Formation et emploi

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Édition 2013 Formations et emploi

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Etudes statistiques sur l'impact d'une formation sur l'emploi

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  • 1. dition 2013 Formations et emploi

2. Coordination Daniel Martinelli Contribution Insee: Sbastien Gossiaux, Daniel Martinelli Centre dtudes et de recherches sur les qualifications (Creq): Renaud Descamps, Olivier Joseph, Isabelle Recotillet Ministre de lducation nationale (Depp): Dominique Abriac, Aurlie Demongeot, Jolle Grille, Batrice Le Rhun, Jacqueline Perrin-Haynes, Pascale Poulet-Coulibando, Isabelle Robert-Bobe Ministre de lEnseignement suprieur et de la Recherche (SIES): Laurence Dauphin, Hlne Michaudon Ministre du Travail, de lEmploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (Dares): Johanne Aude, Zlie Legrand, Claude Minni, Patrick Pommier Directeur de la publication Jean-Luc Tavernier Directeur de la collection Stphane Tagnani Rdaction Sophie Planson, Jean-Philippe Rathle, Stphane Tagnani Composition Ineiaki Global Design Couverture Coordination Sophie Planson Conception et ralisation Ineiaki Global Design diteur Institut national de la statistique et des tudes conomiques 18, boulevard Adolphe-Pinard 75675 PARIS CEDEX 14 www.insee.fr Insee 2013 Reproduction partielle autorise sous rserve de la mention de la source et de lauteur. 3. Avertissement Les sites Internet www.insee.fr et http://epp.eurostat.ec.europa.eu pour les chiffres internationaux mettent en ligne les actualisations de certaines donnes prsentes dans les fiches thmatiques. Sur le site Internet www.insee.fr, ces donnes sont rassembles dans la partie intitule Bilan Formation-Emploi accessible partir du thme Enseignement - ducation. Les comparaisons internationales sappuient sur les donnes harmonises publies par Eurostat qui peuvent diffrer des donnes nationales publies par les instituts nationaux de statistique. Signes conventionnels utiliss Rsultat non disponible /// Absence de rsultat due la nature des choses eEstimation p Rsultat provisoire r Rsultat rvis par rapport ldition prcdente n.s. Rsultat non significatif Euro MMillion MdMilliard Rf.Rfrence 4. dition 2013 Formations et emploi Vue densemble Face la crise, le diplme protge du chmage et favorise laccs la formation continue 9 Dossiers Origine et insertion des jeunes sans diplme 23 Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle: accder aux formations et sinsrer 33 Fiches thmatiques 1. Lcole et ses sortants 1.1 Dure de scolarisation 46 1.2 Niveau de formation 48 1.3 Diplmes de lenseignement suprieur 50 1.4 Apprentis en formation 52 1.5 Cumul emploi-tudes 54 1.6 ducation, comparaisons europennes 56 2. Linsertion des jeunes 2.1 Jeunes actifs de 15 29ans 60 2.2 Chmage en phase dinsertion professionnelle 62 2.3 Sous-emploi 64 2.4 Statuts des emplois 66 2.5 Jeunes dans les emplois aids 68 2.6 Catgories socioprofessionnelles 70 2.7 Salaires 72 5. 2.8 Secteurs dactivit conomique 74 2.9 Trajectoires en dbut de carrire 76 2.10 Mobilits et situation en dbut de carrire 78 2.11 Ingalits en dbut de carrire 80 2.12 Domaine de formation et emploi des jeunes 82 2.13 Formation et emploi des jeunes selon la rgion 84 3. La formation tout au long de la vie 3.1 Formation des adultes 88 3.2 Demandeurs demploi en formation 90 3.3 Diplmes en formation continue 92 3.4 Validation des acquis de lexprience 94 3.5 Formation continue finance par les entreprises 96 Annexes Glossaire101 Sources107 6. Vuedensemble 7. 9 Le niveau de formation des jeunes a beaucoup progress au cours des annes 1990, suite une forte hausse du nombre de bacheliers et des poursuites dtudes massives dans le suprieur. La rforme de la voie professionnelle dans le secondaire la fin des annes 2000 ne sest pas encore traduite par une nouvelle hausse du niveau de formation des jeunes. Ce niveau est stable depuis le dbut des annes 2000 et lissue de la formation initiale, 70% des jeunes possdent aujourdhui le baccalaurat ou un diplme du suprieur. Linsertion professionnelle des jeunes reste trs ingale selon leur niveau de formation. Dans les premires annes suivant la fin de leurs tudes, les jeunes actifs diplms de lenseignement suprieur sont prs de cinq fois moins souvent au chmage que ceux qui ont au plus un brevet des collges. La crise a affect le taux de chmage des jeunes qui est brutalement remont en 2009. En 2012, un quatre ans aprs leur sortie de formation initiale, le taux de chmage des jeunes possdant au plus le brevet est trs lev (47%). Les jeunes diplms du suprieur ont encore un taux de chmage relativement modr (10%). Le salaire des jeunes diplms de lenseignement suprieur, qui progressait depuis le dbut des annes 2000, a baiss en euros constants partir de 2010. Ils peroivent par ailleurs des salaires nettement plus levs que ceux du secondaire. Face aux ingalits dinsertion professionnelle en dbut de vie active, la formation continue peut constituer une deuxime chance. Toutefois, les chmeurs accdent moins souvent la formation que les actifs en emploi. Parmi les actifs en emploi, la formation professionnelle concerne plus souvent les plus diplms: 67% des diplms du suprieur long suivent une formation pour raisons professionnelles au cours dune anne contre 26% seulement des non-diplms. Le volume dheures de formation par salari est stable ces dernires annes ainsi que le nombre de diplmes dlivrs en formation continue. la rentre 2011, 14,9 millions dlves, dtudiants et dapprentis taient inscrits dans un tablissement denseignement public ou priv de France (hors Mayotte). Le nombre dlves, dtudiants et dapprentis reprsente ainsi 23% de la population. Parmi les inscrits dans le systme ducatif, 6,7 millions sont lves du 1er degr (maternelle au CM2), 5,7 millions tudient dans le second degr (collges, lyces) et 2,4 millions dans le suprieur. Parmi les lves du secondaire et du suprieur, 436 000 sont apprentis: 313 000 dans le secondaire et 123 000 dans le suprieur, soit un peu plus de 5% des effectifs dans chacun des cas. Les effectifs scolariss voluent en Face la crise, le diplme protge du chmage et favorise laccs la formation continue Daniel Martinelli, Claude Minni* Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... * Claude Minni, Dares ; Daniel Martinelli, Insee. 8. Formations et emploi, dition 201310 fonction de la dmographie et des taux de scolarisation des lves, tudiants et apprentis. Aprs la priode du baby-boom entre 1946 et 1973, les naissances ont baiss en 1974 et 1975 puis se sont maintenues ensuite un niveau nettement plus bas jusquen 1995. Leffet de la dmographie sur les effectifs scolaires a donc t ngatif de la seconde moiti des annes 1970 aux annes 1990. Avec laugmentation du nombre de naissances partir de 1995, limpact de la dmographie est redevenu positif. la rentre 2011, alors que 12% des enfants de 2 ans (gnration 2009) sont scolariss, les taux de scolarisation sont proches de 100% entre 3 et 15 ans. Ils baissent progressivement partir de lge correspondant la fin de la scolarit obligatoire (16 ans). Un peu plus de 2 jeunes sur3 sont scolariss 18 ans, 1 sur 2 20 ans, 1 sur 4 23 ans et moins de 1 sur 10 26 ans. En maternelle, laccueil des enfants de 3 et 4 ans sest gnralis au cours des annes 1970 et 1980 et depuis 1990 tous les enfants sont scolariss ces ges. Laccueil des enfants de 2 ans dpend souvent des places disponibles et, avec la reprise dmographique, le taux de scolarisation 2 ans a baiss partir de 2003. Au total, la dure moyenne de scolarisation en 2012 dun enfant inscrit en premire anne de maternelle est estime 18,2 annes1. Elle est plus leve chez les filles (18,4 annes) que chez les garons (18,0 annes) car, en moyenne, les filles poursuivent des tudes suprieures plus longues que les garons. Cet cart entre filles et garons est constant depuis le dbut des annes 2000. Enseignement secondaire: la rforme de la voie professionnelle devrait accrotre durablement la proportion de bacheliers professionnels La voie professionnelle a t profondment rnove partir de la rentre 2009. La filire prparant au BEP en 2 ans aprs la classe de 3e, avec poursuite vers le bac professionnel en 2 ans, a t progressivement supprime au profit dune prparation directe du baccalaurat professionnel en 3 ans aprs la 3e. Le baccalaurat professionnel se prpare donc dsormais sur la mme dure que les baccalaurats gnraux et technologiques. Le CAP prpar en 2 ans a, pour sa part, t maintenu. 21% des diplms dun CAP en 2011 ont poursuivi leurs tudes en bac pro. La rforme de la voie professionnelle a eu pour premire consquence un gonflement ponctuel des effectifs de candidats au bac pro aux sessions 2011, 2012 et 2013, du fait de larrive simultane de candidats issus des BEP et de la nouvelle filire professionnelle. partir de 2014, cette rforme devrait avoir pour consquence une hausse durable du pourcentage de jeunes qui passent le baccalaurat professionnel. En effet, avant la rforme de la voie professionnelle, seuls 50% 55% des lves de deuxime anne de BEP poursuivaient vers un baccalaurat professionnel ou technologique. Au total, on a compt 142 000 candidats au bac pro en 2011 et 183 000 en 2012 contre 93 000 en 2010. Toutes filires confondues, la proportion de bacheliers dans une gnration atteint 73% en 2013, en augmentation de 11 points depuis 2008, aprs avoir stagn plusieurs annes (figure 1). 38% des membres de la gnration obtiennent un baccalaurat gnral (+ 4 points par rapport 2008), 20% un bac pro (+ 8 points) et 16% un bac techno (1 point). Laccs au baccalaurat, et surtout au type de baccalaurat, dpend fortement de lorigine sociale. En 2012, 74% des jeunes ns entre 1985 et 1989 possdent un bac gnral lorsque leur pre est cadre, contre seulement 27% lorsque leur pre est ouvrier ou employ. Pour le baccalaurat professionnel, le rsultat est invers (respectivement 6% et 17%), tandis que pour le baccalaurat technologique ces proportions sont proches (environ 12%). 1. Cette dure est celle qui serait observe pour une gnration fictive qui aurait chaque ge ( partir de la premire anne de maternelle) les taux de scolarisation observs la rentre 2011 (anne scolaire 2011-2012). 9. 11 En 2012, 28% des lves de CAP ou bac pro sont apprentis. La part des apprentis dans la filire professionnelle est globalement stable depuis 2001. Elle est en nette hausse sur longue priode parmi les lves prparant un diplme de niveau CAP (52% dapprentis en 2012 contre 29% en 2001). La part des apprentis recule en revanche depuis quelques annes parmi les jeunes qui prparent un bac pro ou un brevet professionnel (17% dapprentis en 2012, contre prs de 30% en 2008). Enseignement suprieur: dveloppement de lapprentissage et des effectifs des grandes coles En 2012, comme en 2000, prs de 100% des bacheliers gnraux et 84% des bacheliers technologiques poursuivent des tudes dans lenseignement suprieur. Laccs lenseignement suprieur des bacheliers professionnels, bien quil se soit dvelopp, natteint que 48% en 2012. Le type dtudes poursuivies dans le suprieur, ainsi que les chances de succs varient fortement selon le type de baccalaurat. 