ANTTILA, R., An Introduction to Historical and Comparative Linguistics, New York, 1972.

    THIEME, P., "The Comparative Method for Reconstruction in Linguistics", in :D. HYMES (d.), Language in Cultureand Society. A Reader in Linguistics and Anthropology, New York, 1964, p. 585-598.

    GREENBERG,J.H., "Genetic Relationship among Languages", in :J.H. GREENBERG Essays in Linguistics, Chicago,1957, p. 35-45.

    RUHLEN, M., A Guide to the World's languages, vol. 1, Classification, Stanford, 1987, p. 1-23.

    Des sites :

    Sur l'arbitraire et la motivation :"Motivation, Conventionalization, and Arbitrariness in the Origin of Language" par Robbins Burling http://www-personal.umich.edu/~rburling/SantaFe.html

    Sur la reconstruction des conceptions religieuses des Indo-europens par G. Dumzil : "The Indo-European tales of Georges Dumzil"http://www.france.diplomatie.fr/label_france/ENGLISH/LETTRES/DUMEZIL/dumez.htmlGeorges Dumzil et la trifonctionnalit indo-europennehttp://home.page.ch/pub/[email protected]/dumezil.htmlloge de Georges Dumzil (1898-1986)http://bcs.fltr.ucl.ac.be/dumezil.html

    Sur le nom de la mre :"Mother is often a mum" http://www.hivolda.no/jpv/mother.htm

    Sur Antoine Meillethttp://www.cg18.fr/actualites/evenement/indoeuropeen/meillet.htm

    =========================================================================La comparaison, entre hasard et pertinence. [COMPARAISON 4]

    Les seules ressemblances pertinentes pour l'examen comparatif sont celles qui portent la fois sur la forme et le sens.Une analogie de contenu elle seule - le fait qu'une langue ait paralllement une autre telle ou telle catgoriegrammaticale, tel ou tel mcanisme (un systme de tons ou l'harmonie vocalique) - ne prouve rien quant un lienhistorique unissant ces deux langues. Pour avoir une validit pour la comparaison les ressemblances doivent doncimprativement concerner son et sens. Mais cette condition ncessaire n'est pas suffisante, puisque certainesressemblances dcoulant de l'expressivit phono-symbolique, on l'a vu, ne sauraient tre invoques ce titre. En outre,il convient d'liminer les convergences dues au hasard. Le nombre des sons distincts utiliss dans les langues tantfonction de l'organisation de l'appareil phonatoire, est dj inscrit dans des limites; de plus certains sons [t, k, m, n, s, i,a, u] sont communs presque toutes les langues.

    Il en rsulte qu'entre toutes se manifesteront des analogies fortuites. Ces rencontres ont videmment plus de chance desurvenir pour des mots d'une syllabe: on trouve nass, en allemand et nas en Zuni, langue du Nouveau Mexique, au sens

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    de "humide" [NOTE [C.F. Hockett, A Course in Modern Linguistics, New York, 1958, p. 486.]]; en persan bad, et endidinga, langue du Soudan, badh, font cho l'anglais bad avec le mme sens de "mauvais"; man signifie "homme" encoren comme en anglais [NOTE [A. Meillet, Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes,[reprint] Alabama, 1964, p.16 ; J.H. Greenberg "Genetic Relationship among Languages" in :Essays in Linguistics,Chicago, 1957, 35-45, p. 36.]]; pneu- est une racine grecque signifiant "respirer, souffler", comme pniw- en klamath,langue indienne de l'Oregon [NOTE [C. Watkins, The American Heritage Dictionary of Indo-European Roots, Boston,1985, p. XI. ]]; dog dsigne un chien en anglais et en mbabaram, langue aborigne d'Australie [NOTE [O il n'est pasun emprunt l'anglais, car il est normalement issu de *gudaga (B. Comrie, Language Universals and LinguisticTypology, Chicago, 1981, p. 29. ]]. De telles concidences sont dj infiniment plus rares pour des mots de deuxsyllabes, mais on peut avoir dori, "souhaiter, dsirer" en roumain comme en lau, langue d'Ocanie [NOTE [M. Ruhlen,A Guide to the World's Languages Vol. I: Classification, Stanford, 1987, p. 11. ]]. Il s'agit cependant toujours d'unsimple jeu de la nature, o le hasard seul est en cause, compte tenu de l'impossibilit de postuler des contacts historiquesentre les deux peuples et de la distance les sparant, surtout pour des concepts qui ne sont pas suspects de fournir desmots voyageurs, la diffrence de tomate (du nahuatl), kangourou (d'une langue aborigne d'Australie disparue aprs lepassage du capitaine Cook) [NOTE [Mais le Guugu Yimidhirr du nord-est de l'Australie a le mot ganjurru ou gangurru.]], vranda (de l'hindi), sofa (de l'arabe), robot (du tchque), gong (du javanais) th (du chinois par le malais).

    La chance ne saurait pourtant se rpter indfiniment et, pour l'liminer, on peut user de considrations de probabilit.La possibilit de trouver dans trois langues une ressemblance de forme et de sens est le carr de sa probabilit pour deuxlangues [NOTE [La probabilit pour une seule langue doit, pour n langues, tre lev la puissance (n -1).]]. Si cinqlangues offrent chacune 8% de ressemblances avec une autre, la probabilit qu'une telle concordance soit due au hasardn'est que de (0,08)4 ou 0,00004096, soit une chance sur 25.000 approximativement, et mme pour trois langues laprobabilit serait infrieure 1% [NOTE [J.H. Greenberg "Genetic Relationship among Languages" in :Essays inLinguistics, Chicago, 1957, 35-45, p. 39. ]]. Un nombre significatif de correspondances de forme et de sens dans deuxou plusieurs langues est donc une indication certaine d'une connexion historique. Mais il est deux facteurs deressemblance entre langues qui relvent galement de processus historiques: d'une part, les phnomnes d'emprunt, del'autre, une relation gntique entre plusieurs langues.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des sites:

    Sur les tons :http://alis.isoc.org/glossaire/hauteur.htmhttp://cspeech.ucd.ie/~fred/courses/phonetics/tone.html

    Sur les langues tons :- "An Introduction to Tonal Languages" http://emuseum.mnsu.edu/cultural/language/tonal.html- Tonsprachenhttp://www.weikopf.de/body_tonsprachen.html- "History of the Chinese Language" http://www.paulnoll.com/history-Chinese-language.html- "TONE AND MELODY IN CANTONESE" par Marjorie K.M. Chanhttp://deall.ohio-state.edu/chan.9/articles/bls13.htm- "Languages, African: An Overview"http://www.africana.com/Utilities/Content.html?&../cgi-bin/banner.pl?banner=Blackworld&../Articles/tt_162.htm

    Sur l'harmonie vocalique et quelques langues qui l'illustrent :document sauvegard par Google de http://www.ensicaen.ismra.fr/~desarmen/Interets/hongrois.htm. http://mapage.noos.fr/achalvin/finnois/langue-fin.htmlhttp://mapage.noos.fr/achalvin/estonien/langue-est.htmlhttp://www.lli.ulaval.ca/labo2256/lexique/harmonievoc.htmlhttp://www.multimania.com/rbeaufor/langue_turque.htmlhttp://www.ataturquie.asso.fr/informations_langue.htm

    Sur les ressemblances fortuites- "Amazing Coincidences" : http://members.aol.com/_ht_a/yahyam/page/coincidence.html- How likely are chance resemblances between languages?http://www.zompist.com/chance.htm

    Sur la langue zuni :

    http://www.ensicaen.ismra.fr/~desarmen/Interets/hongrois.htm

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    http://www.zunispirits.com/zunisounds.htmlhttp://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=ZUNhttp://emuseum.mnsu.edu/cultural/northamerica/zuni.htmlhttp://www.parktudor.pvt.k12.in.us/Zuni/zthemes.htm

    Sur la langue didinga :http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=DID

    Sur la langue klamath :http://www.uoregon.edu/~delancey/klamath.htmlhttp://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=KLAhttp://lucy.ukc.ac.uk/EthnoAtlas/Hmar/Cult_dir/Culture.7853

    Sur la langue mbabaram :http://www.samuseum.sa.gov.au/tindale/HDMS/tindaletribes/barbaram.htm- The Phonetics and Phonology of Australian Aboriginal Languageshttp://www.ling.mq.edu.au/courses/ling210-901/course/phonology/aboriginal/

    Sur la langue lau :http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=LLU

    Sur la langue nahuatl :http://www.geocities.com/Athens/Academy/3088/nahuatl.htmlhttp://weber.ucsd.edu/~dkjordan/nahuatl/nahuatl.htmlhttp://www.sil.org/mexico/nahuatl/10i-NahuatlQuestions.htm

