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Khôlle n°3 2016-2017 La dynamique des classes moyennes dans la mondialisation Document 1 Source : Louis Chauvel dans Cahiers Français n°378 « Les classes moyennes dans la crise » Document 2 ESH Camille Vernet ECE2 Nicolas Danglade 1
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    02-Feb-2018
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Khlle n3 2016-2017

La dynamique des classes moyennes dans la mondialisation

Document1

Source: Louis Chauvel dans Cahiers Franais n378 Les classes moyennes dans la crise

Document2

Source: Louis Chauvel dans Cahiers Franais n378 Les classes moyennes dans la crise

Document 3

Une question centrale dans le reste du monde est celle de la polarisation de la structure sociale, autrement dit dune expansion des ingalits. Dans ce mouvement, les revenus mdians seraient lpicentre de la tectonique des classes. Pour de nombreux indicateurs, () La France fait figure dexception: le paradoxe apparent est que, pour les ingalits conomiques comme pour lcartlement des classes moyennes, la France semble protge, rsiste au changement, mais exprime en mme temps un fort malaise. Pour autant, un examen tout la fois plus global et thorique de la question permet de saisir pourquoi des tensions saccumulent devant le modle franais de socit de classes moyennes. () Par comparaison avec lintense production mondiale sur les classes moyennes, les sciences sociales franaises sont relativement isoles (). Les recherches internationales se prsentent sous un tout autre jour: lvaluation de lhypothse de rtrcissement ou non de la classe moyenne (shrinking middle class) est centrale. ()

Dans une importante contribution sur les classes moyennes, Brandolini et Atkinson (2013) suivent deux indicateurs: le coefficient de Gini et lindex de polarisation de Wolfson. Le premier analyse lingalit globale et le second lcartlement autour de la mdiane, mesurant aussi la tendance au rtrcissement de la classe moyenne. Ces travaux () permettent dtablir ces conclusions:

lindice de Gini montre que les ingalits se sont accrues presque partout depuis 1985;

lindice de polarisation de Wolfson confirme le diagnostic en termes de pression accrue sur les revenus intermdiaires, avec deux exceptions notables: le Danemark et la France qui, jusquen 2005, ont rsist la tendance gnrale.

La middle class dfinie par les mnages situs entre 75% et 125% de la mdiane a diminue dans de nombreux cas, dune faon considrable, comme en Finlande;

Sur une plus longue dure, en remontant aux annes 1960, les Etats-Unis et le Royaume-Uni mettent en vidence le plus fort dclin de la middle class. ()

Les dernires enqutes disponibles fin 2013 (sur priode 2005-2011) compltent ce tableau: les exceptions danoises et franaises smoussent alors. Nanmoins en France, cette progression nest pas due la compression des classes moyennes (lindicateur de Wolfson est invariant en France) mais la croissance des rtributions suprieures. La France ne connat donc pas de polarisation ni dexplosion des ingalits videntes, mais plutt une stagnation du niveau de vie des classes moyennes qui ne suivent pas la progression du haut de la pyramide sociale. Autrement dit, la France est un des seuls pays o en 2011, le processus de shrinking middle class nest pas enclench, du point de vue des revenus. Nous sommes donc loin de la situation de la classe moyenne amricaine qui continue sur sa pente dclinante avec 28,6% de membres en 2010, contre 30,5% en 2005 et 37,3% en 1974. ()

La dynamique assez gnrale de polarisation reste mystrieuse, mais a rencontr diffrentes explications:

les mcanismes institutionnels: moindre rle des syndicats, dmantlement des rgulations, rduction de la pression fiscale;

la dmographie et les mouvements de population: baby-boom, immigration, travail des femmes, homogamie croissante des plus qualifis;

le fonctionnement des marchs: ralentissement de la croissance, importation de biens prcdemment labors par les classes populaires nationales, dsindustrialisation biais technologique dans la croissance, conomie de stars et des super-cadres. ()

Source: Louis Chauvel dans Cahiers Franais n378 Les classes moyennes dans la crise

Document 4

L'ordre "international" de l'aprs guerre le compromis de Bretton Woods - reposait sur un respect fort des critres "tat-Nation" et "Participation politique". Les pays conservaient une autonomie forte dans la rglementation, la politique budgtaire, la politique industrielle, la mise en place d'un systme social, etc... La diversit des "modles" occidentaux (modle japonais, modle rhnan, etc.) montre qu'effectivement, les citoyens ont pu affirmer des prfrences spcifiques et assez peu contraintes par des impratifs de comptitivit. D'ailleurs, en contrepartie, les tats conservaient la possibilit de limiter l'intgration et de segmenter les marchs aussi bien dans le domaine de la finance que dans celui du commerce. ()

