Exemple des Veterans : système public de santé

download Exemple des Veterans : système public de santé

of 92

  • date post

    06-Dec-2014
  • Category

    Documents

  • view

    1.290
  • download

    7

Embed Size (px)

description

Description de la transformation du système de santé des Veterans avec introduction d'informatique et surtout de la mesure de la qualité.

Transcript of Exemple des Veterans : système public de santé

  • 1. IL NEST DSIR PLUS NATUREL QUE LE DSIR DE CONNAISSANCELexemple inattendu des VetsComment ressusciter Lexemple inattendu des Vetsun systme public de santRformer un systme de sant public, centralis, quinquagnaire etComment ressuscitermal en point. Beaucoup, en France, aimeraient connatre la recetteEvaluation balbutiante, coordination dfaillante, ingalits criantes,cohabitation de la pnurie et de la gabegie : lhpital public commeun systme publicen ville, notre systme de soins souffre de multiples imperfectionsqui le condamnent un rendement trs infrieur son potentiel.Mais il ny a pas de fatalit. Ailleurs, confronts la mme problmatique,de santdautres ont su relever le dfi. Cest le cas du systme de sant des anciens Denise SILBERcombattants amricains : la Veteran Health Administration (VHA), donnepour morte il y a quinze ans, sest spectaculairement rforme et passedsormais dans le monde entier pour un modle dinnovation et defficacit.Dans cette nouvelle Note de lInstitut Montaigne, Denise Silber analyse lesressorts de ce succs et en tire des enseignements utiles pour moderniser,tant sur le plan de la qualit des soins quen termes de gestion, un systmede sant franais qui souffre aujourdhui, bien des gards, des mmes maux.Institut Montaigne10 38, rue Jean Mermoz - 75008 Paris ISSN 1771-6756Tl. +33 (0)1 58 18 39 29 - Fax +33 (0)1 58 18 39 28Juin 2007www.institutmontaigne.org - www.desideespourdemain.fr NOTE JUIN 2007