    Sur l'origine du mot tomatehttp://www.saveurs.sympatico.ca/ency_3/tomate/3tomhist.htm

    Sur l'origine du mot kangourouhttp://www.wordorigins.org/wordork.htmhttp://www.bartleby.com/61/3/K0010300.html

    Sur l'origine du mot vranda http://perso.wanadoo.fr/l.maison/etymo/dat52.htm#9http://www.takeourword.com/Issue041.html

    Sur l'origine du mot sofa http://www.dwelle.de/french/mot-archives/hempels.htmlhttp://perso.wanadoo.fr/l.maison/etymo/dat43.htmhttp://www.imarabe.org/perm/mondearabe/theme/docs/4.html#4-03http://www.multimania.com/clo7/histoire/arabe.htm

    Sur l'origine du mot robot http://www.uwec.edu/Academic/Curric/jerzdg/RUR/http://www.bartleby.com/61/27/R0272700.html

    Sur l'origine du mot gong http://alek.zipzap.ch/gamelan/bosastra/gon2_fre.htm

    Sur l'origine du mot th http://www.darjeelingtea.net/index2.htmlhttp://www.enteract.com/~robchr/tea/faq.html

    =========================================================================Les emprunts. [COMPARAISON 5]

    Quant aux emprunts, l'exprience montre qu'il n'est aucun lment signifiant d'une langue qui ne puisse tre emprunt,et il est possible de produire des exemples de toute sorte pour illustrer. Nanmoins, sur le plan du lexique, l'emprunt selimite gnralement certains domaines smantiques, et affecte de prfrence les concepts culturels ou techniquesvenus d'une autre aire gographique, du type tlphone, chocolat, tabac, ou igloo.

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    En revanche, l'emprunt n'affecte pour ainsi dire jamais les catgories grammaticales [NOTE [C'tait l'opinion deMeillet, "Le problme de la parent des langues" in :Linguistique historique et Linguistique gnrale I [reprint] Paris,1958, 76-109, p. 82) ou d'E. Sapir, Language: An Introduction to the Study of Speech, New York, 1921, p. 217), quecombattait H. Schuchardt, Brevier. Ein Vademekum der allgemeinen Sprachwissenschaft, Halle, 1928, p. 195), pour quimme les dsinences flexionnelles ne sont pas l'abri d'une invasion par un matriau tranger. Voir le chapitre consacr la question par U. Weinreich, Languages in contact: findings and problems, La Haye, 1963, p. 29-46, o estmentionn l'emprunt par le roumain mglnite de dsinences personnelles au bulgare et de l'instrumental gorgien -iw l'armnien.]]. Le franais a ainsi pu emprunter tel ou tel mot tranger au pluriel mais jamais la formation de pluriel durusse ou de l'arabe. Les emprunts de mots peuvent d'ailleurs se produire en nombre illimit, mais, pour autant, la languedans ses structures n'en serait pas affecte: mme si chacun des mots franais se substituait un mot anglais, cettelangue resterait du franais par sa morphologie et sa syntaxe, les affixes de drivation et flexionnels. On peut doncconsidrer les formes grammaticales particulires comme tant l'preuve de l'emprunt et, ce titre, probantes pour lacomparaison qui vise reconnatre les parents gntiques. Et s'il est vrai que tout mot peut tre emprunt, il reste quele vocabulaire fondamental (oeil, nez, tte, jambe) ou les pronoms manifestent une relative rsistance au remplacement.

    Les emprunts sont d'ailleurs faciles identifier: si l'on repre des similarits entre une langue A et une langue B, alorsmme que l'on sait que la langue B appartient une famille de langues (CDEF) et si les similarits ne se retrouvent pasentre les langues A et C, A et D, A et E, etc. on peut en conclure que les similarits ainsi limites aux deux langues A etB sont des emprunts. Ainsi, les ressemblances qui unissent anglais et franais sont plus troites et plus nombreuses quecelles qui tiennent ce que ces deux langues se rattachent l'ensemble indo-europen, et de plus, si l'anglais relevait deslangues romanes, il manifesterait une connexion tout aussi systmatique avec italien ou espagnol, ce qui n'est pas le cas.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des sites :

    Sur les emprunts- un panorama rapide pour le franais :www.cfaee.fr/cfaee/ctcjeunes12-2.pdf - une prsentation trs complte quoique un peu date :LE LEXIQUE EMPRUNT extrait du Trait de la formation de la langue qui introduit le Dictionnaire gnral (1890-1900) par Adolphe Hatzfeld, Arsne Darmester, Antoine Thomashttp://www.chass.utoronto.ca/epc/langueXIX/dg/08_t1-2.htm- "Borrowed English :http://www.nwlink.com/~dtilque/WWarticles/BorrowedEnglish.html- divers exemples de mots d'origine trangre pour la langue anglaise :http://www.wlu.edu/~hblackme/oed/chinese.htmlhttp://www.wlu.edu/~hblackme/oed/malay.htmlhttp://miley2.wlu.edu/easia/etymchinese.htmlhttp://miley2.wlu.edu/easia/etymjapanese.htmlhttp://miley2.wlu.edu/easia/etymkorean.htmlhttp://miley2.wlu.edu/easia/etymcantonese.html- un dictionnaire tymologique anglaishttp://www.geocities.com/etymonline/- The English Language Words Borrowed from Other Languageshttp://www.krysstal.com/borrow.html

    Sur l'origine du mot tlphonehttp://www.bartleby.com/61/0/T0090000.html

    Sur l'origine du mot chocolathttp://www.exploratorium.edu/exploring/exploring_chocolate/choc_3.html

    Sur l'origine du mot tabac http://www.oneworld.org/ni/issue326/currents.htmhttp://www.geocities.com/etymonline/t3etym.htm- Spanish Words Become Our Own Adopted and Borrowed Words Enrich English http://spanish.about.com/library/weekly/aa071700a.htm

    Sur l'origine du mot igloohttp://www.hum.uit.no/a/svenonius/lingua/history/iglu.html

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    L'hypothse gntique et le changement phontique. [COMPARAISON 6]

    On bute donc finalement sur ce fait massif que certaines langues prsentent entre elles, dans leur vocabulaire de base etleurs structures grammaticales, des similarits si nombreuses et si prcises qu'il est exclu de les attribuer descaractristiques universelles ou au hasard, ressemblances telles, en outre, qu'elles ne peuvent pas tre non plus le produitd'emprunts. L'hypothse d'ordre historique laquelle on est alors conduit consiste voir dans ces langues le rsultatd'une volution partir d'un original commun. Ce qui autorise postuler une relation gntique entre les langues ainsirapproches est une nouvelle consquence de cette donne essentielle: la langue est avant tout une ralit sociale. Lesystme complexe que constitue la langue est certes propre chaque individu et lui est immanent, mais comme ils'impose aussi tous les membres d'un groupe donn, il n'existe qu'en tant que chacun d'eux en possde un sensiblementidentique celui de tous les autres. La marge de variation qu'autorise l'usage idiosyncrasique est toujours troitementcirconscrite dans les limites imposes par l'exigence de continuer tre compris.

    Or, quand on observe l'usage qui est fait de l'un de ces systmes, on constate d'abord des innovations qui sont desaccidents purement individuels (prononcer telle occlusive avec une mouillure, articuler telle voyelle un peu plus ouverteou ferme que la moyenne) et qui prennent fin avec la mort de la personne qui les produit. Mais d'autres innovationssont de nature collective, car elles tendent apparatre chez tous les enfants apprenant parler dans un espacegographique donn, un moment donn. Nous pouvons en observer de semblables Paris mme o l'opposition entreun a d'avant, celui de patte, et un a d'arrire, dans pte, disparat rapidement au dtriment de ce dernier, tout commecelle, dj acquise, des deux voyelles nasales de brun et brin, qui ne laisse plus subsister que celle-ci [ NOTE [Voir A.Martinet La prononciation du franais contemporain. Tmoignages recueillis en 1941 dans un camp d'officiersprisonniers, Paris/Genve, 1945 (rd. 1971), et H. Walter Enqute phonologique et varits rgionales du franais,Paris, 1982.]]. De tels changements, communs tous les enfants, et transmis aux gnrations suivantes, sont d'ordrearticulatoire, ils sont spontans et inconscients. Il est mme rare qu'ils soient perus, car ils ne sont pas assez marquspour que les locuteurs cessent d'avoir l'impression de parler la mme langue que leurs ans.

