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Van Gogh Autoportrait [Création 2010] Coproduction CDN -Théâtre Dijon Bourgogne et D'un Acteur, l'Autre Où l’on se rend compte que Van Gogh était un artiste complexe, cultivé et intelligent, dont la seule folie fut d’avoir aimé trop passionnément son travail et l’humanité. Contact : D’un Acteur, l’Autre : Odile Sage assistée de Stéphanie Gamarra : 01 69 49 32 09 - 06 81 91 45 08 [email protected]
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  • Van Gogh Autoportrait

    [Cration 2010]

    Coproduction CDN -Thtre Dijon Bourgogne et D'un Acteur, l'Autre

    O lon se rend compte que Van Gogh tait un artiste complexe, cultiv et intelligent, dont la seule folie fut davoir aim trop passionnment son travail et lhumanit.

    Contact : Dun Acteur, lAutre : Odile Sage assiste de Stphanie Gamarra : 01 69 49 32 09 - 06 81 91 45 08 [email protected]

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    VAN GOGH, AUTOPORTRAIT

    Textes tirs de la correspondance de Vincent van Gogh et de Van Gogh le suicid de la socit dAntonin Artaud

    Montage, ralisation et jeu : Jean OCottrell

    Musique : Jean-Marie Snia. Compagnon artistique : Franois Chattot Rgie gnrale : Antoine Barre-Foncelle

    Cration lumires : Grard Bonnot Accessoiriste : Claire Vaysse

    Sol du Lucernaire peint par : Antoine Milian

    Coproduction Thtre Dijon Bourgogne-CDN et D'un Acteur, lAutre

    On peut parler de la bonne sant mentale de Van Gogh (Antonin Artaud),

    Alors parlons-en ! Il faut parler, parler, parler . C'est d'utilit publique. Dario Fo nous invite la fin de la Naissance du jongleur : Allez sur les places de villages et parlez, parlez,, racontez, racontez comment va le monde Et oui, c'est d'utilit publique, il ne faut donc jamais se priver de ressasser les textes importants et d'aller les raconter partout, pour que jamais la mmoire ne s'teigne. Voil pourquoi il est indispensable de vous convier venir couter, rcouter, et entendre encore cette incroyable conversation entre deux frres : Vincent Van Gogh et son frre Tho, accompagne du clbre texte d'Antonin Artaud sur Van Gogh. Jean O'Cottrell nous raconte ces figures d'une saisissante faon : admirable conteur, sa prsence dmultiplie l'intensit du texte et touche en direct, au plus profond, chaque spectateur. Du fin fond de l'intimit du peintre, surgit cet appel tous et chacun : qu'est-ce que c'est que travailler comme un artisan, un artiste, un colporteur d'motions, entre la solitude silencieuse de l'atelier, et le vacarme brlant de la cit ? Comment peindre, bien sr, mais aussi comment apprendre vivre seul et ensemble "avec les moyens du bord" ? Cr en 1976 au Grenier de Toulouse, alors dirig par Bruno Bayen, le Van Gogh dOCottrell a install son bivouac en 2010 au Thtre Dijon Bourgogne avant de repartir sur les routes et en faisant une halte au Thtre Lucernaire en 2011. Venez nombreux. Qu'on se le dise !

    Franois Chattot

    NB : interview de Franois Chattot par DMTV 21, propos du spectacle : http://www.dailymotion.com/video/xcq2df_francois-chattot-et-vincent-van-gog_creation

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    La vie prsente se maintient dans sa vieille atmosphre de stupre, de dsordre, de dlire, de drglement, de folie chronique, dinertie bourgeoise, danomalie psychique, de malhonntet voulue et dinsigne tartufferie, de revendication dun ordre tout entier bas sur laccomplissement dune primitive injustice, de crime organis enfin. Que la vie un jour devienne aussi belle que dans une simple toile de Van Gogh et pour moi ce sera assez , crivait Antonin Artaud en 1949.

    Ce constat tait toujours valable quand fut cr, au milieu des annes 1970, Vincent ou La Folie dEtre. Il lest encore plus aujourdhui o lAVOIR a fini par triompher de lETRE. Il importe donc que le pauvre Vincent, arm et de fivre et de bonne sant revienne (sous le regard implacable et complice de Franois Chattot), pour jeter en lair la poussire dun monde en cage que son cur ne pouvait plus supporter. Avec Autoportrait, Van Gogh revient donc, arm dun texte plus toff (enrichi de mlodies de Jean-Marie Snia), qui laisse davantage place au plaisir de faire, et dune mise en scne plus are et plus nuance : je procde par touches colores et espaces entre elles : cela donne de lair et on use moins de couleurs. Sa soif dabsolu et une logique implacable, qui lamena au suicide, valent trop souvent Van Gogh dtre dcrit comme un fou gnial, guid dailleurs et dpass par ses chefs-duvre. Or lire limportante correspondance quil adressa quotidiennement ses amis, sa famille et surtout son frre Tho, on dcouvre un homme cultiv. Il parlait parfaitement quatre langues, jouait trs agrablement du piano et sa culture littraire et picturale tait immense. Si la mdiocrit de ses contemporains, son hypersensibilit aggrave par la syphilis (jusqu lpilepsie) et son penchant intermittent pour labsinthe le rendaient parfois difficile supporter comme voisin, ami ou frre, tous ses correspondants ont prserv ses lettres comme autant de reliques. Vincent y tmoigne dune droiture desprit indniable et dune exigence de tous les instants. Il livre, dans un langage simple, concret, artisanal, ses objectifs, sa recherche laborieuse et sa dmarche obstine, taye par la parfaite connaissance de ses matres : Rembrandt, Delacroix, lart japonais... Et cet homme pris de justice sociale cherche inlassablement une expression universelle qui puisse atteindre tous les individus, du petit Franais au seigneur de la brousse, du confrre au simple coco.

