Aristote Metaphysique

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Aristote Metaphysique

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  • 1. ARISTOTE Mtaphysique TRADUCTION DU PREMIER LIVRE DE LA MTAPHYSIQUE D'ARISTOTE.I CHAPITRE PREMIER.[980] [21] Tous les hommes ont un dsir naturel de . ' savoir, comme le tmoigne l'ardeur avec laquelle on recherche les connaissances quis'acquirent par les sens. On les recherche en 'effet pour elles-mmes et indpendamment de , leur utilit, surtout celles que nous devons la . vue; car ce n'est pas seulement dans un but [25]pratique, c'est sans vouloir en faire aucun usage, que nous prfrons en quelque manire cette sensation toutes les autres ; cela vient . ' de ce qu'elle nous fait connatre plus d'objets, et nous dcouvre plus de diffrences (01). La nature a donn aux animaux la facult de . sentir : mais chez les uns, la sensation ne , produit pas la mmoire, chez les autres, elle laproduit; et c'est pour cela que ces derniers sont plus intelligents et plus capables , 'd'apprendre que ceux qui n'ont pas la facult . [980] [21] de se ressouvenir. L'intelligence toute seule, sans la facult d'apprendre, est le partage de ceux qui ne peuvent entendre les sons, comme , les abeilles (02) et les autres animaux de cette espce; la capacit d'apprendre est propre ( tous ceux qui runissent la mmoire le sens , de l'oue. Il y a des espces qui sont rduites [25] ' l'imagination (03) et la mmoire, et qui sont . peu capables d'exprience : mais la racehumaine s'lve jusqu' l'art et jusqu'au raisonnement. C'est la mmoire qui dans , l'homme produit l'exprience; car plusieurs ressouvenirs d'une mme chose constituent . ' une exprience; aussi l'exprience parat-elle presque semblable la science et l'art; et c'est de l'exprience que l'art' et la science viennent aux hommes; car, comme le dit Polus . (04), et avec raison, c'est l'exprience qui fait l'art, et l'inexprience le hasard. L'art [981] [1] commence, lorsque, de plusieurs donnes empruntes l'exprience, se forme une seule notion gnrale, qui s'applique tous les cas , ' analogues. Savoir que Callias tant attaqu de telle maladie, tel remde lui a russi, ainsi qu' Socrate; et de mme plusieurs autres pris , , individuellement, c'est de l'exprience; mais [5] ' . savoir d'une manire gnrale que tous les individus compris dans une mme classe et atteints de telle maladie, de la pituite, par . exemple, ou de la bile ou de la fivre, ont t http://krimo666.mylivepage.com/