    Les causes de telles altrations sont sans doute en dernire instance chercher du ct de facteurs sociologiques [voirEXCURSUS : Les causes du changement phontique], mais il convient surtout de souligner ceci, qui est dcisif pourl'entreprise comparative: de tels processus se produisent avec une rgularit absolue. Pour ce qui touche la phontique,on constate en effet que si, en une langue donne, une articulation est conserve dans un mot donn, elle se maintiendraaussi dans tous les mots de la mme langue o elle se prsente dans les mmes conditions. De mme pour uneinnovation articulatoire. Quand survient un changement phontique, il apparat certes dans quelques mots seulement,mais se gnralise rapidement: la substitution d'un son un autre se produisant bientt partout o ce son figuraitauparavant dans des conditions identiques.

    Par sa rgularit, son caractre systmatique, le changement qui touche l'articulation indpendamment du sens est lefait de langue qui se prte le mieux une description rigoureuse et des conclusions avres. De tous les phnomneslinguistiques, c'est celui qui le premier a donn l'impression d'tre soumis de vritables lois. Tout l'difice thoriqueque constitue la comparaison gntique dpend ainsi, en fin de compte, de l'existence, empiriquement vrifiable, decorrespondances phontiques rgulires entre deux formes chronologiquement successives d'une mme langue, encoreappeles lois phontiques.

    Du latin classique au franais, en passant par le latin vulgaire, on sait qu'il n'y a aucune solution de continuit, puisque,dans la succession des gnrations, aucune d'elles n'a eu l'impression de parler une langue diffrente de celle desanctres. L'une des lois auxquelles obit cette volution saisie travers les deux tats de langue observs est celle-ci:tout a latin accentu est devenu en franais un e (pa'ter > pre, ama'tum > aim). Le principe de rgularit deschangements phontiques, ou, selon une formulation plus ancienne, la constance des lois phontiques, est le principequi fonde toute comparaison gntique.

    Le saut qualitatif effectu par la mthode comparative au dbut du dix-neuvime sicle a consist analyser lesressemblances de forme et de sens ventuellement constates entre diverses langues l'aide de ce principe, c'est--dire les traiter comme des correspondances phontiques entre langues diffrentes, et non plus l'intrieur d'une continuitstrictement verticale, comme dans le cas du a latin devenu en franais. Mais ces correspondances dsormaishorizontales, en quelque sorte, qu'on identifie de langue langue, sont traites en vertu du mme principe explicatif quele rapport du latin au franais. Elles sont en effet considres comme le reflet, la trace, seule subsister, d'une volutiondiffrencie qu'aurait connue chaque langue au cours de son histoire partir d'une identit originelle.

    La rgularit phontique constate de manire transversale, entre plusieurs langues, reoit, de par sa nature identique,une explication analogue la systmaticit observe pour l'volution unilinaire et s'analyse dans les mmes termes.L'hypothse fondatrice de la comparaison des langues tient dans ce postulat que des diffrences, ou plutt les variantes,repres dans le cadre d'une ressemblance globale sont le produit de dveloppements particuliers connus par chaquelangue selon une volution dont nous n'avons pas d'autres tmoignages que le rsultat final. Les transformations subiespar le latin vulgaire et qui ont abouti aux langues romanes selon un dveloppement en ce cas observable - celui qui

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    mne du latin pira, avec i bref l'italien pera, l'espagnol pera, au sicilien pira, au vieux franais peire - sont dclaresanalogues celles opres en d'autres langues qui, elles, offrent seulement des correspondances analogues celles queles langues romanes prsentent entre elles, et galement imputables une source unique, mais, dans leur cas,aujourd'hui disparue. Toute comparaison gntique se trouve donc dans la situation o serait la grammaire comparedes langues romanes si l'on ignorait tout du latin.

    En consquence de ces deux principes que sont l'arbitraire du signe et la rgularit du changement phontique, si deuxou plusieurs langues offrent, aussi bien dans leurs signes ayant une fonction appellative, les racines, que dsignative,particules, suffixes, dsinences, un nombre significatif de concordances de dtail, et que celles-ci peuvent treprsentes sous forme de correspondances phontiques systmatiques, c'est que les langues runies par ces rapportsrsultent d'volutions diffrentes d'une mme langue parle auparavant. Leur relation dpend d'une gense commune,puisque toutes ont t, un moment du pass, une seule et mme langue, leur divergence actuelle ne tenant qu' laforme diffrente prise au cours de son dveloppement par cette langue aujourd'hui perdue et inconnaissable sauf autravers de toutes celles qui continuent la reflter.

    Il faut souligner que l'hypothse unitaire ici prsente pour rendre compte des correspondances rgulires repres entredes langues diffrentes est la plus commode, mais non la seule possible. On pourrait aussi expliquer les systmes decorrespondances dcouverts en recourant " un ensemble de dialectes qui n'ont jamais connu l'unification" [ NOTE [M.Cohen, Le Langage; structure et volution, Paris, 1950, p. 60.]], ou aborder les familles de langues comme rsultant deprocessus de convergence tels ceux dont tmoignent certaines aires gographiques comme les Balkans [voirEXCURSUS: La linguistique des aires].

    D'autres encore voient dans l'Ursprache, ou langue originelle, ainsi reflte, une lingua franca [ NOTE [N.E. Collinge"Language as it evolves: tracing its forms and families" in :N.E. Collinge et al. An Encyclopaedia of Language,London/New York, 1990, 876-916, p. 888.]]. Nanmoins l'hypothse d'une divergence partir d'une identit initialedemeure la plus tentante, sans tre rien de plus qu'une hypothse [ NOTE [A. Meillet en souligne souvent les limites:"les correspondances supposent une ralit commune; mais de cette ralit on ne peut se faire une ide que par deshypothses, et ces hypothses sont invrifiables" Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes[reprint] Alabama, 1964, p. 41.]].

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des sites :

    COURS D'INTRODUCTION A LA LINGUISTIQUE HISTORIQUE par Claude Sandoz, professeur l'universit deNeuchtel Format: PDFhttp://www.etudiants.ch/upload/documents/superuser/linguistique_historique.pdf

    Contrastive Grammar Course http://elex.amu.edu.pl/~krynicki/kongra.htm

    Sur la mthode comparative : http://www-student.unifr.ch/e-94/schmukim/pub/official/base/base.html

    Sur les deux a du franais :http://virga.org/cvf/index.htmlhttp://www.france-ouest.com/langue2001/change.htm- Phontique et phonologiewww.unige.ch/lettres/linge/moeschler/Cr7new/intro7.ppt

    Sur le changement phontique : http://gsteinbe.intrasun.tcnj.edu/tcnj/hotel/change.htm

    Language change through time Format: PDFwww.ling.udel.edu/tomioka/Ling101/2001fall/lecture10.pdf

    Language Change Languages and Change :http://ling.wisc.edu/~purnell/ling101/change.htmhttp://ling.wisc.edu/~purnell/ling101/change.pdf

    Language Change Format: Microsoft Powerpoint 97 w3.arizona.edu/~ling/au/indv101/presentations/INDV101-LgChange.ppt

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    Language Variation and Change par Sarah G. Thomason University of Pittsburgh :http://www.lsadc.org/web2/variation.html

    R. Beard on historical linguistics : What has a hippo in common with a feather?http://www.yourdictionary.com/library/ling007.htmlhttp://www.yourdictionary.com/hippo.html

    =========================================================================EXCURSUS: Les causes du changement phontique [COMPARAISON 7]

    Les linguistes ne sont jamais tombs d'accord pour fournir une explication du changement phontique et il se pourraitbien que, comme l'affirmait un peu schement en 1933 le linguiste amricain L. Bloomfield: "The causes of soundchange are unknown" (Language, New York,1933, 385). Pourtant, les tentatives n'ont pas manqu. Certaines d'entreelles sont aujourd'hui condamnes sans appel. Il s'agit d'abord de raisons d'ordre anatomique ou physiologique: lesmutations des organes vocaux ou des modifications des centres crbraux taient censes reflter les dispositionsparticulires de tels ou tels peuples et finalement imputes leurs diffrences intellectuelles. Le racisme naf de cesexplications n'est videmment plus tenable. Il est impossible de corrler des traits de structure des langues, qu'ils soientphontiques ou grammaticaux, avec des diffrences culturelles, lesquelles ne peuvent d'ailleurs jamais se lire en termesd'ingalits. La preuve en est que tout enfant, quel que soit son patrimoine gntique, pourra, dans des conditionsnormales d'exposition, apprendre n'importe quelle langue la perfection.

