Dossier 6 ONU

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dossier n°6 Découverte de la Coopération internationale    L   e   s   y   s    t    è   m   e    d   e   s    N   a    t    i   o   n   s    U   n    i   e   s

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    dossier n6

    Dcouverte de la

    Coopration internationale

    Le

    systme

    desNationsUnies

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    Introduction

    En 1945, les Etats vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale signaient la Char te des Nations Unies qui permettait

    la cration dune Organisation mondiale charge de stabiliser les relations internationales et de donner la paix

    une fondation plus solide. Ainsi cre lOrganisation des Nations Unies et ses organes constitutifs commencrent

    leurs travaux partout dans le monde.

    Aujourdhui, que ce soit depuis le sige new yorkais, loffice de Genve ou le bureau de Bangkok, lONU accompli

    un travail primordial dans tous les domaines :

    La survie des enfants et le dveloppement. La protection de lenvironnement. Les droits de lHomme. La sant

    et la recherche mdicale. Lallgement de la pauvret et le dveloppement conomique. Le dveloppement

    agricole et la pche. Lducation. La promotion des femmes. Les secours durgence et en cas de catastrophe.

    Les voyages ariens et maritimes. Les utilisations pacifiques de lnergie atomique. Le travail et les droits des

    travailleurs. Et la liste continue.

    Nous allons partir la dcouverte de ce passionnant sujet, la dcouverte de la Genve internationale !

    Le dossier est structur de faon tre trait soit globalement soit par partie.

    Au fil du texte, vous dcouvrirez :

    des explications de termes rencontrs au cours de la lecture ;

    divers clairages sur des personnages historiques ;

    des illustrations concrtes sur les notions dveloppes.

    Utilisation du dossier

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    Table des matires

    Les origines des Nations Unies 4

    Les premiers pas 4Grce antique 4

    Moyen-Age 4

    Traits de Westphalie 5

    Congrs de Vienne 5Potes et philosophes au XVIIImeet XIXmesicle 6

    Les premires institutions internationales 7

    1872, larbitrage de lAlabama 9

    1899 et 1907, les Confrences de la paix de La Haye 9

    La Socit des Nations 10Le choix du sige de la SDN 12Lvolution de la scurit internationale travers la SDN 13

    Les causes du dclin de la SDN 15

    Le dveloppement de lOrganisation des Nations Unies 16

    Organisation des Nations Unies 21

    La Charte des Nations Unies : buts et principes 21

    Le sige, le drapeau et lhymne 22LONU et le Palais des Nations 23

    Sige, Offices et bureaux principaux de lONU 25

    Drapeau et hymne 24

    La composition de lONU 26

    La structure de lONU 28LAssemble gnrale 28

    Le Conseil de scurit 30

    Le concept des oprations de maintien de la paix 32

    Le Conseil conomique et social (ECOSOC) 34Les ONG et lECOSOC 35

    Le Conseil de Tutelle 36

    La Cour Internationale de Justice (CIJ) 37

    Le Secrtariat 38

    Llection du Secrtaire gnral 39

    Le budget de lONU 40

    LONU et vous 41

    60 ralisations de lONU qui ont chang le monde 43

    La bibliothque de lOffice des Nations Unies Genve 44

    LA FAMILLE DES NATIONS UNIES ET LES ACTEURS 45Programmes et Fonds 47

    Instituts de recherche et de formation 49

    Les Institutions spcialises 50Les institutions montaires et financires 53

    Les missions diplomatiques 54LONU et les ONG 56

    Les dlgus non gouvernementaux 57

    Les confrences des Nations Unies 59

    Les journes, annes et dcennies internationales 64

    AVENIR DES NATIONS UNIES ET RELATION DE LA SUISSE AVEC LONU 66Avenir de lorganisation des Nations Unies 66

    10 sujets dont le monde nentend pas assez parler 71

    La Suisse et lONU 72

    Le 60meanniversaire de lONU Genve 74

    Le saviez-vous ? 75

    Rfrences sur Internet 76Remerciements 79

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    Vers la n du Moyen-Age en Europe, beaucoup dEtats fodaux se rassemblrent an de former des units politiques plusgrandes aboutissant la cration dEtats-nations comme la France et lAngleterre. Par ailleurs, les rivalits conomiques, lesexpansions commerciales et la course aux colonies rent apparatre le besoin de crer des normes internationales an depermettre aux nations de faire reconnatre leurs droits sur leurs colonies, de rgler les problmes de frontires et de sallierpour empcher le piratage (phnomne trs rpandu cette poque). Des juristes, comme le hollandais Hugo Grotius,laborrent des projets dorganisation collective des peuples pour tablir la paix, o les puissances chrtiennes et le Papetiendraient le premier rle.

    Il y a plus de deux millnaires, les cits de la Grce antique craient autour du sanctuaire de Delphes une amphictyonie, al-liance collective destine se protger contre une agression, qui prendra un caractre politique et militaire. Cest, dit-on, ladesse Dmter, desse du bl et de la moisson, qui en dicta les principes de solidarit et de scurit collectives : On nedtruira aucune cit associe, on renoncera laffamer, on ne lui coupera pas leau courante .

    La plus clbre des amphictyonies tait celle de Delphes, qui runissait deux fois par an les

    reprsentants des douze cits de la Grce moyenne. Dans cette assemble de cits ind-pendantes, regroupes autour dun sanctuaire religieux dont elles avaient la responsabilit,Delphes y avait deux voix, les autres villes dont Athnes, une seule. De 590 avant J.-C.jusquau milieu du IVmesicle, lamphictyonie de Delphes tait charge de ladministration

    du sanctuaire dApollon et du sanctuaire de Dmter dans le dfil des Thermopyles. Enraison de sa situation stratgique (seule voie de passage entre la Grce septentrionale et la

    Grce mridionale), le dfil a t le thtre de nombreuses batailles.

    Les premiers pas

    Hugo Grotius (1583-1645)Hugo Grotius tait juriste dans les Provinces Unies (aujourdhui les Pays-Bas). Il posales fondations du droit international, bas sur le droit naturel. Dans son livreMare Libe-rum (Mers libres), il a formul le nouveau principe selon lequel la mer est un territoireinternational et que toutes les nations sont libres de lutiliser pour le commerce mari-time. Grotius vcut lpoque de la Guerre de Quatre-vingt Ans entre lEspagne et lesPays-Bas et la guerre de Trente Ans entre les nations europennes et a donc t profon-dment marqu par les questions de conflits entre les nations. En 1625, il crivit dans Dejure belli et pacis: Il serait utile et ncessaire dtablir entre les puissances chrtiennesune sorte de corps, avec ses assembles, o leurs litiges seraient jugs par celles dentre elles quiny sont pas intresses, afin de chercher le moyen de forcer les parties se rconciliersous des conditions raisonnables .

    LOrganisation des Nations Unies (ONU) est la seule organisation multilatraledont presque tous les pays font partie etdont le travail englobe tous les domaines de lactivit humaine, dans chacune des rgions du monde. LONU est une organi-sation de scurit collectivequi trouve ses origines dans lide trs ancienne selon laquelle la scurit nationale ne peuttre obtenue de faon autonome, mais quelle exige une coopration entre les Etats.

    Grce antique

    Moyen-Age

    Le multilatralisme et la scurit collectiveLemultilatralismeest une pratique consistant ngocier plus de trois pour dfinir des rgles commu-nes. Il correspond un monde dans lequel tous les Etats seraient soumis une rgle commune, quilsont dailleurs contribu dfinir, et ce quel que soit leur niveau de puissance.Un systme de scurit collectivedoit en principe remplacer le principe du chacun pour soi (self-help), en posant quune agression contre lun des membres du systme est considr comme une agres-

    sion contre tous et appelle en consquence une rponse collective, le cas chant arme.

    Les origines des Nations Unies

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    Le multilatralisme apparat rellement lors de la premire confrence europennemajeure visant restaurer lordre aprs la terrible guerre de Trente Ans (1618 - 1648)

    qui avait caus la mort de plus de 2 millions de soldats. Cette confrence aboutitaux traits deWestphalieen 1648 (Trait de Paix dOsnabrck et Trait de Paix deMnster).

    La paix de Westphalie et le systme westphalien qui en dcoula introduisirent lesconcepts directeurs des relations internationales modernes :

    - lquilibre des puissances (balance of power),- linviolabilit de la souverainet nationale (ou la prminence dune socit

    dEtats souverains),- le principe de non-ingrence dans les affaires dautrui.

    Cette quilibre sera mis lpreuve plusieurs reprises. En menant de nombreusesconqutes territoriales en Europe, Louis XIV et plus tard Napolon Bonaparte es-sayeront de renverser le statu quo leur prot.

    Au mme moment, Emeric Cruc, prtre et enseignant Paris, proposait le premier plan dune organisation internationalemondiale. Il conviait juifs, musulmans et autres croyants sassocier aux chrtiens dans leffort de paix. La runion paciquedes nations devait se faire par leur seul consentement, car la paix tait conforme la raison et lintrt des hommes.

    Traits de Westphalie (1648)

    Congrs de Vienne (1815)

    Entre 1811 et 1814, Napolon contrle plus de la moi-ti du continent europen (jusquau Danemark au nordet une partie de lItalie au sud). Mais en juin 1812, lestroupes de Napolon (plus de 700000 hommes) enva-hissent la Russie. Pour stopper lavance napolonienne

    et sachant quune si grande arme avance lentement et besoin de nombreuses ressources pour nourrir les hom-mes, les russes pratiquent la politique de la terre brlesur leur immense territoire. Conjugu un hiver rigou-reux, les troupes franaises subissent dimportantes per-tes en raison du froid et de la faim. En novembre 1812,cest la dbcle. La Prusse, lAutriche puis lAngleterre sejoignent la Russie. Diffrents traits mettront un terme la guerre. Cet pisode illustre les relations entre Etatsau XIXme sicle, marques par la diplomatie secrte etlquilibre des puissances.

    Le Congrs de Vienne eut lieu du 1er octobre 1814 au 9juin 1815 pour rorganiser lEurope aprs la dfaite de Napolon. Plusieurs dcisions territoriales y furent prises. Le Congrspermit galement la discussion sur dautres points tels que la libre circulation navale, labolition de la traite des Noirs (et nonpas lesclavage) et la mise en avant de la neutralit de la Suisse. Le but principal du Congrs fut de rtablir un quilibre desforces parmi les pays europens. Il fut le premier dune srie de confrences internationales qui jourent un rle importantdans la politique europenne du XIXme sicle. Cest lpoque du Concert de lEurope. Ce dernier constitue la premire ex-prience daction concerte, dans le domaine politique, caractrise par un dbut dinstitutionnalisation : un gouvernement constitu des 4 grandes puissances europennes, auxquelles se joignent, par la suite, la France et lItalie, se met en place et serunit frquemment lors de grandes confrences diplomatiques, jusquen l912 : cependant, ce systme ne constitue pas pro-prement parler une organisation. En effet, le concert Europen reste inorganis, sans structures ni priodicit ; ses runionsne sont en principe pas obligatoires, aucune rgle ne prside la forme ni au lieu de runion, ni lexcution des dcisions : ilnest quun systme souple, qui ne fonctionne que lorsque les Grandes Puissances jugent la conciliation utile pour faire rgnerun ordre troitement li leurs intrts.Entre 1818 et 1822, quatre rencontres eurent lieu pour discuter des problmes pouvant menacer la paix. Les buts principauxtaient la prservation du statu quo et lutilisation de la diplomatie plutt que le recours la force.

