ÉDITO HOMME QUI ES-TU ? OU VAS-TU

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Déposé le : 28/10/2019 HOMME QUI ES-TU ? OU VAS-TU ? ÉDITO Site internet : http://paimpol-plouha.catholique.fr • Tél. 02 96 20 81 70 • [email protected] Abonnement annuel : 17 e • Directeur de la publication • M. Jean Chilair BONCŒUR • Numéro de la commission paritaire : 0320 L 82883 NOV 2019 - N°10 Nous devons beaucoup à la technologie et à la science. Cependant quand elles nous promettent un avenir illimité, nous nous demandons : QUEL avenir ? Serions-nous seulement des organismes biologiques, de simples consommateurs de biens matériels, de plaisirs superficiels et décevants ? Qui peu prétendre à ces questions, sinon le CREATEUR de l’homme. C’est vers Lui que se tournait enfin, avec beaucoup d’autres, le jeune dévoyé Augustin qui, après sa conversion nous confie encore à tous aujourd’hui : « Tu nous as faits pour TOI, Seigneur, et notre cœur sera sans repos tant qu’il ne sera pas fixé en TOI ! » C’est vers Dieu que l’Eglise tourne son regard en cette fête de tous les saints. Fête de la réussite de son projet d’amour pour l’homme. Fête de la réussite des vies humaines qui l’ont accueilli et qui donc ??? Saint Jean nous répond « j’ai vu une foule immense rassemblée près de Dieu, une foule de toutes nations, races peuples et langues… » Pas seulement donc les hommes et les femmes représentés sur les vitraux de nos églises et chapelles, mais des personnes partageant les mêmes conditions de vie que nous ! Tant qu’ils étaient de ce monde, ils ont cherché à répondre à l’amour de Dieu en vivant tous les jours les propositions de Jésus Fils de Dieu appelés BEATITUDES, c’est-à-dire chemins qui conduisent au vrai et durable bonheur. Ils faisaient partie de nos familles, de nos quartiers de notre milieu professionnel, de notre communauté. Rappelons-nous ! Ils entretenaient avec Dieu une relation cordiale et fidèle par la prière, la méditation, la contemplation de Celui qui est Beauté, Vérité, Amour. Saint Augustin s’écriait : « beauté si ancienne et toujours nouvelles, pourquoi t’ai-je aimé si tard ? » Avec tant d’autres, le voilà désormais pour toujours en présence de l’éternelle beauté de Dieu ! Des Saints et des Saintes, il y en a près de nous. A nous de les reconnaitre et de nous laisser entrainer par leur témoignage ! Regardons bien aussi en nous-mêmes, Dieu a mis en nous cette SOIF d’être meilleurs chaque jour, d’ETRE plus plutôt que d’AVOIR plus, de vivre notre dignité d’enfants de Dieu ! Etre saint, c‘est progresser sur ce beau chemin au bout duquel Dieu nous attend. Partageons cette proclamation de foi d’une personne qui a écrit : « ce qui se passera de l’autre côté quand tout aura basculé pour moi, je ne le sais pas, ce que je sais, ce que je crois, c’est qu’un GRAND AMOUR m’attend ! » Abbé Louis HENRY NOVEMBRE 2019 paimpol.indd 1 22/10/2019 10:38

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NOV 2019 - N°10
Nous devons beaucoup à la technologie et à la science. Cependant quand elles nous promettent un avenir illimité, nous nous demandons : QUEL avenir ?
Serions-nous seulement des organismes biologiques, de simples consommateurs de biens matériels, de plaisirs superficiels et décevants ?
Qui peu prétendre à ces questions, sinon le CREATEUR de l’homme. C’est vers Lui que se tournait enfin, avec beaucoup d’autres, le jeune dévoyé Augustin qui, après sa conversion nous confie encore à tous aujourd’hui : « Tu nous as faits pour TOI, Seigneur, et notre cœur sera sans repos tant qu’il ne sera pas fixé en TOI ! »
C’est vers Dieu que l’Eglise tourne son regard en cette fête de tous les saints. Fête de la réussite de son projet d’amour pour l’homme. Fête de la réussite des vies humaines qui l’ont accueilli et qui donc ???
