Chapitre 6 annexes

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    10-Dec-2014
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  • 1. Complments du livre"Pour un principe matrialiste fort"
  • 2. Chapitre 6Super-organismes techno-scientifiques
  • 3. Chapitre 6, section 1 :Le web est-il un super-cerveau ? Peut-il le devenir ? Suivi de Leweb smantique, promesse ou menace ?Chapitre 6, section 3 :Qui sont les hommes aux commandes ?Chapitre 6, section 4 :Quels innovations pour quels dveloppements ?Chapitre 6, section 5 :Le transhumanisme
  • 4. Chapitre 6, section 1 : Le web est-il un super-cerveau ? Peut-il le devenir ? Suivi de Le web smantique, promesse ou menace ? La question de savoir si le Web nest pas en train de devenir un super-cerveau, gnrant une super-intelligence, a t pose par un article trs stimulant deKevin Kelly, spcialiste des tlcommunications, publi sur Wiredhttp://www.wired.com/wired/archive/13.08/tech.html . Cette phrase introduisaitson propos : The planet-sized "Web" computer is already more complex than a humanbrain and has surpassed the 20-petahertz threshold for potential intelligence ascalculated by Ray Kurzweil. In 10 years, it will be ubiquitous. So willsuperintelligence emerge on the Web, not a supercomputer? Le calculateur virtuel plantaire quest le web est aujourdhui plus complexeque le cerveau humain et a dpass le seuil des 20 petahertz de puissance que RayKurzweil considre comme ncessaire lapparition de lintelligence. Dans 10 ans,il sera partout. La super-intelligence plantaire mergera-t-elle, non dun super-calculateur, mais du web ? Plusieurs systmes techno-scientifiques prennent dans le monde actuel uneimportance industrielle et conomique telle quils apparaissent dots dune vieautonome, pouvant lgitimement les faire qualifier de super-organismes dun genrenouveau, quasi-monstrueux au regard de ce qutudient habituellement les sciencessociales. Lopinion gnrale et plus particulirement celle de leurs dirigeants est queces systmes sont parfaitement sous contrle. Les responsables, aux dtailsdexcution prs, se disent en tat de planifier leur dveloppement, prvoir leurseffets pervers et remdier, en cas de besoin, aux accidents de parcours. Lesgouvernants, qui ne demandent qu tre rassurs, ont longtemps cru cesaffirmations sauf, ces dernires annes et dans certains cas seulement, prendre,au nom du principe de prcaution, des rglementations non suivies de mesuresdapplications qui donnent une fausse impression de scurit, alors que lessituations dangereuses continuent saggraver. On le voit clairement aujourdhui enmatire de contrle des missions de gaz effets de serre (GES) , globalement unchec. Les courbes de production de GES pour les prochaines dcennies sonttoutes ascendantes. - Voir Jean-Pierre Dupuy Pour un catastrophisme-clair , Flammarion2002/2006. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre 7. -
  • 5. Les spcialistes des catastrophes voquent quelques unes des raisons faisantque, malgr toutes les mesures prventives, les grands systmes technologiques sontincontrlables, aussi bien en thorie quen pratique. Ils sont opaques et rendusencore plus opaques par la volont de leurs dirigeants qui veulent chapper auxregards indiscrets. Mais ce faisant, les dirigeants eux-mmes se privent des moyensde connatre leurs propres ressources et dvaluer lefficacit de leurs actions. Ilsmettent en jeu tellement dintrts conomiques, chez les sous-traitants, lesfournisseurs, les clients, les salaris, les collectivits territoriales, que nul ne veutenvisager de rformes en profondeur. Le capitalisme financier, la recherche duprofit court terme saccompagnant du refus de toute rglementation publiqueprotectrice de lintrt gnral, ont ces dernires annes considrablement accentuces dfauts (1). Dans les pays conomiquement et politiquement domins, lasituation est pire car le droit des citoyens sinformer, comprendre et ragir estdni par lAmrique, puissance dominante, ayant trs bien pris le relais de lEurope cet gard (Voir ci-dessous section 3 : la Thocratie amricaine.). A supposermme que des politiques visant rformer certains de ces grands systmes en vuede pallier leurs effets mortels soient dcides, le temps de laction politique etadministrative est toujours en dcalage avec le temps des ralits conomiques etsociales. On le voit clairement quand on considre le complexe technique, industrielet conomique constituant le transport routier, associ celui des carburantsptroliers. On peut sans dramatiser considrer quil sagit dun vritable Lviathan,mettant les conomies en coupe rgle, prlevant