    Source : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:The_Ratication_of_the_Treaty_of_Munster,_

    Gerard_Ter_Borch_%281648%29.jpg

    la ratication du Trait de Mnster

    par Gerard Terborch (1648)

    PrusseEmpire dAutricheFrancePimont-SardaigneRussieEtats germaniqueFrontires de la Confdrationgermanique

    Madrid

    Lisbonne

    Paris

    LondresAmsterdam

    Berlin

    Hambourg

    Vienne

    Rome

    Naples

    Varsovie

    Moscou

    Saint-Ptersbourg

    Constantinople

    Carte de lEurope suite au Congrs de Vienne

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    Penseurs, philosophes et hommes politiques des Lumires contriburent mieux dnir et rpandre les grands principesdorganisation collective de la paix. En 1713, labb de Saint-Pierresuggrait, dans son Mmoire pour rendre la paix per-ptuelle en Europe, que lunion europenne, alliance entre souverains, se soumette aux dcisions dun Snat europen, o lesgrands Etats auraient des voix gales et o les petits devraient se grouper, o les votes exigeraientselon limportance la majorit simple, celle des deux tiers ou lunanimit. Il prvoyait, de plus,quune intervention collective punisse ceux qui enfreindraient le pacte. Tous les Etats devaient

    contribuer nancirement. En temps de paix, aucun pays naurait droit une arme de plus de6000 hommes.

    En 1795, le philosophe Emmanuel Kant, dans son projet philosophique De la paix perptuelle,prconisait la souverainet du droit, seul quilibre possible la puissance des nations et la m-chancet des hommes : des pays indpendants, mais coordonns par un systme fdratif, unesocit de nations qui assurerait un tat de paix o la libert de chacun garantirait la libert com-mune.

    De son ct, George Washington(1732 - 1799), premier prsident des Etats-Unis en 1789, crivitle 15 aot 1786 au marquis de La Fayette : Je suis citoyen de la grande rpublique de lHumanit.

    Je vois le genre humain uni comme une grande famille par des liens fra-ternels. Nous avons jet une semence de libert et dunion qui germera peu peu sur toute la terre.() Les Etats-Unis seront le lgislateur de toutes les nationalits .

    Ecrivains et potes se feront aussi les chantres de la fraternit universelle . Lors dun Congrs dela paix Paris en 1847,Victor Hugoproclama : Un jour viendra o vous France, vous Russie, vousItalie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualitsdistinctes et votre glorieuse individualit, vous vous fondrez dans une unit suprieure. Un autrepote franais, Alphonse de Lamartine, devenu ministre des Affaires trangres en 1848, lana dansson Manifeste lEurope : La Raison rayonnant de partout par-dessus les frontires des peuplesa cr entre les esprits cette grande nationalit intellectuelle qui sera lachvement de la Rvolution

    franaise et la constitution de la fraternit internationale sur le globe .Victor Hugo plantant un arbre de la Libert en 1848Source: Andr Lewin, LONU pour quoi faire?, Dcouvertes Gallimard, Paris, 2006.

    Potes et philosophes au XVIIImeet XIXmesicle

    Emmanuel Kant

    Source : Peinture anonyme- Vers 1790 - AKG,http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations2004/kant.htm

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    Au XIXme sicle, lafux de nouvelles richesses, dues au progrs technique et a la mainmise humaine sur dnormes sourcesdnergie (charbon, lectricit, ptrole, etc.), et le dveloppement des moyens de communication (dveloppement du bateau vapeur, les chemins de fer et le tlgraphe) donne aux relations internationales une immense expansion. Cette volutionfait natre des intrts communs entre Etats et appellent une action permanente pour dfendre et grer ces intrts (gestiondes voies navigables, gestion des communications tlgraphiques, etc.) : dou la mise en place de bureaux internationaux quiexercent des fonctions de secrtariat, procdent a des publications, changent des documents et facilitent les contacts inter-

    tatiques. On peut distinguer deux grandes familles dinstitutions internationales :o Les Commissions uviales internationales: elles sont institues pour fortier la libert de la navigation sur des eu-

    ves comme le Rhin (1814 et 1815) ou le Danube (1856). La commission tablie pour le Rhin se distingue peine duneconfrence. En revanche la Commission europenne du Danube cre pour assurer la navigabilit du Danube infrieur,se distingue par ltendue de ses pouvoirs tant en ce qui concerne la police de la navigation que lexcution des travauxpublics indispensables a la navigabilit.

    o Les Unions administratives: un vritable rseau de services internationaux dintrt commun sest mis en place sousforme dunions, de bureaux ou dofces, au point que lon parle de cette poque comme du temps de ladministrationinternationale ; ces unions administratives ont pour but de faciliter les contacts et les changes internationaux dansdivers domaines :- Les moyens de communication et de transport: Union Tlgraphique Universelle cre en 1865 (future UIT) ;

    Ofce central des Transports Internationaux en 1890 ; Union Postale Universelle en 1874 sous le nom dUnion g-nrale des postes.- Les intrts conomiques: Union Internationale pour la publication des tarifs

    douaniers en 1890 ; Institut Agricole International en 1905.- Lesdomaines administratifs, scientiques et sociaux: Union internationale

    pour la protection de la proprit intellectuelle cre en 1883 ; Union interna-tionale pour la protection de la proprit littraire et artistique en 1884 ; Bureauinternational des poids et Mesures en 1875 (devenu ncessaire tant donn lac-croissement de lactivit industrielle) et Union Mtorologique Internationale en1878.

    Ces unions, comme type dorganisation internationale, restent trs rudimentaireset la plupart dentre elles ont surtout des comptences dordre administratif, mis part laCommission du Danube qui possde un vritable pouvoir propre de nature rglementaireet excutif ou par exemple lUnion Postale Universelle qui assure larbitrage de certains dif-frends entre ses membres. Cependant, elles vont se structurer progressivement, acqurirdes organes quasi permanents et une bureaucratie compose de fonctionnaires nationauxfournis pas les Etats membres : elles sont les futures institutions spcialises daprs1945 et dmontrent au moins par leur russite la possibilit denvisager des organisationspolitiques universelles. Elles reprsentent un vritable apport au dveloppement de lorga-nisation internationale.

    Un rsultat important de cette coopration commerciale et technologique grandissante fut lespoir que les nations taient d-

    sormais capables par leur rapprochement dviter la guerre et de maintenir la paix. Au dbut du XIXme sicle, des hommeset des femmes qui croyaient que la paix pouvait tre assure par la rduction des armements et le dveloppement de moyenspaciques pour la rsolution des conits tablirent des comits pour la paix en Grande-Bretagne, en France, en Suisse et auxEtats-Unis. A Genve, Jean-Jacques de Sellon, cra en 1830, la Socit de la paix. Ctait la premire socit pacistesur le continent europen aprs les peace societies anglaise et amricaine. Le premier congrs international de la paix que

    Jean-Jacques de Sellon avait appel de ses vux maintes reprises fut convoqu par la Peace society dAngleterre en 1843,quatre ans aprs sa mort.

    Ecusson du Bureau

    international des poids et

    Mesures

    source : http://www.lne.fr/metrologie_francaise/pages/activites_inter/organisation.inter.htm

    Le professeur Michel Virally dfinit une organisation internationalecomme tant une association dEtats tablie par accord entre sesmembres et dote dun appareil dorganes permanents chargde poursuivre la ralisation dobjectifs dintrts communs par

    une coopration entre eux.

    Organisation internationale

    Les premires institutions internationales

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    Jean-Jacques de Sellon fait figure de prcurseur de lesprit de Genve. Sa famille,originaire du Sud de la France, a quitt Nmes en 1685 la rvocation de lEdit deNantes. Jeune homme, il parcourut lItalie avec ses parents et fut frapp de dcou-vrir que la peine de mort avait t abolie en Toscane par le Grand-duc Lopold,

    sans que le nombre de crimes net augmenter. Les germes de son engagementfutur en faveur de la cause abolitionniste remontent sans doute ces expriencesde jeunesse. A son retour il commena tudier la littrature juridique et thologique

    sur la peine de mort. A la suite de la restauration de la Rpublique Genve en 1814,il fit son entre en 1816 au Conseil reprsentatif souverain (organe lgislatif). Fort de ses convic-tions abolitionnistes, il pensa y trouver un terrain favorable lavance de sa cause. Il publia denombreux ouvrages ce sujet afin de sensibiliser lopinion publique. Fermement convaincu de linviolabilit de la vie humaine , ce credo la dabord conduit se consacrer la lutte contrelesclavage et la peine de mort, puis se consacrer la paix entreles nations. Il cra en 1830, la Socit de la paix. Affaibli par la ma-ladie, il se retira en 1834 du Conseil pour se consacrer entirement la Socit de la paix jusqu sa mort. Grand philanthrope il contri-bua grandement la reconnaissance internationale de Genve,ville de paix et berceau du droit international.

    Jean-Jacques De Sellon (1782- 1839)

    Source: tableau par J.Hornung. Genve, BPU,Collection iconographiques,photo Arlaud.

    Depuis la n du XIXme sicle, la Suisse accueille sur son territoire des organisations internationales (citons lUnion T-lgraphique Internationale qui tablit son sige Berne en 1868 avant de devenir, en 1932, Union Internationale des Tl-communications et de stablir en 1948 Genve). Jusqu aujourdhui, la Suisse a conclu un accord de sige avec 25 de cesorganisations : 22 sont tablies Genve, 2 Berne et une Ble.

