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  • DIFFICULTS DE COMPORTEMENT:NOUVELLES CONNAISSANCES,NOUVELLES INTERVENTIONS

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    SYNTHSE DE TROIS RECHERCHES FINANCES DANS LE CADRE DU PROGRAMME DE RECHERCHE SUR LA PERSVRANCE ET LA RUSSITE SCOLAIRES (MELS-FQRSC)

    Difficults de comportement, adaptation scolaire et parcours dans les services.

    Les diffrentes trajectoires ducationnelles empruntes lmergence de la vieadulte : identifier les facteurs personnels, sociaux et scolaires dans une perspectivedveloppementale pour mieux comprendre et intervenir.

    Recension des crits sur lefficacit des programmes dintervention auprs des fillesen troubles de comportements : comprendre pour mieux agir.

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    INTRODUCTION

    1. Pour plus dinformation, consultez le document Les services ducatifs complmentaires : essentiels la russite, sur le site Web du MELS ladresse suivante : http://www.mels.gouv.qc.ca/DGFJ/csc/general/complementaires/complementaires.html.

    Les difficults de comportement chez les lvesfigurent parmi les problmes les plus complexesavec lesquels il est difficile de composer, tant pourles enseignants que les intervenants et les parents.Au Qubec, selon les donnes du ministre delducation, du Loisir et du Sport (MELS), prs de25 000 lves des coles publiques reoivent desservices ducatifs complmentaires1 fournis par desressources professionnelles relativement des diffi-cults de comportement, dont la moiti sont inscritsau primaire. Les demandes dintervention pour lesdifficults de comportement sont trois fois plusnombreuses que pour tout autre problme durantlenfance.

    Afin de transmettre aux intervenants du milieuscolaire et aux parents les connaissances les plusrcentes sur ces difficults et les interventions privi-lgier, cette synthse fait tat de trois recherchesqubcoises ralises par des chercheurs affilis auGroupe de recherche sur les inadaptations socialesde lenfance (GRISE) de lUniversit de Sherbrooke,dans le contexte du Programme de recherche sur lapersvrance et la russite scolaires.

    Les recherches prsentes dans ce document appor-tent des connaissances prcises sur les difficults decomportement. Elles montrent la gravit et la varitdes difficults dun trs grand nombre dlves quireoivent des services complmentaires au primaireet au secondaire. De nouvelles connaissances sontaussi prsentes sur des difficults plus particuliresaux filles, mais peu dtectes compte tenu de leurmanifestation plus cache que celles des garons.

    Comment venir en aide ces jeunes? Puisque ceslves prsentent des problmes fort diffrents lesuns des autres, les chercheurs sentendent surlimportance dintervenir de faon diffrencie pourfaire face aux difficults spcifiques des jeunes etdterminer les besoins dintervention. Ils ont aussimis en lumire la persistance dans le temps desdifficults de comportement et tent didentifier leslments les plus prometteurs des programmesdintervention.

    Compte tenu de lampleur des difficults de compor-tement et du fait quelles concernent le plus souventles diffrentes sphres de la vie de lenfant, cesrecherches soulvent de srieuses questions sur lacapacit de lcole y faire face seule. De faonunanime, les chercheurs soulignent limportancedagir en concertation avec le secteur des servicessociaux et de dployer lcole, ds le primaire, desprofessionnels de lintervention psychosociale afinque leur action puisse modifier le plus tt possible latrajectoire de ces jeunes.

    Bien que le portrait dcrit semble plutt sombre, uncertain nombre de jeunes connaissent une adapta-tion scolaire et sociale comparable celle des lvesordinaires, en dpit de leurs difficults de comporte-ment. cet gard, le MELS est persuad quenfaisant connatre grande chelle les nouvellesconnaissances issues des travaux des chercheurs,les intervenants seront mieux mme de coordonnerleurs actions et de les orienter en fonction desbesoins spcifiques des jeunes aux prises avec desdifficults de comportement.

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  • LES DIFFICULTS DECOMPORTEMENT :NOUVELLES CONNAISSANCES

    Pour tenter de rpondre ces interrogations, lquipede Michle Dry, Jean Toupin, Robert Pauz etPierrette Verlaan, professeurs en psychoducation lUniversit de Sherbrooke, a ralis une recherchesur ladaptation scolaire et le parcours dans lesservices de 362 lves du primaire recevant desservices complmentaires pour des difficults decomportement. Les chercheurs les ont suivis sur unepriode de six ans et ont distingu des groupesdlves selon la gravit et lvolution de leursdifficults.

    De son ct, Julie Marcotte, professeure en psycho-ducation lUniversit du Qubec Trois-Rivires, aanalys les trajectoires ducationnelles de 93 lvesaux prises avec des problmes de comportement,six ans aprs leur entre au secondaire, soit vers17 ans et demi, lors de lmergence de la vie adulte.Ces deux recherches ont eu recours un groupedlves sans difficult (un groupe tmoin), afin demieux suivre lvolution des difficults en la compa-rant avec une trajectoire normative.