    On a pu postuler galement une connexion entre les conditions physiques ou climatiques et l'volution d'un systmephontique. Mais la "duret" de ce dernier n'est pas lie avec la svrit du climat. Si les langues du Caucaseaccumulent les sons articulation glottale et uvulaire, les Esquimaux en revanche, encore moins privilgis par leurenvironnement, possdent un systme parfois dcrit, avec d'ailleurs un impressionnisme non moins coupable, comme"agrable", et celui d'Aborignes australiens vivant dans un dsert impitoyable a pu tre dclar "euphonique". Pasdavantage l'altitude et les difficults respiratoires qu'elle implique n'influent sur le changement consonantique.

    On a aussi avanc, entre autres le psychologue allemand W. Wundt, qu'il y avait une relation entre certainesconventions sociales et des caractristiques phontiques: les Iroquois tiennent pour dplac de fermer le bouche enparlant, d'o l'absence de consonnes labiales. Mais on peut aussi bien tirer argument des particularits phontiques pourinfrer des traits de comportement.

    D'autres thories paraissent simplement plus plausibles en ce qu'elles ne sont pas carrment intenables a priori. C'est lecas de l'hypothse du substrat: l'arrive d'immigrants et leur absorption par une population indigne qui acquiert leurlangue occasionnerait pour celle-ci certains changements imputables la langue des autochtones. Ainsi, en France, lesdiffrences entre langue d'oc et langue d'ol correspondraient une division et une rpartition dialectale des tribusceltiques prsentes antrieurement l'occupation romaine. Ou bien encore, les changements connus par le latin pouraboutir au roumain s'expliqueraient par le substrat dace. Mais, comme on ignore peu prs tout des langues impliques,toute preuve fait dfaut. De mme, les traits particulier du Black English aux USA ont t parfois expliqus par lescaractristiques des langues vernaculaires d'Afrique parles par les premiers esclaves, alors qu'ils peuvent aussi avoird'autres causes.

    La thorie de la facilit ou de l'conomie des efforts articulatoires, mise en avant par O. Jespersen, entend rendrecompte des multiples changements interprtables comme une simplification (assimilation, fusion etc.). En outre, onconstate que certains changements semblent irrversibles: [s] devient [h] et non l'inverse. Mais d'un part, les notions defacilit ou de difficult de l'articulation sont toujours relatives: ce qui est ais pour le locuteur d'une langue ne l'tant paspour celui d'une autre langue, ou, dans la mme langue, peut s'avrer de comprhension plus difficile pour ledestinataire. Ensuite, il resterait expliquer pourquoi tous les changements appels tout moment par l'exigence desimplification ne se produisent pas. Enfin une simplification suppose engendre parfois une complexit nouvelle,comme quand la syncope vocalique gnre des groupes consonantiques indits, ou quand des rductions phonologiquesentranent des complications dans la morphologie. Tout compte fait, la thse de la simplification est impuissante expliquer la diversification en dialectes: pourquoi la complexit devrait-elle subsister concurremment l'volutionsuppose positive que connatrait l'un d'entre eux seulement?

    Plus sduisante apparat au premier abord l'hypothse selon laquelle, si un systme phonologique offre une dissymtrieen prsentant une place vide, une pression structurale interne est susceptible d'occasionner un changement afind'instaurer un systme plus quilibr. Mais ces dissymtries semblent plutt inhrentes au fonctionnement linguistiqueet on ne voit pas pourquoi certaines d'entre elles seulement susciteraient le besoin d'un changement. Bien des languesont des 'trous' dans leur systme, qui ne montrent aucune volution tendant les combler par cration d'un nouveauphonme.

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    On a galement avanc que, dans la mesure o chaque nouvelle gnration doit matriser sa langue, c'est dans leprocessus imparfait d'apprentissage que le changement phontique est le plus susceptible de se manifester. Pourtant, lesdifficults, incontestables, de prononciation rencontres par les jeunes enfants sont finalement surmontes; surtout ellesdemeurent idiosyncrasiques et non systmatiques. La cause du changement n'est donc pas dans l'apprentissage, mmes'il est vrai qu'une fois qu'un tel changement s'introduit dans la langue il est diffus par les plus jeunes locuteurs.

    Il arrive aussi que l'on puisse faire dpendre les changements phontiques d'une volont de diffrenciation animant plusou moins consciemment un groupe social dtermin. Dans le Nord de l'Australie, les membres mles et initis du peupleLardil recourent un style d'locution particulier dans des situations sociales spcifiques. La grammaire restantidentique, des mots spciaux sont alors utiliss qui comportent des phonmes totalement absents de la langue commune.Un petit groupe de pcheurs de Martha's Vineyard tudis par le sociolinguiste amricain W. Labov se sont mis exagrer une tendance prexistante pour s'affirmer comme groupe social indpendant avec un statut suprieur auxtouristes affluant dans leur le durant l't.

    Dans la mme perspective, il est avr qu' certaines des variantes phonologiques toujours existantes viennent s'attacherdes connotations sociales impliquant prestige ou au contraire stigmatises. S'il devient socialement valoris de fermerses voyelles, on constatera une tendance de la part des locuteurs se vivant comme d'un statut infrieur pouser cemouvement de fermeture par hypercorrection. Le snobisme, au sens d'effort pour singer une lite, est sans doute unpuissant agent de diffusion et de gnralisation d'innovations ayant connu un marquage sociolinguistique.

    Le changement linguistique s'opre quand une rgle est variable: deux options tant en concurrence selon le contextesocial, l'une d'elles se trouve marque positivement. Ne sont videmment pas claires, dans cette perspective, lesraisons qui font que c'est dans telle ou telle direction que s'opre le changement, car il semble que ce soit pur hasard sitelle ou telle articulation se voit confrer un prestige conduisant les imiter.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des livres :

    McMAHON, A (1994) Understanding Language Change. Cambridge, 1994.

    AITCHISON, J., Language change : Progress or Decay ? Londres,1981, p. 111-169.

    LORD, R., Teach yourself Comparative Linguistics, Londres, 1966, p. 82-87.

    BURLING, R., Patterns of language, San Diego, CA., 1992, p. 195-200.

    ANTTILA, R., An Introduction to Historical and Comparative Linguistics, New York, 1972. p. 179-206.

    HOCK, H.H., Principles of Historical Linguistics, Berlin/New York/ Amsterdam, 1986, p. 627-662.

    CROWLEY, T., An Introduction to Historical Linguistics, Auckland/ Oxford, 1992, p. 191-203.

    VENNEMANN, T., "Language change as language improvement", in :JONES, C. (d.), Historical Linguistics.Problems and Perspectives, Londres, 1993, p. 319-344.

    Des sites :

    Reasons for Language Change http://courses.nus.edu.sg/course/elltankw/2262/change.htm

    Why Do Languages Change?http://www.ancientscripts.com/hl_why.html

    German: Language Change and Linguistic Thought http://www.arts.uwaterloo.ca/GERM/g461/overview.htm

    The Grammatical System and Changehttp://courses.nus.edu.sg/course/elltankw/2262/grammar.htm

    Language changehttp://www.ling.upenn.edu/courses/Spring_2001/ling001/change.html

  • 15

    Language Change (un cours complet) par Robert Binnickhttp://www.scar.utoronto.ca/~binnick/LINC06/

    Sur Otto Jespersen :http://perso.club-internet.fr/mantonio/jespersen.htm

    Sur les Lardilhttp://www.invisiblelighthouse.com/langlab/damin.html

    Sur William Labov :http://courses.essex.ac.uk/LG/LG554/FactTheory.htmlhttp://www.ling.upenn.edu/courses/Spring_2001/ling001/identity.html- Labov's Approach to Language Change: http://coral.lili.uni-bielefeld.de/~ttrippel/labov/node4.html- How I got into linguistics, and what I got out of it by William Labov, University of Pennsylvania :http://www.ling.upenn.edu/~labov/Papers/HowIgot.html- The Organization of Dialect Diversity in North America William Labov, University of Pennsylvaniahttp://www.ling.upenn.edu/phono_atlas/ICSLP4.html- Sur le Black English : Academic Ignorance and Black Intelligence by William Labovhttp://www.theatlantic.com//issues/95sep/ets/labo.htm

    Sur les lois phontiques :http://www.limsi.fr/Individu/habert/Cours/PX/ProprietesDesLangues01-02Polycopie/node9.html

    =========================================================================EXCURSUS: La linguistique des aires. [COMPARAISON 8]

    Plusieurs aires gographiques o coexistent des langues d'origine diffrente prsentent cette caractristique que leslangues ainsi mises en contact offrent non seulement nombre d'emprunts lexicaux, mais surtout manifestent, dans leurgrammaire, nombre de traits communs qui ne paraissent pas avoir t hrits, alors que ce domaine est pourtant rputplus rsistant la diffusion. Ce sont donc des langues qui, en dpit de leur htrognit gntique, ont connu undveloppement tendant la convergence typologique: les similitudes partages par ces langues parles dans une mmergion sont telles que chacune d'elles finit par ressembler davantage aux autres qu' celles qui lui sont gntiquementapparentes.