    Jai une fivre de travail continuelle et jen jouis comme une cigale. On remplit sa toile la diable. Alors pourtant on attrape le vrai et lessentiel et le spectateur en est parfois stupfait et mme enthousiaste.

    crit Van Gogh tandis quArtaud proclame que le Thtre est la gense de la cration, un thtre qui chaque reprsentation aura fait gagner corporellement quelque chose aussi bien celui qui joue qu celui qui vient voir jouer. Cest sous lgide de ces deux voyants que lacteur se coltine avec le Suicid de la socit. Le dcor figure un muse imaginaire : la chaise paille, le fauteuil de Gauguin, une brasse diris, le grand vase de terre cuite, un chevalet, une valise et une toile. Et lacteur fait de ces motifs des accessoires essentiellement thtraux.

    Comment incarner Vincent van Gogh, (quune lgende putassire dcrit comme un pauvre peintre, alcoolique, fou et maudit, qui maintenant vaut si cher) en vitant les clichs obscnes et ces ides complaisamment reues ? En mimmergeant dans son uvre, (sa peinture, ses dessins et sa correspondance), il mest apparu clairement, comme disait Artaud, quon peut parler de sa bonne sant mentale. Pour moi, interprter Van Gogh, cest livrer sur scne, avec les moyens du bord, une intimit longuement acquise, en mefforant de mettre mes pas dans les siens, fidlement et amoureusement, et de faon que tout le monde qui a des yeux puisse y voir clair. Et, comme Vincent le disait : cest toujours un plaisir que quelquun me regarde faire lorsque je travaille. Oui, il sagit, avant tout, de travail et damour. Cest en travaillant que lon se rencontre, a cest la meilleure manire. Il nest pas propos au spectateur de Van Gogh, Autoportrait dtre voyeur ou consommateur de performance, mais rellement partenaire, tout comme Tho : le frre, lindispensable, le financier, linterlocuteur privilgi, le complice

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    Avertissement : Le montage que jai fait nest pas quune succession de lettres mises bout bout. Je me suis en effet permis de forger des phrases avec des extraits de diffrentes missives, de diffrents passages. Parfois mme, principale et subordonnes manent dptres diverses. Quant Artaud, dont le verbe se mle inextricablement la prose de Van Gogh (ds que la Fatalit se fait rsolument contre) il nous fixe, au dpart, la rgle du jeu et nous en donne la conclusion. Je nai toutefois pas touch la syntaxe si savoureuse de cet tranger polyglotte, ni la musicalit singulire du Momo.

    Jean OCottrell

    Thtre de l'autoportrait

    Cest suite linvitation de Franois Chattot, qui avait vu Vincent ou la Folie dtre, qu'O'Cottrell recre le spectacle Dijon. Vincent ou la Folie d'tre devient Van Gogh, Autoportrait , signe dun changement dans la vision qua le comdien de son sujet. Comme il l'explique, l'instrument a mri, vieilli. Mais je veux aussi montrer que la dmarche artistique de Van Gogh est tout sauf folle. Et puis les choses ont volu : l'poque, j'tais tout seul et l'accent tait mis sur la difficult de crer et d'tre. Ici, Franois Chattot joue le rle de regard extrieur et j'ai enrichi le texte initial. Pour autant, le terme d'Autoportrait soulve quelques questions. O'Cottrell confie : la dmarche de l'acteur peut s'apparenter celle de Van Gogh, et ce qu'il dit sur la peinture peut s'appliquer tous les arts. Lorsque Van Gogh peint devant une personne, elle assiste selon lui au moment de l'infini . L'acte de jeu devant un public relverait du mme geste... Mais les similitudes ne s'arrtent pas l, et Jean O'Cottrell fait galement sienne cette volont de Van Gogh de peindre non pas pour les muses et encore moins pour les spculateurs, mais pour les gens . Pour le comdien, il est essentiel qu'un spectacle, mme complexe, comporte un niveau de lecture immdiat. A travers tous ces lments se dessine l'trange rapport liant les deux hommes. O'Cottrell ne cesse de s'interroger sur comment incarner cet homme-l ? Et jusqu'o l'incarner ? On comprend alors l'attachement particulier de Jean O'Cottrell pour ce spectacle, dans lequel il partage son intimit avec un peintre dont l'uvre a ouvert des voies pour d'autres peintres, tout en modifiant fondamentalement notre faon de voir.

    Extrait de Van Gogh, autoportrait :

    Raisons intimes par Caroline Chtelet janvier 2010 (Retrouvez lintgralit de cet article sur www.tdb-cdn.com)

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    Extraits de Presse LE BIEN PUBLIC Guillaume Malvoisin

    Jean O'Cottrell a pris possession de Van Gogh et l'a jou avec une rare intensit. Photo Vincent Arbelet

    L'insolence est un art difficile. Qu'est-ce qui pousse un comdien se jeter dans la correspondance de Van Gogh son frre, en tailler au mtronome une partition complexe et la dresser clairement face la foule dans la pnombre ? Rien. Et c'est ce rien qui fait le prix de ce spectacle-l. Ce rien dont l'cho nous renvoie la lucidit du Hollandais. Celle qui le mne voir le jaune, dfaut de voir la vrit dans le blanc de l'il. Pour pouvoir vivre un peu mieux, simplement.

    Calme et harmonie

    Van Gogh le dit comme une vrit impntrable : on n'allume pas la bougie l'attention du papillon. Qu'est-ce ce qui peut alors le pousser s'y brler le corps et l'me ? Sans doute une chose voisine de ce qui nous pousse entrer dans les maisons de thtre comme dans les maisons de tolrance. Furieusement inutile, le thtre mais, sortant d'un spectacle comme Van Gogh, Autoportrait, on serait tent d'ajouter ceci : indispensable.

    C'est dans l'il du spectateur que Jean O'Cottrell, rouquin mimtique, traque le calme et l'harmonie rclams par le peintre.

    Jouant constamment avec nos attentes, O'Cottrell s'ingnie pratiquer le dtour, dmonte la correspondance du peintre et recompose, l'aide de Franois Chattot, tribun rptition qui l'accompagne, une sorte de danse. Le plateau jaune qui porte le comdien devient pome solide.

