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  • Aux origines

    du Coran

    http://www.mondedelabible.com/

  • SommairePrsentation

    LArabie laube de lislam par Jrmie Schiettecatte

    De nouvelles critures

    Le temps de lignorance

    Lmergence de mouvements prophtiques

    Muhammad avant le mythe ou le Coran des historiens par Jacqueline Chabbi

    Loncle maudit indicateur chronologique

    La Mecque : face la tribu

    Mdine : la razzia en action

    Linspir non nomm

    La preuve gnalogique

    Lidal sdentaire et la phobie du dsert

    Sous laile des prophtes

    Le rejet du judasme et le rapt dAbraham

    Lislam daprs : une csure historique

    Le Coran des pierres par Frdric Imbert

    Toutes les routes mnent La Mecque

    Des graffitis par milliers

  • Des textes surprenants

    Aux sources du Coran : un seigneur tribal

    La plus ancienne trace de Coran

    Variations et souplesse du texte coranique

    La canonisation progressive du texte coranique entretien avec Claude Gilliot

    Deux Corans superposs : le palimpseste de Sanaa par Asma Hilali

    Muhammad, une reprsentation licite hors du champ religieux entretien avec Annie Vernay-Nouri

    Chronologie

    Glossaire

  • Prsentation

    Aux origines du Coran

    Peut-on appliquer au Coran, Livre saint des musulmans, les mmes mthodes danalyse, notamment historico-critiques, smiologiques, philologiques, pigraphiques que des gnrations de chercheurs universitaires occidentaux utilisent pour ltude des textes de la Bible ? Compte tenu de la fcondit de longues dcennies dexgse biblique, nous voulons croire quelle soit tout aussi profitable aux tudes du Coran et de lislam. Le Coran, son histoire et les plus anciens textes coraniques posent aux chercheurs de nombreuses questions.

    Que sait-on de lArabie prislamique de Muhammad lui-mme ? Que peut-on dire du processus de mise par crit du Coran et des plus anciens textes connus ? Quels rles ont pu jouer des juifs et des chrtiens dans ce processus ? Existe-t-il un Coran des origines diffrent de celui que nous connaissons aujourdhui ? Que dit le Coran des pierres, ou ces graffitis laisss par les plerins vers La Mecque, ds les premiers temps de lislam ?

    Ces questions ne manquent pas dintrt. Toutes ne sont pas rsolues. Mais les rponses, les interrogations nouvelles et hypothses avances bousculent un certain nombre dides reues sur le sujet. Et sans doute la fin de la lecture de ce livre numrique, serez-vous persuads du fait que le Coran intresse galement ceux qui sintressent la Bible

    Benot de Sagazan, rdacteur en chef

    Le nom du Prophte Nous avons utilis dans ce dossier lexpression Muhammad plutt que Mahomet, souvent plus connue du grand public, mais toutefois impropre. En effet la transcription de Prophte en arabe est Muhammad . Le nom de Muhammad, sur la couverture, a t calligraphi par Rassa, en 1899, en style Thouthi.

    mailto:DE%20SAGAZAN%20Benoit%20%3CBenoit.Desagazan%40bayard-presse.com%3E?subject=L%27Arm%C3%A9nie%2C%20m%C3%A9moire%20de%20la%20Bible

  • LArabie laube de lislam

    Jrmie Schiettecatte charg de recherche CNRS-UMR 8167

    Orient et Mditerrane

    Franges du dsert de Rub al-Khali, en Arabie Saoudite. J. Schiettecatte

  • Avant que lislam ne gagne les rives de la Mditerrane et les confins de lAsie centrale, lArabie navait fait lobjet que de bien peu de rcits

    descriptifs. La Pninsule tait reste lcart des grands Empires de Msopotamie et de Mditerrane, lexception des quelques rgions priphriques. Son pass prislamique restait nigmatique. Ce nest

    quavec le dbut des recherches archologiques et pigraphiques, au milieu du sicle dernier, que lArabie prislamique allait

    progressivement se dfaire de limage du vaste dsert parcouru de nomades, qui alimente encore limaginaire collectif.

    La pninsule Arabique est une terre contraste. Les dserts de dunes ne couvrent que le tiers de son territoire. Ils cdent rapidement la place une steppe aride ou arbore, puis aux reliefs du Hijz (ou Hedjaz, qui signifie barrire ), aux monts dOman et ceux du Ymen. Le sud de la Pninsule est arros par des pluies de mousson au printemps puis en t. Ailleurs, des pluies plus rares alimentent les oueds et rechargent les nappes souterraines, accessibles par des puits. En Arabie centrale et sur les rives du golfe Arabique, des sources artsiennes offraient, jusqu une date trs rcente, une eau intarissable.

    Il y a 5000 ans, les populations de lArabie centrale et orientale tirrent profit de ces ressources en eau pour donner naissance un terroir particulier : loasis. Une culture tage permettait, lombre des palmiers, de cultiver arbres fruitiers, crales et lgumineuses. Dans la montagne ymnite, cest par lamnagement de terrasses que les agriculteurs de lge du Bronze cultivaient le bl, lorge et le sorgho, abondamment arross par la mousson. Des crues se formaient dans les valles et taient rcupres en aval par dingnieux systmes de drivation puis canalises vers les champs. Point dorgue dune matrise croissante des techniques dirrigation, le barrage de Marib tait au dbut de lre chrtienne le plus grand barrage de lancien monde.