    On dsigne ce type de regroupement o les langues du fait de leurs contacts mutuels partagent des traits de structure l'aide du terme allemand de Sprachbund (union, ou association de langues).

    Dans la rgion des Balkans, par exemple, se rencontrent : grec moderne, bulgare, macdonien, albanais et roumain qui,ensemble, prsentent des traits qu'ils ne partagent pas avec les langues qui leur sont les plus proches sur le plangntique - traits qui ne peuvent donc tre considrs comme hrits. Toutes ces langues sont certes indo-europennesmais appartiennent les unes, des rameaux indpendants les uns des autres (grec, albanais), les autres, soit au groupedes langues slaves (bulgare, macdonien), soit celui des langues romanes (roumain), il est donc facile de cerner sur labase de donnes comparatives gnrales quelles similarits sont imputables au seul contact gographique et ne peuventtre mis au compte d'un hritage commun.

    Parmi ces traits, on compte le syncrtisme du gnitif et du datif (le bulgare tant par exemple la seule langue slave avoir remplac son systme casuel en recourant, de manire strictement analytique, des prpositions); l'articlepostpos (sauf pour le grec moderne); la perte gnrale de l'infinitif remplac par une subordonne introduite par uneconjonction, ainsi en grec dos mu na pjo (mot mot : "donne moi que je boive"). [NOTE [L'origine de ce dernierphnomne doit sans doute tre attribue la prononciation en usage dans la priode byzantine: la majeure partie desverbes prsentant pour la troisime personne du singulier du prsent une dsinence en -i et en -in l'infinitif, la chute du-n final a amen l'identit des terminaisons, et comme le grec tait, durant et aprs cette poque, utilis comme linguafranca dans tous les Balkans, le bilinguisme a assur la diffusion de cette substitution dans les autres langues dudomaine.]]

    D'autres domaines gographiques offrent des exemples analogues. Dans le sud-est asiatique, la prsence de tons enchinois, thai et vietnamien a t de mme attribue au contact. En Inde, les langues indo-europennes, possdent,comme leurs voisines, les langues dravidiennes et mounda, non parentes, une srie de rtroflexes inconnue des autreslangues indo-europennes et recourent aux classificateurs numraux. Entre la mer Noire et la Caspienne, l'armnienoriental et l'osste (indo-europens), ont des consonnes glottalises, par quoi leur systme phonologique se rapproche decelui des langues caucasiques, toutes proches. Certaines langues bantoues ont des clicks, comme leurs voisines leslangues Bush-Hottentotes. Pour l'Europe occidentale, le linguiste amricain B. L. Whorf avait galement isol un

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    ensemble de traits communs, tels que les articles et les formes verbales priphrastiques qu'il tenait pour sicaractristiques qu'il a propos le terme de SAE (Standard Average European, ou europen moyen standard) en leconsidrant comme une seule langue, par opposition des langues massivement diffrentes comme l'Amrindien, sonobjet d'tude primordial.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des livres :

    BYNON, T., Historical Linguistics, Cambridge, 1977, p. 244-256.

    COMRIE, B., Language Universals and Linguistic Typology, Chicago, 1981, p. 197-203.

    LEHMANN, W.P., Historical Linguistics : an Introduction, Londres, 1992, p. 137-139.

    Des sites :

    Languages in Contact by Donald Winford of The Ohio State Universityhttp://www.lsadc.org/web2/contact.html

    - l'exemple des Balkans http://www.universalis-edu.com/doc/atlas/articles/Q160441_4.htm#som21http://www.universalis-edu.com/doc/atlas/articles/C933701_3.htm#som25- SERBO-CROATIAN AND SOUTH SLAVIC LANGUAGEShttp://www.fitzroydearborn.com/chicago/linguistics/sample-language.php3- BULGARIAN AND MACEDONIAN http://www.ucc.ie/staff/jprodr/macedonia/macmodlan.html- Sprachbnde: Beschreiben sie Sprachen oder Linguisten?http://viadrina.euv-frankfurt-o.de/~wjournal/1_01/VanPottelberge.html

    Principles of areal typology Format: PDFwww.ling.su.se/staff/oesten/papers/Principles.pdf -

    Whorf et le SAEMANIFESTING WORLDVIEWS IN LANGUAGE par Dan Moonhawk Alfordhttp://www.sunflower.com/~dewatson/dma-wv.htmhttp://www.suri.ee/il/2000/2/SAE.html

    =========================================================================II. Mthodes et procdures de la comparaison. [COMPARAISON 9]

    Quoi qu'il en soit, le matriau essentiel de la comparaison gntique, celle qui vise la classification des langues dupoint de vue de leur origine et de leur histoire, saisie au travers de leurs relations, est constitu par les correspondancesphontiques entre les langues attestes. Ces correspondances sont "la seule ralit laquelle [la grammaire compare]ait affaire" [NOTE [ A. Meillet, Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes [reprint] Alabama,1964, p. 41.]] Il convient de souligner l'importance d'une telle approche sur plusieurs plans.

    Des correspondances la restitution.

    D'abord, mme si le point de dpart d'une investigation de ce type est toujours une intuition fonde sur desressemblances, il est nanmoins permis, voire indispensable, de s'en affranchir: "l'histoire phontique ne se fait pas avecdes ressemblances, mais avec des systmes de correspondances [...] le linguiste n'opre pas avec des faits concrets plusou moins homologues, mais avec des correspondances pouvant porter sur des faits htrognes" [NOTE [A. Meillet,Introduction l'tude comparative des langues indo-europennes [reprint] Alabama, 1964, p. 470-471; cf. Linguistiquehistorique et Linguistique gnrale I [reprint] Paris, 1958, p. 82.]] Ce qui signifie en pratique qu'une correspondancepeut tre parfaitement probante alors mme que la ressemblance est inexistante. Ainsi, au mpris apparent de toutevraisemblance, il est permis d'effectuer un rapprochement tout fait valide, pour le nom de "deux", non seulement entrele sanscrit d(u)v, le grec dyo, et le latin duo, ce qui parat spontanment plausible, mais aussi avec l'armnien erku,dans la mesure o deux autres correspondances montrent que erk- de l'armnien peut rpondre dw- en une autrelangue. [NOTE [Voir les prcisions que fournit Meillet: "de mme que le grec a pour l'ide de "craindre" une racinedwi-, l'armnien a erki- (erkiwil, "crainte"), et de mme que le grec a pour dire "longtemps" un vieil adjectif dwron,l'armnien a erkar, "long" [...] la concordance se laisse ramener une rgle gnrale de correspondance: un ancien dw-

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    aboutit arm. erk-." La Mthode comparative en linguistique historique, Oslo, 1925, p. 6, cf. p. 31.]] De tellescorrespondances se laissent reconnatre entre de nombreuses langues attestes, parmi lesquelles on peut citer l'ancienindien, ou sanscrit, le lituanien, l'islandais ancien, l'armnien, le grec, le latin, le gotique, et d'autres encore [voirTABLEAU : les langues indo-europennes].

    L'autre consquence est que la restitution constitue toujours une extrapolation hasardeuse. Assurment, si l'on dcouvrepour le nom "mre", la correspondance suivante: ancien nordique modir - irlandais mathir - latin mter - grec mter -lituanien mote, "femme"; motina, "mre" - ancien slave mati - armnien mayr - ancien indien mta; puis pour "souris",celle-ci: a. n. mus - lat. mus, muris - gr. mus - arm. mukn - a. ind. mh; pour "lune" ou "mois", cette autre: gotique mena,"lune", menoPs, "mois" - irl. mi, "mois" - lat. mnsis, "mois" - gr. mn, "mois", mn, "lune" - lit. menuo, "lune",menesis, "mois" - a. sl. meseci, "lune, mois" - arm. amis, "mois"; enfin pour "mort": got. maurP, "meurtre" - lat. mors,mortis, "mort" - gr. mortos, "mortel" - lit. mirtis, "la mort" - a. sl. su-mrti, "la mort" - arm. mard, "un tre humain (unmortel)" - a. ind. mrtih, nous serons lgitims poser en position initiale cette quation: (got.) m- = (celt.) m- = (lat.) m-= (gr.) m- = (lit.) m- = (a. sl.) m- = (arm.) m- = (a. ind.) m-. Et mme, plutt que d'avoir rpter une srie aussiencombrante, nous pouvons choisir de l'identifier par un signe conventionnel. Ce dernier pourrait tre arbitraire (unchiffre par exemple), mais il est videmment prfrable que le signe "rappelle quelque chose de ce qu'[il] doit dsigner"[NOTE [L. Hjelmslev, Le Langage, (trad.) Paris, 1966, p. 37.]] et l'on choisira de symboliser la correspondance par m-en l'affectant d'un astrisque: *m. Ds lors, au lieu de rpter qu'il y a une concordance l'initiale entre l'm gotique, l'mceltique, l'm latin, et ainsi de suite, nous parlerons de l'm indo-europen [voir EXCURSUS: L'indo-europen], not *mi.e, comme tant l'une des correspondances que l'on constate entre certaines langues historiquement attestes.