Saint Jean nous répond « j’ai vu une foule immense rassemblée près de Dieu, une foule de toutes nations, races peuples et langues… » Pas seulement donc les hommes et les femmes représentés sur les vitraux de nos églises et chapelles, mais des personnes partageant les mêmes conditions de vie que nous !
Tant qu’ils étaient de ce monde, ils ont cherché à répondre à l’amour de Dieu en
vivant tous les jours les propositions de Jésus Fils de Dieu appelés BEATITUDES, c’est-à-dire chemins qui conduisent au vrai et durable bonheur. Ils faisaient partie de nos familles, de nos quartiers de notre milieu professionnel, de notre communauté. Rappelons-nous !
Ils entretenaient avec Dieu une relation cordiale et fidèle par la prière, la méditation, la contemplation de Celui qui est Beauté, Vérité, Amour. Saint Augustin s’écriait : « beauté si ancienne et toujours nouvelles, pourquoi t’ai-je aimé si tard ? » Avec tant d’autres, le voilà désormais pour toujours en présence de l’éternelle beauté de Dieu !
Des Saints et des Saintes, il y en a près de nous. A nous de les reconnaitre et de nous laisser entrainer par leur témoignage ! Regardons bien aussi en nous-mêmes, Dieu a mis en nous cette SOIF d’être meilleurs chaque jour, d’ETRE plus plutôt que d’AVOIR plus, de vivre notre dignité d’enfants de Dieu !
Etre saint, c‘est progresser sur ce beau chemin au bout duquel Dieu nous attend. Partageons cette proclamation de foi d’une personne qui a écrit : « ce qui se passera de l’autre côté quand tout aura basculé pour moi, je ne le sais pas, ce que je sais, ce que je crois, c’est qu’un GRAND AMOUR m’attend ! »
Abbé Louis HENRY
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PAR L’AVENT, NOUS ATTENDONS TROIS VENUES UNE NOUVELLE ANNÉE LITURGIQUE S’OUVRE : NOUS ENTRONS DANS LE TEMPS DE L’AVENT, TEMPS DE
L’ATTENTE. MAIS DE QUELLE ATTENTE S’AGIT-IL ?
Déjà, en ce début novembre, sans doute influencés par les publicités, les enfants nous disent : « Je suis trop pressé d’être à Noël. Je vais avoir des cadeaux. » Quoi de plus normal ! Mais il faut désormais accepter le temps de l’attente de ce moment magique des cadeaux. Les textes liturgiques du temps de l’Avent nous conduisent aussi dans une dynamique semblable, celle de l’attente. L’Avent - contraction du mot latin « adventus » qui signifie avènement, venue - nous place devant des questions essentielles : « Qu’est-ce que j’attends ? De la vie, des autres, de Dieu ? Qu’est-ce qui me fait vivre ? Quelle est ma véritable espérance ? »
Par l’Avent, nous attendons trois venues. Celle de la naissance de Jésus ? Sans doute que non car elle a eu lieu il y a 2000 ans ! Alors celle du Christ dans sa gloire ? C’est en effet ce que nous chantons au coeur de chaque Eucharistie : « Nous attendons ta venue dans la gloire ». La gestation dont nous faisons mémoire durant l’Avent, ce n’est pas seulement celle de Marie, mais celle du Royaume. Des images le disent au long de l’Evangile : la graine de moutarde, le levain dans la pâte. Dès à présent, l’Eglise est en gestation : elle attend et prépare la réalisation du Royaume de justice et de paix inauguré par la Pâque du Christ. Et en attendant cette venue du Christ ? Nous sommes dans cette deuxième venue, dans ce temps in- termédiaire entre son incarnation parmi les hommes et la venue du Royaume. C’est l’aujourd’hui de nos vies. Chaque jour, le Seigneur vient si nous l’accueillons. Et c’est pourquoi le temps de l’Avent nous invite à la veille, une veille qui nous conduit à nous tenir vigilants sur l’essentiel plutôt que sur ce qui passe. Et l’Evangile nous donne également le sens de cette vigilance ; elle est de l’ordre de l’urgence : « L’un sera pris et l’autre laissé. » Il ne s’agit pas d’une menace mais d’une alerte ! Etre prêt à la rencontre finale avec le Seigneur se joue toujours maintenant. Etre veilleur de ce Royaume qui vient est un choix, un effort qui fait scruter les signes de l’aurore dans la nuit. La Bible fait appel à l’image de l’amandier. En hébreu le verbe « veiller » et le mot qui désigne « l’amandier » ont la même origine. L’amandier est en effet le premier arbre qui se met à fleurir. Le veilleur, c’est donc celui qui annonce le printemps. C’est celui qui attend dans la confiance aimante que la vie refleurisse. C’est celui qui à force d’attente, d’attention, devient capable de discerner les signes de la vie et de la lumière au coeur de l’hiver, du froid et de la nuit. Oui, pour nous tous, enfants et adultes, l’Avent pose des questions vitales car veiller permet d’éduquer à l’espérance et dans l’espérance. Chercher en tout ces signes de l’aurore dans la nuit nous aide à porter un autre regard sur nos frères et peut- être aussi sur nous-mêmes.
