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  1. 1. mentionavec des complments en ligne Toutleprogrammeen1volume avec les cours des meilleurs professeurs conomie 0 Licence (droit, co, gestion, AES) 0 Prpa HEC 0 Sciences Po
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  5. 5. Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris cedex 05 www.editions-eyrolles.com Annexes et bibliographies Les annexes et les bibliographies sont accessibles en ligne ladresse : www.editions-eyrolles.com/mention Le Code de la proprit intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit en effet expressment la photocopie usage collectif sans autorisation des ayants droit. Or, cette pratique sest gnralise notamment dans lenseignement provo- quant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilit mme pour les auteurs de crer des uvres nouvelles et de les faire diter correcte- ment est aujourdhui menace. En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intgralement ou par- tiellement le prsent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de lditeur ou du Centre Franais dExploitation du Droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. Groupe Eyrolles, 2008 ISBN : 978-2-212-54075-8
  6. 6. Sommaire Chapitre 1 Histoire conomique ........................................................ 7 I. MICROCONOMIE (LES AGENTS ET LEUR COORDINATION) Chapitre 2 Comportements individuels.............................................. 28 Chapitre 3 Systme de prix et quilibre ............................................ 53 Chapitre 4 Concurrence et conomie industrielle ................................ 68 Chapitre 5 tat, impt et politique publique....................................... 91 II. MACROCONOMIE (LES AGRGATS ET LES MARCHS) Chapitre 6 Monnaie, banque et marchs financiers .......................... 111 Chapitre 7 conomie du travail ..................................................... 129 Chapitre 8 Croissance conomique et dveloppement ....................... 152 Chapitre 9 Commerce international et mondialisation ....................... 169 Chapitre 10 Crises et cycles.......................................................... 189 III. LA SCIENCE CONOMIQUE Chapitre 11 Quest-ce que lconomie ? ......................................... 208 Chapitre 12 Histoire de la pense conomique : les grands auteurs et leurs doctrines.................................................. 224
  7. 7. GroupeEyrolles Chapitre 1 Histoire conomique JEAN-YVES GRENIER Atelier Franois-Simiand, EHESS GILLES POSTEL-VINAY Atelier Franois-Simiand, PSE (INRA), EHESS es interactions entre histoire et conomie sont nombreuses et dans lensemble trs asymtriques, les historiens (souvent dailleurs conomistes de formation) empruntant frquemment les mthodes, voire certaines problmatiques de la thorie conomique. Cette bonne entente signifie-t-elle convergence intellectuelle ? Oui, dans une large mesure, car lconomie aide lhistorien mieux construire ses concepts essentiels (linstitution, le march) et formuler, voire rsoudre, les problmes quil se pose. Oui, avec des rserves, que certains estimeront essentielles. La premire est souleve par les conomistes eux-mmes (David, North) quand ils mettent en question certains prsupposs de la thorie noclassique, souvent incapable dexpliquer la non-optimalit de lallocation des ressources ou les dfaillances du march. La seconde porte sur lcart qui existe entre la faon conomique, dductive, dapprhender le monde, et les moda- lits empiriques et narratives de lhistorien. Les passerelles existent et les frontires entre les deux deviennent plus poreuses mesure que proli- frent des zones intermdiaires au sein des sciences sociales, que ce soit la sociologie conomique, le courant law and economics ou la rmer- L
  8. 8. 8 Mention conomie GroupeEyrolles gence aprs une vraie mutation de lconomie politique. Leur mul- tiplication rend plus ncessaire aujourdhui quhier une rflexion sur la complmentarit des approches en science(s) sociale(s) (R. Bates et al.). UNE MACHINE EXPLORER LE TEMPS Ce chapitre entend mettre lpreuve ces interrogations propos du temps et de la dure. Cest un point de rencontre parce que tous les phnomnes conomiques prennent du temps et que lintroduction srieuse dun tel paramtre conduit repenser les catgories de lco- nomiste. Les hypothses dun march parfait, dune information com- plte ou de contrats totalement explicites peuvent certes tre reprises de lintrieur, et les thoriciens daujourdhui ne sen privent pas, mais elles doivent aussi tre reconsidres par ces spcialistes du temps que sont les historiens. LE TEMPS DU CHANGEMENT Transition au capitalisme et rvolution industrielle La transition est une forme classique pour penser le changement comme temps de passage dun ordre un autre. On connat la porte mais aussi les limites des analyses construites sur cette notion qui, sans surprise, a souvent irrit les historiens : Vous connaissez, vous, en histoire, une poque qui ne soit pas de transition ? , grommelait Lucien Febvre. Pour autant, lide de transition et ses limites mmes ont nourri linvestigation. A. Les transitions dmographiques et agricoles entre le 18e et le 19e sicle ont surtout mobilis les historiens, du fait sans doute de la grande disponibilit de sources quantifiables (registres paroissiaux, dmes). Pour la transition dmographique, qui voit crotre la popula-
