Gaston Bachelard La poétique De l’espace -1954-  · être enoncée l’analyse de Gaston

download Gaston Bachelard La poétique De l’espace -1954-   · être enoncée l’analyse de Gaston

of 35

  • date post

    12-Feb-2019
  • Category

    Documents

  • view

    215
  • download

    0

Embed Size (px)

Transcript of Gaston Bachelard La poétique De l’espace -1954-  · être enoncée l’analyse de Gaston

ENSAM 2005/ 2006 Studio-S4-

Gaston Bachelard

La potique

De lespace

-1954-

Sminaire

PRADIE Olivier Enseignent : D. Beaux

JG. Cochet

Gaston Bachelard :

Luvre de Bachelard est double. Il est la fois un important

pistmologue franais du XXeme sicle et le penseur de limaginaire et de la

symbolique potique.

La philosophie des sciences :

Selon Bachelard,il faut psychanalyser lesprit scientifique. Cette

psychanalyse consiste mettre en vidence les processus inconscients qui

bloquent la connaissance. Les obstacles pistmologiques sont des

reprsentations qui paraissent videntes et qui, certains moments, ont pu

mme tre utiles mais qui finissent par bloquer la connaissance. Il faut alors

quon russisse sauter lobstacle et oprer ce que Bachelard nomme une

rupture pistmologique . Ces obstacles sont intrieurs la pense

scientifique elle-mme. Le savoir peut bloquer le savoir puisque la connaissance

est une lumire qui projette toujours ses propres ombres .

Limaginaire :

Bachelard rhabilite limagination, il en souligne laspect crateur. On peut

la dfinir comme la facult de produire des images condition de bien

diffrencier limage du souvenir. Si la mmoire nous ramne au prsent, limage

nous tourne vers lavenir.

Notre psychisme a deux fonctions :

-la fonction du rel qui renvoie au pass

-la fonction de lirrel qui est positive et utile car comment prvoir et

inventer sans imaginer ?

Limagination est la facult de dformer les images. Il y a imagination

lorsquune image occasionnelle dtermine une prodigalit dimages aberrantes.

Elle est ouverte et vasive. Elle est lexprience de a nouveaut. Elle ne

semprisonne dans aucune image. Si une image cre par limagination devient

fixe et prend une forme dfinitive et familire, habituelle, elle cesse dtre

imaginaire. Elle ne nous fait plus rver ou parler mais nous fait agir.

Ses principales uvres :

Le nouvel esprit scientifique (1934)

La formation de lesprit scientifique (1938)

La psychanalyse du feu (1938)

La philosophie du non (1940)

Leau et les rves (1942)

La terre et les rveries du repos (1946)

La terre et les rveries de la volont (1948)

Lactivit rationaliste de la physique contemporaine (1951)

La potique de lespace (1957)

La flamme dune chandelle (1961)

NNE

Introduction :

Phnomnologie de limage potique de lespace heureux , ainsi pourrait

tre enonce lanalyse de Gaston Bachelard.

En effet, partant du constat que le pote, arme de ses images chappes de

toute causalit, parle au seuil de ltre ,c'est--dire quil image une

irralit, frappante de vrit pour le lecteur, Bachelard fonde son tude de

lespace sur les phnomnes dimages potiques, images qui illustrent un

instant o lespace est saisi en un retentissement par le lecteur, qui vit alors le

pome.

Bachelard analyse donc la potique de lespace au travers de son expression

la plus brute, le retentissement de limage potique. On notera qu la notion

de retentissement, succde la notion de rsonance, o le pome se rpercute

et simprgne dans ltre du lecteur.

Ainsi, il dveloppe son interprtation phnomnologique de lespace potique

en abordant sept grands thmes rpartis en dix chapitres que sont :

-La potique de la maison o lon se questionne sur le demeurer et la

notion de protection, au regard de deux chapitres ;

Chapitre I - La maison de la cave au grenier, le sens de la hutte.

Chapitre II - Maison et univers.

-La maison des choses ou lesthtique du cach

Chapitre III- Le tiroir, les coffres et les armoires.