    C'est un Van Gogh rare, loin des vitrines touristes, qu'il expose. Avec cette libert et cette insolence propre aux jazzmen. Ornette Coleman crivait d'un sax cuivr : Beauty is a rare thing (la beaut est une chose rare). Dont acte. FROGGYDELIGHT - Nicolas Arnstam () Le montage est si remarquablement ralis que bien quil parle son frre, on a la sensation de pntrer dans lintimit du gnie hollandais et dentendre ses considrations sur la difficult dtre artiste et de vivre de sa passion, mais aussi sur le plaisir de peindre, de communier avec la nature et lenvie dtre aim. On dcouvre ainsi "de lintrieur" un homme plein de contradictions mais avant tout corch vif et plein de lucidit. (...) Ce soir-l, il nous a sembl rencontrer le vrai Vincent dans cet autoportrait sobre et fort o le peintre est camp avec une sincrit qui force ladmiration par un comdien habit par son amour du personnage et de lhomme.

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    LA CROIX - Didier Mreuse Sous le soleil de Van Gogh () Entre l'acteur et le peintre, l'empathie est profonde, le premier faisant approcher comme rarement la vrit du second. Loin de toute imagerie sulpicienne pour gnie min par la folie.

    Gaillard costaud, solidement bti, qui se dbat avec sa solitude et son besoin d'amour. S'abandonnant au dsarroi lorsque l'aime Kate l'abandonne ou que les siens le rejettent comme une "sale bte", un chien qui "a trop de poils" et "pourrait mordre". Emport par la rage de travail pour percer le secret des couleurs, fig par "le regard idiot de la toile" qui dit au peintre : "tu es idiot". Rid comme vieilli avant l'ge, il dit encore : "je voudrais peindre pour que qui a des yeux puisse y voir clair".

    Tout le secret de cet Autoportrait est l.

    LE MONDE.FR- Judith Sibony

    Van Gogh et son double Au Paradis du Lucernaire (cest--dire dans la petite salle situe tout en haut de ldifice parisien), il y a un trs doux moment de thtre vivre en ce moment : la rencontre de deux personnages, mouvants en pleurer. Il sagit du peintre Van Gogh (1853-1890), dont le spectacle propose un autoportrait*, et du comdien Jean OCottrell, qui sempare de la correspondance de Van Gogh et linterprte comme le rle de sa vie. Lacteur est en effet devenu le vritable co-auteur de cet autoportrait , lui qui a choisi, un un, les extraits de lettres, comme autant de touches colores dun tableau intrieur. Si bien que dans ce spectacle, on ne saurait sparer celui qui peint de celui qui est peint.

    Dailleurs, le comdien ressemble de faon troublante son modle. Et la posie du spectacle offre un cho parfait celle des toiles du clbre peintre. Si la mise en scne convoque tous les accessoires familiers de Van Gogh, ce nest pas titre dillustration, mais bien en tant que signes vocateurs. La chaise de paille, le fauteuil, le vase brch, le chevalet, la toile et la valise sont alors autant dchantillons qui confirment le pouvoir symbolique des objets sur une scne. Sans oublier la gerbe diris, que lacteur dploie au moment o Van Gogh dcrit sa palette de couleurs. Montrer des fleurs naturelles pour traduire le travail dun inventeur de couleurs, cest une ide thtrale qui vise bien plus juste quune simple transposition. Enfin au-del les images, on est aussi frapp par la douceur imperturbable avec laquelle le comdien interprte les lans denthousiasme, de tendresse, ou de folie du grand peintre. Les phrases de Van Gogh nen sont que plus touchantes, commencer par ce beau refrain, que Jean OCottrell rpte lair de rien, au dbut du spectacle, en chantant sur une musique de Jean-Marie Snia : Il n'y a rien de plus rellement artistique que d'aimer les gens . Cette petite phrase en dit long sur le personnage si tragiquement solitaire, qui rvait en vain davoir femme et enfant, et qui disait que vivre, travailler et aimer ne sont pratiquement quune seule et mme chose . plusieurs reprises, le peintre rput sauvage fera galement cet aveu : cest toujours pour moi un plaisir quon me regarde faire quand je travaille dehors . A celui qui aimait avoir des spectateurs, cest donc rendre justice que de transposer son autoportrait en spectacle. Et puis, de la peinture au thtre, il ny a quun pas, comme aimait le dire Antonin Artaud, dont le texte Van Gogh le suicid de la socit offre les premiers mots du spectacle dOCottrell. Dans Le Thtre et son double, il rigeait certaines toiles suprmement matrielles et anarchiques en modle de ce que devrait tre le thtre *. Cest lui rendre justice lui aussi, tout en finesse, que de faire retentir dans un thtre ses propos sur un grand peintre.

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    LA TERRASSE - Vronique Hotte () Le comdien vif et inspir Jean O'Cottrell campe sur la scne la fois l'homme et l'artiste en qute d'absolu. Le spectateur est convi une recherche de tous les instants travers laquelle l'tre infiniment fragile et profondment humain qu'est Vincent s'exprime pour vivre et survivre. ()

    Habit par sa passion de peindre et un dsir d'expression forcen, il ne cesse en mme temps de questionner le monde et son frre Tho, un autre lui-mme aux antipodes de sa propre posture sociale, tous deux l'coute sincre l'un de l'autre. ()

    Rien ne manque de l'imaginaire solaire diffus par l'icne picturale attachante. Prennent alors vie, dlicatement l'vocation du caf Arles et les lumires des toiles clestes dans le firmament noir: O'Cottrell est plus Van Gogh que nature. () Rien ne manque au souvenir magistral d'un artiste injustement mconnu et devenu une rfrence artistique d'envergure en notre poque d'indcision et d'incertitude.

    Un beau travail prcis et concret qui fraie en mme temps avec la beaut et l'onirisme qui jamais ne lasse. FRANCE INTER - Paula Jacques Cosmopolitaine

    "Je voudrais vous faire partager mon enthousiasme pour un spectacle que j'ai dcouvert hier, intitul "Van Gogh, autoportrait" crit et jou par Jean O'Cottrell. Jean O'Cottrell est un comdien extraordinaire d'une cinquantaine d'annes qu'on ne voit pas assez souvent sur scne, mais je le souponne d'y tre pour quelque chose. C'est un homme trs exigeant qui a un sens de l'absolu de son mtier, un peu comme cet artiste "Van Gogh" auquel il consacre une heure absolument extraordinaire.

