COURS SUR « ANDROMAQUE » DE RACINE (1667 cpgesciences.p.c.f.· huis-clos du palais / action = le

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  • COURS SUR ANDROMAQUE DE RACINE (1667-68)

    I) Prsentation gnrale :

    A) Biographie de l'auteur : (1639-1699) Cf fiche GF

    B) Le thtre tragique : lieu privilgi d'une peinture des passions ?* DEF / theatron (gr) = 1) le lieu o lon regarde, o lon reprsente les uvres dramatiques =dans lantiquit, espace de spectacle qui se trouve au milieu de la nature pour des crmoniesreligieuses, donc li au sacr. 2) genre littraire dfini par Aristote dans sa Potique comme une reprsentation de limitationdune action par des personnages (mimesis).3) aujourdhui, texte littraire et spectacle vivant donnant lillusion du rel, crit pour trejou devant un public ; le thtre essaie dtre comme la vraie vie. Attention : le propre de lillusionest dinduire la confusion entre le rel et limaginaire, mais chez le spectateur cette attitude estconsentie et il fait la diffrence entre les deux.4) a donn naissance lexpression theatrum mundi = le thtre du monde = la vraie vie estcomme un thtre sous le regard du / des dieux la fois auteur(s) et spectateur(s) = la comdie quejouent les hommes na pas plus de ralit quun rve ; devient le thme baroque la vie est unsonge .5) Au XVIIme, le thtre est reconnu par Richelieu comme art officiel ; on retrouve la sgrgationsociale dans la sparation entre peuple (debout au parterre) et bourgeoisie/ aristocratie (assis dsloges/galeries) ; mais rvolution grce la scne litalienne.

    Reprsentation = rendre prsent 1) action de prsenter nouveau en rptant et respectant lemodle original (imagination reproductrice mme chez lartiste, pas de cration ex nihilo : on nepeut imaginer que ce quon a dj peru) ; 2) action de prsenter autrement, de crer une nouvelleprsentation, en interprtant et modifiant le modle original (imagination cratrice, re-cration, cestla combinaison des lments connus entre eux qui est originale, par ex les Montres molles deDali associent limage de la montre et lide de mollesse). Ainsi le thtre rend prsent les passionsen les faisant revivre sur scne travers un spectacle vivant, ce qui est une manire de les montreret donc de leur donner une importance et une valeur particulire (positive ou ngative, modle ouanti-modle)/ mais en mme temps la peinture peut tre une mise distance critique permettant deles objectiver et donc de s'en dtacher.

    Ralit = peut dsigner la vrit au sens commun (rel=vrai), mais aussi tout ce qui apparat laconscience du spectateur et dans ce cas l il y a une ralit de lillusion, du rve ou de limaginaireet tout ce qui est rel pour moi n'est pas forcment vrai en soi.Ce qui amne se demander si l'imaginaire passionnel est en adquation avec la vrit du monde etsi il y a une ralit passionnelle propre au passionn qui existe pour lui mme si elle n'existe pas ensoi. Ds lors, la reprsentation thtrale hriterait de cette dichotomie entre le vrai et le rel et l'onpourrait se demander si elle n'est qu'une imitation objective du monde passionnel (nonant unevrit sur le phnomne passionnel) ou bien si il ne s'agit que d'une re-prsentation subjective parmid'autres de la reprsentation elle-mme subjective que le passionn se fait du monde, provoquantune mise en abme. Comment la reprsentation thtrale des passions peut-elle toucher la ralit mme duphnomne passionnel?

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  • * Des passions contenues : Suprmatie de la raison synonyme de bon got et de bon sens dans leclassicisme se traduit sur le plan de la cration en imposant la recherche de la mesure et de laclart et sur le plan du jugement ce qui est a priori anti-passionnel : la qualit de l'oeuvre se fait demanire rationnelle en fonction de rgles prtablies. Mouvement littraire, culturel et artistique quiconcide avec le rgne de Louis XIV ; recherche de la perfection ; idal de lhonnte homme ;assimilation entre le Beau et le Bien ; retour lantiquit en ladaptant au got du jour ; respect desrgles de convenances ; langue classique simple et naturelle, mais justesse des termes (il serareproch R des expressions fausses ou sens tronqus par Subligny) ; pour plaire et instruire :placere = divertir le public en le touchant et docere = apprendre reconnatre les mauvaisesconduites et les excs, produisant un je ne sais quoi qui chappe aux rgles et dpasse la raison.

    Double Paradoxe = comment plaire tout en instruisant ? Comment produire des sentiments en sepliant autant de rgles ?

