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DENIS-FRANOIS

CATHERINE ET LES CINQ FRRES

penche sur le gouffre, une lampe lectrique la main, Catherine hsite.Mais elle ne peut plus reculer. Et puis, une force semble l'attirer au fond de ce gouffre.Elle pose le pied sur le premier barreau de l'chelle. Tandis qu'elle s'enfonce, un peu tremblante, dans l'obscurit, elle a l'impression d'entendre les voix moqueuses des cinq frres de son amie Nathalie : Catherine, c'est une fille formidable. Elle russit tout ce qu'elle entreprend! S'ils ont cru la dtourner de son projet, ils se sont tromps. Catherine se sent plus que jamais rsolue percer le secret du gouffre. Elle a du courage. Elle a aussi, en gnral, beaucoup de chance. Pourvu qu'elle en ait cette fois encore!

CATHERINE ET

LES CINQ FRERES

SrieCatherine

Courageuse Catherine, de Denis-Franois. 1955Catherine au chalet des neiges, de Denis-Franois. 1957

Catherine et les Chiens perdus, de Denis-Franois. 1959La Croisire de Catherine, de Denis-Franois. 1961Catherine et les Cinq Frres, de Denis-Franois. 1963

SrieCatherine

Courageuse Catherine, de Denis-Franois. 1955Catherine au chalet des neiges, de Denis-Franois. 1957

Catherine et les Chiens perdus, de Denis-Franois. 1959La Croisire de Catherine, de Denis-Franois. 1961Catherine et les Cinq Frres, de Denis-Franois. 1963 DENIS FRANOISCATHERINE ET

LES CINQ FRERES

ILLUSTRATIONS DE A. CHAMELLE

HACHETTE242TABLE DES MATIRESI. catherine arrive

11 II. le dogue et les autres

22III. un coin du voile

36IV. la lgende d'ylaine

45V. le mystre de la grotte

63VI. une rencontre

85VII. rvlations

103 VIII. bohmienne et hibou

118IX. le rendez-vous

125X. dernire chance

140XI. Au fond de l'abme

152XII. vive catherine!

164Imprim en France par Brodard-Taupin, Imprimeur-Relieur, Coulommiers-Paris59I84-3-I-6656. Dpt lgal n 681. 1er trimestre 1963. Librairie Hachette, 1963. Tous droits de traduction, cl reproduction et d'adaptation rservs pour tous pays.