    Cette mise en valeur du territoire ntait pas le fait de nomades mais de villageois sdentaires, dartisans qui diversifirent leur conomie. Exploitant le cuivre des monts dOman, ils en firent le commerce par voie de mer avec la Msopotamie, lIran et

  • lIndus ds le IIIe millnaire. Un millnaire plus tard, la domestication du dromadaire ouvrit dautres routes, en particulier celle des aromates de lArabie du Sud, la myrrhe et lencens. Ils lui valurent le nom dArabie Heureuse. Au dbut du Ier millnaire, la conjugaison de ressources commerciales et de revenus agricoles substantiels contribua lapparition des premires villes le long des routes caravanires : Shabwa, Tamna, Marib, Qarn, Nagrn, Qaryat, Ddan ou encore Taym, dans laquelle Nabonide, dernier roi de Babylone, sjourna de 550 543.

    De nouvelles crituresAutre innovation cette mme priode, des critures firent leur apparition en

    Arabie du Sud et le long du Hijz, transcrivant le parler de ces populations. Plusieurs langues appartenant la famille des langues smitiques ont t reconnues, tantt dites langues sudarabiques (hadramawtique, qatabanite, saben et minen), tantt nordarabiques (lihyanite, ddanite, thamouden, safaitique). Laramen, puis lun de ses drivs, le nabaten, furent galement parls et crits dans le nord de la Pninsule.

    Les inscriptions ouvrent une fentre sur lhistoire, les cultes et la vie quotidienne de leurs auteurs. ct de textes soigneusement gravs sur la pierre par des lapicides exercs au service de notables, nomades et caravaniers ont incis, dune main moins habile, de nombreux graffitis qui tmoignent des groupes de population en prsence et de leurs territoires.

    Ces textes lvent le voile sur une socit sdentaire structure en clans et tribus. Les membres de chaque tribu partageaient un mme panthon. Des tribus se fdrrent sous lautorit dun personnage charismatique portant le titre de malik, communment traduit par roi . Ces fdrations de tribus, nommons-les royaumes, nont pas tous durablement marqu les esprits, lexception au moins de lun dentre eux, le royaume de Saba, dont la lgendaire reine serait alle la rencontre du roi Salomon. Prcisons quaucun des milliers de textes sabens nvoque lexistence de ce personnage.

  • Au dbut de lre chrtienne, de nombreux changements eurent lieu. conomiques dabord. En lan 25 av. J.-C., lchec de la conqute de lArabie par Aelius Gallus, prfet dgypte, navait pas permis lEmpire romain de prendre possession de lArabie Heureuse. En simposant sur les mers, Rome parvint nanmoins se procurer les prcieux aromates la source, en Arabie mridionale, et le trafic caravanier dclina srieusement. Politiques ensuite. Au dbut du IIe sicle ap. J.-C., le royaume nabaten,

  • au nord de la Pninsule, fut annex par lEmpire romain. Au sud de la Pninsule, un nouvel acteur dcisif apparut : des tribus fdres donnrent naissance au royaume de Himyar. Il prit progressivement lascendant sur ses voisins, annexant au IIIe sicle les royaumes de Saba et du Hadramaout puis entreprenant une politique dexpansion en Arabie centrale partir du IVe sicle. Religieux enfin. Au sein des panthons paens propres chaque royaume, le culte dune divinit dominante fut progressivement privilgi. Cet hnothisme prpara la voie au monothisme. Ce dernier tait, au demeurant, de plus en plus prsent au sein des populations dArabie, sous linfluence parfois proslyte des puissances voisines : les rois dAxoum (thiopie) adoptrent le christianisme au milieu du IVe sicle ; il tait religion officielle dans lEmpire byzantin. Un rcit du dbut du Ve sicle, lHistoire ecclsiastique de Philostorge, raconte ainsi comment lempereur Constance II envoya Thophile lIndien en ambassade auprs du roi de Himyar afin de lui faire embrasser la nouvelle foi. Le succs rencontr par cette ambassade est douteux car, deux dcennies plus tard, cest un monothisme fortement teint de judasme que le roi de Himyar, Abkarib Asad, imposa comme religion officielle. Sources pigraphiques et tradition littraire arabo-musulmane rapportent la prsence dimportantes communauts juives la fin de la priode prislamique dans les villes de Taym, Yathrib (aujourdhui Mdine) et dans la rgion du Hijz, vecteur par lequel il gagna certainement lArabie mridionale. Le massacre de communauts chrtiennes, dans la ville de Najrn et dans les ports de la mer Rouge par le roi himyarite Yusuf Asar, vers 523, entrana les reprsailles du royaume chrtien dAxoum qui, victorieux, imposa le christianisme en mme temps que Himyar devenait son vassal.

    Le temps de lignorance Durant les dcennies qui prcdent lexpansion de lislam, la pninsule Arabique

    connut des heures sombres. La tradition arabo-musulmane sen fa