2. LInstitut Montaigne est un laboratoire dides - think tank - indpendant crfin 2000 par Claude Bbar. Il est dpourvu de toute attache partisane et sesfinancements, exclusivement privs, sont trs diversifis, aucune contributionnexcdant 2 % du budget. Il runit des chefs dentreprise, des hauts fonctionnaires, COMIT DIRECTEURdes universitaires et des reprsentants de la socit civile issus des horizons etdes expriences les plus varis. Il concentre ses travaux sur trois axes de recherche.Claude Bbar PrsidentHenri Lachmann Vice-prsident et trsorier Cohsion sociale : Philippe Manire Directeur gnral mobilit sociale, intgration des minorits, lgitimit des lites...Nicolas Baverez conomiste, avocat Modernisation de la sphre publique :Jacques Bentz Prsident de Tecnet Participations rforme de ltat, ducation, systme de sant...Guy Carcassonne Professeur de droit public lUniversit Paris X-NanterreChristian Forestier Membre du Haut conseil de lducation Stratgie conomique et europenne : Marie-Anne Frison-Roche Professeur de droit lInstitut dtudes Politiques de Paris comptitivit, spcialisation industrielle, rgulation...Ana Palacio Ancienne ministre espagnole des Affaires trangresEzra Suleiman Professeur de science politique lUniversit de PrincetonGrce ses chercheurs associs et ses groupes de travail, lInstitut Montaigne Jean-Paul Tran Thiet Avocat associ de CMS Bureau Francis Lefebvrelabore des propositions concrtes de long terme sur les grands enjeux auxquels Philippe Wahl Directeur Gnral de la Royal Bank of Scotland, Francenos socits sont confrontes. Ces recommandations rsultent dune mthodedanalyse et de recherche rigoureuse et critique. Elles font ensuite lobjet dun PRSIDENT DHONNEURBernard de La Rochefoucauld Fondateur de lInstitut La Botielobbying actif auprs des dcideurs publics. travers ses publications et ses confrences, lInstitut Montaigne,CONSEIL DORIENTATIONthink tank pionnier en France, souhaite jouer pleinement son rle dacteur Photo couverture Christian Schmidt / Zefa / CorbisOlivier Blanchard Professeur dconomie au MITdu dbat dmocratique.Jean-Pierre Boisivon Dlgu gnral de lInstitut de lEntrepriseLaurent Cohen-Tanugi Avocat internationalFranois Ewald Chercheur, universitaireLInstitut Montaigne sassure de la validit scientifique et de la qualitMichel Godet Professeur au CNAMditoriale des travaux quil publie, mais les opinions et jugements qui yHenri Hude Philosophe, universitairesont formuls sont exclusivement ceux de leurs auteurs. Ils ne sauraientErik Izraelewicz Directeur adjoint de la rdaction, Les Echostre imputs ni lInstitut, ni, a fortiori, ses organes directeurs.Jean-Herv Lorenzi conomiste, universitaireElisabeth Lulin Prsidente de Paradigmes et caeteraYves Mny Politologue, directeur de lInstitut Universitaire Europen de FlorenceSophie Pedder Chef du bureau parisien, The EconomistAlain-Grard Slama Journaliste, universitaire 3. Il nest dsir plus naturelque le dsir de connaissance 4. LAUTEURDenise Silber, citoyenne amricaine, MBA Harvard, vit Paris et dirige BasilStratgies, socit de conseil en sant et nouvelles technologies. Elle a djpubli, sous lgide de lInstitut Montaigne, Hpital Le modle invisible (2005).Elle est galement lauteur de Case for eHealth (Commission europenne). DeniseSilber est membre du comit de rdaction de la revue Hpitaux Sant, Socit,et Prsidente de PharMBA, lassociation des MBA internationaux dans le domainede la sant. 5. Lexemple inattendu des VetsComment ressusciterun sytme public de santpar Denise SILBERNOTE - JUIN 2007 6. SOMMAIREIntroduction .............................................................................................5Chapitre I.Un systme de soins idal ? ...........................................7Chapitre II. Les dficiences du systme de sant aux tats-Unis ...............9Chapitre III.Qui sont les Veterans ? En quoi consiste leur systme de sant ? .........................................................................13Chapitre IV. La mtamorphose dun quinquagnaire ..........................19Chapitre V.De nombreux indicateurs attestent le niveau de qualit de la VHA .........................................................................29Chapitre VI. Les contrats de performance, cls de voute de la VHA..........37Chapitre VII. Linformatisation mdicale chez les Veterans ........................41Chapitre VIII. Lorganisation du travail en ville la VHA............................47Chapitre IX. La noble mission de la VHA................................................49Chapitre X.Leons et critiques de notre cas exceptionnel.......................51Chapitre XI. Que dire de la qualit des soins en France ? ........................53Chapitre XII. Propositions ......................................................................61Conclusion ........................................................................................69Remerciements ......................................................................................71Annexes........................................................................................73 3 7. INTRODUCTIONRformer un systme de sant public centralis et mal en point, est-ce missionimpossible ? Cette question, beaucoup se la posent en France. Et pour cause : notresystme de sant souffre de multiples imperfections qui le condamnent un ren-dement trs infrieur son potentiel. Ce jugement peut paratre svre. Nos voisinseuropens ne sont-ils pas de plus en plus nombreux franchir la frontire pourbnficier des soins dispenss dans nos hpitaux ? Le dvouement de nos profes-sionnels de sant nest-il pas reconnu ? Et lOMS ne salue-t-elle pas rgulirementla qualit de notre systme de soins ?Certes. Mais cela ne saurait clipser une autre ralit, beaucoup moins reluisante,et qui peut se rsumer ainsi : lorganisation densemble de notre systme de santest largement sous-optimale. Lvaluation de la qualit des soins et de la perfor-mance des tablissements et des praticiens nen est encore qu ses prmices, alorsque de nombreuses tudes pointent du doigt des lacunes importantes dans les pra-tiques mdicales en vigueur. La coordination des soins est quasi-inexistante entrela mdecine de ville et lhpital. Les conditions de travail des professionnels desant sont source dinsatisfactions croissantes. La carte sanitaire relve des iniqui-ts importantes entre rgions. Enfin, la mise en place effective du dossier mdi-cal personnel , outil pourtant dcisif pour amliorer la qualit des soins et mini-miser les risques derreurs, se heurte des obstacles considrables.Notre systme de sant est-il pour autant condamn ? Non. Car rformer unsystme de sant public, centralis et mal en point, dautres lont fait. Cest doncbien la preuve que la tche, si elle est difficile, nest pas insurmontable. Lexemplenous vient ici des anciens combattants amricains, les Veterans. Cela peutsurprendre car cet exemple est peu connu mme aux tats-Unis, pays o desurcrot la qualit des soins ne jouit pas dune trs bonne rputation. Qui plus est,la Veteran Health Administration (VHA)* tait au bord de lagonie au dbut desannes 1990. Sa situation financire dlicate et une qualit de soins trs discu-table ont failli lui faire mettre la cl sous la porte. Mais, et cest en cela que laVHA est exemplaire, elle sest, en lespace de quelques annes, littralementmtamorphose au point de devenir un modle, tant sur le plan de la qualit dessoins quen termes de gestion et de matrise des cots. Cest la preuve concrtequun systme de sant public, centralis et quinquagnaire, est capable, malgrses pesanteurs, de se rformer de faon spectaculaire.* ne pas confondre avec le systme de soins des militaires amricains en activit. 5 8. L E X E M P L E I N A T T E N D U D E S V E T S :COMMENT RESSUSCITER UN SYSTME PUBLIC DE SANTCertes, la VHA, modle trs spcifique qui ne concerne quune fraction de la popu-lation amricaine, ne peut tre copie en tous points. Il nempche, nombre desrecettes sur lesquelles la VHA sest appuye peuvent utilement inspirer la France.6 9. CHAPITRE I UN SYSTME DE SOINS IDEAL ? QUOI RESSEMBLERAIT UN SYSTMEDE SOINS IDAL ? Les rsultats cliniques seraient mesurs et se rapprocheraient des standards lesplus levs ; les objectifs damlioration seraient rviss la hausse chaque anne ; la mdecine de ville et lhpital fonctionneraient de conserve, grce, entre autres, un dossier mdical lectronique universel o toute consultation, tout rsultatbiologique, tout examen dimagerie seraient archivs et accessibles ; ce systme assurerait aussi bien la formation initiale que la spcialisation et laformation continue