Dans le cas de la camisole dore (expression de T.Friedman), la souverainet des pays s'exerce effectivement, mais pour favoriser la comptitivit des entreprises sur des marchs intgrs. Les tats doivent mener des politiques conformes aux attentes du march, proposer une fiscalit attractive pour les investissements directs, une lgislation du travail accommodante. Comme l'crit Thomas Friedman : "once your country puts on the Golden Straitjacket, its political choices get reduced to Pepsi or Coke". () La globalisation cre mme un cercle vicieux que les anglo-saxons qualifient de race to the bottom, c'est--dire un nivellement par le bas : certains pays chercheront tirer profit de la globalisation pour allger leur fiscalit et ainsi attirer l'pargne et les placements financiers. Les autres n'auront alors pas d'autres choix que de s'aligner sur la fiscalit la plus basse. D'une manire plus gnrale, la globalisation rendra plus difficile la taxation des facteurs mobiles : capital financier, capital industriel, main d'uvre hautement qualifie. Elle conduira reporter la charge fiscale sur les facteurs les moins mobiles comme le travail peu ou moyennement qualifi ou le capital foncier. Il en rsultera une hausse des cots salariaux qui se traduira soit par l'augmentation du chmage des moins qualifis, soit par la contraction du revenu disponible des salaris peu qualifis et donc l'accroissement des ingalits. Plus un pays est dj ingalitaire, plus la majorit devrait aspirer une fiscalit plus redistributive et plus la globalisation s'oppose cette aspiration.

Source: J.M.Siroen Mondialisation et dmocratie, Universit europenne dt, Paris Dauphine, 2002

Document5

Les effets de la mondialisation du commerce nont pas t aussi spectaculaires que ceux des crises associes la libralisation des marchs financiers et des capitaux, mais ils nen ont pas moins uvr lentement et rgulirement. Lide de base est simple: la circulation des biens est un substitut de celles des personnes. Si les Etats-Unis importent des produits dont la fabrication ncessite des travailleurs non qualifis, cela rduit la demande de travailleurs non qualifis pour les fabriquer aux Etats-Unis, et cela fait baisser les salaires des non-qualifis. Les travailleurs amricains peuvent soutenir la concurrence en acceptant des salaires toujours plus bas, ou en se qualifiant de plus en plus. () La faon dont la mondialisation a t gre a fait baisser les salaires encore davantage, parce que le pouvoir de ngociation des travailleurs a t massacr. Avec un capital extrmement mobile et des droits de douanes faibles, lentreprise peut simplement dire ses ouvriers que, sils nacceptent pas une baisse de salaire (et une aggravation de leurs conditions de travail) elle se dlocalisera ailleurs. Pour voir comment une mondialisation asymtrique peut influer sur le rapport de forces, imaginons un instant quoi ressemblerait le monde sil y avait libre circulation du travail sans aucune mobilit du capital. Les pays rivaliseraient pour attirer les travailleurs. On leur promettrait de bonnes coles et un bon environnement, ainsi quune fiscalit faible sur les salaires. On pourrait financer cela par de lourds impts sur le capital. Mais ce nest pas le monde dans lequel nous vivons. ()

Le problme est particulirement grave aujourdhui aux Etats-Unis et en Europe: tandis que le changement technologique permettant dconomiser du travail rduit la demande de main duvre pour beaucoup de bons emplois ouvriers de la classe moyenne, la mondialisation cre un march mondial qui met ces mmes travailleurs en concurrence directe avec leurs homologues ltranger. Les deux facteurs dpriment les salaires. Comment, dans ces conditions, les champions de la mondialisation peuvent-ils prtendre que la situation de tous va samliorer? Ce que dit la thorie, cest que tout le monde pourrait sen trouver mieux. Cest--dire que les gagnants pourraient indemniser les perdants. Mais elle ne dit pas quils le feront et en gnral, ils ne le font pas. En fait, les chauds partisans de la mondialisation soutiennent souvent quils ne peuvent pas et ne doivent pas le faire cause, justement, de la mondialisation. Les impts quil faudrait prlever pour aider perdants, disent-ils, affaibliraient la comptitivit du pays, et dans notre monde intgr extrmement concurrentiel aucun pays ne peut se le permettre. Effectivement, la mondialisation frappe les plus dmunis la fois directement et indirectement, parce quelle incite rduire les dpenses sociales et rendre la fiscalit moins progressive.

Le rsultat est que, dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis font partie, la mondialisation est un facteur important daggravation de lingalit: cest pratiquement certain. Comme je lai soulign, ces problmes sont dus la mondialisation telle quelle a t gre. En Asie, la croissance propulse par les exportations a t immensment bnfique plusieurs pays, et certains (comme la Chine) ont pris des mesures pour faire en sorte quun important pourcentage de cette production accrue aille aux pauvres, quune partie soit consacre lenseignement public et quune large part soit rinvestie dans lconomie. Dans dautres pays, il y a eu de gros perdants autant que de gagnants: les revenus des producteurs de mais pauvres au Mexique ont baiss quand le mas subv