Document Performances environnementales de l'immobilier

download Document Performances environnementales de l'immobilier

of 28

  • date post

    05-Jan-2017
  • Category

    Documents

  • view

    215
  • download

    0

Embed Size (px)

Transcript of Document Performances environnementales de l'immobilier

  • 1

    PERFORMANCES ENVIRONNEMENTALES DE LIMMOBILIER : DU CONVENTIONNEL AU REEL

    Jean CARASSUS1, David ERNEST2, Aurlie HEYRIES3, Frank HOVORKA4, Lionel PANCRAZIO5, Yona KAMELGARN6

    Rsum Durant la prcdente priode la consommation des btiments ntait que peu regarde ; la puissance disponible ou en rserve constituant au contraire un argument de vente ou de location important. Les btiments aujourdhui doivent rpondre des exigences accrues en termes de performances nergtiques, exigences qui manent la fois des investisseurs et utilisateurs ainsi que du contexte lgislatif en volution. Toutefois, la performance nergtique nest pas un objectif en soi. En effet, un btiment est avant tout un bien ayant une valeur dusage pour ses occupants. Le btiment doit ainsi pouvoir assurer la meilleure performance nergtique pour rpondre des exigences de sant, de confort et de fonctionnalit. Certes importantes, les rductions de consommations nergtiques ne doivent donc pas se faire au dtriment de la qualit dusage du bti. Il est galement ncessaire de mesurer cette performance tous les moments du cycle de vie dun immeuble, cest dire lors de sa conception, de sa construction, sur toute la dure de son utilisation. Or il existe lheure actuelle de trs nombreuses mthodologies diffrentes, qui donnent ainsi des rsultats trs htrognes, et surtout trs loigns des performances relles. Cet article propose une premire tape vers une dmarche transparente qui consiste pouvoir dire ce que lon fait et faire ce que lon dit et par consquent pouvoir mesurer, vrifier et reporter. Force est de constater quaujourdhui en matire de construction ce prcepte lmentaire ne semble pas respect. Pour autant il ne sagit pas de dire que les mthodes employes ne sont pas utilisables, que prvoir nest pas possible, mais plutt de comprendre comment ajuster les mthodes et les outils afin dassurer du rsultat attendu la livraison et viter une drive dans le temps.

    En effet si le calcul rglementaire est la seule notion opposable ce jour, la Simulation Thermique Dynamique donne des rsultats plus proches des consommations relles. En effet, alors que le calcul rglementaire se base sur des hypothses standardises communes pour une mme zone gographique et une mme classe de btiment, la STD ou plutt la Simulation Energtique Dynamique (qui intgre tous les usages de lnergie dans le bti) se base sur des

    1 Professeur et directeur du Mastre Executive Immobilier, Btiment, Energie , Ecole des Ponts ParisTech, blog :www.immobilierdurable.eu 2 Directeur Expertises, Mthodes, Innovation, VINCI Facilities. 3 Sustainable Development Analyst, AXA Real Estate. 4 Directeur immobilier durable, Caisse des Dpts et Consignations. 5 Enseignant-chercheur, LP Innovation. 6 Doctorante chez Novethic

  • 2

    hypothses plus ralistes, pouvant galement intgrer des schmas doccupation adapts lusage futur du btiment. Ces calculs doivent par ailleurs imprativement faire apparaitre la marge dincertitude associe afin ainsi danalyser lcart avec les consommations relles permettant didentifier les carts cohrents, les utilisations anormales , ou les dysfonctionnements des installations. Pendant la phase dexploitation, la mesure de la consommation relle du btiment est possible et lenjeu est principalement dinterprter les donnes brutes de consommations, au regard des conditions climatiques, de loccupation, des quipements rels et bien sur de lutilisation des usagers. Sur la base de ce bilan, il parat ncessaire de sengager vers plus de prcision et plus dhomognit des donnes afin dtre en mesure de garantir toutes les tapes du cycle de vie du btiment que celui-ci tient ses promesses au niveau des performances nergtiques. Pour cela, il parat ncessaire, sur certains points, de mettre en place des nouvelles pratiques. Un point fondamental serait dabord daccrotre la transmission et la transparence des donnes. Concrtement, cela se traduit par un dialogue renforc entre les concepteurs, les gestionnaires et les futurs occupants du btiment. Il serait ncessaire daller plus loin vers une garantie de la performance nergtique dcline sur lensemble de la vie dun btiment :

    Amliorer les hypothses et donc la prcision des calculs de simulation nergtique dynamique travers des retours dexprience,

    Avoir une politique de zros dfauts dans la chane de conception/ ralisation, Etablir une garantie de performance reliant conception et exploitation, Etablir une garantie de performance sur la dure lors de lexploitation.

