EXPOSITION 16 OCTOBRE / LE CAIRE perception visuelle de...

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    18-Oct-2020
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  • EXPOSITION 16 OCTOBRE / 30 NOVEMBRE 2018

    LE CAIRE PARIS

  • Présentation du livre « Hamed Abdalla ARABÉCÉDAIRE » par Morad Montazami, conservateur à la Tate. Exposition rétrospective dans nos deux espaces : 44 rue des Tournelles 75004 Paris 28 place des Vosges 75003 Paris Tél. 01 42 76 94 93 paris@markhachem.com www.markhachem.com Contact : Mark Hachem Mob : + 33 6 14 64 81 46

    VERNISSAGE 16 OCTOBRE DE 18H00 À 20H30

    Commissariat d’exposition Mark Hachem Samir Abdalla Régis Estace Direction artistique Khéridine Mabrouk Avec des extraits de l'exposition ARABECEDAIRE, présentée à The Mosaic Rooms (Londres, 2018), conçue par Morad Montazami, conservateur pour le Moyen-Orient à la TATE Modern.

    LE CAIRE PARIS

    Couverture: Illuminations, 1980

    acrylic on paper on canvas 300 x 200 cm

    Mark Hachem remercie chaleureusement la famille Abdalla

    pour sa collaboration.

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    44 rue des Tournelles – 75004 Paris +33 (0)1 42 76 94 93

    paris@markhachem.com www.markhachem.com

    Du 16 octobre au 30 novembre 2018, la galerie Mark Hachem propose de redécouvrir un maitre du XXe : le peintre égyptien Hamed Abdalla (1917-1985). Grâce à un ensemble de pièces inédites et de qualité muséale, l'exposition est une introduction synthétique qui aborde les principaux styles de l'artiste, son évolution et ses recherches. Une première série de pièces - petits formats d'une extrême rareté - permettra de découvrir la période de jeunesse où une lumière quasi sans ombre éclaire le drame existentiel des plus démunis d’Egypte. Abdalla décrit son peuple avec empathie, dans un style personnel, fidèle mais économe, sans anecdote, déjà plus expressif que réaliste. Puis, au début des années 50, la couleur se pose en aplats géométriques et découpe le dessin. Les œuvres intègrent les fresques populaires, la monumentalité des sculptures de l'Egypte antique, les arts copte et arabo-musulman, les figures sculpturales des arts premiers. Une forme de caricature intervient et transforme les personnages. Des portraits de fellahs empruntent à la représentation des rois : premières synthèses.

    Talisman – 1978, acrylique sur papier marouflé, 97 x 136 cm

  • « Mon but est de peindre le peuple pour le peuple » - H. Abdalla En 1956, Hamed Abdalla, artiste révolutionnaire, engagé dans son temps, quitte l’Egypte pour le Danemark où il vivra dix ans avant de s’installer en France pendant vingt cinq ans. En 1957, à partir d’une recherche sur le mot arabe visage, Abdalla invente un nouveau concept qui devient prépondérant en 1960 et qui occupera l'artiste jusqu'à sa mort : « le mot-forme ». Abdalla part de l'alphabet arabe pour suggérer des figures humaines. En transfigurant un mot avec les propres lettres qui le composent, il réduit volontairement son vocabulaire de formes. L’artiste se concentre alors sur l’agencement de ces formes pré-établies, sur la matière qui les compose ou les entoure et atteint «  Det Skabende Ord » (le mot-forme) : une synthèse expressive entre la calligraphie et l’art figuratif d’une puissance extraordinaire. C'est cette trouvaille majeure qui fait d'Abdalla un artiste unique, un maitre.

    « Au commencement était le verbe » Lecteur acharné, mystique, philosophe, Abdalla retrouve l’équivalent de la première phrase de l’évangile selon Saint Jean dans les textes de l’Egypte antique et dans l’Islam. «  Le logos  » devient universel et les mots Espoir, Tristesse, Révolution, Amour, Défaite, Exil, Esclave, Amants, Shéhérazade génèrent des êtres « ayant leur physionomie propre ». L'exposition montre la richesse des techniques employées et des variations plastiques par lesquelles l'artiste a décliné son concept. Abdalla synthétise les influences, les acquis orientaux et occidentaux. Il fusionne le verbe, sa signification et son illustration dans une même oeuvre dont le sujet demeure l'être humain, universel.