    Sur le plan des interventions, Pierrette Verlaan,professeure en psychoducation lUniversit deSherbrooke, et ses collaborateurs (Michle Dry,Louise-Anne Beauregard, Marie-Nolle Charbonneauet Robert Pauz) ont ralis une recension des critssur lefficacit de 15 programmes dinterventiondestins aux lves du primaire ayant des difficultsde comportement. Lobjectif de cette recensionconsistait dgager les modalits dintervention lesplus prometteuses pour prvenir lapparition oulaggravation de ces difficults chez les filles.

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    Au Qubec, plusieurs projets de recherche etprogrammes daide existent dans les coles pour leslves ayant des difficults de comportement. Or, degrands pans de connaissances restent combler afinde mieux comprendre cette problmatique. Parexemple, comment se distinguent les lves parrapport limportance de leurs difficults? Est-ce queles garons et les filles prsentent les mmes diffi-cults? Comment ces difficults persistent-elles ou sersorbent-elles avec le temps? Quelles sont lesmesures daide les plus efficaces? Les programmesdintervention universels sont-ils utiles ou serait-ceprfrable dintervenir de faon plus cible?

    Dans lexpression difficults de comportement ,plusieurs nuances sont apporter, notamment enfonction de la prsence, ou non, dun trouble opposi-tionnel ou dun trouble de la conduite (TO-TC), duntrouble dficitaire de lattention avec ou sans hyper-activit (TDAH) ou de traits antisociaux (faibleempathie, absence de remords, duret, impulsivit).Des recherches ont dj montr que plus les diffi-cults sont prcoces ou importantes, plus elles sont risque de persister jusqu ladolescence ou lgeadulte. Si llve prsente un TDAH et un TO-TCsimultanment ou, encore, sil a des traits antiso-ciaux, les probabilits de persistance dans le tempssont aussi plus leves. En revanche, les chercheursne savaient pas si ces trois facteurs contribuaient demanire interactive ou indpendante distinguer leslves quant leur trajectoire volutive, ni sils inter-agissent avec leurs caractristiques cognitives,sociales et familiales pour faire varier la persistancede leurs difficults.

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    NATURE ET GRAVIT DES DIFFICULTS

    Lune des premires constatations faites dans ltudede Dry et ses collaborateurs a trait la gravit desdifficults des lves suivis lcole primaire. Dansprs des deux tiers des cas, leurs difficults taientsuffisamment graves pour rpondre aux critresdiagnostiques du DSM-IV-TR, le principal manueldiagnostique en psychiatrie, pour un trouble opposi-tionnel ou un trouble de la conduite. Les chercheursont aussi not que 85 % des lves ayant des diffi-cults de comportement au primaire avaient untrouble dficitaire de lattention avec ou sans hyper-activit (TDAH). La trs grande majorit des lvesayant un trouble de lopposition ou un trouble de laconduite prsentaient aussi un TDAH concomitant.Prs de 40 % des lves, garons ou filles, manifes-taient des traits antisociaux.

    NATURE DES DIFFICULTS POURCENTAGE DLVES

    Trouble dficitaire de lattention avec ou sans hyperactivit (TDAH) 85 %

    Trouble de lopposition (TO) 60 %

    Trouble de la conduite (TC) 40 %

    Traits antisociaux 40 %

    Ces dernires annes, plusieurs recherches ontcommenc souligner lurgence de sattarder auxdifficults des filles suivies au primaire, qui paraissentencore plus complexes que celles des garons. Enplus de constater les mmes proportions de troublesextrioriss chez les filles et les garons, ltude deDry et ses collaborateurs a montr que les diffi-cults des filles saccompagnent deux fois plussouvent de problmes intrioriss : prs de 34 %dentre elles prouvaient de lanxit gnralise, parrapport 17 % des garons; des pourcentagessemblables ont t relevs pour la dpression.Au total, chez 43 % des filles, on observait unecombinaison de troubles extrioriss et intrioriss,comparativement 24 % chez les garons.

    VOLUTION DES DIFFICULTS

    En analysant lvolution de ces lves sur unepriode de six ans, ltude de Dry et ses collabora-teurs a permis de constater que le nombre desymptmes des lves diminue lgrement, maisque les difficults comportementales se maintiennentou tendent mme saggraver chez certains jeunes.

    Les chercheurs ont regroup les lves en fonctionde lvolution de leurs difficults. Trois groupesdistincts ont pu tre dgags : un premier groupedlves est compos de ceux ayant des difficultsde comportement sans trouble oppositionnel nitrouble de la conduite (35 %), un deuxime groupeest compos dlves ayant un trouble oppositionnelou un trouble de la conduite (45 %) et un troisimegroupe est compos dlves aux prises avec unecombinaison de tous les troubles (20 %).

    GROUPE 1

    35 % de lchantillonlves sans trouble oppositionnel ni troublede la conduite

    GROUPE 2

    45 % de lchantillonlves ayant un trouble oppositionnel, maissans interaction avec un TDAH, et des traitsantisociaux

    GROUPE 3

    20 % de lchantillonlves ayant une concomitance de