    Jean O'Cottrell a donc pris des lments dans la correspondance de Vincent Van Gogh son frre, mais aussi sa famille, ses amis, des lments dans 'Le suicid de la socit" d'Artaud et il a construit une heure magnifique de monologue durant laquelle nous assistons toute l'intriorit de cet homme, simple, ptri d'absolu et de passion pour son mtier qui est en mme temps, sous ses dehors frustres, un trs grand connaisseur de l'art.

    Il compose une heure avec cet homme qui est compltement poursuivi on a beaucoup parl de la folie de Van Gogh, effectivement on a parl de cette oreille coupe, mais c'est peut-tre finalement une sorte d'anecdote par rapport au chemin de son calvaire. Son calvaire tant : "comment saisir la beaut, comment vivre seul, comment vivre sans le rconfort d'une femme, comment arriver tre meilleur me dpasser et est-ce que tout a finalement n'est pas plus puissant que moi. Il y a une sorte de lutte contre la chose absolument impossible renverser qui est l'excellence et c'est un combat qu'il va perdre. Il va le gagner bien aprs sa mort.

    Jean O'Cottrell est un conteur merveilleux et il a l'habilet dans sa mise en scne de meubler on ne le voit jamais peindre videmment (il n'y a rien de pire que de voir un peintre peindre ou un crivain en train d'crire) de meubler la reprsentation par l'activit incessante des mains de Van Gogh, cet homme qui est fait pour ptrir la matire et qui passe son temps dplacer des petits objets dans sa chambre, il les dplace avec une mticulosit qui laisse dj entrevoir la folie qui va le gagner.

    Bref allez voir Van Gogh autoportrait, vous m'en direz des nouvelles."

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    TELERAMA (national) Emmanuelle Bouchez Un Van Gogh fendre le cur. La chaise en paille dfraichie, les galoches, la couleur jaune au sol Un premier regard rapide laissait craindre trop dillustrations littrales dans ce Van Gogh Autoportrait, compos dextraits de la fameuse correspondance de Vincent avec Tho, son frre et dune touche dArtaud (la suicid de la socit) Mais Jean OCottrell parle juste, demble. Il porte son personnage grce tous ces accessoires sems comme des cailloux sur sa route dacteur. Sans eux, il ny parviendrait pas. Avec eux, il remonte le cours des humeurs de Vincent, puissant mlancolique ou fervent crateur affam de peinture. Mieux encore, OCottrell chante des ritournelles nous fendre le cur, et finit par apparatre de plus en plus creus, de plus en plus rouquin, de plus en plus Van Gogh. LHUMANITE Charles Silvestre Lamour fou de Vincent Van Gogh Van Gogh na pas fait cadeau au monde de ses seuls tableaux. Il lui a aussi offert un suprme exemple damour fou. Cest ce Van Gogh que rveille Jean O Cottrell qui, il y a trente-cinq ans, jouait lautre face de Van Gogh, celle de la dmence.

    () Le Van Gogh dO'Cottrell est un homme aux sentiments lmentaires. Altruiste de lart : "Je nai pas assez de mains, de toiles, de couleurs, pour peindre tout ce que je vois de beau". Ou encore : "Je veux peindre de faon ce que tous ceux qui ont des yeux y voient clair". A la recherche perdue de lamour, dune femme, 'cet infini'. Citations issues de ses lettres. Lacteur compose ainsi, par touches successives, un autoportrait de Van Gogh. Au centre, cette tte de "boucher roux", selon la gniale expression dArtaud, que sest faite Jean O'Cottrell. Lhomme se dresse, terrible et doux. Il va de la chaise paille au tas du chevalet, de la toile, et du vase, manipule lentement chaque chose, met son phonographe en route. Cette srnit est traverse de fulgurances. La fameuse oreille coupe, signe de sa folie, est suggre en un clair : le couteau de lartiste tranche un iris retir du bouquet, puissante mtaphore qui rassemble la chair de lartiste et le chef - duvre. "Le corps sous la peau est une usine surchauffe", rpte-t-il. Jean O Cottrell ne joue pas Van Gogh, il est Van Gogh. Au sol, il dispose en forme de silhouette le pantalon et la chemise quil a quitts. Et lon peut y voir le bleu du travailleur ou une crucifixion. Au final, le peintre revient surmont de son fameux chapeau de paille ceint de douze bougies allumes. Il chante, comme une mlope, "la cueillette des olives, les alyscans, le caf dArles". Les uvres de Van Gogh enchantent, dit-on, le monde. Puisse sa vie connatre un jour le mme destin. FRANCE CATHOLIQUE- Pierre Franois

    Van Gogh, autoportrait est une pice prenante. Au sol, un tapis de la couleur de ses clbres tournesols. Et un amas d'ustensiles parmi lesquels on n'identifie au premier regard qu'une chaise et un chevalet. Au fond cour, un homme assis, la tte entre des mains refermes, formant des poings. () D'emble est abord le thme de la folie. Les propos sont d'Antonin Artaud car le spectacle mle la correspondance de Vincent avec Van Gogh, le suicid de la socit (1949). Mais heureusement, d'autres sujets sont aussi proposs la rflexion ou au ressenti du spectateur. Au premier rang desquels la plonge dans un univers artistique. Cette dimension est particulirement russie : on sent ds les premires rpliques combien il nous faut abandonner nos repres habituels pour nous laisser prendre par le monde intrieur de Van Gogh, ici prsent d'une faon unifie. ()

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    Rien que pour cette dimension, cette pice mrite le dplacement. Le talent du comdien est largement la hauteur du propos, et les deux combins crent une ambiance singulire, potique et didactique la fois. Captivante aussi THEATRORAMA - Dany Toubiana