80% des bacheliers professionnels se dirigent vers les sections de techniciens suprieurs. Un sur deux obtient ensuite un BTS. Les chances de russite des bacheliers professionnels luniversit sont trs faibles, seuls 3% de ceux qui sengagent dans ces tudes obtenant une licence en 3 ans contre 35% des titulaires dun baccalaurat gnral. Alors que les bacheliers gnraux reprsentent un peu plus dun bachelier sur deux, ils constituent 95% des entrants en classes prparatoires aux grandes coles, environ 80% luniversit (hors IUT) ainsi que dans les diffrentes coles du suprieur. Toutes sries du baccalaurat confondues, lchec au cours des premires annes dtudes suprieures reste lev. Prs de 20% des entrants dans lenseignement suprieur ny obtiennent pas de diplme. Au cours des annes 1990 et 2000, le nombre dtudiants trangers a beaucoup augment dans le suprieur (12% des effectifs en 2012, contre 9% en 1991). Toutes nationalits confondues, les tudes suprieures se font de moins en moins souvent luniversit (59% des tudiants la rentre 2012 contre 65% la rentre 2000). Depuis le dbut des annes 2000, les coles dingnieurs, de commerce et les coles paramdicales et sociales accueillent de plus en plus dtudiants. Chacun de ces types dcoles regroupe 5 6% des effectifs dtudiants en 2013. En lien avec cet essor, la part de lenseignement priv sest accrue. Si la part des apprentis parmi les lves du secondaire est stable depuis dix ans, lapprentissage se dveloppe dans le suprieur, ceci tous les niveaux. Au total, la rentre 2011, les apprentis sont au nombre de 123 000 dans le suprieur, soit prs de deux fois plus quen 2005 et six fois plus quen 1995. Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... en% 80 60 40 20 0 2001200320052007200920112013 Ensemble Bac gnral Bac technologique Bac professionnel 1. Proportion de bacheliers dans une gnration Champ: France. Lecture: selon les rsultats provisoires de la session du baccalaurat de 2013, la proportion de bacheliers professionnels dans une gnration est de 19,9%. Note: il sagit de la proportion de bacheliers dune gnration fictive dindividus qui auraient chaque ge les taux de candidature et de russite observs lanne considre. Cette proportion est obtenue en calculant pour chaque ge le rapport du nombre de laurats la population totale de cet ge en en faisant la somme de ces taux par ge. Les annes 2011, 2012 et 2013 sont provisoires. Sources: Depp, Insee. 10. Formations et emploi, dition 201312 Le niveau de diplme atteint par les jeunes est stable au cours des annes 2000 Parmi les jeunes sortis de formation initiale entre 2009 et 2011, 42% sont diplms du suprieur, 42% sont diplms du secondaire et 16% nont pas de diplme ou seulement le brevet des collges (figure 2). La hausse rcente du nombre de bacheliers professionnels entre 2009 et 2011 ne se traduit pas encore par une hausse globale du niveau de formation. Au sein des diplms du suprieur, ceux qui ont au moins une licence sont un peu plus nombreux parmi les jeunes sortis entre 2009 et 2011 (27%) que parmi ceux sortis entre 2002 et 2004 (25%). La rforme LMD (licence-master-doctorat) a entran une forte baisse des sorties aux niveaux Deug et matrise pendant la seconde moiti des annes 2000. Avec la rforme de la voie professionnelle dans le secondaire, la proportion de sortants titulaires dun diplme de niveau bac sest accrue entre 2009 et 2011 par rapport la priode 2002-2004 (28% contre 23%). Cette hausse sest ralise au dtriment des sorties au niveau CAP ou BEP. Les jeunes filles restent nettement plus diplmes que les jeunes hommes. Entre 2009 et 2011, 47% achvent leur formation initiale avec un diplme du suprieur (+ 10 points par rapport aux jeunes hommes). Seules 11% des jeunes femmes sortent du systme ducatif sans diplme ( 9 points par rapport aux jeunes hommes). Les spcialits de formation diffrent selon le sexe, tous les niveaux dtudes: les filles ont plus souvent un diplme des services, du secteur mdical et social ou du domaine lettres et sciences humaines . 2. Sortants de formation initiale selon lanne de sortie, le sexe et le diplme le plus lev en% 2002 2004 2009 2011 Ensemble Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Doctorat, DEA, DESS, master 8 7 8 12 10 15 coles suprieures 6 7 5 5 4 7 Licence, matrise 11 8 14 10 10 9 Diplme du suprieur long 25 22 27 27 24 31 Diplme dtudes universitaires gnrales 1 1 1 0 0 0 BTS, DUT ou quivalents 14 13 15 12 12 11 Paramdical et social 3 1 5 3 1 5 Diplme du suprieur court 18 15 21 15 13 16 Baccalaurat gnral 8 7 9 9 8 10 Baccalaurat technologique, professionnel ou assimil 15 15 16 19 19 19 Baccalaurat ou quivalent 23 22 25 28 27 29 CAP BEP ou quivalent 18 21 15 14 16 13 Brevet seul 6 7 5 7 8 6 Aucun diplme 10 13 7 9 12 5 Brevet ou aucun diplme 16 20 12 16 20 11 Ensemble sortants de formation initiale 100 100 100 100 100 100 Champ: France mtropolitaine. Sources: Insee, enqutes Emploi; calculs Dares. Linsertion des jeunes dpend de leur niveau de formation et de la conjoncture conomique Depuis le dveloppement dun chmage structurel au cours des annes 1970, linsertion des jeunes est devenue plus difficile. Les jeunes ont vu leur dure daccs lemploi augmenter. En 2012, seuls quatre jeunes sur dix travaillent un mois aprs la fin des tudes, les deux tiers au bout dun an et les trois quarts aprs trois ans. Cet accs progressif lemploi a pour consquence un taux de chmage lev en dbut de vie active. Ainsi, 20% des actifs ayant termin leurs tudes depuis 1 4 ans (actifs rcents) sont au chmage en 2012, contre 8% de ceux qui ont plus de dix ans danciennet (figure 3). Le taux de chmage atteint 47% en 2012 chez les actifs rcents 11. 13Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... non diplms qui connaissent une insertion lente et difficile. Les dbutants sans diplme sont en majorit des garons issus de milieux dfavoriss (voir dossier Origine et insertion des jeunes sans diplme de cet ouvrage). Le taux de chmage natteint en revanche que 10% pour les jeunes diplms du suprieur. Il se situe un niveau intermdiaire pour les titulaires de CAP, BEP ou baccalaurat (24%). Les carts selon le niveau de diplme sont beaucoup moins marqus pour les actifs plus anciens. 3. Chmage, sous-emploi et emplois temporaires en 2012 selon lanciennet, le sexe et le diplme en% Sortis depuis 1 4 ans de formation initiale Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale Taux de chmage Taux de sous-emploi Part des emplois temporaires Taux de chmage Taux de sous-emploi Part des emplois temporaires Hommes 21,4 6,0 29,9 7,6 2,4 5,9 Femmes 19,4 13,3 35,1 8,1 7,4 8,0 Diplme du suprieur 10,3 5,8 26,3 4,2 2,5 4,6 Bac, CAP, BEP ou quivalent 24,1 13,2 38,0 7,4 4,8 6,9 Brevet des collges, CEP ou pas diplms 46,9 17,5 46,5 12,9 7,6 9,7 Ensemble 20,4 9,6 32,5 7,8 4,8 6,9 Champ: France mtropolitaine. Source: Insee, enqute Emploi 2012. Du fait de limportance des emplois temporaires, la situation des jeunes sur le march du travail est trs sensible aux fluctuations de la conjoncture conomique. Le taux de chmage des actifs rcents a ainsi plus augment que celui des actifs plus anciens entre 2008 et 2009 (figure 4). Inversement, le taux de chmage des actifs rcents a diminu entre 2010 et 2011 alors que celui des actifs plus anciens est rest stable. Au total, entre 2008 et 2012, le taux de chmage des actifs rcents a augment de 6 points, contre 2 points pour les actifs ayant plus de dix ans danciennet. Lorsquils ont un emploi, 10% des actifs rcents sont en situation de sous-emploi en 2012, taux en augmentation depuis 2008: ils sont le plus souvent employs temps partiel mais souhaitent travailler davantage et le peuvent. Le taux de sous-emploi est deux fois plus lev parmi les actifs rcents que chez ceux qui ont achev leur formation initiale depuis plus de dix ans. Par ailleurs, un tiers des actifs rcents en emploi ont un contrat temporaire (mission dintrim, CDD, contrat aid), contre seulement 7% au-del de dix ans danciennet. En matire demplois temporaires, la tendance de moyen terme nest pas trs nette depuis une dizaine dannes. En 2012, la part des emplois temporaires est proche de celle de 2000 pour les actifs rcents comme pour les plus anciens. 4.Taux de chmage selon la dure coule depuis la fin des tudes et le diplme, de 1978 2012 Champ: France mtropolitaine. Lecture: en 2012, 24,1% des actifs diplms du 2e cycle du secondaire ayant termin leurs tudes depuis 1 4 ans sont au chmage. Note: la mise en place de lenqute emploi en continu en 2003 entrane une rupture de srie. Source: Insee, enqutes Emploi. en% 50 40 30 20 10 0 197819821986199019941998200220062010 1 4 ans, diplms du brevet ou non-diplms 1 4 ans, titulaires du bac, CAP, BEP ou quivalent 1 4 ans, ensemble 1 4 ans, diplms de lenseignement suprieur 11 ans ou plus, ensemble 12. Formations et emploi, dition 201314 Au sein des actifs rcents, taux de sous-emploi et part des emplois temporaires diminuent lorsque le niveau de diplme augmente. En 2012, parmi les jeunes non-diplms qui ont un emploi, 18% sont en sous-emploi et 47% ont des emplois temporaires. Parmi les jeunes diplms du suprieur, ces taux natteignent respectivement que 6% et 26%. Depuis 2006, le taux de chmage des femmes est infrieur celui des hommes en dbut de vie active. Lcart en faveur des jeunes femmes atteint 2 points en 2012. Les jeunes femmes ont un niveau de diplme plus lev que leurs homologues masculins. Elles bnficient du dveloppement du secteur tertiaire o elles sont trs prsentes. Si les femmes sont un peu moins souvent au chmage que les hommes en dbut de vie active, celles qui travaillent sont plus souvent en situation de sous-emploi (13% contre 6% pour les hommes); les jeunes femmes ont aussi plus de contrats temporaires (35% contre 30% pour les hommes). Afin de faciliter linsertion professionnelle des moins de 26 ans, de nombreuses mesures pour lemploi ou au titre de la formation professionnelle sadressent ce public. Fin 2012, 644000emplois occups par des jeunes de moins de 26 ans relvent de contrats aids ou daides la formation (apprentissage, formation en alternance). Cela reprsente 25% de lensemble des emplois dans cette classe dge contre 30% la fin des annes 1990. Pour lensemble des actifs occups, seul un emploi sur trente est concern. Dans le secteur marchand, les contrats aids destins aux jeunes concernent principalement des formations en alternance: contrats dapprentissage et de professionnalisation (23% des emplois des moins de 26 ans fin 2012, soit 584000 personnes). Dans le secteur non marchand, avec la disparition du dispositif des emplois jeunes, le nombre de jeunes en contrat aid a beaucoup diminu entre 2000 et 2008 (de 163000 30000). Il sest ensuite lgrement redress suite au dveloppement des mesures en rponse la crise de 2008 et, fin 2012, 49000jeunes de moins de 26ans sont concerns. Les jeunes ne tirent que partiellement profit de leur niveau lev de formation niveau de formation quivalent, les gnrations les plus anciennes occupent des emplois plus qualifis, ce qui reflte en partie les droulements de carrire. Parmi les diplms de lenseignement suprieur court, 60% des actifs rcents occupant un emploi ont un poste de cadre ou une profession intermdiaire en 2012 (figure 5), contre 72% plus de dix ans aprs la fin des tudes. Parmi les titulaires de CAP et de BEP, 46% des actifs rcents qui travaillent sont 5. Part de cadres et professions intermdiaires selon le niveau de diplme 1. Cette catgorie comporte tous les dbutants quel que soit leur niveau de formation. Les courbes concernant les titulaires de CAP-BEP et les sans-diplme ne figurent pas dans ce graphique car ces niveaux de formation dbouchent trs rarement sur des professions intermdiaires ou des emplois de cadres. Champ: France mtropolitaine. Note: suite la mise en place de lenqute Emploi en continu, il y a une rupture de srie partir de 2003. Source: Insee, enqutes Emploi. 