Yvon Garel
Pas étonnant, dit Dieu
Pas étonnant, dit Dieu, que notre histoire soit tissée de ren- dez-vous manqués ! Vous m’attendez dans la toute-puissance, et je vous espère dans la fragilité d’une naissance ! Vous me cherchez dans les étoiles du ciel, et je vous ren- contre dans les visages qui peuplent la terre ! Vous me rangez au vestiaire des idées reçues et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce ! Vous me voulez comme une réponse, et je me tiens dans le bruissement de vos questions ! Vous m’espérez comme un pain et je creuse en vous la faim ! Vous me façonnez à votre image, et je vous surprends dans le dénuement d’un regard d’enfant ! Mais, dit Dieu, sous le pavé de vos errances, un Avent de tendresse se prépare, où je vous attends comme la nuit attend le jour. Francine Carillo
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La méditation est en effet devenue un sujet largement développé dans les médias. La presse en parle régulièrement, les ouvrages qui lui sont consacrés emplissent quelques rayons de nos libraires et si, sur internet, vous tapez ce mot sur un moteur de recherche vous découvrirez une large panoplie de sites dédiés au sujet. La méditation, ainsi mise en avant, rejoint ce besoin de développement personnel et est assez souvent présentée comme une technique pour se sentir bien, pour gérer son stress, en quelque sorte un art de vivre. On pourrait dire qu’il s’agit d’apprendre à ne rien faire pour laisser la vie être en soi. Etrange paradoxe dans cette société qui nous invite à tout gérer, à tout posséder. Toute la journée, on court, on s’agite…. Mais en réalité que faisions-nous de réel, de juste, de bon ? La méditation nous invite justement à nous arrêter de penser que nous sommes comblés dans ce combat permanent pour obtenir des choses extérieures à nous. C’est en nous-mêmes que se trouve la source la plus profonde. Depuis toujours d’ailleurs, la méditation fait partie de la tradition chrétienne. Elle peut préparer à la rencontre de Dieu car, recentrés et disponibles, nous pouvons nous ouvrir à une présence plus grande que nous-mêmes. Elle est en quelque sorte la porte d’entrée dans la prière. Après l’écoute de la Parole de Dieu, c’est le premier pas vers la profondeur.
On se recueille, on rassemble ses facultés, tout son être, pour se mettre à l’écoute de la présence de Dieu, une présence qui ne se laisse pas découvrir facilement et qui nécessite un apprentissage du silence. Il nous faut passer de l’état d’agitation à celui de l’attention.
Et c’est dans ce cheminement vers Dieu que la méditation chrétienne se différencie de la méditation dite de pleine conscience qui attire tant de gens. Celle-ci montre bien la grande demande actuelle d’intériorité, de ce besoin de se libérer de l’agitation de notre quotidien. Elle va aider à apprendre à être présent au présent mais sans visée religieuse. Ce n’est pas un acte de prière.
Nous avons à redécouvrir la méditation chrétienne. En hébreu, méditer signifie « murmurer », «prononcer à voix basse ». Le
latin meditari renvoie à l’idée d’exercice, de rumination de la Parole. Trop longtemps sans doute cette rumination a été circonscrite à la pratique de la prière silencieuse des moines.
Et c’est le mérite d’un moine bénédictin John Main (1926- 1982) d’avoir rendu accessible une forme de prière très simple qui remonte aux premiers siècles de l’Église et qu’on avait un peu oubliée. Pour lui, le mot « méditation » veut dire : se tenir au centre de notre être, c’est-à-dire en Dieu. Il va s’appuyer sur ce que dans l’hindouisme on appelle un « mantra », un son sans signification.