    Une palette d'motions Dans une lumire tamise, sans reliefs et quelque peu blafarde, dune voix forte, lhomme lance la phrase alors quil tient son visage dans ses mains. Il est assis sur une chaise aux pieds rafistols avec de la ficelle. Il lve la tte et Van Gogh se trouve devant nous, la barbe et le cheveu roux, le regard bleu, direct et pntrant, tel que ses autoportraits nous le laissent imaginer. Durant une heure, Jean OCottrell lui prte sa voix aux inflexions douces et aux fulgurances mtalliques. () On dcrit souvent Van Gogh comme un fou gnial dpass par ses chefs duvre. Or dans sa correspondance, on dcouvre un homme cultiv, qui parlait quatre langues, avec une immense culture littraire et picturale. (...) Pas pas, OCottrell fait coexister dans son adaptation le trivial et le savant : les difficults se nourrir, les extravagances et les rapports compliqus aux autres et les rflexions labores sur sa recherche obstine de la couleur et de la forme. () Lastuce de la mise en scne consiste aussi viter sur le plateau lillustration des tableaux de Van Gogh. () Pourtant la fin de la pice, tous les grands thmes des tableaux de Van Gogh sont prsents. () Le dcor si simplement pos, devient le muse imaginaire des uvres de Van Gogh que chacun porte en soi. ()

    Dans un jeu puissant et sobre la fois, avec une grande conomie de gestes, OCottrell donne vie au corps maci de Van Gogh. () Il construit avec patience un personnage qui, mme dans les instants de dsespoir et de folie, apparat peu peu dans toute son humanit et ptri de la lucidit du visionnaire. Explorant lintimit rvle par les lettres de Vincent, Jean OCottrell dmultiplie lintensit du texte et construit au fur et mesure des perspectives la rflexion. () COUPDECOEUR THEATRE - Muriel Mangin Un immense spectacle et une performance lumineuse de Jean OCottrell dans le rle de ce gnie dchir damour dont le cri de dsespoir rsonne longtemps aprs la fin de la reprsentation. Une plonge intime dans lunivers de Van Gogh qui ravive les souvenirs que nous pouvons avoir de la vie de ce grand peintre : sa passion pour lart et son refus den faire un commerce, son got pour la couleur jaune, ses affres et tourments, son attirance pour labsinthe, sa maladie mentale qui parfois le submergeait, sa subtile correspondance avec son frre Tho Tout cela est magnifiquement voqu dans les textes crits et interprts par Jean OCottrell avec beaucoup dmotion et de talent.

    Jean OCottrell redonne vie Van Gogh ; une performance toute en motions, lintensit croissante qui laisse le mystre planer sur la cause du mal tre psychique de ce grand peintre. () Un moment vivre sans attendre.

    EVENE.FR Ccile David Citron, ocre, or ple. Seul, Vincent Van Gogh (1853-1890) fait le point dans sa modeste maison jaune. Le dcor est simple : un vase en terre cuite, un chevalet, une toile jaunie, une valise, un bouquet diris, une chaise en paille et le fauteuil de Gauguin, meilleur ennemi de lartiste nerlandais. () Le peintre enchane les monologues et les conversations avec Tho, son frre ador.

    Dans ce seul-en-scne, le clair-obscur domine : Vincent voque ses heures sombres, sa folie, sans pour autant noircir le tableau. Car avant lhomme nvros, cest bien ltre passionn qui lemporte. Celui qui aime la vie, les femmes et la nature, le soleil en premier. La fameuse scne de loreille coupe est

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    voque furtivement et de faon mtaphorique. Ainsi, au moment de porter le coup fatal, la lame de rasoir quitte le visage de lartiste pour finalement trancher la tige dun iris.

    Lacteur et metteur en scne Jean OCottrell colle des textes de Van Gogh lui-mme, de sa correspondance et des extraits des ouvrages dAntonin Artaud. Le tout port par les mlodies de Jean-Marie Snia. Sous les traits dOCottrell, Vincent Van Gogh se raconte, en pome et en chanson, avant de sen aller peindre dans la nuit noire. En paix. DIVERSIONS - Dominique Demangeot. Van Gogh, Autoportait est un monologue lumineux bas sur la correspondance entre le peintre et son frre Tho. L'change pistolaire est encadr par quelques passages de l'lgie sombre qu'Antonin Artaud consacra au peintre hollandais en 1947 : Van Gogh le suicid de la socit. Car Van Gogh est un artiste maudit que la socit bien pensante a voulu faire taire coup de mdecine et d'opprobre. Artaud et la suite O'Cottrell, s'emploient nous le dmontrer. Mais la pice, belle performance d'acteur, reconnue unanimement par une attention sans failles du public, s'intresse d'autres aspects du peintre qui nous est prsent sur un plateau nu, parmi ses objets ftiches, l'indispensable chevalet, la palette macule de couleurs, une vieille valise use. Van Gogh nous entretient de l'art de peindre avec un amour non feint. Il faut l'entendre parler de la composition d'un tableau, quilibrer les couleurs, oser les contrastes, visage solaire sur ciel d'azur. Van Gogh le confesse lui-mme : s'il mne une vie de chien, la peinture le mnera vers l'humanit, et c'est bien un peintre humain, trop humain que nous prsente Jean O'Cottrell, un artiste avec ses envies de femmes, ses faiblesses, ses attentes. Les variations de lumire ocre nous rappellent les paysages de Provence que le peintre hollandais a peints avec la sensibilit qu'on lui connat. Une atmosphre paisible baigne le plateau, si ce n'est de brefs accs de rage zbrant ce monologue dans lequel Van Gogh apparat calme et serein, loin de l'alin qu'a voulu nous dpeindre la mdecine. L'oreille coupe est mentionne, tout comme la main brle, mais ces deux lments qui forment le mythe de Van Gogh (le folklore ?) restent l o est leur place, en priphrie. Tout est histoire de peinture finalement, de reprsentation de la ralit et ce jeu, Jean O'Cottrell nous donne voir un Van Gogh philosophe, ddi tout entier sa peinture, ne faisant qu'un avec elle. LA REVUE DU SPECTACLE - Jean Grapin Les mots du peintre comme empreinte, comme parfum Jean OCottrell, qui cre "Van Gogh, autoportrait", est un comdien qui sait raconter. sa manire. Dans une forme de distance chaleureuse avec les mots, il dit Van Gogh ; et le spectateur, avec bonheur, rencontre le peintre qui converse, en toute libert, franchise et affection, avec son frre. Le comdien dlivre des signes discrets pour fixer le cadre. Pour lui, une barbe taille un peu roussie, autour de lui, une valise, une chaise, un fauteuil, un chssis, une palette, des iris. lments dune vocation.

