DIPLOME - "Coup de th©¢tre" [m©moire]

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Mémoire de diplôme Ecole Spéciale d'Architecture

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  • COUP DE THTRE

  • 2 COUP DE THTRE : LA VILLE EST UN THTRE

  • 3MARINE CHARLOTAUTOMNE 2014

    SOUS LA DIRECTION DE JACQUES POCHOYECOLE SPECIALE DARCHITECTURE

    LA VILLE EST UN THTRE

    COUP DE THTRE

    DIPLME DE FIN DTUDESMMOIRE POUR LOBTENTION DU DIPLME DE LESA GRADE 2

  • MEMBRES DU JURY

    Jacques POCHOY, architecte-urbaniste Philippe GUILLEMET, sculpteur Susanne STACHER, enseignante ENSA-V Henri LEROY, architecte Jean-Claude JALLAT, architecte Marie-Claude BEAUDEAU, prsidente duComit La Dfense Beaugrenelle

    Directeur de diplmeEnseignant ESAEnseignant extrieurArchitecte DESA -10ans Personnalit extrieure Personnalit extrieure

  • 6 COUP DE THTRE : LA VILLE EST UN THTRE

    Accoud la fentre, la vie sactive sous vos yeux. Le soleil semble avoir frapp ses trois coups pour que la rue sanime. Ces quelques minutes sannoncent encore passionnantes aujourdhui. Votre point de vue lgrement en hauteur vous permet de plonger dans la chambre du voisin, qui sengueule avec sa fille en pleine crise dadolescence. La ngociation semble mal mene, elle nest pas prte davoir son premier tlphone portable comme toutes ses copines. Les odeurs qui vous arrivent jusquaux narines vous font pivoter la tte quelques fentres plus loin. La voisine est en pleine effervescence dans sa cuisine. Elle doit recevoir du monde aujourdhui pour sy mettre si tt. Il est temps dy aller. Dans lascenseur, vous tombez sur le voisin du dessus. Vous vous souvenez que vous avez reu lautre jour une carte postale qui lui tait destine. Vous lui proposez de la lui remettre maintenant, il vous attend sur le palier. Sur le pas de la porte de limmeuble, vous tenez la porte la dame ge qui hisse son caddie, et vous remercie en vous scrutant du coin de loeil. Rien ne lui chappe, elle connait toute la vie de limmeuble. Dans la rue, une dame vtue de couleurs criardes attire votre attention sur le trottoir den face. Vous dpassez un homme qui marche lentement en samusant intrieurement suivre de prs le mouvement de ses pieds qui longent la ligne de dmarcation de la piste cyclable. Des clats de rire provenant du banc sur votre droite vous font remarquer la jeune femme qui tente de charmer son compagnon ses cts. Une autre femme passe devant leurs yeux dun pas dcid vers la boulangerie. Le pyjama quelle na pas voulu retirer vous fait sourire. La Seine que vous apercevez au bout de la rue se rapproche de plus en plus. Cest comme si vous y tiez dj.

    Arrtez-vous un instant et regardez plus attentivement autour de vous. Vous vous apercevrez que votre quotidien est un spectacle. Vous tes le tmoin de cette vie qui se droule sous vos yeux, des vnements qui sorchestrent. Ils attirent votre regard, captent votre attention, veillent en vous des sentiments, des souvenirs, des ractions. Vous tes le spectateur de spectacle.La socit vous donne des rles, vous vous forgez un comportement en fonction des situations et des personnes avec qui vous tes. Ainsi, vous tes aussi acteurs de cette socit, des hros du quotidien votre chelle. Votre masque est cette attitude qui va vous permettre dentrer dans ce rle, de vous donner en spectacle. Ce masque est une manire de se mettre en scne dans la socit, qui rgit vos relations avec lautre.

    Lorsque vous sortez de chez-vous, vous franchissez diffrents seuils qui vous amnent dans lespace public. Ce franchissement correspond votre entre en scne dans la socit. Descendre dans la rue, cest monter sur scne. Ainsi, la rue est une scne o les acteurs vont pouvoir sexprimer, entrer dans la socit, sy mettre en scne. Ce lieu bien en vue, sous le regard de tous, permet la thtralit de lactivit humaine de sorchestrer. La rue reflte la socit par la diversit de ses situations.

    LES TROIS COUPS

  • 7LES TROIS COUPS

    Par le biais de cette fentre, on dcouvre que larchitecture est un dcor. Elle sculpte le dcor de chaque espace, conu comme une scne de notre quotidien, en lui donnant une ambiance, une identit. Chacune delle doit permettre une multitude dinteractions selon les situations. Elle cre des scnes intimes o lon va retirer le masque, des espaces pour se retrouver avec soi-mme, de protection, mais aussi des scnes o lon va pouvoir sexposer dans la socit. La faade devient une interface entre lespace priv et lespace public. Ainsi, la porte est un lment pivot entre lextrieur de la rue et lintrieur de notre chez-soi. Le seuil est cette transition pour se prparer sexposer dans la socit, ou correspond notre sortie de scne. La fentre, quant elle, souvre sur lintimit de chacun, et son rideau cache ou laisse entrevoir. Chacun de ses lments darchitecture devient donc porteur dun sens prcis, au service dune mise en scne o lhomme en est lacteur. Derrire ce dcor en effet, il y a la personne, lenjeu social, qui donne tout son sens larchitecture.