    XIXme XXme XXIme

    Agence de Coopration et dInformationpour le Commerce International (ACICI),Genve

    Comit International de la Croix-Rouge (CICR), Genve

    1863 Union Postale Universelle(UPU), Berne

    1874 Organisation Internationaledu Travail (OIT), Genve

    Fdration Internationale desSocits de la Croix-Rouge etdu Croissant-Rouge (FISCR),Genve1919

    Bureau InternationaldEducation/Organisationdes Nations Unies pourlEducation, la Science, laCulture et la Communication(BIE/UNESCO), Genve

    1925

    Banque des RglementsInternationaux (BRI), Ble

    1930

    Ofce des Nations Unies Genve (ONUG), Genve1945

    Union Internationale des Tlcommunications (UIT), Genve

    Organisation Mondiale de la Sant (OMS), Genve

    Organisation Mtorologique Mondiale (OMM), Genve

    Organisation Internationalepour les Migrations (OIM),Genve

    Organisation europennepour la recherchenuclaire (CERN), Genve

    Association Europennede Libre-Echange(AELE), Genve

    Union Interparlementaire(UIP), Genve

    Organisation Mondiale dela Proprit Intellectuelle(OMPI), Genve

    1948

    1960

    1954

    1961

    1947

    1950

    19511967

    Organisation Internationalede Protection Civile (OIPC),Genve1972

    Union internationale pour la Protection desObtentions Vgtales (UPOV), Genve

    1983

    Bureau International des Textiles etde lHabillement (BITH), Genve

    1984

    Centre Sud (CS), Genve

    1995Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Genve

    Cour de conciliation et darbitrage au seinde lOSCE (Cour OSCE), Genve

    1997

    Organisation intergouvernementalepour les Transports InternationauxFerroviaires (OTIF), Berne

    1985

    Centre consultatif sur la lgislationde lOMC (ACWL), Genve2001

    Fonds mondial de lutte contre le SIDA, latuberculose et le paludisme (GFATM), Genve

    2002

    2004

    Typologie des organisations internationales

    fondement conventionnel Une organisation internationale a pour fondement un acte constitutif qui prend laforme dun trait entre plusieurs tats.

    objectif de coopration internationale Lorganisation internationale procde de la volont de plusieurs tats qui veulent semettre ensemble pour atteindre les objectifs quils se sont fixs. Elle est perue parses fondateurs comme un instrument devant remplir des fonctions de nature varie.

    aspect institutionnel Lexistence de lorganisation internationale se manifeste galement dans laspectinstitutionnel qui sexprime travers la mise en place des organes. Cest lacteconstitutif qui dfinit la structure des organes en fonction des objectifs fixs par lesfondateurs.

    autonomie Lorganisation internationale nest ni un tat, ni un super-Etat. Elle a des pouvoirslimits, dpendants de sa mission. Elle a tout de mme une personnalit juridiquepropre, qui dcoule de la volont des tats et qui est fixe par lacte constitutif.

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    A la n du sicle, le Tsar Nicolas II de Russie, qui ralisa que son pays tait en retard par rapport lEurope de louest dans la production darmements proposa lide dune confrence dans lebut de rechercher les moyens les plus efcaces pour assurer tous les peuples les bienfaits dunepaix relle et durable et, avant tout, pour mettre un terme au dveloppement progressif des ar-mements .

    Le Tsar Nicolas II de Russie ( gauche) et son cousin germain le roi George V

    dAngleterre la premire Confrence de la Haye en 1899.

    En 1899, sur son invitation, des reprsentants de vingt-six nations, majori-tairement europennes, furent prsents pour la Confrence de la Haye auxPays-Bas. Cest la premire confrence internationale de la paix avec pourobjectif dlaborer des instruments pour le rglement pacique des crisesinternationales, prvenir les conits et codier le droit de la guerre. Bienque la Confrence choua dans la rduction des armes, elle russit tout demme trouver des accords concernant le traitement des prisonniers deguerre, les droits de la Croix-Rouge en priode de guerre et la mise hors laloi de lutilisation de gaz asphyxiants et autres nouvelles mthodes de guerrejuges inhumaines. La ralisation la plus importante de cette confrence fut

    la cration de la Cour permanente darbitrage, le premier mcanisme globalpour le rglement des diffrends inter-tatiques dont lactivit dbuta en1902.

    En 1899, les reprsentants de 26 nations se rencontrrent aux Pays-Bas

    pour la premire Confrence de la Haye.

    Source : Charles Patterson, The Oxford 50th Anniversary Book of the United Nations, Oxford University Press, New York, 1995.

    Source: https://www.geneve.ch/fao/1996/19960510.asp

    Le nom de lAlabama a t donn cette emblmatique salle de lHtel-de-

    Ville pour rappeler quy sigea le tribunal arbitral de 1872.

    Le premier exemple dun rglement pacique dun conit opposant deux gran-des puissances a lieu Genve avec larbitrage de lAlabama en 1872. Loriginedu diffrend remonte la guerre de Scession qui mit aux prises les Etats du Sud ceux du Nord des Etats-Unis entre 1861 et 1865. A lissue du conit qui vit lesEtats du Nord lemporter, le gouvernement amricain accusa la Grande-Bretagnedavoir laiss construire dans ses ports des navires livrs aux Sudistes. Ces navires

    causrent dnormes dgts au commerce nordiste. Lun deux, lAlabama, avaitt particulirement redoutable, poursuivant, pillant puis coulant de nombreuxbateaux. Une fois la guerre termine, les Etats-Unis rclamrent des dommageset intrts au gouvernement britannique. A la suite du trait de Washington de1871 et aprs plusieurs annes de discussions et de ngociations, le conit futsoumis un arbitrage international et cinq juges dsigns (un Amricain, un An-glais, un Brsilien, un Italien et un Suisse).

    Le tribunal sigea Genve en dcembre 1871. Le Conseil dEtat genevois mit disposition la grande salle de lHtel-de-Ville o fut signe, le 22 aot 1864,la Convention de Genve qui donna naissance la Croix-Rouge. Larbitrage futrendu le 14 septembre 1872. LAngleterre fut condamne au paiement de 15 mil-lions et demi de dollars-or pour avoir manqu ses obligations internationales destricte neutralit durant la guerre de Scession.

    La maquette de lAlabama, bateau

    corsaire sudiste coul au large de

    Cherbourg le 19 juin 1864.

    Source: http://www.geneve.ch/chancellerie/alabama/salle.html

    Source: Charles Patterson, The Oxford 50th Anniversary Book ofthe United Nations, Oxford University Press, New York, 1995.

    1872, larbitrage de lAlabama

    1899 et 1907, les Confrences de la paix de La Haye

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    En 1907, sur la suggestion du prsident des Etats-Unis Thodore Roosevelt, le Tsar de Russie convoqua une deuximeConfrence de la Haye. Avec cette fois des dlgus de quarante-quatre pays. Cette confrence continua le travail amorc en1899, mais il ny eut pas rellement de nouveaux aboutissements. En effet, entre les deux confrences, les proccupationsdes chancelleries avaient plutt concern la guerre des Boers en Afrique du Sud gagne par lAngleterre en 1902, la guerrerusso-japonaise entre 1904 et 1906, termine par lannexion de la Mandchourie du sud et de la Core par le Japon, la rivalitfranco-allemande au Maroc, non apaise en 1906 par la Confrence dAlgsiras, la rvolte des Boxers en Chine, la poursuitede la conqute de lAfrique noire, la signature de quelques accords secrets et la poursuite de la course aux armements.

    Bien que les deux Confrences de la Haye chourent dans la rductiondes armements, elles renforcrent lide que des nations indpendantespouvaient rsoudre leurs diffrends paciquement.

    Ces confrences correspondent un lan pacique profond qui sedveloppe ds la n du XIXme sicle dans le monde occidental ; ladoctrine paciste insiste sur deux aspects : dune part, la limitation desarmements qui doit constituer la premire tape vers un dsarmementgnral et, dautre part, le recours larbitrage pour le rglement deslitiges internationaux.

    Par ailleurs, si les deux Confrences de La Haye ont abouti la co-dication des rgles du droit de la guerre par llaboration de douzeconventions, il ntait nullement envisag la cration dune organisationinternationale pour la mise en oeuvre des conventions. Il faut attendrela n de la premire Guerre mondiale pour que soit cre une organi-sation charge de dvelopper la coopration internationale et garantirla paix et la scurit.

    La Socit des Nations

    Les rsultats des Confrences de la paix de la HayeSource : Maurice Bertrand, LONU, La Dcouverte, Paris, 1994.

    A lexception des Etats-Unis (le territoire amricain ne fut pas touch par le conit), la Premire Guerre mondiale fut dsas-treuse pour toutes les nations qui y avaient particip. Cela les persuada dtablir la Socit des Nations. Bien que les racines delorganisation se trouvaient dj dans les confrences et accords internationaux des XIXme et XXme sicles, ce fut le besoinurgent dempcher quune autre guerre de la sorte clate qui conduisit la cration de la premire organisation internationale

    mondiale pour la promotion de la paix et de la scurit internationale.

    En 1918, les opinions publiques souhaitaient profondment ne plus re-voir la guerre. Chez les Allis, les gouvernements europens se proccu-paient aussi dobtenir des garanties pour la scurit future de leurs pays,mais les ides sur le type de garanties obtenir ntaient pas les mmessuivant les pays et les personnalits au pouvoir. La France et le Royaume-Uni avaient des visions contradictoires de lordre europen et mondialfutur. Georges Clmenceau, prsident du Conseil franais, mettait enavant le dsarmement de lAllemagne la frontire de lEst (Alsace) etles rparations. Alors que la priorit de Lloyd George, premier ministre

    britannique, tait la puissance de sa otte et lquilibre europen.Le prsident des Etats-Unis, Woodrow Wilson, apportait une vision dif-frente. La monte en puissance de ce pays au sortir de la guerre et le rledterminant quil avait jou pour la victoire obligeait ds lors les autrespuissances tenir compte des ides amricaines.

    Woodrow Wilson (en haut

    gauche), Georges Clmenceau

    (en haut droite) et Lloyd

    George (ci-contre)

    - sur le droit de la guerre: deux projets

    de conventions, lune sur les lois et

    coutumes de la guerre sur terre, lautre

    sur ladaptation la guerre maritime des

    principes de la convention de Genve de

    1864 ;

    - sur le rglement pacique des

    diffrends internationaux : convention

    sur le rglement pacique des conits

    internationaux, instituant notamment une

    Cour permanente darbitrage, simple liste

    darbitres gre par un Conseil administratif

    et un Bureau international servant de greffe

    (la Cour a jug trois affaires entre 1902 et1908, puis dix autres entre 1908 et 1914).

    Rsultats de la deuxime confrence

    (1907)

    - sur larbitrage obligatoire et la cration

    dune Cour darbitrage rellement

    permanente : chec;

    - projet de convention interdisant le

    recours la force pour le recouvrement des

    dettes contractuelles, projet de convention

    relative ltablissement dune Cour

    internationale des prises (non rati).

    Extrait du manifeste envoy par le tsar

    Nicolas II aux puissances accrdites

    Saint-Ptersbourg, le 24 aot 1898

    Le maintien de la paix gnrale et

    une rduction possible des armements

    excessifs qui psent sur toutes les nations

    se prsentent, dans la situation actuelle

    du monde entier, comme lidal auquel

    devraient tendre les efforts de tous les

    gouvernements [...] le moment prsent

    serait trs favorable la recherche, dans

    les voies de la discussion internationale,

    des moyens les plus efcaces dassurer tous les peuples les bienfaits dune paix

    relle et durable et de mettre avant tout un

    terme au dveloppement des armements

    actuels...

