IECBW 100 ans

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Livre IECBW 100 ans

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  • [1]

    INTERCOMMUNALEDES EAUX DU CENTREDU BRABANT WALLON

    S.C.R.L

    2O12

    1912

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    AVANT-PROPOS

    En ma qualit de Prsidente du Conseil dadministration, il me revient lhonneur de vous inviter la lecture de cet ouvrage qui retrace la fabuleuse histoire de lIECBW.

    Fabuleuse histoire, en effet, que celle de cette toute petite Intercommunale ne de la volont aussi innovante que solidaire de cinq entits locales. Un sicle plus tard, cette modeste structure est devenue le troisime oprateur du secteur de la distribution d'eau en Wallonie.

    En cent ans, lIECBW a travers quelques cueils, franchi quelques barrages et vcu de profondes mutations. Au cours de ces quinze dernires annes, son volume dactivits et le nombre de ses collaborateurs ont tripl. Cette croissance rapide na pu voir le jour que grce une gestion par la qualit.

    Depuis 2008, lIECBW est la seule entreprise publique avoir obtenu une triple certification dans les domaines de la qualit, de la scurit et de lenvironnement. Elle sest galement engage respecter des exigences en terme dthique.

    Une gestion rigoureuse et transparente, des investissements ambitieux et constants, une matrise totale des cots, un modle managrial avanc, une dmarche co-responsable lui permettent de garantir plus de 200.000 habitants, la fourniture permanente dune eau de qualit au prix le plus bas.

    Nous ne pourrions, bien sr, atteindre ces objectifs sans les comptences de nos collaborateurs qui, jour aprs jour depuis cent ans, se mettent au service de nos usagers. Que leur travail enthousiaste soit ici remerci !

    Nous ne pouvons que saluer la clairvoyance de nos fondateurs qui, en 1912, ont compris quil tait de leur responsabilit dassurer tous, laccs leau potable, alors que ce droit fondamental est peine reconnu lchelle de la plante.

    Conu comme un voyage au fil du temps, comme un voyage au fil de leau, ce livre vous fera dcouvrir lun des plus nobles mtiers. Celui de la gestion de lor bleu, source de toute vie. Il vous permettra aussi de mieux comprendre, au travers danecdotes ou dillustrations, lvolution de notre entreprise et, plus largement, de notre socit.

    Anne Masson

    Prsidente du Conseil dadministration

  • PREFACE

    Pendant quatre ans, jai eu en charge, en Rgion wallonne, la politique de leau.

    Un domaine dactivit que je connaissais peu, mais qui rapidement a mobilis toute mon nergie.

    Protection des eaux souterraines et de surface, captage et production deau potable, stockage et distribution deau courante, contrle permanent de sa qualit, sans oublier, lpuration des eaux uses, autant de secteurs ncessitant une vigilante attention et surtout de constantes et indispensables amliorations.

    En Brabant wallon, la situation lpoque - il y a plus de 25 ans - tait trs fragmente.

    Pour nous en tenir aux seuls domaines de la production et de la distribution deau, de trop nombreux oprateurs (intercommunales, rgies communales, SWDE) assuraient, dans des conditions parfois prcaires, ce service la population.

    Il fallait regrouper un maximum de ces entits autour de socits de taille suffisante, capables de fournir, en permanence, aux habitants de notre rgion, une eau en quantit et en qualit irrprochable.

    Pour la partie centrale du Brabant wallon, lIntercommunale des eaux du centre du Brabant wallon (IECBW) simposait.

    Grce ses diffrents captages, ses quipements performants, son exprience mais aussi et surtout son dynamisme, lIECBW va progressivement couvrir toute la partie centrale de la province, englobant des entits aussi peuples que Waterloo, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wavre et, pour partie, Braine lAlleud.

    Cette progression en taille ne fut pas un long fleuve tranquille. Il fallut surmonter nombre dobstacles: les susceptibilits locales, certaines rivalits, mais surtout de considrables problmes techniques. Mais ils lont fait.

    "Ils", ce sont les administrateurs, les dirigeants, les employs, les quipes de travailleurs sur le terrain qui, grce leur savoir-faire, leur tnacit, tout au long de ce sicle dexistence, ont fait de lIECBW une des institutions phares en matire de distribution deau dans notre province.

    Quils en soient tous chaleureusement remercis et surtout bon vent pour lavenir dans la gestion de notre "or bleu".

    Une dernire rflexion.

    Comme nous ne disposons que dun usufruit bien temporaire sur cette ressource, noublions jamais que leau, source de vie, fait partie du patrimoine de lhumanit que nous lguerons nos enfants.

    Valmy Faux

    Gouverneur honoraire de la Province du Brabant wallon

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    INTRODUCTION [5]

  • "Cest la rgion de lancienne fort, cest cette petite Ardenne brabanonne qui est

    comprise dans un triangle dont les trois sommets seraient la Fort de Soignes, Genappe

    et Wavre. Le sol se tourmente en vallonnements capricieux, dj les collines y sont plus

    escarpes, les ruisselets plus fougueux, la vgtation y est plus rude et sauvage, des bois

    de sapins couvrent les pentes des mamelons, les chemins y ont des allures capricantes et

    aiment vous dcouvrir des aspects imprvus."

    Alfred Mabille "Le pays aux chemins dor" Edition Lebgue 1888 (cit par Dessart dans Le Folklore Brabanon. Mars-juin 1991. p 5.

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    La Lasne - Contrat de rivire Dyle-Gette

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    Cest le plissement caldonien qui forma le massif du Brabant, il y a 350 millions dannes et ce nest qu la fin de lre secondaire que ce massif fut rod puis submerg par la mer. Des dpts calcaires du crtac y abritrent alors des poches deau trs pure, exploites encore de nos jours.

    Au dbut de lre tertiaire, il y a 65 millions dannes, les fonds marins se formrent en couches sablo-argileuses (landnien), argileuses (ypresien), sableuses (bruxelliens et ldien) et en sables caillouteux (asschien). Puis, il y a 20 millions dannes, la mer se retira et des rivires scoulrent sur les terres merges. Les rivires du Brabant formrent alors des valles profondes dans les couches tendres des sables jusquaux argiles. Le fond des valles est en effet riche en argile impermable. Cest la jonction de ces couches de sable et dargile que naquirent les sources de la rgion explique Roger Delooz dans sa monographie sur Lasne. Des sources qui alimentent les nappes phratiques de Loupoigne et de Vieux-Genappe qui sont elles-mmes, aujourdhui, trs largement exploites par Vivaqua (ex CIBE depuis 2006) qui y compte une dizaine de points de captage. Jusquau captage la source de la Dyle elle-mme par lIECBW (jadis par lIntercommunale des Eaux de la valle de la Thyle) pour alimenter Nivelles en eau potable.

    Des sources qui donnrent vie aux Ri et ruisseaux que nous connaissons aujourdhui. La Senne qui coupe en deux le Brabant unitaire comme une pomme. La Dyle qui prend sa source Houtain-le-Val (Genappe) dans la partie orientale dune rgion sablo-limoneuse et pouse les courbes de son flanc oriental. Dyle qui, aprs tre passe par Loupoigne, Genappe, Ways et Thy, coule vers Bousval, Noirhat o elle reoit La Cala venant de Glabais. Puis qui passe par Court-Saint-Etienne o elle accueille la Thyle, elle-mme affluent de lOrne. Et qui de l, laissant Mousty, met le cap sur Ottignies, Limelette, Limal, Bierges et Wavre.

    Genappe, Ways, Baisy-Thy, Bousval, Court-Saint Etienne, Croux-Mousty, Ottignies, Limelette, Limal, Bierges, Wavre... Nous sommes bien entendu, avec la Dyle, sur le territoire que dessert lIECBW.

    Quant la Lasne, berceau de l'IECBW avec son moulin dAywiers, elle stire sur un bassin versant dune superficie de 13.900 ha. Sa longueur totale est de 30 km depuis sa source, quelques centaines

    de mtres de la Place du village de Plancenoit, non loin du dernier Q.G de Napolon (ex ferme du Caillou), jusqu Sint-Agatha-Rode o elle se jette dans la Dyle. Avec le Smohain, la Mazerine et lArgentine elle forme le bassin de la haute Lasne, orient SO-NE. En Brabant wallon, le bassin de la Lasne stend grosso-modo sur les 15 km qui sparent vol doiseau la RN 5 (Bruxelles-Charleroi) de lE411 (Bruxelles-Namur). Dans le village de Lasne, la rivire parcourt 8 km. Venant de Plancenoit et aprs avoir aliment un tang de pche bien connu, elle passe sous la route qui descend de Maransart, puis sous celle de Sauvagemont. Aprs labbaye dAywiers, elle glisse sous la route de Couture et sous la "rue de la Gendarmerie" qui descend de Renival sur Lasne. Enfin, elle file vers Renipont.

    Le Milhoux (du nom dune famille locale) quant lui, prend sa source Maransart lextrmit du Hameau Colinet, proximit du chemin des Massenneres. Il se grossit des eaux de la fontaine Milhoux qui il a donn son nom, reoit, un peu plus bas, la fontaine Paquet, coule la moiti de Couture puis pntre entirement dans cette commune. Ces fontaines qui alimentaient les habitants en eau potable ont t remplaces la fin du XIXe sicle par des conduites deau et des bornes-fontaines... Le Milhoux traverse ensuite lemplacement de ltang dessch du neuf Vivier et se runit la Lasne, rive droite, hauteur du vivier des chevaux, aprs un parcours total de 1.200 mtres. Cette partie de la valle est encaisse, avec des dnivellations importantes. La zone amont est occupe par le vallon du ruisseau des Brous, son chapelet dtangs et ses versants boiss. Les dpressions de la valle sont occupes par des sols gorgs deau cause de la prsence dune nappe phratique permanente.

    Dans son livre "Vie dun village", Dsir Denuit a racont lhistoire des dbuts de la Lasne: comment elle coule, ds aprs sa source, au pied des carrires de Maransart, comment elle actionne le vieux moulin de Virre, comment elle subit lpreuve de stations de pompage, dabord Plancenoit do son eau va dsaltrer les Bruxellois, puis Hubermont et Couture pour le compte de lIECBW qui fournit leau sur place.

  • Entre le ruisseau Monseigneur et celui du Chteau, une longue chine slve jusqu 95 m prs du pont du chemin de fer. A lest du ruisseau du Chteau, non loin du carrefour avec Limal, la colline boise grimpe jusqu 100 m. Au sud de ces crtes arrondies, le plateau culmine 116 m prs de la Croix Baptiste, proximit du couvent des Bndictines. Au nord de la Lasne, Rosires stage jusqu 106 m la ferme de Rosier-Bois, appele aussi ferme de Woo.

    Partout, le sable bruxelliens, parfois ml de grs et de marne, compose les versants des valles couvertes dalluvions quaternaires. Le limon hesbayen des plateaux recouvre du sable lakenien.