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    LE CAIRE PARIS

    « Ma règle principale – comme l’artiste oriental – est de peindre la nature telle que je la vois dans mon esprit, et non pas telle qu’elle paraît à l’œil » H. Abdalla

    1956, Conscience du sol, 150x335 cm, Technique mixte Hamed Abdalla (1917-1985)

  • D’abord : des êtres, des paysages , surgis d’une surface craquelée, charriant limon et pulsations. Hamed Abdalla les appelait « Signes ». Papiers froissés, couleur de rocs et du sable. Qu’importe ! Son univers était là, mêlé à celui de l’Egypte. Cette Egypte qui, une fois vécue, demeure dans l’intense battement du sang. Ce fut, ensuite, une recherche sur vitres. Des couches de nitrate d’argent rayées de tons vifs. Il les appelait « Talismans » Qu’importe ! L’univers de Hamed Abdalla s’affirmait, se bâtissait sous d’autres formes, se cherchait dans le dessin de l’écriture. Poussant plus loin que l’alphabet et sa géométrie décorative,

    plus loin que l’inscription du mot qui a commencement et fin, il tenta d’imprimer dans la toile – au moyen de la lettre même – un lieu de plénitude, un instant d’éternité.

    Enfin, ces lettres se mirent à foisonner, à se chevaucher, créant horizons et profondeurs.

    Parfois aussi, l’une d’entre elles s’amassait Solitaire, palpable, souveraine, elle s’immobilisait ;

    devenait sembable à la pierre antique, traversée par les siècles, veinée par le temps.

    La voie d’un artiste est pleine d’avenues et sans clôture. Il va sans cesse, il peine. Il poursuit le sens toujours obscur, toujours vibrant, des choses. Il met au jour, par bribes, son monde intérieur. Ces choses que son œil aux aguets nous font redécouvrir.

    Ce monde qui contient une part des nôtres. Pour approcher une œuvre, les paroles semblent toujours de trop. Il suffit d’une attention passionnée, il suffit d’un regard.

    Limon et Pulsations par Andrée Chedid (le Caire 1920 – Paris 2011) femme de lettres et poétesse

    44 rue des Tournelles – 75004 Paris +33 (0)1 42 76 94 93

    paris@markhachem.com www.markhachem.com

    Des regards, des postures, des matières se dégage une atmosphère unique  : une mélancolie, une fatalité mêlée de résistance et d’espoir. Des œuvres des années 40 jusqu’à celles qui précèdent sa mort, c’est bien de la condition humaine qu’il s’agit : un battement de paupière, un passage éclair qui offre pourtant tous les choix et abrite l’ivresse d’une infinie liberté. R.E

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  • « Hamed Abdalla est de ces artistes qui, inscrivant leur nom sur les tables de l’histoire, réaniment dans un seul geste la mémoire collective et souterraine qui a rendu cette inscription lisible par l’homme. Comme si chaque œuvre signée de lui l’était en même temps du sceau d’une certaine civilisation, ou plutôt, une série d’escales à travers une quête de civilisation(s). » « Hamed Abdalla: Talismanic Modernism » de Morad Montazami

    conversateur pour le Moyen-Orient à la Tate Modern. « Abdalla fouille son sujet, il étudie profondément les jeux de la lumière sur les formes et ne place jamais au hasard une tache de couleur. Voyez cette œuvre étrange intitulée « Keif » où l’on peut lire toute la tragédie d’un personnage du peuple qui fume une cigarette pour y trouver un instant d’oubli. Mais que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a chez Hamed Abdalla aucune littérature, l’intellect ne tue pas le sens purement pictural, le souci anecdotique ne vient pas affadir cette œuvre maîtresse, où les touches de couleurs sont posées là pour accompagner d’une musique déchirante le drame d’une existence humaine ».

    Gabriel Boctor, 1949, critique d’art égyptien. « Le café de Manial El-Rodah (1937) fut en quelque sorte le premier atelier d’Abdalla, et les habitués de la «  chicha  » ses premiers modèles (…) Remarquons dans ces aquarelles que le coloris n’intervient que dans la mesure où il suggère à la forme une certaine vibration qu’estompent de légères nuances de brun ou de bleu assez tristes. En outre, le mouvement, saisi sur le vif, retient par la perception visuelle de l’exercice une certaine permanence réaliste qui finit par donner son empreinte à la composition. » Aimé AZAR, critique d’art égyptien in La peinture égyptienne. 1961 « Il ne craint ni les couleurs éteintes, sourdes, ni les roses à dessous bleu que voisine un marron épais. La poésie naît du dépouillement de cet être qui veut gagner du temps, « voler » la magie souveraine de l’espace neutre : aristocrate, au fond, bien au fond de lui-même, il préfigure dans ce tourment la possession de la matière qui lui échapperait s’il ne l’admettait d’emblée dans son œuvre. Il exècre l’anecdotisme : c’est l’ennemi toujours prêt à se réveiller… » Aimé AZAR, critique d’art égyptien in La peinture égyptienne. 1961

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    LE CAIRE PARIS

    CITATIONS

  • « Du café de Manial-Al-Rodah, quartier populaire du Caire à la consécration internationale en Europe dans les années 50, Hamed Abdalla a « ressuscité » l’art millénaire égyptien transmis depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours par les fils de fellahs qui ont assimilé et développé dans leur vie quotidienne les apports successifs des Coptes et des Musulmans. »