    Opinion ce sujet de lamiral sir

    John Fisher, membre de la dlgation

    britannique: Plus la otte britannique

    sera puissante, et mieux la paix du monde

    sera assure.

    Rsultats de la premire confrence

    (1899)

    - sur la limitation des armements:

    rsolution dclarant quune rduction des

    charges militaires serait dsirable ;

    I. - CONFRENCESDELAPAIXDELAHAYE

    De tous les prdcesseurs des Nations Unies, la Socit des Nations (SDN) fut la plus importante. Elle contribua au dvelop-pement dides, de pratiques et dexpriences trs utiles pour la suite.

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    En janvier 1918, avant la n de la guerre, Woodrow Wilson adresse un message auCongrs amricain, qui doit garantir la paix. Ce discours en 14 points The worldmust be made safe for democracy (La paix dans le monde pour ltablissementde la dmocratie) rclame notamment la cration dune League of Nations (SDN). Son plan de paix incluait quatorze points qui devaient empcher quunecrise semblable celle qui amena la Premire Guerre mondiale resurgisse. Cespoints taient prometteurs dune paix juste et durable, sans annexions ni indem-nits de guerre, sans diplomatie secrte ni oppression nationale, sans exploitation

    coloniale et donc de la libert des peuples disposer deux-mmes. Une paix dedsarmement, de libre-change, de rconciliation et de libert et surtout un nou-vel ordre mondial reposant sur la cration dune association gnrale des nationspour garantir lindpendance politique et lintgrit territoriale des grands commedes petits Etats.

    Le prsident Wilson estimait que la guerre tait principalement le rsultat de troislments :

    1. La course aux armements ;2. Lexistence de rgimes non dmocratiques ;3. le dsquilibre du pouvoir entre les Etats quil considrait comme un facteur

    dinstabilit.Il estimait que la cause principale de la Premire Guerre mondiale tait la diplo-matie secrte et la Socit des Nations devait y faire chec.

    Le trait constitutif de la SDN crait trois organes per-manents : une Assemble, un Conseil et un secrtariat etdeux organes semi-indpendants : la Cour permanente dejustice internationale et lOrganisation Internationale du

    Travail. Elles serviront aussi comme structures politique,conomique, judiciaire et sociale de base sur lesquelleslOrganisation des Nations Unies successeur de la SDNsera plus tard modele.

    Avant que nclate la Seconde Guerre mondiale, lassem-ble se runit annuellement Genve. Chaque Etat pos-

    sde une voix.Le conseilse compose de cinq membres permanents (laFrance, le Royaume-Uni, lItalie, le Japon, la Chine) et demembres non permanents, lus par lassemble pour troisans. Le conseil se runit au moins trois fois par an, an dedbattre de la rduction des armements et des problmespolitiques. Les dcisions doivent tre prises lunanimit.LAssemble soccupait des problmes internationauxpressants et le Conseil avait la responsabilit des conitsqui pouvaient menacer la paix.Lesecrtariat, dirig par un secrtaire gnral, traite les

    tches administratives.

    Haut-Commissariatpour les rfugis

    Commission de gouvernementdu territoire de la Sarre

    Haut-Commissariat Dantzig

    Commission permanenteconsultative pour les questionsmilitaires, navales et ariennes

    Commission permanentedes mandats

    ORGANES SUBSIDIAIRES

    POLITIQUES

    ORGANIGRAMME DE LA SOCIETE DES NATIONS

    Organisationdes communicationset du transit

    Organisation dhygine

    Centre internationaldtudes sur la lpre

    Organisation conomiqueet financire

    Organisationde cooprationintellectuelle

    Institut internationalde cooprationintellectuelle

    Institut internationaldu cinmatographe ducatif

    Institut internationalpour lunificationdu droit priv

    Commission consultativedes questions sociales

    Commission dexpertsen matire desclavage

    Comit central permanentde lopium

    Commission consultativedu trafic de lopiumet autres drogues nuisibles

    Organe de contrle

    Comitssur les minorits(comits ad hoc)

    Commissionde contrle

    Tribunaladministratif

    ORGANES SUBSIDIAIRES

    TECHNIQUES

    CONSEIL

    ASSEMBLEE

    SECRETARIAT

    Commissionstechniques

    Organisationstechniques

    Organisationinternationaledu travail

    OfficeinternationalNansenpour les rfugis

    Bureauinternationaldes Expositions

    Commissioninternationalede navigationarienne

    Bureauhydrographiqueinternational

    Bureauinternationaldinformation etdtudessur lassistanceaux trangers

    Bureau centralinternationalpour le contrledu commercedes spiritueuxen Afrique

    Cour permanentede justiceinternationale

    Bureauxinternationaux(article 24 du Pacte)

    Unioninternationalede secours

    ORGANISMES RELIES A LA SDN

    Par ailleurs, avec la n de la Premire Guerre mondiale, la pression des opinions publiques, rsumes par lexpression Plusjamais a , accrdite lide que la scurit des nations ne peut tre garantie que dans un cadre collectif permettant dinstaurerun ordre international capable de mettre n la guerre. Le projet de Wilson fut incorpor dans le Trait de Versailles et endevint le premier des 440 articles. Mais le Congrs amricain, contre une implication amricaine dans les affaires internatio-nales, refusa que les Etats-Unis signent le Pacte fondateur de la Socit des Nations. Par ce refus, ds sa naissance, la nouvelleorganisation tait considrablement amoindrie.

    Les 14 points de Wilson

    - ngociations de paix publiques- libert de navigation maritime- libert de commerce international- limitation concerte des armements- rglement impartial des questions

    coloniales- vacuation de la Russie- vacuation et restauration de la

    Belgique- retour de lAlsace-Lorraine la

    France- rectifications des frontires

    italiennes selon les limites desnationalits

    - indpendance des peuples delEmpire austro-hongrois

    - vacuation de la Roumanie, de laSerbie et du Montngro

    - limitation de la souverainetottomane aux seules rgionsturques

    - cration dun tat polonais avec

    libre accs la mer- cration dune socit des nations

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    Lors de la votation du 16mai 1920, les suisses ac-ceptent ladhsion du pays la Socit des Nationsdextrme justesse. Dans le pays 56 % des citoyens etune majorit de cantons lapprouvent, mais dextrmejustesse (un seul canton de diffrence). A Genve, laparticipation atteint 77 % et une majorit de plus de80 % se prononce en faveur de ladhsion la SDN,

    par 26807 oui contre 5143 non.

    Lattribution du sige de la Socit des Nations fut lenjeu dun conit entre Genve et Bruxellespar puissances interposes. En 1919, linitiative du prsident amricain Wilson, le sige fut attri-bu Genve. Cependant, en raison du retour des Etats-Unis lisolationnisme et des hsitationsde lopinion publique helvtique devant une adhsion incompatible avec la neutralit traditionnelle,ce choix fut remis en cause sous limpulsion conjugue de la France, de la Belgique et du secrtairegnral de lorganisation, sir Eric Drummond. La Suisse en appela avec succs au prsident Wilson

    et une majorit reprsentative du peuple et des cantons ratia la date xe ladhsion de la Suisse la SdN.

    Des personnalits genevoises jourent aussi un rle de premierplan, an que Genve soit choisie. Cest le cas de William Rap-pard ngociateur du Conseil fdral et fervent dfenseur de lascne internationale et de John Gignoux, conseiller dEtat qui mi-lita en faveur de lentre de la Suisse dans la SDN et prpara lins-tallation de celle-ci et du Bureau International du Travail (BIT) Genve. Pour emporter la dcision, il fallut la visite Paris deGustave Ador, alors prsident de la Confdration, qui connais-sait personnellement Woodrow Wilson, Lloyd George et Georges

    Clmenceau.

    William Emmanuel Rappard (1883 - 1958)

    William Rappard fut un universitaire et un diplomate influent de la priode entre deux-guerres. Ctait un fervent dfenseur de la scne internationale. Il fut dabord professeurdhistoire conomique, puis premier secrtaire de la ligue des socits du croissantrouge ; membre du Comit Internationale de la Croix- Rouge ; fondateur de lInstitut Uni-

    versitaire de Hautes Etudes Internationales ; recteur de lUniversit de Genve ; directeurde la section des mandats de la SDN ; vice-prsident du Comit International pour le place-ment des intellectuels rfugis ; reprsentant de la Suisse auprs du BIT, de lONU et des Etats-Unis.

    Le 28 avril 1919, un tlgramme parvint au Conseil dEtat genevois : Aile plaisir de vous annoncer que la Confrence a dsign Genve commesige de la Ligue des Nations. Sign : Ador. Le lendemain, les genevoisaccoururent devant lHtel de Ville pour entendre le prsident du ConseildEtat, John Gignoux, lire une proclamation dans laquelle il afrmait que Genve, qui fut de tout temps une terre de libert, mettra ce quelle pos-sde de meilleur la disposition de ceux qui viendront chez elle travaillerpour la libert des peuples.

    Avril 1919, dl populaire la rue de Coutance

    Source : Genve : un lieu pour la paix, Hans Wilsdorf Foundation, 2001.

    Le choix du sige de la SDN

    La ville bncia aussi de son histoire daccueil. Durant les XIXme et XXme sicles, Genve accueille de nombreux rfu-gis politiques et devient le berceau de la Croix Rouge. Genve tait depuis longtemps considre comme une terre dasile depar son rle de ville daccueil pendant les perscutions lencontre des protestants qui ont suivi la rforme. En effet, aprsla rvocation de ldit de Nantes par Louis XIV en 1685, qui accordait la libert de culte et des droits aux protestants, des di-zaines de milliers de rfugis protestants trouvrent refuge en Suisse et dans le reste de lEurope protestante. De nombreusespersonnalits internationales y trouvrent refuge comme Lnine avant la rvolution russe de 1917. En tant que ville neutre aucur de lEurope, Genve bnciait dune situation exceptionnelle.

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    La SDN sinstalla dabord dans le palais Wilson puisprogressivement dans le Palais des Nations qui fut di- entre 1929 et 1936 sur un terrain qui appartenait Gustave Revilliod, un philanthrope genevois, qui lguacette terre la Ville de Genve en 1890 et que celle-cimit ensuite la disposition de la Socit des Nations en1920 pour quelle y construise son sige.

    Le Palais Wilson

    Source : http : //history.accusd.edu

    Les pays taient lis entre eux par un systme de scurit collective. Les Etats mem-bres staient mis daccord pour que toutes les disputes soient juges par le Conseilet que la guerre ne devait tre conduite quen dernier ressort. Si une nation recourait la guerre ou menaait de le faire en violation des principes de lorganisation, les

    autres membres pouvaient appliquer des sanctions diplomatique et conomique. Sila violation tait considre comme un acte de guerre envers la communaut dansson ensemble, cette dernire pouvait alors recourir lattaque militaire. Les mem-bres dcidrent aussi de travailler ensemble pour contrler larmement et rsoudredautres problmes communs. La Cour permanente de justice internationale devait rsoudre les diffrends juridiques inter-nationaux. LOrganisation Internationale du Travail, dont la constitution faisait partie du Trait de Versailles, tait organisepour tudier les conditions de travail dans le monde et proposer des recommandations pour amliorer la vie des travailleursdans diffrentes parties du monde.