    Encore quelques pas pour arriver au bout de la rue et vous dbouchez sur la Seine. Son tendue soffre vous yeux. Face vous, le Front de Seine se dresse. Ses hautes tours forment un nuage au-dessus de la ville. Au milieu, au niveau de la rue, le nouveau centre commercial Beaugrenelle se dessine comme une perce dans ce front pour rejoindre le 15me arrondissement. Ce temple de la consommation sonne les trois coups dune pice tragique. Promesse dun nouvel avenir pour le quartier en reconstruisant lancien centre commercial des annes 60 qui priclitait et dsertait le quartier, il semble perptuer un chec. Il dresse une faade trompeuse dune centralit qui sloigne de la vie locale et tente de cacher les dysfonctionnements du Front de Seine qui lencercle, dont la particularit est que lespace public nest plus une rue mais une dalle.

    Comment notre perception de la ville peut-elle nous donner les clefs pour faire fonctionner un espace public tel que la dalle du Front de Seine?

    Le thtre est le lieu par excellence o la socit se met en scne, o le spectacle nest pas sur la scne mais dans la salle. Un thtre au Front de Seine sera le prtexte pour crer une activit sur la dalle, et ainsi ces vnements viendront orchestrer la mise en scne de cet espace public.

    Ce thtre lvera le rideau sur un avenir pour le quartier en donnant un nouveau visage au Front de Seine. Avec cette intervention simple, et une visibilit stratgique, ce thtre ne modifiera pas laspect du Front de Seine, mais en changera son sens, lui permettra de fonctionner. Le quotidien pourra se donner en spectacle et la dalle sanimera pour laisser place la thtralit de lactivit humaine.

  • 8 COUP DE THTRE : LA VILLE EST UN THTRE

    Le masque est un objet physique que lhomme fabrique pour laider se glisser dans un nouveau rle, devenir quelquun dautre. Cet objet peut nous aider nous positionner dans une certaine attitude, pour sortir de notre ralit, et entrer dans un imaginaire o le champ des possibles devient plus vaste, pour aller plus loin dans nos capacits. Le masque nest pas quun objet physique, mais lattitude de lobjet en tant que tel. Derrire ce masque, il y a ce comportement que lon se forge pour entrer dans notre rle que nous donne la socit. Le masque se revt mentalement au quotidien.

    Le tableau Les Amants de Magritte illustre au-travers de ses deux amants ce masque du quotidien. Il nous permet de dcouvrir lautre au fil de la relation, de se mettre sa place pour mieux le comprendre et partager son vcu. Porter un masque, cest se glisser dans le masque de lautre. De plus, ils nous montrent quils voient au-del des masques qui forgent leurs rles, ce quil y a derrire le masque de lautre. Ils se voient diffremment. Ainsi, on comprend que lon a une autre vision de chacun derrire son masque et que retirer son masque permet davoir une vision diffrente des choses.

    Ce mmoire propose lespace de quelques lignes dter ce masque pour mieux le remettre. De marquer un temps darrt dans notre quotidien afin de regarder diffremment le monde qui nous entoure. Ce masque est le fil rouge conducteur du mmoire, les lunettes au-travers desquelles on va regarder la ville.

    En regardant la ville comme un thtre, notre comprhension de la ville et de son fonctionnement change. Notre perception de la ville est modifie, et elle nous donne les clefs pour aborder une manire de la concevoir, de la mettre en scne. Ce mmoire tente de regrouper ces clefs, et le projet tentera de les mettre en pratique dans sa ralisation.

    VOIR AU-TRAVERS DU MASQUE

    LA RGLE DU JEU

  • 9LA RGLE DU JEU: VOIR AU-TRAVERS DUN MASQUE

    Les Amants, Magritte, 1928

  • 10 COUP DE THTRE : LA VILLE EST UN THTRE

    PROGRAMME

  • 11

    LES TROIS COUPS

    LA RGLE DU JEU: VOIR AU-TRAVERS DU MASQUE

    PROGRAMME

    ACTE PREMIER LARCHITECTURE EST UN DCOR.

    Scne 1 - Lendroit du dcor a. La faade b. Une utopie ralise Scne 2 - Composition du dcor a. Planter le dcor b. Un dcor fig Scne 3 - Lenvers du dcor a. Le sens de larchitecture b. Un premier plan qui en cache un autre c. Dtournement de plans

    ACTE SECOND LA RUE EST UNE SCNE.

    Scne 1 - Le thtre est dans la rue a. Quand la rue est devenue thtre b. Les couleurs de chaque tableau c. La signaltique comme point de fuite Scne 2 - Entre en scne a. Le chez-soi : loge dune prparation b. Les seuils : coulisses dun changement dattitude c. Lespace public : monte sur scne Scne 3 - Quand la rue devient dalle a. La dalle porteuse dun nouveau mode de vie b. Le Front de Seine, un thtre fantme ranimer c. Affiche dun nouveau spectacle d. Une rue sur dalle

    ACTE TROISIEME LE QUOTIDIEN EST UN SPECTACLE.

    Scne 1 - Les rles du quotidien a. Porter un masque: simulation et dissimulation b. Retirer le masque: dvoilement c. Les acteurs du quotidien d. Jeu de socit Scne 2 - Mise en scne de la socit a. Le monde est un thtre b. Regarder la ville c. Voir et