chaque annes des dizaines demilliers de victimes, martyrisant les villes et les paysages. Aujourdhui, des solutionsalternatives existent et pourraient tre dveloppes dans les annes prochaines.Mais il faudrait accepter de faire payer au transport routier des tarifscorrespondants aux dpenses quil impose aux socits, raffecter ces sommes audveloppement des solutions de remplacement et faire accepter aux citoyens,pendant un temps de transition, des inconvnients de jouissance que les avocats dutransport routier ne manqueront pas de monter en pingle. Cependant, commentmodifier en quelques annes les innombrables quipements lourds et durablesexistant, en matire de voies de communication, de plateformes logistiques, derseaux de distribution des carburants, de sites industriels de fabrication et demaintenance ? Comment esprer que des gouvernements vont sengager dans despolitiques aussi difficiles et impopulaires, talonns quils seront par lesreprsentants des lobbies du transport routier, toujours prts via les relaismdiatiques dont ils disposent dresser les lecteurs contre dventuelsrformateurs. On mesure la difficult en voyant comment des mesures aussividentes que celles consistant limiter la vitesse ont eu de mal tre prises etappliques. (2) Nous pouvons en dduire que, mme si en thorie on pouvait simaginer queles super-organismes techno-scientifiques du type de ceux implants dans les
  • 6. secteurs de lnergie, du transport, de la distribution, de larmement sontcontrlables par la raison humaine, on devrait en pratique reconnatre que, dansltat actuel des capacits de gouvernance sociale, ils ne le sont pas. Ils sedveloppent selon leurs logiques propres en exploitant, souvent sur le mode de laprdation, les ressources naturelles quils prlvent leur profit dans le milieuterrestre et humain. Ils ne pourraient tre arrts que par des mga-catastrophes,que personne raisonnablement ne peut souhaiter. Pour changer cela, il faudraitdvelopper des outils scientifiques dobservation et de management participatif(tendu au monde entier) encore inconnus. Ce devrait tre un programmeprioritaire pour les sciences de demain, notamment en Europe dont certainsreprsentants se voudraient un peu exemplaires dans ce domaine. On en est loin etnous ne pouvons que proposer de reporter le dbat dans un autre cadre (Voir Jean-Paul Baquiast, Pour une Europe super-puissance, Editions Jean-Paul Bayol, paratre.). La question se pose diffremment lorsque certains super-organismestechnologiques atteignent ce que lon pourrait appeler une complexit intrinsque.Cela semble tre le cas du rseau Internet dit aussi ici Web. On pourrait lecomparer un systme dynamique tels que latmosphre terrestre. Les propritschaotiques de celle-ci la rendent indescriptibles et imprdictibles, sauf grandechelle par des mthodes statistiques. Mais la comparaison ne serait pas suffisante.Les thoriciens des communications estiment en effet que la complexit delInternet atteint celle du cerveau humain. Ne serait-il pas alors capable de faits deconscience, analogues ceux que nous avons tudis prcdemment, dans lesorganismes humains ou chez les robots. Sil nen est pas capable aujourdhui, ne ledeviendra-t-il pas dans un avenir proche. Lhypothse surprendra car ce sontpartout des humains qui sont utilisateurs du web ou responsables de sonfonctionnement. Comment pourraient-ils tre dpossds ? La question mritecependant dtre pose, quand on considre que lInternet et tous les rseaux etservices associs hbergent dj pratiquement toutes les connaissances humaines.Sils se rvlaient capables de les utiliser pour leur propre compte, aucun savanthumain ne pourrait rivaliser avec eux. Ils prendraient donc le pouvoir. Le Web, super-organisme et/ou super-cerveau Le Web, nous rappelle Kevin Kelly, est devenu un super-organisme dunenature et dune taille encore jamais vues sur Terre ce jour, du moins dans ledomaine des systmes crs par lhomme. Dores et dj il comprend plus de 1milliard de correspondants potentiels, cest--dire de machines capables dmettre etde recevoir des messages : PC, tlphones portables, objets (3). Ceux-ci ont gnrprs de 50 milliards de pages. Dans 10 ans il connectera des milliards voire des
  • 7. dizaines de milliards de terminaux de toutes sortes et aura cr un nombre de pageset messages pouvant atteindre le milliard de milliard. Derrire ces machines il y aura des utilisateurs, humains et automates. Dansune vision encore courante du Web, la grande majorit de ces utilisateurssinforment, cest--dire consomment passivement des informations cres par unepetite minorit dentre eux.