    Aprs la Premire Guerre mondiale, les pays europens taient aussi occup reconstruire leur conomie. Lination se d-veloppa ainsi que le chmage et une dpression mondiale favorisa la monte au pouvoir de gouvernements totalitaires. Dans

    les annes trente, lorsque ces dictatures prnrent une politique trangre agressive, les membres de la Socit des Nationsnavaient pas la volont ni les moyens de les contenir.

    Dans les annes vingt, aprs avoir recherch ses marques, la SDN volua de manire plutt prometteuse. Mais, partir de la crise de Mandchourie de 1931, elle commena dcliner de manire irrsistible.

    Le systme mis en place par la SDN a deux avantages qui permettent thorique-ment dassurer la scurit collective des Etats membres :1. Garantie mutuelle de non agression.2. Aide en cas dagression (art. 16 : sanction lgard du belligrant).

    Avant la SDN : la scurit individuelle Antidote prvu par la SDN : la scurit collective

    - Recours la force de faon prventive ou dfensive - Interdiction du recours la force (illicite)

    - Accumulation des armements - Dsarmement

    - Participation des alliances - Rglement pacique des diffrends (mdiation, ngociation, CPJI,)

    Lvolution de la scurit internationale travers la SDN

    Genve dcida dentreprendre de grands travaux pour sadapter sa nouvelle mission. Ainsi, la gare Cornavin fut reconstruite,le rseau suisse de tlcommunication dvelopp an de permettre aux membres de la Socit des Nations de communiqueravec leurs gouvernements respectifs et un champ daviation fut construit Cointrin reliant Genve aux capitales du monde.Linstallation de la SDN Genve attira de nombreuses organisations gouvernementales et non gouvernementales, stimula letourisme, enrichit la vie culturelle et sociale, encouragea la cration de lInstitut universitaire des hautes tudes internationaleset attira de nombreux htes trangers. En 1920, deux cent fonctionnaires internationaux et membres de missions permanen-tes travaillaient Genve, aujourdhui ils sont plus de dix-neuf mille.

    La scurit collective est une doctrinequi repose sur lide que les Etatspeuvent assurer leur scurit par desmoyens collectifs. Cest--dire quilssaideraient mutuellement si un paysmenaait ou envahissait un des leurs.Ces fondements sont :- la consolidation/maintien du sys-

    tme international,- lindivisibilit de la paix (agression

    contre un Etat est une agression

    contre tous les Etats),- la responsabilit collective face toutes les agressions.

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    LAssemble de la SDN recommanda aux Etats membres de ne pas reconnatre le Man-dchoukouo, mais aucune mesure concrte ne fut prise. La dlgation japonaise quittaaussitt lAssemble en signe de protestation. Le gouvernement imprial annona sadcision de se retirer de linstitution genevoise en raison des divergences de vues le spa-rant de la SDN sur les principes pour tablir une paix durable en Extrme-Orient.

    Ce conit fut un vritable chec pour la SDN car il montra quune puissance pouvaitcommettre une agression sans craindre dautre sanction que la rprobation des membresde lorganisation.

    Lincident de Mukden et la crise de Mandchourie: le Japon exerait dj avant 1931 une in-uence politique, militaire et conomique dans la province chinoise de Mandchourie. En vertu detraits internationaux conclus au terme de conits arms avec la Chine et la Russie, le Japon dtenaitle droit dadministrer la zone du chemin de fer du Sud-mandchourien et dy entretenir des garnisons.En septembre 1931, allguant le sabotage de la voie ferre par des bandits chinois aux environs deMukden, larme japonaise bombarda de nombreuses villesde la province et procda leur occupation systmatique.

    Au dbut de 1932, les Japonais avaient achev laconqute de la Mandchourie. LEtat fantoche du Man-dchoukouo (le Pays de labondance ) fut proclamle 1er mars 1932. La Chine t appel plusieurs reprises la SDN au cours de ces vnements, mais les puis-sances ragirent mollement. Le Conseil accepta tout demme de crer une commission internationale chargedeffectuer une enqute sur le terrain, prside par leBritannique lord Lytton. Le rapport estima que lac-tion des troupes japonaises avait t injustie et quela cration du Mandchoukouo ne reposait sur aucunebase lgale.

    Extraits de Tintin et le lotus bleu dHerg,

    Casterman, Paris, 1946, pages 21, 22 et 60.

    p. 21

    p. 22

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    p. 60

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    Rattaches la Finlande pour des raisons historiques, les les dland ont tou-jours t peuples de Sudois. Du fait de la situation stratgique de larchi-pel, la Finlande ne sest jamais rsolue voir les les dland retourner dansle giron sudois. Aprs la rvolution russe de 1917, la Finlande retrouva sasouverainet et, le 6 dcembre, proclama son indpendance. Lanne sui-

    vante, larchipel dland se trouva confront la guerre civile qui svissait enFinlande. En plus des forces finlandaises, des troupes sudoises et allemandes

    intervinrent dans les les. Les reprsentants des municipalits landaises commencrent oeuvrer pour le rattachement leur ancienne patrie, la Sude. Ils firent connatre leur demande au roi de Sude, laquelletait fortement appuye par une ptition signe par la majorit de la population insulaire. Cependant, la Finlande se mon-

    tra peu rceptive aux revendications des landais, mais elle tenta de les satisfaire en adoptant, en 1920, une loi qui leuraccordait une certaine autonomie politique dans les affaires intrieures. tant donn que la question landaise impliquaitplusieurs pays, la Finlande dut, sur proposition de la Grande-Bretagne, faire appel la Socit des Nations.Pour la SDN, le problme consistait trancher entre le principe de lintgrit territoriale des Etats (invoqu par les Fin-landais) et le principe de lautodtermination des peuples soulev par les Sudois sur la base du caractre sudophonede la population de larchipel qui avait appartenu la Sude avant sa conqute par la Russie. En juin 1921, le Conseilde la Socit des Nations dcida que la souverainet sur larchipel dland devait revenir la Finlande. Toutefois, ltatfinlandais devait sengager respecter et garantir aux landais lusage de leur langue sudoise, de leur culture et deleurs coutumes locales. Ds lors, la Finlande adopta plusieurs lois qui confirmrent lautonomie culturelle, linguistique etpolitique des les dland.

    Lorganisation fut secoue par lannexion ou le dmembrement dun certain nombre de ses Etats membres jusqu ce que celamne au dclenchement de la Deuxime Guerre mondiale et la n de lexprience de la SDN. Cette n peut tre impute plusieurs facteurs :

    - Lesliens entre le Pacte de la Socit des Nations et le rglement de la paix de 1919. En effet, le Pacte de la SDNconstituait la partie I du trait de Versailles, et cela eut pour effet dassocier lorganisation lordre nouveau impospar les puissances victorieuses. En consquence, la SDN devait assumer des fonctions politiques et donc partisanes, enrapport direct avec la mise en uvre des traits de paix comme par exemple la garantie politique de lindpendance delAutriche, le contrle de ltat des armements des pays vaincus et la supervision du rgime des mandats.

    - Lesimperfections du dispositif de scurit collective de la SDN. Le Pacte ne comprenait pas explicitement lin-terdiction totale du recours la force, il tablissait seulement une distinction entre guerres licites et guerres illicites. Enoutre, il ninstituait pas de procdures contraignantes de rglement pacique des diffrends. Finalement, lagression, quitait suppose tre rprime par des sanctions conomiques obligatoires et des sanctions militaires facultatives, restasouvent impunie par lAssemble de la SDN.

    - Le facteur cl de lchec de la SDN est probablementlinconduite de toutes les grandes puissances de lpoque.Dans les annes trente, les rgimes dictatoriaux tels que le Japon, lAllemagne, lItalie et un stade tardif lURSS com-mirent plusieurs agressions : le Japon envahit la Mandchourie en 1931, lItalie lEthiopie en 1935 et lAlbanie en 1939,

    lAllemagne partant la conqute des pays voisins, Autriche, Tchcoslovaquie, Pologne aprs avoir annul plusieursdispositions du Trait de Versailles. La position isolationniste des Etats-Uniset leur refus dadhrer la SDN se traduisit par un manque duniversalit pourlorganisation. De plus, lAllemagne ny demeura que de 1926 1933, le Japonjusquen 1933 et lURSS seulement de 1934 1939.

    Le bilan de la SDN est nuancer car il y a tout de mme eu certaines ralisations positives telles que le sauvetage conomiquede lAutriche, lassistance technique la Chine, les activits de lorgane spcialis appel Organisation dhygine (anctrede lOMS), la protection internationale de certaines catgories de rfugis et aussi le rglement pacique de quelques conits

    internationaux.

    Les causes du dclin de la SDN

    Winston Churchill dclara que lchec de la scurit collective dans lentre-deux-

    guerres ne fut pas le fait de la Socit des Nations mais des nations de la socit .

    En rsum, on peut dire que la SDNtravaillait dans un contexte o la guer-re tait licite, les sanctions improba-bles et le dsarmement une illusion.

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    Au cours mme du second conit mondial fut labore et prpare une nouvelle organisation internationale destine main-tenir la paix et la scurit aprs la n des hostilits : ce fut lOrganisation des Nations Unies qui commencera fonctionnerds le dbut de 1946. Les Allis ont voulu prolonger en temps de paix leur coopration de guerre pour assurer lordre mondial.Sur la base de lexprience de la SDN, les Etats taient convaincus quil tait ncessaire davoir une organisation permanentede scurit qui soit efcace. La nouvelle organisation devait :

    - tre universelle et ne pas laisser en dehors des puissances importantes comme les Etats-Unis ou lURSS ;- comporter un mcanisme effectif dintervention contre lagresseur qui soit dissuasif ;- avoir un domaine dintervention largi aux activits conomiques, culturelles et sociales, an que ces dernires contri-

    buent au renforcement de la paix ;

    - assurer aprs la guerre le respect des droits de lHomme et du droit des peuples disposer deux- mmes, non seulementdans les territoires librs mais aussi, selon les Amricains, dans les colonies.

    A partir de ces principes trs gnraux, la nouvelle organisation mondiale fut progressivement labore de 1941 1945, alorsque se poursuivait la lutte des Nations Unies contre les puissances de lAxe.

    La SDN a aussi eu le mrite de mettre en place des pratiques comparables celles qui ont aujourdhui coursaux Nations Unies. Ainsi, jusqu la grande dpression conomique de 1929, la coopration en matireconomique, sociale et humanitaire prit des proportions sans prcdents. De son ct, lOrganisationInternationale du Travail (OIT) ralisa dans le domaine du droit international du travail, une u-

    vre lgislative remarquable. Si ces succs quelque peu isols ne purent contrebalancer lchecde la scurit collective, la SDN laissa tout de mme un ensemble de principes, deprocdures et dexpriences pratiques dont lONU hrita avec prot.