2. guris par le mme remde, c'est de l'art. Pour la pratique, l'exprience ne diffre pas de l'art, 'et mme les hommes d'exprience atteignent , mieux leur but que ceux qui n'ont que lathorie sans l'exprience; la raison en est que [10] ' l'exprience est la connaissance du particulier, ' ,l'art celle du gnral, et que tout acte, tout fait ,tombe sur le particulier; car ce n'est pas , l'homme en gnral que gurit le mdecin, [] mais l'homme particulier, mais Callias ou , .Socrate, ou tout autre individu semblable, quise trouve tre un homme; si donc quelqu'un possde la thorie sans l'exprience, et , connat le gnral sans connatre le particulier dont il se compose, celui-l se trompera souvent sur le remde employer; car ce qu'ils'agit de gurir, c'est l'individu. Cependant on [15] ( ' croit que le savoir appartient plus l'art qu' ' l'exprience, et on tient pour plus sages les , hommes d'art que les hommes d'exprience; car la sagesse est toujours en raison du savoir. ' Et il en est ainsi parce que les premiers ' connaissent la cause, tandis que les seconds , ne la connaissent pas; les hommes [20] d'exprience en effet, savent bien qu'une chose est, mais le pourquoi, ils l'ignorent; les autres, au contraire, savent le pourquoi et la , cause. Aussi on regarde en toute circonstanceles architectes comme suprieurs en ' considration, en savoir et en sagesse aux ' , simples manoeuvres, parce qu'ils savent la raison de ce qui se fait, tandis qu'il en est de ' ) ces derniers comme de ces espces inanimes ' qui agissent sans savoir ce quelles font, par [25] exemple, le feu qui brle sans savoir qu'il , brle. Les tres insensibles suivent l'impulsion de leur nature; les manoeuvres suivent , l'habitude; aussi n'est-ce pas par rapport la pratique qu'on prfre les architectes auxmanoeuvres, mais par rapport la thorie, et ' parce qu'ils ont la connaissance des causes. ' . Enfin, ce qui distingue le savant, c'est qu'il , peut enseigner; et c'est pourquoi on pense ' [30] qu'il y a plus de savoir dans l'art que dans . l'exprience; car l'homme d'art peut enseigner, l'homme d'exprience ne le peut pas. En outre, on n'attribue la sagesse aucune des connaissances qui viennent par les sens, , [981] [1] quoiqu'ils soient le vrai moyen de connatre les ( choses particulires ; mais ils ne nous disent le ', pourquoi de rien ; par exemple, ils ne nousapprennent pas pourquoi le feu est chaud, , ,mais seulement qu'il est chaud. D'aprs cela, il tait naturel que le premier qui trouva, au-http://krimo666.mylivepage.com/ 3. dessus des connaissances sensibles, [5] ' ), communes tous, un art quelconque, celui-l fut admir des hommes, non seulement cause de l'utilit de ses dcouvertes, mais aussi comme un sage suprieur au reste des hommes. Les arts s'tant multiplis, et les uns . se rapportant aux ncessits, les autres aux agrments de la vie, les inventeurs de ceux-ci , ont toujours t estims plus sages que les inventeurs de ceux-l, parce que leurs dcouvertes ne se rapportaient pas des , . besoins. Ces deux sortes d'arts une fois [10] trouvs, on en dcouvrit d'autres qui n'avaient plus pour objet ni le plaisir ni la ncessit, et ' 'ce fut d'abord dans les pays o les hommes ' avaient du loisir. Ainsi, c'est en gypte que les mathmatiques se sont formes ; l, en effet, , beaucoup de loisir tait laiss la caste des , prtres. Du reste, nous avons dit dans la . Morale (05) en quoi diffrent l'art et la science et les autres degrs de connaissance; ce que nous voulons tablir ici, c'est que tout le [15] monde entend par la sagesse proprement parler la connaissance des premires causes et ' des principes; de telle sorte que, comme nous ' l'avons dj dit, sous le rapport de la sagesse, l'exprience est suprieure la sensation, l'art l'exprience, larchitecte au manoeuvre et la thorie la pratique. Il est clair d'aprs cela , que la sagesse par excellence, la philosophie (06) est la science de certains principes et de [20] certaines causes. . , , [25] . ' ' , , , [30] http://krimo666.mylivepage.com/ 4. , , , . [982] [1] , . IICHAPITRE II. Puisque telle est la science que nous , ' [5] , cherchons, il nous faut examiner de quelles causes et de quels principes s'occupe cette . science qui est la philosophie. C'est ce quenous pourrons claircir par les diverses manires dont on conoit gnralement le , ' philosophe. On entend d'abord par ce mot .l'homme qui sait tout, autant que cela est possible, sans savoir les dtails. En. second lieu, on appelle philosophe celui qui peut , ' connatre les choses difficiles et peu [10] accessibles la connaissance humaine; or les connaissances sensibles tant communes , tous et par consquent faciles, n'ont rien de ( philosophique. Ensuite on croit que plus unhomme est exact et capable d'enseigner les , causes, plus il est philosophe en toute science. ) En outre, la science qu'on tudie pour elle- mme et dans le seul but de savoir, parat plutt la philosophie que celle qu'on apprend en vue de ses rsultats. Enfin, de deux [15] sciences, celle qui domine l'autre, est plutt la philosophie que celle qui lui est subordonne; car le philosophe rie doit pas recevoir des lois, , mais en donner; et il ne doit pas obir un autre, mais c'est au moins sage lui obir. 'Telle est la nature et le nombre des ides quenous nous formons de la philosophie et du , philosophe. De tous ces caractres de la , philosophie, celui qui consiste savoir toutes . choses, appartient surtout l'homme qui possde le mieux la connaissance du gnral ; [20] car celui-l sait ce qui en est de tous les sujets particuliers. Et puis les connaissances les plus gnrales sont peut-tre les plus difficiles acqurir; car elles sont les plus loignes des sensations. Ensuite, les sciences les plus exactes sont celles qui s'occupent le plus des principes; en effet celles dont l'objet est plus ( simple sont plus exactes que celles dont l'objet , est plus compos; l'arithmtique, par exemple, l'est plus que la gomtrie. Ajoutez que. la , [25]science qui peut le mieux enseigner, est celle ( qui tudie les causes; car enseigner, c'est dire http://krimo666.mylivepage.com/ 5. ), les causes de chaque chose. ( De plus, savoir uniquement pour savoir, appartient surtout la science de ce qu'il y a , de plus scientifique; car celui qui veutapprendre dans le seul but d'apprendre, ) choisira sur toute autre la science par excellence, c'est--dire la science de ce qu'il y ( a de plus scientifique; et ce qu'il y a de plus , [30] scientifique, ce sont les principes et les causes; , ' car c'est l'aide des principes et par eux que nous connaissons les autres choses, et non pas ' les principes par les sujets particuliers. Enfin, ( la science souveraine, faite pour dominer ' toutes les autres, est celle qui connat pourquoi il faut faire chaque chose; or, ce pourquoi est , [982] [1] ' le bien dans chaque chose, et, en gnral,c'est le b