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  • UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET-BOIGNY

    ABIDJAN-COCODY

    UFR Science de lHomme et de la Socit

    Filire : Gographie

    LICENCE 3

    GEOGRAPHIE HUMAINE DU LITTORAL IVOIRIEN

    Document rserv aux tudiants

    Professeur Jean TAP bidi Professeur Titulaire

    Anne acadmique 2015-2016

  • GEOGRAPHIE HUMAINE DES LITTORAUX IVOIRIENS

    I / PRESENTATION DU LITTORAL IVOIRIEN . Gographie humaine

    Le littoral ivoirien est dlimit par les Latitudes 4 et 530 Nord et Longitudes 225 et 730 Ouest. Il est limit au Nord par la ctire l'Ouest d'Abidjan et l'Est par la route de No contournant la ville d'Alp. Le littoral ivoirien couvre une superficie de 23 253 km2 soit 7% de la superficie de la Cte d'ivoire pour 566 km de long (Livre Blanc du Littoral Ivoirien, 2004).

    Le littoral ivoirien s'tire du Cap de palmes (Libria) dans l'Ouest au Cap des Trois Pointes (Ghana) l'Est

    Figure 1. Une vue du littoral Ivoirien

    Le littoral ivoirien se caractrise par une varit de milieux physiques et des formes dimplantation humaine tout aussi diverses.

    -Peuplement du littoral ivoirien

    Des origines au dbut du XIXe sicle

    Les pourtours des lagunes de Cte-dIvoire sont occups par quatorze peuples regroups sous lappellation de peuples lagunaires en dehors des populations Godi de Fresco. Les

  • peuples les plus anciens se seraient installs au Palolithique (3 000 000 12 000 av JC) et au Nolithique (9 000 3 000 av JC).

    Figure 2 Les peuples lagunaires du littoral

    Les outils en pierre taille datant de cette poque et retrouvs en pays Abbey (Lovidj), Adjoukrou (Kosr, Toukpa, Orgbaf), Alladian et bri (Abobo) sont une preuve de lanciennet de lhumanisation de lespace littoral lagunaire.

    Plus rcemment (du XVe au XVIIIesicles), les peuples primitifs lagunaires ont t rejoints par plusieurs petits groupes ethniques venus de lEst et de lOuest.

    Les bri sont les premiers sinstaller au XVIesicle. Au XVIIesicle, les Avikam, les Alladian et les hotil les rejoignent. Les Nzima ou Apolo sinstallent autour de la lagune hy et se spcialisent dans le commerce entre Europens et Africains. Dans le mme temps, les Abour occupent la rgion allant du fleuve Bia la lagune Aby. Les Odjoukrou stablissent dans la rgion de Dabou. Les Essouma refoulent les Avikam et les Alladian vers lOuest pour les remplacer sur leur site initial lEst, auprs des hotil. Au XVIIIesicle, avec larrive des Agni, les Abour sont refouls vers lOuest pour occuper leur site actuel.

    partir du XIXesicle, le peuplement des rivages des lagunes ne subit plus de changements notables. Les populations qui y vivent sont des pcheurs titre exclusif (Avikam, Alladian, Ahizi, Adjoukrou, hotil et bri) ou des agriculteurs chasseurs ou encore des villages relais sur les grands axes commerciaux (Essouma, Nzima ou Appoloniens, Mbatto ou Gwa, Abour, Abbey, Krobou, Abidji et Atti). Certains peuples comme les Essouma taient lorigine pcheurs. Ils ont par la suite abandonn les activits de pche au profit du commerce.

  • Peuplement actuel de lespace lagunaire

    Au plan gographique, deux grands groupes de peuples lagunaires sont identifiables : ceux de lintrieur comprennent les Abbey, les Krobou, les Abidji et les Atti, qui ne font pas de la pche une activit privilgie, et les peuples lagunaires proprement dits, qui se composent des Avikam, Alladian, Ahizi, Odjoukrou, bri ou Kyaman, Abour ou Abou, Mbatto ou Gwa, Essouma, hotil et Nzima ou Appoloniens dont lexploitation des eaux lagunaires constitue lactivit principale. Dailleurs, ces derniers se localisent sur les pourtours immdiats des lagunes.

    La tradition de pcheurs sest perptue dans certains groupes (hotil, Avikam, Alladian, Ahizi, Essouma, Adjoukrou et bri). Jusquau deuxime quart du XXesicle, ils taient pcheurs titre principal (Perrot, 1989). Dautres (Abbey, Krobou, Abidji, Mbatto, Abour, Nzima et Atti) ont abandonn la pche au profit des activits agricoles dont ils tirent de fructueux bnfices. Ils sont devenus en outre planteurs, produisant du caf, du cacao, puis du coprah, et cultivent des vivriers. Cette volution divergente est note par Verdeaux (1992). En effet, il relevait que :

    Les Prokpo (Ahizi) en lagune bri et les hotil en lagune Aby sont lorigine les groupes spcialiss dans la pche. Leurs rapports privilgis avec les gnies deau en faisaient les mdiateurs obligs pour laccs au milieu. Cette spcialisation troite sinscrit dans le cadre dune division du travail rgionale o les groupes ctiers (Alladian, Essouma, Nzima) pratiquent une pche maritime de subsistance, la fabrication du sel et le commerce de traite avec les navires marchands europens tandis que les populations de lhinterland (Abour, Agni) se livrent lagriculture et au commerce entre lintrieur et les groupes ctiers.