    Sige de lOIT Genve

    Que les peuples le veuillent ou non, leurs destins sont vraiment si bien mls que la

    Socit des Nations ne peut plus disparatre. Si demain quelque catastrophe lemportait, elle

    ressusciterait sous un autre nom. Andr Maurois, 1933, Mes songes que voici

    Le dveloppement de lOrganisation des Nations Unies

    Carte de la Socit des Nations

    Source : http://www.atlas-historique.net/1914-1945/cartes/Sdn.html

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    Du ct amricain, le prsident Roosevelt, dans un dis-cours du 6 janvier 1941, justiant le futur prt- bail la Grande-Bretagne, proclamait que les buts de guerredes dmocraties taient les quatre liberts : libert dex-

    pression, de culte, libert de vivre labri du besoin et dela peur. Les deux dernires liberts mettaient en valeur lalibert de pouvoir commercer librement et le besoin derduire et de contrler les armements. Deux mois aprs laDclaration de Londres, un nouveau pas vers la constitu-tion dune organisation mondiale fut franchi lors de len-trevue de Winston Churchill et du prsident Roosevelt surun navire au large de Terre-Neuve. Le 14 aot, lors decette rencontre, les deux chefs dEtat publiaient une d-claration commune appelCharte de lAtlantique.

    Le navire au large de Terre-Neuve o fut signe

    la Charte de lAtlantique

    Source : Pierre Gerbet, The United Nations Fifty Years On, On LinePublishing, Lausanne, 1995.

    Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt

    durant la rencontre de lAtlantique

    Ce document ntait pas un trait entre deux puissances, ni lexpression dnitive etofcielle de leurs vues sur la paix. La Charte tait lafrmation de certains principescommuns, la politique nationale de leurs pays respectifs et sur lesquels ils fondaientleurs espoirs dun avenir meilleur pour le monde.

    La Charte de lAtlantique comportait huit points traitant de :- renonciation aux agrandissements territoriaux ;- modications territoriales sans laccord des populations ;- droit pour les peuples de choisir leur forme de gouvernement ;- gal accs aux matires et aux marchs ;

    - collaboration conomique ;- libert des mers ;- scurit de toutes les nations ;- renonciation lusage de la force.

    Source : www.un.org / Photo ONU

    En juin 1941, la ville de Londres tait le sige de neuf gouvernements en exil (Grce,Belgique, Tchcoslovaquie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvge, Pologne, Yougoslavie,ainsi que le reprsentant du gnral de Gaulle au nom de la France libre).

    Alors que le monde tait en guerre, plusieurs gouvernements songeaient ltablisse-ment dune future paix durable dans le monde.

    Le 12 juin, les reprsentants de la Grande-Bretagne, du Canada, de lAustralie, de laNouvelle-Zlande, de lAfrique du Sud et ceux des gouvernements exils se runirent

    au palais de Saint-James Londres pour y signer une dclaration. En substance cettedclaration proclamait que La seule base solide dune paix durable sera la collabora-tion spontane des peuples libres dans un monde o, la menace de lagression ayant tcarte, tous pourront avoir lassurance de leur scurit conomique et sociale ; cestnotre intention de travailler ces ns ensemble et avec les autres peuples libres, tant enguerre quen temps de paix.

    Source : www.un.org, photo ONU

    Le Palais de Saint-James

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    Le 1erjanvier 1942, Washington, une vingtaine de diri-geants, dont Churchill et Roosevelt, adoptent une dcla-ration, la Dclaration des Nations Unies, aux termesde laquelle les Nations Unies sengagent mettre enplace, sitt la guerre nie contre lAxe, un systme depaix et de scurit. Cest la premire fois que le terme Na-tions Unies est ofciellement utilis. Dans ce document,les gouvernements signataires sengageaient contribuer

    de la faon la plus complte leffort de guerre communet ne pas signer de paix spare. Cette alliance sinspi-rait des principes de la Charte de lAtlantique.

    Trois ans plus tard, au moment de prparer la Confren-ce de San Francisco, les invitations ntaient adressesquaux pays qui, avant mars 1945, avaient dclar la guerre lAllemagneet au Japon et souscrit la Dclaration des Nations Unies.

    Lexpression Nations Unies apparat

    pour la premire fois pendant la Deuxime

    Guerre mondiale

    Source : www.un.org. Photo ONU

    Aprs que les Allis eurent lancs leurs offensives en 1942, les rexions sorientrent de plus en plus vers la forme donnerau monde daprs-guerre. Il fallait jeter les bases de lorganisation mondiale. En 1943, a lieu Moscou, la Confrence des

    ministres des Affaires trangres de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de lURSS et de la Chine. Ces quatre puissances, parune dclaration, sengageaient continuer la lutte commune jusqu la reddition de lennemi. Larticle quatre stipulait, que lesministres des Affaires trangres reconnaissent la ncessit dtablir aussitt que possible, en vue de la paix et de la scuritinternationales, une organisation internationale fonde sur le principe de lgalit souveraine de tous les Etats paciques etouverte tous les Etats grands et petits .

    Deux mois aprs cette dclaration, Roosevelt, Staline et Churchill se runirent pour la premire fois ensemble lors de lafameuseConfrence de Thran, o ils arrtrent des stratgies communes concernant la faon de mener la guerre etdclarrent quils avaient trac un plan commun destin assurer la victoire nale. Cette dclaration disait en outre : Noussommes certains que notre accord permettra dassurer une paix durable. Nous avons pleinement conscience de la responsa-bilit suprme qui nous incombe ainsi qu toutes les Nations Unies ddier une paix laquelle soit acquis le bon vouloir de

    la grande majorit des peuples et qui bannisse du monde, pour de nombreuses gnrations, le au de la guerre et la terreurque ce au inspire .

    Staline, Roosevelt et Churchill la Confrence de Thran

    Les principes sur lesquels serait fonde la future organisation mondiale taient ds lors dnis, mais lnonc de ces principeset des buts de lorganisation que lon se proposait de crer taient une chose et la mise au point de son mcanisme en taitune autre. Cest la confrence de Dumbarton Oaks, du nom de lhtel particulier aux environs de Washington, o lesdiscussions eurent lieu, que les structures et les comptences de lOrganisation des Nations Unies furent labores dans leursgrandes lignes. Les reprsentants amricains et anglais y rencontrrent les Sovitiques du 21 aot au 28 septembre 1944, puisles Chinois du 29 septembre au 7 octobre. Le gouvernement de lURSS, ntant pas en guerre avec le Japon, il ne voulait passiger avec le gouvernement chinois, dont il dplorait dailleurs la prsence parmi les Grands. Lessentiel fut dcid dans lapremire partie de la confrence. La volont des trois grands partenaires tait de mettre sur pied un systme effectif de scu-rit internationale.

    Lhtel particulier de Dumbarton Oaks

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    La Confrence de Yalta en Crime fut convoque du 4 au 11 f-vrier 1945. Les discussions furent surtout consacres la pour-suite de la guerre contre lAllemagne et le Japon ainsi quaux rgle-ments territoriaux qui suivraient. Cette runion au sommet permitgalement de rsoudre les dernires divergences de vues sur lafuture organisation internationale.

    Un des problmes tait la question de la reprsentation de lUnionsovitique au sein de la nouvelle organisation. Staline craignant dese trouver isol au sein dune organisation compose dEtats noncommunistes, invoquait la constitution fdrale de lURSS pourrclamer une voix par rpublique socialiste, soit quinze au total.Il donnait comme argument lexistence du Commonwealth bri-tannique dont les diffrents membres disposeraient chacun dune

    voix (il sagissait des Etats souverains du Canada, de lAustralie,etc.) et des pays dAmrique latine quil considrait comme desclients des Etats-Unis. Le compromis trouv fut le sui-

    vant : lURSS aurait une voix ainsi que les Rpubliquessocialistes sovitiques de Bilorussie et dUkraine.Ils trouvrent aussi un accord sur la question des territoi-

    res gouverns sous mandats par la Socit des Nations.Le nouvel organe international aurait un systme de tu-telle administr par un Conseil de tutelle qui soccuperaitde ces territoires. Finalement, le communiqu de Yaltaannonait la runion, ds le 25 avril 1945, San Franciscode la confrence des Nations Unies sur lorganisation in-ternationale qui mettrait au point les statuts de la nouvelleorganisation.

    Source : http://www.ac-reims.fr/datice/hist-geo/dossier/citoyen/yalta.jpg

    La structure de la nouvelle organisation tait en grande partie calque sur celle de la Socit des Nations, mais avec dimpor-tantes diffrences dans les comptences et les pouvoirs an dviter de retomber dans les insufsances de la premire organi-sation. Selon les propositions de Dumbarton Oaks, le futur organisme serait compos de quatre organes principaux :

    - une Assemble gnrale, o tous les membres seraient reprsents.- un Conseil de Scurit compos de onze membres, dont cinq seraient permanents et les six autres lus par lAssemble

    gnrale.- un Conseil conomique et social.- une Cour Internationale de Justice.

    Un Secrtariat tait galement prvu. Le trait essentiel de ce plan tait que la responsabilit dempcher le retour de la guerreincomberait au Conseil de Scurit.LAssemble gnrale serait appele tudier, discuter et faire des recommandations destines encourager la cooprationinternationale et rgler des situations susceptibles de compromettre le bien-tre gnral. Elle pourrait tudier les principesgnraux de coopration pour le maintien de la paix et de la scurit et pour le dsarmement, mais elle ne pourrait faire de re-commandations sur aucune des questions dont le Conseil de Scurit serait saisi. Toute question requrant une action devraittre renvoye au Conseil de Scurit.Le plan de Dumbarton Oaks comportait un autre point majeur : les Etats membres auraient mettre des forces

    armes la disposition du Conseil de Scurit. En effet, on saccordait reconnatre que labsence de forces armes avaitt une faiblesse fatale du mcanisme cr par la SDN. Le projet comportait tout de mme des lacunes, notamment sur lemode de rglement des diffrends, sur la procdure de vote au Conseil de Scurit et sur les questions coloniales.

    A Yalta, les trois Grands ont aussi introduit dans le projet les dis-positions qui garantissent le maintien de leur prminence. LaSocit des Nations tait paralyse par le principe dunanimit.La nouvelle organisation doit tre dirige par un directoire degrandes puissances, membres permanents du Conseil de s-curit et disposant dun droit de veto (Etats-Unis, URSS, Royau-me-Uni, Chine, France). Lassemble gnrale incarne la dmo-cratie lchelle internationale, limite par lexercice du pouvoirdes membres permanents condition quils restent solidaires ouquils aboutissent un compromis.