Il résume ainsi sa méthode : dans un endroit calme, on s’assoit dans une position confortable, détendue mais vigilante. On ferme les yeux en s’efforçant de demeurer immobile. Silencieusement, intérieurement, on commence à répéter un simple mot, par exemple «Maranatha». Ce mot araméen (la langue que Jésus parlait) signifie « Viens, Seigneur Jésus ». Lorsque des pensées ou des images surgissent, on retourne doucement au mot sacré. Ce mot, répété doucement dans le silence du cœur pendant vingt- cinq minutes, sans remuer les lèvres et sans s’arrêter sur son sens chrétien, aide la personne à se tenir en paix en son centre, malgré les distractions et les images.
Et si dans ce temps de l’attente qu’est l’Avent, nous donnions place à ces moments de méditation, porte d’entrée pour une rencontre avec le Christ.
Yvon Garel
LA MÉDITATION, UN CHEMIN VERS L’AUTRE LA MÉDITATION ! QUI D’ENTRE NOUS N’A PAS REPÉRÉ QU’AUJOURD’HUI CE MOT APPARAÎT DANS BIEN DES MÉDIAS.
MAIS DE QUOI PARLE T’ON ET EN QUOI CELA REJOINT NOTRE VIE DE CHRÉTIEN ?
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Berger de Dieu, réveille-nous, Voici le temps de la promesse,
Nos yeux regardent vers ton jour, Visite-nous par ta tendresse.
1er dimanche de l’Avent :
1 - Tu es venu dans nos ténèbres, Une lumière a resplendi.
Reviens vers l’homme à ta recherche, Fais briller ton étoile en nos vies !
2 - Tu nous as fait à ton image Pétris d’amour et d’infini.
Viens donner à ton ouvrage La splendeur que nos mains ont ternie.
3 - Le monde a faim de voir des signes Dans le soleil ou la nuée.
Ta gloire habite les disciples Dont le cœur est merveille de paix.
2ème dimanche de l’Avent :
4 - Tu nous appelles à ta rencontre, Partout se lèvent des veilleurs.
Leurs voix nous crient : «Jésus s’annonce, Préparez les chemins du Seigneur !»
5 - Les pèlerins de la justice Suivront la trace de tes pas.
De ta parole ils se nourrissent, Au désert tu soutiens leur combat.
3ème dimanche de l’Avent :
6 - Jérusalem n’aie pas de crainte ! L’Emmanuel demeure en toi.
Il t’a marqué de son empreinte, Il te comble aujourd’hui de sa joie.
7 - La nuit menace l’espérance. « Es-tu celui qui doit venir ? »
Es-tu fidèle à son Alliance, Même au soir où la peur nous saisit ?
8 - Dans l’Esprit-Saint tu nous baptises Et tu nous brûles de ton feu. Qu’il transfigure nos églises,
Nous serons les prophètes de Dieu.
4ème dimanche de l’Avent :
9 - Avec Marie voici l’aurore, Les temps nouveaux sont accomplis.
La Vierge accueille la Parole, Dieu prend chair au secret de sa vie.
10 - Tu es bénie parmi les femmes, Toi, la servante du Seigneur ;
Dans ton jardin fleurit la grâce, Ta maison voit germer la Sauveur.
Avent avec un E L’Avent ce n’est pas ce « qui était avant ! ». Ce n’est pas les quatre semaines qui précèdent Noël où les magasins sont ouverts le dimanche pour répondre à la « fièvre acheteuse » de la société de consommation. Ce n’est pas non plus le calendrier de plus en plus commercial.
L’Avent est comparable à la venue d’un ami que l’on a un peu perdu de vue qui nous annonce son passage. Pour se préparer à la venue de cet ami, à la maison on soigne un peu plus le ménage, on prépare la chambre d’ami dans laquelle il se reposera, on organise son emploi du temps pour être tout à lui pendant son séjour. En bref, on casse sa routine, son train-train habituel. On attend avec impatience le jour de son arrivée, en pensant à ce moment notre cœur bat plus fort !!
Le temps de l’Avent c’est un chemin, c’est un temps d’attente, de désir, de conversion. C’est aussi une venue, un avènement qui marque l’humanité. En l’occurrence celle du « Prince de la paix » dont nous parle le prophète
Isaïe, de « l’Agneau de Dieu » tel que le désigne Jean-Baptiste.
