Etude CREDOC - Consommation et mode de vie en 2013 : sobriété énergétique

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    05-Dec-2014
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Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) retranscrit les résultats d’études faites en partenariat avec l’Association Promotelec en 2013 et pointe les limites des actions politiques actuelles dans le changement du comportement des Français vis à vis de la sobriété énergétique des bâtiments

Transcript of Etude CREDOC - Consommation et mode de vie en 2013 : sobriété énergétique

  • 1. Consommation et modes de vie N265 ISSN 0295-9976 janvier2014 Bruno Maresca Sur le chemin de la sobrit nergtique Engager les Franais au-del des cogestes La transition nergtique est au milieu du gu. La France a organis un dbat national qui sest clos par une synthse dans lattente dune loi-cadre. Au niveau europen, le sommet de Varsovie a rvl la difficult dune vision commune sur la politique nergtique. La monte en puissance des nergies renouvelables et lamlioration des performances thermiques de lhabitat tant des processus de long terme, les pouvoirs publics misent sur les comportements des Franais. Aprs les cogestes, le nouvel impratif sappelle la sobrit nergtique. Celle-ci veut faire advenir un mode de vie moins consommateur dnergie, mais suscite des rticences au nom de la libert individuelle. En ralit, la sobrit ne peut se limiter une injonction comportementale: elle doit tre incorpore ds la conception de lhabitat, des quipements, de lautomobile, etc. La progression du confort est, en effet, une dynamique collective qui continue de faire progresser la demande dlectricit dans un pays o le parc de btiments est de moins bonne efficacit nergtique que celui des pays du Nord. La sensibilit cocitoyenne, qui sest fortement accrue dans lopinion, ne renverse pas la tendance. Le systme institutionnel franais a une faible capacit stimuler des changements collectifs propres mobiliser les citoyens en faveur de pratiques plus durables. Pour passer un cap, la France doit prendre le tournant du bottom-up, comme le font les Pays-Bas et lAllemagne, cest--dire stimuler linnovation sociale en favorisant les initiatives collectives au niveau local, notamment par des oprations dhabitat participatif. >>Le ralentissement de la consommation dnergie > est insuffisant pour atteindre lobjectif de la transition nergtique Le dbat de la transition nergtique ne se limite pas aux arbitrages autour du mix nergtique, quil sagisse de sortir du tout nuclaire ou de rduire la dpendance au ptrole. Lambition de faire rgresser les consommations dnergie suppose dagir simultanment sur les technologies et sur les comportements. Pour rendre les Franais acteurs de btiments dhabitation et de travail plus efficients sur le plan nergtique, les politiques dincitation doivent aller au-del de lappel aux cogestes, dont on connat aujourdhui les limites. La consommation dnergie dans lensemble des rsidences principales de lHexagone sest stabilise depuis le dbut des annes 2000. Cela sexplique par une baisse de la consommation dnergie pour le chauffage qui, en 2010, est redescendue son niveau du dbut des annes 80. Dans le mme temps, dautres postes sont en croissance, soit lente comme la consommation deau chaude, soit vigoureuse comme la consommation lll lectrique des appareillages dans le logement. Pour amliorer lefficacit thermique du logement, les Franais pensent surtout lisolation et aux cogestes Rponses la question: Que faites-vous ou quavez-vous fait pour limiter votre facture dnergie? Faire isoler votre habitation 60 Adopter les bons comportements pour conomiser l'nergie 51 Rduire votre temprature de chauffage 41 Utiliser des appareils lectromnagers moins consommateurs (classes A) 38 Installer un systme de chauffage plus performant Automatiser et piloter vos quipements qui consomment de l'nergie 30 16 0 10 20 30 40 50 60 70 Source: enqute Observatoire CRDOC-Promotelec 2013. centre de recherche pour ltude et lobservation des conditions de vie 1
  • 2. Dans les locaux dactivits, notamment les activits de bureaux, la tendance est parallle: aprs une phase de stabilit entre1990 et2002, la consommation par m a baiss de lordre de 5% entre2002 et2010. Globalement donc, la croissance jusque-l continue de la demande dnergie connat une inflexion, mais elle est insuffisante pour atteindre lobjectif national dune baisse de 38% des consommations dans les btiments rsidentiels et de bureaux dici 2020. rnovation complte des btiments. Les habitations davant 1975 ont une consommation de chauffage par m deux fois plus leves que les habitations plus rcentes. Cette situation fait craindre une amplification des situations de vulnrabilit nergtique pour les mnages dont la facture de chauffage salourdit fortement, ou qui se restreignent en sous chauffant. Une part non ngligeable de la population est concerne, de lordre de 10 11% des mnages, selon les critres utiliss. Ces comportements rvlent linertie des systmes incorpors lhabitat (chauffage, ventilation) et le poids des