-Lespace imaginaire o lon aborde lide de la rverie de lieux

inhabitables ;

Chapitre IV- Le nid

Chapitre V - La coquille

-Lespace intime o se blottir

Chapitre VI- Le coin

-la dialectique du grand et du petit se dveloppe sur deux chapitres ;

Chapitre VII- La miniature

Chapitre VIII- Limmensit intime

-Relativit de Linteriorit face lexteriorit

Chapitre IX- La dialectique du dehors et du dedans

-La phnomnologie du rond

Chapitre X- La phnomnologie du rond

I-La potique de lespace :

Monet

Chapitre 1 :

La maison natale, comme premier espace constitutif de ltre, revit dans

nos rveries travers des images potiques qui ouvrent, non pas sur des

souvenirs descriptifs, cloisonns dans un espace temporel rigide, mais sur des

sensations de vcu aux odeurs potiques et rvolues dans un espace

intemporel.

Ltre abrit sensibilise les limites de son abri. il ote sa valeur dobjet la

maison. Ainsi Rilke dcrit une personnification presque maternelle de la

maison : (p27)

Maison, pan de prairie, lumire du soir

Soudain vous acqurez presque une face humaine

Vous tes prs de nous, embrassants, embrasss.

Bachelard indique que la maison ouvre des symboliques lies sa typologie,

quil dcompose en deux thmes :

1La maison est un tre vertical

2La maison nous appelle une conscience de centralit

Dans la polarit de la cave au grenier lauteur aborde le passage de lespace

construit lespace rv. Il prend pour exemple un passage extrait de

lantiquaire par Henri Bosco Juste mes pieds leau sortit des

tnbresJen frissonnais. (p39).

Chapitre 2 :

La maison durant lhiver prend toute sa potique assise au fond dune

petite valleelle tait comme emmaillot darbustes . Par cette phrase de

Baudelaire, on entrevoit la lutte tranquille de la maison face lhiver.

Cependant, dans un extrait de Malicroix par Henry Bosco, la maison, face

lunivers hostile, prend vie.

La maison luttait bravementnous tions seuls. (page 56-57)

La solitude engendre semble-t-il la rverie. On est dedans , seul, et les murs

face aux craquements du froid semblent se blottir contre nous.

Bachelard tente alors dexprimer la diversit laquelle est soumise la notion

dhabit, travers les images potiques de nombreux auteurs. La maison face

au monde ne se vit pas de la mme faon pour tous. Pour Pierre Seghers, elle

est btie sur un souffle :

Une maison o je vais seul

Et quhabite le vent. (page 67)

Pour Supervielle, la maison est habite de paysages quon invite ou qui nous

invitent au travers des fentres.

Le corps de la montagne hsite ma fentre :

Comment peut-on entrer si lon est la montagne,

Si lon est en hauteur, avec roches, cailloux,

Un morceau de la terre altre par le ciel ?

La maison face au monde offre un berceau la rverie, elle est le filtre

travers lequel deux mondes transpirent.

-La maison des choses :

S. Dali

Chapitre 3 :

Lesthtique du cach, du secret et de lintrigue, se dveloppe notamment

travers des images potiques du tiroir, du coffre ou de larmoire, un espace

rduit, dont les limites imaginaires sont infinies. Le monde du placard est

toujours habit, particulirement lorsquil est clos,car il renferme alors bien

plus de mystres.

Daprs lauteur, le tiroir prend tout son sens dans limage potique et

rvle alors son immensit, au contraire de la mtaphore qui le rduit une

case de rangement. (Cependant, limage potique du tiroir peut prendre une

dimension ngative : voir Souchon)

Au-del de la mtaphore qui les rduisent des cases de rangement, on

trouve cach derrire les tiroirs, coffres ou armoires, le modle de limage

potique de lintime.

Bachelard cite Milosz en ces termes : larmoire, toute pleine du tumulte muet

des souvenirs , indiquant ainsi la valeur intime que peut prendre larmoire.

On rvle donc travers ces objets lesthtique du cach, du secret, de

lintime. Un espace rduit, dont les limites imaginaires sont infinies. Le monde

du placard est toujours habit, particulirement lorsquil est clos, car il

renferme alors bien plus de mystre comme le souligne Rimbaud dans ces

vers :

Larmoire tait sans clef

joyeux murmure. (page 84)

Les coffres et autres tiroirs ne sont en fait que les images potiques de notre

intimit la plus profonde et Jean-Pierre Richard exprime cette immensit par

cette formule : Nous narrivons jamais au fond du coffret.

-Lespace imaginaire :

Bottichelli

Chapitres 4 et 5 :

Le nid et la coquille font lobjet de deux chapitres alors quils sont

intimement lis.