Ce temps de l’Avent est marqué par la figure de Marie, la femme qui attend la naissance de Jésus : réalisation de la promesse faite à nos pères ! Pour beaucoup de Chrétiens, Noël est perçu uniquement comme la fête de la naissance de l’enfant de Bethléem même si la date du 25 décembre n’est pas forcément historique.
L’Avent et Noël font donc mémoire de la manifestation de Dieu dans la vie des Hommes. C’est un temps de joie mais cette joie ne vaut pas tellement par la naissance de l’Enfant que de ce qu’elle signifie : Dieu se rend visible à tous, Dieu s’est fait Homme : le Seigneur lui-même nous fait un signe « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils et on l’appellera Emmanuel c’est-à- dire Dieu avec nous » Isaïe 7- 14.
Henri Clairet.
CHANTER C’EST PRIER DEUX FOIS Chaque mois, le Comité de Rédaction choisit un chant à apprendre et connaitre dans tous les relais pour progressivement avoir un "fond commun" entre nos 23 clochers. Certains sont plus adaptés aux temps liturgiques (Avent, Carême, mois de Marie). Le Comité de Rédaction, dont fait partie Monsieur le Curé, est constitué de chrétiens pratiquants aptes à sélectionner chaque mois un chant adapté à tous. Il est demandé aux chorales et équipes liturgiques d'utiliser ces chants.
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NOVEMBRE 2019LA VIE DE L’EGLISE AU -DELÀ DE NOTRE PAROISSE Chaque mois, le Comité de Rédaction choisit un chant à apprendre et connaitre dans tous les relais pour progressivement avoir un "fond commun" entre nos 23 clochers. Certains sont plus adaptés aux temps liturgiques (Avent, Carême, mois de Marie). Le Comité de Rédaction, dont fait partie Monsieur le Curé, est constitué de chrétiens pratiquants aptes à sélectionner chaque mois un chant adapté à tous. Il est demandé aux chorales et équipes liturgiques d'utiliser ces chants.
Quelques flashs recueillis dans la presse écrite, sur les sites internet, dans des émissions. Pour que nos références ecclésiales soient plus larges que ce que nous vivons chez nous.
« Soif », un roman qui interroge Sous ce titre on ne peut plus bref, Amélie Nothomb publie un récit de la passion de Jésus. Attention, il ne s’agit pas d’une énième synthèse des quatre évangiles, mais bien d’un roman écrit à la première personne. Nous le savons, la personne de Jésus fait partie du domaine public et donc rien d’étonnant à voir une romancière s’en emparer ; d’autres l’ont fait avant elle (exemple : « L’évangile selon Pilate » d’Eric-Emmanuel Schmitt). Dans son roman, Amélie Nothomb présente un Jésus pleinement humain. La soif, qui donne son titre au livre, c’est, dit-elle, « l’amour du Christ, la joie du Christ. Cette soif passe par le corps et est un besoin qui dépasse tous les autres. Jésus a soif, il donne à boire et le monde a soif de lui. C’est toute la beauté de l’Amour ».
Un ministère de la Parole Dans un texte du 30 septembre, le pape François fait du 3ème dimanche du temps ordinaire (fin janvier) le dimanche de la Parole de Dieu. Il souhaite encourager les fidèles à se rapprocher de la Parole de Dieu. Une Parole sacrée qui se trouve au cœur de la vie (pendant les sacrements, dans leur quotidien...). Il rappelle l’importance de la proclamation et de la prédication
de la Parole de Dieu : elle assure l’unité entre tous les chrétiens. « La parole de Dieu doit trouver des personnes, des femmes, des hommes, capables de la proclamer de manière authentique et capables aussi, dans cette proclamation, d’intelligence du texte sacré. » Dans ce contexte, le pape appelle de ses voeux un ministère de la Parole accessible aux hommes comme aux femmes.
