La Colline du 30 novembre 2014

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  • La Colline 65e lgislature 1

    Cest dommage, de shabituer a.... Le regard en arrire en quittant lHtel du Parlement, un participant de lanne dernire jetait les yeux vers les statues et orne-ments, qui sloignaient alors que nous mar-chions dans la neige. La beaut et tout son sens disparaissent force de les voir, mexpli-quait-il, une pointe de regret dans la voix.

    Cette remarque na rien voir avec les dbats qui vont nous occuper pendant cinq jours. Rien voir avec les amendements, les procdures, les discours des uns et des autres. La beaut de lAssemble nationale, le poids de lhistoire quelle soutient, son caractre puissamment symbolique dans la dmocratie qubcoise doit nous inciter mieux con-natre ces lieux que nous investissons. Ce nest pas une visite guide qui fera laffaire, ou bien la lecture dun article sur Wikipdia.

    Le Salon Bleu lui-mme, notamment, revt une importance capitale en ce quil englobe dun point de vue artistique toute lHistoire de la nation qubcoise. Pour-quoi? Quand vous y serez, regardez en lair.

    De lHistoire ancienne lHistoire rcenteLe plafond de lAssemble natio-

    nale fut peint par Charles Huot, de 1914 1920. Six annes de labeur, inspires par la devise Je me souviens pour raliser cette ode picturale, vocation grandiose de la lutte

    pour la vie en cette nouvelle province. Avec justesse, prcision, intelligence, Huot a re-transcrit les trois grandes poques de notre histoire nationale.

    Au centre trne une femme, fille des dieux, allgorie de la nation. Elle tend aux grands personnages de lHistoire du Qu-bec une couronne de laurier, contemplant en rve le firmament do sveille la premire tape de la vie qubcoise: les caravelles de Jacques Cartier, le Dcouvreur, et de Sam-uel de Champlain, fondateur de Qubec. Sur son cheval blanc nuage, le bras enlev dans une harangue, vous verrez le marquis de Montcalm, quelques instants sans doute avant quil ne tombe sur les Plaines dAbra-ham. Il y en aura dautres encore, et cest aprs eux, martyrs et hros, que notre vieux drapeau, tremp de pleurs amers, ferma son aile blanche et repassa les mers.

    Le second chapitre souvre avec le nouveau rgime, vous remarquerez gauche le premier gouverneur militaire, le gnral Murray, tendant la main sous sa perruque blanche. Il est aux cts de Mgr Plessis, lvque hroque, autour duquel se rallie une population touche par la guerre. Cest un peu plus tard, cette mme poque, que commenceront les grandes batailles consti-tutionnelles qui succdrent aux luttes con-tre lenvahisseur anglais.

    Enfin la troisime phase de notre his-toire commence avec la Confdration, en 1867. En prtant attention, vous verrez que les traits des personnages sont plus fine-ment dessins, leurs contours plus prcis, leurs habits plus modernes. Cest une po-que plus proche de la ntre, elle nous parle des crivains, des militaires, des lgistes b-tisseurs. Ce sont George-tienne Cartier, Louis-Joseph Papineau ou encore Octave Crmazie. Ce sont le cardinal Taschereau, Honor Mercier, Wilfrid Laurier et une cohue de prcurseurs.

    De lHistoire rcente la quatrime phase

    Ce sont 19 personnages identifis, en tout, rgiment de visionnaires, artistes et littrateurs, glorifis dans ce panthon pour que personne noublie, quils ont fait la nation et que nous sommes l grce eux. Certains des noms crits ici ne vous disent pas grand-chose? Vous avez but sur dautres, essayant de vous remmorer quelque cours dhistoire enfoui dans les souvenirs de lcole secon-daire? Voil pourquoi, aujourdhui, nous devons lever la tte et regarder le plafond. Pour se souvenir et se tourner vers lavenir. Luvre de Huot tait faite pour cela. Car sous les nuages translucides, sous lhorizon diaphane des soldats et dfricheurs, il y a

    dautres figures encore, vous regarderez bien. Dans une sorte de prfiguration de lavenir, tout au bas de la fresque, animant la pnom-bre dun futur incertain, le peintre a bauch les silhouettes de ceux qui feront notre po-que : nos btisseurs et nos pionniers. Ces figures-l sont celles dune quatrime phase, peut-tre, du XXe et du XXIe sicle quil na pas pu connatre.

    Ces figures-l sont celles qui sigent et qui sigeront lAssemble nationale, en regardant dans un moment de lassitude les poques qui ont prcd la leur, comme pour y retrouver de la force et de linspira-tion. Ces figures-l peuvent tre un ministre ou un voisin de pupitre, un adversaire ou un coquipier. Ces figures, aussi, pourront tre vous. LC

    Grimper au plafondRen Le Bertre | Chroniqueur

    Pour inaugurer cette deuxime di-tion de la Colline de la 65e lgis-lature du Parlement jeunesse du Qubec, je partagerai un peu dhumour parlementaire. Dans une quipe de journa-listes, il est fort probable de rencontrer des amoureux de la langue franaise. Comme vous devrez lutiliser pour construire vos discours pertinents, pourquoi ne pas en faire un sujet darticle? Il est mme pos-sible que vous gardiez cet article en tout temps pour viter la sortie de termes non parlementaires...