100 50 0 100 50 0 en% Sortis depuis 1 4 ans de formation initiale Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale en% 198386899295982001040710 198386899295982001040710 Diplms du suprieur long Diplms du suprieur court Bac ou quivalents Ensemble1 13. 15Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... employs ou ouvriers non qualifis, contre seulement 24% parmi les gnrations ayant termin leurs tudes depuis plus de dix ans. Toutefois, tous niveaux de formation confondus, les actifs rcents occupent des emplois en moyenne plus qualifis que leurs ans. En 2012, parmi les actifs occupant un emploi, 48% sont cadres ou occupent une profession intermdiaire parmi les dbutants contre 42% parmi la population ayant termin ses tudes depuis plus de dix ans. Le niveau dtudes lev des dbutants compense leur faible exprience professionnelle. niveau de formation donn, le niveau de qualification des emplois occups par les jeunes a cess de baisser depuis le dbut des annes 2000. En revanche, pour les gnrations plus anciennes sur le march du travail, niveau de formation donn, la part des emplois qualifis a poursuivi sa baisse. Le salaire mdian en euros constants, tous temps de travail confondus, a suivi la mme tendance que le niveau des emplois occups jusqu 2009 (figure 6). Il a progress chez les dbutants comme chez leurs ans, tous niveaux de formation confondus jusqu cette date. Il a ensuite stagn partir de 2010 du fait de la crise conomique, toutes anciennets et tous niveaux de formation confondus. chaque niveau de formation, le salaire rel mdian baisse ou stagne entre 2010 et 2012, chez les dbutants comme parmi les personnes plus exprimentes. Chez les dbutants, ce sont surtout les diplms de lenseignement suprieur qui ont vu leur salaire mdian baisser entre 2010 et 2012 ( 4%). Malgr cette baisse, les jeunes diplms du suprieur long conservent en 2012 un salaire mdian (1770 euros nets mensuels, tous temps de travail confondus) nettement suprieur celui des diplms du suprieur court (1450 euros), lui-mme suprieur celui des jeunes bacheliers (1220 euros). Chez les dbutants, le salaire mdian des bacheliers est proche de celui des titulaires de CAP ou de BEP (1200 euros). Les jeunes peu diplms peroivent un salaire mdian de 1100 euros, proche du niveau du Smic temps complet, et travaillent plus souvent temps partiel que les autres jeunes. Bien quelles soient plus diplmes, les jeunes femmes conservent des salaires infrieurs ceux de leurs homologues masculins. Les jeunes hommes ont des salaires mdians suprieurs de 10% Champ: France mtropolitaine. Lecture: en 2012, le salaire net mdian des diplms du suprieur long sortis de formation initiale depuis 1 4 ans slve 1 770 euros. Note: suite la mise en place de lenqute Emploi en continu, il y a une rupture de srie partir de 2003. Source: Insee, enqutes Emploi. 6. Salaire mensuel net mdian des actifs selon le diplme 3 000 2 800 2 600 2 400 2 200 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 3 000 2 800 2 600 2 400 2 200 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 en euros constants 2012 en euros constants 2012 Sortis depuis 1 4 ans de formation initiale Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale 1990 199419982002 2006 2012 19901994199820022006 2012 Diplme du suprieur long Diplme du suprieur court Bac et quivalents CAP-BEP et quivalents Brevet et sans-diplme Ensemble sortis depuis 1-4 ans ou 11 ans et plus 14. Formations et emploi, dition 201316 celui des jeunes femmes, tous temps de travail confondus. temps complet, les jeunes hommes peroivent encore des salaires suprieurs de 4% celui des jeunes femmes. Des parcours dinsertion impacts par la crise, surtout pour les moins diplms Pendant lanne 2009, cinq ans aprs la fin des tudes de la gnration 2004, la conjoncture conomique se dgrade, ce qui affecte principalement les jeunes sortis sans diplme du systme ducatif. Le taux de chmage des jeunes sortis sans diplme en 2004 recommence augmenter en 2009 (figure 7). Les jeunes diplms du suprieur sont relativement pargns par cette hausse du chmage. lautomne 2011, sept ans aprs la fin des tudes, plus de huit jeunes sur dix ont un emploi. Les jeunes non diplms continuent de connatre des difficults. Seuls 67% ont un emploi et, parmi ceux qui sont sur le march du travail, 26% sont au chmage. Les diplms de lenseignement secondaire poursuivent leur carrire de manire plus favorable. Leur trajectoire entre 2007 et 2011 se caractrise par la monte de lemploi dure indtermine. 83% des diplms du secondaire ont un emploi, sept ans aprs la fin des tudes et 82% des emplois occups sont dure indtermine. Toutefois, 12% des diplms du secondaire prsents sur le march du travail sont encore au chmage sept ans aprs la fin des tudes. Quant aux diplms du suprieur, 93% travaillent en 2011, sept ans aprs leur sortie de formation initiale. Parmi ces diplms, seuls 4% des actifs sont au chmage. 7. Situation des jeunes sur le march de travail mois par mois depuis leur sortie de formation initiale en 2004 100 50 0 Jeunes non diplms nov.- 04 nov.- 05 nov.- 06 nov.- 07 nov.- 08 nov.- 09 nov.- 10 nov.- 11 en% 100 50 0 Jeunes diplms du suprieur nov.- 04 nov.- 05 nov.- 06 nov.- 07 nov.- 08 nov.- 09 nov.- 10 nov.- 11 en% Inactivit Formation - tudes Chmage Emploi dure dtermine Emploi dure indtermine Champ: France mtropolitaine. Source: Creq, enqute 2011 auprs de la Gnration 2004. Chez les jeunes sortis du systme ducatif en 2004, ceux dont les parents sont ns hors de lUnion europenne (UE) ont des difficults sinsrer pendant leurs trois premires annes de vie active. Ces difficults perdurent sept ans aprs la fin de leurs tudes. Fin 2011, le taux de chmage des jeunes dont les deux parents sont ns hors de lUnion europenne est de 24% contre 9% pour les jeunes dont les deux parents sont ns en France. 15. 17Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... Ces carts de taux de chmage refltent en partie les carts de niveau de diplme. Ils se maintiennent pour les jeunes sortis sans diplme. En 2011, parmi les jeunes sans diplme sortis de formation initiale en 2004, ceux qui sont issus de limmigration non europenne ont un taux de chmage de 40% contre 23% pour les jeunes dont les deux parents sont ns en France. Les carts diminuent lorsque le niveau de formation augmente. Aprs sept ans de vie active, les taux de chmage des diplms du suprieur long tendent se rapprocher, tout en restant lgrement plus levs pour les jeunes issus de limmigration non europenne (6%, contre 4% pour les jeunes dont les deux parents son ns en France). La spcialit de formation et la rgion de rsidence influent aussi sur les dbuts de carrire Le devenir professionnel des jeunes est li leur niveau de formation mais il dpend beaucoup aussi de leur domaine dtudes. niveau de formation quivalent, les spcialits de la production conduisent plus souvent lemploi, de mme que les formations suprieures en sciences exactes ou en informatique. Ainsi, les bacheliers professionnels de la production ont des taux de chmage situs entre 8 et 12% en moyenne en dbut de carrire (taux de chmage moyen au cours des dix premires annes de vie active des jeunes interrogs entre 2008 et 2012). Malgr leur moindre niveau de diplme, ces bacheliers ont un taux de chmage infrieur celui des titulaires de master en sociologie et arts (autour de 15%). Les bacheliers professionnels en commerce-vente ont pour leur part un taux de chmage de 19%, proche de celui des titulaires de CAP-BEP de la production, dont le niveau de diplme est pourtant plus faible. La rgion de rsidence joue galement un rle important en matire dinsertion, le devenir des dbutants tant corrl la situation locale du march du travail. Ainsi en Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Runion, prs de la moiti des jeunes actifs gs de 15 29 ans sont au chmage en 2010 (taux de chmage au sens du recensement). Cest dans ces dpartements que le taux de chmage de lensemble des actifs est le plus lev en France. En mtropole, cest aussi dans les rgions o le taux de chmage global est lev que celui des jeunes est le plus haut (Nord - Pas-de-Calais et Languedoc-Roussillon, notamment). La qualification des emplois occups par les jeunes varie galement selon la rgion de rsidence. En Corse, seuls 25% des jeunes gs de 15 29 ans occupent une profession intermdiaire ou un poste de cadre en 2010 (figure 8). Lle-de-France se distingue sur ce point: les jeunes y sont plus diplms quailleurs (46% de diplms du suprieur) et ont des emplois nettement plus qualifis (52% ont un emploi de cadre ou une profession intermdiaire). Guadeloupe Martinique Guyane La Runion 8. Part des cadres et des professions intermdiaires parmi les actifs occups gs de 15 29 ans IGN-Insee Source : Insee, RP 2010, exploitation complmentaire. France entire: 37,1% Taux en% 37,6 - 51,8 30,8 - 32,5 32,6 - 37,5 24,6 - 30,7 34,7 32,2 31,5 29,4 34,232,938,1 32,8 29,5 29,4 32,9 30,8 30,0 31,3 35,0 34,3 33,5 33,0 31,2 24,6 30,9 31,6 37,6 51,8 31,7 32,6 16. Formations et emploi, dition 201318 La formation continue peut constituer une seconde chance aprs une scolarit difficile mais son accs demeure ingalitaire Toutes formations confondues, 51% des adultes gs de 25 64 ans ont particip une formation au cours des douze derniers mois, selon lenqute sur la Formation des adultes ralise en 2012. Dans cette classe dge, les femmes se forment autant que les hommes. Plus de sept formations sur dix sont suivies dans un but professionnel. Les adultes se forment moins lorsque leur ge augmente. En 2012, 61% des 25-34 ans ont accd la formation au cours des douze derniers mois contre 33% des 55-64 ans. Toutes formations confondues, toujours, les demandeurs demploi accdent moins souvent la formation (39%) que les actifs en emploi (58%). Ils expriment des rticences plus importantes vis vis de la formation et y accdent dans des dlais relativement longs. Pourtant, si leur formation est bien cible, elle a un effet favorable sur leur retour lemploi (voir dossier Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle: accder aux formations et sinsrer de cet ouvrage). Au cours de lanne 2011, en France, 566 000 demandeurs demploi sont entrs en formation, 90% des stagiaires tant rmunrs. Les rgions constituent le principal financeur des formations destines aux demandeurs demploi. La moiti des stages quelles financent sont consacrs aux chmeurs de moins de 26 ans. Parmi les adultes ayant un emploi, les cadres, les techniciens et les diplms du suprieur accdent plus souvent la formation que le personnel moins qualifi. 