    * Tragdie = une action concentre se dveloppe, par le jeu ncessaire des passions, sans que lehasard, les vnements ou la volont puissent empcher un dnouement funeste, ce qui donneune impression de fatalit. Le cadre de la tragdie a t institu de manire autoritaire par lesmembres de l'acadmie franaise cre par Richelieu en 1635 dans le but de faire rayonner l'art et lalangue franaise en Europe.Rgles de lantiquit, codifies au XVIIme = rgle des 3 units ; 5 actes (chacun dure le tempsquil faut pour brler une chandelle ; now on baisse le rideau), texte en vers (alexandrins) ;personnage noble, de rang lev, confront un destin exceptionnel (tous on tune ascendanceillustre, ce qui, l'poque, devait suffit prouver leur grandeur morale : P descend de Zeus, commebcp d'autres, et de Thtis, A est la fille d'Agamemnon etc) ; pouvoir, politique amour dans sphrepublique ; dnouement malheureux ; provoquer la crainte et la piti par le pathtique. Rgle des biensances = internes (cohrence interne de l'action et traitement des caractresmoraux) : convenance (on parle et se conduit en accord avec son rang, son sexe, son ge) ;ressemblance (conformit avec la tradition littraire) ; constance (caractre non modifi) + externes(rception du spectacle par l'auditoire) = ne pas blesser les convictions morales ou religieuses dupublic (pas de duel, de sang, de propos choquants ni de scne choquante), ce qui dpend d'unsystme de valeurs donn. CF L'honnte homme est celui qui se conduit bien en socit, seconforme la biensance et reste modr comme l'indique le Misanthrope de Molire : la parfaiteraison fuit toute extrmit Et veut que l'on soit sage avec sobrit (1666). Rgle de vraisemblance = enchanement logique selon loi de probabilit ; chaque acte doit tre uneunit temporelle continue. La potique du genre requiert d'laborer une structure en 3 tapeslogiquement enchanes : un commencement, un milieu, une fin (Aristote dont la conception estnostalgique voire ractionnaire) qui constitue l'action de la tragdie. Boileau encore : Jamais auspectateur n'offrez rien d'incroyable / Le vrai peut quelquefois n'tre pas vraisemblable AP III. Le principe rgisseur est donc l'efficacit de l'identification dans le processus de rceptiondramatique sans qu'aucun invraisemblance ne vienne briser l'illusion thetrale.L'essentiel est le fond, pas la forme : R crivait chaque acte en prose et reliait les scnes entre elles ;une fois termin : ma tragdie est faite, comptant le reste pour rien , seulement ensuite rcrit envers. D'o : Rgle des 3 units = temps ( peine voque par Aristote) : la tragdie nie tout sentimentde dure : elle mime le temps rduit de l'vnement qui voit le sort du hros se retournerbrutalement sous nos yeux ; Effet de loupe selon Hugo ; elle ne peut donc pas montrer la lentevolution des passions du personnages car contrairement au roman n'en pas pas les moyens(# Balzac) ; les passions sont montres sous leur forme paroxystique, dans un moment de crise doncimposes comme un tat de fait et dforme par le prisme de l'exagration, sans nuances ; souventune passion principale va dterminer l'ensemble des actions / lieu (pas chez Aristote) c'est

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  • l'antichambre, une salle de palais, lieu intermdiaire entre l'intimit et le monde extrieur, l'actiontant rejete hors de la scne, espace rserv au langage ; les passions sont donc exacerbes par lehuis-clos du palais / action = le sujet trait par la pice doit tenir ds 24 heures (durant une seulervolution solaire selon Aris) / dun seul lieu / action (une seule histoire cohrente, pas plusieurs la fois) ; image organique pour cette unit d'un tre vivant ni trop petit ni trop grand, elle doit tremene jusqu' sa fin et former un tout , unifie autour d'une seule action (la praxis) en vue deformer une histoire (mythos). Boileau : Mais nous, que la raison ses rgles engage / Nousvoulons qu'avec art l'action se mnage / Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tiennejusqu' la fin le thtre rempli . AP III. L'intrigue secondaire doit donc tre lie la principale touten ayant des incidences sur elle. Dernier acte = de dnouement (doit rgler le sort des personnagesprincipaux et impressionner le spectateur). Racine prend la crise qui dure depuis longtemps sondernier moment ; l'action se trouve ainsi rduite par les choix qui rsulteront de l'ultimatum pos parOreste. Souci d'une action simple et pure : toute l'invention consiste faire quelque chose derien (prface Brnice). 1er acte = dexposition donne 4 infos : sujet de la pice (le sort d'As et travers lui de sa mre), lieu de laction (Buthrote, ville d'Epire, une partie de l'actuelle Albanie),moment de laction (vers 1200 avt JC suites de la guerre de Troie qui dura 1O ans, aprs-guerre unan aprs son saccage en Turquie, une journe, celle de l'ambassade d'Oreste, remplie par deuxretournements successifs de P, acte II et acte III, et un retournement d'A acte IV), nom et caractredes personnages principaux. Cf voir rsum.

    Un drame implique une action trs mouvemente cheminant par coups de thtre et susceptibled'tre modifie par l'extrieur, n'allant pas ncessairement vers une catastrophe, car l'imprvu peutsauver les personnages (le mlodrame cr la fin XVIIIme est un genre plus populaire etromantique o l'action est complique, avec des retournements parfois comiques, des machinations,des personnages simples et contrasts, des intentions morales si