    On voit que la notion de restitution ne saurait tre manie sans prcautions. Pour Meillet, proprement parler, on nereconstruit pas l'indo-europen: "les correspondances sont les seuls faits positifs, et les 'restitutions' ne sont que lessignes par lesquels on exprime en abrg les correspondances." [NOTE [A. Meillet, Introduction l'tude comparativedes langues indo-europennes, [reprint] Alabama, 1964, p. 42.]] Pour autant, on ne saurait refuser les indications queles langues attestes fournissent sur l'articulation vraisemblable du prototype, et c'est ainsi que procde le linguiste leplus rigoureux, en cherchant s'appuyer sur l'volution phontique la plus vraisemblable. [NOTE [Par exemple lephonme s dental peut devenir un simple souffle, ou devenir fricatif P, voire mme occlusif, t, ou se sonoriser en z quipasse ensuite r (phnomne dit de "rhotacisme"), ainsi que devenir ch (A. Meillet, Introduction l'tude comparativedes langues indo-europennes, [reprint] Alabama, 1964, p. 34).]] Le choix du symbole vise toujours l'conomie dansl'explication du changement et, du coup, au ralisme.

    Ainsi, quand la comparaison du sanscrit bharami, du grec pher, de l'armnien berem et du gotique baira, tous au sensde "je porte", puis d'autres (scr. nabhah. / gr. nephos / ancien saxon nebal) fournit la correspondance suivante (scr.) bh =(gr.) ph = (arm.) b = (germ.) b, le comparatiste est conduit se demander si l'une de ces ralisations phontiques estchronologiquement premire, et, si oui, laquelle et pourquoi. Ses rponses aimanteront le choix du symbole posercomme forme hypothtique restitue.

    Il procde alors par essais et erreurs: b peut effectivement dboucher sur bh par une volution qui requiert seulementl'aspiration et qui est cautionne par de nombreux exemples, mais, pour devenir ph, deux tapes sont ncessaires(aspiration et dvoisement) et l'volution serait sans exemple dans le domaine indo-europen. La seconde hypothse ph> bh, qui rclame le voisement, est possible, mais sans prcdent en i.e., tandis que ph > b est plus problmatique, en cequ'elle exigerait deux tapes (perte de l'aspiration et voisement). En revanche, une dernire hypothse est plussatisfaisante, partant de bh, car aussi bien bh > b que bh > ph ne rclament qu'un seul changement (dvoisement d'unct et perte de l'aspiration de l'autre), et c'est l l'volution phontique la plus simple et la mieux atteste. Mais pourtrancher dfinitivement, resterait encore tudier dans leur ensemble le comportement des aspires labiales (bh, ph)comme des occlusives labiales (b, p) i.e. et trouver une cohrence dans leur traitement. Au-del, c'est le traitement dela totalit de la classe des aspires et des occlusives sonores qui devra tre galement abord et n'offrir aucunecontradiction avec l'hypothse mise dans le cas prcis tudi.

    Pour en savoir plus:

    Des livres :Outre les travaux d'A. Meillet, J. Manessy-Guitton, P. Thieme, T. Bynon, dj cits dans la bibliographie deCOMPARAISON 3, voir :

    HOCK, H.H., Principles of Historical Linguistics, Berlin/New York/ Amsterdam, 1986, p. 532-626.

    LEHMANN, W.P., Historical Linguistics : an Introduction, Londres, 1992, p. 141-161.

    ANTTILA, R., An Introduction to Historical and Comparative Linguistics, New York, 1972, p. 229-285.

    JEFFERS, R.J., LEHISE, I., Principles and Methods for Historical Linguistics, Cambridge MA., 1982, p. 17-54.

  • 18

    BLOOMFIELD, L., Language, Chicago, 1933, p. 297-321.

    CROWLEY, T., An Introduction to Historical Linguistics, Auckland/ Oxford, 1992, p. 90-132.

    HJELMSLEV, L., Le Langage [trad. fr. de Sproget, Copenhague,1963], Paris, 1966, p. 31-54.

    LANGACKER, R.W., Language and its Structure. Some fundamental Linguistic Concepts, New York, 1968, p. 199-232.

    REICHLER-BGUELIN, M.-J., "La Mthode Comparative. Problmes Epistmologiques en diachronie linguistique",in : F. BADER (d.), Langues indo-europennes, Paris, 1994, p. 43-64.

    Des sites :

    THE COMPARATIVE AND INTERNAL METHODS FOR THE RECONSTRUCTION OF LANGUAGEShttp://www.zentrale.freeserve.co.uk/files/linguistics.htm

    Einfhrung in die vergleichende Grammatik http://www.kontrastivlinguistik.de/Kontrastives/kontrastives.htmlhttp://www.kontrastivlinguistik.de/Kontrastives/Sprachvergleich/hauptteil_sprachvergleich.htmlhttp://www.kontrastivlinguistik.de/Kontrastives/Historisch_vergleichend/hauptteil_historisch_vergleichend.html

    Definitions for Historical/Comparative Linguistics http://www.ttt.org/LingLinks/definitions450.html

    Genealogical classificationhttp://courses.nus.edu.sg/course/elltankw/2262/beginnings.htm

    volution et parent des langues : "Venues pied du fond des ges" par J.-M. Klinkenberghttp://intranet.unine.ch/dialectologie/NHLF/NHLF_klinkenberg79.htm

    Language relationshipshttp://www.ling.upenn.edu/courses/Spring_2001/ling001/relationships.html

    Historical Reconstruction Format: Microsoft Word 2000 www-personal.umich.edu/~rqueen/TEACHING/211/historical.doc

    Everything you ever wanted to know about Proto-Indo-European (and the comparative method), but were afraid to ask!http://www.utexas.edu/depts/classics/documents/PIE.html

    Une bonne liste de liens : Indo-European Resources: the Comparative Method http://www.angelfire.com/tx/eclectorium/indoeuro2.html

    Introduction to Comparative Historical Linguistics par C. Hallen BRIGHAM YOUNG UNIVERSITY'S Department ofLinguisticshttp://humanities.byu.edu/classes/ling450ch/index.html

    Historical Linguistics: The Study of Language Changehttp://www.shsu.edu/~stdskj13/linguisticschaptereight.htm#Section 7 Language

    Historical linguistics 1: Phonological Changehttp://www.courses.fas.harvard.edu/~sa34/lectures/hist1.htm

    Historical Linguistics 2: Reconstructionhttp://www.courses.fas.harvard.edu/~sa34/lectures/hist2.htmhttp://www.courses.fas.harvard.edu/~sa34/lectures/hist2.pdfdes diapositives sur "historical linguistics" :http://icg.harvard.edu/~sa34/lectures/hist2.pdf

    Historical linguisticshttp://www.linguistlist.org/~carnie/classes/StrucCelt/CeltHistLing.pdf

  • 19

    HISTORY AND EVOLUTION OF LANGUAGEhttp://fog.ccsf.cc.ca.us/~rmorel/VI.htm

    Historical linguistics http://ngd.linguistics.mcgill.ca/courses/400/1/index.htm

    Une bonne liste de liens sur la linguistique historique http://www.ancientscripts.com/hl_links.html

    =========================================================================[COMPARAISON 9bis]

    TABLEAU

    LES LANGUES INDO-EUROPEENNES

    indo-europen

    albanais

    tokharien armnien

    hittite balto-slave indo-iranien

    germanique celtique italique grec baltique slave indien iraniengotique gaulois osque grec vieux slave sanscrit avestiqueancien islandais ombrien pracrit vieux perseancien haut allemand latinvieil anglaisanglais irlandais portugais grec lituanien russe hindi/urdu persanallemand galique castillan lette ukrainien bengali pachtounerlandais gallois catalan polonais panjabi kurdesudois breton provenal tchque marathe baloutchidanois franais slovaque cinghalais osstenorvgien italien serbo-croate rom (tsigane)islandais roumain bulgare

    slovne

    =========================================================================EXCURSUS : L'indo-europen [COMPARAISON 10]