68% des cadres interrogs en 2012 ont ainsi accd la formation au cours des douze derniers mois (formation non diplmante pour raisons professionnelles, figure 9). Seuls 43% des employs et 36% des ouvriers y ont accd. Corrlativement, parmi les adultes en emploi, les deux tiers des diplms du suprieur long accdent la formation professionnelle contre le quart seulement des non diplms. Les salaris (51%) se forment plus que les non salaris (33%). 9. Part des actifs en emploi ayant accd une formation non diplmante pour raisons professionnelles au cours des douze derniers mois en% Diplme Diplme de niveau suprieur bac+2 66,6 Diplme de niveau bac+2 61,3 Bac, brevet professionnel ou quivalent 51,6 CAP, BEP et quivalent 43,2 BEPC, DNB, brevet des collges 39,0 Aucun diplme 25,6 Catgorie socioprofessionnelle Agriculteurs exploitants 32,4 Artisans, commerants et chefs dentreprise 24,6 Cadres et professions intellectuelles 68,3 Professions Intermdiaires 61,3 Employs 42,6 Ouvriers 36,2 Ensemble actifs en emploi 49,1 Champ: France mtropolitaine, actifs en emploi gs de 25 64 ans. Source: Insee, enqute sur la Formation des adultes 2012. Les entreprises restent le principal financeur de la formation professionnelle continue des salaris. Les entreprises ayant au moins dix salaris ont une obligation lgale de financer ce type de formation. Elles dpassent en moyenne largement leur obligation dans ce domaine. Les entreprises de 10 salaris ou plus ont consacr globalement 2,8% de leur masse salariale au financement de la formation continue en 2011 alors que leur obligation de financement concerne moins de 1,6% de leur masse salariale. Une part croissante des salaris accdent la formation 17. 19Vue densemble - Face la crise, le diplme protge du chmage... finance par les entreprises, cette part atteignant 43% en 2011, mais la dure moyenne des formations diminue. De ce fait, le nombre moyen dheures de formation par salari a peu volu depuis les annes 1970; il stablit 12,5 heures par salari en 2011. Laccs des salaris la formation est plus frquent dans les grandes entreprises. Dans les entreprises ayant entre 10et 19 salaris, 15% du personnel a accd la formation continue en 2011 contre 59% dans les entreprises de 2000 salaris ou plus. Le nombre dheures de formation moyen par stagiaire est galement plus lev dans les grandes entreprises. La formation continue nest pas souvent diplmante. Elle est nanmoins lorigine de 121 000 diplmes en 2011. Le nombre de diplmes dlivrs en formation continue est stable depuis 2004. Ces diplmes sont de niveau plutt lev puisque 70% relvent de lenseignement suprieur. La validation des acquis de lexprience (VAE) concerne plutt, en revanche, les diplmes du secondaire. Les candidats la VAE visent principalement ce niveau de diplme (70%), la moiti cherchant valider un diplme de niveau CAP-BEP. Le nombre de diplmes obtenus grce la VAE volue peu depuis 2007, oscillant entre 28 000 et 32 000, alors que ce dispositif stait rapidement dvelopp aprs sa cration, entre 2003 et 2005. Si le nombre de diplmes dlivrs en formation continue volue peu depuis le milieu des annes 2000, ces diplmes concernent toutefois une partie non ngligeable des adultes. 11% de la population ge de 30 69 ans en 2011 a ainsi dcroch son plus haut diplme grce la formation continue. 18. Dossiers 19. 23 La part des jeunes sortant de formation initiale sans diplme sest stabilise autour de 17% depuis le milieu des annes 1990. Ces jeunes sont plus souvent que les autres issus de milieux dfavoriss ou de limmigration. Ils sinsrent dans des conditions diffrentes selon leur niveau dtudes, les sortants de terminale trouvant plus facilement un emploi que les jeunes ayant arrt leurs tudes au collge ou en cours de cursus prparant au CAP-BEP. Toutes choses gales par ailleurs, les origines sociales et nationales de ces jeunes influent sensiblement sur leur niveau dtudes mais aussi sur leur insertion niveau dtudes donn. Sept ans aprs la fin de leur formation initiale, la situation professionnelle des jeunes sans diplme nest souvent pas encore stabilise. Un quart dentre eux reprennent des tudes aprs tre entrs dans la vie active et obtiennent un diplme. Ce diplme, gnralement obtenu un trois ans aprs la sortie, leur permet damliorer nettement leurs perspectives professionnelles. La hausse du chmage des jeunes de 1975 1985 et les besoins en personnel qualifi ont amen les pouvoirs publics dvelopper loffre de formations secondaires. La dure des tudes sest progressivement allonge et la part des sortants sans diplme a diminu.Au dbut des annes 1990, 30% des jeunes quittaient lcole sans diplme. Entre 2002 et 2011, le niveau de formation sest stabilis. Pendant cette priode, 17% en moyenne des jeunes sortant de formation initiale nont pas obtenu de diplme, 41% ont t diplms de lenseignement secondaire (baccalaurat, CAP ou BEP) et 42 % diplms du suprieur (figure 1). Les sortants sans diplme ont arrt leur formation initiale diffrents niveaux dtudes, avec des connaissances, des comptences et des rseaux diffrents. Sur la priode 2002-2011, la moiti a termin ses tudes en classe de terminale gnrale, technologique ou professionnelle ou en dernire anne de CAP-BEP. Un quart ont quitt lcole en seconde, en premire ou avant la dernire anne de CAP-BEP. Un quart ont termin leur scolarit lissue dune classe de collge (encadr 1). * Isabelle Recotillet, Creq;Claude Minni, Dares; Batrice Le Rhun, Depp; Daniel Martinelli, Insee. Origine et insertion des jeunes sans diplme Batrice Le Rhun, Daniel Martinelli, Claude Minni, Isabelle Recotillet* Dossier - Origine et insertion des jeunes sans diplme 20. Formations et emploi, dition 201324 1. Caractristiques des sortants de formation initiale selon leur niveau de sortie en% Caractristique des sortants Part parmi les sortants Part des garons ge mdian de sortie dtudes initiales (ans) Part des enfants dont le pre est cadre ou occupe une profession intermdiaire Part dimmigrs ou denfants dimmigrs1 Caractristiques des jeunes selon le niveau de diplme Diplms du suprieur 42 44 23 50 19 Diplms du baccalaurat 24 48 21 30 18 Diplms de CAP-BEP 17 56 20 18 18 Non-diplms 17 63 19 14 27 Ensemble tous niveaux de diplme 100 50 21 34 20 Caractristiques des non-diplms selon la classe de sortie Terminale gnrale, techno. ou pro. 20 53 20 21 28 Dernire anne CAP-BEP 30 66 19 12 26 Seconde ou premire gnrale, techno. ou pro. 13 59 19 23 30 Premire anne CAP-BEP 12 65 18 7 32 Troisime 18 65 17 12 21 Infrieur la troisime 7 70 18 8 19 Ensemble non-diplms 100 63 19 14 27 1. Question introduite dans lenqute Emploi en 2005; donnes disponibles sur lchantillon complet partir de 2007. Champ: France mtropolitaine, sortants de formation initiale entre 2002 et 2011. Lecture: 44% des jeunes sortis de formation initiale diplms de lenseignement suprieur entre 2002 et 2011 sont des garons, contre 63% des jeunes sortis sans diplme. Source: Insee, enqutes Emploi 2003-2012. Les jeunes quittant lcole sans diplme sont souvent des garons issus de milieux dfavoriss Entre 2002 et 2011, 63% en moyenne des jeunes quittant lcole sans diplme sont des garons. La part de ces derniers parmi les sortants de formation initiale diminue lorsque le niveau de formation slve: 56% des diplms sortis aprs un CAP ou un BEP sont des garons, 48% des bacheliers et 44% des diplms du suprieur. leur sortie de formation initiale, les jeunes sans diplme sont un peu plus jeunes que les sortants diplms du secondaire, mais lcart est relativement faible car les sortants non diplms ont plus souvent redoubl. La baisse du nombre de sans-diplme depuis trente ans sest accompagne dune masculinisation de ces derniers et dune hausse de lge de sortie. Parmi les jeunes quittant leur formation initiale sans diplme, la moiti tait des garons au cours des annes 1980, 55% au cours des annes 1990 et 60% partir de la fin des annes 1990. Lge mdian des sortants sans diplme a augment de 2 ans depuis 1980. Les sortants quittant le lyce aprs la seconde, la premire ou la terminale alors quils avaient entam un cycle menant directement au baccalaurat ont un profil en matire de sexe et dge assez proche de celui des titulaires de CAP-BEP. Les sortants de CAP-BEP sans diplme se distinguent en revanche des titulaires de CAP-BEP diplms: 66% des sans-diplme sont des garons contre seulement 56% des diplms. Les sortants de niveau collge sont galement souvent des garons, en particulier lorsquils ont arrt leurs tudes avant la troisime (70% de garons). Parmi les sortants sans diplme, 14% ont un pre occupant ou ayant occup un emploi de cadre ou une profession intermdiaire, contre 25% des diplms de lenseignement secondaire et 50% des diplms du suprieur. Plusieurs lments peuvent expliquer ce phnomne dont les 21. 25 ressources financires, le capital culturel, la moindre connaissance du monde de lducation. Les sortants non diplms sont plus souvent immigrs ou enfants dimmigrs: cest le cas de 27% dentre eux contre 20% de lensemble des sortants. Ils sont notamment 22% tre immigrs ou enfants dimmigrs non europens contre 15% parmi lensemble des sortants. Les sortants sans diplme qui ont prpar un baccalaurat ont plus souvent un pre cadre ou occupant une profession intermdiaire que les autres non diplms (21% contre 12% des sortants danne terminale de CAP-BEP ou de troisime). Les sortants de premire anne de CAP-BEP ou de classes infrieures la troisime ont trs rarement un pre cadre ou exerant une profession intermdiaire (7% 8%). Dossier - Origine et insertion des jeunes sans diplme Encadr 1 Sources et concepts Les sans-diplme regroupent les jeunes sortant de formation initiale sans aucun diplme ou possdant le brevet des collges. La fin des tudes initiales correspond la premire interruption des tudes durant un an ou plus. Lenqute Emploi et ses concepts Entre 2003 et 2012, lenqute Emploi de lInsee a t ralise sur la France mtropolitaine, hors personnesvivantencommunaut.70000personnes gesde15ansouplusrpondaientchaquetrimestre jusquen 2008 et, aprs augmentation de lchan- tillon, on en compte 105000 depuis dbut 2010. Lanciennet depuis la fin des tudes est apprhende ici en annes par diffrence entre lanne denqute et celle de fin de formation initiale. Les niveaux de diplme et dtude sont les plus hauts dtenus la date de lenqute. Les actifs rassemblent les actifs occups et les chmeurs au sens du BIT. Les actifs occups sont les personnes ayant exerc une activit rmunre au cours de la semaine prcdant linterrogation. Les enquts qui recherchent activement un emploi et qui sont disponibles pour travailler sont classs comme chmeurs au sens du BIT. Ceux qui ne sont ni actifs occups ni chmeurs sont inactifs. Le taux dactivit des sortants du systme ducatif (respectivement taux demploi) est le rapport du nombre dactifs (respectivement actifs occups) la population totale. Le taux de chmage est le rapport du nombre de chmeurs au nombre dactifs. Les contrats temporaires regroupent les missions dintrim, les CDD du priv et du public, y compris les emplois aids en CDD. Les actifs en emploi sont rpartis selon leur groupe social tel que dfini dans la nomenclature PCS (professions et catgories socioprofessionnelles). On distingue en plus, au sein des ouvriers et des employs, les qualifis et les non-qualifis. Les immigrs sont les personnes nes trangres ltranger et les descendants dimmigrs sont les personnes non immigres dont au moins un des deux parents est immigr. Les questions permettant de reprer les descendants dimmigrs ne sont poses que depuis le 1er trimestre 2005 dans lenqute Emploi. Lchantillon tant renouvel par sixime tous les trimestres, linformation nest disponible sur lchantillon complet qu partir de lanne 2007. En revanche, les modles utilisent cette information partir de 2005, pour les vagues o elle est disponible. Les enqutes Gnration et leurs concepts Les enqutes Gnration du Creq permettent de suivre linsertion professionnelle des jeunes. Lenqute Gnration 2004 a comport trois interrogations successives (2007, 2009, 2011) ralises auprs de 33 000 sortants de formation initiale en 2004, issus dun tablissement de formation de France mtropolitaine et gs de moins de 35 ans. En 2009, environ 16000jeunes ont accept de rpondre au questionnaire denqute. En 2011, ils taient un peu plus de 12000. Lanalyse porte sur les jeunes ayant rpondu toutes les interrogations. Les situations demploi, de chmage et dinac- tivit sont fondes sur une dclaration de la situation professionnelle par lenqut et scartent donc de la dfinition du BIT. Pour chaque mois depuis la fin des tudes initiales, le jeune dclare sa situation principale: en emploi, sans emploi mais en recherchant un, sans emploi mais nen recherchant pas, en formation, en reprise dtudes temps plein dans un tablissement scolaire ou universitaire. 