  9. 9. Histoire conomique 9 GroupeEyrolles tion europenne mais aussi asiatique, il sagissait de rpondre une double interrogation. Pourquoi observe-t-on un net recul de la mortalit au cours du 18e sicle (ds 1730 en Angleterre), alors quaucun paramtre dmo-conomique ne semble lexpliquer ? Quels en sont les effets co- nomiques en termes dvolution du niveau de vie et de changements structurels (baisse du cot du travail, modification des prix relatifs, etc.) ? Du ct de lagriculture, lenjeu tait de comprendre comment un tel surcrot de population (8 30 % selon les pays) avait pu tre nourri. La rflexion sadosse un petit nombre dhypothses empruntes Ricardo (rendements dcroissants) et Malthus (forte lasticit de la rponse de la population une augmentation de revenus). Si lon sup- pose que la technique disponible ne change pas, lhistoire ne peut que suivre de longues oscillations, les phases dexpansion tant suivies dune rcession mesure que le stock de population augmente plus vite que celui des subsistances. Ce sont les grands cycles agraires pluri- sculaires, engendrs par les ciseaux ricardo-malthusiens, quont mis en vidence M. Postan pour lAngleterre et E. Le Roy Ladurie pour la France. Dans cette logique, la transition qui permet de sortir du pige malthusien suppose des changements techniques radicaux quune abondante historiographie sest efforce de reprer partir du 18e sicle. Le problme reste cependant ouvert puisquun tel modle peine intgrer deux constats : le fait que les crises les plus graves, censes rguler la relation popu- lation/subsistances, ne se produisent pas au moment o se vrifient les plus fortes densits dhabitants, ce qui suppose lexistence de formes dautorgulation dmographique ; le fait que beaucoup des changements identifis comme relevant de cette rvolution sont attests depuis le 12e sicle (voir George Grantham). B. La transition vers la rvolution industrielle a aussi souvent t pense avec les concepts conomiques usuels. Cest le cas notamment des travaux qui, inspirs par la tradition smithienne, lont conue
  10. 10. 10 Mention conomie GroupeEyrolles comme transition vers un monde de marchs la fois plus vastes et intgrs entre eux. Cest le cas galement des analyses qui ont construit leur chronologie sur un basculement des conditions de production. Au cours des annes 1950-1970, de nombreux chercheurs se sont efforcs de prendre la mesure de la croissance europenne en longue priode en reconstituant des comptabilits nationales rtrospectives. En dpit dune sophistication croissante, ces travaux ont confort la chronologie admise. Ils ont soulign lavance anglaise au tournant du 18e et du 19e sicle (mme si les valuations initiales ont t revues la baisse au point de paratre bien ples compares aux taux que connais- sent aujourdhui la Chine ou lInde), puis le dplacement progressif du centre de gravit des conomies occidentales vers lAllemagne ou les tats-Unis. Ces rythmes divergents ont alors t expliqus comme renvoyant dabord linvestissement et aux formes daccumulation de capital physique et humain pratiques dans chaque pays, donc comme principalement internes. Lattention rcente aux effets de la globalisation sur les conomies a modifi cette perspective. Privilgiant des processus externes comme les migrations, les flux de capitaux et lunification des prix, une nou- velle historiographie a rouvert des dbats. Le message en est plus opti- miste, notamment dans les travaux consacrs la priode marque par lextension des politiques libre-changistes, de la fin des Corn Laws anglaises (1846) la Premire Guerre mondiale. Dans ce cadre, les pays les plus riches, dont on avait jusque-l soulign les trajectoires diver- gentes, paraissent sinscrire dans un vaste processus dquilibre au terme duquel les salaires rels de leurs ouvriers sont rattraps par ceux des pays du reste de lEurope. Sans doute le constat ne vaut-il que pour les salaires non qualifis, de sorte quon ignore les effets ventuels des efforts faits lpoque en matire dducation (voir ORourke et J.G. Williamson). Sans doute peut-on aussi sinterroger sur le cadre mme de ce type danalyse (voir par exemple J. V. Nye). Retenons du moins quune histoire sest btie ainsi sur une analyse conomique et le type particulier de dure quelle induit, en loccurrence ici la dure
  11. 11. Histoire conomique 11 GroupeEyrolles ncessaire lquilibre. Lhistoire se scinde entre un pass durant lequel les conomies sont des iso