    Dans son cours moyen, essentiellement rsidentiel, la Lasne a subi, ds le dbut des annes 1960, une transformation profonde. Lexode de la population de la capitale vers la priphrie en a t la cause. Les communes de Genval, La Hulpe et Rixensart ont vu leur population saccrotre de faon impressionnante. On ne compte plus les lotissements abritant dsormais une population au mode de vie relativement lev et donc grande consommatrice deau. Ds cette poque, on peut considrer qu partir de La Hulpe, lArgentine et la Lasne taient pollues. Ds lors, une solution simposait: ltablissement dun collecteur pour drainer les eaux uses de La Hulpe, Genval, Rixensart et Rosires. Les stations dpuration de Rosires et de Basse-Wavre se profilaient. Une situation identique se prsente aujourdhui pour dautres bassins comme celui de la Dyle entre Bousval et Archennes.

    La Lasne reoit de nombreux ruisselets comme le Ri Saint Germain, le Ri des Herchaux ou dAnclot Chapelle ou le Ri Delploi non loin de la Kelle. Ce dernier Ri marque dailleurs la frontire entre Lasne et Chapelle-Saint-Lambert (les deux communes furent fusionnes en 1828 pour former Lasne Chapelle-Saint-Lambert). La Lasne alimentait plusieurs fontaines. Lune delles Lasne, ornait le carrefour de la route de Genleau. Une autre est toujours utilise Renipont sous le parc du chteau Van Hoegaerden. Une canalisation la capte depuis sa source.

    La Lasne et son principal affluent, le Smohain sont bords dune srie dtangs dont ils reoivent le trop plein. Le Smohain prend sa source au lieu-dit de la Marache, non loin des fermes historiques de la Papelotte et de la Haie Sainte, et, aprs un parcours denviron 5,4 km, se jette dans la Lasne non loin de Renipont.

    Ici encore, avec la Lasne qui scoule vers Genval et la fameuse station de pompage, la Manteline, nous sommes bien sur le territoire de lIECBW.

    A Genval, la Lasne reoit sur sa rive gauche, lArgentine dj grossie de la Mazerine, toutes deux venant de La Hulpe. Sa rive droite accueille les ruisseaux Monseigneur, du Chteau, du Fletry et de Chample. De nombreuses nappes deau parsment ces parcours. Retenons: le long de la Lasne, ltang du Carpu; prs de lancien moulin de Genval, ceux du Lido et de Rosires; le long de la Mazerine on dcouvre celui du Cerf et le long de lArgentine, les 16 hectares du Lac de Genval. Les tangs du parc communal du Hron, Rixensart centre, donnent naissance au ruisseau Monseigneur et les tangs du chteau sont aliments en partie par les ruisseaux du mme nom. Entre ces cours deau, slvent des croupes trs accidentes qui se terminent sous forme de plateaux dbordant sur le territoire des communes voisines. Entre la Mazerine, lArgentine et la Lasne, voici le promontoire de Genval dont le point culminant se situe au chteau deau 105 m daltitude. Entre la Lasne et le ruisseau Monseigneur schelonnent le Glain, o se trouvent lathne, et le hameau de Bourgeois dont les points les plus levs sont respectivement 101 m et 112 m au chteau deau.

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    La Dyle - Wavre Cercle d'Histoire, d'Archologie et de Gnalogie

    de Wavre et du Brabant wallon

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    Voici comment se prsente le rseau hydrographique des diffrentes communes desservies par lIECBW.

    Baisy-Thy: La Dyle, le Ri Pissebche, le Ruisseau de la Falise, le Cala, le Ri del Wastez, le Ri de Long Pr, la Thyle, le Ri dHez, le Ri du Marais des Chiens, le Ri Barr, le Ri de Gmioncourt, le Ri Saint-Bernard, le Ri Davipont.

    Bierges: La Dyle, la Lasne, le Ruisseau de Champles, le Ruisseau de lErmitage Saint-Jacques, le Ruisseau du Pr des Querelles, le Scovaimont, le Ruisseau du Manil, le Pirroi.

    Bousval: La Dyle, le Cala, le Ri de Pallant, le Ri dHayette, le Ri Arichot, le Ri Vandernoot.

    Braine-lAlleud: Le Hain.

    Braine-le-Chteau: Le Hain, le Ri de Longchamp, le Ri de la Bruyre Mathias, le Ri de la Taille daunes, le Ri Busclotte, le Ri de lErmitage, le Ri de Boukendael, le ri de Landuit, le Ri du Drape, le Ri Minou, le Ri du Longbrou.

    Ceroux-Mousty: La Dyle, le Ri des Evaux , le Ri Angon.

    Corbais: Le Corbais.

    Couture-Saint-Germain: la Lasne, le Ru Milhoux, La Claudine.

    Court-Saint-Etienne: La Dyle, le Ri du Roissart, la Thyle, lOrne, le Glori, le Beaurieu, le Ri de la Marache, le Ri de Sainte-Gertrude, le Ri Pirot, le Cala.

    Couture-Saint-Germain: La Lasne, le Milhoux, la Claudine.

    Glabais: La Cala.

    Genappe: La Dyle, le Ri des Prs, le Ri de la Crawanne.

    Genval: La Lasne, lArgentine, la Mazerine, le Ruisseau du Bois Pirard, le Salmon, la Margot.

    Glabais: Le Cala.

    Genval: La Lasne , lArgentine, la Mazerine, le Ruisseau du Bois Pirard, le Salmon, la Margot.

    Houtain-le-Val: La Dyle.

    Hvillers: LOrne, LOrnoit, La Houssire, Le Ri du Neufbois, Le Ri de la Fontaine aux Corbeaux.

    La Hulpe: LArgentine, la Mazerine, le Ruisseau du Bois Pirard, la Queue de Pigeon.

    Lasne: La Lasne, le Ri des Henchaux, lOhain (Le Smohain), le Ri Deploi, le Ri de Saint-Germain

    Lillois: Le Hain.

    Limal: La Dyle, la Lasne, le Ruisseau de Fletry, le Ruisseau du Chteau, le Ruisseau du Manil, le Pirroi, le Pache, le Martineau, le Ruisseau des Balaux.

    Limelette: La Dyle, le Pinchart, le Blanc Ri.

    Loupoigne: La Dyle, le Fonteny, le Ri de Cireuse, le Ri dOndeuse, le Ri Davipont.

    Maransart: La Lasne, la Claudine, le Milhoux.

    Marbais: Le Ri de Gentilsart, le Ri de la Banrou, le Ri de Dreumont, le Ri de Loverval, le Ri Chandelle, le Ri de Philippebourg, le Ri des Goutailles, le Ri Sainte Catherine, la Ligne, le Ri Dumont.

    Mellery: Le Ri de la Banrou, le Ri de Theubais.

    Mont-Saint-Guibert: Le Ri Angon, lOrne, lOrnoit, le Ri de la Fontaine aux Corbeaux.

    Ohain: La Lasne, lArgentine, la Mazerine, la Margot, le Prismont, le Ribauri, lOhain (Smohain).

    Ophain: Le Hain, le Ri de Vervois, le Ri Ternel.

    Ottignies: La Dyle, le Pinchart, le Blanc Ri, le Stimont, le Ri Angon, la Malaise.

    Plancenoit: La Lasne, le Ri des Broux.

    Rixensart: La Lasne, le Ruisseau du Chteau, le Ruisseau Monseigneur.

    Sart-Dames-Aveline: La Thyle, le Ri dHez, le Ri du Pr des Saules, le Ri de Gemioncourt, le Ri du Pigeon.

    Tilly: Le Ri de la Branrou, le Ri du Calvaire, le Ri Dreumont, le Ri du Tonnerre, le Ri de Loverval, le Ri des Goutailles, le Ri de Sainte Catherine.

    Vieux-Genappe: La Dyle, le Fonteny, le Ri de la Crawanne, le Ri de la Cour des Moines, la Lasne, le Ri du Chanteleux.

    Villers-la-Ville: La Thyle, le Ri de Goddiarch, le Ri de Gentilsart, le Ri Pigeolet.

    Waterloo: Nant.

    Wauthier-Braine: Le Hain, le Ri du Charron, le Ri du Longbrou, le Ri al Mle, le Beguin, le Ri de Hautmont, le Ri des Vervois.

    Wavre: La Dyle, la Lasne, le Potbeek, le Ruisseau de Louvrange, le Ruisseau du Pr des Graisses, le Ruisseau de la Bawette, le Ruisseau du Godru, le Ruisseau de lErmitage Saint-Jacques, le Ruisseau du Pr des Querelles.

    Ways: La Dyle, le Ri Aunelle, le Ri Saint Martin, le Cala.

    Source Tarlier J et Wauters A: Gographie et histoire des communes belges. Province de Brabant. Arrondissement de Nivelles. 5 vol. Bruxelles 1859-1872. t 1 Canton de Genappe 1859. t 2 Canton de Nivelles 1862. t 3 Ville de Nivelles 1862. t 4 Canton de Wavre 1864. t 5 Canton de Perwez 1865. t 6 Canton de Jodoigne 1872. On remarquera au passage que certains cours deau ont chang de nom.

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    AVANT 1912 [11]

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    Aqueduc du Hain - Vivaqua

    Ce nom daqueduc sapplique aux plus anciens ouvrages faisant partie du rseau dadduction. Il sagit de collecteurs coulement libre: leau y circule uniquement par gravit en fonction de la dnivellation existant entre le lieu dorigine et leur point daboutissement, grce une pente de lordre de 15 20 centimtres au kilomtre. Laqueduc de Braine-lAlleud a aliment Bruxelles, via le rservoir dIxelles, partir de 1855. Sa premire pierre fut pose en 1853 par le duc de Brabant, le futur Lopold II. Laqueduc de Mont-Saint-Pont, qui enjambe la rue des Piles la frontire de Braine-lAlleud et de Waterloo est un formidable tmoin de lhistoire de ladduction deau dans notre pays. Il est bti en brique et pierre bleue, le radier et les pidroits du collecteur tant en bton arm. Cet ouvrage dart, dune longueur de 200 mtres, comporte pas moins de 27 arches. Il a servi jusquen 1972. Il est la proprit de Vivaqua.

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    S i peu de valles connaissent autant daffleurements deau que celle de la Lasne, linstallation de leau de ville ne fut pas une mince affaire dans la rgion. A Ohain, les discussions commencrent aprs 1890, anne de linauguration de la fontaine "Mascar t" sur la place communale du village1. Au milieu du XIXe sicle, Ohain tait la commune aux sept sources2. On ne parlait pas encore lpoque de bornes fontaines et encore moins de raccordements individuels aux habitations.

    Dans un premier temps, les distributions deau consistaient en lamnagement de fontaines, puits ou sources publiques. Aucune loi nimposait aux communes lobligation de distribuer de leau potable aux administrs. Cependant, tout ce qui intressait la propret et la salubrit entrait dans les attributions du pouvoir communal.

    Des mesures adoptes en 1789 et 1790 tablirent la responsabilit de la salubrit aux communes, lesquelles vont par extension sarroger la comptence en matire de distribution deau et dgouttage au XIXe sicle. A partir de 1850, les premiers rseaux de distribution deau se mettent en place dans les grandes villes: Bruxelles, Gand, Anvers... Leau est alors considre uniquement comme une ressource exploiter et il nest donc pas question de "politique de leau" en tant que telle.