    Dans une grande maitrise de jeu, Jean OCottrell refuse dentrer dans un quelconque personnage, de poser quelque dcor que ce soit .Il laisse se dvelopper les passions qui sous tendent le texte.

    la manire dune archologie respectueuse de son sujet, il sollicite un face face fructueux entre le rcit et le public. Ce travail rigoureux donne du relief et de lintensit. Crant de fait une intimit de qualit, justement et discrtement appuye par la musique de Jean-Marie Snia.

    Le comdien, par touches successives, imprgne lespace de la scne de la prsence du peintre. Lui donne une cohrence tout humaine.

    Au final, lorsque le comdien salue, il semble se dtacher des interstices de la reprsentation, de la scne. Celle-ci est charge dmotion. Cest bien dans latelier que le peintre vient de quitter que le spectacle a eu lieu. Les mots du peintre comme empreinte, comme parfum. "Van Gogh, autoportrait" est une uvre de cnesthsie russie.

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    CULTURE SANS CENSURE S. D. et M. D. Plus quune incarnation, Lacteur et metteur en scne, OCottrell, est Van Gogh, tant physiquement, cela en est troublant, que mentalement. On le voit, on lcoute et on y croit. ()

    La mise en scne est minimaliste, tous les objets prsents sur scne ont un rle jouer : le chevalet, la bougie, la peinture. Ici, l'homme se confie son frre Tho mais pas seulement. Ses lettres sont tellement universelles qu'elles ne peuvent s'arrter ces deux individus, allant bien au del. Les thmes abords sont bien trop profonds pour tre limits.

    Tout l'intrt de la pice se situe dans la configuration de cette mise en scne, le triptyque entre Vincent, l'acteur jouant le peintre et les spectateurs. Il permet d'tre au cur de la vie de cet artiste et de ne pas s'arrter ce que nous connaissons dj. On (re)dcouvre alors que le peintre n'tait pas fou, mais bien un artiste passionn, trop exigeant avec lui mme, en permanence dangereusement insatisfait, rong par la syphilis et sa vie de bohme. Nous constatons ses talents littraires, la difficult de sa vie.

    Il est intressant de voir quel point la vie de cet homme suscite encore et toujours une envie de le raconter, d'crire sur lui, plus que tout autre peintre. En 1942 plus de 777 tudes avaient dj t publies depuis 1890. Sa vie mystrieuse, ses choix pas toujours vidents, interrogent. "Il y a dans tout dment un gnie incompris dont l'ide qui luisait dans sa tte fit peur, et qui n'a pas pu trouver que dans le dlire une issue aux tranglements que lui avait prpars la vie."*crit Antonin Artaud son sujet.

    Le Thtre du Lucernaire propose une interprtation diffrente de la vie tourmente de cet homme voulant tre pasteur avant d'tre peintre, se servant des couleurs pour continuer vivre, essayer d'tre aim et qui devra attendre sa mort pour devenir un des peintre les plus connu et reconnu dans le monde. POLITIQUE MAGAZINE Madeleine Gautier

    Une ressemblance troublante

    Le rideau souvre sur lespace de vie du peintre. Jean OCottrell incarne Van Gogh et lon reste saisi par la ressemblance troublante qui sajoute lintensit du texte. Le spectateur, que lon accueille comme un ami, est convi pntrer cette me ptrie dhumanit autant que de fureur et qui, sous lcorce des choses, cherchait des vrits de la vie mme. () Peut-on comprendre sa peinture si lon ne tient pas compte de la force de cette nergie hallucinante qui domina toute son existence ? Port par llgance de son style, Jean OCottrell a su traduire avec motion cette vie toute entire tendue vers la cration, avec pour seul bagage la couleur et sa puissance dexaltation. LE MAGUE.NET - Thierry de Fages

    (..) A travers une remarquable prestation, lacteur Jean OCottrell nous fait dcouvrir un Van Gogh moins connu : un homme la fois cultiv et mditatif, qui expose avec calme ses thories picturales rvolutionnaires, qui sinterroge sur lorientation stylistique de son ami Gauguin, qui fait partager ses rves de phalanstre artistique. Ce mme Van Gogh, exalt et vindicatif, qui lance ses imprcations contre un monde bourgeois jug stupide, pourri et corrompu. Comment incarner Vincent Van Gogh, ce pauvre peintre, alcoolique, fou et maudit, qui maintenant vaut si cher ? , sinterroge Jean OCottrell. Notre quilibriste du Lucernaire a un choix lumineux : il donne cet tre foncirement ambivalent, mi-homme sage, mi-artiste fou une vritable intimit, souligne symboliquement par un espace scnique la fois bohme et recueilli, mtaphore de lunivers mental de Vincent : une chaise paille, le fauteuil de Gauguin, une brasse diris, le grand vase de terre cuite, un chevalet, la valise, une toile

    Dans cet espace confin aux lueurs de maison auversoise, le pauvre diable roux nous confie autant sa fascination pour cette dernire halte printanire que sa mfiance envers le docteur Gachet, vampire

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    bourgeois lafft de ses toiles. Par un jeu simple et vocatoire, Jean OCottrell nous rappelle tout le mal de vivre de celui quAntonin Artaud qualifiait de suicid de la socit () Mais subtilement, lacteur nous dvoile un homme plus complexe. A limagerie dEpinal de premier peintre punk du XIXe sicle ou dun Claude Lantier hystrique addict des couleurs jaune-orange psychdliques, Jean OCottrell juxtapose un autre homme plus humain, plus cultiv, presque tranquille, qui propose de fines analyses psychologiques et esthtiques rvolutionnant le monde de la peinture (les lettres Tho).

    Avec grand talent, Jean OCottrell tente sur scne de percer le secret dun artiste fondamentalement paradoxal. LES 3 COUPS - Aline Bartoli

    On ne se suicide pas tout seul () Loin des clichs, le comdien nous dvoile un portrait intime du peintre avant-gardiste. Sans prtendre une rhabilitation, il sagit dun hommage mouvant offert un artiste incompris et fort mal aim de son vivant.