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    LONU est dnitivement fonde par la Charte de San Francisco signe le 26 juin 1945 par cinquante Etats.

    La Charte des Nations Unies est adopte par les 50 pays qui participent la Confrence de San Francisco, ouverte le 25 avril 1945, peu avant lacapitulation de lAllemagne nazie et alors que la guerre contre le Japon sepoursuit dans le Pacique. Les rdacteurs de la Charte sappuient sur lescontributions prpares par les reprsentants de la Chine, des Etats-Unis, de laGrande Bretagne et de lUnion sovitique lors des prcdentes confrences.

    La Confrence de San Francisco sachve le 26 juin 1945 par la cration delOrganisation des Nations unies et par ladoption de son texte fondateur, laCharte des Nations unies. La Charte entre en vigueur le 24 octobre 1945aprs sa ratication par la majorit des pays signataires.

    La Charte, long texte de 111 articles, tablit les six organes principauxqui rgulent lactivit des Nations unies : lAssemble gnrale, le Conseilconomique et social, le Conseil de scurit, le Conseil de tutelle, la Courinternationale de justice et le secrtariat gnral. Le secrtaire gnral est le plus haut fonctionnaire de lorganisation : il est ,aux yeux de la communaut mondiale, lemblme mme des Nations unies

    Les buts des Nations Unies, noncs dans la Charte, sont les suivants :- maintenir la paix et la scurit internationales,- dvelopper entre les nations des relations amicales fondes sur le respect du principe de lgalit des droits des peuples et

    de leur droit disposer deux-mmes,- raliser la coopration internationale en rsolvant paciquement les problmes internationaux dordres conomique,

    social, culturel et humanitaire,- constituer un centre o sharmonisent les efforts des nations vers ces ns communes.

    La journe du 24 octobre est depuis clbre, chaque anne, comme la Journedes Nations Unies. En 1947, lAssemble gnrale des Nations Unies adopteune rsolution proclamant que le 24 octobre sera appel Journe des NationsUnies et que ce jour sera consacr faire connatre aux peuples du monde entier

    les objectifs et les ralisations des Nations Unies et les rallier son oeuvre.

    24 octobre - La journe des Nations Unies

    Gros-plan sur la Charte de lONU ;

    en arrire-plan, lEgypte signe

    Source : San Francisco, 26/6/45, 24479 ONU, Dpartement delinformation, http://www.un.org/french/audiovis/40s.htm

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    La Charte des Nations Unies : buts et principes

    La Charte des Nations Unies est linstrument constitutif de lOrganisation. Compose de 111 articles,elle xe les droits et les obligations des Etats Membres et porte cration des organes et des procdu-res. Elle codie les grands principes des relations internationales, depuis lgalit souveraine des Etatsjusqu linterdiction demployer la force dans ces relations de toute manire incompatible avec les butsdes Nations Unies. Elle a t approuve le 25 juin 1945 et est entre en vigueur le 24 octobre 1945.La Charte peut tre modie (amende) mais lamendement doit se faire la majorit des deux tiers delAssemble gnrale et il doit tre accept par les cinq membres permanents du Conseil de Scurit.Dans lhistoire des Nations Unies, la Charte a t amende seulement trois fois. Dans chaque cas, lesbuts des amendements taient daugmenter la taille soit du Conseil de Scurit soit du Conseil Eco-nomique et Social en rponse au nombre toujours plus important dEtats voulant devenir membre.Depuis sa cration, lOrganisation des Nations Unies a plus que tripl en taille passant de 51 membres 192, la Suisse tant

    un des derniers pays a y avoir adhr le 10 septembre 2002.

    Le prambule de la Charte exprime les espoirs des peuples qui y adhr-rent en 1945 :

    NOUS, PEUPLES DES NATIONS UNIES RESOLUS, prser-ver les gnrations futures du au de la guerre qui deux foisen lespace dune vie humaine a inig lhumanit dindici-bles souffrances, proclamer nouveau notre foi dans lesdroits fondamentaux de lhomme, dans la dignit et la valeurde la personne humaine, dans lgalit des droits des hommes

    et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, crer les conditions ncessaires au maintien de la justice etdu respect des obligations nes des traits et autres sourcesdu droit international, favoriser le progrs social et instaurerde meilleures conditions de vie dans une libert plus grande,

    AVONS DECIDE DASSOCIER NOS EFFORTS POUR REALISERCES DESSEINS, en consquence, nos gouvernements respec-tifs, par lintermdiaire de leurs reprsentants, runis en laville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus enbonne et due forme, ont adopt la prsente Charte des NationsUnies et tablissent par les prsentes une organisation inter-nationale qui prendra le nom de Nations Unies.

    Les articles 1 et 2 de la Charte numrent les buts de lOrganisation et les principes que les Etats membres sengagent res-pecter. Les buts sont dabord de maintenir la paix et la scurit internationales .

    Les autres buts noncs sont de Dvelopper entre les nations des relations amicales, fondes sur le respect du principe de lgalit de droitsdes peuples et de leur droit disposer deux- mmes, et de prendre toute autre mesure propre consolider la paix du monde ; raliser la coopration

    internationale en rsolvant les problmes internationaux dordre conomique, social, intellectuel et humanitaire en dveloppant et en encourageant

    le respect des droits de lhomme et des liberts fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ; tre un centre o

    sharmonisent les efforts des nations vers ces ns communes .

    Un des premiers timbres des Nations Unies

    Source : Charles Patterson, The Oxford 50th Anniversary Book ofthe United Nations, Oxford University Press, New York, 1995.

    Organisation des Nations Unies

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    Il fallait aussi rsoudre le problme du sigede la nouvelle organisation, celui-ci nayantpas t x par la Charte. Plusieurs sites fu-rent discuts notamment San Francisco, maisles Sovitiques y taient hostiles et les Euro-pens prfraient la cte est des Etats-Unis,moins lointaine. En dcembre 1946, John D.Rockefeller Junior proposa gratuitement un

    terrain de huit hectares situ sur lEast Ri-ver Manhattan, entre les 42me et 48merues. La ville de New York offrit aussi unterrain adjacent. Les plans furent tablis pardix architectes internationaux. Limmeubledu secrtariat avec ses 39 tages fut terminen 1951 ; le Conseil de Scurit, le Conseilconomique et social et le Conseil de tutelley ont leur sige. Dans le second btiment,achev en 1952, on trouve les salles de lAs-semble gnrale ainsi que plusieurs salles de confrences et de commissions. Aujourdhui, lONU occupe aussi quelques

    autres gratte-ciel situs proximit.

    Dans la poursuite de ces buts, lONU et ses membres devaient respecter un certain nombre de principes : Lgalit souverainede tous ses membres ; remplir de bonne foi les obligations quils ont assumes aux termes de la Charte ; rgler les diffrends internationaux par des

    moyens paciques, de telle manire que la paix et la scurit internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger ; sabstenir, dans leurs

    relations internationales, de recourir la menace ou lemploi de la force, soit contre lintgrit territoriale ou lindpendance politique de tout Etat,

    soit de toute autre manire incompatible avec les buts des Nations Unies . Ces dispositions allaient beaucoup plus loin que celles de laSDN qui interdisaient sous certaines conditions le recours la guerre et qui pouvaient tre aisment contournes ; donner lONU pleine assistance toute action entreprise par elle conformment aux dispositions de la prsente Charte et sabstenir de prterassistance un Etat contre lequel lorganisation entreprend une action prventive et coercitive.

    En ce qui concerne les Etats non membres, lOrganisation devrait faireen sorte quils agissent conformment ces principes dans la mesure ncessaire aumaintien de la paix et de la scurit internationales . On voulait viter de voirse reproduire le cas de lAllemagne qui staient livre des agressionsaprs tre sortie de la SDN. Enn, le paragraphe sept de larticle deuxprcisait : Aucune disposition de la prsente Charte nautorise les Nations Unies intervenir dans les affaires qui relvent essentiellement de la comptence nationale dune

    Etat ni noblige les membres soumettre des affaires de ce genre une procdure de

    rglement aux termes de la prsente Charte ; toutefois ce principe ne porte en rien atteinte

    lapplication des mesures de coercition prvues au chapitre VII. Cette disposition

    avait t introduite pour rpondre aux inquitudes de ceux qui craignaientquen vertu des comptences confres lOrganisation dans le domaineconomique, social et intellectuel, celle-ci ne soit conduite intervenir di-rectement dans les affaires internes des Etats membres portant sur cesquestions.

    Le sige, le drapeau et lhymne

    Caricature de 1935 dIribe montrant Hitler

    narguant la SDNSource : Andr Lewin, LONU pour quoi faire? DcouvertesGallimard Paris, 2006.

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    On y croise aussi des paons en libert. Cest le dernier descendant de la famille propritairedu terrain, les Revilliod, qui imposa cette curieuse condition avant de lguer le parc la

    ville. Aujourdhui, Genve la allou au sige europen de lONU mais le souhait de sonpropritaire est toujours respect. En souvenir de cette priode, trois villas prives datant

    du dbut du XIXme sicle, ont t conserves sur le terrain du Palais. Elles taient lesrsidences de familles bourgeoises ; la villa de La Fentre (aujourdhui rsidence ofcielledu Directeur gnral de lONU Genve, M. Sergei Ordzhonikidze), la villa Le Bocage etla villa La Pelouse servent dsormais de bureaux.

    Le Palais des Nations, di entre 1929 et 1936, occupe un terrain que Gustave Revillod, philanthrope genevois, lgua laVille de Genve en 1890 et que celle-ci mit ensuite la disposition de la Socit des Nations en 1920 pour quelle y construiseson sige. Aprs la Deuxime Guerre mondiale, le Palais ne resta pas inoccup. Le Centre des Nations Unies sy installa ainsiquun certain nombre de commissions, dont la Commission conomique pour lEurope et des Institutions spcialises. Le Pa-lais des Nations Unies a une surface suprieure au Palais de Versailles. Sur plus de 45 hectares labri de 800 varits darbrescentenaires, il se trouve dans un des plus grands parc de Genve, le parc de lAriana (ainsi nomm en souvenir de la mre de

    Gusatve Revillod).

    Le Palais des Nations Unies Genve Lentre du Palais des Nations Unies, depuis

    la place des Nations

    Les paons en libert

    dans le parc de lAriana

    Le parc des Nations Unies constitue une remarquable galerie ciel ouvert, prsentantquelques unes des sculptures et monuments les plus importants de lhistoire, offertspar des Etats membres, des artistes ou des mcnes privs.

    La sphre armillaire du sculpteur amricain Paul Manship

    fut offerte par la fondation Woodrow Wilson la SDN en1939, elle reprsente 65 constellations et 860 toiles.

    LES MONUMENTS DANS LE PARC

    Ces monuments, dons dtats Membres, se situent pour la plupart ct lac, face laBibliothque et au nouveau btiment.