    La premire ville belge qui disposa dune distribution deau publique moderne fut Bruxelles en 1858. Et cela notamment via la captation des sources du Hain dans la rgion de Braine-lAlleud et la construction dun aqueduc faible pente permettant lcoulement naturel de leau, ce qui vita demployer des machines. Les travaux dadduction commencrent en 1853, se terminrent en 1855 avec la construction dun jet deau dans le parc de Bruxelles. En 1860, les travaux de captation des sources de Braine-lAlleud furent termins.

    Quand cinq petites communes du centre du Brabant wallon font uvre de pionnires.

    Fontaine Mascart - Muse de lEau et de la Fontaine

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    1 Annie Peetermans: Linstallation de leau de ville Ohain dans La vie Lasne. Septembre 2009. n113.

    2 Il y avait les fontaines de Sainte Wivine, de Mau Stamp, du Lai Brou, du Bois Ghion, des Loups, du Trpass et de Renipont. Pour Lasne, on retrouvait les fontaines du Pr al Patte, du Comte, de la Louchette. Pour Couture Saint-Germain: les fontaines Saint-Germain, de l Escasse, de Bric Benot, du Grand Marchal.

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    La Lasne

    3 Mennes A: Les distributions deau en Belgique. Union des ingnieurs sortis des coles spciales de Louvain. 2e srie. t VI. 1912 . fasc 5. p 778.

    Bref, ds le XIXe sicle, le principe que tout particulier puisse avoir de leau condition de la payer est admis. Mais leau distribue dans la capitale ne ltait ni en qualit, ni en quantit suffisante. En 1857, on vendra mme de leau... au seau. Les scheresses, laugmentation de la consommation, mais aussi des erreurs de calculs quant au dbit des sources captes, sont cause de ces disettes. Cependant, tous les observateurs saccordent pour reconnatre que la distribution Bruxelles fut parmi les meilleures dans les villes europennes. A Bruxelles, en 1870, presque toutes les rues de la ville et des parties des faubourgs qui formaient lagglomration taient pourvues de conduites. Leau tait distribue dans deux maisons sur cinq en moyenne. Et cela grce notamment leau du... Brabant wallon (Braine-lAlleud). A la campagne, il faudra attendre plus longtemps. Beaucoup plus longtemps. Les progrs furent trs lents en raison des multiples facteurs de rsistance: le poids des habitudes, les intrts personnels, lindiffrence, lignorance, le cot des quipements nouveaux. Jusquau dbut du XXe sicle, leau pure demeura souvent un privilge rserv une minorit aise. Les campagnes conservrent jusqu la Premire Guerre Mondiale, un quipement hydraulique traditionnel. Et de fait, les rseaux de distribution leur taient inaccessibles financirement3.

    Il y avait bien la commune de La Hulpe qui avait pris part la constitution de la Cooprative Intercommunale des Eaux de lAgglomration Bruxelloise. Elle sen retira dj en 1893, prfrant chercher des solutions locales lalimentation en eau potable Gaillemarde. Et cela via le captage par galerie drainante dont leau tait amene vers une citerne sise dans un btiment prs de la ferme de la Rame. Il abritait la machine des eaux, une roue hydraulique entrane par lArgentine qui refoulait leau vers le rservoir. Il y avait 13 bornes fontaines Gaillemarde.

    Les campagnes taient en gnral fort en retard en la matire. On relve cependant quelques exceptions.

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    4 Honor Laurent: Mons au fil de leau. Des crises aux remdes. Proccupations sanitaires et politiques communales dhygine publique (1830-1914). Publication extraordinaire du Cercle Archologique de Mons. Nouvelles srie. n1 Mons 2005. p 451.

    5 Augis Marc. Le Folklore Brabanon. Dcembre 1971. n192. p 331. Marc Augis alias Simone Dever (ne en 1905 ), journaliste, potesse, nouvelliste. Elle fut la premire femme effecteur la traverse Bruxelles Lopoldville et retour en avion. Voir son livre "LAfrique vol doiseau" 1935

    A Genval (2.000 habitants), la distribution deau fut initie en 1894 et oprationnelle en 1896 via une roue hydraulique faisant tourner lusine lvatoire.

    Une statistique relative aux usines lvatoires nous apprend que ce genre de machines fonctionnaient en Brabant wallon Orp-le-Grand en 1904, Lillois, Waterloo, et Perwez en 1905, Braine-lAlleud et Ottignies en 1906, Bierges en 1907, Mont-Saint-Guibert en 1909, Glabais en 19124.

    Un rapport dat de 1893 nous apprend que seuls 20 % des mnages belges taient approvisionns en eau de distribution et que la majeure partie de la Flandre se fournissait au moyen deau de pluie et deau puise dans les mares. Mais il ny a pas que dans les Flandres que lon puisait leau dans les mares. A Beaumont, sur les hauteurs de Lasne, les habitants rcupraient leau, outre dans les nombreux puits, la mare5. A partir de 1909, on amena leau jusqu Beaumont. Mais linstallation de leau courante cotait trop cher pour que son usage devienne gnral. Avant 1914, les locaux venaient sapprovisionner, le "goria" sur les paules, pour y remplir les deux seaux qui y pendaient. Quant la commune de Bousval, elle dut attendre 1919 pour avoir sa

    propre distribution deau.

    Signalons pour lanecdote que Nivelles fut trs probablement lune des premires villes de Belgique tre quipe dun service communal de distribution deau. Ds avant lan... 1525 ! Et cela grce labbesse de Moerkerke, du chapitre Noble de Sainte-Gertrude qui lintroduisit et ... perut les premires redevances.

    Genval - Photo Muse de lEau et de la Fontaine.

    Aujourdhui encore, Genval, on aperoit un petit btiment de captage des eaux, ne pas confondre avec lactuelle station de pompage de lIECBW sise de lautre ct de la route . Une grande citerne situe cet endroit recevait initialement les eaux captes deux sources proches, lune en rive droite, lautre en rive gauche. partir de 1894, la roue du moulin actionnait galement des pompes qui refoulaient leau capte vers un rservoir situ lemplacement du chteau deau de Genval. Ds avant 1914, la commune fit installer un moteur lectrique ct de la roue hydraulique, car le dbit de la Lasne, assez considrable par temps de pluie, tait parfois trop faible en t pour actionner les machines lvatrices.

    Roger Ghyssens : Le val de Lasne. Juin 2000.

    4e randonnes des artistes. p 10.

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    Dans une publication de la commune de Couture-Saint-Germain, on pouvait lire: "Les habitants prennent leau des fontaines, ciel ouver t, o les sources sont amnages de faon pouvoir y puiser. Elles sont gnralement situes aux points bas et les conditions dhygine sont trs rudimentaires." Tarlier et Wauters citent: la fontaine du Bosquet, la Fontaine de lEsclave, la Fontaine Mamour, la Fontaine du Grand Marchal, la Fontaine Marcotte, la Fontaine Pquet, la Fontaine Vanham et la Fontaine Saint-Germain. A latlas des communications vicinales de la commune, on relve aussi la Fontaine Dedave, situe un peu plus bas que la maison communale actuelle.

    Runi en sance, le 27 fvrier 1879, le conseil communal de Couture-Saint-Germain constate le fait suivant: "Le hameau de Sauvagemont, dune population de 528 habitants, doit aller chercher ses eaux 15 minutes de l pour lalimentation de son btail et en cas dincendie, il est impossible davoir de leau attendu que les sinistres arrivent presque toujours en t, poque o les mares qui existent, cause du terrain sablonneux, sont toujours sec, il y a donc urgence dapporter des amliorations cet tat des choses".

    Le Hameau de Couture se trouve dans la mme situation. Le 12 septembre 1891, le conseil communal est saisi dun projet dress par larchitecte Henri Rousseau, de Mousty, relatif lamlioration de la fontaine dite de la Franche Taverne, au centre du village. Le conseil approuve le projet et justifie ainsi sa position : "Les habitants de Couture sont privs deau et il y a urgence pour eux de remdier cet tat des choses".

    En 1892, les habitants de Sauvagemont et de la Hutte interviennent auprs du Gouverneur de la Province du Brabant. Ils demandent lextension vers leurs hameaux de la distribution deau de Maransart. La commune de Croux-Mousty stant aussi rallie cette ide, un projet de distribution deau "au dpart des installations cres Maransart, destin desservir La Hutte, Sauvagemont et Croux" est approuv le 7 octobre 1894. La dpense prsume slve pour Couture-Saint-Germain 8 500 francs. Le Bourgmestre, Flix Wilputte, est dsign comme dlgu de la commune de Couture-Saint-Germain au comit reprsentatif des communes intresses.

    Le 3 mars 1895, le rglement pour la distribution deau est labor. Rglement qui ne trouvera jamais son application, tout simplement parce que les projets ne se sont pas raliss.

    On pouvait trouver dans ce rglement :

    Article 2 : Leau sera recueillie dans un vase dune capacit ordinaire nexigeant les efforts que dune seule personne,Article 3 : Il est dfendu de prendre aux bornes-fontaines plus deau quil nest ncessaire pour lusage journalier, cest--dire den faire provision pour plus dun jour,Article 5 : Il est dfendu denvoyer aux bornes-fontaines, pour y prendre de leau, des enfants gs de moins de 14 ans.

    Le 29 mars 1895, le conseil communal marque son accord en vue de contracter un emprunt de 10.000 francs auprs du Crdit Communal pour le financement des travaux.

    Cahier des charges spciales pour lentreprise des travaux de captage des sources, en vue de ltablissement dune distribution deau desservant les communes de Croux-Mousty, Couture-Saint-Germain, Ways, Lasne-Chapelle-Saint-Lambert et Ohain - 1902

  • [17]

    A la fin du XIXe sicle, notre pays prend conscience des problmes causs par leau sur la sant publique (les pidmies). En 1902 et en 1906, les rapports Andr dmontrent la faiblesse de la distribution deau dans le pays.

    Ainsi Lasne Chapelle-Saint-Lambert, le conseil communal prit, en 1900, des dispositions contre la pollution des eaux. Il dcide la construction de rservoirs publics.

    Dans le procs-verbal de la sance du 19 aot 1900, il tait indiqu:

    "Vu la quantit deau ncessaire pour lentretien des bestiaux, le lavage du linge et le nettoiement des maisons; considrant quil importe que leau affecte ces usages soit propre et ne contienne aucune matire putride; que leau fournie par les puits est insuffisante pour alimenter les hameaux de Beaumont, de Renival et de Genleau; que les constructions de rservoirs publics aux endroits o se trouvent actuellement Renival et Beaumont des mares infestes et dangereuses et Genleau un emplacement dsigner, prsentent tous les avantages possibles cet gard ; que ces rservoirs seraient dun prcieux secours en cas dincendie et que lEtat et la Province encouragent par des subsides, lexcution de ces sortes de travaux; dcide, en principe, la construction de rservoirs publics: un Renival, un Beaumont et un Genleau6".

    A Nivelles, les sources des anciennes Clarisses, existant depuis quatre sicles, furent, jusquen 1889, les seules sources deau potable avec celles de Grand Peine, faubourg de Charleroi, alimenter toute la ville en eau potable.Une eau extrmement pure, cristalline et dune incomparable fracheur. Il existait l, deux puits produisant ensemble 100 m3 deau par jour. Ds 1525, la Fontaine du Perron sur la Grand-Place fut alimente par les eaux des Vieilles Clarisses qui y taient alors amenes par des tuyaux en poterie et les habitants installs le long des conduites, furent autoriss "se raccorder", comme nous dirions aujourdhui, pour la consommation deau potable. Cela se fit par des tuyaux en plomb. Les riverains taient tenus de payer un droit de filet deau. Aujourdhui, cest lIECBW qui fournit leau Nivelles7.