    () Judicieusement choisies et arranges, ces lettres retracent chronologiquement les moments cls de la vie de Van Gogh : les dceptions amoureuses, le rejet de son pre, loreille coupe, lasile, la faim, la religion, lalcoolisme, pour nen citer que quelques-uns. La pice prsente ainsi un contenu trs riche puisque de nombreux aspects de la vie de lartiste sont traits de manire sensible, sans tomber dans lexplicatif. Et l o on aurait pu sattendre la caricature dun artiste asocial totalement habit par sa passion autodestructrice, le miracle se produit : le spectateur est convi entrer dans lintimit dun homme attachant, vulnrable, entier et cultiv. Un homme certes avec une passion peu commune pour son poque, mais avec ses doutes, son envie de vivre, dtre pay pour son travail et par-dessus tout avec lenvie daimer et dtre aim. Lamour quil porte la beaut, la nature, lhumanit et aux femmes contraste avec le strotype de lartiste solitaire en marge de la socit.

    Un dcor figuratif, une mise en scne arienne et potique Le dcor invite la rverie, une balade dans les champs de bl dAuvers-sur-Oise. () La mise en scne, quant elle, se sert dobjets symboliques poss et l. () De courtes mlodies chantonnes rythment agrablement la pice et insufflent la posie et linnocence de cet tre de lumire qutait Vincent Van Gogh.

    Une interprtation lumineuse Jean OCottrell relve le dfi du monologue sans aucun temps mort et porte brillamment la pice lui seul. () et sadresse intentionnellement au public. Dans cet change essentiel entre le comdien et son auditoire, il entend incarner le lien qui unissait Vincent Tho. Le spectateur devient alors le confident, lami qui smeut de la misre et de la solitude de lartiste et assiste impuissant sa dchance. Ce crescendo, cette monte progressive vers la dmence au fil de la pice est trs habilement joue, sans jamais verser dans lexagration. Par le choix des textes et son interprtation, on devine demi-mot le point de vue du comdien : Van Gogh ne serait-il pas tant devenu fou par sa folie cratrice que par le poids dune socit qui la stigmatis comme tel tout au long de sa vie ? La question reste entire, mais comme Jean OCottrell le dit si bien : On ne nat pas tout seul, et on ne se suicide pas tout seul non plus . SPECTACLES SELECTION

    Il est seul en scne, assis sur une chaise, resserr sur lui-mme, dans un silence de mditation et de recueillement. Il, cest Vincent Van Gogh, que la ressemblance de Jean OCottrell son modle rend immdiatement prsent. Il se dplie et commence ses prgrinations volubiles au cur de son atelier, au cur de ses penses et divagations, entre souffrance et solitude, dans lapparente folie qui monte inexorablement. Seul, assoiff de chaleur humaine, en qute damours mme vnales, dans ce refus et cette incomprhension que lui opposent sa famille, le monde environnant. Et pourtant ce monde qui lui refuse loriginalit et la non-conformit, le peintre gnial le voit et le magnifie, sans amertume aucune, dans la luxuriance des couleurs brutales. Exigeant jusque dans le moindre dtail, il revendique avant toute chose lomnipotence du travail, car cest en travaillant que lon se rencontre, a cest la meilleure manire. La peinture, pour lui, est la respiration possible du monde, pas celui des

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    esthtes dans la forteresse de leur cage dore, mais bien celui, universel, des gens ordinaires ou non, des cocos comme des vrais amateurs de soleil, de champs et de ciels. Comment imaginer que voisins et contemporains dune telle force vive aient pu supporter celui quils ont tous prfr considrer comme alcoolique et dment ? Dans sa qute du vrai et de lessentiel, il leur renvoyait dans un miroir sans concession la pusillanimit de leurs ternes existences, leur incapacit sabstraire de la trivialit et de la cupidit quotidiennes. Antonin Artaud ne sy est pas tromp qui rvait que la vie devienne aussi belle que dans une simple toile de Van Gogh. Dans lespace thtral qui se fait mtaphore des annes de cration du gnial Vincent, Jean OCottrell volue entre absinthe et bouquet diris, devant le chevalet et la toile encore vierge. Gestes modestes et quotidiens avant la mue finale, lorsque, crucifi sur sa dernire dfroque, il voque avec une motion et une force saisissantes le dpart de cet tre vou lincomprhension dun monde qui sest pourtant, sans vergogne ni remords, empar de la manne que lui offrait post mortem cet illumin gnial et prophtique. Une leon de lart au plus noble degr de son utilit universelle, servie par un comdien magnifiquement inspir. Un bonheur soffrir, toutes pollutions cessantes B.C. LERIDEAUROUGE - Batrice Chaland

    () Sensationnelle prestation d'un grand comdien qui se fond dans la peau de son personnage pour restituer son image, pour perptuer son message. Un incroyable mimtisme qui force respect et mutisme. Paroles et chansons qui se mlent, tandis que les fils se dmlent. Cest un admirable travail. ()

    ACTEUR - M. Bertin Jouer la folie avec pudeur rvle lintelligence du comdien et la ralisation tmoigne dun sens aigu de lellipse de ce qui est essentiellement thtral... Familiers ou non de luvre picturale et des lettres Tho, il ne faut pas craindre de prendre la main que nous tend ce passeur. FR3 MARSEILLE Marie Albe

    Les mots : spectacle, thtre, art, sont abolis. Cest vivre tout simplement, comme un moment fort de notre vie.

    REVOLUTION Jean-Pierre Lonardini

    Un spectacle tout de savoir et de respect, qui concerne toute la cration artistique. A voir sans hsiter.

    FRANCE CULTURE - G-H. Durand

    Cest Van Gogh qui est l, dans la chambre dArles. Et cest Van Gogh face la nudit de sa toile blanche... Cest la fois toute la tragdie et la profondeur de Van Gogh que lacteur russit dun seul coup incarner. Et il ne ressemble plus du tout, il est... Cette pice nest plus une pice et lacteur russit vivre la passion et nous la faire partager.