    Nous plbiscitons la cration dun label de performance relle, lequel pourrait sintgrer dans la certification de la phase dexploitation de limmeuble et complter le principe de la certification HQE exploitation. Le principe sous-jacent consiste garantir le maintien dans la dure de la performance nergtique et garantir que les conomies dnergie ne se fassent pas au dtriment des autres cibles environnementales et notamment de la sant et du confort des usagers. Au-del de ce rapprochement entre ce qui est fait, constat et ce qui serait possible de faire, la question de la gouvernance et de lalignement des intrts pour un immobilier durable reste plus que jamais dactualit.

  • 3

    Introduction - 1 : Etat des lieux des pratiques actuelles

    -Les donnes issues des relevs ou factures -Les donnes de place

    - 2 : Les calculs des performances nergtiques

    - Les calculs rglementaires - Les simulations dynamiques (STD et SED)

    - 3 : Les mesures des performances relles

    - La mtrologie associe au pilotage de la phase de conception - La mtrologie associe au contrle de la phase exploitation - Des carts entre performances calcules et performances relles - Explication de ces carts - Usage de la mesure de la consommation relle : le btiment aujourdhui, un navire

    sans quipage ? - La performance nergtique versus la performance perue du bti par lutilisateur

    - 4 : Enjeux, perspectives et changement de pratiques

    - La transmission et la transparence des donnes (Retours dexprience, maquette numrique)

    - La garantie de la performance, de la conception la livraison - La performance relle en fonction de loccupation - Garantie de performance durant lexploitation - Pilotage dynamique dun portefeuille - La garantie de performance durant lexploitation

    - Conclusion Annexe 1. Prsentation du groupe Valeur verte en pratique Annexe 2. Rappel sur les conventions et les dfinitions Annexe 3. La norme EN 15251 et ses liens avec les autres normes Annexe 4. Les diffrents modes de calcul de consommation nergtique dans le diagnostic de performance nergtique (DPE)

  • 4

    Introduction La rflexion prsente ci-aprs est issue des travaux mens par le groupe Valeur Verte en Pratique lequel rassemble plusieurs professionnels de l'immobilier, anim par un acadmique. Le groupe a pour objet la valorisation conomique et financire de la qualit environnementale des immeubles. Il a pour ambition de faire progresser la notion de valeur verte de limmobilier en France. Une prsentation du groupe de travail et de ses publications est jointe en annexe 1.

    Le groupe met notamment en avant pour limmobilier locatif, rsidentiel et non rsidentiel :

    - les liens pouvant exister entre indicateurs nergie, environnement, sant et valeur des immeubles,

    - la prennisation de la performance nergie, environnement, sant et de la valeur verte dans le temps, par larticulation entre :

    o qualit environnementale intrinsque de limmeuble,

    o qualit environnementale de la gestion-exploitation,

    o et qualit environnementale de l'utilisation.

    Dans cet article nous traiterons plus particulirement de la mesure de la performance des immeubles.

    En effet il sagit de la premire tape dune dmarche vertueuse qui consiste pouvoir dire ce que lon fait et faire ce que lon dit et par consquent pouvoir mesurer, vrifier et reporter en assumant clairement les marges dincertitudes lies tout systme de simulation ou de calcul.

    Force est de constater quaujourdhui en matire de construction ce prcepte lmentaire ne semble pas respect.

    Pour autant il ne sagit pas de dire que les mthodes employes ne sont pas utilisables, que prvoir nest pas possible, mais plutt de comprendre comment ajuster les mthodes et les outils afin dassurer du rsultat attendu la livraison et viter une drive dans le temps.

    Lobjet de cet article est donc de ddramatiser le dbat qui se fait jour entre les acteurs sur le bien-fond des mesures de performance nergtique. En effet, au-del de la crainte du non-respect de performance analyse dans le rapport de Jean Carassus7, il existe des carts importants entre les rsultats des diffrentes mthodologies de calcul et la ralit alors que lunit du kWh/m /an est commune. Ces carts ncessitent une explication et sont le plus souvent lis aux mthodologies, hypothses ou primtre tudis mais les acteurs doivent en maitriser lusage, lincertitude et les moyens de comparaison.

    7 Carassus, J. (2011) Les immeubles de bureaux verts tiennent-ils leurs promesses ? Etude commandite par le CSTB et CERTIVEA disponible sur http://jeancarassus.zumablog.com/images/2128_uploads/Rapport_Promesses_version__.pdf

    http://jeancarassus.zumablog.com/images/2128_uploads/Rapport_Promesses_version__.pdf

  • 5

    A terme, lobjectif portant sur les performances relles ne pourra tre atteint que si une dmarche de qualit est mise en uvre sur toutes les tapes de la conception lexploitation et ne compare que donnes de consommation issues du mme primtre et des mmes hypothses :

    *Selon