    Le manque deau potable tait la cause de maladies pidmiques. A Croux-Mousty, des cas de typhus furent signals. "Cela sexplique...", lit-on dans un rapport envoy au ministre de la Sant,"... par la contamination de leau alimentaire par des matires fcales". On relve la mme situation Ohain. En 1903, cette dernire commune dcide de faire un emprunt au Crdit Communal pour couvrir une dpense lie la distribution deau. Elle en profite pour participer lacquisition du moulin de labbaye dAywiers afin de le destiner au service de distribution deau des communes de Couture-Saint-Germain, Ways, Lasne, Ohain et Croux-Mousty. Lacte est sign le 13 aot 1904. Il passe par lacquisition, Couture-Saint-Germain, de trois parcelles et de btiments appels devenir le sige social de la future Intercommunale. Lacquisition est faite par les cinq communes en question. Cot de lopration 61.000 francs. Part dOhain 21.897 francs.

    6 Delooz Roger: A la dcouverte de Lasne. p 37.

    7 Delvaille Emile: Nivelles fut (trs probablement) la premire ville de Belgique tre quipe dune distribution deau. Rif tout dju. n120. 1968. pp 71-74.

    En 1892, les habitants de Sauvagemont et de la Hutte interviennent auprs du Gouverneur de la Province du Brabant. Ils demandent lextension vers leurs hameaux de la distribution deau de Maransart. La commune de Croux-Mousty stant aussi rallie cette ide, un projet de distribution deau "au dpart des installations cres Maransart, destin desservir La Hutte, Sauvagemont et Croux" est approuv le 7 octobre 1894. La dpense prsume slve pour Couture-Saint-Germain 8 500 francs. Le Bourgmestre, Flix Wilputte, est dsign comme dlgu de la commune de Couture-Saint-Germain au comit reprsentatif des communes intresses.

    Le 3 mars 1895, le rglement pour la distribution deau est labor. Rglement qui ne trouvera jamais son application, tout simplement parce que les projets ne se sont pas raliss.

    On pouvait trouver dans ce rglement :

    Article 2 : Leau sera recueillie dans un vase dune capacit ordinaire nexigeant les efforts que dune seule personne,Article 3 : Il est dfendu de prendre aux bornes-fontaines plus deau quil nest ncessaire pour lusage journalier, cest--dire den faire provision pour plus dun jour,Article 5 : Il est dfendu denvoyer aux bornes-fontaines, pour y prendre de leau, des enfants gs de moins de 14 ans.

    Le 29 mars 1895, le conseil communal marque son accord en vue de contracter un emprunt de 10.000 francs auprs du Crdit Communal pour le financement des travaux.

    Le 29 mars 1896, soit un an plus tard, les reprsentants communaux, bout de patience, prennent la rsolution suivante:

    "Considrant que les habitants du hameau de Sauvagemont, sous Couture, sont compltement dpourvus deau potable;

    Considrant que lt arrive, que cest cette poque de lanne que labsence deau de bonne qualit se fait le plus vivement sentir, que les eaux des mares, lorsquelles ne sont pas sec, se corrompent sous leffet des chaleurs et peuvent tre cause dpidmies; Maransart et Ways sont daccord pour constituer une association Intercommunale ;

    Attendu que lexcution de ce projet trane en longueur, dcident de prier lautorit suprieure de statuer sur cette affaire et den ordonner la ralisation des travaux."

    Le 4 avril 1897, le bourgmestre Wilputte, une fois de plus, est dsign comme dlgu de la commune pour former la commission charge de traiter les questions relatives lextension de la distribution deau de Maransart aux communes de Ways, Croux et Couture.

    Tout se termine le 30 novembre 1899, lorsque le conseil communal de Couture-Saint-Germain dcide de faire rparer immdiatement et dune manire convenable la fontaine de Sauvagemont

    Cette fois, tout le monde a compris. Vingt ans defforts et de palabres inutiles

    Et les couturois continueront dutiliser leurs seaux pour puiser leau de la fontaine

    Le 10 dcembre 1899, Marie Charlier, de Sauvagemont, sera condamne 5 francs damende par le Tribunal de Genappe pour "avoir pris de leau une borne fontaine de Maransart"

    Quelques annes plus tard, en 1904, les frres Camille et Frdric Mathieu acceptrent de vendre leur moulin dAywiers pour le prix de 54.100 francs. Ctait enfin le point de dpart de la distribution deau publique.

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    Fontaine Croux-Mousty

    Auparavant, en 1901, un projet de cration dune Intercommunale entre Rixensart, Lasne et Ohain capota: la prfrence de Rixensart allant lutilisation de la force motrice du moulin de Genval, finalement abandonn pour un captage dans la valle de la Lasne.

    Fonde en 1215 par des religieuses ligeoises, labbaye dAywiers prospra au fil des sicles jusqu disposer dun patrimoine foncier de prs de 2000 ha. A la Rvolution, le site fut pill pour ses matriaux et plusieurs btiments furent dmolis, notamment lglise abbatiale. La vente du domaine et son ramnagement, au dbut du XIXe sicle, permirent de sauver cer taines constructions. La maison du prieur - aujourdhui le chteau- les curies, une aile de ferme, lenceinte extrieure stendant sur trois kilomtres et ses trois portes (sainte Lutgarde au sud, saint Benot au nord et porte de Graal au sud-est;), sans oublier le moulin abbatial.

    Harlez de Deulin Nathalie : Parcs et jardins de Wallonie. Namur. IPW. 2008. p 16.

    Ds le dpart, la dimension religieuse de ltablissement Couture va se doubler dune activit conomique, avec limplantation dun moulin sur la Lasne. Dans lenclos monastique, la Lasne par une chute de 5,32 m, active le vieux moulin dAywiers. Cest dans celui-ci, qui a t remont dun tage, que sige dsormais lIntercommunale des eaux8. Le moulin de labbaye dAywiers avait deux roues hydrauliques augets dont la retenue tait 76 m et qui commandait cinq couples de meules. Ctait donc un gros moulin. La vieille roue du moulin ne servit jamais la distribution de l'eau car le moulin fut dmont au profit de lusine lvatoire des eaux, munie de turbines. Lassemble gnrale du 15 juillet 1912 voque dailleurs "les travaux en cours au moulin dAywiers, relatifs la turbine hydraulique".

    On parle dune usine lvatoire, parce quelle remonte les eaux qui y parviennent, au dpart de la galerie drainante de Hubermont.

    Ces eaux - savoir 700m3/jour sont alors remontes via une conduite de refoulement jusquaux rservoirs de Sauvagemont sis sur les hauteurs de Couture-Saint-Germain.

    A Aywiers, ltang de prs de 2 ha, forme alors en 1904, le bassin dpargne de lusine lvatoire des eaux pour actionner la turbine hydraulique. A ct, se situait la grande ferme abbatiale en carr dont il reste une longue aile est-ouest en briques et pierres bleues. Lensemble constitue la ferme ou la basse cour Colin.

    Lusine lvatoire des eaux dAywiers desservait les cinq communes. En 1910, la population de Couture est de 634 habitants, celle de Lasne de 2.130 habitants, celle dOhain de 2.413 habitants, celle de Ways 695 habitants, celle de Croux de 1.543 habitants. Ctait le secrtaire communal de Couture-Saint-Germain qui tenait alors -bnvolement- la comptabilit de la dite distribution.

    Retenez bien le nom de ces cinq communes. Elles sont en 1906 lorigine de la "Socit Intercommunale des Eaux du Centre" qui sera mise sur pied en 1912. Mais ds 1906, le comte Cornet de Ways-Ruart, fort de sa qualit de bourgmestre de Ways, fit en sorte de doter les cinq communes dune distribution deau. Une distribution "dont la marche tait envie par les communes voisines9". Pensez donc, cette poque, peu de communes rurales disposaient dune distribution publique deau potable. Mont-Saint-Guibert et Hvillers furent parmi les premires autres communes de larrondissement de Nivelles bnficier, en 1912, dune distribution deau, via un captage avec galerie de rcupration lOrnoy, le tout amen au rservoir des Trois Burettes. Une vritable distribution deau ne fut installe Nil-Saint-Martin quen...1948, suite un accord avec la SNDE (anctre de la SWDE). Ce nest, par exemple, quen 1935 que le conseil communal de Baisy-Thy fut saisi pour la premire fois de la distribution deau potable. Et cela suite la proposition de la commune de Sart-Dames-Avelines de crer une Intercommunale pour le captage en commun de la source du Try Coquiat. Le but tait dtablir un branchement pour chaque habitation situe front de rue ou de canalisation. Une proposition qui dbouchera en...1941 sur la cration de la Compagnie Intercommunale des Eaux de la Valle de la Thyle (anctre de la IEVT)10. Bref, la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre tait vraiment pionnire en milieu rural.

    8 Denuit Dsir: Vie dun village. 1968. p 163.

    9 Eloge du vice-prsident Victor Courbet lors de lAG du 2 mai 1932. Registre des dlibrations. p 114.

    10 Vanvrekom Fernand : Tangissart en roman Pas de Brabant. Edition du Chirel. p 207-209.

  • [19]

    Mais en 1904, on ne parle pas encore de distribution deau au robinet dans les habitations du Brabant wallon. Cest alors lpoque des bornes fontaines. Elles furent la solution privilgie par de nombreuses communes. Elles offraient la possibilit tous daccder leau potable en un temps o leau courante dans la maison ntait pas encore gnralise. Elles constituaient le mode de distribution le plus frquent ; la distribution deau domicile, au robinet, demeurant facultative et soumise des supplments de prix. Ainsi, Ways par exemple, en 1904, seules la Hutte et Basse-Hutte bnficiaient de la distribution, car les puits dans le centre du village taient en bon tat. Mais ds 1905 une conduite venant de la Hutte desservit en eau le centre de Ways. Et en avril 1906, dix bornes fontaines taient places dans le centre11.

    Ohain comptait, au dbut du XXe sicle, 63 bornes fontaines incongelables, avec cuve en fonte et purgeur automatique. Lasne-Chapelle en avait alors une soixantaine. Des cls, permettant leur fonctionnement, taient livres avec chaque borne fontaine. Ces bornes furent places dans des endroits stratgiques. A Ohain, dans le centre du village. Les autres furent dissmines dans les quartiers dcentrs et les nombreux hameaux. Chaque mnage recevait une cl pour utiliser la borne fontaine contre paiement de la somme de 2 francs par an. La distribution deau sy faisait gratuitement pour peu que la consommation journalire ne dpasse pas 40 litres par tte. Et pas question de prter sa cl aux voisins. Il tait aussi interdit darroser son jardin avec leau des bornes, de procder auprs des bornes des oprations de lavage et de nettoyage dobjets ou animaux ou de laisser prendre de leau aux bornes fontaines par

    des enfants de moins de 14 ans. Enfin, pas question de produire un coulement continu des bornes, ni de les faire couler sans recueillir leau domestique12. Economie, conomie ! On ne gaspille pas !