    On donne ce nom, par convention, depuis 1813, avec Thomas Young (en anglais, indo-european) la langueoriginellement unique dont on doit postuler l'existence pour expliquer les ressemblances que manifestent dans leurvocabulaire et leur formes grammaticales un certain nombre de langues actuellement parles en Asie et en Europeoccidentale. Le premier terme utilis (par un danois crivant en franais, en 1810) tait celui d'indo-germanique, quimalgr les apparences n'est pas inspir par une volont nationaliste de la part des Allemands, car il se justifiait par ledsir de dcrire cette famille de langues du point de vue des langues parles aux deux ples de son extensiongographique, un moment o les langues celtiques n'y taient pas incluses. Cet usage est d'ailleurs persistant en langueallemande (indo-germanische). En revanche, le terme aryen, frquent au sicle dernier, et justifi tant qu'on pensait quele sanscrit tait le plus fidle reflet de la langue premire, a disparu sauf comme synonyme, vrai dire peu usit, d'indo-iranien

    Au sens large du terme l'indo-europen est aussi l'ensemble des langues existantes ou ayant exist qui drivent de cetronc commun: on appelle ainsi langue indo-europenne, selon la dfinition de Meillet, "toute langue qui, un momentquelconque, en un lieu quelconque, un degr d'altration quelconque, est une forme prise par [l'indo-europen], et quicontinue ainsi, par une tradition ininterrompue l'usage de l'indo-europen", ce qui autorise dire que l'albanais, le grec,le franais, le tokharien ou l'hindi sont des langues indo-europennes.

    Pour cette raison il devenu courant de dsigner la langue commune d'o toutes les langues indo-europennes sontsupposes tre issues - en vertu de l'hypothse fondamentale de la comparaison gntique - par le terme d'indo-europencommun ou de proto-indo-europen, en particulier lorsqu'on en tente une restitution.

    POUR EN SAVOIR PLUS :

    Des livres :

    J. MANESSY-GUITTON, "L'indo-europen" in :MARTINET, A. (d.), Le Langage, Paris, 1968, p. 1240-1287.

  • 20

    LEHMANN, W.P., Theoretical Bases of Indo-European Linguistics, Londres/New York, 1993.

    MARTINET, A., Des Steppes aux ocans. L'indo-europen et les "Indo-Europens", Paris, 1986.

    MEILLET, A., Introduction l'tude comparative des langues indoeuropennes, Paris, 1937 [reprint : Alabama, 1964],p. 35-50.

    BADER, F. (d.), Langues indo-europennes, Paris, 1994.

    VILAR, F., Los Indoeuropeos y los Origenes de Europa. Lenguaje e historia, Madrid, 1991.

    Des sites :

    La dfinition de l'indo-europen aujourd'huihttp://www.cg18.fr/actualites/evenement/indoeuropeen/argumentaire.htm

    Indo-European and the Indo-Europeans Calvert Watkinshttp://www.bartleby.com/61/8.html

    Indo European Research Resourceshttp://humanities.byu.edu/classes/ling450ch/index.html

    Was ist Indogermanistik?http://www.unibas.ch/klaphil/idg-compphil.html

    Indogermanisch oder indoeuropisch?http://www.unibas.ch/klaphil/idg-ie.html

    Sur Thomas Younghttp://www.infoscience.fr/histoire/biograph/biograph.php3?Ref=61

    Sur "aryen"http://www.bharatvani.org/vishal_agarwal/What_is_AMT.html

    "Nazi appropriation of Aryans"http://www.tamil.net/list/2001-06/msg00255.html

    LINGUISTICS AND IDEOLOGY IN THE STUDY OF LANGUAGEE. F. K. KOERNER University of Ottawahttp://www.tulane.edu/~howard/LangIdeo/Koerner/Koerner.html

    =========================================================================La reconstruction interne. [COMPARAISON 11]

    Pralablement toute comparaison effectue de langue langue, il est souvent possible, en partant d'un tat de languedonn, de pratiquer une forme de reconstruction interne qui livrera un tat antrieur, quoique non attest, de cettelangue. On peut montrer sur un corpus hypothtique les bnfices d'une telle dmarche. Soit une langue (invente) dontl'examen livrerait les units significatives suivantes:

    pak pal pat map lapfik fil fit maf lafwuk wul wut maw law

    Si nous examinons la distribution des sons reprsents par des lettres dans les trois premires colonnes nous constatonsque k peut suivre n'importe quelle voyelle a, i, u, et que c'est aussi le cas de l et de t. Mais les autres consonnesmanifestent des restrictions dans leur distribution: p n'apparat que devant a; f seulement devant i; et w seulementdevant u. Ces trois consonnes sont donc en distribution complmentaire et peuvent tre considres comme lesallophones d'un seul phonme que nous symboliserons provisoirement par *P, afin de dsigner l'ensemble p / f/ w, dontchacun des membres se trouve dans un environnement spcifique. Dans les deux dernires colonnes, les membres del'ensemble p / f/ w apparaissent tous en position finale, et ne considrer que ces deux colonnes nous pourrions lescroire en contraste plutt qu'en distribution complmentaire. Les deux conclusions peuvent pourtant tre concilies sinous postulons que les mots des deux dernires colonnes se terminaient jadis par une voyelle aujourd'hui disparue.

  • 21

    Auquel cas le p aurait prcd un a, le f, un i, le w, un u, selon le modle de distribution dj reconnu. En outre, on peutalors poser que tous les mots de la langue obissaient, antrieurement l'tat o nous la saisissons, au schma CVCV,mme si, pour les trois premires colonnes, nous ne pouvons reconstruire la voyelle finale disparue autrement que sousla forme non spcifie V:

    *PakV *PalV *PatV *maPa *laPa*PikV *PilV *TitV *maPi *laPi*TukV *TulV *TutV *maPu *laPu

    Plutt que le symbole *P, nous pourrions adopter l'un des membres de l'ensemble qu'il coiffe. De prfrence *p, parcequ'il est plus commun dans les langues que f ou w, et aussi parce qu'il se dveloppe frquemment en f devant i et en wdevant u, alors que l'inverse est plus inhabituel.

    POUR EN SAVOIR PLUS :Voir plus loin les dveloppements consacrs la Loi de Verner et aux laryngales de F. de Saussure

    Des livres :

    FOX, A.,. Linguistic reconstruction : an introduction to theory and method,. Oxford, New York, 1995.

    CAMPBELL, L., Historical Linguistics, an Introduction, Cambridge, MA., 1999.

    Des sites :

    The internal reconstruction procedurehttp://cs.engr.uky.edu/~gstump/519/outline12.html

    Internal reconstructionhttp://icg.harvard.edu/~sa34/lectures/hist2.pdfhttp://icg.harvard.edu/~sa34/lectures/hist2.htm

    Internal reconstruction and external reconstructionhttp://ngd.linguistics.mcgill.ca/courses/400/10/sld017.htmhttp://ngd.linguistics.mcgill.ca/courses/400/10/tsld017.htm

    THE COMPARATIVE AND INTERNAL METHODS FOR THE RECONSTRUCTION OF LANGUAGEShttp://www.zentrale.freeserve.co.uk/files/linguistics.htm

    Un exemple de problme rsoudre http://www.csuchico.edu/~gt18/Trung.pdf

    =========================================================================Un exemple de la mthode comparative. [COMPARAISON 12 ]

    La seconde tape consiste pratiquer la comparaison externe en posant des correspondances entre languesprobablement parentes. Esquissons sur un autre corpus invent (et violemment rducteur) quelques-unes des dmarcheslmentaires de la comparaison [NOTE [adapt de Langacker.]]. Supposons que l'on dcouvre en quelque contrequatre langues bien distinctes mais qui, outre de nombreuses analogies dans le fonctionnement morphologique etsyntaxique, offrent aussi des ressemblances frappantes dans leur lexique, en particulier pour les mots suivants:

    L1 L2 L3 L4 Senstuha duga tuka tuk "arbre"rifu rifu lifu rif "mouche"wani wani weni wan "ciel"rana rana lena lena "pierre"kaha gaga kaka kak "abri"puti budi puti put "clair"paltufo niri nili nir "lance"fanu fanu fenu fan "ruisseau"napu nabu napu nap "flche"mita mida mita mit "ocan"

  • 22

    Les ressemblances sont, ds le premier coup d'oeil, nombreuses et l'emprunt ne pourrait suffire les expliquer. Avantmme d'examiner prcisment les rgularits de ces donnes, nous butons sur deux formes inattendues. En L1 ,le motqui dsigne la lance, paltufo, n'a rien de commun avec niri, nili, nir, dans L2, L3, L4; en outre, les principesphonologiques qui paraissent en vigueur pour les autres mots de L1, qui n'ont que deux syllabes, chacune de structureCV, sont viols par ses trois syllabes; de plus le groupe -lt- semble contredire le patron normal des mots. Selon toutevraisemblance, paltufo est un emprunt de L1 une autre langue, inconnue. Un autre mot doit tre suspect, lena, en L4,car, d'aprs notre corpus de cette langue, il est le seul se terminer par une voyelle, prsenter la voyelle e et laconsonne l. En revanche, s'il est emprunt, il doit l'tre d'une langue apparente, compte tenu de similitude des mots deL1, L2, L3 pour "pierre": l'explication la plus plausible est alors qu'il a d tre emprunt L3, cause de l'identit desmots dans les deux langues et du fait que les caractristiques phonologiques de lena sont normales pour les mots de L3.