Cardinal John Henry Newman (1801-1890) Prêtre anglican converti au Catholicisme en 1845, créé Cardinal en 1879 par le pape Léon XIII, béatifié le 19 septembre 2010 par le pape Benoît XVI et canonisé par le pape François le 13 octobre 2019. Une de ses prières : « Seigneur, donne-nous le sens de ta présence, fais-nous réaliser ton action. A tes disciples, tu as voulu te montrer, les initier à ton mystère, les habituer à ton absence. Donne-nous le sens de ta présence, fais-nous réaliser ton action. Si tu n’étais pas parti, l’Esprit ne serait pas descendu : Il vient te rendre présent à tous. Donne-nous le sens de ta présence, fais-nous réaliser ton action. Qui te sent présent doit rendre grâces. Qui t’a perdu ne doit pas désespérer. S’il te cherche, c’est que tu es là. Amen. »
Eternité Tu as connu la Vie. Une vie que tu as reçue Tant de tes parents que de ceux qui ont donné de la leur Pour toi. Tu as donné la Vie, Par ces dons que tu as faits de toi-même A tant d’autres Et de mille façons. Je peux pressentir comment, Parce que, pour moi, Tu as été souvent source de vie. A la lumière de ma mémoire et de mon cœur, Je peux revivre ces événements Nés au fil des jours. Ce grand mouvement du temps Nous a entraînés au long des ans. Tu as quitté ce mouvement. Tu es entré dans le calme De l’éternité, Dans son repos, sa stabilité.
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Anne-Marie Javouhey nait le 10 novembre 1779 près de Dijon dans une famille de paysans bourguignons tout en probité et en dévotion au Sacré Coeur de Jésus. Elle fait sa Première Communion et se considère dès lors comme « consacrée à Dieu et à ses œuvres. » Son père cache des prêtres réfractaires qu’elle accompagne dans leurs tournées nocturnes. Plus tard, en l’absence du clergé, elle organise des cérémonies à l’église et enseigne le catéchisme. Elle ressent un appel de plus en plus pressant. Un jour, Dieu l’appelle, dans des circonstances qui restent le secret de sa vie : « Je vois encore le lieu où j’étais occupée à la charrue, quand Dieu me fit connaître sa Volonté. « Il m’appelait pour instruire les pauvres et les orphelins ». La Sainte Vierge lui apparaît également, lui enjoignant d’avancer… En 1804, après avoir sacré Napoléon empereur, le Pape Pie VII s’arrête à Chalon-sur-Saône où Anne-Marie et ses trois sœurs vont le rencontrer. Il les encourage dans leur projet de vie consacrée. D’autres jeunes filles se joignent à elles et Anne-Marie décide alors de se rendre auprès de l’évêque d’Autun en vue de la création d’une Congrégation. Il lui demande de rédiger une règle de vie religieuse. Des statuts suivront qui seront approuvés par l’empereur le 12 décembre 1806. Le 12 mai 1807, neuf premières jeunes filles émettent leurs vœux de religion en présence de l’évêque. La Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny est née. Anne-Marie se rend à Paris où elle instruit avec succès des enfants d’une école populaire. Apprenant cela, le ministre de la Marine et des Colonies lui demande de tenter l’aventure en Outre-mer. Des Soeurs embarquent pour l’île de la Réunion en 1817. Il en est de même en Guyane, où le gouvernement lui confie la préparation de 500 esclaves à la liberté. En 1819, sa jeune sœur, Mère Rosalie, débarque à Saint-Louis du Sénégal. En 1822, les Soeurs arrivent en Guadeloupe et en Martinique. Cependant les nouvelles missionnaires sont durement éprouvées. Au Sénégal, le découragement les guette. Mère Javouhey décide d’y partir elle-même ; elle observe, elle aime, elle agit. A Saint-Louis ou à Gorée, elle découvre l’horreur de l’esclavage … Elle a l’intuition que les Africains doivent être eux-mêmes les artisans du salut de leurs peuples. Elle entreprend, aux frais de la congrégation, de faire venir en France de jeunes Sénégalais afin qu’ils se forment pour devenir prêtres ou instituteurs selon leur vocation. Trois d’entre eux arriveront jusqu’au sacerdoce et seront les premiers prêtres sénégalais. Elle revient en France en 1824, mais est invitée par le ministre à retourner en Guyane, le long de la rivière Mana. Elle s’interroge : ce pays pourrait-il donner un avenir aux orphelins qu’elle rencontre en France, aux esclaves africains jetés sur les rivages américains ?