    Le 23 septembre dernier, Beno-t Melanon, professeur lUniversit de Montral, publiait dans Le Devoir un ar-ticle mettant de lavant plusieurs interdits parlementaires. Je men inspire pour vous faire sourire linguistiquement.

    Les dputs sont soumis une liste de mots et dexpressions quils ne peu-vent utiliser en Chambre. Arrtez-vous quelques instants et faites une liste mentale

    de mots que vous noseriez pas dire dans un discours lAssemble nationale. Cest fait?

    Tout dabord, il faut faire attention la faon dont on qualifie linstitution dans laquelle nous sommes. Toute rfrence an-imalire est donc prohibe. La cacopho-nie pouvant dcouler de dbats houleux a amen certains dputs qualifier le Salon bleu de poulailler et de basse-cour. Toute comparaison de ce genre nest plus accept-able. Si jamais un dput tente de contourn-er cette norme en comparant un collgue un tre du rgne animal, il devra aussi retirer ses paroles. Les petits pitous, les chiens de poche, les cochons et les moutons ne sont pas les bienvenus. Si jamais lenvie de faire rfrence au travail de ferme, comme le pelletage de fumier, vous ntes donc pas la bonne place.

    Ensuite, il est vident que les insult-es claires sont inacceptables. Toutefois, la crativit parlementaire tant sans limites, quelques qualifications en apparence banales

    se sont retrouves lindex. Les bandits, les pickpockets, les sauvages ou les justic-iers de bas tage ne sont pas bienvenus.

    Nous arrivons maintenant ma sec-tion prfre. La grammaire. Deux adjectifs sont particulirement dlicats. Crasse et petit pourraient vous amener en terrain nbuleux. Un petit gouvernement , le parc des petits amis ou un petit min-istre sont des exemples de combinaisons adjectivales dangereuses. Il vaut donc mieux les viter et les remplacer par dautres vive Antidote et ses synonymes! Quant crasse, il ne peut qualifier positivement et respectueusement un nom commun.

    Continuons avec lhumour lin-guistique pour en arriver lutilisation de langues trangres dans le Salon bleu. La liste dexpressions lindex est un indicateur de la prominence de la langue franaise chez les dputs, ce qui est une bonne chose. Comme il est possible de sexprimer en anglais dans la Chambre, quelques expres-

    sions ont toutefois t cartes travers le temps. Cheap, loser et Yes man en font partie. Un seul mot dans une langue trangre a t captur au passage: omer-ta en italien qui reprsente la loi du silence.

    Petit apart concernant la phontique. Lallitration suite de sons de consonnes na pas fait bonne figure avec le temps. Les fin finaud et les fligne-flagne ne passent pas. Par contre, ce style lan-gagier peut donner de trs beaux rsultats. Amusez-vous jouer avec les sons de cette merveilleuse langue pour composer des dis-cours potiques.

    Chres dputes et chers dputs, vous avez srement compris que la rdac-trice en chef sera prte attraper toute pir-ouette langagire, que ce soit pour les saluer ou pour les dnoncer avec bonne volont. Ne contraignez pas vos propos au dtriment du contenu de vos discours. Lart oratoire nest-il pas galement lart damuser son au-ditoire avec la beaut du langage? LC

    Jouer avec le langageCatherine Drouin | Rdactrice en Chef

    La Colline quipe ditorialeRdactrice en chef : Catherine Drouin Rdactrice en chef adjointe au coutenu crit : Copplia LaRoche-Francoeur Rdactrice en chef adjointe au contenu vido : Mathilde Michaud Coordonateur de production : Nicolas Nadeau-Fredette

    ditorialiste : Ren Le Bertre

    Resp. dossier : Maxime Maheu Moisan Photographes :Resp. dossier : Gabrielle Denoncourt Louis-Philippe Cloutier Resp. dossier : Nina Nguyen Laurie CardinalResp. dossier : Chlo Poirier-Richard Journalistes : Journaliste Vido : William Gagn Miriam Sbih Sandrine Jouis

    CHRONIQUE

    DITORIAL

    La Colline 30NOVEMBRE2014

  • La Colline 65e lgislature2

    notre poque, les enfants sont de plus en plus cibls au niveau so-cial et lgal. Il y a dj des lois et organismes qui protgent les enfants des abus physiques et psychologiques. Le systme ntant pas parfait, la min-istre de la Famille, Sarah Mnard April, a dvelopp un projet de loi sur lintrt de lenfant en situation de compromis-sion. Pour comprendre ce projet de loi, on dfinit une situation de compro-mission lorsquun enfant est abandon-n, nglig, maltrait physiquement ou moralement par ses parents ou tuteurs. Pour le moment lorsque le Directeur de la Protection de la Jeunesse retire un en-fant de son milieu familial, les moyens utiliss pour minimiser les traumatismes ne sont pas trs efficaces. Certes, comme dit un peu plus haut, lenfant a un statut de plus en plus dfini. Le projet viserait redfinir lintrt suprieur de lenfant et prioriser la scurit et le dvelop-pement dun enfant en tenant compte du lien biologique quentretient lenfant avec ses parents dorigines.

    La