CHAPITRE PREMIERCATHERINE ARRIVEMeyranale ... Catherine eut un sourire satisfait en lisant ce mot grav en rouge sur le pilier de granit. Enfin, elle tait arrive! Elle avait trs chaud, et sa valise pesait lourd son bras. Mais, ne voulant pas avoir l'air fatigue, elle franchit la grille d'un pas alerte.Ayant manqu l'autocar du matin, elle arrivait trois heures de l'aprs-midi, c'est--dire avec plusieurs heures de retard. Aussi n'avait-elle pas trouv, sur la place du village, son amie Nathalie Vercourt. Aprs tout, qu'importait? A l'extrmit d'une alle borde d'hortensias, elle apercevait la villa Meyranale, cette villa o, sur l'invitation de Nathalie, elle allait passer le mois d'aot. Elle la reconnaissait d'autant plus aisment que Nathalie lui en avait montr souvent des photographies.C'tait une construction trs simple, environne de fleurs et coiffe d'un toit d'ardoise. Ses volets bleus, demi ferms pour arrter les rayons du soleil, accentuaient encore son air paisible. Elle semblait somnoler avec confiance sous la garde des Pyrnes qui se dressaient derrire elle et se dessinaient sur l'cran d'un ciel pur.difie par F arrire-grand-pre de Nathalie, cettevilla abritait aujourd'hui, comme chaque anne pendant les vacances, la quatrime gnration des Vercourt, famille nombreuse, enferme sans doute derrire les volets bleus, car on ne voyait personne dans le jardin.Catherine ralentit le pas. Elle prouvait une lgre apprhension. De toute la famille Vercourt, elle ne connaissait que Nathalie, avec qui elle s'tait lie d'amiti l'anne prcdente au cours d'une croisire. Or Nathalie avait sept frres plus gs qu'elle, sauf un! Si je me trouve soudain face face avec l'un des ans, songeait Catherine, que lui dirai-je? Je ne saurai mme pas son prnom! Elle se dcida gravir le perron. Elle cherchait se rassurer : Suis-je bte! Puisque ce sont les frres de Nathalie, ils ne peuvent tre tous que trs gentils! Sur le perron, elle attendit, esprant que la porte s'ouvrirait par enchantement et que, sur le seuil, Nathalie apparatrait, avec ses nattes blondes et son sourire.Mais une minute entire s'coula. La porte demeurait ferme.Catherine posa sa valise et chercha en vain une sonnette. Alors, elle frappa deux fois, trois fois, de plus en plus fort, toujours sans succs. C'est drle, ces maisons de campagne o il n'y a personne pour vous rpondre ! se disait-elle en accordant une pense presque mue sa concierge de Paris.La veille au soir, en passant devant la loge de l'immeuble habit par ses parents, elle ne s'imaginait pas qu'elle regretterait si tt sa concierge! Dans la maison, c'tait toujours le mme silence. Sur le perron, le soleil tait brlant.Estimant qu'elle ne pouvait attendre plus longtemps, Cathy posa la main sur la poigne de la porte. La poigne s'abaissa. La porte s'ouvrit.Catherine fit deux ou trois pas en avant. Y a-t-il quelqu'un? appela-t-elle.Elle se trouvait devant un vaste hall dall, sombre et frais. Au fond, s'levait un escalier. A droite et gauche, il y avait des portes fermes.Apercevant sur une table un journal encore sous bande, Catherine s'approcha et lut : Monsieur Jean Vercourt, ingnieur, villa Meyranale, Arcouze (Hautes-Pyrnes). II n'y a pas de doute, se dit-elle. Je suis bien chez Nathalie. Il ne me reste plus qu' faire savoir que je suis arrive. Mais comment? Soudain, elle sursauta et ne put s'empcher de faire un bond en arrire. Une sonnerie retentissait, une sonnerie grle, qui dura quelques secondes, puis cessa.Aprs un court arrt, elle reprit de plus belle. Le tlphone! Quelle chance! Quelqu'un allait srement venir...L'appareil tait au pied de l'escalier, sur une console. Il s'agissait d'un vieil appareil manivelle, comme on en voit encore en province. Il sonnait avec patience, intervalle rgulier. Entre chaque sonnerie, le silence se rtablissait, plus oppressant.A la fin, n'y tenant plus, Catherine revint vers le perron et cria : Tlphone! Tlphone! Cependant, autour d'elle, tout demeurait dsert, et personne ne rpondit son appel.Alors, elle rentra dans le hall o la sonnerie tintait toujours, et elle eut l'impression que le timbre lui disait : Voyons, puisque tu es l, c'est toi de dcrocher! Catherine hsita encore un peu. Puis elle s'approcha de la console, dcrocha le rcepteur et le porta son oreille.Immdiatement, la sonnerie s'arrta, tandis que la standardiste demandait : Le 9 Arcouze? Euh... oui , murmura Catherine.Elle voulut se rattraper. Car enfin elle ignorait compltement si le numro des Vercourt tait bien le 9... Mais dj la standardiste reprenait : Demandeur, parlez. Une autre voix commena : C'est toi, Nathalie? Non! s'exclama Catherine. Je... je suis... Elle voulut poursuivre. Peine perdue ! La voix inconnue couvrait la sienne. C'tait une voix fminine, jeune, au dbit prcipit, avec un accent o perait l'angoisse : Est-ce que Patrice est l? Patrice? rpta Catherine. Non, non! Il n'y a personne. Je suis seule. Je... Alors, trouve-le vite! Il faut qu'il vienne tout de suite avec la voiture. Il y a eu un accident. Bruno est bless ! Bruno? Mais... Ce n'est pas grave. Le mdecin du Castel est prs de lui. L'ennui, c'est que ta tante est Tarbes avec sa voiture. Et Bruno ne peut pas marcher! Mais, bredouilla Catherine sans savoir au juste ce qu'elle disait, o... o est-il? Et que lui est-il arriv? Je t'ai dj dit que ce n'tait pas grave! lana son interlocutrice avec impatience. Un gros rocher a roul sur sa jambe, sur le genou exactement. Comme il est au fond de sa salle, nous ne pouvons pas le remonter. Il nous faut de l'aide. Dis Patrice de venir aussi vite que possible. Catherine tait de plus en plus droute : Comment faire? Je ne suis pas... Je t'en prie, Nathalie! Fais vite, trs vite! Moi, je retourne l-bas. Il y eut un petit dclic. On avait raccroch!

Depuis combien de temps es-tu l m'observer? Catherine raccrocha elle aussi et resta un instant paralyse par la stupeur.Des questions tourbillonnaient dans sa tte. Qui tait Patrice? Qui tait Bruno? Qui tait cette jeune fille ou jeune femme dont elle venait d'entendre la voix?D'autre part, cette salle au fond de laquelle gisait un bless... C'tait tout de mme surprenant, une salle o l'on pouvait recevoir un rocher sur la jambe et d'o il semblait si difficile de sortir!Mais Catherine tait encore proccupe par un autre problme. On l'avait charge d'une dmarche. Comment pourrait-elle l'accomplir puisque, selon toute vidence, il n'y avait personne dans la villa?Elle en tait l de ses rflexions, quand il lui sembla entendre une voix claire qui tombait du ciel : Qu'est-ce que c'est? Cathy leva la tte et dcouvrit, dans la pnombre de l'escalier, un jeune garon de onze ans environ, aux yeux vifs, aux cheveux bouriffs. Il s'appuyait nonchalamment la rampe.En le voyant, Catherine ne put se dfendre d'un geste irrit. Depuis combien de temps es-tu l m'observer? demanda-t-elle. J'ai appel plusieurs fois. Tu ne pouvais pas rpondre? C'tait impossible, fit le jeune garon sans se dpartir de son calme. Je suis cens tre chez Thierry et Benot. J'allais remonter au grenier sans rien dire. Mais j'ai vu que vous aviez l'air ennuye... Puis-je faire quelque chose pour vous? Catherine se crut sauve. Le jeune garon ressemblait Nathalie. Il avait le mme nez retrouss, les mmes cheveux blonds, les mmes yeux sombres, trs vivants. C'tait certainement l'un de ses frres, le plus jeune videmment. C'est peut-tre toi Patrice? Non, moi, je m'appelle Olivier.- Mais alors, qui est Patrice?- L'un de mes frres, du moins l'un de ceux qui sont ici en ce moment.- Ils ne sont donc pas tous la villa Meyranale'?- Non. Jean-Pierre et Bernard, les ans, sont actuellement en Italie. Ils ne reviendront pas avant septembre.- Et Bruno?- C'est aussi l'un de mes frres.- coute, Olivier, reprit Catherine. Il n