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    Repres biographiques Vincent van Gogh (30 mars 1853 Groot-Zundert, Pays Bas 29 juillet 1890 Auvers-sur-Oise) 1880 sinscrit l'Acadmie royale des beaux-arts de Bruxelles 1886 sinstalle Paris 1886-1889 ralise douze autoportraits, dont lAutoportrait l'oreille bande 1888-1889 travaille et habite en Arles aux cts de Paul Gauguin. Il peint les Tournesols 1889-1890 sjourne volontairement dans un hpital psychiatrique proche de Saint-Rmy-de-Provence 1890 vient vivre Auvers-sur-Oise, o il sera sous la surveillance du docteur Gachet. Il peint notamment Portrait du Dr Gachet avec branche de digitale, l'glise d'Auvers-sur-Oise et Le champ de bl aux corbeaux.

    Jean OCottrell Acteur, Jean OCottrell travaille pour le thtre, le cinma et la tlvision. Au thtre, il collabore rgulirement avec les metteurs en scne Philippe Crubzy, Philippe Adrien, Serge Sandor, Bernard Sobel, Stuart Seide, Andonis Vouyoucas, Bruno Bayen, Jean-Claude Fall, Jol Dragutin, Dominique Lardennois, Thomas Le Douarec, Anne Courel, Bernard Sobel, Yvon Davis... A la tlvision et au cinma, il tourne entre autres avec des ralisateurs comme Charles Matton, Andr Cayatte, Claude Berry, Jose Dayan, Olivier Schatzky, Marcel Bluwal. Avec Van Gogh, Autoportrait, son cinquime spectacle, il poursuit son parcours dacteur-concepteur.

    Franois Chattot Acteur au thtre, en 2011, il joue dans Que faire ? (le retour) conu et mis en scne par Benot Lambert et Du fond des gorges, nouveau spectacle de Pierre Meunier cr en novembre Dijon. Au cinma, en 2010, il a particip aux tournages dAdle Blanc-Sec, de Luc Besson, De bon matin, de Jean-Marc Moutout et les Fils de lhydre, de Christophe Gomes et Ludovic Gaudry. Dans son parcours fait de rencontres et de fidlits, il endosse loccasion le rle de metteur en scne ou de chef de troupe. A Dijon, il a dj prsent Les uns cts des autres (2007), Une Confrrie de farceurs (2007), Parlez-pas tout bas, Beaut Misre, le Banquet de la Sainte-Ccile (2008). Avec Van Gogh, Autoportrait, il retrouve Jean OCottrell, avec qui il avait jou lun de ses tous premiers spectacles Rves et erreurs du manuvre Paul Bauch aux prises avec le sable, le socialisme et les faiblesses humaines de Volker Braun, mis en scne par Max Denes. Depuis 2007 Franois Chattot est le directeur du Thtre Dijon Bourgogne.

    Jean-Marie Snia Au dbut de sa carrire, il a travaill pour le thtre, avec le Thtre National de Strasbourg, le Festival dAvignon et le Thtre Dijon Bourgogne sous la direction dAlain Mergnat (1980 1996) comme musicien et compositeur. Ainsi, avec Van Gogh, autoportrait, Jean-Marie Snia remonte le temps et renoue avec le thtre. Il a compos plusieurs musiques de scne (pour Jacques Lassalle, Jean-Luc Boutt, Bruno Bayen, Alfredo Arias, Philippe Adrien, Claude Santelli, Karine Saporta...) dont le prcdent spectacle conu et interprt par Jean O'Cottrell, qu'il accompagnait sur scne : "Tout est fume !" d'aprs les paroles du Qohlt, dit l'Ecclsiaste (actuellement en tourne). Jean-Marie Senia a compos pour Rufus, Hanna Schygulla, qu'il accompagne travers le monde, pour Marie-Christine Barrault qu'il a mise en scne et en musique au Bouffes du Nord. Il a crit plus de 950 musiques pour le cinma et la tlvision, en particulier pour Jacques Rivette, Alain Tanner, Joyce Bunuel, Jacques Fansten, Claude Santelli, Daniel Janneau, Danile Dubroux, Mario Camus, Roger Vadim, Francois Marthouret , Francois Luciani Improvisateur, il joue dans les plus grandes cinmathques du monde en accompagnement de films muets.

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    VAN GOGH, AUTOPORTRAIT [FICHE TECHNIQUE] Dure du spectacle 1h10

    Cette fiche technique ainsi que le dossier qui l'accompagne prsentent des conditions de jeu idal comme au moment de la cration. Il est bien vident que toutes les adaptations, en terme de taille du plateau ou des clairages par exemple sont envisageables, n'hsitez pas nous contacter. PLATEAU

    Il est impratif que le thtre soit extrmement silencieux (pas de ventilations,...). - Le spectacle se joue sur un plancher jaune de (au mieux) 8m32 (face-lointain) x 8m15 (jardin-cour) viss au sol. (1 module de 1m02 x 1m66, 8 modules jardin-cour, 5 modules face-lointain). - Le plateau est cadr jardin et cour par un pendrillonage asymtrique mesurant 10m de chaque ct. - Le fond de scne doit tre noir, le plus loin possible du bord lointain du plateau jaune. - Le sol du thtre doit imprativement tre noir hors des zones recouvertes par le plancher jaune. - Une alternative est possible : un tapis jaune, figurant une toile, de 6m (face lointain) x 5m50 (jardin-cour) adhrent au sol, avec 1,50 2m en plus, au fond de scne. Le pendrillonage est alors rduit dautant, mais il disparait si lon place des spectateurs jardin et cour. LUMIERE

    - Console Avab type presto 60 circuits. - 33 circuits graduables 2Kw - 2 circuits graduables 5Kw SON

    - Systme de diffusion stro adapt la taille de la salle dont les enceintes seront poses au lointain, chaque coin du plancher jaune. - La diffusion se fait depuis un lecteur CD en rgie, la rgie son doit se trouver au mme endroit que la rgie lumire. PERSONNEL DEMANDE

    Un rgisseur connaissant parfaitement les subtilits techniques de la salle concernant la lumire et le son. Un technicien polyvalent. CONTACT REGIE

    Antoine Barr-Foncelle - 06 32 59 92 65 - [email protected]