22. Formations et emploi, dition 201326 Parmi les jeunes sans diplme, ceux qui sortent de terminale sinsrent moins difficilement que les autres Les jeunes sortant sans diplme du systme ducatif ont de grandes difficults sinsrer sur le march du travail. Linsertion des jeunes est analyse dans cette partie et dans la suivante grce aux donnes issues des enqutes Emploi de lInsee. Un quatre ans aprs la fin des tudes, une grande partie dentre eux connaissent le chmage ou la prcarit pendant la priode observe (2003-2012). En moyenne, durant cette priode, un quart des jeunes sans diplme sont inactifs contre seulement 8% des diplms. Parmi les jeunes actifs, 42% des sans-diplme sont au chmage contre 14% des diplms (figure 2). Au total, seulement 44% des jeunes sans diplme ont un emploi contre 79% des jeunes possdant au moins un CAP ou un BEP. Lorsquils occupent un emploi, ils sont plus souvent en contrat temporaire que les diplms et travaillent plus frquemment temps partiel. La majorit des jeunes sans diplme qui ont un emploi sont ouvriers ou employs non qualifis (57%) contre seulement 19% des jeunes diplms. Les jeunes non diplms travaillent souvent comme employ non qualifi dans les hpitaux, le commerce, lhtellerie-restauration ou comme aides domicile. Lorsquils sont ouvriers non qualifis, ils sont manutentionnaires, travaillent dans le tri, lemballage, le btiment ou lassainissement. 2. Indicateurs sur lentre dans la vie active des jeunes selon leur niveau de formation en% Taux dactivit Taux de chmage BIT Parmi ceux qui ont un emploi: part des emplois dure limite part des emplois temps partiel part des emplois non qualifis Diplms Diplms du suprieur 94,4 9,6 23,7 9,9 7,0 Baccalaurat 88,6 16,4 35,3 18,4 29,4 CAP-BEP de la production 93,2 21,7 36,0 8,5 39,6 CAP-BEP des services 86,0 26,6 42,6 30,8 50,5 Non-diplms selon la classe de sortie Terminale gnrale, technologique ou professionnelle 82,0 27,8 37,7 24,7 45,0 Seconde ou premire gnrale, technologique ou professionnelle 82,0 41,9 49,1 23,4 60,9 Dernire anne CAP-BEP 71,3 42,3 46,7 22,3 55,7 Premire anne CAP-BEP 68,2 48,9 52,4 25,9 61,1 Troisime 71,3 55,1 56,6 30,8 66,3 Avant la troisime 57,5 47,5 39,7 19,5 72,1 Ensemble sortis depuis 1 4 ans 89,3 17,7 30,8 14,5 22,7 Ensemble diplms 91,9 14,2 29,3 13,5 19,2 Ensemble non-diplms 74,8 41,7 46,2 24,4 56,9 Champ: France mtropolitaine, jeunes sortis depuis un quatre ans de formation initiale. Source: Insee, enqutes Emploi 2003-2012. Par rapport 1990, la situation des jeunes sans diplme apparat trs dtriore en 2012: entre un et quatre ans aprs la fin de leurs tudes initiales, le taux de chmage des jeunes sans diplme sest fortement accru, passant de 29 47%, alors que celui des diplms a peu augment, passant de 18% 20% (voir fiche 2.2 notamment). Les dbutants sans diplme sont moins nombreux aujourdhui et le march du travail est de plus en plus slectif en faveur des jeunes ayant un diplme, mme peu lev. Les jeunes sans diplme constituent cependant une catgorie htrogne et le niveau dtudes atteint joue sur leur insertion professionnelle. Les sortants de terminale entrent dans la vie active dans des conditions semblables celles des titulaires de CAP-BEP des services. Entre 2003 et 2012, un quatre ans aprs la fin des tudes, le taux de chmage des jeunes sortis de terminale sans baccalaurat (28%) est proche de celui des titulaires de CAP-BEP tertiaire (27%). Pour les sortants de terminale sans diplme, les emplois occups sont lgrement plus qualifis que ceux 23. 27Dossier - Origine et insertion des jeunes sans diplme occups par les titulaires de CAP-BEP tertiaire et ils travaillent moins souvent temps partiel. Il est vrai que les titulaires de CAP-BEP tertiaires connaissent de longue date des difficults sinsrer sur le march du travail. Les jeunes sans diplme nayant pas atteint la terminale sen tirent nettement plus mal. Les jeunes actifs qui abandonnent en dernire anne de CAP-BEP, aprs la seconde ou la premire en lyce, sont massivement au chmage (42%). La majorit des emplois quils occupent sont peu qualifis et prs de la moiti est dure limite. Les jeunes quittant lcole lissue de la troisime ou dune anne non terminale de CAP-BEP sont dans une situation pire encore: prs de 30% sont inactifs et, parmi les actifs, plus de la moiti est au chmage. Parmi ces jeunes, au final, seul un tiers occupe un emploi. Il sagit en majorit demplois temps partiel. Pour leur part, les jeunes qui arrtent leurs tudes avant la troisime sont encore moins prsents que les autres sur le march du travail. Un peu plus de la moiti seulement sont actifs et, parmi les actifs, prs de la moiti est au chmage. Lorsquils occupent un emploi, les jeunes ayant quitt lcole avant la troisime ont essentiellement des postes demploys ou douvriers non qualifis. Depuis 2008, la crise a eu un impact diffrent sur les jeunes selon quils sont diplms ou non. Entre les priodes 2003-2007 et 2008-2012, le taux de chmage dinsertion (1 4 ans aprs la sortie de formation initiale) des jeunes diplms est pass de 13 15%, celui des non-diplms a augment plus nettement, passant de 38 46%. En outre, plus de jeunes sans diplme se sont retirs du march du travail, le taux dactivit des sans-diplme rgressant de trois points. Au total, 47% des jeunes sans diplme occupaient un emploi entre 2003 et 2007 et seulement 40% entre 2008 et 2012. Par comparaison, chez les jeunes diplms, la part de ceux qui ont un emploi a peu baiss entre les deux priodes, passant de 80 78%. Par ailleurs, les jeunes sans diplme, lorsquils travaillent, occupent plus souvent des emplois temps partiel entre 2008 et 2012 quau cours de la priode prcdente (26% contre 23%). classe de sortie identique, linsertion des non-diplms issus de milieux dfavoriss ou de limmigration est plus difficile De 1 4 ans aprs la fin de la formation initiale, le taux de chmage des non-diplms dont lorigine sociale est la moins favorable la russite scolaire (pre employ, ouvrier ou nayant jamais travaill) est de 49% en moyenne sur la priode 2008-2012 (priode pour laquelle toutes les donnes descriptives sont disponibles). Cest dix points de plus que pour les autres non-diplms (pres cadres suprieurs ou chefs dentreprise, professions intermdiaires ou non-salaris). De mme, le taux de chmage des non-diplms immigrs ou descendants dimmigrs dorigine non europenne est nettement plus lev que celui des Franais dorigine (55% contre 43%). Une partie de ces carts sexplique par des diffrences dans les niveaux scolaires atteints par les non-diplms la sortie de la formation initiale. Mais, niveau identique, des carts significatifs demeurent. Ainsi, sur la priode 2008-2012, le taux de chmage des sortants de terminale de 1 4 ans aprs la fin des tudes est de 36% pour ceux dont lorigine sociale est la moins favorable la russite scolaire, contre 29% pour ceux dont lorigine sociale est la plus favorable. Linsertion des jeunes ne dpend donc pas seulement de leur niveau de sortie, mais aussi des caractristiques individuelles telles que les origines sociale ou migratoire. Les origines sociales les moins favorables la russite scolaire sont galement les moins favorables la russite sur le march du travail. Toutes choses gales par ailleurs, sur les annes 2005-2012, entre 1 et 4 ans 24. Formations et emploi, dition 201328 aprs la fin des tudes, la probabilit dtre actif dpend surtout du diplme et, pour ceux qui nen ont pas, du niveau de sortie (figure 3). Toutefois, les hommes et les femmes immigrs ou descendants dimmigrs dorigine non europenne sont, autres caractristiques comparables, moins souvent sur le march du travail que les Franais dorigine. Par ailleurs, les jeunes hommes dont le pre est agriculteur ou ouvrier, sont plus souvent prsents sur le march du travail que les enfants demploys et de cadres. 3. Facteurs explicatifs de linsertion de 1 4 ans et de 5 10 ans aprs la fin des tudes Chances dtre actif de 1 4 ans aprs la fin des tudes Risque dtre au chmage pour un actif Chances dtre sur un poste qualifi pour un actif occup Hommes Femmes 1 4 ans 5 10 ans 1 4 ans 5 10 ans Taux de chmage gnral 0,94 0,971 1,19 1,11 0,93 0,981 Niveau dtudes Diplms du baccalaurat ou du suprieur 2,04 2,58 0,39 0,35 4,97 4,61 Diplms dun CAP ou BEP de la production 2,00 1,56 0,85 0,81 1,44 1,15 Diplms dun CAP ou BEP des services 1,38 1,38 n.s. n.s. n.s. 0,78 Non-diplms sortant de : terminale (gnrale, technonologique ou professionnelle) Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. seconde, premire gnrale, technologique ou professionnelle 0,40 0,62 1,92 1,71 0,841 0,77 dernire anne de CAP-BEP 0,79 0,78 2,08 1,98 0,62 0,51 premire anne de CAP-BEP 0,39 0,43 2,81 2,33 0,68 0,44 troisime 0,43 0,54 3,71 2,87 0,47 0,40 infrieur la troisime 0,27 0,27 2,18 2,44 0,46 0,31 Sexe Hommes /// /// Rf. Rf. Rf. Rf. Femmes /// /// 1,05 1,26 0,82 0,54 Origine migratoire Franais dorigine Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. Immigrs dorigine europenne n.s. 0,57 n.s. n.s. n.s. 0,67 Immigrs dorigine non europenne 0,52 0,30 1,85 2,60 0,80 0,40 Descendants dimmigrs dorigine europenne 0,83 n.s. n.s. n.s. 1,09 1,16 Descendants dimmigrs dorigine non europenne 0,62 0,75 1,84 2,00 n.s. n.s. Origine sociale Agriculteurs 1,71 n.s. 0,49 0,55 n.s. n.s. Artisans, commerants n.s. 0,85 0,76 0,86 1,12 1,37 Cadres et chefs dentreprises de dix salaris ou plus n.s. n.s. 0,78 0,88 2,20 2,37 Professions intermdiaires n.s. n.s. 0,86 0,941 1,36 1,38 Employs Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. Rf. Ouvriers qualifis 1,25 0,90 n.s. n.s. 0,75 0,89 Ouvriers non qualifis 1,15 0,86 1,061 1,11 0,70 0,75 Personnes nayant jamais travaill 0,78 0,67 1,42 1,65 0,62 0,70 1. Significatif au seuil de 5%, mais pas de 1%. Champ: France mtropolitaine. Lecture: sur la priode 2005-2012, niveau de sortie, origine nationale et sexe donns, la probabilit dtre au chmage de 1 4 ans aprs la fin des tudes plutt quen emploi est, pour un enfant de cadre suprieur ou chef dentreprise de 10 salaris ou plus, gale 78% de celle dun enfant demploy. Note: les coefficients correspondent au rapport des chances entre la modalit concerne et celle de rfrence. Source: Insee, enqutes Emploi 2005-2012. Un quatre ans aprs la fin de la formation initiale, la probabilit dtre au chmage dpend bien sr du niveau de diplme. Mais, pour les non-diplms, elle diffre aussi trs sensiblement selon le niveau de sortie, origine sociale et migratoire donne. Ainsi, sur 2005-2012, un jeune actif non diplm nayant atteint que la classe de troisime a une probabilit dtre au chmage plutt quen emploi 3,7 fois plus leve quun non-diplm ayant atteint la terminale. Entre un jeune non diplm ayant atteint la terminale et un jeune ayant au moins le baccalaurat, lcart est moindre (2,6). Limpact des origines sociale et migratoire sur la probabilit dtre au chmage est lui aussi important. autres caractristiques comparables (y compris le niveau de sortie du systme ducatif), entre 1 et 4 ans aprs la fin des tudes, les jeunes dont lorigine sociale est favorable la russite scolaire ont une probabilit dtre au chmage plutt quen emploi allant 25. 