« Je vais me livrer entièrement entre les bras de cette divine Providence qui semble me conduire par la main ». En juin 1828, elle s’embarque avec 40 religieuses, 12 ouvriers qualifiés et 30 jeunes gens choisis et préparés pour cette tâche. Sur place, les difficultés ne manquent pas mais grâce à son courage et à son esprit d’organisation, « tout marche d’un pas ferme vers le bon ordre. » Elle accueille à Mana des esclaves «marrons», des fugitifs dont les souffrances la bouleversent. Lorsque, 5 ans plus tard, elle repart pour la France, Mère Javouhey laisse Mana « dans un état très satisfaisant » Elle a même réussi à obtenir que les lépreux soient soignés et installés dans un lieu ombragé et verdoyant. En août 1843, la congrégation est déjà implantée à Bourbon, en Inde, au Sénégal, en Sierra Leone et Gambie, dans les Antilles françaises et anglaises, à Saint Pierre et Miquelon ; les maisons se multiplient en France. Bientôt des Sœurs partiront à Tahiti et aux Marquises ainsi que dans les petites îles de Madagascar. En février 1848, elle est en Belgique quand éclate en France une troisième révolution. Elle revient à Paris, soigne les blessés, aide les pauvres qui sont les premières victimes de tous les bouleversements en cours. Agitations, incertitudes, violences … Mère Javouhey garde son calme et encourage ses Sœurs. En novembre 1849, grâce à l’entraide qui se vit dans la congrégation, elle achète une belle propriété, où elle installe une maison de formation et des activités au service d’enfants et de personnes âgées. Anne-Marie Javouhey a vécu aisément une union à Dieu qui s’est fortifiée dans les épreuves et qui l’a lancée dans le service inconditionnel des enfants, des malades, des aliénés, des gens méprisés, de tous les «pauvres» que croisait son chemin. Sa confiance est inébranlable en Dieu et dans la certitude de son appel. La veille de sa mort, survenue le 15 juillet 1851, elle confiait : «Je repasse en ma mémoire tous les bienfaits de Dieu pour nous, ils sont si grands, si nombreux, si immenses que j’en suis confondue. « Elle est proclamée Bienheureuse, le 15 octobre 1950 par le Pape Pie XII
Michelle Menguy
ANNE-MARIE JAVOUHEY, FONDATRICE DES SOEURS DE SAINT JOSEPH DE CLUNY
UNE RENTRÉE SOUS LE SIGNE DE LA PRIEREGRANDS TÉMOINS DU XXÈME SIÈCLE
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NOVEMBRE 2019 UNE RENTRÉE SOUS LE SIGNE DE LA PRIERE
Une bénévole de la paroisse de Plouha faisait récemment une offre d’emploi : « Vous avez un peu de temps libre. Nous embauchons les petites mains de l’ombre et du silence ! ».
Oui, elles sont déjà nombreuses ces personnes qui consacrent un peu de leur temps à assurer un service au sein de nos paroisses. Nous voudrions les placer un peu dans la lumière !
Ainsi ces personnes qui assurent l’accueil dans nos paroisses et relais. Je pourrai égrener leurs prénoms : Michelle, Viviane, Maryvonne, Annie, Michel… J’arrête là car je vais en oublier ! Si, aujourd’hui, le presbytère reste un lieu de référence, la présence de l’unique pasteur sur nos deux paroisses ne peut répondre aux diverses sollicitations. Alors elles (et aussi ils) sont là pour accueillir les visiteurs, répondre aux interrogations, fournir les renseignements. « Pendant ma permanence, nous précise Maryvonne, je reçois des appels surtout pour les horaires de messes mais aussi pour des demandes de baptêmes ou de mariages. En été, il y a des gens de passage. La gestion la plus délicate est celle de l’appel pour les obsèques car il faut rapidement trouver le guide d’obsèques qui sera disponible. » Ce
service nécessite une attention à chaque appel et à chaque visite pour que véritablement chacun se sente accueilli et découvre un visage d’Eglise. Aujourd’hui, certains créneaux de permanence ne peuvent être assurés, on a besoin de relève : alors n’hésitez pas, il y a des places à prendre.