    Des concessions deau pouvaient tre accordes ceux qui en faisaient la demande. Leau tait alors livre dbit libre ou compteur. Le prix de labonnement pour un robinet libre tait de 5 francs (uniquement pour les usages domestiques); pour labonnement au compteur, le prix tait fix 0,10 francs le m3. On le voit, les habitants dOhain bnficiaient dj de la possibilit de choisir un raccordement individuel au rseau communal de distribution deau.

    Le fontainier dOhain gagnait en 1908 la somme de 700 francs par an. En 1908, ladministration communale dOhain dcidait de voter les puits communaux devenus totalement inutiles. Il sagissait aussi de prvoir la construction dun chteau rservoir deau sur les hauteurs de Sauvagemont, (hameau de Couture-Saint-Germain), la pose de prs de 40 km de canalisations ncessaires lamene des eaux vers des bornes fontaines dissmines sur Lasne et Ohain. Et cela pour un montant de 336.536 francs. Il fallait prvoir aussi la construction dun chteau deau sur les hauteurs dOhain, avec cuve mtallique (dune contenance de 180 m3) en tle dacier sur une tour en maonnerie de briques pour une somme de 28. 000 francs.

    Bref tout tait prt pour enclencher la phase suivante, savoir la constitution de lIntercommunale. Et lon tait dautant plus prt, quen 1907, lEtat belge stait dot avec les lois sur les Intercommunales, des moyens ncessaires la ralisation de rseaux de distribution deau. Cette loi prvoyait notamment la possibilit de procder des expropriations dans un but dutilit publique. En runissant leurs effor ts et leurs capitaux, les communes pouvaient dsormais tablir des prises deau coteuses et couvrir les lourdes charges dune usine lvatoire.

    Fontaine Loupoigne - Insitut Royal du Patrimoine Artistique

    KIK-IRPA, Bruxelles

    11 Scarnire Claude: "Ways, village, village" Wapac, 1988 p 154-158

    12 Petermaans A: Linstallation deau... op cit;

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    Auparavant, lagglomration bruxelloise avait donn lexemple en instituant en 1891, la premire socit Intercommunale de distribution deau: la Compagnie Intercommunale des Eaux de lAgglomration Bruxelles. Cette dernire deviendra, en se plaant sous le rgime de la nouvelle loi de 1907 sur les Intercommunales, la CIBE, aujourdhui Vivaqua.

    Les Intercommunales taient dautant plus autorises que lEtat tenait absolument viter que ne se dveloppent des rseaux de distributions privs. Mais la loi de 1907 ne produisit pas rapidement les effets escompts. La plupart des administrations communales restaient rticentes lide dabandonner une part de leur pouvoir de dcision en matire sanitaire. Sur les 2.600 communes du royaume, 600 seulement ont t, en 1913, en mesure dtablir une distribution deau potable. Ce qui voulait dire que sur les 7,5 millions d'habitants, plus de 4,5 millions taient privs des bienfaits dune distribution deau.

    Nanmoins naquirent dans la foule de la loi de 1907, outre la CIECBW(1912), lAssociation provinciale et Intercommunale des eaux de la province dAnvers, la Compagnie Intercommunale de Distribution des Eaux du Haut Plateau du Brabant Wallon (1913), la Compagnie Intercommunale des Eaux de lAgglom-ration Ligeoise et Extensions (1913), la Socit Intercommunale des Eaux du Centre (1913), la Compagnie Intercommunale de la source Les Avins (1913).

    Mais le nombre de communes qui profitrent des avantages de la loi de 1907 tait si minime, note W. Van Craenenbroeck, que le lgislateur lui-mme prit linitiative de crer une socit charge dassister les communes dans le dveloppement et lexploitation dune distribution deau. Ainsi naquit en 1914, la Socit Nationale des Distributions dEau, la fameuse SNDE (anctre de la SWDE et de la VMW)13. Cette dernire devait se substituer aux communes qui navaient pas les moyens de raliser leur distribution deau. Ce qui ne fut pas le cas dans la partie centrale du Brabant wallon, puisque le 15 juillet 1912, les dlgus des communes dOhain, Lasne-Chapelle, Croux-Mousty, Ways et Couture-Saint-Germain, - les fameuses cinq communes en question- , donnaient naissance la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant Wallon.

    Un arrt royal du 30 mai 1912 autorisa les cinq communes constituer, sous forme de socit cooprative, une association Intercommunale de distribution deau sous la dnomination: Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon14.

    Pour le Brabant wallon, et mme lchelle nationale- ctait une Intercommunale pionnire. Pionnire car tablie en milieu rural. A ce moment, seulement 573 communes sur les 2.629 que compte le royaume, disposaient dun systme de distribution deau. Soit en gros une commune sur cinq. Les cinq petites communes rurales du Brabant wallon, formant la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre, jouissaient ainsi dune distribution deau avant des petites villes comme Ath, Enghien, Lessines, Leuze, Pruwelz... De plus, en 1914, la plupart des distributions deau se trouvaient concentres au sud du sillon Sambre-et-Meuse, l o les caractristiques hydrologiques et orographiques permettaient de disposer de sources nombreuses15.

    Dans le centre et le nord du pays, la situation tait fort diffrente. Car ici leau arrivait beaucoup plus difficilement par simple gravit ou en profitant des chutes deau naturelles pour assurer le fonctionnement des pompes de refoulement des eaux. En Brabant wallon, les conditions ncessitaient des travaux de captage parfois compliqus et grande profondeur, la mise en uvre de coteuses installations pour actionner les pompes lvatoires... Voil pourquoi, en 1912, 80% des communes des provinces de Brabant et de Hainaut taient prives de distribution deau16. Sur les 344 communes que comptait le Brabant (unitaire), seulement 65 taient desservies en 1912 par une distribution deau. Bref, la population jouissant deau de bonne qualit ne dpassait pas, au moment de la cration de lIntercommunale en 1912, les 30% de la population totale de la Belgique17.

    13 Olbrechts A: La Socit Nationale des Distributions dEau. Revue catholique de droit. t VI. 1914. p 111.

    14 Pasinomie 1912. n317. p 553. Compagnie IECBW: Arrt royal du 30 mai 1912 Moniteur du 9 juin 1912.

    15 Honor L: Mons au fil de leau ... op cit; p 468.

    16 Ibidem p 468.

    17 Mennes A: Les distributions deau en Belgique... op cit; p 768.

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    Plan douvrages dart - Commune de Couture-Saint-Germain - 1913 - Cercle dhistoire et darchologie du Pays de Genappe

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    La Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre tait donc quelque peu en avance, puisqu quelques exceptions prs, la plupart des socits de distribution deau du pays ont t cres partir de 1913. Et cela quelques annes aprs la publication de la loi de 1907 qui stimulait lassociation des communes et prvoyait des moyens financiers pour crer des services de distribution deau.

    Ds lors, en 1912, il nexiste que trois socits reconnues lgalement et qui ont toutes choisi la forme cooprative. A savoir : La Compagnie Bruxelloise des Eaux, la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon et lIntercommunale des Eaux du plateau dAwans, forme par les communes dOthe, Villers-lEvque et Xhendremael18.

    Et ce nest pas un hasard si la nouvelle Compagnie tablit son sige social au moulin dAywiers. Car ici, leau y coulait gnreusement. Et dailleurs, si "les Blanches dames de labbaye dAywiers" sy installrent, ctait pour cette raison. Elles abandonnrent vers 1210, la Neuve Cour Lillois... par manque deau sur ce plateau. En venant sinstaller dans la valle de la Lasne, elles y trouvaient non seulement la Lasne, mais aussi le Ru Milhoux qui alimentera les tangs raliss, au dtriment des prs marcageux quil parcourait et qui surtout fera tourner la roue de leur moulin19. Ce Ru Milhoux, qui traverse aujourdhui la rserve naturelle, descend des hauteurs de Maransart, forme des tangs, passe sous la route et sous la cour Colin, pour rapparatre lair libre dans le parc du chteau Limauge, passe sous le mur denceinte, reoit un trop plein et longe un court moment le mur denceinte avant de finir sa course en tant que deuxime affluent de la Lasne en rive droite. Cest le Ru Milhoux qui est lorigine - entre 1215 et 1224 - du moulin dAywiers, sis alors au milieu de lenceinte de labbaye.

    Statuts de cration de la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon. 18 Ibidem p 802.

    19 Pinson Colette: Labbaye dAywiers. Chroniques. n23. 1995. pp 1-24.

  • [23] [23]

    Aywiers est non seulement une fille de Cteaux, mais aussi une fille de la Lasne. Labbaye dAywiers eut trs tt son moulin, car ltablissement des cisterciennes, au dbut du XIIIe sicle, implique de leau en abondance, tant pour les usages domestiques que pour le btail ou pour la mouture des grains. Et dailleurs Aywiers vient du latin "aqua riae" qui signifie terres humides. Labondance deau est telle, sans risques dinondations pour autant, que sur bon nombre de documents anciens, labbaye dAywiers apparat sous le nom dAqualia.

    Nous sommes donc l, le long de la route internationale de Breda Genappe que lon appelle Route de lEtat. Et plus prcisment proximit de la Lasne et de la ligne de chemin de fer vicinal Braine-lAlleud-Wavre.

    L'ancien moulin de l'Abbaye d'Aywiers Cercle de Gnalogie et d'histoire de Lasne

    Ce tableau a t peint, en 1943, par Albert Storrer, et reprsente l'intrieur de la ferme de l'Abbaye d'Aywiers

    (devenu ensuite le parking de l'ancien sige social de l'IECBW Lasne).

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    Reste un problme de prononciation. Les interprtations sont diverses et vont dEwire Evier en passant par Awir ou Avirs, et comme en wallon on dit lAbi pour labbaye, quelquun qui lon avait donn le nom oralement crivit un jour lIntercommunale en la situant .... lAbidviaire

    Labondance de leau cet endroit explique pourquoi les soieries de Maransart sy tablirent en 1905. Car cette industrie avait besoin de beaucoup deau. Non seulement, il y avait des tangs pour la dcantation, mais galement de nombreuses sources. Do son installation proximit des tangs de Couture-Saint-Germain. Une installation qui ne se fit pas sans mal. Car en juin 1909, la socit manifeste son intention de prendre leau directement dans la rivire et dy rejeter les eaux rsiduaires de lusine. Et cela au grand dam des riverains, du meunier de Couture et de la meunire de Lasne. Sans parler de lusine lvatoire des eaux juste ct. Des heurts naissent entre le maeur Pierre Deleau, qui sera parmi les fondateurs de la Cie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon, et qui est favorable au projet et les chevins Berger et Wilpute qui dfendent les opposants. Mais rien ny fit. Ironie du sort, le fils du bourgmestre Pierre Deleau sera parmi les victimes du terrible accident des Soieries qui fit, en 1913, quatre victimes.

    En 1914, Maransart fabriquait un quart de la production mondiale de soie artificielle. De nouveaux bassins de dcantation furent crs et le personnel de la Compagnie des Eaux dut shabituer, jusqu la faillite des usines en 1930, travailler au milieu "dune infme odeur doeufs pourris". Quant aux berges des tangs de dcantation, on ny trouvait plus la moindre vgtation...

