D’après Carlo Collodi : Les Aventures de .D’après Carlo Collodi : Les Aventures de Pinocchio

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Daprs Carlo Collodi : Les Aventures de PinocchioAdaptation thtrale : Lee Hall / Mathieu Ltuv

Dure : 1h10.Spectacle jeune et tout public ( partir de 8 ans).

Distribution : Stphane Herv , Mathieu Ltuv, Jean-Franois Levistre, Lauren Toulin.

Mise en scne : Marie Mellier, Mathieu Ltuv.Musique et sons : Gabriel Fabing.Lumires : Eric Guilbaud.Scnographie : William Defresne.Costumes : Corinne Lejeune.Rgie : Eric Guilbaud et Renaud Aubin.

Sommaire

Ladaptation

Carlo Collodi : Les Aventures de Pinocchio

Les Aventures de Pinocchio

Lquipe

Contacts

Fiche production

Fiche technique 20-22

Synopsis 3

6

9

7-8

10-17

18

19

Note dintention 4-5

3

On a retrouv le corps inanim dun petit pantin. Les analyses ont rvl son identit : Pinocchio ! Qui tait ce Pinocchio ? Pourquoi a-t-il a t assassin, pendu un arbre ! Pourquoi cette affaire a-t-elle t touffe ? Ignore de tous.

Qui est responsable de sa mort ? Un de ses obscurs crateurs ? Ce pauvre diable sans le sou que lon surnomme Geppetto ou Geppette ? Ou bien peut-tre un certain Collodi ? La liste des suspects est longue. Qui sont rellement ce soi-disant Renard , petite fripouille des bas quartiers, escroc notoire, et cette Chatte , personnage fantasque, haut en couleur, qui laccompagne ? Quont-ils voir avec cette histoire ? Que sest-il rellement pass au Pays des Nigauds , dans ce Champ des miracles ? Et ces pauvres saltimbanques : Arlequin et Pantalon, disent-ils la vrit ? Quelles ont t les intentions de ce Mangefeu ? Au cours de son errance vagabonde, le petit pantin a crois la route de tous ces personnages marginaux, qui peuplent le cortge grotesque, burlesque ou inquitant, dun monde interlope.

Difficile dy voir clair dans cette sombre affaire de manipulation, o chacun semble jouer un jeu, o tout est faux-semblant, miroir aux alouettes. Comme toutes les enqutes, celle-ci trane son lot de secrets, de rvlations, de rebondissements et de pripties. Comme dans tout bon polar, latmosphre y est particulire, et la tension maximale. Surtout quand il savre en fait que le petit pantin nest pas mort, et que lenquteur-narrateur nest autre que la fe bleue. Le suspense prend alors une autre tournure, et devient de plus en plus fantastique. Tandis que la premire partie sorganise comme un puzzle : une srie de flash-backs suscits par laudition des protagonistes, la deuxime prcipite lintensit du drame vers sa rsolution.

O et quand se passe rellement cette histoire ? Quel est ce dcor brut et citadin ? Une sorte de miroir-palissade mtallique, entre deux mondes ou entre deux ges, fait de casiers, de trappes et de multiples cadres, do jaillissent personnages, mais aussi tranges ambiances lumineuses et sonores. Sommes nous dans un film de science-fiction

? Dans un univers grinant et distordu de Terry Gilliam ? Dans un carnaval cauchemardesque de Tim Burton ? Dans les mondes flottants et ironiques des Frres Cohen ? Ou encore dans les rveries brumeuses et lectriques des films noirs ? Tous ces imaginaires, enfin, qui nous plongent dans les affres dun rcit initiatique.

Ou peut-tre est-ce tout bonnement un fantasme sur lenfance, tyrannique ou dvoye, une fantasmagorie sur la violence ou lhorreur du monde, sur lidentit changeante de notre part monstrueuse, sur notre qute effrne et impossible dinnocence ou de plaisir ; ou tout simplement, travers ce chemin du virtuel au rel, une fable sur notre difficult tre des hommes .

Synopsis

Note dintention

Carlo Collodi avait cr son personnage travers une suite dpisodes qui paraissaient rgulirement dans un journal pour enfant. Lass de cette histoire, il a voulu en finir une fois pour toute avec ce pantin. Il a donc dcid de faire tuer son hros par deux brigands. Mais le public na pas support ce destin, et, contraint, lauteur a d faire revivre sa crature.

A la lecture du Pinocchio adapt par Lee Hall, cette mort qui clt le premier acte, trait par lauteur de faon grand-guignolesque, nous a sembl marquante. Nous avons eu envie de croiser lunivers de la fable du Pinocchio avec le genre du polar. Car il nous semblait que beaucoup de choses se recoupaient : rcit initiatique et qute didentit, galerie de personnages en marge, monde interlope, rebondissements, suspense Et comme souvent avec les fables pour enfants, le rcit de Collodi est en ralit assez cru, comme peut ltre lunivers du polar.