arbitrages conditionns par le pouvoir dachat quand il sagit dquipements lourds (gros lectromnagers notamment). Seul un tiers des Franais propritaires envisagent dinvestir pour amliorer leur logement (33%) et seuls 20% pensent des travaux pour conomiser lnergie, notamment pour disposer dun systme assurant une meilleure efficacit thermique (18%). >>La France ptit dun parc ancien peu performant >>Les Franais sont acquis lobjectif de la sobrit, mais seule une minorit investit dans lconomie dnergie >>Les progrs du confort contrecarrent lidal > de sobrit La performance des systmes disolation et de chauffage progresse naturellement dans la construction neuve, aussi bien pour les habitations que pour les btiments dactivit: la diffusion des pompes chaleur, la construction de maisons BBC (btiment de basse consommation) et dimmeubles HQE (haute qualit environnementale), ainsi que le dveloppement des coquartiers conduisent des conomies dnergies significatives, les systmes les plus performants tant associs une conception optimisant lisolation et la ventilation des logements. Mais il ne faut cependant pas perdre de vue que 75% des logements qui seront habits en 2050 sont dj construits. Lenjeu le plus important nest donc pas le neuf mais bien la rnovation. Or dans lhabitat ancien, seule une minorit de propritaires ralise des travaux defficacit thermique, souvent de manire partielle (double vitrage, isolation) compte tenu des cots trs levs de la Les Franais ont intrioris trs majoritairement la ncessit damliorer la qualit thermique de leur habitation pour raliser des conomies financires. Une majorit admet quil faut rduire les consommations dnergie domestiques, pour la moiti de faon importante (48%), pour un quart modrment (26%). Parmi les diffrentes solutions pour limiter la facture dnergie, une majorit dclare avoir dj ralis des travaux disolation (60%) et adopt des comportements conomes (51%), parmi lesquels lutilisation des ampoules basses consommation est le plus cit (60%). En revanche, ils ne sont quune minorit avoir chang de systme de chauffage pour une installation plus performante (30%), et avoir remplac leurs quipements par des appareils de classe A (38%). Les cogestes qui ne cotent pas trop cher lemportent toujours sur les investissements lourds. La temprature idale recherche dans la pice de sjour est dun degr plus leve dans lhabitat rcent (en %) 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 Avant 1948 15 16 Aprs 1988 17 18 19 20 21 22 23 24 25 Lecture: 40% des Franais habitant des logements davant 1948 fixent la temprature idale du sjour 20C. Parmi ceux qui habitent des logements construits aprs 1988, 38% la fixent 21C. Source: CRDOC-DHUP 2010. 2 Les deux tiers des Franais estiment quils ont dans leur logement plus dappareils lectriques quil y a 10 ans (67%). La recherche de plus de confort simpose la grande majorit, quand bien mme les Franais sont prompts afficher des opinions vertueuses. Dun ct, 70% dclarent que leur logement est plus confortable quil y a dix ans, de lautre 69% sont plutt daccord avec lide quil faut renoncer une partie de son confort, par exemple en se chauffant moins, ou en se dplaant moins, pour contribuer rduire les consommations dnergie de la France. Le gap entre intention et pratique est systmatique quand il sagit du mode de vie, particulirement pour le confort dans lhabitation et la libert de se dplacer. Laspiration au confort thermique, travers la possibilit dassurer chez soi une temprature intrieure suffisamment leve, en est un exemple rvlateur. Sur les principes, les Franais semblent disposs des efforts de sobrit en sajustant sur la temprature de chauffage retenue comme la norme: 63% estiment que lon ne doit pas se chauffer plus de 19C. Dans la ralit, la mesure de la temprature dans la pice de sjour des habitations montre que la moyenne se situe au-dessus de 20C, et atteint 21C dans les habitations rcentes. Cest la traduction des effets rebonds qui font que lefficacit thermique des constructions rcentes (maisons BBC, immeubles HQE) ne conduit pas lconomie maximale de consommation dnergie escompte. centre de recherche pour ltude et lobservation des conditions de vie
  • 3. Pour les mnages, de meilleures performances accroissent le niveau de confort intrieur, en permettant, budget quivalent, daccder une temprature plus leve. >>Les Franais peu enclins linnovation dans lhabitation la question vous sentez-vous plus ou moins concern par le rchauffement climatique?, la majorit des Franais se dfinit comme trs sensible (57% se positionnent entre 7 et 10 sur une chelle de 1 10). Mais la question vous sentez-vous plus ou moins concern par les innovations pour le confort de la maison?, ils ne sont que 37% safficher trs concerns (entre 7 et 10 sur une chelle de 1 10). Les Franais restent peu convaincus des avantages de lautomatisation et de la rgulation des systmes dans leur logement. Seuls 14% seraient disposs investir dans la domotique, 2% seulement dclarant le faire dj. La progression des innovations dans la voiture individuelle, laquelle incorpore de plus en plus