    Aujourdhui, on a du mal imaginer quune usine lvatoire des eaux ait pu sinstaller juste ct dune telle source de pollution. De plus, les Soieries faisaient usage des nombreuses sources locales, privant ainsi la Compagnie dautant de captages deau. Captages qui seront dailleurs rachets en 1937, aprs la faillite des Soieries. Une canalisation deau fut place pour amener leau de la galerie lusine lvatoire.

    En bordure des polluantes Soieries de Maransart.

    Soieries de Maransart - Couture Saint-Germain -Source : Cercle de gnalogie et dhistoire de Lasne

  • [25]

    Les registres du conseil dadministration et des assembles gnrales fourmillent de dtails sur les inconvnients dun tel emplacement. Ainsi on peut y lire que "leau de ltang renfermait un produit tellement acide quil avaria les appareils destins la retenue des eaux. Il suffisait alors de regarder ltat des deux pierres qui servaient consolider la bonde de ltang pour sen rendre compte. Elles prsentaient de fortes chancrures tmoignant suffisance que leau naurait pu les dtriorer de cette faon". Pour lusine lvatoire des eaux, pareil voisinage fut une belle tuile. Car une norme quantit dessence dut tre consomme, faute de pouvoir profiter des eaux de ltang destine alimenter la turbine. Un procs fut mme intent aux Soieries de Maransart.

    [25]

    Aprs la faillite des Soieries, la Compagnie ntait pas encore quitte de cet ancien et polluant voisin. En 1951, on apprend que la conduite deau de 60 mm alimentant les habitants du Petit Maransart sous Couture-Saint-Germain longeant les tangs de dcantation des anciennes Soieries de Maransart tait compltement attaque par les acides souterrains.

  • [26]

    Membres du personnel de la CIECBW en 1912en haut, de gauche droite: - M. Montoisy Joseph, fontainier - M. Godfroid Jules, comptable -

    en bas, de gauche droite: M. Douchamps Eugne, fontainier - M. Morsain, fontainier

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    CratIonCRATION [27]

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    "En tant que responsable dun service

    public, nous croyons que la qualit du

    service est plus important que le bnfice." Le Prsident Verschuere

    lors de lassemble gnrale du 27 mai 1967

    "Leau est une denre prcieuse et vitale

    qui doit tre extraite, traite le cas chant

    et ensuite transporte domicile. Cela

    implique que le consommateur ne peut en

    aucun cas la gaspiller."Le prsident de lIECBW, Ren Delcambe

    lors de lassemble gnrale du 26 mai 1979

    Capter, traiter, pomper, transporter, stocker et distribuer leau. Cest parti ! Linstant est historique. La sance est ouverte 14h30. Nous sommes le 15 juillet 1912, la premire Assemble Gnrale de la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon (CIECBW). Sont prsents autour de la table, une vingtaine de dlgus des cinq communes fondatrices. Des communes qui, en la circonstance, firent preuve dun bel esprit dentreprise puisquelles ne redoutrent pas de sengager dans la voie dune coopration intercommunale plutt novatrice pour lpoque. Lors de lAssemble Gnrale du 6 mai 1913, le prsident se plut dailleurs rappeler : "notre Intercommunale est la premire socit de son genre qui ait t cre en Belgique."

    Mais pour lheure, il sagit dabord et avant tout, au cours de cette premire assemble gnrale, de nommer les administrateurs. Sont ainsi dsigns pour Ohain, Pierre Van Hoegaerden (bourgmestre), pour Couture-Saint-Germain Pierre Deleau (bourgmestre); pour Lasne-Chapelle-Saint-Lambert, Justinien Tilman (bourgmestre); pour Croux-Mousty, Ernest Langhendries (conseiller

    communal) et pour Ways le comte Paul Cornet de Ways-Ruart (bourgmestre).

    Le mme jour, mais 17h30, se tient le premier conseil dadministration. Il commence par procder la dsignation du prsident et du vice-prsident. A savoir le bourgmestre dOhain Pierre Van Hoegaerden et le bourgmestre de Ways, le comte Cornet de Ways-Ruart. Lingnieur Fourmanois est nomm secrtaire et administrateur dlgu. Il est charg de la gestion journalire des affaires. Le conseil dadministration dcide que Jules Godefroid, le receveur caissier, recrut par concours, percevra un traitement de... 1.200 francs par an. Le traitement de ladministrateur dlgu est fix quant lui 2.000 francs par an. Mais ce dernier aura supporter les frais du tlphone qui sera install chez lui pour faciliter laccomplissement de sa tche. La sance est leve 18 h30.

    "Notre Intercommunale est la premire socit de son genre qui ait t cre en Belgique."

    Premire sance de lAssemble Gnrale de la Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant Wallon - 15 juillet 1912 - Registre des Assembles Gnrales 1912.

    Pierre Van Hoegaerden, premier prsident de la CIECBW

  • [29]

    La socit cooprative de distribution deau est fonde sous la dnomination de "Compagnie Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon". Elle est rgie par la loi du 18 aot 1907, relative aux associations de communes et de particuliers pour ltablissement de services de distribution deau. Elle exerce deux missions.

    Dune part, elle fournit de leau ses communes et dautre part, elle assume les activits entrant dans le cadre de lexploitation du rseau de distribution. Rapidement, deux fontainiers sont nomms lessai. Un concours pour la place de receveur caissier est mis sur pied. Le prsident Van Hoegaerden est charg de ngocier avec une banque de Bruxelles, un emprunt pour lachat des compteurs. Le conseil dadministration du 3 dcembre 1912 dcide dinstaller un bureau pour le receveur caissier dans les locaux de lusine lvatoire Aywiers. La vie de la Compagnie sorganise....

    La Compagnie tablit tout naturellement son sige social Couture-Saint-Germain dans le moulin de lancienne abbaye dAywiers.

    La Compagnie compte alors, en 1912, un peu plus de 150 raccordements privs - luxe suprme - et dispose en 1913 de 230 bornes fontaines. Elle entretient 82.791 mtres de conduites en fonte.

    Toute personne possdant une cl de borne fontaine doit payer deux francs de taxe et un franc par tte de btail g de plus dun an.

    Lacte constitutif rdig en 1912, sign par les dlgus des cinq communes, a t publi lAnnexe du Moniteur belge le 24 fvrier 1914 sous le n 1322 p 1095. Nous y apprenons que le fonds social de 78 parts se rpartit comme suit: Ohain: 28 parts, Lasne-Chapelle-Saint-Lambert: 22 parts; Croux-Mousty:16 parts; Couture-Saint-Germain: 6 parts et Ways: 6 parts. Le btiment dAywiers, acquis auparavant par les cinq communes fondatrices, a t apport dans le capital de la Compagnie. Cet ancien moulin, qui a dabord servi uniquement installer et actionner des pompes de relevage laide de la roue aubes, allait faire lobjet par la suite de plusieurs phases de transformation pour sadapter aux besoins de la Compagnie.

    Le premier grand ouvrage de la Compagnie a consist en lenlvement de lancienne roue hydraulique de lusine lvatoire des eaux et son remplacement par une turbine. Cette nouvelle force motrice, mue par la Lasne, nemploie quenviron 2/3 de leau que consommait lancienne roue hydraulique pour une force moiti moins forte. Elle peut tourner pendant 12 heures par jour et lever 700 m3 deau jusqu au grand rservoir dispos sur les hauteurs de Sauvagemont.

    Sige social de la CIECBW - 1912

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    La turbine hydraulique, installe lusine lvatoire de la distribution deau, va rendre de fiers services pendant la guerre 14-18, car le moteur de secours ne pouvait plus fonctionner, faute dessence. On lit dans les registres de dlibration de lassemble gnrale : "Sans la turbine hydraulique, nous aurions t dpourvus deau, comme cest le cas dailleurs dans de nombreuses communes du pays. Au contraire, cette turbine nous a fourni de leau presque gratuitement et en quantit suffisante". Cependant, la rserve de la rivire ne permet dassurer le fonctionnement de la turbine que pendant 10 heures par jour. Et le prsident de la Compagnie dattirer lattention des communes "sur la ncessit dviter les gaspillages deau". Et pour viter les gaspillages, il faut placer des compteurs. Le rsultat ne se fait dailleurs pas attendre. Le prsident note: "Les gaspillages deau ont subitement disparu dans des proportions considrables au point que les moteurs ne doivent plus travailler aussi longtemps que par le pass".

    En dpit de la guerre, la vie continue cahin-caha la Compagnie. Ainsi lon apprend que le 5 mai 1914, le conseil dadministration a accord chaque fontainier une somme de 150 francs pour lachat dune bicyclette, ncessaire laccomplissement de leur service. Dans les annes trente, ils recevront une somme pour lachat dune moto. Reste que durant la guerre 14-18, la Compagnie vit au ralenti.

    Elle manque de tout: dessence, dhuile... En 1915, le comte Cornet de Ways-Ruart fut nomm prsident de la Compagnie lunanimit des membres du conseil dadministration. Et cela en remplacement de Pierre Van Hoegaerden dcd prmaturment lge de 34 ans.

    Au sortir de la guerre, la situation financire de la Compagnie ntait pas du tout brillante. Aussi en 1921, le conseil dadministration dcida de majorer le prix de leau. En 1922, en vue de parer au manque deau qui se fait sentir certains endroits, le conseil dadministration prit les dispositions suivantes: toute leau de source devra tre refoule chaque jour pendant les priodes de scheresse; des affiches interdisant les nettoyages et les arrosages superflus seront placardes dans les cinq communes pour viter les gaspillages; les cinq bourgmestres seront invits donner des instructions leur police locale afin que celle-ci surveille et rprime les abus dans lusage de leau; une prime de cinq francs sera accorde par la Compagnie aux agents de police et du service des eaux pour chaque PV dress.

    La Compagnie dispose alors d une galerie de captage, dans laquelle leau arrive par simple gravit; d une chambre de jauge; dune zone de protection avec clture et plantations; de lusine lvatoire dAywiers, avec remise, habitation et bureau; dun moteur essence avec pont transbordeur ; dune turbine hydraulique qui fonctionne depuis fin 1912; dun rservoir de pompage; d un chteau deau avec clture; de 4 rservoirs deau; de 2 coupes pression avec chambre maonne et taque en fonte; de 82.791 mtres de conduites en fonte, de divers diamtres pour ladduction, le refoulement et la distribution des eaux, ainsi que pour la dcharge des vannes et de vidange; de 2.806 mtres de conduites en grs verniss pour la dcharge des bornes fontaines; de 164 mtres de gaines de protection des conduites pour la traverse des cours deau et chemin de fer; de 230 bornes fontaines avec bouches incendie (en 1913) et de 253 raccordements privs avec conduite en fonte et vanne darrt. Le chteau dOhain a une importance primordiale sur la distribution deau.

    Exemple dune facture de la CIECBW - 1923

  • [31]

    En 1927, la Compagnie fta le comte Cornet de Ways-Ruart loccasion de son 15e anniversaire dadministrateur. A cette occasion, la Fonderie Batardy de Bruxelles fut charge de fournir un bronze reprsentant un lion couch, uvre du sculpteur Bour, auteur des

    Lions du barrage de la Gileppe, afin de loffrir au prsident.