29Dossier - Origine et insertion des jeunes sans diplme de 0,5 fois (pre agriculteur) 0,9 fois (pre profession intermdiaire) celle dun jeune dont le pre est employ. linverse, cette probabilit dtre au chmage est plus leve que celle dun jeune dont le pre est employ pour ceux dont le pre est ouvrier non qualifi ou na jamais travaill. Les jeunes dont le pre est non-salari, cadre ou occupe une profession intermdiaire semblent ainsi bnficier de meilleurs rseaux que ceux dont le pre est employ, ouvrier ou na jamais travaill. Lorsquils sont salaris, les premiers ont trouv leur emploi par relations familiales, personnelles ou professionnelles dans prs de quatre cas sur dix contre moins de trois cas sur dix pour les seconds. De mme, les immigrs et descendants dimmigrs dorigine non europenne ont un risque de chmage 1,8 fois suprieur celui dun Franais dorigine. De 5 10ans aprs la fin des tudes, les effets de lorigine sociale, migratoire et du niveau dtudes restent de mme nature quen tout dbut de vie active, mais leur ampleur a tendance se rduire, sauf pour lorigine migratoire. Pour rsumer grands traits, les origines sociales et migratoires ont le mme type dimpact sur le taux demploi et sur le risque de chmage en dbut de vie active. On peut toutefois noter quil napparat pas de diffrence en matire de taux demploi entre les enfants de cadre et ceux demploy: si les enfants de cadre ont un risque de chmage moindre, leur probabilit dactivit est moindre elle aussi. Toutes choses gales par ailleurs, lorigine sociale joue galement sur la qualification des emplois occups par les jeunes de 1 4 ans et de 5 10 ans aprs la fin des tudes. Entre les jeunes dont le pre est ouvrier ou na jamais travaill et ceux dont le pre est cadre, la probabilit doccuper un emploi qualifi 1 4 ans aprs la fin des tudes varie du simple au triple, soit un rapport quivalent celui qui spare les sortants qui ne vont pas au-del de la troisime de ceux ayant un CAP ou un BEP dans les domaines de la production. Sept ans aprs la fin des tudes, les trajectoires des non-diplms ne sont pas encore stabilises Cette partie exploite lenqute Gnration 2004, ralise auprs des jeunes sortis en 2004 de formation initiale. Ils ont t interrogs en 2007, 2009 et 2011. Ce suivi permet de connatre les trajectoires professionnelles dune cohorte de jeunes ayant termin leur formation initiale au mme moment. Il complte utilement les donnes issues de lenqute Emploi en apportant un clairage sur la dynamique de linsertion des jeunes. Lenqute Gnration confirme les constats mis en vidence dans les parties prcdentes de ce dossier. Ainsi, dans les tout premiers mois suivant la fin de leurs tudes, le taux de chmage des jeunes sans diplme de la gnration 2004 est de 45%, soit dix points de plus que celui de lensemble des sortants de lenseignement secondaire. Cet cart perdure tout au long des sept premires annes de vie active (figure 4). Le taux de chmage des non-diplms se stabilise autour de 25% au dbut de lanne 2010, cest--dire six ans aprs larrt des tudes. 4.Taux de chmage mensuel au cours des sept premires annes de vie active en% 50 40 30 20 10 oct.avr.oct.avr.oct.avr.oct.avr.oct.avr.oct.avr.oct.avr. dc. -04-05-05-06-06-07-07-08-08-09-09-10-10-11 -11 Non-diplms Sortants du secondaire (non-diplms et titulaires dun CAP, BEP ou baccalaurat) Champ: France Mtropolitaine. Source: Creq, enqute Gnration 2004, interrogation de 2011. 26. Formations et emploi, dition 201330 Parmi la gnration suivie entre 2004 et 2011, comme parmi les jeunes interrogs dans lenqute Emploi, les non-diplms sont dans une situation professionnelle nettement plus dfavorable que les diplms. Le suivi ralis entre 2004 et 2011 montre en outre que les taux demploi des non-diplms et des diplms du secondaire convergent peu au fil des ans. Trois ans aprs la fin des tudes, les carts de taux demploi sont de 20 points, ils sont encore de 16 points aprs sept ans (figure 5). Les non-diplms sont deux fois plus nombreux tre au chmage ou inactifs chacune des vagues dinterrogation. Pour ceux qui occupent un emploi, un cart subsiste sur le taux demploi dure indtermine (46% pour les non-diplms sept ans, 68% pour les diplms du secondaire). Ces jeunes ont plus frquemment des emplois dure dtermine, intrimaires ou aids, ceci pendant toute la priode o ils ont t suivis. Lorsquils travaillent, en dpit de conditions demploi moins favorables, huit sur dix dclarent se raliser professionnellement et vouloir rester dans lemploi quils occupent. 5.La situation des jeunes de la gnration 2004 en% Non-diplms Diplms de lenseignement secondaire Au terme de la Au terme de la 1re 3e 5e 7e 1re 3e 5e 7e anne sur le march du travail anne sur le march du travail 2005 2007 2009 2011 2005 2007 2009 2011 Situation professionnelle En emploi 57 56 60 67 75 76 78 83 En contrat dure indtermine 20 26 35 46 37 49 60 68 En contrat dure dtermine 11 8 11 10 15 12 10 9 En contrat dintrim 12 11 6 8 10 6 4 4 En contrat aid 11 9 6 2 11 7 3 1 En contrat autre emploi dure dtermine 3 2 2 1 2 2 2 2 dont: en emploi temps partiel ... 15 16 12 ... 15 14 14 Au chmage 27 29 28 23 13 13 13 11 En inactivit 8 8 7 7 4 4 4 4 En formation 6 5 3 1 4 4 2 1 En reprise dtudes 3 3 2 2 4 5 3 1 Ensemble 100 100 100 100 100 100 100 100 Satisfaction professionnelle des jeunes en emploi Recherchent un autre emploi ... 24 20 21 ... 21 15 16 Travaillent et souhaitent rester dans cet emploi ... 71 83 80 ... 73 83 79 Se ralisent professionnellement ... 69 79 83 ... 76 83 83 Sestiment employs leur niveau de comptences ... 86 84 83 ... 88 87 86 Priorits professionnelles pour tous Trouver ou conserver un emploi stable ... 53 50 51 ... 46 47 42 Amliorer leur situation professionnelle ... 37 36 33 ... 39 35 35 Mnager leur vie hors travail ... 10 13 16 ... 15 18 23 Salaire mdian mensuel net (en euros) temps plein ... 1117 1090 1078 ... 1164 1173 1138 temps partiel ... 694 708 687 ... 729 805 767 Champ: France mtropolitaine. Lecture: au bout de 7 ans de vie active, 67% des jeunes non diplms occupent un emploi. Note:lesalairemdianesttelquelamoitidesactifsenemploigagneplusetquelautremoitigagnemoins;ilsagiticidusalairemdiannettoutesprimescomprises. Source: Creq, enqute Gnration 2004, interrogation de 2011. Le retour en formation amliore les perspectives professionnelles des jeunes sans diplme Suivre pendant sept ans les jeunes sortis en 2004 sans diplme permet notamment de dterminer si ceux qui reprennent des tudes et obtiennent un diplme amliorent significativement leur situation professionnelle. Lacquisition dun diplme est loin dtre marginale: au cours des sept premires annes suivant la fin de leurs tudes initiales, environ un jeune sortant sans diplme sur 27. 31Dossier - Origine et insertion des jeunes sans diplme quatre en a obtenu un. Celui-ci est de niveau CAP-BEP pour les deux tiers et de niveau bac pour le tiers restant. Ces jeunes lobtiennent plus frquemment pendant les trois premires annes de vie active. La moiti des sans-diplme ayant termin leur formation initiale en 2004 ont acquis ce diplme entre 2005 et 2007. Deux sur trois taient en situation de chmage ou dinactivit au moment o ils ont commenc prparer ce diplme. Ils se sont principalement orients par eux-mmes ou grce leur entourage (63%) ou suite un contact avec une mission locale (16%). Les jeunes qui ont commenc prparer ce diplme alors quils taient au chmage ou inactifs lont fait principalement dans le cadre dune reprise dtudes temps plein ou en alternance, moins souvent en tant stagiaire de la formation professionnelle. Ils dclarent alors que ce diplme leur a permis de trouver un emploi pour la moiti dentre eux ou, dans un cas sur dix, de crer ou reprendre une entreprise. Lorsquils occupaient un emploi avant de commencer prparer ce diplme, les jeunes dclarent avoir bnfici de cours ou stages dans le cadre de leur entreprise ou dun contrat en alternance. Ils y ont vu lopportunit dapprendre un nouveau mtier, dvoluer au sein de leur entreprise, de trouver un emploi dans une autre entreprise. De leur point de vue, obtenir un diplme a t plutt bnfique pour leur parcours professionnel: un peu moins de la moiti dclare que ce diplme leur a permis dapprendre un nouveau mtier ou de se reconvertir et un peu plus de la moiti que cela leur a permis dvoluer au sein de leur entreprise. Les jeunes sortis de formation initiale sans diplme et qui en ont ensuite obtenu un dtiennent plus souvent un emploi. Leur taux demploi est suprieur de dix points par rapport aux jeunes ne dtenant aucun diplme (figure 6). Cette diffrence de taux demploi peut-elle tre attribue au diplme obtenu ou est-elle le reflet de caractristiques individuelles qui expliqueraient leur propension obtenir un diplme? Les modles utiliss (encadr 2) montrent que les jeunes qui obtiennent un diplme en cours de vie active sont significativement diffrents du point de vue de leurs caractristiques individuelles. Toutes choses gales par ailleurs, les jeunes non diplms qui arrivent obtenir un diplme ont cependant des probabilits de dtenir un emploi qui samliorent (+ 5%), comparativement la situation hypothtique correspondant labsence dacquisition de diplme aprs la fin des tudes initiales. Pour les jeunes qui dtenaient dj un emploi, leffet sur la probabilit de dtenir un emploi dure indtermine est significativement positif (+ 7%) de mme que leffet sur la probabilit doccuper un emploi douvrier ou employ qualifi (+ 4%). 6. Situation professionnelle aprs sept ans de vie active des jeunes sortis de formation initiale sans diplme en% Rpartion des sortants sans diplme Part de ceux qui ont un emploi en 2011 Part de ceux qui ont un contrat dure indtermine parmi ceux qui ont un emploi Jeunes ayant obtenu un diplme depuis la fin de leur formation initiale 24 75 71 Jeunes nayant pas obtenu de diplme depuis la fin de formation initiale 76 64 67 Champ: France mtropolitaine, ensemble des jeunes sortis de formation initiale sans diplme en 2004. Source: Creq, enqute Gnration 2004, interrogation de 2011. 