Horaires du service d’accueil sur nos paroisses et relais Paimpol : du lundi au vendredi 9h à 12h et 14h à 17 h Plouézec : mardi, mercredi, vendredi et samedi 10h - 12h Plouha : du lundi au vendredi 9h à 12 h et 14h à 17h et samedi matin 9h à 12h
CÉLÉBRATIONS DE NOVEMBRE
DATE DIMANCHE HEURE ENDROIT Ven 1 10h30 église de Plouha
10h30 église de Paimpol Sam 2 18h église de Lanvollon
18h église de Plounez Dim 3 10h30 église de Plouha
10h30 église de Paimpol sam 9 18h église de Pléhédel
18h église de Kerfot dim 10 10h30 église de Tressignaux
10h30 église de Ploubazlanec lun 11 10h30 église de Paimpol Armistice sam 16 18h église de Trévérec
18h église de Loguivy Dim 17 10h30 église de Lanloup
10h30 église de Paimpol 10h30 église de Bréhat
Sam. 23 18h église de Gommenech 18h église de Plourivo
Dim 24 10h30 église de Pléguien 10h30 église de Plouézec
sam 30 18h église de Pludual 18h église de Kérity
dim 1er 10h30 église de Goudelin (1ère étape sacrement)
10h30 église de Ploubazlanec
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LES VITRAUX PAIMPOL :
LE VITRAIL QUI GARDE LE SOUVENIR DE LA TERRIBLE ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA DE 1832.
L’église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, bénite le 8 février 1914, est ornée d’un programme de verrières de l’atelier Bessac de Grenoble. Discret mais très évocateur, un vitrail dans le fond du chœur nous relate l’épisode de l’épidémie du choléra dans la ville en 1832. De la dévotion des paroissiens à la Vierge Marie et de l’implication de notre évêque durant ce triste évènement.
Le choléra, cette terrible maladie dont la médecine de l’époque ne connait pas de remède, pénétra en France après avoir tué cinquante millions d’asiatiques et ravagé une partie de l’Europe. A Paris, le premier cas de choléra est attesté le 26 mars 1832. « Dans notre diocèse, la maladie fit de grands ravages, l’on remarqua qu’elle suivait de préférence les rivages de la mer, et le cours des rivières ».
Malgré les mesures prises par les Paimpolais, le fléau fait ses premières victimes dans la ville le 4 août 1832. Le 15 août de cette même année, 14 décès sont signalés. «Effrayés, à la vue d’une telle destruction, la plupart des paroissiens recouraient à Dieu ».
Monseigneur Le Groing de la Romagère, évêque de Saint Brieuc, vint à l’insu de ses vicaires généraux réconforter les Paimpolais. Il fit de nombreuses visites aux cholériques. Il frictionnait lui- même leurs membres crispés par les crampes. « Dans sa pieuse sollicitude et dans le désir ardent d’obtenir du Ciel quelques adoucissements à tant de maux et à tant de douleurs. Il ordonna, sur la proposition du curé de la ville, une procession solennelle en l’honneur de la Très Sainte Vierge pour la cessation du fléau destructeur. Ses vœux et ceux de la population entière furent exaucés, les ravages du choléra diminuèrent d’une manière significative si bien que les Paimpolais furent frappés ».
Cette procession solennelle eut lieu le 21 août, on compta ce jour-là 17 décès. Dès le lendemain, on n’en registrait plus que 3. Dans les jours suivants jusqu’au mois d’octobre, le choléra faisait encore des victimes, mais les décès sont beaucoup moins nombreux. Les derniers malades succomberont le 18 octobre. Selon le cahier de paroisse le lugubre bilan atteignait pour une population de 2002 habitants, 140 à 150 cholériques décédés en l’espace de trois mois environ. Le cimetière paroissial ne suffisant plus aux inhumations, une fosse commune fut creusée aux abords de la chapelle de Lanvignec, elle reçut 63 cadavres. Une plaque sur la façade de la chapelle indique ceci : En pieux souvenir des victimes du choléra de 1832 les Paimpolais fidèles au 14 août 1832.
Ce détail du vitrail nous narre le séjour de l’évêque à Paimpol du 20 au 23 août; Mgr Le Groing de la Romagère entouré des prêtres de la paroisse, visitant les cholériques.
En arrière-plan on remarque les maisons du vieux Paimpol un regard attentif laisse entrevoir l’une des Vierges du choléra, qui orne encore de nos jours les rues de la ville et garde le souvenir de cette tragédie, au loin culmine le clocher de la vieille église.
D’après Mgr. KERLEVEO et du cahier de paroisse.
Choléra (Paimpol)