A la manire de Citizen Kane, nous avons donc eu envie de partir de lenqute sur la mort de Pinocchio pour faonner un montage en forme de puzzle : une nouvelle manire douvrir, dorganiser et de questionner ce rcit. Il y a donc un personnage central qui introduit cette histoire : lenquteur-narrateur. Il devient progressivement une sorte de double de Pinocchio, comme dans les polars o lenquteur sidentifie la victime ou lassassin. Il y a un jeu de miroirs entre les deux, un dialogue entre lhomme et lenfant, qui est ici jou par une jeune femme. Le narrateur absorbe ainsi toutes les figures qui se rattachent la conscience adulte de Pinocchio : il devient la voix et lombre du Grillon, ou il remplace la petite fille (la fe chez Collodi). Cette ide dcoule aussi de la porte plus large que Lee Hall apporte au rcit, car la fin Pinocchio devient un vrai ptit mec , cest dire presque un homme. Toutes ces aventures sondent un tat primitif, presque sauvage et animal (Pinocchio devenant un ne), elles sont autant de mues cathartiques. Chez Lee Hall, la perte de lenfance ne se fait dailleurs pas sans regrets.

Cela nous semblait amusant galement de faire revivre les squences sous formes d interrogatoires , en convoquant ainsi tous les personnages, qui deviennent ainsi des figures concrtes : le renard est un petit voyou flanqu de son acolyte fminine.

Cela permet de jouer sur deux niveaux de temporalit, en oprant des glissements vue : un personnage commence raconter et on revit la scne avec lui. On peut aussi interrompre la scne, jouer sur lexactitude ou le mensonge, lenquteur interrompant le fil du faux flash-back, pour faire revivre enfin les vrais vnements. Lide tant de jouer sur la temporalit et le rcit.

Enfin lide du pantin, de la marionnette, est transpose dans un univers de polar moderne, voire futuriste, nourri de codes ou de rfrences cinmatographiques (Blade Runner ou AI).

4

Lhistoire se droule en partie dans un dcor brut et citadin. Lclairage se fait sur ou travers les lments de dcor. Nons, rampes de lumires ou de projecteurs voquent les ambiances froides, les rveries brumeuses et obscures, aux couleurs lectriques des films noirs ou de science-fiction.

Dun autre ct, Pinocchio est souvent confront au monde du spectacle ou du divertissement (le thtre de marionnettes, le pays du joujou, le cirque). La scnographie, travers lutilisation dlments de dcor mobiles et dun jeu de lumires contrast, permettra ainsi dvoquer des ambiances diffrentes : murs, rues, intrieurs, night-clubs, cabaret,... Elle permettra galement tout un jeu dombres, dapparitions et de disparitions, soit grce un rideau en lamelles (plastique, mtallis ou brillant), soit par le biais dune sorte de mur mtallique compos dlments htroclites : portes diverses, casiers, trappes et multiples cadres, do jaillissent personnages, mais aussi ambiances lumineuses.

Le renversement dramatique de la rsurrection de Pinocchio, au milieu de la pice, nourrit alors un nouveau dpart, plus onirique encore et plus merveilleux (le monde liquide de la baleine) et un nouveau suspense dans le rcit. Le pantin doit encore sauver son pre pour devenir un vrai petit garon. En ralit, dans ladaptation de Lee Hall, en tentant de le sauver, il semble mourir nouveau pour au final se mtamorphoser enfin en vrai ptit mec .

Ce grand texte, comme tous les textes fondateurs, continue de nous interpeller car il touche lenfance, aux mythes : la cration, la mtamorphose, la chute, la mort et la rsurrection Ce monde imaginaire devient ici une sorte de polar frique qui nous plonge dans les affres dun rcit initiatique. Cest un fantasme sur lenfance, une fantasmagorie sur le monde ; ou tout simplement, travers ce chemin du virtuel au rel, une fable sur notre difficult tre des hommes .

Suite - Note dintention

5

6

Lee Hall a fait cette adaptation la demande dun ami : Marcello Magni, pour une version thtrale qui mlangeait le clown, la marionnette, et la commedia dellarte : Jai () crit quelque chose qui ressemble plus une pice que je navais imagin. () celui qui envisagerait de faire du thtre partir de ce texte ne devrait pas sen tenir la lettre. () On devrait le couper, lallonger, larranger et improviser pour rpondre aux besoins et aux talents des personnes engages dans le projet. Il est plus fidle au livre de Collodi que toutes les versions que jai vues, mais prend dinvitables liberts. Qui

voudrait travailler sur cette version de Pinocchio devrait donc considrer mon texte comme un compagnon de voyage, un guide-Collodi. () Il est tout fait dans lesprit de notre entreprise que chaque version de Pinocchio soit une rponse personnelle et singulire luvre de Collodi. Usez et abusez de ce texte comme vous voudrez. (Lee Hall : Introduction son adaptation des Aventures de Pinocchio).

Cette transposition thtrale de Lee Hall est la fois trs fidle, et totalement inspire. Son style, vivant et percutant, continue de nourrir toutes sortes de rfrences. Il est en mme temps trs cru, comme lest le rcit originel. Et il prcise encore, en les servant au mieux, la modernit et la thtralit de la matire. Il sagit donc de suivre la lettre ce prcepte de libert dans ladaptation, et de continuer enrichir le dialogue avec cette uvre, et avec son sujet : lenfance.

Au milieu de ses aventures, Collodi fait lyncher