    En 1929, la Compagnie acheta une parcelle de terrain renfermant une source dun litre la seconde situe

    Payot sous Lasne. Une source distante de 185 m de la conduite damene des eaux du captage. Par la suite, une conduite fut installe en longeant la route de lEtat pour permettre larrive de la source au rservoir alimentaire. (120 m3/jour).

    La faillite des Soieries dans les annes 30 posa un gros problme la Compagnie car un contrat faisait en sor te quelles intervenaient concurrence des 2/3 dans la dpense dlectricit pour alimenter la turbine hydraulique. Une belle synergie en somme. En 1938, la Compagnie fut oblige dacqurir la ligne arienne reliant son usine, mais aussi le matriel lectrique que la Soierie avait install pour son usage. Fabelta, devenue propritaire des ex-soieries, fit une offre qui fut accepte. La Compagnie devint ainsi propritaire des installations lectriques. Lautre consquence importante de la faillite, fut lacquisition en 1937 du captage des Soieries. Do lamnagement et linstallation dune conduite dadduction destine dverser leau du captage dans la conduite damene des sources du captage dHubermont.

    Un captage avec une galerie souterraine de 150 m de long, sis en amont de la soierie et qui dbitait une quantit deau value 9 l/sec.

    Rglement datelier de la CIECBW

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    Avec ce pompage de la CIBE, nous sommes-l sur le site du Moulin Tas au lieu-dit Champ du Chantelet et sur la station de pompage dite de Plancenoit de la CIBE. Ce moulin tabli sur la rive droite de la Lasne tirait sa force motrice de la rivire et dune chute deau de plus de 3 mtres. La CIBE intervient une premire fois en 1896, lorsquelle loue, pendant deux ans au dernier propritaire du moulin une source, la Platte, dont le captage va alimenter en eau potable la commune dAnderlecht. En 1903, la CIBE achte le moulin et ses dpendances pour y creuser un puits et capter les eaux souterraines quelle refoule dans le siphon de la conduite damene vers Bruxelles. Elle construit une station de pompage et une maison dhabitation pour lagent responsable du site. En 1907, les anciens btiments du Moulin Tas sont abattus. La CIBE creusa un puits, capta les sources. Une turbine refoulait les eaux vers la conduite damene vers Bruxelles.

    (Henri Vets. Le Lothier Roman. 3. 2000. pp 1-3).

    Annonce de recrutement pour un fontainier - 1923

    Pour la Compagnie, il sagissait alors dun achat dune importance capitale. Prix de la transaction 25.000 francs. La Compagnie estima quen quatre ans, elle aurait compltement regagn la dpense rsultant de lacquisition de cette nouvelle source. Cette acquisition assura pour de longues annes, lalimentation des cinq communes associes. Elle vita aussi les ennuis qui taient occasionns en priode de scheresse prolonge.

    Les rapports avec la Compagnie Intercommunale des Eaux de Bruxelles (CIBE) ne furent pas toujours des plus faciles. Lors de lassemble Gnrale du 7 mai 1935, le prsident rappelle les donnes du problme. En 1901, la "Bruxelloise" a mis en service le captage et lusine de refoulement de Plancenoit. Ayant modernis ses installations de pompage tablies Plancenoit, elle dverse maintenant dans laqueduc damene des eaux de source de la valle du Bocq Vieux-Genappe, un volume de 3.500 4.000 m3 deau par 24h, provenant de ses captages de la source de la Lasne. Le dbit du cours deau en a t ds lors considrablement rduit. A tel point quil ne put plus alimenter normalement le bassin dpargne de la CIECBW qui formait la rserve deau pour le fonctionnement de la turbine hydraulique dAywiers.

    Grande premire, en 1934, le conseil dadministration dcida danalyser la question de la suppression dun certain nombre de bornes fontaines. Les fontainiers furent pris de faire des dmarches auprs des intresss afin quils veuillent bien se raccorder la distribution deau. Ces mnages avaient la facult de payer en trois annuits le prix de leur raccordement. Il faut constater que les raccordements ont augment dannes en annes. De 150 raccordements en 1912, la Compagnie en totalise 202 en 1914; 266 en 1921; 305 en 1922; 410 en 1925 ; 656 en 1929 , 747 en 1932, 814 en 1933 , 878 en 1934 et ...1140 en 1939.

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    1940-1945 les ponts et les conduites deau souffrent

    Puis vint la guerre. Elle commena par "la campagne des 18 jours". Vu les combats assez violents sur le territoire des diffrentes communes desservies par la Compagnie, les conduites furent endommages. Le pont de la Dyle Mousty sauta, emportant la conduite deau. Et puis, il y eu encore une forte diminution de la consommation consquence de "lvacuation".

    Lanne 1944 fut pnible pour la Compagnie. La rgion dOttignies ayant par ticulirement souffer t des bombardements, de la destruction des ponts et des conduites deau. La Compagnie dut alors alimenter en eau une grosse partie de la population de la commune dOttignies qui avait sollicit son aide au mois de septembre 1944 pour une dure de sept mois.

    Le camp de volontaires du travail de Lasne que la Compagnie alimentait galement, a t occup par eux, jusque fin avril, puis par les Allemands jusquau 31 aot, puis par larme des partisans, le reste de lanne 1944. Les factures deau de ces trois priodes durent tre envoyes par lintermdiaire de la commune de Lasne trois organismes diffrents. La Compagnie a aliment le camp amricain de Lasne jusque fin fvrier 1946, date du dpart des troupes amricaines pour Charleroi. Ce fut une bonne affaire pour la Compagnie.

    Wavre - rue du PontSource Muse

    de lEau et de la Fontaine

    1940-1945

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    Cette priode fut accompagne du dveloppement de lenseignement, de la culture, de lamlioration de la sant publique qui provoqua une augmentation extraordinaire de la longvit. Notre pays connut alors une fantastique amlioration des conditions de vie. Entre 1953 et 1975, la part des soins personnels et de lhygine dans la consommation globale saccrut de 5,3% 9,8% . Aux "Silver Fifties" succdrent les "Golden Sixties". Cette volution sans prcdent dans lhistoire conomique se poursuivit jusquen 1974.

    Autant dire que cette profonde mutation des comportements eut des consquences particulirement bnfiques pour la Compagnie Intercommunale des Eaux. Le problme tait surtout de rester la hauteur de la demande.

    Monsieur Van Audenhove dclare: "Grce aux efforts conjugus des communes et des socits intercommunales, 1.900 communes environ taient dotes dun rseau de distribution deau en 1961. Il en restait donc environ 700 quiper, ce qui, daprs les estimations de lpoque, coterait quelques 15 milliards de francs !

    En matire de travaux dhygine, une des grandes proccupations du ministre de la Sant publique fut lpuration des eaux uses, norme problme, auquel les communes furent associes. Cest dailleurs linitiative de la province de Brabant que, pour la premire fois, lpuration dune rivire fut entreprise: "la valle de la Lasne".

    1945-1960 une fantastique amlioration des conditions de vie

    1949-1950 fut le point de dpart de la mutation conomique la plus profonde de tous les temps. En une gnration, la condition humaine se transforma dans le monde occidental dune faon inimaginable pour les contemporains. Cest la priode des "trente glorieuses" qui stendit en ralit sur un quart de sicle de 1949 1974. Au cours de cette extraordinaire priode, le monde occidental connut: "le progrs matriel le plus extraordinaire" note le patron du crdit Communal Marcel Van Audenhove dans sa monumentale "Histoire des finances communales".

    Mais voil, la petite Compagnie intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon ntait manifestement pas prte affronter "cette fantastique amlioration des conditions de vie". Pour la Compagnie, la priode daprs-guerre ne fut pas facile. Elle se traduisit mme par une "crise norme" pour reprendre le terme prononc par le prsident lassemble gnrale de 1946. Une "crise norme" en matire de distribution deau. Et de fait, certaines conduites installes depuis 1906, n avaient plus le diamtre suffisant que ncessitaient les besoins hyginiques et les extensions toujours croissantes du rseau. Celle qui alimentait Ohain, dune taille de 100 mm, tait devenue insuffisante. Ways se trouvait dans le mme cas, avec une conduite de 60 mm. Deux nouvelles pompes devaient tre installes pour donner plus de pression vers Ways et Ohain. Sans parler des gros dgts de lhiver 1946, qui fut particulirement rigoureux.

    Do "le caractre dextrme urgence" apporter des amliorations la distribution deau. Il sagissait dtablir Lasne, une nouvelle conduite de 125mm, contigu celle existante depuis la gendarmerie jusqu la place sur une distance de 410 m, et dinstaller la station de pompage dAywiers un groupe pompe de 40 m3 lheure en vue de rduire la consommation de lnergie lectrique. Ds lanne 1949, les choses samliorrent via la modernisation c o m p l t e d e l a station de pompage. Une modernisation qui se traduisit par la dmol i t ion des anciennes pompes.

    Relev dindex dun abonn.

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    1945-1960Lanne 1950 fut marque par le renforcement de la distribution deau sur Ohain. Il fallait alors remdier au manque deau sur les points hauts dOhain et de Lasne, lorsque les consommations de pointe saccroissaient en priode estivale. Une petite station de pompage et de captage fut tablie proximit du chteau d eau dOhain et du Smohain. Une nappe abondante deau potable put y tre exploite dans les sables bruxelliens de la rivire.

    Laprs-guerre fut caractrise par le dveloppement urbanistique trs important de la rgion. En 1955, la situation de la distribution deau devint mme critique par suite des nombreuses constructions modernes. Sans parler du diamtre insuffisant de certaines conduites deau. Il tait ds lors urgent de rechercher des nappes deau afin dalimenter sur place le chteau deau. En 1958, le prsident Adelin Verlaine voque le nombre dabonns qui augmente sans cesse. "Il faut acqurir 51 nouveaux compteurs. Les deux fontainiers ont prolong de 87 m la conduite du petit champ Couture-Saint-Germain. Ils ont pos 534 m de conduites Ohain pour les Lotissements Brabanons. Ils ont commenc la conduite de 2.850 m dans le domaine de la Motte Bousval. La situation financire de la socit est bonne. Mais, il faut que des mesures radicales soient prises pour lamlioration de la distribution deau Ohain".

    Lanne 1959 se solde lchelle nationale par une explosion conomique. Pour la Compagnie; cette anne est celle dune grande scheresse. Le fontainier Auguste Piens rappelle quil devait se lever la nuit pour aller pomper. "Jai d intervenir pour empcher quon arrose les jardins".

    Mais lanne 1959, voit larrive dun nouveau conseil dadministration sous la prsidence du conseiller communal socialiste de Couture-Saint-Germain, Marcel Gliber t. Le changement de ton est radical. Le nouveau conseil dadministration dcouvre des "cadavres dans les placards". Il par le "dun hritage difficile laiss par le conseil dadministration prcdent". Il entend prendre le taureau par les cornes et sur tout moderniser la Compagnie, car lextension des rseaux rend la situation de plus en plus menaante. On apprend cette occasion que le personnel ouvrier, bien que dforc en nombre, est mal rmunr pour les gros efforts fournis; que le rseau se trouve dans un tat lamentable; quil na jamais t entretenu, que les captages sont inabordables, les rservoirs non entretenus, les cltures dtruites, les chelles rouilles et brises. Sans parler du manque absolu doutillage pour les fontainiers. Un rapport prsent lassemble gnrale nous informe quen 1959, plus de 120 abonns ntaient pas pourvus dun compteur; quil ny avait pas de compteur aux bacs de ptures; que les captages taient dans un tat plus que lamentables au dehors comme au dedans; qu il nexistait aucun plan du rseau, ni des installations; quil y avait de nombreuses pertes deau par suite de fuites inconnues; que les statuts de la socit taient fort ambigus et comportaient de nombreuses lacunes; que les communes de Ways et dOhain taient mal desservies en eau surtout pendant la priode estivale.