28. Formations et emploi, dition 201332 Encadr 2 Les modles utiliss concernant le retour des jeunes en formation Les rsultats sappuient sur un modle estimant conjointement la probabilit de dtenir un emploi et dobtenir un diplme afin de contrler le biais de slection li lobtention dun diplme et de calculer leffet de cette obtention. Chaque jeune peut occuper deux tats exclusifs: avoir obtenu un diplme et nen avoir pas obtenu, avec pour chaque tat, une valeur de la variable de rsultat, Y, mesurant loccupation dun emploi dure indtermine ou de niveau employ-ouvrier qualifi. On ne peut pas observer toutes les ralisations de la variable dintrt pour chaque individu. La solution consiste mesurer lcart entre les jeunes ayant obtenu postrieurement un diplme et ceux qui nen nont pas obtenu. Les modles conomtriques estims sont des modles variable qualitative deux quations. La premire permet dexpliquer la probabilit dobtenir un diplme. Les variables explicatives sont les suivantes: motif darrt des tudes en 2004, retard scolaire en sixime, pre ouvrier, au moins un des deux parents n ltranger, sexe, nombre de squences de chmage sur sept ans, contact avec une mission locale, insatisfait de sa situation, priode dobtention du diplme. Lanne dobtention du diplme est considre comme une variable dexclusion, cest--dire quelle dtermine la probabilit davoir un diplme mais pas la probabilit de dtenir un emploi. La seconde quation permet dexpliquer la probabilit de dtenir un emploi sept ans aprs larrt des tudes en 2011. Les variables explicatives sont les suivantes: occupait un emploi en 2007, occupait un emploi en prparant le diplme, sexe, parent ouvrier, au moins un des deux parents n ltranger, souhait davoir un emploi stable, obtention dun diplme. La particularit du modle est dinclure dans la seconde quation la variable dpendante de la premire (modle rcursif). Les deux quations sont estimes simultanment par maximum de vraisemblance. Pour en savoir plus Ingalits des jeunes sur fond de crise, Rapport de lObservatoire de la jeunesse 2012, La Documentation franaise. Le Rhun B., Minni C., volution rcente de linsertion des jeunes sur le march du travail selon le niveau de diplme, Dares analyses n013, 2012. Bouhia R., Garrouste M., Lebrre A., Ricroh L., De Saint Paul T., tre sans diplme aujourdhui en France: quelles caractristiques , quels parcours et quel destin?, conomie et statistique n443, Insee, 2011. Minni C., Participation des jeunes actifs lemploi non qualifi, diplme et conjoncture, in Le travail non qualifi, permanence et paradoxe, La Dcouverte, 2004. Gasquet C., Les jeunes sans qualification, un groupe htrogne, des parcours dinsertion divers, Bref n202, Creq, 2002. Un devoir national: linsertion des jeunes sans diplme, Cerc, Rapport n09, 2008. http://www.cerc.gouv.fr/rapports/rapport9/rapport9cerc.pdf Caille J.P., Le vcu des phases dorientation en fin de troisime et de seconde, ducation et Formation n72, Depp, 2005. Gehin J.P., Palheta U., Les devenirs socioprofessionnels des sortants sans diplme: un tat des lieux dix ans aprs la sortie du systme ducatif (1998-2008), Formation et emploi n118, Creq, 2012. Martinelli D., Prost C., Le domaine dtudes est dterminant pour les dbuts de carrire, Insee Premire n1313, 2010. 29. 33Dossier - Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle... Selon une enqute ralise en 2012, les personnes qui sont au chmage ont moins frquemment accd une formation professionnelle que les actifs ayant un emploi, sur une priode dunan. Elles rencontrent, pour suivre des formations ou mme pour en formuler le projet, des obstacles qui leur sont spcifiques, comme le sentiment de navoir pas le niveau suffisant; elles nourrissent aussi des rticences plus importantes vis--vis des formations. Le parcours qui prlude lentre en formation professionnelle des personnes prives demploi suppose des interventions multiples et des dlais parfois importants. Parmi les personnes au chmage ayant suivi une formation professionnelle, une forte majorit tmoigne de sa satisfaction et de lutilit prsente ou future des acquis de la formation. Dans une perspective dynamique, les personnes qui taient dj bien insres sur le march du travail sont celles qui ont les meilleures perspectives de reprise demploi lissue de la formation. caractristiques individuelles identiques, les stagiaires qui bnficient de formations cibles comportant un fort contenu oprationnel, dans des domaines professionnels prcis ou pour se perfectionner dans un mtier, accdent plus rapidement un emploi. La formation professionnelle des personnes prives demploi est actuellement un thme majeur du dbat conomique et social. Pour lensemble de la population, en emploi ou non, la qualification professionnelle constitue une protection contre la perte demploi ou la persistance du chmage. La ncessit dentretenir les comptences et de les faire voluer, y compris les comptences-clefs dans les savoirs de base, la facult oprer une reconversion, sont autant de raisons de stimuler le recours la formation, en particulier dans les priodes critiques du parcours professionnel. Mesurer et dcrire laccs la formation des personnes prives demploi et leurs trajectoires lissue de la formation nest pas simple. tre demandeur demploi ou chmeur nest pas un statut prenne, alors que la formation, investissement en capital humain relve plutt du long terme. Un projet de formation, en particulier sil est ambitieux, ncessite une construction (diagnostic * Johanne Aude, Patrick Pommier, Dares. Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle: accder aux formations et sinsrer Johanne Aude, Patrick Pommier* 30. Formations et emploi, dition 201334 des besoins, organisation, montage financier) en amont de la participation la formation elle- mme. Celle-ci peut tre plus ou moins diffre dans le temps aprs cette phase prparatoire, puis stendre sur une dure parfois importante, de plusieurs semaines plusieurs mois. La situation sur le march du travail peut changer lissue dune formation. Ainsi, lorsquon interroge des personnes sur les formations quelles ont suivies rcemment, celles qui sont temporairement la recherche dun emploi peuvent avoir suivi rcemment des formations en tant que demandeur demploi, tudiant, ou salari occupant un emploi. Rciproquement, celles qui sont alors salaries peuvent avoir repris depuis peu un emploi aprs avoir t au chmage et avoir suivi une formation pendant cet pisode de chmage. Il est aussi possible davoir formul un projet de formation en tant que demandeur demploi, mais de voir son statut demploi changer avant quil ne se soit concrtis. Lapprhension statistique de lindividu chmeur ou demandeur demploi en formation est donc complexe. Dailleurs, selon les dfinitions du Bureau international du travail (BIT), un chmeur qui entre en formation nest plus un chmeur, puisque son statut de stagiaire de la formation professionnelle fait quil nest pas disponible, temporairement du moins, pour occuper un emploi. Par ailleurs, il nexiste pas de source unique rcente1 qui permette de traiter du sujet dans toutes ses dimensions, dans une perspective dynamique articulant accs la formation continue et succession de priodes de chmage ou demploi. Larticle mobilise deux types de sources complmentaires offrant une vision structurelle du rapport la formation des personnes prives demploi. Dune part, lenqute sur la Formation des adultes, ralise en 2012 par lInsee, interroge les personnes ges de 18 64 ans rsidant en France mtropolitaine sur leur rapport la formation au cours de lanne prcdant lenqute. Dautre part, lenqute de la Dares sur le Devenir des stagiaires de la formation professionnelle, ralise en France en 2008 et 2009, offre une approche dynamique de litinraire de personnes ayant suivi des formations au titre de leur situation de demandeur demploi. Un moindre accs la formation professionnelle continue pour les personnes se dclarant au chmage Selon lenqute de 2012 sur la Formation des adultes, prs de 55% des personnes ges de 18 64 ans dclarent avoir suivi au moins une formation au cours des 12 mois qui ont prcd linterrogation. Cette enqute adopte une dfinition extensive de la formation: est considre comme formation toute activit organise cumulant lintention dapprendre et la prsence dun formateur (mme distance). Les formations concernes relvent aussi bien de la sphre professionnelle que des activits de loisirs. En se restreignant aux formations non diplmantes suivies dans un but professionnel (champ traditionnel de la formation professionnelle continue), le taux daccs annuel la formation de lensemble de la population est de 39% (il est de 40% pour les 25-64 ans). Parmi les personnes se dclarant au chmage la date de lenqute, 28% ont accd une telle formation, contre 49% des personnes occupant un emploi (et 11% des inactifs). Lcart entre actifs en emploi et chmeurs atteint 24points chez les 25-54 ans, gnrations les plus actives, avec des taux daccs de respectivement 51% et 27%. Mme si les taux daccs mesurs par cette enqute sont plus levs que ceux mesurs via dautres sources, ces rsultats rejoignent les diagnostics rcurrents sur le fait que laccs la formation tout au long de la vie est plus frquent pour les personnes qui sont en emploi [Gelot et Minni, 2004]. Les employeurs ont un rle important sur le march de la formation des adultes, les entreprises concourant plus de 40% des dpenses nationales dans ce domaine. Les personnes prives dactivit professionnelle sont donc vinces de la voie privilgie pour se former. 1. Lenqute de lInsee sur la Formation et la qualification professionnelle (FQP) permet une telle articulation. La dernire dition date toutefois de 2003, la prochaine aura lieu en 2014-2015. 31. 35Dossier - Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle... Des obstacles spcifiques aux personnes prives demploi 55% des personnes qui se dclarent au chmage la date de lenqute auraient souhait suivre une formation au cours des 12 mois couls (ou une formation supplmentaire, sils en ont dj suivi au moins une), mais leur projet na pas abouti; cette proportion nest que de 37% parmi les personnes ayant un emploi. Les motifs donns pour caractriser les obstacles sont diffrents selon que la personne est en emploi ou au chmage (figure 1). Pour les personnes en emploi, les raisons les plus souvent cites sont le cot des formations (cit par 28% des personnes), le manque de soutien de lemployeur (30%), mais avant tout les contraintes lies aux responsabilits familiales (39%). Les personnes au chmage dont le projet de formation na pas dbouch citent plus souvent le cot (42%) et le manque de soutien du service public de lemploi (Ple emploi, mission locale, Afpa, etc.) (37%). Les responsabilits familiales ne sont cites que par 8% des personnes au chmage. Elles se distinguent radicalement en invoquant le manque de prrequis (22% contre 8% pour les personnes en emploi) et les problmes de sant (13% contre 3%) ou dge (10% contre 2%). Le fait de ne pas avoir trouv de formation qui leur convienne est galement cit pour 34% des personnes au chmage et 22% des personnes en emploi. Lloignement des lieux de formation est aussi plus frquemment cit par les personnes au chmage (21%) que par celles qui occupent un emploi (14%). Enfin les chmeurs comme les actifs occups dclarent, dans un cas sur cinq, avoir essuy un refus, du service public de lemploi ou de lemployeur. 