    - Sphre armillaire (tats-Unis - 1939)- Conqute de lespace (Gouvernement sovitique - 1971)- Le grand Centaure (Gouvernement russe - 1997)- Famille (E. Sandys - 1979)- Sculptures (Allemagne - 1995)

    - La dispersion des semences et la collecte des cendres- La tour de la solitude (Danemark - 1995)- Mmorial (don collectif - 2003) A la mmoire des fonctionnaires qui ont donn leur vie au service de la paix.- Cnotaphe (tombeau de Gustave Revillod - 1890)- Chalet de Montbovon (Suisse - 1668) - Alle des Nations

    LONU et le Palais des Nations

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    LOfce des Nations Unies Genve (ONUG) est lune des principales basesoprationnelles des Nations Unies. En effet, Genve est au coeur des activitsqui concernent lassistance humanitaire et la protection des droits de lHommeet constitue galement un centre dexpertise et de savoir-faire dans des domai-nes comme le dsarmement, les secours en cas de catastrophes, le droit inter-national, la protection de lenvironnement et le dveloppement durable.Outre les comptences de lONUG et des diffrents organismes du systmedes Nations Unies, la prsence dun grand nombre de reprsentants de gouver-

    nements, dorganisations non gouvernementales et dautres organisations in-ternationales fait de la ville de Genve un centre de premire importance pourles runions multilatrales et bilatrales visant faciliter le rglement paciqueet la consolidation de la paix dans le monde entier.

    Ainsi, les ngociations qui se sont droules au Palais des Nations ont permisde rgler plusieurs conits comme lArmistice conclu en 1953 entre la Coredu Nord et la Core du Sud et, quelques dcennies plus tard, les accords de1988 xant le calendrier de retrait des forces sovitiques en Afghanistan.Laugmentation du nombre dEtats membres et le dveloppement des activits de lOrganisation ont ncessit dimportantsagrandissements. Ainsi, en 1968, le Secrtaire gnral de lONU, qui tait alors U Thant, a pos la premire pierre dune nou-

    velle aile du Palais qui a t acheve en 1973. A prsent les deux btiments comprennent en tout 34 salles de runion et plusde 2800 bureaux. Environ 8000 runions se tiennent chaque anne au Palais, qui rassemblent quelque 25000 reprsentants.

    Le Palais des Nations a fait lobjet de deux agrandissements :En 1968-1973, la construction du btiment E, que lon continuedappeler communment le nouveau btiment . Dessin parune quipe de cinq architectes dirige par Eugne Beaudoin(France), il tait destin accueillir le sige de la Confrence desNations Unies sur le commerce et le dveloppement et faireface au besoin sans cesse croissant de salles de confrence.

    En 1950-1952, la surlvation du btiment K surtrois niveaux et la construction du btiment D,an notamment daccueillir provisoirement lepersonnel de lOrganisation Mondiale de la Santjusqu ce que le sige de cette organisation surlavenue Appia soit termin.

    Aujourdhui, le complexe reprsente 600 mtres

    de long, abrite 34 salles de confrence et 2800

    bureaux, ce qui en fait le plus grand centre des

    Nations Unies aprs le Sige New York.

    La salle des Assembles, principale

    salle de confrence, peut accueillir

    plus de 1800 reprsentants.

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    New YorkONU (SIEGE)OHRLLSPNUDFNUAPUNICEF

    WashingtonFMIGroupe de laBanque mondiale

    SantiagoCEPALC

    GenveCEEOITUITHCDHCNUCEDHCROMSOMPIOMMOMC

    NairobiPNUEONU-HABITAT Addis-Abeba

    CEA

    Gaza / AmmanUNRWA

    BangkokCESAP

    TokyoUNU

    Beyrouth

    CESAO

    RomeFAOFIDAPAM

    VienneAIEAONUDIONUDC

    BerneUPU

    La HayeCIJ

    LondresOMI Paris

    UNESCO

    MadridOMT

    Saint-DomingueINSTRAW

    MontralOACI

    AIEA Agence Internationale de lEnergie AtomiqueCEA Commission Economique pour lAfriqueCEE Commission Economique pour lEuropeCEPALC Commission Economique pour lAmrique Latine et les CarabesCESAO Commission Economique et Sociale pour lAsie OccidentaleCIJ Cour Internationale de JusticeCNUCED Confrence des Nations Unies sur le Commerce et le DveloppementFAO Organisation des Nations Unies pour lAlimentation et lAgricultureFIDA Fonds International de Dveloppement AgricoleFMI Fonds Montaire InternationalFNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population

    HCDH Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de lHommeINSTRAW Institut International de Recherche et de Formation pour la Promotion de la FemmeOACI Organisation de lAviation Civile InternationaleOHRLLS Bureau du Haut Reprsentant pour les pays les moins avancs, les pays en dveloppement

    sans littoral et les petits Etats insulaires en dveloppementOIT Organisation Internationale du TravailOMC Organisation Mondiale du CommerceOMI Organisation Maritime InternationaleOMM Organisation Mtorologique MondialeOMPI Organisation Mondiale de la Proprit IntellectuelleOMS Organisation Mondiale de la Sant

    OMT Organisation Mondiale du TourismeONUDC Ofce des Nations Unies contre la Drogue et le CrimeONUDI Organisation des Nations Unies pour le Dveloppement IndustrielONU-HABITAT Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains

    PAM Programme Alimentaire MondialePNUD Programme des Nations Unies pour le DveloppementPNUE Programme des Nations Unies pour lEnvironnementUIT Union Internationale des TlcommunicationsUNESCO Organisation des Nations Unies pour lEducation, les Sciences et la CultureUNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les RfugisUNICEF Fonds des Nations Unies pour lEnfanceUNRWA Ofce de secours et de travaux des Nations Unies pour les rfugis de Palestine dans le

    Proche-OrientUNU Universit des Nations UniesUPU Union Postale Universelle

    Les bureaux principaux de lOrganisation des Nations Unies

    et de quelques autres grandes organisations internationales.

    Ofce des Nations Unies Genve

    www.unog.ch

    Ofce des Nations Unies Vienne

    www.unvienna.org

    Directeur gnral : Sergei AlexandrovitchOrdzhonikidze (Fdration de Russie)rle : constitue le plus grand centre des

    Nations Unies aprs le sige New

    York. Dans le Palais des Nations, ladiplomatie internationale tient la plupartde ses grandes confrences dans lesdomaines de la paix et du dsarmement, des droits de lHomme, des affaireshumanitaires, de la coopration conomique et sociale et de la sant. Chaqueanne, quelque 600 confrences par an soit 4000 jours de runion, se tiennentdans ces btiments et attirent environ 28000 dlgus originaires de toutesles rgions du globe. Environ 8500 personnes travaillent pour le systme desNations Unies Genve, dont 1600 fonctionnaires internationaux en poste lONUG. Le personnel des cinq institutions spcialises des Nations Unies ayantleur sige Genve totalise environ 4300 personnes.

    Sige des Nations Unies New Yorkwww.un.org

    Ofce des Nations Unies Nairobi

    www.unon.org

    Directeur gnral : Achim Steiner(Allemagne)rle : sige des activits en rapport

    avec lenvironnement et les

    tablissements humains.

    Directeur gnral : Antonio Maria Costa(Italie)rle : sige des activits ayant trait

    au contrle international des

    drogues, la prvention de lacriminalit et la justice pnale,aux utilisations paciques delespace extra-atmosphriqueet au droit commercialinternational.

    Le sige et les grands centres de lONU

    source : adapt de lABC desNations Unies, publicationdes Nations Unies, NewYork, 2004, p. 28

    Sige, Offices et Bureaux principaux de lONU

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    Le drapeau des Nations Unies est adopt en 1947, le dessin symbolise unecarte du monde gure en projection azimutale quidistante, le ple nord ser-

    vant de centre ; autour de la carte, une couronne de branches dolivier styliseset croises ; le tout en or sur champ gris-bleu, les mers en blanc , (Rapport dela Sixime Commission, A/204). Les rameaux doliviers symbolisent la paix.La carte du monde dmarque les rgions dintrt des Nations Unies dans la

    poursuite de leur objectif premier, assurer la paix et la scurit. En 1971, pourle vingt-cinquime anniversaire de lONU, U Thant, secrtaire gnral des Na-tions Unies demanda Pablo Casals, violoncelliste reconnu, de composer unhymne sur les paroles du prambule de la Charte, Casals prfra demanderun texte au pote anglo-amricain Auden. Lhymne aux Nations Unies fut interprt dans la salle de lAssemble gnralele 24 octobre 1971, jour anniversaire de lentre en vigueur de la Charte en 1945 ; lorchestre tait dirig par le compositeurqui reut des mains dU Thant la mdaille des Nations Unies. Loeuvre na cependant pas t ofciellement adopte commehymne de lONU.

    La composition de lOrganisation

    LOrganisation des Nations Unies est com-pose dEtats. La plupart des Etats du mondeen font partie. Ils gurent dans lOrganisationpar lintermdiaire de personnes qui sont leursreprsentants. Cependant, ct des Etats, ily a aussi des fonctionnaires internationaux quiassurent dans le Secrtariat, la permanenceadministrative de lOrganisation. Les articlestrois et quatre de la Charte des Nations Unies

    montrent clairement que ce sont les Etats quiforment la composition de lOrganisation.Cela ne veut pas dire que tous les organes desNations Unies soient eux- mmes forms dereprsentants dEtats, par exemple la Cour In-ternationale de Justice est un corps de magistratsindpendants, lus sans gard leur nationalit. (ar-ticle 2 du Statut de la Cour). La raison de cechoix est vidente : lindpendance des jugesest une des exigences essentielles de la fonc-tion juridictionnelle, sur le plan international

    comme sur le plan de la structure intrieure des Etats. La Chartetablit une distinction entre membres originaires de lOrganisa-tion et membres admis. Les membres originaires sont ceux quiont sign et rati la Charte aprs avoir particip la confrence de San Francisco, ou tout au moins sign la Dclarationdes Nations Unies en 1942. Les membres admis sont les Etats paciques qui acceptent les obligations de la Charte et, au jugement delOrganisation, sont capables de les remplir et disposs le faire (article 41). LAssemble gnral dcide dadmettre de nouveauxEtats Membres sur recommandation du Conseil de scurit. La Charte prvoit la suspension ou lexpulsion dun Membre quienfreint les principes de la Charte, mais aucune mesure de cet ordre na jamais t prise.

    La question de la situation juridique, vis--vis de lOrganisation, des Etats qui nen sont pas membres, est prvue par larticle2 6 de la Charte. LOrganisation y reoit comptence pour amener ces Etats agir conformment ses principes, dans lamesure ncessaire au maintien de la paix et de la scurit internationale . Cest une obligation de comportement pour lOrganisation, cenest pas une obligation juridique pour les Etats tiers. Ces derniers sont lis par les principes gnraux du droit qui sont inclusdans la Charte, non pas en vertu de la Charte, mais en