    Au plan culturel, pendant longtemps, la seule vocation du littoral a rveill dans lesprit de nombreux Ivoiriens et Africains le mythe de Mamie-Watta, la desse des eaux. Dans le sud de la Cte-dIvoire, on la reprsente sous les traits dune femme trs belle, aux cheveux longs. Elle a un corps de femme jusqu la taille, mais le bas nexiste pas, le bas appartient une autre nature, celle du poisson par exemple. Mamie-Watta est, selon la mythologie populaire, un gnie de la mer, une sorte de sirne quon pourrait volontiers imaginer partager la cte ivoirienne avec les lamantins ouest africains,Trichechus senegalensis, rsidents notamment de toute sa partie ouest. Elle combat linjustice, dfend le pauvre et lopprim, mais nhsite pas conduire sa perte lhomme pervers et cupide. Elle peut donner la richesse ses dvots ou ses poux hommes. Mdiatrice entre le monde des hommes et le monde invisible des tres surnaturels, Mamie-Watta joue un rle de bienfaiteur et dinitiateur. Elle est vue comme lesprit protecteur des peuples autochtones du littoral.

    Au plan socio-conomique, lvolution du littoral ivoirien ces dernires annes se caractrise par des crises multiples et multiformes. En effet, les villes littorales qui ont constitu les ttes de pont de la pntration europenne au cours des sicles passs, enregistrent les chiffres de population les plus importants eu gard au niveau de lactivit conomique et au fort potentiel dattraction dont elles disposent. Lespace littoral est le sige

  • dactivits industrielles, agro-industrielles, artisanales, touristiques, halieutiques et aquacoles, etc., dont le dynamisme est soutenu par la proximit des ports dAbidjan et de San Pedro et entretenu par limportant flux migratoire en provenance des rgions Centre et Nord

    .

    -Population

    La forte migration des populations depuis lintrieur des terres vers la cte induit un dveloppement urbain trs rapide et gnralement non contrl. La population des villes littorales est passe successivement de 1 105 913 habitants en 1975 2 217 570 en 1988, 3 426 665 en 1998 (Institut National de la Statistique, 1998) et estime prs de 5 500 000 en 2007 (estimations Institut de Gographie Tropicale, 2008). Elle reprsente environ 30 % de la population ivoirienne. La population se concentre dans les grandes agglomrations dont les plus importantes (plus de 100 000 habitants) sont Abidjan, San Pedro, Jacqueville, et Dabou.

    Les Akans (hotil, Essouma, Agni, N'zima, Gwa, Atti, Abour, bris, Alladian, Ahizi, Avikam) organiss en classe d'ges et les Krou (Nyo, Godi, Kotrouhou, Wane, Bakwe, Kroumen) sont les groupes ethniques autochtones du littoral ivoirien.

    -Les villes du littoral

    Le dcoupage administratif du littoral comporte 4 rgions, 12 dpartements, 20 sous-prfectures, 18 communes l'exception des 10 d'Abidjan et 240 localits (villes et villages) (Livre Blanc du Littoral Ivoirien, 2004).

    Photo 1 : Une vue du littoral

    Les villes du littoral dEst en Ouest sont : Aboisso, Assinie, Adiak, Bonoua, Grand-Bassam Abidjan, Jacqueville, Dabou, Grand-Lahou, Fesco, Sassandra, San Pedro, Grand-Breby et Tabou.

  • II / LES ACTIVITES HUMAINES

    -Activit agricole

    Les cultures vivrires, elles concernent la production des cultures maraichres notamment la salade, laubergine, la tomate, le gombo, la feuille doignon, chou, concombre, carotte etc.. A ces cultures sajoutent le mais, la banane plantain, le riz, le manioc, le taro etc.

    Les cultures industrielle sont le caf, le cacao, lhva, le palmier huile, la noix de coco, lananas, la banane douce etc.

    Les agro-industries sont une caractristique industrielle du littoral. On rencontre des plantations de palmier huile, d'hva, des cocoterais, des bananerais, etc.

    En 2004, la zone du littoral a fourni 77% de la production de la banane conditionne en carton et 211 686 tonnes nettes de l'ananas l'exportation.

    -Activit de pche

    D'une manire gnrale, lactivit de pche qui se dveloppe sur le littoral comprend, une pche maritime articule principalement sur le port de pche dAbidjan avec 156 570 tonnes de poisson dbarqu et/ou transbord des chalutiers, des sardiniers et des thoniers. Le port de San-Pdro avec ses 1 771 tonnes de capture vient en appoint. Il se pratique galement dans le pays, le long des 550 km de cte, une pche maritime artisanale utilisant un grand nombre de dbarcadres desservant les principaux marchs locaux. La Cte dIvoire connait enfin une pche lagunaire pratique principalement sur la lagune Ebri (566 km2), la lagune Aby (425 km2) et la lagune de Grand-lahou (210 km2).

    Cette activit de pche est principalement le fait du groupe des "lagunaires" "Gold Coastiens", notamment les Fanti ainsi que les Nzima et accessoirement les Alladian dployant en mer leurs petites pirogues. Linstallation des Fanti et des Nzima en qualit de pcheurs est signale ds le dbut du XIX sicle sur la moiti est du littoral et leurs activits commerciales da