1. Obstacles la formation (premire formation ou une autre formation) en% Personne en emploi Personne au chmage Ensemble, y compris inactifs Incompatible avec responsabilits familiales 39 8 34 Formation trop chre 28 42 31 Pas aid par employeur ou service public de lemploi 30 37 28 Pas trouv de formation qui convienne 22 34 24 Formation pas commence ou annule 21 20 20 Refus de lemployeur ou du service public de lemploi 22 18 19 Formation a lieu trop loin 14 21 16 Incompatibilit avec travail ou emploi du temps 12 13 13 Prrequis ou niveau insuffisants 8 22 11 Pas de place disponible 9 14 9 Problme de sant 3 13 5 Problme dge 2 10 3 Champ: France mtropolitaine, personnes de 18 64 ans ayant souhait suivre une formation (ou une autre formation que celles effectues) au cours des 12 mois prcdant lenqute. Lecture: parmi les raisons les ayant empchs de se former (ou de se former davantage), 8% des personnes en emploi la date de lenqute citent des prrequis ou un niveau insuffisants. Note: plusieurs raisons peuvent tre cites. Source: Insee, enqute sur la Formation des adultes 2012. Parmi les personnes au chmage, 45% nont pas souhait suivre de formation supplmentaire, voire pas de formation du tout. Le motif invoqu le plus souvent (71%) est quelles nen ont pas ressenti le besoin (figure 2). Cest un peu moins frquent que parmi les personnes ayant un emploi (79%). En revanche, les chmeurs citent plus souvent que les actifs en emploi les autres obstacles la formation. Ainsi 20% des chmeurs dsignent le cot (cots induits, comme le transport, la garde des enfants, ventuellement cot de la formation, etc.) comme une des explications labsence de souhait de se former (contre 6% des personnes en emploi), 16% disent ne pas avoir le niveau (contre 7%), 15% invoquent des raisons de sant. Lge est aussi un obstacle la formation non ngligeable pour 13% des chmeurs (cit par seulement 4% des personnes en emploi). Enfin, 20% des chmeurs dclarent ne pas aimer les formations, ce qui est mme le cas de 29% de ceux qui nen ont suivi aucune. 32. Formations et emploi, dition 201336 2. Raisons pour lesquelles les personnes nont pas souhait suivre ou suivre nouveau une formation en% Personne en emploi Personne au chmage Ensemble, y compris inactifs Pas besoin 79 71 78 Formation trop chre 6 20 8 Pas propos par employeur ou service public de lemploi 15 20 12 Naime pas les formations 12 20 12 Pas de formation qui convienne 15 20 14 Niveau insuffisant 7 16 8 Problme de sant 3 15 7 Problme dge 4 13 5 Formation aurait lieu trop loin 7 11 7 Incompatible avec responsabilits familiales 21 9 18 Incompatibilit avec travail ou emploi du temps 8 8 8 Champ: France mtropolitainre, personnes de 18 64 ans nayant pas souhait suivre de formation (ou dautre formation que celles effectues) au cours des 12 mois prcdant lenqute. Lecture: parmi les raisons expliquant quils nont pas souhait se former (ou se former davantage), 79% des personnes en emploi la date de lenqute citent le fait quils nen avaient pas besoin. Note: plusieurs raisons peuvent tre cites. Source: Insee, enqute sur la Formation des adultes 2012. Le fait de ne pas souhaiter de formation ne se rduit donc pas labsence de besoin. Lintriorisation de schmas tels que le fait de sestimer dun niveau trop faible, de se sentir diminu ou trop g, dentretenir une distance avec un monde de la formation jug peut-tre trop acadmique, affecte tout particulirement une frange de la population prive demploi qui considre alors que la formation nest pas pour elle. Au total, aux cts de contraintes matrielles telles que le cot ou lloignement, des difficults plus personnelles contribuent certains checs, renoncements ou retraits face la formation. Laccs la formation, un cheminement parfois long La Dares a men en 2008-2009 une enqute en deux vagues auprs de demandeurs demploi, stagiaires de la formation professionnelle ayant dbut une formation en 2006; cette enqute dcrit la diversit des stages ainsi que la trajectoire des stagiaires avant et aprs la formation (encadr 1). Sagissant de la priode qui prcde lentre en formation, un projet de formation commence gnralement par une phase prliminaire dchanges avec diffrents interlocuteurs afin de dfinir et de choisir la formation la mieux adapte. Les interlocuteurs les plus frquents sont lANPE ( lpoque de lenqute), avec laquelle 60% des stagiaires disent avoir t en contact, et les prestataires de formation (pour 63% des stagiaires) avec lesquels ils ont t mis en relation via lANPE, ou la mission locale pour les plus jeunes, ou par une annonce dun organisme de formation par exemple. Un tiers des stagiaires interrogs a eu, pour suivre cette formation, des contacts avec le rseau des missions locales et permanences daccueil, dinformation et dorientation (PAIO), dont la mission est daider les jeunes de 16 25 ans dans leur insertion sociale et professionnelle. Il est vrai que plus de 40% des stagiaires sont des jeunes de moins de 26 ans. 20% des stagiaires ont eu des contacts avec une ou plusieurs entreprises, 6% avec un service daction sociale et la mme proportion avec une association intermdiaire ou une entreprise dinsertion. 10% indiquent avoir eu des contacts avec dautres organismes. Au total, une pluralit dinterlocuteurs est souvent ncessaire au demandeur demploi pour construire son projet et trouver sa formation: ainsi, prs des deux tiers des stagiaires (personnes qui sont effectivement entres en formation) contactent au moins deux points dinfor- mation diffrents (ANPE, Afpa, mission locale ou PAIO, organisme de formation, entreprise). 33. 37Dossier - Les dfis des demandeurs demploi face la formation professionnelle... Encadr 1 Les sources mobilises La problmatique de la formation professionnelle des demandeurs demploi comporte de multiples facettes quaucune source statistique ne permet elle seule denglober: caractristiques des personnes formes, des formations suivies, organisation et droulement de la phase qui prlude la formation elle-mme, bnfices retirs, dans une optique dynamique, le tout devant comporter un nombre suffisant dobservations Aussi, il est ncessaire de mobiliser plusieurs sources diffrentes pour couvrir ces diffrentes dimensions. Lenqute Formation des adultes Lenqute sur la Formation des adultes de 2012 a t labore par lInsee et la Dares. Elle sinscrit dans le cadre de lenqute europenne Adult Education Survey, conduite par Eurostat et qui fait lobjet dun rglement europen. Lenqute sadresse aux personnes de 18 64 ans, rsidant en France mtropolitaine dans un logement ordinaire. La collecte a t ralise en face--face par le rseau denquteurs de lInsee davril juin 2012. 13 857 personnes ont t interroges sur les formations suivies au cours des douze mois prcdant linterrogation, dont 1 201 se dclarant prsentement au chmage. La position sur le march du travail quapprhende lenqute est fonde sur la dclaration par les personnes dune situation principale vis--vis du travail. Il sagit dune dclaration spontane, et non pas du statut dactivit au sens du BIT. Certaines se disent chmeur, inscrit ounonPleemploi.Lespersonnesdisantoccuper un emploi, tre apprenti ou stagiaire rmunr, ou bien au chmage, reprsentent la population active, les autres rpondants sont considrs comme inactifs. Cette situation est recueillie au moment de linterrogation, ainsi que sur les 12 mois qui prcdent, ce qui permet de connatre aussi la situation sur le march du travail le mois de lentre en formation. Les personnes considres ici comme au chmage sont celles qui se dclarent comme telles le mois o elles dbutent la formation considre. Les caractristiques dfinissant une formation sont lintention dapprendre, lorganisation, et lintervention dun formateur. 13 737 formations ont t dcrites par les 7 240 rpondants qui en ont suivi, chaque personne pouvant dcrire en dtail jusqu trois formations suivies. 575 formations vocation professionnelle ou diplmante ont t entreprises par des personnes au chmage la date du dbut de formation. Les formations dcrites englobent toutes celles qui ont t suivies (y compris la formation initiale) et ne se limitent donc pas aux seules formations finalit professionnelle. Le champ des formations dcrites au travers de lenqute est circonscrit aux formations vocation professionnelle ou diplmante qui ont t entreprises par des personnes au chmage, afin de recouper au plus prs le champ de lenqute de la Dares. Lenqute permet de mesurer laccs annuel des adultes la formation selon la nature de celle-ci (diplmante, non diplmante), de caractriser les formations suivies (niveau, domaine, dure, etc.) et de connatre les raisons de la participation, les sources de financement (telles que perues par les usagers, soit une vision trs partielle du systme de financement de la formation) et les bnfices ventuels tirs par les participants. Les autres thmes abords sont, notamment, les sources dinformation, la connaissance et lusage des outils daccs la formation, le contexte professionnel dans lequel sinsre la formation, les freins ventuels et la conciliation formation-travail. Lenqute de la Dares sur le devenir des demandeurs demploi stagiaires de la formation professionnelle Fin 2008 et fin 2009, la Dares a men une enqute en deux vagues sur le devenir des demandeurs demploi stagiaires de la formation professionnelle. Lobjectif de cette enqute tait, dune part, de dcrire la diversit des stages et de les caractriser selon leurs objectifs, leur spcialit, leur niveau de formation et, dautre part, de connatre la trajectoire du stagiaire avant et aprs la formation et la manire dont la formation sinscrit dans son parcours professionnel. Lchantillon des rpondants a t tir dans la base Brest, qui est une base de donnes exhaustive sur la formation professionnelle des demandeurs demploi, constitue par la Dares depuis 2003 partir des fichiers de gestion de la rmunration ou de la protection sociale des stagiaires, envoys par les diffrents gestionnaires de rmunration de demandeurs demploi en formation (tels que Ple 34. Formations et emploi, dition 201338 linverse, 10% des stagiaires ne contactent aucun organisme. Malgr lexistence de nombreux interlocuteurs, 43% des stagiaires dclarent quau final, ils se sont orients eux-mmes vers la formation suivie. 22% dclarent lavoir t par lANPE et 20% par le rseau des missions locales et PAIO. La dure coule entre la dcision de faire une formation et le dbut de celle-ci est infrieure deux mois pour la majorit des stagiaires (55%), mais elle dpend des caractristiques de la formation et de ses objectifs. Globalement, les demandeurs demploi qui entrent dans des formations longues et diplmantes, davantage rythmes par les annes scolaires, patientent plus longtemps que les autres; linverse, ces dlais sont plus courts pour les formations qui permettent de rapprendre chercher un emploi et celles de courte dure. Ainsi, 39% des stagiaires qui suivent des formations dans le domaine de la sant ont attendu au moins six mois pour dbuter leur formation (contre 16% pour lensemble des stagiaires) tandis que 43% de ceux qui suivent des formations de dveloppement personnel ont attendu moins dun mois (contre 33% pour lensemble des stagiaires). Une qualification pour les jeunes, une rorientation pour les autres Les motifs qui conduisent les demandeurs demploi stagiaires de la formatio