    Les sons des quatre langues offrent entre eux des correspondances rgulires. Le mot pour "flche" en L1 commencepar un [n], comme les mots qui correspondent dans les trois autres langues, le mot pour "ciel" a un [n] comme troisimelment dans les quatre langues, et c'est aussi le cas pour le mot "ruisseau". Les sons correspondants dans les deuxlangues sont donc [n]-[n]-[n]-[n]. Deux autres correspondances compltement rgulires sont [f]-[f]-[f]-[f], ainsi que[m]-[m]-[m]-[m]. Une autre correspondance sans exception est [r]-[r]-[l]-[r]. En toute position o L1 a [r], L2 et L4 sontdans le mme cas, en position correspondante L3 a [l], mme si les donnes, pour les raisons exposes plus haut, sontincompltes pour les mots "pierre" et "lance", les formes disponibles se conforment ce schma. On sait qu'unecorrespondance peut tre parfaitement rgulire, alors mme que les membres de la correspondance sont diffrents:l'cart qu'offre L3, avec son [l], est systmatique, et c'est la rgularit, bien plus que l'identit phontique, qui estdcisive pour prouver la filiation gntique et tenter une reconstitution du proto-langage. D'autres correspondances sontdu mme type [t]-[d]-[t]-[t], et [p]-[b]-[p]-[p].

    Nous avons pos six correspondances compltement rgulires: [n]-[n]-[n]-[n]; [f]-[f]-[f]-[f]; [m]-[m]-[m]-[m]; [r]-[r]-[l]-[r]; [t]-[d]-[t]-[t]; [p]-[b]-[p]-[p]. Mais si nous tentons maintenant d'en isoler d'autres, nous butons sur diversesexceptions. Sur la base du mot "arbre", le son [k], par exemple en L3, semble correspondre [h], [g], et [k] en L1, L2,L4, respectivement, ce qui nous conduirait la correspondance [h]-[g]-[k]-[k]. Dans cette hypothse, en partant du motde L3 pour "abri", [kaka], nous devrions nous attendre ce que les mots parallles soient, pour L1, [haha], pour L2,[gaga], et pour L4, [kak]. Or nos esprances sont dues, puisque le mot de L1 n'est pas [haha], mais [kaha], laconsonne initiale dmentant notre belle construction.

    Certaines correspondances doivent donc tre poses en tenant compte d'un environnement phonologique spcifique. Parexemple la correspondance [h]-[g]-[k]-[k] est valide condition d'exclure la position initiale, pour laquelle lacorrespondance [k]-[g]-[k]-[k] est requise. Pour confirmer cette correspondance conditionne par l'environnementphonologique, il suffirait de rencontrer propos d'un autre mot la srie [kiri], [giri], [kili], [kil]. Quant aux voyelles [i]et [u], les correspondances dpendent galement de l'environnement phonologique. En se fondant sur "arbre" et"ocan", les correspondances seraient poser comme [u]-[u]-[u]-[u], et [i]-[i]-[i]-[i], o ces voyelles ne sont pas enposition finale. Mais les mots de L4 montrent une absence gnrale de voyelles finales: aussi bien les mots pour"ruisseau" que pour "ciel" tmoignent que la srie est, la finale, respectivement [u]-[u]-[u]-[], et [i]-[i]-[i]-[]. Enposition finale, la srie [a] offre, d'aprs le mot pour "ocan", un comportement analogue: [a]-[a]-[a]-[]. Mais, ailleurs,[a] en L1, L2 et L4 correspond pour certains mots de L3, comme "abri" ou "flche", [a], tandis que pour d'autres("ciel", "pierre", "ruisseau") [e]. Si nous nous efforons de dcouvrir un principe gnral qui dterminerait, en L3,l'apparition de [a] ou de [e], nous dcouvrons que [e] apparat seulement devant la nasale [n], tandis que [a] ne serencontre jamais devant cette nasale. L'alternance entre [a] et [e] en L3, comme contrepartie de [a] dans les autreslangues est donc parfaitement rgulire. Nous pouvons rassembler les correspondances jusqu'ici obtenues:

    (1) [n]-[n]-[n]-[n](2) [f]-[f]-[f]-[f](3) [m]-[m]-[m]-[m](4) [r]-[r]-[l]-[r](5) [t]-[d]-[t]-[t](6) [p]-[b]-[p]-[p](7a) [k]-[g]-[k]-[k] en position initiale(7b) [h]-[g]-[k]-[k] en toute autre position(8a) [u]-[u]-[u]-[] en position finale(8b) [u]-[u]-[u]-[u] en toute autre position(9a) [i]-[i]-[i]-[] en position finale (9b) [i]-[i]-[i]-[i] en toute autre position(10a) [a]-[a]-[a]-[] en position finale (10b) [a]-[a]-[e]-[a] devant nasale(10c) [a]-[a]-[a]-[a] en toute autre position

  • 23

    Ce systme de formules rgulires dfinit la forme phontique des mots des quatre langues apparentes et doit nouspermettre de prdire la prononciation d'un mot d'une langue dont nous ne connatrions que les correspondants dans lestrois autres. Ainsi du mot pour "lance" en L1, qui, s'il n'avait t l'objet d'un emprunt, aurait d tre, d'aprs sespendants et les formules poses, de forme [niri]; de mme le mot originel pour "pierre" en L4 serait [lan], n'tait sonemprunt L3.

    L'tape de la reconstruction.

    L'existence, pour des sries entires de mots, d'une ressemblance phontique rductible un rseau de correspondancesrgulires, appuye en outre sur cette constatation empirique gnrale que le changement phontique est, en toutelangue, globalement rgulier, permet de poser l'hypothse que cette identit fondamentale l'intrieur d'un spectre devariations doit s'expliquer par une origine commune de chacun des mots des diffrentes langues que l'on regroupe ainsi.Pour chaque srie il doit y avoir une forme originelle dont tout membre est le prolongement, la continuation plus oumoins divergente. Le double mouvement qui consiste reconstruire le prototype et reconstituer les changementsphontiques qu'il a pu subir est l'tape qui suit l'tablissement des correspondances.

    Pour chaque correspondance phontique, nous poserons une unit phontique de la proto-langue. Chaque fois parexemple que [n] apparat dans un mot des langues apparentes, les autres mots poss en parallles contiennent aussi [n]et dans la mme position. Il n'est pas trop aventur de supposer que cet accord tient ce que le mot de la proto-languequi est au point de dpart des quatre formes existantes contenait aussi [n] dans cette position. Le postulat est donc que[napu], [nabu], [napu], [nap] commencent tous par [n] parce que le mot pour "flche" dans la proto-langue commenaitgalement avec un [n], que le troisime segment de [fanu], [fanu], [fenu], [fan] est, chaque fois, [n], parce que letroisime segment du mot de la proto-langue pour "ruisseau" tait aussi [n], etc. Nous reconstruirons donc pour la proto-langue le segment *[n], qui n'a t affect d'aucun changement phontique, puisque dans les langues attestes il estreflt de manire uniforme. La mme reconstruction peut, pour des raisons similaires, tre pratique pour *[f] et *[m].Dans le cas de la correspondance [r]-[r]-[l]-[r], o se rencontre une disparit, le segment reconstruire doit tre tel qu'ilpermette un dveloppement historique vers [l] comme vers [r]: ce requisit peut aussi bien conduire reconstruire [l] que[r] comme proto-segment, dans la mesure o les deux sons sont trs proches et interchangeables. Nous reconstruirons*[r] pour des raisons d'conomie dans la mesure o nous n'avons alors postuler un changement de [r] en [l] que pourune seule langue (L3), alors que reconstruire *[l] exigerait qu'une altration de [l] en [r] se soit produiteindpendamment en trois langues L1, L2, L4, et