    Fiche de salaire dun fontainier - 1953

    Auguste Piens, fontainier, dans latelier.

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    Un ingnieur est alors charg de ltude complte du rseau, de ltablissement dune carte de celui-ci, de ltude des remdes y apporter et du projet damlioration des installations de pompage. Selon ce dernier, 40% de leau pompe par la Compagnie lest en pure perte. Il faut donc nettoyer les captages, de mme que les rservoirs. Des gros compteurs sont placs la sortie des captages. Une firme spcialise procde la dtection systmatique des fuites du rseau. Un releveur de compteur est engag. Une petite camionnette est commande suite lengagement de deux fontainiers (Camille David et Robert Vandeloise). Il faut augmenter leur traitement; (on passe du barme minimum au barme maximum); il faut donner une prime au personnel en compensation des nombreuses heures supplmentaires prestes, prime qui sera quivalente un mois de traitement; il faut tablir un roulement de garde aux pompes; appliquer la semaine des cinq jours ; faire tenir un inventaire permanent du matriel; acheter des lunettes de protection pour le personnel, poursuivre lextension du domaine de la Motte Bousval (entam en 1950); acheter des compteurs en nombre suffisant pour que chaque abonn en soit pourvu; acqurir de nouvelles sources et installer si ncessaire une nouvelle pompe. Il faut aussi trouver une solution aux problmes de Ways et dOhain et ne pas oublier de placer le tlphone chez le prsident, lachat dune machine crire petit chariot et lengagement durgence d'un releveur de compteurs, savoir Jean Beauclercq. Vaste programme.

    Mais voil que la commune dOhain choisit ce moment pour faire la guerre au nouveau conseil dadministration. Elle menace de se retirer de lIntercommunale. Ce qui vaut cette remarque du prsident: "Leau

    na pas de couleur; il ne faut pas lui en donner une parce que la direction de lIntercommunale est passe en dautres mains que celles qui nous ont mis dans la situation que nous connaissons aujourdhui."

    Auguste Piens, fontainier.

    Extrait du programme des lections communales de la liste du Bourgmestre d'Ohain (liste n2) :

    "Il tait notoire que depuis des dcades l'approvisionnement en eau de Ohain tait dficient et que les installations datant d'une soixantaine d'annes taient devenues insuffisantes et ncessitaient une amlioration profonde en ce qui concerne l'adduction. Des travaux ont t effectus et des travaux sont en cours, ..."

    "Notre but est de poursuivre l'effort en vue d'augmenter le confort et les facilits souhaites par la population de Ohain".

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    Adieu la Compagnie. Place lIntercommunale !

    B ientt, ltude des rseaux fit apparatre les erreurs qui avaient t commises depuis que la Compagnie existait. Le problme tait simple. La proprit des rseaux par les communes constituait un obstacle srieux tout travail rationnel de distribution deau. Les communes taient alors amenes consentir des dpenses importantes, sans rapport pour elles et bien souvent pour amliorer en mme temps la situation dune commune riveraine. Les communes devaient supporter seules tous les frais dinstallation de la distribution deau sans en retirer le moindre avantage. La Compagnie leur proposa donc la reprise des rseaux. Une commission fut constitue en 1959. Elle tait charge de ltude et de llaboration dun nouveau projet de statuts et dun rglement concernant le service de la distribution deau. Elle termina ses travaux en mai 1960 et les textes des nouveaux statuts furent transmis aux diverses administrations communales. Par la suite, une assemble gnrale extraordinaire fut convoque. On y apprit que les statuts qui avaient t labors en 1912, reprsentaient lpoque "la quintessence de ce genre de loi intrieure". Le rapporteur de la commission sut trouver les mots: "Ne perdons pas de vue que durant ces 48 annes, leau qui ntait quun luxe, une facilit, est devenue progressivement un besoin, une ncessit".

    La Compagnie a aujourdhui une responsabilit considrable dans lobligation o elle se trouve de fournir des dizaines de milliers de personnes de leau en qualit parfaite et en quantit au moins gale la demande en tous temps et en toutes circonstances. La situation hybride dans laquelle se trouve jusqu prsent la Compagnie, la mise dans limpossibilit de poursuivre ses engagements et de respecter lobligation de donner satisfaction sa clientle parce quelle n'avait pas d'objet social. La distribution est contingente par les rseaux qui sont la proprit des communes et non la sienne la Compagnie. Les statuts furent donc promptement rviss afin que la Compagnie puisse intervenir de manire efficace. Car des problmes administratifs pineux sannonaient. Les nouveaux statuts furent publis au Moniteur. La dissolution de lancienne Compagnie fut prononce le 6 mai 1961 et approuve par Arrt Royal le 30 dcembre 1961. Le mme arrt portant autorisation de crer la nouvelle socit projete. (Arrt Royal du 18 avril). Bref, la CIECBW est dissoute. Exit la Compagnie. Place lIntercommunale. LIECBW est fonde. Cest une socit cooprative qui a pour objet lexploitation de services publics de distribution deau.

    Forte de ses nouveaux statuts, lIntercommunale entreprit le grand nettoyage et la remise en tat des captages et des galeries drainantes. On apprit cette occasion que depuis la fondation de la Compagnie en 1912, aucun travail de ce genre navait t effectu ! Ce travail sest donc avr dautant plus ncessaire qu deux reprises, les analyses avaient rvl que leau ntait pas potable. Le nettoyage des captages fut confi une firme spcialise. Le dbit du captage dHubermont passa de 7 l/sec 11 l/sec.

    LIntercommunale fut aussi confronte au problme de leau non potable. Le problme ntait pas vraiment nouveau, mais personne ne sen tait rendu compte, du fait du peu de frquence des analyses deau lpoque. La pollution venait en fait du captage des Soieries. Elle tait lie aux infiltrations extrieures rendues possibles par le mauvais tat des murs de la galerie. Le conseil d'administration dcida aussi de faire procder des analyses deau rgulires tous les 15 jours. Il dnona alors le peu de frquence des analyses faites auparavant. Le 28 juin 1960, le conseil d'administration dcida de supprimer larrive deau du petit captage de Payot qui tait pollu. La perte deau tait minime. Ce captage ne dbitait plus que 1 l/sec.

    Ancienne galerie des Soieries

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    Pour alimenter Ohain, qui se dveloppait de plus en plus, il tait ncessaire de trouver une nouvelle source deau. Le conseil d'administration dcida de procder au creusement dun puits grande profondeur proximit de lusine de pompage Aywiers. Le dossier a t introduit en dcembre 1960 au ministre de la Sant publique. Et, un an aprs, lIntercommunale recevait lautorisation ministrielle. La ralisation dun tel forage, jusque dans la nappe, sous la couche impermable, se fit sous injection deau. On descendit un tube crpin, cest--dire perc de petits trous, dans la partie qui plongea dans la nappe et un tube tanche dans la partie qui se trouva au-dessus de celle-ci. La grandeur des trous tait fonction des grains du sol. Lespace entre le tube crpin et le bord du

    forage fut alors rempli de graviers calibrs, sur toute la hauteur de la nappe. Ils avaient un rle de filtre. Au-dessus, une obturation en ciment empchait les infiltrations indsirables dans le puits. Il sagissait dun forage tub, dans la roche, dune profondeur de 75 mtres. Ce forage avait la particularit dtre artsien, en ce sens que leau y tait sous pression et quil suffisait de dmonter la tte du puits pour la voir jaillir plus de deux mtres de haut... On fore et leau remonte la surface. Sauf si le niveau de la nappe baisse. Il faut alors pomper. Ce captage pouvait produire jusqu 230, voire 250 m3/heure. Mais la socit nen utilisa au dbut que 50 m3, conservant donc une importante rserve au cas o dautres communes viendraient rejoindre lIntercommunale.

    Sige social de l'IECBW rue de l'Abbaye Lasne

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    Un fois ce puits en service, l'Intercommunale tait sauve en matire de volumes deau. Ctait parfait pour la quantit, mais pas pour la qualit. Car leau tait rouge. Elle tait ferrugineuse.

    Restait alors, dans les annes soixante, solutionner une srie de problmes. Et notamment, la suppression des bornes fontaines. Ds 1959, le conseil dadministration souhaite voir inscrire le problme lordre du jour. Et cela compte tenu de la difficult de trouver des pices de rechange, sans parler de leur mauvaise rentabilit. Il sagissait donc de les supprimer progressivement et de procder au raccordement des immeubles ainsi desservis des conditions spciales. Le but du conseil dadministration tait, en 1961, d'acclrer le mouvement. Le conseil d'administration charge le chef fontainier dtablir un devis par maison pour le raccordement la distribution des personnes abonnes la borne fontaine.

    Et voici la semaine des 5 jours !

    En sa sance du 5 septembre 1959, le conseil dadministration charge le receveur dtablir un roulement de garde aux pompes, ainsi quun horaire permettant tous les agents de bnficier de la semaine des cinq jours. Les heures de prestation sont fixes comme suit : le matin de 8 12 h et laprs-midi de 12 h30 17 heures.

    Registre des dlibrations du conseil dadministration - p 208

    Restait aussi rsoudre le problme de la commune dOhain qui tait alors trs mal desservie. Il sagissait de poser une conduite de refoulement vers Ohain au dpart du sige de l'Intercommunale. Sans oublier une conduite de refoulement vers Ways qui subissait le mme problme dapprovisionnement en eau. Il fallait aussi faire modifier la station de pompage et y prvoir deux pompes pour alimenter le chteau deau dOhain et deux pompes pour Sauvagemont.

    Les installations dAywiers furent tendues suite lacquisition, pour 575.000 francs, de lancienne Ferme Troisime en 1961. Et cela pour permettre la construction dun atelier, dun magasin et dun nouveau btiment administratif. Objectif de lopration: permettre une installation plus rationnelle des services de lIntercommunale et liminer le danger de contamination des eaux par la proximit des matires organiques provenant de lexploitation agricole.

    Un demi-million de francs tait une grosse somme pour une petite Intercommunale dont le personnel comprenait alors: un receveur-caissier, un releveur de compteur, un chef-fontainier, un brigadier et quelques fontainiers. LIntercommunale tait si petite que le conseil dadministration fourmillait des craintes rcurrentes de reprise par la Bruxelloise des Eaux. Il fallait donc absolument grandir pour ne pas se faire absorber.

    Ancien rservoir de WaysPuits d'Aywiers

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    En 1963, le prsident du conseil dadministration lit une lettre de la commune dOttignies qui voque sa demande daffiliation lIntercommunale. Le prsident de lIntercommunale dclare dans la foule: "cest techniquement impossible lheure actuelle, aussi longtemps que les cinq communes affilies ne